La Rage au Coeur, l’Amour à l’Ame – Dominique Guillet

Sur le point d’initier la neuvième septaine de mon chemin sur cette petite planète Terre, un joyau bleu voguant dans un océan infini de centaines de milliards de galaxies, je ne peux m’empêcher de hurler ma rage. Il ne m’est pas habituel de m’épancher sur des épisodes de vie qui, au regard de l’infinitude, ne sont que de simples épiphénomènes et la partie de “moi-même” (avec toute l’incertitude quantique que recouvre ce vocable) qui médite sur le processus de désincarnation ne peut que se détacher des ignominies que l’homme occidental fait endurer à la Biosphère: Gaïa en a vu bien d’autres, en quelque 4350 millions d’années, et ses capacités auto-poétiques et facultés de régénération dépassent sûrement, de loin, l’entendement humain.

Mais la partie de moi-même qui a vécu son enfance au coeur de la misère ouvrière et des ravages éthyliques de Saint-Nazaire, qui a vécu Mai 68 comme une occasion de plus pour les CRS de se déployer dans une ville de chantiers navals aux révoltes incessantes, qui a créé le premier comité de soutien aux objecteurs de conscience en 1973 dans la Mayenne, qui est passée en jugement au Tribunal de Grenoble en tant qu’objecteur de conscience insoumis à l’ONF, qui a eu peur au milieu des maïs durant la dernière manifestation contre le surgénérateur de Malville, en 1977, alors que les grenades offensives volaient, qui dans sa jeunesse a toujours considéré le bon vieux chanvre du Néolithique comme une filière d’avenir pour la civilisation post-historique émergente, qui dans cette même jeunesse a joué des milliers de parties métaphysiques de Go dans le désintérêt le plus total de cette société mercantile et mortifère, qui a tout fait pour éviter à ses enfants les sévices de l’éducastration homologuée, qui a lutté 17 ans pour avoir le droit de distribuer des semences de tomates; cette partie de moi-même HURLE SA RAGE.

si vous avez aimé le début de cet article -> pour lire l’ensemble de l’article

 

 

Lait, mensonges et propagande

 

Journaliste et écrivain scientifique, Thierry Souccar est directeur de la rédaction des sites lanutrition.fr et sante.nouvelobs.com. Il traite des questions de santé et nutrition pour Sciences et Avenir depuis 1994. Il est membre de l’American College of Nutrition.

 

 

 

« Ce livre ne peut faire que du bien à la Santé publique. Il est en avance sur son temps. » Pr Henri Joyeux, cancérologue à la faculté de médecine de Montpellier

Dans cette nouvelle édition mise à jour et augmentée de près de 100 pages, Thierry Souccar conforte son enquête sur le lobby laitier et sur les effets réels du lait sur la santé. Il montre comment l’industrie a réussi à faire d’un aliment marginal et mal considéré un pilier incontournable de l’alimentation moderne. Présentés comme  » indispensables à la santé des os « , les laitages cachent une réalité moins glorieuse. Vous apprendrez ainsi : Comment le lobby laitier noyaute la communauté scientifique et médicale ; Comment l’industrie laitière a fait croire que la santé des os dépend du calcium laitier ; Pourquoi l’ostéoporose ne diminue pas avec la consommation de lait, et pourquoi au contraire elle progresse ; Pourquoi les amateurs de laitages ont plus de cancers de la prostate ; Pourquoi les chercheurs soupçonnent le lait de favoriser le diabète de l’enfant ; Comment l’industrie fait croire que le calcium laitier prévient l’obésité ; Pourquoi les besoins en calcium ont été exagérés et quels sont vos besoins réels ; Comment prévenir l’ostéoporose sans se bourrer de lait. Thierry Souccar a réuni des dizaines de nouvelles preuves. II répond aussi aux critiques de l’industrie laitière et à vos nombreuses questions.

 

Extrait

« Comme les extraterrestres de la série, d’autres Envahisseurs sont parmi nous depuis la fin des années 1960 : ce sont les représentants de l’industrie laitière ou les médecins qui travaillent pour elle. Rien, ou peu de chose ne permet de les distinguer d’un médecin ou d’un scientifique normal. Ils sont dans les instances officielles, les organisations gouvernementales, les colloques scientifiques et médicaux, les médias, les expositions pédagogiques, les écoles. Leur mission : nous faire avaler un maximum de laitages. Voici quelques traces de leur présence parmi nous !
La prolifération des Envahisseurs est orchestrée dans tous les pays par la grande famille des producteurs et des industriels de la voie lactée. Aux États-Unis, le National Dairy Council est aux commandes. En France, trois patriarches oeuvrent main dans la main : la Fédération nationale des producteurs de lait, la Fédération nationale des coopératives laitières et la Fédération nationale des industries laitières. Tout ce beau monde a porté sur les fonds baptismaux une structure de « promotion », le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL). Or figurez-vous que le CNIEL a fait des petits.
À commencer par le CIDIL (Centre interprofessionnel de documentation et d’information laitières), créé en 1981. Le CIDIL contribue selon sa propre profession de foi « au développement de la consommation du lait et des produits laitiers, par des programmes de promotion collective ». Le CIDIL porte la bonne parole laitière aux médecins et au grand public. Aux médecins, en finançant des numéros spéciaux de la presse médicale pour rappeler l’intérêt du calcium laitier. Ou en montant des conférences.
Comme le CIDIL avait un patronyme un peu trop voyant, le CNIEL a accouché au début des années 1990 d’une association loi 1901 – plus discrète et donc propice à la mission des Envahisseurs – le Centre de recherche et d’information nutritionnelles (CERIN). Pas de trace de lait là-dedans, un nom bien rassurant et quasi officiel qui leurre chaque année des journalistes et jusqu’à la Commission européenne, un temps persuadée, comme nous l’avons écrit dans Santé, mensonges et propagande, que ledit CERIN était un organisme officiel. Si le CERIN se présente comme « un organisme scientifique dont la mission est de favoriser le développement et la diffusion des connaissances sur les relations entre alimentation et santé », les objectifs y sont en réalité les mêmes qu’au CIDIL : vous faire ingurgiter des laitages.

ILS SONT PARTOUT

La stratégie des Envahisseurs repose sur l’établissement de liens étroits et réguliers avec des médecins, des chercheurs, d’ailleurs souvent naïvement persuadés de l’intérêt des laitages, mais aussi des organismes publics. Ainsi, l’industrie assure une large part du financement de l’Institut français pour la nutrition (IFN), une structure très influente auprès des pouvoirs publics qui permet de rapprocher les vues des médecins et chercheurs d’une part et celles des industriels de l’agro-business d’autre part. L’IFN fonctionne comme un lieu d’échange où se nouent des contacts fructueux entre scientifiques et industriels. Les premiers parlent, mais ce sont les seconds qui paient. Équilibre délicat. Passe encore pour les colloques organisés par l’IFN sur des sujets qui ne fâchent pas comme le vieillissement cérébral ou l’activité physique. Là où l’exercice trouve ses limites, c’est lorsqu’il s’agit de dire le rôle des aliments transformés sur la santé, ces aliments-mêmes fabriqués par les bâilleurs de fond de l’IFN. »

 

 

 

 

 

Un fertilisant naturel aux multiples vertus gagne du terrain en France

vu sur goodplanet.info

 

GRIOUDAS (Aveyron) – (AFP) – Secret de fabrication bien gardé, unité de transformation fermée à double-tour: l’éleveur Marcel Mezy commercialise depuis l’Aveyron un fertilisant naturel qui a déjà convaincu des milliers d’agriculteurs de se détourner des engrais chimiques classiques.

A ce jour, 5.000 exploitations sur 350.000 en France utilisent les granulés certifiés Agriculture biologique renfermant un cocktail de micro-organismes élaboré à partir de composts de matières végétales par ce chercheur-paysan dans sa ferme de Grioudas.

Selon cet agronome, s’il est produit à grande échelle, « on pourra dire que c’est un procédé de fertilisation qui est de nature, dans le siècle à venir, à changer radicalement la perspective en matière de fertilisation », sans toutefois « éliminer l’usage des engrais classiques et pesticides », mais cela « permettrait de les réduire, ce qui est nécessaire ».

Les ventes de Bactériosol (à incorporer dans la terre) et de Bactériolit (à mélanger au fumier), par sac de 600 kg pour les agriculteurs ou en boîte de 1,2 kg pour les jardiniers amateurs, augmentent de 20% environ par an.

Le chiffre d’affaires de la Sobac, l’entreprise fondée en 1992 par Marcel Mezy et ses associés, a atteint 15 millions d’euros en 2010 et table sur 17 à 18 millions d’euros cette année, grâce également aux marchés européens. La production est passée de 7.000 tonnes en 2001 à 35.000 en 2011.

Bunker Roy : Apprendre d’un mouvement va-nu-pied

vu sur le blog : http://refairelemonde.over-blog.com/

– « Quand on pense à quelque raison pour ne pas suivre son propre chemin, ou quand on a peur et reste au sein de la société parce que c’est plus sûr, les résultats sont radicalement différents de ce qui arrive si l’on suit l’appel. Si l’on refuse d’avancer, alors on est le servant de quelqu’un d’autre. Quand vient le refus de l’appel, il y a une sorte de dessèchement, un certain sens de vie perdue.
Chaque parcelle en nous sait qu’une expérience nécessaire a été refusée. Les angoisses apparaissent.
Ce qu’on a refusé de vivre de manière positive, on le vivra négativement. »
Joseph Campbell
Citation de A Joseph Campbell Companion,
selected and edited by Diane K. Osbon
Traduit humblement par Lucas

Un entrepreneur social au service du développement rural.

L’Inde, 2ème pays social au service du développement rural.au monde avec plus d’un milliard d’habitants compte 700 000 villages sur un territoire équivalent à 6 fois la France. La situation économique y est très souvent fragile, la moindre saison sèche ou récolte difficile venant accroître l’exode rural déjà considérable. Comment un de ces villages, peuplé de seulement 800 habitants devient un des modèles de développement durable pour tous les autres pays du Sud ; visité, reconnu et admiré par des personnalités comme le président de la Fondation Ford, le président de la Banque Mondiale ou le Prince de Galles ? C’est pour répondre à cette question que nous avons rencontré Bunker Roy, le fondateur du « Barefoot College » de Tilonia.

Fils d’une des familles les plus influentes du Bengale (la région de Calcutta), Bunker a suivi l’une des meilleures éducations du système indien. Il a usé ses shorts sur les mêmes bancs que Rajiv Gandhi (le fils d’Indira et lui aussi ancien Premier Ministre assassiné) et que les héritiers du plus grand empire industriel du sous-continent : les fils Tata. De cette éducation stricte et élitiste, il garde le souvenir de professeurs « on ne peut plus snob » leur présentant le mirage de l’Inde moderne du XXIe siècle en lieu et place du « Bhârat », l’Inde rurale*.

Programmé pour devenir un grand diplomate, un fin politicien ou un puissant bureaucrate, Bunker suit une scolarité exemplaire. Pendant son temps libre, il se consacre à sa passion, le squash, et remporte même pendant 4 années d’affilée le Championnat National.

Le tournant de sa vie se produit en 1966, lorsque par curiosité, il va visiter un village du Bihâr. Cette année-là, ce petit Etat rural, frontalier du Népal, connaît une des pires famines de son histoire. Faute de mousson, les greniers à céréales sont entièrement vides et l’aide internationale permet difficilement à chaque personne de disposer d’une chapati par jour, une mince galette de farine de blé, base de l’alimentation indienne.

Le choc est terrible pour ce jeune privilégié. Rien dans son parcours personnel ne l’avait préparé à voir cette réalité poignante : des dizaines de milliers de personnes périssent faute de nourriture et ceux qui restent sont condamnés à errer chaque jour à la recherche d’une maigre pitance. C’est décidé, du haut de ses 19 ans, Bunker prend une décision qui va changer sa vie : il veut vivre dans l’Inde rurale et se mettre au service des paysans les plus pauvres.

Sans avoir aucune notion concrète de ce qu’il veut entreprendre et de la manière dont il doit opérer, il décide d’aller vivre dans un des villages du district d’Ajmer, dans le Rajasthan. C’est là, qu’humblement, il passe 5 ans de sa vie. Travaillant comme un forcené, il creuse, nettoie et fait exploser des charges afin de construire des puits. Au contact des villageois de souche, il acquiert la certitude que les connaissances et les compétences pratiques des villageois sont suffisantes pour assurer leur développement.

A 25 ans, un collègue l’invite à passer quelques jours à Tilonia. Cette visite sera le second tournant de son existence. Il remarque un grand sanatorium à l’abandon au beau milieu du village et décide d’engager les démarches pour l’acquérir. Légué par le gouvernement au modeste prix de 1 roupie, il en fera en 3 décennies le centre du « Barefoot College ».

Construit sur des préceptes de Gandhi, celui-ci s’articule autour de 5 grandes idées : la participation de chacun à la vie du village, l’égalité homme-femme, l’éducation pratique et non théorique, la nécessité de ne pas gâcher les ressources et la technologie par et pour ses habitants.

Résultat après presque trente ans d’efforts. Toute l’électricité du village provient de panneaux solaires, 90 écoles de nuits ont été créées pour dispenser un savoir pratique aux enfants qui gardent leurs troupeaux le jour. Un groupe de 300 femmes se réunit chaque semaine pour débattre et influencer leurs conditions de vie et un ingénieux système de récupération de l’eau de pluie alimente irrigation, douches et toilettes de tous les villageois. Dernière trouvaille mais pas des moindre, un parlement des enfants est élu tous les 3 ans pour influencer la vie du village et des écoles !!

Le plus remarquable de ces 30 années de développement est que ce sont les villageois eux-mêmes qui ont eu les idées, les ont financées (partiellement) et les ont appliquées à leur rythme et ceci sans aucune aide extérieure. Bunker ne se considère que comme un support et passe désormais la majeure partie de son temps à promouvoir ce modèle aux quatre coins de l’Inde et, depuis peu, de la Planète.

Persuadé qu’il faut beaucoup plus investir sur les individus que sur les projets pour réaliser un développement durable des villages indiens, il espère convaincre les sceptiques et faire de nombreux adeptes. En voilà 2 de plus !!

* « Bhârat » signifie Inde en Hindi.

Le site du BareFoot College

Cet article provient du site :
www.80hommes.com

L’irradiation des aliments

L’irradiation des aliments est une méthode de conservation et de décontamination qui soumet les aliments à un rayonnement ionisant (rayons gamma, isotopes radioactifs). Elle est loin d’être sans danger mais accompagne idéalement le développement de l’industrie agro-alimentaire mondialisée pour le plus grand intérêt des grandes firmes internationales du secteur…

L’irradiation d’aliments tue certains micro-organismes responsables de la dégradation de ces aliments.

De plus, l’irradiation inhibe la germination des oignons et des pommes de terre en stoppant la multiplication des cellules à croissance rapide (méristèmes). L’irradiation ralentit aussi le processus naturel de murissement ce qui permet d’allonger les filières et de vendre des produits de l’autre côté de la planète dans les grandes surfaces.

Les produits les plus touchés en Belgique sont :

* les crevettes * les cuisses de grenouilles congelées * les viandes * les poissons * les volailles * les fruits secs * les haricots/pois * les oignons * les échalottes * les fraises pour éviter flatulence * les potages déshydratés * le café déshydraté

Ce traitement permet donc d’avoir des fruits et épices bien reluisants bien plus longtemps ! L’apparence est donc sauve et la commercialisation partout dans le monde garantie. A quel prix ?

L’irradiation n’est pas classée comme « additif » et n’est donc pas soumise à des tests toxicologiques !

Les effets sont pervers, en effet, un produit dégradé ne donnera pas lieu à ces odeurs caractéristiques, ce qui permet de continuer à le vendre !

Plus grave encore, l’irradiation produit des radicaux libres, instables et réactifs (OH- et H+) et qui sont réputés cancérigènes.

La cerise sur le gâteau vient avec la création de cyclobutanones suite à l’irradiation d’acides gras (viandes, fruits oléagineux, poissons,…). Selon des études scientifiques, ces cyclobutanones sont toxiques pour les cellules humaines et promeuvent le cancer du colon chez les rats et de plus, les cyclobutanones s’accumulent dans les graisses…

La France et la Belgique sont leaders dans l’irradiation !

L’irradiation n’est pas réalisée dans les produits bio, ni les produits paysans produits à la ferme et vendus en filière courte.

La fabrique de l’information

Les analyses de Pierre Bourdieu ou de Noam Chomsky (1) sur la fabrique de l’information sont toujours aussi percutantes : la télévision tend à s’ « uniformiser » et plus encore à « dépolitiser » sous pression du monde de l’argent et d’une concurrence toujours plus forte entre les rédactions. Contraint à la fois par la concentration actionnariale et la proximité sociologique des acteurs du champ journalistique, le débat démocratique repose avant tout sur l’organisation du consensus. Qu’à cela ne tienne, voici venu le temps des citoyens détendus ; le temps du « hard » et de l’ « humour pop’ » (2) dans lequel le sexe et les humoristes sont devenus des incontournables de la programmation politique, depuis les matinales radiophoniques jusqu’aux émissions informatives de Canal+ qui ont définitivement aboli la frontière entre politique, humour et people. Une omniprésence du rire tout à fait symptomatique du renoncement partiel ou total des grands partis à changer la vie, au nom d’ un idéal et du sens de l’Histoire. Puisque le grand drame de la lutte n’est plus… tâchons au moins d’en rire, et laissons donc le sérieux aux « experts » : les chiffres et les rapports, eux, ne mentent pas.

Il existe une imposture fondamentale inhérente au système médiatique à laquelle il faut tordre le coup et que je nommerai « l’idéologie de la neutralité ». Quatre acteurs sont en présence.

-le journaliste : neutre et au fait des grands débats qui animent la société ; il est à même de poser les bonnes questions à ses interlocuteurs.
-le politique : engagé et partial ; la défense de son idéologie l’entraîne à user de la rhétorique, du mensonge ou de la mauvaise foi à des fins électoralistes.
-l’expert : impartial et compétent ; il fonde sa légitimité sur le travail scientifique. Il ne prend pas parti.
-l’électeur : ignorant des grands enjeux du monde, il faut tout lui vulgariser.

De cette typologie largement intériorisée, on déduit l’interchangeabilité des experts et des journalistes entre eux. Bien évidemment il n’en est rien. Ni l’expert ni le journaliste ne sont des acteurs « hors sol » : nous parlons bien de sciences sociales et non de Science. Les « experts » ne sont pas des « savants ». Il y aurait beaucoup à dire sur la poignée d’éditorialistes et de commentateurs qui hante en permanence radios et télévisions. Est-ce par facilité que les rédactions contactent toujours les mêmes personnes? Est-ce par relation? Est-ce par idéologie ou à l’inverse par naïveté? Nous nous en tiendrons à ce constat : comme tout un chacun, les « experts » portent en eux une certaine vision de l’Homme et de la société. En ce sens, ils sont engagés malgré eux. Yves Calvi, récemment élu journaliste le plus indépendant de France (3), est bien placé pour le savoir. C’est à l’émission C dans l’air que l’on observe ce fait le plus aisément : l’expert est in globo au service des idées dominantes.

 

Pour lire la suite de l’article

Des mirages dans le cosmos

Vu sur ciel.science-et-vie.com

 

Début février, le STSCI (Institut scientifique du télescope spatial Hubble) a rendu publique une image extraordinaire prise avec le plus célèbre des télescopes. L’image, qui ouvre cet article, montre, autour d’un amas de galaxies lointain, un jeu délicat d’auréoles bleutées, à l’étrange symétrie. J’y reviendrai plus loin… Mais, au delà de la découverte qu’annonce le communiqué de presse du STSCI, centré sur l’image du télescope spatial, il est intéressant de remonter à la source de cette découverte, de montrer comment elle a été rendu possible, de révéler l’effort incroyable que doivent faire les astronomes aujourd’hui pour explorer l’Univers. C’est comme cela, seulement, que la photographie prise par Hubble prend tout son sens…

La clé, et l’origine, de cette histoire, c’est le nom de cet amas de galaxies : RCS2 032727-132623. RCS2 ? Red Sequence Cluster Survey n°2. 032727-132623 ? Ce sont les coordonnées, en ascension droite et en déclinaison (la longitude et la latitude, dans le ciel), de l’astre observé : désormais, le nombre d’objets célestes détectés par les télescopes est tellement énorme que les astres sont ainsi nommés, avec en en-tête, le nom du relevé scientifique ou du télescope, suivi d’un numéro, les coordonnées de l’astre, donc. Le RCS2 est un grand relevé astronomique, c’est à dire un scan complet de plusieurs régions célestes, effectué en 2008 avec le télescope franco-canadien d’Hawaï (CFHT)….

Le RCS2 a réalisé son objectif : le relevé a permis la découverte d’environ vingt mille amas de galaxies, jusqu’à une distance de l’ordre de sept milliards d’années-lumière… L’analyse des champs photographiés par le couple CFHT/Megacam est humainement impossible : Equivalent à une photographie qui compterait une centaine de milliards de pixels, le RCS2 a enregistré plusieurs centaines de millions de galaxies, perdues parmi plusieurs millions d’étoiles… C’est donc à un logiciel d’intelligence artificielle, doué pour l’astronomie, appelé PPP (Picture Processing Package), qu’a été confié la tâche pharaonique de trouver les amas galactiques et, parmi eux – oui, on y arrive – le fameux amas RCS2 032727-132623…

Cet amas de galaxies, situé à environ cinq milliards d’années-lumière de la Terre, exhibe une masse totale de plus de cent mille milliards de masses solaires. Or, on sait depuis 1915 et la publication de la théorie de la relativité générale par Albert Einstein, que l’espace-temps est déformé par les masses qu’il contient. Chaque astre de l’Univers – planète, étoile, galaxie, amas – est en quelque sorte un « puits gravitationnel » dans la trame de l’espace-temps : les rayons lumineux qui passent non loin d’un astre, quel qu’il soit, sont légèrement déviés dans leur trajectoire, ils suivent non plus une ligne droite, mais une géodésique de l’espace-temps ; en bref, leur trajectoire s’incurve en passant non loin du puits gravitationnel. Le cas extrême de cette courbure de l’espace-temps, c’est bien sûr le trou noir : le puits, ici, est sans fond, la lumière « tombe dedans », et on ne voit plus rien. Les astronomes, depuis une vingtaine d’années, mettent à profit cet extraordinaire phénomène naturel, car, comme dans l’Univers, la plupart des structures ont une symétrie sphérique, l’espace courbé autour des masses cosmiques se comporte comme une véritable lentille : il agrandit la taille de l’astre se trouvant par hasard exactement dans l’axe Terre-lentille et amplifie sa luminosité, d’un facteur pouvant atteindre 10 à 100 fois…

nous observons aujourd’hui cette galaxie telle qu’elle existait voici dix milliards d’années, c’est à dire moins de quatre milliards d’années après le big bang –…

La galaxie RCS2 032727-132609 (ou plutôt les divers arcs lumineux qui la représentent) est désormais la plus lumineuse et la plus grande galaxie connue dans l’Univers très lointain

Regardez bien la photographie prise par Hubble… Ce document est exceptionnel. D’abord, l’alignement géométrique entre la Terre, l’amas de galaxies et la galaxie amplifiée est d’une extraordinaire perfection : sur les quelques dizaines de milliers d’amas enregistrés par le RCS2, seuls une cinquantaine se sont révélés comme des amas lentilles… Le champ de l’image, à la distance de l’amas lentille, mesure un peu plus d’un million d’années-lumière. L’amas RCS2 032727-132623 contient des centaines de galaxies, dont Hubble parvient, ici, à percevoir quelques dizaines seulement : ce sont des galaxies elliptiques géantes, de couleur jaune : chacune d’entre elles compte cent à mille milliards d’étoiles…

Au dessus et à gauche de l’amas, et en bas et à droite, apparaissent les « mirages gravitationnels », bleutés : il s’agit de quatre images, déformées, de la galaxie RCS2 032727-132609, située en réalité cinq milliards d’années-lumière derrière l’amas. La puissance de la lentille gravitationnelle est telle qu’il est possible de reconnaître une galaxie spirale, parcourue de zones de formation d’étoiles. Même si, bien sûr, l’image de la galaxie RCS2 032727-132609 est déformée, elle constitue une source d’information unique pour les astronomes. Ils connaissent déjà la distance de cette galaxie (dix milliards d’années-lumière, sa masse, dix milliards de masses solaires, sa luminosité réelle, six fois plus importante que celle de la Voie lactée… Les astronomes savent déjà qu’ils ont sous les yeux une jeune et brillante galaxie spirale, qui produit près de quatre vingt nouvelles étoiles par an, c’est à dire cent fois plus – à masse égale – que la Voie lactée aujourd’hui !

Pour lire tout l’article