L’Inde se dote d’un ministre chargé de la promotion des médecines et pratiques traditionnelles

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Le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, a nommé dimanche 9 novembre au soir un ministre du yoga, dans le cadre d’un important remaniement ministériel visant à accélérer les réformes après son arrivée aupouvoir en mai.

M. Modi, strict végétarien et fervent adepte du yoga qu’il pratique quotidiennement, a chargé l’ancien ministre du tourisme, Shripad Yesso Naik, de la promotion des médecines et pratiques traditionnelles, telles que l’ayurvéda, le yoga, l’unani, le siddha et l’homéopathie.

Le dirigeant nationaliste hindou avait demandé à l’Organisation des nations unies en septembre d’envisager l’instauration d’une journée mondiale du yoga. Lors de sa visite aux Etats-Unis, il a vanté les mérites de cette discipline indienne traditionnelle avec Barack Obama.

Intervenant dimanche lors d’un congrès mondial de l’ayurvéda, médecinetraditionnelle pratiquée en Inde, le premier ministre a estimé que « le yoga avait acquis une reconnaissance mondiale pour ceux qui veulent vivre sans stress et choisissent d’avoir une approche holistique de la santé ». L’ayurvéda parviendra à atteindre une reconnaissance similaire « si elle est présentée de façon correcte comme un mode de vie », a ajouté le premier ministre indien.

Tarn : la zone humide du Testet et la barrage de Sivens

 

le collectif de la zone humide du Testet

Le projet de « retenue SIVENS » se situe dans le Nord-Ouest du Tarn (commune de Lisle sur Tarn, 10 km environ de Gaillac), sur la partie sauvage et préservée de la rivière Tescou.

Le barrage serait construit le long de la forêt de Sivens, en aval du lieu-dit de Barat, sur des Espaces Boisés Classés (EBC) et dans la zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). 29 ha, soit 60% de l’emprise d’acquisition de la retenue (48 ha), sont boisés (friches, peupleraies, vergers de résineux, taillis…).

Il ennoierait la zone humide du Testet, dernière zone humide d’importance du bassin versant du Tescou, qualifiée par la DREAL comme faisant « partie des zones humides majeures du département du point de vue de la biodiversité ».

D’une capacité établie à 1,5 Millions de m3, ses mesures approximatives seraient : 1,5 Km de longueur, 230 m de large, 48 ha de surface d’emprise du projet, environ 4 m de profondeur à plein. La hauteur du mur au-dessus du terrain naturel serait de 12,8 m.

Le Tescou, prend sa source à Castelnau de Montmiral, affluent de la rive droite du Tarn, long de 51 Km, il s’y jette au niveau de Montauban.

Sur le bassin versant existent déjà, 185 retenues collinaires stockant 5,1 Millions de m3 et interceptant 1/3 des cours d’eau rejoignant le Tescou, sans compter les interruptions, les trous dans le Tescou pour pompage et les seuils qui stoppent l’eau (sur 1 km au pont de Mongaillard) : l’amont n’a aucun souci de l’aval.

Ce projet, datant d’environ 40 ans, est porté par le Conseil Général du Tarn, maître d’ouvrage, et par son maître d’ouvrage délégué, la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG).

Le soutien au débit d’étiage du Tescou est l’objectif prétendu d’intérêt général :

• 30 % du volume de la retenue pour le soutien au débit d’étiage (pour la dilution des pollutions).

• Le reste, 70 %, est destiné à l’irrigation de 309 ha.

Le projet serait financé à 100 % par des fonds publics (8 400 000 €HT pour l’investissement). Les financeurs prévus sont le maître d’ouvrage (le Conseil Général du Tarn pour 10%, le CG de Tarn-et-Garonne 10% également), l’Agence de l’Eau Adour-Garonne (50%) et l’Europe (30% via les fonds FEADER).

 

Les lapins en cage : un élevage « choquant » qui reste méconnu

 

blog Le Monde  23 octobre 2014, par Audrey Garric

 

Des lapereaux aux yeux infectés et avec des mycoses, des lapins entassés dans des cages trop petites, sombres et jonchées par des cadavres ou encore des kilos de déjections accumulés le long des barreaux : dans une enquête vidéo diffusée jeudi 23 octobre, l’ONG CIWF dénonce les « conditions de vie désastreuses » des lapins élevés en batterie dans l’Union européenne, un élevage industriel qui reste encore méconnu.

CIWF, qui promeut des pratiques d’élevage respectueuses du bien-être animal, a réalisé cette enquête – tournée sans recours à la caméra cachée – cet été dans 16 élevages de cinq pays de l’Union européenne (Italie, Grèce, Chypre, Pologne et République tchèque). Une situation qu’elle avait également dénoncée en France et en Espagne en 2012. En juin, l’association L214 avait elle aussi dénoncé « l’horreur »d’un élevage de milliers de lapins du Morbihan, en réclamant sa fermeture d’urgence, et mené plusieurs enquêtes dans cette industrie, « une des pires formes d’élevage »existantes.

« Cette situation est choquante et alarmante, et pourtant elle reste méconnue, regrette Romina Sanfourche, chargée de campagnes CIWF France. La production cunicole[l’élevage de lapins] fait très peu parler d’elle, alors que les lapins sont le deuxième animal le plus élevé pour sa viande en Europe. Ils sont à 99 % élevés en cage. »

 

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 332 millions de lapins sont élevés en cage dans l’Union européenne. Malgré une baisse continue de la consommation, la France, 3e producteur européen après l’Italie et l’Espagne, en élève encore 37 millions, essentiellement dans l’Ouest du territoire (48 % pour les Pays-de-la-Loire, 21 % en Bretagne et 11 % en Poitou-Charentes, selon l’interprofession du lapin). Avec la Chine, ces quatre pays assurent l’essentiel de la production mondiale.

Des animaux qui passent leur vie entière derrière des barreaux, dans des espaces trop étroits : ils naissent dans de petites cages grillagées hors-sol et y restent jusqu’à leur mort, soit 80 jours plus tard. Les lapines reproductrices sont quant à elles maintenues isolées et confinées pendant deux ans. Et tous sont gavés d’antibiotiques : les lapins sont les plus exposés à ces médicaments, devant les volailles et les porcs, selon l’indicateur ALEA (Animal Level of Exposure to Antimicrobials) livré par le rapport de 2012 de l’Agence nationale de sécurité sanitaire – un chiffre toutefois en baisse depuis quelques années. Malgré tout, près d’un tiers des lapins meurent avant d’atteindre l’âge d’abattage.

 Or, aucune réglementation n’existe au sein de l’Union en matière de bien-être des lapins, pour contrôler la taille des cages, le nombre d’animaux qu’elles peuvent contenir et les « enrichissements » (paille, objets à ronger, tubes pour se cacher, etc.) dont elles doivent être dotées, contrairement aux poules pondeuses ou aux truies.

« Les cages les empêchent d’exprimer leurs comportements naturels (faire des bonds, creuser et se mettre à l’abri, ronger pour se limer les dents), mais aussi les mouvements les plus basiques (comme se mettre debout et bondir) et leur causent des blessures fréquentes et un stress permanent », dénonce le CIWF, qui a lancé nouvelle campagne « Une nouvelle ère sans cage » assortie d’une pétition.

Certains pays commencent à évoluer. En Autriche, les cages conventionnelles sont d’ores et déjà interdites, et elles le seront également aux Pays-Bas à partir de 2016. En Belgique, sous la pression de l’opinion publique, elles sont prohibées depuis le 1erjanvier 2013 pour tout nouvel élevage, sauf pour les lapines reproductrices (prévu pour 2021). « Ces pays ont opté pour l’élevage en parcs en plein air, ou les systèmes de clapiers, avec de l’herbe pour nourriture principale, qui améliorent le confort des animaux et leur donnent la possibilité d’exprimer leurs comportements naturels, indique Romina Sanfourche. Tous les pays doivent faire de même et définitivement interdire les cages. »