» Les ânes ont soif  » de Pierre Carles (HD)

Bien qu’il soit vendu à plus d’un million d’exemplaires à travers le monde et qu’il est, dès lors, le journal français le plus lu à l’étranger, le mensuel Le Monde Diplomatique n’est jamais cité dans les revues de presse françaises. Pierre Carles et ses acolytes ont tenté de comprendre pourquoi …

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Pour aller plus loin : voir le film  de l’expérience équatorienne – 1ère partie « les ânes ont soif  » ici 

 

 

 

 

 

Vers la fin des pesticides néonicotinoïdes : la santé des abeilles enfin prise en compte

Fondation Nicola Hulot

Le 19 mars 2015  : La Fondation Nicolas Hulot salue les avancées et appelle à maintenir un cap ambitieux Dans le cadre de la discussion sur le projet de loi relatif à la biodiversité, l’Assemblée Nationale a adopté ce matin deux amendements visant à restreindre l’usage des pesticides néonicotinoïdes, reconnus pour leurs ravages sur la santé des pollinisateurs et pour leurs risques sur la santé humaine. L’amendement n°1077 modifié va permettre de soutenir les projets de groupements d’intérêt écologique et économique (GIEE) travaillant à la suppression des néonicotinoïdes dans le cadre du plan Ecophyto 2. L’amendement n° 754 vise à mettre en place un moratoire sur ces produits à compter du 1er janvier 2016. La Fondation Nicolas Hulot salue ces avancées, tout en ayant bien conscience des questionnements que pose la mise en place d’un tel moratoire national. Au gouvernement maintenant de traduire ce cap ambitieux en actes. Lors des discussions, Ségolène Royal a également rappelé que la France s’engage au niveau européen pour mettre en révision, dès cette année, l’interdiction des 3 substances précédemment interdites ainsi que l’élargissement à d’autres substances et s’est engagée à adopter rapidement un plan de sauvegarde des abeilles et des pollinisateurs. La FNH prend acte positivement de ces engagements du gouvernement qui font suite à nos nombreuses interpellations et aux déclarations de François Hollande lors de la conférence environnementale.

« La plupart du temps, c’est l’amour qui soigne »

L’Est Républicain

L’ADIEU DE LA SŒUR DE BOUJAILLES

Connue bien au-delà de la région pour ses talents de guérisseuse, la Sœur de Boujailles s’en est allée, dimanche, après 106 ans d’une vie d’exception. Hommage.

La Sœur de Boujailles, de son vrai nom Marie-Aloysia, recevait chez elle, sur sa rustique table en bois. Des milliers de gens sont passées entre ses mains rugueuses mais précises. Son dévouement pour les autres était sans faille.  Photo W.G.

La Sœur de Boujailles, de son vrai nom Marie-Aloysia, recevait chez elle, sur sa rustique table en bois. Des milliers de gens sont passées entre ses mains rugueuses mais précises. Son dévouement pour les autres était sans faille. Photo W.G.

Il y a des gens qui forcent le respect, qui donnent sans compter, ni escompter un jour, à leur tour, recevoir. La Sœur de Boujailles était de cette trempe.

Une anecdote. Il y a un an, ils étaient nombreux à se masser dans la salle des fêtes du village, pour aider l’héroïne du jour à souffler ses 105 bougies. Quelques heures plus tôt, Marie-Aloysia – son nom de religieuse – était pourtant contrariée. « Je ne mérite pas ça, je ne fais plus rien », glissait-elle à’’La Michèle’’, sa fille adoptive, recueillie orpheline en 1952.

« Un magnétisme puissant »

Entrée dans les ordres à l’âge de 16 ans à Besançon, où elle reçut une formation d’infirmière, la sœur s’est installée à Boujailles en 1942. Jusqu’à l’aube de ses cent ans, elle soignera, écoutera et réconfortera à tour de bras et de mots. Ses mains étaient rudes et son caractère très affirmé.

découverte d’un trou noir gigantesque

Écrit par JP Fritz dans Astronomie – Blog de l’Obs 

Le trou noir géant qui était trop gros pour son âge

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Dans l’univers, il y a des objets si gigantesques qu’ils font passer notre Soleil pour un grain de poussière. C’est le cas des trous noirs supermassifs, qui se trouvent au centre des grandes galaxies comme la Voie Lactée. Autour de ces trous noirs, la matière s’agglomère en des disques captifs de l’énergie gravitationnelle de ces monstres. Le centre hyperactif de ces galaxies, nourri par l’énergie du trou noir, forme ainsi une source de rayonnement radio d’une puissance colossale : des quasars, les objets les plus lumineux de l’univers.

SDSS J0100+2802, comme l’ont numéroté les astrophysiciens, est l’un d’entre eux. Ce monstre émet 420 000 milliards de fois plus d’énergie que le Soleil, et le trou noir en son centre serait 12 milliards de fois plus massif que notre bonne vieille étoile.

Cet objet remarquable se situe à 12,8 milliards d’années-lumière de nous… et s’est formé seulement 900 millions d’années après le Big Bang, ce qui en fait le quasar le plus lumineux découvert à ce jour pour cette période précoce de l’univers. « Ce quasar est unique, » explique Xue-Bing Wu, de l’université de Pékin, auteur principal d’un article sur cette découverte qui vient d’être publié dans la revue Nature. « Un peu comme le phare le plus lumineux dans l’univers lointain, sa lumière incandescente nous guidera pour mieux enquêter sur les débuts de l’univers ».

Moins poétique, son co-auteur Fuyan Bian, de l’institut d’astronomie et d’astrophysique de l’université nationale australienne (ANU) explique que cette découverte défie les théories sur la formation et la croissance des trous noirs à cette époque de l’univers. « La formation d’un trou noir si grand si rapidement est difficile à interpréter avec les théories actuelles », déclare-t-il. En effet, lorsque la matière du nuage situé autour d’un trou noir supermassif accélère dans sa direction, sa température augmente, émettant de très grosses quantités de lumière qui repoussent la matière qui arrive derrière. Ce phénomène, que l’on nomme pression de radiation, devrait limiter la croissance des trous noirs, selon le Dr Bian.

« Pourtant, ce trou noir au centre du quasar a gagné une masse énorme en un laps de temps court », ajoute-t-il. Faudra-t-il revoir la théorie ? « Ce quasar est un laboratoire unique pour étudier la manière dont le trou noir d’un quasar et sa galaxie hôte évoluent ensemble », affirme Yuri Beletsky, de la Carnegie Institution for Science (USA), autre co-auteur de l’article scientifique. « Nos découvertes montrent que dans un jeune univers, les trous noirs des quasars grossissaient probablement plus vite que leurs galaxies hôtes, bien que davantage de recherches soient nécessaires pour confirmer cette idée ».

Les observations se poursuivent pour tenter de trouver d’autres quasar du même type…

Crédit image : vue d’artiste d’un quasar (ESO/M.Kornmesser)

 

Lueurs. A l’affût de l’ange

le Monde des Religions – Christian Bobin

Ecrivain et poète. Il a récemment publié L’Homme-joie (L’Iconoclaste) et La Grande vie (Gallimard, 2014).

Les vaches dans les prés sont les dernières à rester éclairées. Leur peau lunaire résiste à l’ombre. Par la vitre du train, je vois les Gitans. La vision de leur feu – un buisson ardent – dure une seconde. Une seconde suffit pour que l’ange mette ses yeux dans nos yeux. La noblesse nomade fait ricocher le ciel sur les dents en or. Les caravanes de bois léger tiennent l’éternel captif. Le train s’enfonce dans la nuit. Les vaches rendent les armes, leur innocence bue par le noir. Le feu gitan a bondi dans mon esprit. Il concurrence les étoiles. Un feu dans la campagne : si cela semble de peu d’intérêt, c’est que nos yeux sont mal éduqués. Ou trop. Les fous, les enfants et tous ceux qui sont jetés vivants dans la fournaise du réel savent que la vision du simple, seule, nous sauve. Les mourants aussi le savent, qui pourraient nous apprendre la splendeur d’un verre d’eau que le soleil fracasse. Nous avons assisté à l’avènement d’un monde moderne. À peine apparu, déjà mort-né, il semble indifférent à tout. Il n’aime ni les livres, ni les âmes qui y sont à tout instant menacées de mort. Un feu hante la nuit des âmes. Le décrire est le travail que je m’invente : j’attends des heures qu’un ange arrive, s’assoie à ma place. Et parfois personne ne vient. Je regarde le tremble avec un peu d’envie : je n’écris pas une page sans ratures et lui, des rotatives de son feuillage, fait sortir à chaque seconde mille poèmes impeccables. Le balayeur municipal, avec la gravité d’un méditant, manœuvrait lentement une grande pince au-dessus du caniveau, n’attrapait que les papiers, laissait les feuilles mortes à leur extase de momies. Son visage était tendu vers la perfection. Son soin le protégeait du monde. Il avait deux ailes fluorescentes vertes et jaunes. Les anges ont parfois de drôles de vêtements. Ce que j’appelle une vision, pour un moderne, n’est rien – un peu d’air entre deux battements de cils. Les modernes ont fait de la technique la source jalouse des miracles. J’ai vu une pie sautiller entre des pierres infernalement brillantes. J’ai admiré les ciseaux de ses ailes – deux coups de crayon sur l’air. C’était à Limoges. J’étais mort, je crois. La vision de cette enfant céleste m’a ressuscité. Ce n’était pas la première fois qu’un oiseau me sauvait la vie. Depuis le berceau, mes yeux appellent au secours – et les réponses arrivent. Pour avoir tenu une pivoine entre mes mains, je sais exactement combien pèse le vide rayonnant. Les moineaux, quand ils vont sur terre, procèdent par bonds. Ils dessinent dans l’air de minuscules monts Fuji. Gardez vos miracles, je garde mes riens.

 

Que peut-on attendre de la cuisson idéale ?

 

La cuisson idéale est sans aucun doute la cuisson à la vapeur douce, inférieure à 95/97°C. Elle réunit beaucoup d’avantages méconnus, tout en se faisant cataloguer comme « fade » ou « bouillie », ce qu’elle n’est évidemment pas.

C’est le seul mode de cuisson qui respecte l’identité de l’aliment.

C’est une cuisson efficace, rapide, protectrice, et qui nettoie les aliments de tous les toxiques, additifs et métaux lourds dûs aux modes de culture, à l’environnement, et aux techniques industrielles de préparation alimentaire.

On peut tout cuire à la vapeur douce : légumes, légumineuses, céréales, viandes, poissons, pain, gâteaux… sauf les fruits qu’on doit toujours consommer frais sans cuisson.

Mais il faut être attentif aux temps de cuisson car plus la durée s’allonge, plus la présence des vitamines diminue et plus les bons nutriments se dégradent. Une bonne cuisson est une cuisson courte, contrairement à la « chaîne du chaud ». Si vous conservez un aliment à 63°C seulement mais pendant des heures, la plupart des nutriments auront été détruits.

 

Pour lire la totalité de l’article 

 

 

Droit des animaux : le nouvel humanisme des sciences ?

 

A.Luneau, G. Chapouthier, J-C Ameisen, F. Burgat ALEXANDRA MALKA © RADIO FRANCE

A l’occasion du 3e Forum France Culture, « L’année vue par les sciences », organisé dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, le samedi 14 février, c’est le thème « Droit des animaux : le nouvel humanisme des sciences ? » qui nous a donné envie de réunir trois invités phares, Florence Burgat, Jean-Claude Ameisen, et Georges Chapouthier pour un débat passionnant et passionné. Un sujet de société qui, depuis octobre 2013, date de la parution du Manifeste des 24 (signés par 24 intellectuels allant de Matthieu Ricard à Boris Cyrulnik, en passant par Elisabeth de Fontenay, Luc Ferry, Danièle Sallenave, Edgar Morin..) jusqu’au vote d’un nouveau texte du code civil français cessant de considérer les animaux comme des ‘biens meubles’, a marqué l’année écoulée.
Que dit le droit de la place faite aux animaux et de leur statut ? Qu’est ce que la science a mis en évidence en matière de sensibilité et de douleur ? De quelle façon éthique et science co-évoluent ? La recherche peut-elle se passer des expérimentations ? Comment la société d’aujourd’hui compose t-elle avec ses contradictions (entre une tendance à s’opposer aux violences faites aux animaux et l’acceptation, par exemple, des élevages industriels et intensifs, des abattages peu scrupuleux, des tests de l’industrie cosmétique…) ? Y a t-il des solutions et voies alternatives pour demain ?
Débat enregistré en public le samedi 14 février, dans le Grand amphithéâtre de la Sorbonne, en partenariat avec Parsi-Sorbonne, l’Université Pierre et Marie Curie, Universciences, L’Obs et Sciences et Vie, et avec nos trois invités :
Florence Burgat, philosophe et directrice de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), dont le dernier livre La cause des animaux. Pour un destin commun , paraitra en mars chez Buchet-Chastel.

Georges Chapouthier, docteur en neurobiologie et en philosophie, directeur de recherche émérite au CNRS, son dernier livre Le chercheur et la souris, écrit avec Françoise Tristani-Potteaux, et paru au CNRS éditions, mêle parcours de vie, carrière scientifique et interrogations sur les droits des animaux.

Jean-Claude Ameisen, médecin et chercheur, professeur d’immunologie à l’université Paris Diderot, Président du Comité consultatif national d’éthique(CCNE), producteur de l’émission « Sur les épaules de Darwin » sur France Inter. Il vient de publier Retrouver l’Aube, troisième opus de Sur les épaules de Darwin (les Liens qui Libèrent, France Inter, novembre 2014).

Dennis-L. Meadows : « je pense vraiment que l’humanité n’a plus de chance de s’en sortir »

Pour lire l’ensemble de l’article

Dès le premier sommet de la Terre en 1972, le chercheur américain Dennis Meadows partait en guerre contre la croissance. A la veille de la conférence «Rio + 20», il dénonce les visions à court terme et dresse un bilan alarmiste.

En 1972, quatre jeunes scientifiques du Massachusetts Institute of Technologie (MIT) rédigent à la demande du Club de Rome un rapport intitulé The Limits to Growth (les Limites à la croissance). Celui-ci va choquer le monde. Leur analyse établit clairement les conséquences dramatiques d’une croissance économique et démographique exponentielle dans un monde fini. En simulant les interactions entre population, croissance industrielle, production alimentaire et limites des écosystèmes terrestres, ces chercheurs élaborent treize scénarios, treize trajectoires possibles pour notre civilisation.

Nous sommes avant la première crise pétrolière de 1973, et pour tout le monde, la croissance économique ne se discute pas. Aujourd’hui encore, elle reste l’alpha et l’oméga des politiques publiques. En 2004, quand les auteurs enrichissent leur recherche de données accumulées durant trois décennies d’expansion sans limites, l’impact destructeur des activités humaines sur les processus naturels les conforte définitivement dans leur raisonnement. Et ils sont convaincus que le pire scénario, celui de l’effondrement, se joue actuellement devant nous.

« Il y a deux façons d’être heureux : avoir plus ou vouloir moins. Comme je trouve qu’il est indécent d’avoir plus, je choisis de vouloir moins. »

 

……

Il ne faut pas se leurrer : quand quelqu’un se préoccupe d’économie verte, il est plutôt intéressé par l’économie et moins par le vert. Tout comme les termes soutenabilité et développement durable, le terme d’économie verte n’a pas vraiment de sens. Je suis sûr que la plupart de ceux qui utilisent cette expression sont très peu concernés par les problèmes globaux. La plupart du temps, l’expression est utilisée pour justifier une action qui aurait de toute façon été mise en place, quelles que soient les raisons.

……..

C’est fini, la croissance économique va fatalement s’arrêter, elle s’est déjà arrêtée d’ailleurs. Tant que nous poursuivons un objectif de croissance économique «perpétuelle», nous pouvons être aussi optimistes que nous le voulons sur le stock initial de ressources et la vitesse du progrès technique, le système finira par s’effondrer sur lui-même au cours du XXIe siècle. Par effondrement, il faut entendre une chute combinée et rapide de la population, des ressources, et de la production alimentaire et industrielle par tête.

Nous sommes dans une période de stagnation et nous ne reviendrons jamais aux heures de gloire de la croissance. En Grèce, lors des dernières élections, je ne crois pas que les gens croyaient aux promesses de l’opposition, ils voulaient plutôt signifier leur désir de changement. Idem chez vous pour la présidentielle. Aux États-Unis, après Bush, les démocrates ont gagné puis perdu deux ans plus tard. Le système ne fonctionne plus, les gens sont malheureux, ils votent contre, ils ne savent pas quoi faire d’autre. Ou alors, ils occupent Wall Street, ils sortent dans la rue, mais c’est encore insuffisant pour changer fondamentalement les choses.

……

Le système reste un outil, il n’est pas un objectif en soi. Nous avons bâti un système économique qui correspond à des idées. La vraie question est de savoir comment nous allons changer d’idées. Pour des pans entiers de notre vie sociale, on s’en remet au système économique. Vous voulez être heureuse ? Achetez quelque chose ! Vous êtes trop grosse ? Achetez quelque chose pour mincir ! Vos parents sont trop vieux pour s’occuper d’eux ? Achetez-leur les services de quelqu’un qui se chargera d’eux !

Nous devons comprendre que beaucoup de choses importantes de la vie ne s’achètent pas.

De même, l’environnement a de la valeur en tant que tel, pas seulement pour ce qu’il a à nous offrir.

 

 

 

 

 

 

 

A propos des suites sur la dangerosité du maïs OGM de Monsanto

 

C’est le moment de montrer notre force en signant ici :www.consommateurspascobayes.com

 

 

http://www.ipsn.eu/

 

OGM, Plantes mutées et hygiène chimique : le point avec Joël Spiroux

Chère amie, cher ami,

Vous vous en souvenez probablement : en 2012 une étude fracassante a été publiée sur la dangerosité potentielle de deux produits de la firme Monsanto : l’herbicide Roundup et le maïs NK603, génétiquement modifié pour tolérer cet herbicide.

Le résultat fut sans appel : les photos des rats atteints de tumeurs énormes, affichées en une des journaux, ont fait le tour du monde.

Mais où en est-on aujourd’hui ?

J’ai posé la question au Dr Joël Spiroux, qui était le directeur adjoint de cette étude et actuel président du CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendante sur le Génie Génétique), dont l’équipe du Pr Gilles-Eric Séralini fait partie.

Ses réponses (extraits principaux ci-dessous) sont absolument passionnantes et je vous recommande de lire son interview jusqu’au bout. Notez que ce médecin généraliste a de multiples diplômes et casquettes en affinité avec les médecines naturelles (technicien agricole, écologie humaine, acupuncteur, ostéopathe et homéopathe).

En juin 2014, le CRIIGEN republie son étude et propose une conférence de presse qui ne sera que mollement suivie par les médias.

IPSN : Deux ans après la publication de votre première étude, vous l’avez republiée en juin 2014. Pourquoi ?

Nous voulions montrer à la communauté scientifique et au grand public que notre étude reposait sur des données solides. Nous souhaitions sortir du débat passionné que notre première publication a suscité. Par ailleurs, la republication s’est faite dans une revue « open source », en mettant à disposition de tous les données biologiques de l’étude. En effet, habituellement les études réalisées avant la mise sur le marché de produits chimiques ou d’OGM sont considérées comme secret industriel et ne sont donc pas libres d’accès. Il n’y a donc ni transparence ni débat.

Les photos des rats avec leurs grosses tumeurs ont marqué les médias et les esprits. Aviez-vous prévu cette surprise ? Vous ne pensiez pas que ces photos produiraient un tel effet ?

À l’époque, nous avions été surpris de l’impact de la publication des photos de rats atteints de tumeurs publiées par le Nouvel Observateur (L’Obs aujourd’hui). Malheureusement, les tumeurs des rats, c’est presque notre quotidien puisque nous testons sur eux des produits dangereux.

Dans le fond, ce qui me choque le plus, c’est que l’on s’étonne de ces tumeurs et autres pathologies alors que ces produits ne sont pas évalués correctement. En effet, nous avons mis en évidence qu’aucun pesticide au monde n’a été évalué de façon à protéger la population. Un pesticide, c’est en fait une molécule dite active (dans le cas du Roundup, c’est le glyphosate) et des adjuvants [1]. Pendant deux ans, on teste le glyphosate sur des rats. En revanche, les adjuvants et le mélange adjuvants + glysophate n’est testé que quelques jours sur la peau. Ces tests ne sont guère utiles puisqu’on n’effectue aucune prise de sang pour en connaître les conséquences sur les cobayes.

Quel impact a cette absence d’évaluation sur la santé de la population ?

Les indicateurs sont au rouge. Depuis 50 ans, le développement des pathologies chroniques est catastrophique. Voyez donc : pertes de plus de 50 % des spermatozoïdes chez l’homme, augmentation des stérilités, hypofécondités, malformations néonatales, allergies, maladies neurodégénératives comme l’Alzheimer, doublement des cancers et apparition de très nombreuses maladies orphelines…

Ces pathologies environnementales sont apparues progressivement depuis un siècle parallèlement au développement de la chimie et l’essor industriel. La révolution verte des années 70 a transformé l’agriculture paysanne en agriculture industrielle utilisant force engrais et pesticides. Nous retrouvons ces produits dans notre alimentation. Nos fruits, par exemple, contiennent 3 à 10 résidus différents de pesticides.

C’est ce constat général qui m’a poussé à me lancer dans les questions de santé et d’environnement. J’en avais marre de voir devant moi des malades qui n’auraient pas dû l’être. Avant de devenir médecin, j’ai passé un diplôme de technicien agricole. Je connais donc très bien les traitements subis par les écosystèmes, les animaux etc. Le lien entre l’essor de pathologies diverses, dont les cancers, et notre manière de cultiver la terre ou d’élever les animaux ne fait aucun doute. On le voit sur le terrain. Quand va-t-on réellement commencer à évaluer les produits que nous utilisons en agriculture et dans l’industrie afin d’assurer une alimentation riche et saine, et des milieux de vie favorables à un maintien en bonne santé ?

Le CRIIGEN s’est retiré de l’instance de dialogue créée dans le cadre du projet gouvernemental Risk’OGM. Pourquoi ?

Au début, nous étions partants pour participer à ce projet. Le ministère de l’Environnement et de l’Ecologie, ainsi que l’ANSES, avaient décidé de lancer une étude sur les risques toxicologiques d’un OGM. Nous avons été conviés à participer et nous avons envoyé l’un de nos doctorants, Nicolas Defarge. J’ai été un peu surpris que le projet soit de refaire exactement notre étude sans l’élargir à de nombreux autres OGM et pesticides. En effet, il existe une quarantaine d’OGM commercialisés dans le monde, nous aurions pu profiter de ce projet pour étudier un soja par exemple.

Mais là n’était pas l’essentiel. J’ai été plus inquiet de voir que seuls l’INRA, l’INSERM et l’ANSES avaient répondu à l’offre du ministère pour faire l’étude. Quand on connaît leur hostilité à nos recherches, on pouvait se poser la question de leur capacité d’objectivité sur la question. Puis d’autres acteurs se sont greffés au projet : Monsanto (par le biais d’une association, Europabio, financée par l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique) et les autres semenciers : Bayer, Cropscience et Limagrain notamment. Nous ne pouvions pas cautionner ces conflits d’intérêt qui nous replongeaient dans la situation classique : les fabricants évaluent eux-mêmes leurs produits et font du lobbying auprès des agences d’accréditation. Où sont l’indépendance et la transparence ? Qui protège le consommateur ?

(…) Le projet de deux ans est devenu un projet de trois mois, que l’on pouvait prolonger éventuellement jusqu’à six ; ce que nous reprochons depuis plus de quinze ans est que les textes réglementaires ne durent que trois mois, ce qui est insuffisant pour mettre en évidence les pathologies chroniques. Par ailleurs, le maïs seul sera étudié sans le pesticide – le Roundup – pour lequel il est rendu tolérant, ce qui change tout !

En quoi l’évaluation de la seule molécule active est-elle un problème ?

En 2013, nous avons étudié 9 différents Roundup et montré que les adjuvants sont plus toxiques que le glyphosate, seule molécule à être testée pendant deux ans sur des rats. En 2014, nous avons étudié 9 pesticides, 3 herbicides, 3 fongicides et 3 insecticides et montré que les formulations totales vendues aux agriculteurs ou aux particuliers sont de 2 à 10 000 fois plus toxiques, sur des cellules humaines, que les molécules dites actives, seules testées avant la mise sur le marché.

C’est un véritable scandale sanitaire qui devrait mettre des millions de gens dans la rue pour manifester. En Inde, des paysans se suicident au Roundup, en Amérique Latine, partout où l’on a développé la culture OGM et l’utilisation forcenée de pesticides, on a vu le taux de maladies chroniques augmenter chez les agriculteurs de ces pays et les populations avoisinantes. Qui se soucie de leur détresse ?

Au drame sanitaire s’ajoute, en outre, une perte inquiétante de liberté. Car les grandes compagnies vendent des semences qui ne peuvent fonctionner qu’avec les pesticides qu’elles fabriquent.

C’est un système fait pour et par ces industries qui vendent une semence plus chère que son prix habituel (biotechnologie oblige) et sont seules autorisées à racheter la récolte. Le paysan ne garde rien et ne plante plus ses propres semences. Que reste-t-il de sa liberté ?

On parle aujourd’hui de l’arrivée d’une deuxième génération d’OGM. De quoi s’agit-il ?

La vérité, c’est qu’il n’y a rien de nouveau. On nous présente comme des « OGM nouveaux » des OGM qui ont plusieurs « gènes d’intérêt ». Cela veut dire qu’ils peuvent fabriquer plusieurs insecticides ou tolérer plusieurs herbicides. Mais ce type d’OGM existe depuis longtemps.

Par exemple, le maïs Smartstax possède 8 gènes d’intérêt : 2 de tolérance à des herbicides et 6 de production d’insecticides différents. Quels sont les impacts en termes de santé pour les animaux ou les populations qui mangent ce maïs ? Personne ne le sait ni veut le savoir !

Pourquoi a-t-on introduit ces OGM ?

C’est pour satisfaire le « dieu Progrès ». Le développement des connaissances en génétique en un siècle a fait des progrès extraordinaires. Nous savons désormais modifier des patrimoines génétiques. Dans le domaine médical, la thérapie génique nous donne l’espoir de traiter des pathologies graves. Mais modifier des plantes pour qu’elles produisent ou tolèrent des pesticides, cela n’a pas de sens car, contrairement a ce que disent les producteurs, cela ne diminue en rien la quantité totale de pesticides répandus sur la planète !

En effet, ce qui devait arriver arriva. L’utilisation de plantes insecticides a permis l’émergence d’insectes résistants, c’est pour cela que les nouveaux OGM comme le Smartstax possèdent plusieurs gènes pour la production de plusieurs insecticides différents. En ce qui concerne les herbicides comme le Roundup, les agriculteurs d’Amérique du Sud et du Nord sont envahis par des amarantes qui étaient spontanément tolérantes au Roundup et qui se sont développées de façon exponentielle du fait de la mort de celles qui y étaient sensibles. Bilan de l’affaire, on rajoute de nouveaux herbicides… Aujourd’hui, certaines plantes résistent au Roundup et au Dicamba, nouvel herbicide de chez Monsanto. Nous nous sommes engagés dans une course aux armements contre la nature que nous sommes sûrs de perdre. Pendant ce temps, les animaux et la population mondiale ingèrent de plus en plus de pesticides. Quand le comprendra-t-on ? (…)

Tout est donc mauvais dans les OGM ?

Non, ce serait une erreur de dire cela. Je vais vous donner deux exemples : pour soigner les patients diabétiques, nous utilisons tous une insuline produite grâce au génie génétique. En effet, depuis plus de 20 ans, l’insuline humaine est produite par des bactéries OGM dans lesquelles a été inséré le gène humain de fabrication de l’insuline. Ces bactéries sont élevées en laboratoire dans des incubateurs.

On sait ensuite extraire l’insuline produite par ces bactéries et l’utiliser pour les patients diabétiques qui reçoivent des injections quotidiennes d’insuline strictement identique à ce que fait notre pancréas. C’est un grand progrès parce que, auparavant, on utilisait de l’insuline de porc que les patients finissaient par ne plus tolérer, et mourraient. C’est un exemple manifeste de l’utilité du génie génétique, réalisé dans des conditions sanitaires et de sécurité optimales.

De même, quand sur des boîtes de médicaments vous voyez écrit « protéines recombinantes », ce sont des protéines-médicament produites par le génie génétique.

Il faut bien comprendre que le CRIIGEN et ses membres ne sont pas contre les OGM en eux-mêmes mais seulement contre le mauvais usage que l’on peut en faire, et aussi contre la façon si « légère et inappropriée » avec laquelle ils sont évalués.

Le pire dans cette histoire est qu’à côté des OGM se développent des plantes mutées. Ces plantes génétiquement modifiées par des produits chimiques ou par des rayonnements ionisants ne rentrent pas dans la législation des OGM et sont cultivées sans études toxicologiques et en toute légalité, même en France. C’est ainsi qu’en France poussent en toute légalité des tournesols mutés tolérants à un herbicide, le sulfonylurée, dont aujourd’hui personne ne sait quelles conséquences ils pourront avoir sur l’environnement et la santé. Mais on sait déjà que ces plantes gorgées d’herbicides se retrouvent dans des tourteaux et produits destinés à l’alimentation animale, voire humaine. Bon appétit ! (…)

Vous trouverez les réponses complètes du Dr Joël Spiroux sur notre site.
http://www.ipsn.eu/actualites/ogm-plantes-mutees-et-hygiene-chimique-linterview-de-joel-spiroux/

Pour en savoir plus sur l’action du CRIIGEN, rendez-vous ici.

Pour soutenir leur action indépendante : rendez-vous ici.

Campagne Consommateurs pas Cobayes

140 000 personnes ont signé la campagne de « Consommateurs pas cobayes ! » qui demande un moratoire sur l’importation des OGM et du Roundup. Et vous ?

Cette pétition dénonce l’incohérence de la loi sur les OGM qui interdit leur production en France sans proscrire l’importation d’OGM. Résultat, 80 % des animaux sont nourris en partie aux OGM.

Le gouvernement a été saisi du sujet par lettre recommandée en juillet 2014, et a passé le relais à l’administration (la DGPR [2]) qui doit statuer sur le sujet. C’est le moment de montrer notre force en signant ici :www.consommateurspascobayes.com

Pour en savoir plus sur cette action, rendez-vous ici.

Bien à vous,

Augustin de Livois

PS 1 : Le programme du congrès des Herboristes est disponible ici.

Vous pouvez vous inscrire à l’événement ici.

Vous êtes herboriste, acteur de la filière ou association ? N’hésitez pas à tenir un stand ! Pour plus d’informations, contactez-nous par mail à l’adresse suivante :adelivois@ipsn.eu

PS 2 : Les inscriptions sont ouvertes pour la conférence de Luc Bodin « Soigner avec l’énergie » qui aura lieu à Louvain-la-Neuve, Place du Cardinal Mercier 10-12. La conférence débute à 19 heures. (Accueil à partir de 18 h 15).
Programme et inscriptions ici.

Sources

[1] Le tout est ce que l’on appelle une formulation.

[2] Direction Générale de la Prévention des Risques  

 

Effondrement de l’atelier Rana Plaza au Bangladesh : Benetton accepte de participer au fond de compensation pour les victimes

Chers incroyables membres d’Avaaz,

Nous avons une excellente nouvelle pour vous: Benetton est revenu sur sa position et s’engage à verser une compensation aux victimes de l’effondrement de l’atelier Rana Plaza au Bangladesh!

Il s’agit d’une immense victoire pour la mobilisation citoyenne et pour les victimes de cette catastrophe, qui devraient enfin recevoir ce qui leur est dû! Nous sommes extrêmement reconnaissants envers les membres d’Avaaz qui, des quatre coins du monde, ont rendu possible cette victoire!

L’annonce de Benetton s’est répandue dans les médias comme une traînée de poudre — jetez donc un coup d’oeil à quelques articles, comme celui de la BBC, deReuters et du Guardian (en anglais) — l’histoire de notre incroyable communauté rendant cette victoire possible est encore plus belle.

En 2 semaines à peine, nous avons lancé cette campagne et l’avons remportée. Voici comment:

  • Plus d’un million d’entre nous ont signé une méga-pétition demandant à Benetton de payer.
  • Les membres d’Avaaz partout dans le monde ont inondé les comptes Facebook et Twitter de Benetton de milliers de commentaires.
  • Nous avons frappé Benetton sur son propre terrain, en faisant circuler pendant des jours un panneau mobile autour de son siège, en Italie.
  • Nous avons mis en place une stratégie de plaidoyer de haut niveau afin de promouvoir la compensation directement auprès de Benetton comme auprès d’importants décideurs.
  • Et surtout, en reconnaissant que pendant des années, Benetton a fait la promotion de la justice et de l’équité, l’équipe d’Avaaz a engagé un dialogue direct et constructif avec l’entreprise, pas en tant qu’opposant mais en tant que partenaire potentiel.

Notre mouvement peut être vraiment fier de ce résultat exceptionnel. Pendant plus d’un an, plusieurs organisations ont demandé à Benetton de payer, et grâce à la force, à la passion et à la solidarité de la communauté d’Avaaz, nous avons réussi!

Et maintenant, que va-t-il se passer?

Benetton s’est bien engagé à contribuer au fond de compensation après avoir résisté pendant plus d’un an, mais ils n’annonceront de montant qu’après avoir engagé une évaluation interne. Ce tout nouveau fond de compensation a besoin de 9 millions de dollars pour donner aux victimes et aux survivants le minimum de compensation dont ils ont besoin.

Félicitons Benetton pour cet engagement et demandons-leur d’aller jusqu’au bout. Cliquez ici pour ajouter votre voix à tous les messages que Benetton reçoit des quatre coins du monde maintenant:

https://secure.avaaz.org/fr/benetton_thank_you/?bXJXQab&v=54375

Avec toute notre reconnaissance pour faire partie d’une incroyable communauté,

Dalia, Oli, Emily, Oscar, Ricken, Risalat et toute l’équipe d’Avaaz

P.S. Au cas où vous voudriez le lire de nouveau, vous trouverez ci-dessous l’email d’origine.