Changement d’ère

sur momentum institut

Notre point de départ se fonde sur une prise de conscience : nous vivons aujourd’hui la fin de la période de la plus grande abondance matérielle jamais connue au cours de l’histoire humaine.
Une abondance fondée sur des sources temporaires d’énergie concentrée et à bon marché qui a rendu possible tout le reste.

Aujourd’hui, les dettes accumulées, dette financière, dette énergétique et dette écologique nous reviennent comme des bombes à retardement qui commencent à exploser. Les générations de ce siècle doivent se préparer à ce contrecoup en se rendant moins dépendantes des ressources non renouvelables, et en consolidant leurs réseaux de solidarités, au sein de communautés humaines renforcées.

Le vent du changement est là. Le consumérisme connaît ses derniers feux. Le moment historique que nous vivons demande un mode de pensée différent.

Sans faire de bruit, un mouvement informel composé de citoyens engagés, de communautés, d’entreprises et d’élus a entamé la transition vers le monde post carbone. Ces acteurs précoces travaillent à réduire leur consommation, à produire localement nourriture et énergie, à investir dans l’économie locale, à réhabiliter des savoirs, à préserver les écosystèmes locaux. Leurs motivations sont diverses : freiner le changement climatique, préserver l’environnement, la sécurité alimentaire, le développement économique local. L’essence de ces efforts est cependant la même : tous reconnaissent que le monde change, que la manière habituelle d’agir, fondée sur l’idée que la croissance de la production et de la consommation peut et doit continuer indéfiniment, ne fonctionne plus.

La crise globale des systèmes naturels, énergétiques et économiques forme l’étoffe de notre époque singulière.

Pour y réagir, nous sommes convaincus de la nécessité de contribuer à l’élaboration des transitions vers les sociétés de l’après-pétrole, les sociétés de sobriété.

Pris isolément, tous ces efforts sont loin de suffire. Mais une fois rassemblés, ils peuvent orienter la nouvelle société.

L’Institut Momentum se veut un laboratoire d’idées sur les issues de la société hyperindustrielle et les transitions nécessaires pour amortir le choc social de la fin du pétrole.

 

Auteur: Agnès Sinaï

 

 

Lorsque la Tao menait le monde et « les clés du futur »

C’est l’objet d’un bel article d’Alain Gourhant publié le 6 mars sur son blog sous le titre « Lorsque le Tao menait le monde »  et que je vous invite à découvrir.

 

Je ne reprendrai donc ici que quelques morceaux choisis de cet article qui ouvre sur un monde si différent de celui que j’ai présenté il y a quelques jours : Google annonce l’immortalité pour la fin du siècle

le Tao dit :

« Il n’est pas de plus grande erreur
que de suivre aveuglément ses désirs.
Il n’est pas de plus grand malheur que de désirer toujours plus.
Qui sait être satisfait, est toujours heureux ».

… La sobriété heureuse chère au Temple des Consciences : sobriété dans les désirs.

… et je lis plus loin ces mots d’Alain Gourhant :

« ce texte pourrait très bien figurer en exergue d’une critique radicale de notre société contemporaine de l’hyperconsommation généralisée où c’est le désir du « toujours plus » qui nous entraîne dans sa folle spirale... »

… qui font écho  à la page « vers un monde transrationnel  »

et je trouve ce passage du texte d’Alain Gourhant vraiment fondamental :

« Pour changer le cours des choses,
il nous est demandé d’abord une transformation intérieure en profondeur :
il s’agit de se relier de nouveau au Tao,
d’aucuns diraient à la Voie, au Soi, Au Vide, au Tout, à Dieu
à condition que ce Dieu soit sans nom ni forme pour éviter toute restriction possessive et belliqueuse.

C’est aussi le programme de la la sagesse éternelle,… »

… C’est le coeur, la pulsation qui  anime le Temple des Consciences en se reliant à la Voie, au Vide, au Tout, à Dieu… à condition de ne pas vouloir posséder Dieu comme d’autres veulent s’y substituer  : il fallait donc créer d’abord ce lieu virtuel qui accepte et reconnaisse tous ces chemins spirituels pourvu qu’ils soient sincères parce que chacun est un chemin, un rayon de ce grand Tout. Parcourir un de ces rayons c’est aller vers ce Vide, ce Tout, Dieu mais ce Vide, ce Tout, Dieu est inaccessible et nous ouvre au mystère, à l’infini. Seuls les prophètes, les grands maîtres, peuvent incarner  cette inaccessibilité pour la rendre plus perceptible à l’homme ou pour ouvrir l’homme vers d’autres réalités : c’est alors la conscience au-delà du mental qui s’ouvre à d’autres mondes…certainement un avenir de l’homme plus radieux que celui du surhomme d’un monde technologique qui arrive à grands pas. –cf les articles sur le transhumanisme-

Mais ce surhomme d’un monde technologique avancé et un homme nouveau doué de capacités hors du mental peuvent-ils être demain un seul et même être doué d’une conscience très élargie ?

 

« Nous joignons des rayons
pour en faire une roue,
mais c’est le Vide du moyeu
qui permet au chariot d’avancer »

Pour  la critique du livre de Jean Staune « les clés du futur » et pour lire l’ensemble de l’article d’Alain Gourhant ainsi que les commentaires 

Je terminerai en complétant cet article de l’observation suivante : le transhumanisme n’est qu’une des versions d’un monde où l’homme a perdu la Transcendance. Le Temple des Consciences est au contraire un lieu virtuel d’expression de cette transcendance mais aussi un lieu d’engagement contre ces dérives matérialistes et de sensiblité à un nouveau monde en  construction . J’encourage celles et ceux qui y sont sensibles à laisser ici leur pas , c’est un premier pas qui s’ajoutera aux premiers pas déjà inscrits… et qui sait peu-être seront suivis d’une participation à la construction collective de ce projet.

Denis Brossier

Google annonce l’immortalité pour la fin du siècle

voir l’ensemble de l’article sur Amessi.org

Une interview de Laurent Alexandre

présentation de Laurent Alexandre sur le JDD

Laurent Alexandre est une personnalité atypique dont l’expertise est écoutée. Chirurgien urologue de formation, diplômé de l’ENA, HEC et Sciences-Po, cofondateur de Doctissimo.fr, il préside désormais la société de séquençage de génome DNA Vision. Ce « cerveau » s’intéresse « aux bouleversements qu’entraîneront pour l’humanité les progrès de la science, de la technomédecine et des biotechnologies ». Il y a consacré un essai remarqué intitulé La Mort de la mort dans lequel il affirme que « l’homme qui vivra 1.000 ans est déjà né« .

—-

LA LOI DU RETOUR ACCELERE, EXTENSION DE LA LOI DE MOORE

 

Il ne s’est encore jamais trompé. Ray Kurzweil, le futurologue de Google, a été l’un des premiers à prophétiser qu’un jour un ordinateur battrait un homme aux échecs.
Cette fois-ci, il a développé la loi du retour accéléré, soit un progrès illimité de plus en plus rapide avec pour conséquence que l’immortalité devienne réalité.

Surgissement d’un nouveau monde

 

 

Surgissement d’un nouveau monde- 

par Marc Luyckx Ghisi –

cf interview de l’auteur de mai 2014 sur le blog de Jocelin Morisson

Nous vivons un changement de société rapide et profond car la rationalité moderne, l’approche patriarcale et le capitalisme industriel ne sont plus capables de formuler une réponse satisfaisante ni au problème de notre survie collective et de celle de l’environnement, ni aux problèmes sociaux et démographiques de notre monde en ce début de XXIe siècle. Ils sont déjà dépassés car ils ne font plus sens : ils conduisent à la mort. La société civile mondiale cherche déjà ailleurs, même si les pouvoirs s’évertuent à la convaincre qu’il n’y a pas d’alternative. Certains sont en train d’expérimenter un profond réenchantement, une réconciliation corps-coeur-âme. Dans ce groupe de 25 % de citoyens européens et américains, 66 % sont des femmes.

voir la présentation du livre sur la page de lecture de la critique de la modernité

 

Frère Antoine , ermite depuis 50 ans

07A partir de Sain et naturel

Ce nona­gé­naire vit à demeure dans une grotte du Var où il partage avec quelques habi­tués de passage son quoti­dien fait de médi­ta­tions et d’as­cé­tisme. Son crédo : frater­nité et humour. –

Frère Antoine, 92 ans, vit dans une cavité du Rocher ocre de Roque­brune-sur-Argens depuis 1966. Il a eu un « coup de foudre » pour « cette grotte somp­tueuse », dit-il. « J’avais 43 ans et j’étais habité par une certi­tude, celle qu’il existe un état de parfait conten­te­ment ici et main­te­nant, qu’en chris­tia­nisme on nomme Royaume des Cieux » a-t-il confié à VSD, venu à sa rencontre. En 2016, le vieil homme fêtera son demi-siècle de vie troglo­dyte.

Si certains reli­gieux le consi­dèrent comme un héré­tique, lui dit vivre « sans inter­mé­diaire » avec Dieu. De son vrai nom Louis Chau­vel, Frère Antoine a vécu plus de dix ans en monas­tère et sculp­tait des objets reli­gieux en bois. C’est par ce métier qu’il a rencon­tré un riche indus­triel qui allait deve­nir son mécène. S’en­suit une longue série de quatorze voyages en Inde.

Frère Antoine dit « ne jamais s’en­nuyer », riche d’une vie inté­rieure profonde. Mais le reli­gieux a une autre passion. « J’écris par pulsion. Certains ont des pulsions dogma­tiques, finan­cières ou sexuelles. Moi c’est l’écri­ture. » Il a déjà publié huit ouvrages qu’il grif­fonne à la main.

Rachel Guim­baud, Lyon­naise de 32 ans, fait le lien entre l’édi­teur et l’au­teur. Elle réécrit son texte sur ordi­na­teur, passe le voir et récu­père ses manus­crits tous les mois depuis quatre ans. « C’est à chaque fois une rencontre. Il est très lucide sur le monde dans lequel on vit même si c’est parfois déca­pant. Je viens cher­cher la joie à Roque­brune-sur-Argens », avoue-t-elle dans un grand sourire. « Frère Antoine prend soin de nous et on prend soin de lui.»

« Ermite, troglodyte, ami, le frère Antoine est une rencontre rare et précieuse dans notre société. Il témoigne d’une vie simple et profonde, c’est une bouffée d’air dans le tumulte du monde. Un sage parmi les sages qui nous rappelle la légèreté de la vie et qui nous parle d’une spiritualité au delà de toute religion.
A l’aube de ses 90 ans, frère Antoine a souhaité publier une partie de ses textes désormais épuisés accompagnés d’inédits.
Sa spiritualité s’inspire de diverses traditions (chrétienne, bouddhiste, indienne) ainsi que des philosophies antiques (notamment le stoïcisme). Il prône l’ascèse joyeuse de la vie quotidienne (qu’il décrit comme une gymnastique dont le gymnase serait le monde), et la méditation constante. Être attentif et présent à ce qui arrive ici et maintenant, c’est déjà un acte de détachement vis-à-vis des buts, des attentes, des désirs, des craintes, des regrets.
Dans ses propos et ses textes, l’humour a une place essentielle. »

Merci pour tout – 23 janvier 2015

Une bouffée d’ermite – 31 mars 1992

Quoi de plus paradoxal et de plus dérangeant, en cette fin de siècle dominée par le matérialisme, que l’ermite retiré dans sa grotte – dénué de tout et heureux de l’être ? Sous prétexte qu’il adresse un pied de nez aux valeurs sacro-saintes de notre société – argent, sexe et pouvoir -, doit-on le taxer de marginal et négliger la nostalgie qu’il peut éveiller en nous ? Si, selon son témoignage, l’unique nécessaire réside dans le fait d’être, sans les dérisoires béquilles de nos possessions, cela ne l’empêche pas d’accueillir, l’esprit libre et le cœur léger, tous ceux qui viennent à lui. Résolument ancré sur le Rocher de Roquebrune où il a élu domicile, frère Antoine jouit du recul nécessaire pour être le critique souriant d’un monde à maints égards en voie d’asphyxie, lui apportant une salutaire bouffée d’air frais.

Frère Antoine, le cosmomoine – 3 septembre 1999

Le paradis, c’est ici ! – 17 mai 2006

Frère Antoine, né Louis Chauvel, est l’un des derniers ermites de l’Hexagone. Il vit dans la grotte du Rocher de Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, depuis quarante ans. Une retraite ponctuée de voyages en Inde et de rencontres marquantes : Vinoba – disciple de Gandhi – et le dalaï-lama, dont les préceptes enrichiront sa quête spirituelle et le conduiront à la pratique de la méditation. La vie de Frère Antoine, qui reçoit de nombreux visiteurs en quête d’espoir et de spiritualité, est rythmée par la pratique de la joie, de l’harmonie, de la béatitude et de l’amour de Dieu. Mais, aux prêches et aux sermons, il préfère les chansons : son message passe par des centaines de compositions de son cru, drôles ou émouvantes, aussi pertinentes qu’impertinentes. Il dit ici son amour pour la vie et les hommes, enseigne à jouir du quotidien et à se contenter de ce que l’on a, car le paradis… c’est ici !

Frère Antoine  – 22 octobre 2010

S’inspirer de la nature : la permaculture

Nature = Futur

Le Monde 

Alors que le Salon de l’agriculture se tient jusqu’au 6 mars à Paris, zoom sur une expérience agricole originale, celle de la ferme du Bec Hellouin, en Normandie, où l’on suit les préceptes de la permaculture. Créée en Australie dans les années 1970, la permaculture s’inspire du fonctionnement de la nature et cherche, en particulier, à reproduire les échanges invisibles existant entre les différents éléments des écosystèmes naturels. Comme l’explique cette vidéo proposée par Universcience, l’Inra et ParisAgroTech étudient depuis 2011 les rendements de la ferme qui s’avère aussi productive que des exploitations agricoles conventionnelles, mais sur une surface 10 à 12 fois moins grande.

 


Une agriculture naturelle par universcience-lemonde

 

Dieu est mort, Esculape a pris sa place.

Par Robert Redeker. 

ll fut un temps où S.O.S. voulait dire « sauvez nos âmes ». Désormais, cet appel est compris comme : « sauvez nos corps » ! Le salut est réorienté de l’âme vers le corps, de la transcendance vers l’immanence, de l’au-delà vers l’ici-et-maintenant. Le gouvernement des hommes est passé de la religion à la médecine parce que l’homme s’est délesté d’une partie de son être, renvoyée à l’illusion, l’âme. Chez Descartes, ce qui prouvait mon existence, c’était l’âme. Le philosophe raisonnait ainsi : je ne puis être sûr d’avoir un corps, par contre je suis sûr d’être une âme. Nos contemporains renversent Descartes : ce qui prouve mon existence, c’est le corps, je suis sûr d’être un corps sans l’être d’avoir une âme. Chez Descartes, l’égo c’était  l’âme, chez l’homme d’aujourd’hui, c’est le corps. Le moi lui-même, ce fantôme de feue l’âme, a été rabattu sur le corps – d’où le déclin de la psychanalyse. L’effacement de l’âme entraîne la médicalisation de plus en plus forcenée de la vie psychique en ouvrant la porte à la psychiatrisation de tous nos comportements, de toutes nos pensées, de tous nos désirs, bref de notre liberté.

Mais parle-t-on du même corps ? Le corps contemporain est de plus en plus réparable, régénérable, arrangé de pièces détachées, articulé à des prothèses. La médecine – comme d’autres instances: le sport, la publicité – travaille à la fabrication d’un corps nouveau. Ce corps est un chantier permanent. Il n’est plus le corps donné une fois pour toutes par la nature de nos aïeux. Il est notre œuvre et celle de la  médecine. Son horizon : la jeunesse permanente et l’immortalité. Quant à l’âme, elle n’est plus qu’un muscle – souvent appelé « le mental » – intégré à ce corps. L’immortalité était pensée et rêvée jusqu’ici dans l’au-delà, il fallait passer par la mort pour l’obtenir. L’horizon de la médecine est une immortalité ici-bas, sans le passage par la mort.

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