L’écologie passe par la transformation de soi

pour lire tout l’article de Corine Pelluchon dans Libération

L’heure n’est plus au déni : notre tâche est de substituer à une anthropologie qui n’a pas offert de contrepoids à l’économisme une autre philosophie du sujet. Nous devons repenser l’individu et notre existence débordée par celle des autres, passés, présents, futurs, humains et non-humains.

 

La protection de la biosphère et de la biodiversité, le souci pour les générations futures et pour les conditions de vie des animaux et l’aide aux pays pauvres s’imposent comme de nouvelles finalités du politique qui s’ajoutent aux devoirs classiques de l’Etat, à la sécurité ou à la conciliation des libertés individuelles et à la réduction des inégalités. Toutefois, si l’on veut que ce programme ambitieux soit autre chose qu’un vœu pieux, il est indispensable que chacun se transforme. Tant que les motivations des individus ne seront pas prises en compte, les réglementations préconisées pour réduire notre empreinte écologique seront ressenties comme des contraintes extérieures. Chacun tentera de s’y soustraire et jamais les normes orientant les politiques publiques ne seront décidées de manière démocratique. Personne ne consentira à changer ses habitudes de consommation s’il n’y trouve pas une forme d’accomplissement de soi. Bien plus, sans un profond remaniement de l’image que nous avons de nous-mêmes, il ne peut y avoir de transition vers un autre modèle de développement où l’économie, mise au service des hommes, n’est plus l’ennemie de la nature et des autres vivants.

Pour accorder à tout être humain des droits, quels que soient son ethnie, son genre, sa fonction sociale, il était nécessaire de penser un individu détaché de ses appartenances et œuvrant comme bon lui semble à sa propre conservation, pourvu qu’il ne menace pas la vie et la liberté des autres. Mais, à mesure que ce concept opératoire a été pris pour la réalité, nous avons gommé une vérité liée à la matérialité de notre existence : nous sommes des êtres relationnels et la nature, loin d’être un simple décor de l’histoire ou un tremplin pour notre liberté, en est la condition.

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Une pensée étrangère au dualisme entre nature et culture, esprit et corps, raison et émotion s’invente. Le rapport aux nourritures, qui sont les choses naturelles et culturelles dont je vis, exprime mon rapport à moi-même et aux autres. Par mes choix de consommation et la manière dont j’habite la Terre, je dis quelle place j’accorde aux autres êtres.

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Le judéo-christianisme n’est pas à l’origine de la crise environnementale. Dans la Bible – et c’est encore vrai chez Descartes, qui écrit que les choses n’ont pas été faites pour nous -, l’être humain est le jardinier ou l’intendant de Dieu. La posture despotique de l’homme dominant la nature et les autres vivants auxquels il ne reconnaît qu’une valeur instrumentale est relativement récente. Elle apparaît surtout avec la révolution industrielle qui est solidaire d’une philosophie enjoignant chacun à rechercher son bien-être dans un contexte où les ressources semblent infinies. Cette représentation de la nature comme d’une géante à maîtriser, c’est-à-dire d’une force menaçante qui est aussi un réservoir de ressources, et de l’homme comme du prolétaire de la création, luttant pour sa survie par la technique et la science, caractérise les Lumières.

… On ne pourra pas changer de modèle économique si l’on omet d’analyser les raisons de son succès. Car ce système, en s’appuyant sur des affects comme la vanité, le désir de posséder des biens rares que les autres n’ont pas les moyens d’acheter, encourage la production d’objets toujours plus sophistiqués et gourmands en énergie. Il crée grâce au marketing des besoins artificiels qui comblent provisoirement notre vide intérieur. Il renforce ainsi la division entre les individus et l’addiction à la consommation qui l’ont rendu possible. Dans une telle logique, les biens privés sont préférés aux biens publics, le gaspillage n’est pas une faute et chacun ne vit que pour soi, divisé et sous le regard constant des autres qu’il envie.

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la crise actuelle peut être l’occasion de choisir parmi les multiples fins qui sont proposées celles qui ont du sens pour soi et pour le monde commun. On peut ainsi trouver l’énergie nécessaire pour prendre ses responsabilités dans chacun de ses actes, petits et grands. Seuls des êtres capables de dire dans quelle société ils veulent vivre peuvent exiger des représentants qu’ils mettent en place des politiques adéquates et tirent les leçons des solutions ayant fait leurs preuves sur le plan local.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une nouvelle vision de la conscience- par Willis Harman

 

 

Willis Harman sur Wikipédia

Nous subissons l’une des plus profondes transformations de l’histoire : un changement structurel des croyances de la société occidentale. Aucun pouvoir économique, politique ou militaire ne peut se comparer à celui d’un changement sur le plan des idées. En modifiant délibérément leur vision de la réalité, les gens changent le monde. Willis Harman est considéré comme un des grands visionnaires de notre temps. Durant toute sa vie professionnelle, il sest profondément impliqué dans le processus de transformation globale, qui constitue une partie intégrante de notre futur immédiat. Au cours de sa carrière, il a incarné mieux que quiconque lintégration des connaissances intellectuelles et spirituelles, qui est au cur des travaux menés à lInstitut des sciences noétiques, un organisme quil a présidé jusquà sa mort en 1997. « L’uvre de Willis Harman est un superbe témoignage de l’esprit humain dans le monde postmoderne. Une nouvelle vision de la conscience constitue l’un des meilleurs et des plus provocants exposés sur le rôle fondamental de la conscience dans l’évolution de l’humanité.» – Ken Wilber, auteur d’ »Une brève histoire de tout ».

présentation du livre sur la page de lecture de la critique de la modernité et la transrationalité

L’intestin, ce nouveau cerveau

Est Républicain

Habité par 100.000 milliards de bactéries, notre intestin est l’endroit sur Terre où la densité d’êtres vivants est la plus élevée… Ça vous dégoûte ? C’est que vous avez encore échappé à la campagne de réhabilitation de nos précieux microbes, entamée avec « Le charme discret de l’intestin » – best-seller depuis un an – et qui se poursuit avec des livres proclamant que les bactéries sont nos « amies » .

cf sur Amazon : (1) (2) (3)

Jusqu’ici, ce sont surtout les méchantes, résistantes aux antibiotiques, qui ont défrayé la chronique comme Escherichia coli, tueuse – entre autres – de 30 consommateurs allemands de graines germées en 2011. Mais qui connaît Lactobacillus reuteri et son pouvoir d’éliminer le cholestérol ?

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AFTERRES : agriculture et utilisation des terres en 2050

30Si vous pensez que la beauté, la biodiversité, la solidarité, un arbre, une vache, 3000 ans d’histoire ne se résument pas à leur valeur en dollars, en euros, … alors vous comprendrez tout l’intérêt d’Afterres2050. Non pas qu’Afterres2050 ait trouvé un indicateur d’intensité des sentiments, ni même une unité « biodiversité » permettant de rendre commensurables les êtres vivants. L’ambition d’Afterres2050 est plus raisonnable.

 

AFTERRES2050

 

 

 

Pour lire et découvrir le projet Afterres -> c’est ici

La démarche et le scénario Afterres2050 s’appuient sur cinq principes fondamentaux qui sont autant de valeurs du développement durable

Raisonner la consommation ;

Mobiliser des pratiques et techniques maîtrisées ;

Imaginer un projet ambitieux ;

Privilégier des voies « sans regret » ;

Développer une approche

La démarche Afterres2050 s’insère dans une tendance à la défragmentation des problématiques : • les différentes thématiques : la production agricole, l’alimentation, la consommation, l’environnement…, • les échelles dans l’espace et le temps : la ferme, la région, la France, le monde, hier, aujourd’hui, à court et à long terme, • et les disciplines : agronomie, socio-économie, écologie, ne sont pas réduites à des objets d’analyse indépendants mais intégrées dans un système global et complexe. Tous ces champs n’ont pas été explorés, du fait de l’importance de la tâche, mais aucun n’est ignoré. Le choix des solutions « à dividendes multiples » ne permet cependant pas de résoudre tous les dilemmes identifiés par la démarche systémique. L’évaluation globale, multicritères, est un moyen d’analyse, les choix des hypothèses reflètent in fine un projet de société qui doit être partagé.