Comment le système produit l’homme de masse

Pour étouffer par avance toute révolte,
il ne faut pas s’y prendre de manière violente.
Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées.
Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant
que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.
L’idéal serait de formater les individus dès la naissance
en limitant leurs aptitudes biologiques innées.
Ensuite, on poursuivrait le conditionnement
en réduisant de manière drastique l’éducation,
pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle.
Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité
et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres,
moins il peut se révolter.
Il faut faire en sorte que l’accès au savoir
devienne de plus en plus difficile et élitiste.
Que le fossé se creuse entre le peuple et la science,
que l’information destinée au grand public
soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
Surtout pas de philosophie.
Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe :
on diffusera massivement, via la télévision,
des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou  l’instinctif.
On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique.
Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante,
d’empêcher l’esprit de penser.
On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains.
Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.
En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence,
de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée,
d’entretenir une constante apologie de la légèreté ;
de sorte que l’euphorie de la publicité devienne
le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.
Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration,
que la seule peur – qu’il faudra entretenir –
sera celle d’être exclu du système
et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.
L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau,
et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau.
Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement,

ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.

Toute doctrine mettant en cause le système
doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste
et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels.
On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif :
il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir.
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Serge Carfantan, professeur de philosophie, son site : philosophie et spiritualité

Pierre Rabhi vote amour et écologie

Kaizen

 

L’agriculteur-philosophe Pierre Rabhi nous invite à repenser notre vision de la politique. Entre écologie, économie, éducation et vote, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2002 souhaite remettre le citoyen au centre des débats.

…L’écologie c’est moi, c’est mon corps, et je ne peux pas faire n’importe quoi avec mon corps, manger n’importe quoi. La Terre est vivante et doit être respectée, nous faisons partie de cette totalité. Le mental nous a séparés de la nature, c’est pourquoi il faut revenir à cette conscience que ce que je suis est régi par la vie et donc par l’écologie…

…Ce n’est pas pour rien que depuis des années je m’oppose à la croissance indéfinie. Il est stupide de vouloir croître indéfiniment. C’est cette croissance économique infinie qui crée les inégalités et les disparités incroyables. C’est pour la croissance économique que l’on démolit les forêts, que l’on détruit la terre, que la planète entière est mise en pillage. Ce réflexe stupide de gagner de l’argent est la cause de 80 % des maux de la planète…

…Au lieu d’être dans le toujours plus, il faudrait être dans la sobriété heureuse et la considérer comme l’énergie fantastique du changement social, comme je l’ai écrit dans mon livre La Puissance de la modération (2015). Au lieu de se dire “toujours plus, toujours plus” sans être jamais satisfait, prenons le génie du contentement ! Le contentement comme art de vivre.

Ce changement de valeurs est possible grâce à l’Amour, pas celui de l’intimité mais l’Amour en tant qu’énergie extraordinaire qui préexiste à nous, auquel on doit s’ouvrir. Car c’est la plus grande énergie qu’un être humain puisse déployer comme énergie constructive, un principe actif dès lors qu’un individu le reçoit en lui-même et l’exerce. Et s’il l’exerce cela donne de la justice, de l’équité dans le rapport féminin-masculin, cela donne de la compréhension. L’Amour donne tout cela, et c’est lui qui peut changer les choses.

L’attention -Christian Bobin

spinescent.blogspot.fr

La racine du mauvais monde dans lequel nous nous trouvons, c’est la négligence, c’est le défaut d’attention, un manque d’attention, c’est que ça.

C’est peut-être pour ça que la poésie est une chose vitale, parce que la poésie est une pierre à aiguiser l’attention, une sorte de pierre de sel, pour se frotter les yeux, pour se frotter les paupières, pour revoir le jour enfin, pour revoir ce qui se passe, pour revoir le jour et les nuits et la mort en face, cachée derrière le soleil, voir tout ça. Le voir s’en trop s’en inquiéter, s’en trop s’en alarmer. C’est ça je crois la racine du mal d’aujourd’hui qui est grande, c’est juste un défaut panique d’attention, qui suffit pour engendrer tous les pires désordres et les maux les plus terribles. Juste ça, l’attention.

Ça ne sert à rien de se plaindre, tout le monde va vous dire que c’est insupportable, tout le monde va vous dire ça, mais tout le monde y participe. Juste faire attention aux siens, faire attention à ce qui se trouve mêlé à nous dans la vie banale. Ceux qui sont là, pas ceux qui sont à dix milles kilomètres et avec lesquels on fait semblant de parler à travers un écran, ça n’a pas de poids ça.
Mais simplement faire en sorte que les gens qui nous entourent ne dépérissent pas, et peut-être même les aider, les conforter.
..Voilà…
Faire simplement attention au plus faible de la vie, parce que c’est le plus faible qui est le plus réel et parce que c’est ça qui est digne de vivre, et qui vivra toujours d’ailleurs.

Recueillir ces choses là, porter soin, prendre soin, faire attention, voilà. Ce sont des pauvres verbes mais ce sont des verbes comme des armées en route si vous voulez, ce sont des verbes de grande résistance, et ce qui pour moi est en oeuvre dans ce qu’on appelle la poésie.

La poésie pour moi, c’est pas une chose désuète, c’est pas un napperon de dentelle sur la table, c’est pas un vieux genre littéraire….C’est la saisie la plus fine possible de cette vie qui nous est accordée, et un soin de regard porté à cette vie.
Voilà, c’est ça la poésie. C’est pas une chose qui même est tout de suite dans les livres, c’est pas une chose de littérature en tout cas, c’est simplement chercher à avoir un cœur sur-éveillé. Sur-éveillé!« 

Christian Bobin

Les sources du vivant sur terre

selon les « origines de la vie » – André Brack-Université Paris 7

et microbiologie -HS sciences et avenir -janvier, février 2017-Jean-François Haït

origines de la vie sur Wikipédia

le beau livre de la Terre-Patrick De Waever

La terre s’est formée il y a 4,567 milliards d’années à la même époque que le soleil.

Cet article ne traite pas de la définition de la vie qui ne fait pas encore consensus chez les scientifiques même si la plupart s’accordent pour lui conférer deux propriétés : les organismes qualifiés de vivant  utilisent de l’énergie sous forme de nutriments et rejettent des déchets et d’autre part ils se reproduisent.

Les fossiles les plus anciens connus sur Terre sont des micro-organismes marins de type bactérien. L’âge de ces plus anciens micro-organismes est régulièrement repoussé dans le temps par des découvertes de nouveaux microfossiles. Cet âge est de plus de 3,5 Ga (milliards d’années). Il s’agit essentiellement de premières traces directes les stromatolithes constitués de cyanobactéries -« algues bleues »-dans l’Ouest australien -craton de Pilbara– et qui forment des empilements de lamines que l’on retrouve ensuite sous forme de reliefs ou de dômes fossilisés dans les sédiments.  Au sud-ouest du Groenland vers -3,8Ga -3,7 Ga, des premières traces indirectes suggèrent l’existence d’une activité biologique photosynthétique. En 2017, E. Bella et son équipe décrivent des fossiles de « micro-organismes putatifs » découverts dans des sédiments ferrugineux affleurant dans la ceinture de roches vertes de Nuvvuagittuq au Québec. Ils sont datés d’au moins 3,77 Ga, voire peut-être même de 4,28 Ga.

Par ailleurs dès 1953, qui marqua le début de la chimie prébiotique avec l’expérience de Miller, les chimistes ont cherché à reconstituer dans leurs tubes à essais des automates ressemblant à une cellule simplifiée en raison de la remarquable unité du vivant contemporain et de son mode de fonctionnement cellulaire. A partit d’un mélange de méthane, hydrogène ammoniac et eau soumis pendant 7 jours à des décharges électriques ils ont obtenu des molécules organiques. Mais on estime actuellement que l’atmosphère primitive qui régnait alors ne contenait pas ou très peu de méthane et plutôt du gaz carbonique ce qui rend cette expérience peu crédible pour expliquer l’origine de la vie sur terre.

Une autre hypothèse est celle des sources hydrothermales sous-marines. Lorsque deux plaques tectoniques s’écartent sous l’océan, l’eau s’engouffre dans la faille et à une température d’environ 350 C elle se charge en différents gaz. Ceci constituerait le berceau des automates chimiques – cf théorie de Günter Wächterhäuser

Une troisième théorie émet l’hypothèse de l’origine extra-terrestre des molécules organiques.  Ainsi les sondes Vega 1 et 2 ont montré que la comète de Halley était riche en en matières organiques.

Selon un article du Point Robert Pascal, directeur de recherche à l’Institut des biomolécules Max Mousseron , vice-président de la Société française d’exobiologie, expose que des chercheurs britanniques viennent d’ouvrir une voie particulièrement prometteuse dans le domaine de la chimie prébiotique, celle qui étudie les réactions permettant le passage de simples molécules inanimées à la toute première cellule vivante. En effet dans un article récemment publié dans la revue spécialisée Nature Chemistry, l’équipe dirigée par John Sutherland au Laboratoire de biologie moléculaire (LMB) de Cambridge présente les résultats de son expérience.

Dans leur laboratoire, les chercheurs du LMB ont fait réagir ensemble du cyanure d’hydrogène (HCN), du sulfure d’hydrogène (H2S) et des ions de cuivre (Cu), sous l’action d’un rayonnement ultraviolet simulant la lumière du Soleil. Des ingrédients simples qui ont généré une remarquable série de réactions chimiques conduisant à la formation à la fois de nucléotides – les briques de base de l’ADN -, de sucres et de nombreux acides aminés impliqués dans la synthèse des protéines et dans le métabolisme, mais aussi de glycérol, l’un des précurseurs des lipides entrant dans la composition des membranes cellulaires.

 

Les analyses de phylogénie moléculaire menées sur divers gènes des trois grands groupes d’êtres vivants, Archaébactéries, eubactéries et eucaryotes, suggèrent que tous les êtres vivants actuels ont pour origine un ancêtre commun qualifié en Anglais de Last Unicellular Common Ancestor ou LUCA. On suppose qu’un tel ancêtre hypothétique présentait les principales caractéristiques connues chez les cellules vivantes actuelles.