Un projet de décroissance et le voyage ?

 sur le blog médiapart  : Un projet de décroissance et le voyage ?

La conception dominante du voyage en fait actuellement un exutoire destiné à s’échapper d’une morosité quotidienne. Véritable palliatif, le voyage n’échappe pas au règne du toujours plus vite, toujours plus loin dans le but de s’enfermer avec d’autres Occidentaux dans des zones déculturées transformées en parcs à touristes. Dans cette course au sensationnalisme et à la recherche des paysages grandioses, les exotiques photos seront ensuite postées sur les réseaux sociaux.

Pour la majorité des Décroissants, le voyage sans rencontre, ce n’est que du déplacement. Alors, au détour d’une interview menée par Les voyageurs du net avec Vincent Liegey, voyage au-delà des idées préconçues.

-> Pour lire l’article 

Comment naissent les maladies -professeur Belpomme

 

 

Après un cri d’alarme lancé en 2004 – « ces maladies créées par l’homme« – le Professeur Belpomme publie en 2016 ce nouveau livre : « comment naissent les maladies«  qui est le résultat de 10 années de recherches qui viennent confirmer les hypothèses déjà émises en 2004.

Cette masse de donnée étudiées montre très clairement qu’il y a un lien entre la pollution de notre milieu de vie et l’apparition d’un certain nombre de pathologies. On comprend mieux aujourd’hui comment l’environnement intervient pour crééer des maladies.

Au cours des deux ou trois dernières décennies, il y a eu une augmentation drastique et continue à travers le monde de l’incidence de nombreuses maladies ou affections telles que le cancer, le diabète de type 2, l’obésité, les allergies, la maladie d’Alzheimer, l’autisme, l’hypofertilité, les malformations congénitales, les maladies rares, etc. Aujourd’hui, la recherche est de plus en plus orientée vers les altérations biologiques (moléculaires) de l’organisme pouvant être associées à ces maladies ou troubles, et non vers les véritables causes qui les sous-tendent. Cela peut expliquer pourquoi la plupart de ces maladies ou troubles sont actuellement considérés comme idiopathiques, c’est à dire sans explication causale exhaustive. Toutefois, l’hypothèse selon laquelle cette augmentation de l’incidence est liée à des facteurs environnementaux, y compris la modification du régime alimentaire et / ou chimique, physique et / ou la dégradation biologique de l’environnement, a récemment vu le jour.

L’ECERI a donc été créé pour contribuer à combler le manque de connaissances scientifiques actuelles sur les causes environnementales de la maladie, tant dans la pratique médicale que dans la recherche, car seules quelques institutions de recherche spécifiquement consacrées à l’étude des causes environnementales des maladies, en particulier du cancer existent aujourd’hui.

des nouvelles du glyphosate, d’abord commercialisé sous la marque Roundup

Stéphae Foucart – Le Monde – 26 octobre 2015

Voici un long article qui fait un point détaillé à propos des risques concernant le glyphosate connu essentiellement sous sa marque Roundup suite à une publication dans la revue Lancet le 20 mars 2015 des travaux du CIRC – Centre international de recherche sur le cancer – à propos du classement par l’OMS du glyphosate comme cancérogène probable.

La mère de toute les batailles est engagée : 

A l’évidence, le glyphosate n’est pas un pesticide comme les autres. Inventé en 1970 par Monsanto, dont le brevet mondial est arrivé à échéance en 1991, c’est le pesticide de synthèse le plus utilisé dans le monde. Mais c’est aussi la pierre angulaire de toute la stratégie de l’industrie des biotechnologies végétales. Selon les données de l’industrie, environ 80 % des plantes transgéniques actuellement en culture ont été modifiées pour être rendues tolérantes à un herbicide – le glyphosate, en grande majorité. Et ce, afin de permettre un usage simplifié du produit. Celui-ci détruit en effet toutes les adventices (les mauvaises herbes) sans nuire aux plantes transgéniques.

Comble de l’embarras  : l’Institut fédéral allemand d’évaluation du risque (le Bundesinstitut für Risikobewertung, ou BfR), chargé de le réévaluer au nom de l’Europe, a rendu en 2014, à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), un rapport de réévaluation écartant tout potentiel cancérogène et proposant même de relever de 60 % le seuil de sécurité actuel  !

La publication du CIRC a fait voler en éclats cette mécanique.

En France, le ministère de l’écologie a saisi en urgence, le 8 avril, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), afin qu’elle rende un avis sur… l’avis du CIRC.

A l’agence européenne, basée à Parme (Italie) -Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)-, la situation est source de profond embarras, car c’est elle qui devra, in fine, jouer le rôle d’arbitre et rédiger l’avis définitif à l’intention de la Commission européenne. En fin de compte, l’EFSA, qui cherche à réparer son image mise à mal par les accusations répétées de conflit d’intérêts, a prévu de consulter l’ensemble des agences de sécurité sanitaire européennes avant de se prononcer.

Comment expliquer de telles divergences  ? «  Une première raison est la nature des études qui ont été examinées par les deux groupes d’experts, explique Gérard Lasfargues, directeur général adjoint de l’Anses. Le BfR a notamment examiné des études conduites par les entreprises qui ne sont pas rendues publiques pour des questions de secret industriel, ce que n’a pas fait le CIRC.  » De fait, l’agence de l’OMS ne fonde ses avis que sur des données publiques ou sur des études publiées dans la littérature scientifique, et donc préalablement soumises à la revue par les pairs (peer review).

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dernière minute : En l’absence d’une ultime décision en comité d’appel, « la Commission va respecter son obligation juridique. Nous savons très bien que nous avons une date butoir au 30 juin. Nous allons adopter une prolongation de 18 mois pour le glyphosate », a tranché le 28 juin Vytenis Andriukaitis, commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire, à l’issue du Conseil des ministres de l’Agriculture à Luxembourg. Le Copa-Cogeca, principal syndicat européen d’agriculteurs, avait alerté M. Andriukaitis des « coûts importants pour les agriculteurs et les consommateurs » engendrés si le glyphosate n’était pas renouvelé.

pour lire tout l’article qui fait un point bien plus approfondi que ces extraits

 

 

Le plus grand crime de l’histoire

Yuval Noah Harari – pour lire l’intégralité de l’article

La disparition de la faune sauvage est une catastrophe d’une ampleur inouïe, mais la situation est tout aussi critique pour les animaux les plus nombreux de la planète – les animaux d’élevage. Récemment nous avons assisté à une prise de conscience croissante des conditions dans lesquelles ces animaux sont élevés, et le destin que nous leur réservons pourrait bien constituer le plus grand crime jamais perpétré dans l’histoire humaine. Si nous jugeons de l’atrocité d’un crime en fonction de l’ampleur de la souffrance et de la détresse qu’il cause à des créatures sensibles, cette affirmation radicale se justifie.

Pour prendre la mesure de la condition absolument misérable des animaux domestiqués, nous devons nous appuyer sur les recherches approfondies menées par une nouvelle science, la psychologie de l’évolution. Du point de vue de la psychologie de l’évolution, le problème majeur de l’agriculture industrielle ne vient pas des abattoirs ou de l’exploitation des animaux, mais du mépris de leurs besoins subjectifs.

Nous atteignons maintenant le cœur du problème. Si l’on en croit la psychologie de l’évolution, les besoins émotionnels et sociaux des vaches, des poulets se sont manifestés pendant des millions d’années à l’état sauvage, lorsqu’ils étaient effectivement indispensables à la survie et à la reproduction. Pourtant, au cours des derniers siècles – un battement de cil en termes d’évolution – les humains ont élaboré un système agricole artificiel qui permet aux animaux de survivre et de se reproduire même lorsque leurs besoins émotionnels et sociaux sont ignorés. Cependant, ces animaux continuent d’éprouver ces besoins émotionnels et sociaux, et s’ils ne sont pas satisfaits, les animaux souffrent terriblement.

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Le fait que les émotions soient fondamentales chez les mammifères a été prouvé dans les années 1950, après une série d’expériences très éprouvantes menées par le psychologue américain Harry Harlow. Harlow séparait des bébés singes de leurs mères quelques heures après la naissance. Chaque bébé singe était mis à l’écart dans une petite cage, dans laquelle Harlow avait préalablement installé deux mères factices. L’une d’elle était recouverte de fils métalliques et équipée d’une bouteille de lait à laquelle les bébés singes pouvaient téter. L’autre, de bois, était habillée de tissus qui lui donnaient l’apparence d’une vraie maman singe, sans qu’elle n’ait rien de concret à offrir au petit.

La conclusion était incontournable : les singes doivent avoir des besoins et des désirs psychologiques qui vont bien au-delà des nécessités matérielles ; s’ils ne sont pas comblés, ils souffriront terriblement. Les bébés singes de Harlow préféraient passer du temps auprès de la mère stérile faite de chiffons parce qu’ils recherchaient un lien affectif, et pas seulement du lait. Dans les décennies qui ont suivi, de nombreuses études ont montré que cette conclusion ne vaut pas seulement pour les singes, mais aussi pour d’autres mammifères, pour les oiseaux et peut-être même pour certains reptiles et poissons. Ces découvertes ont révolutionné non seulement notre compréhension des animaux, mais aussi notre connaissance de nous-mêmes. Dans les années 1950, les enfants placés en orphelinat étaient éduqués selon un régime très sévère qui, s’il comblait leurs besoins matériels, négligeait totalement en revanche leurs besoins émotionnels. On dissuadait les enfants de jouer ou d’entretenir des liens trop étroits avec les autres enfants et les visiteurs, dans le but d’éviter l’indiscipline et la propagation de maladies infectieuses. Les résultats psychologiques de ce traitement ont été catastrophiques. Aujourd’hui nous savons que pour être heureux, les humains en général, et les enfants en particulier, ont besoin d’entretenir beaucoup de contact avec leurs semblables.

Alors oui, l’agriculture industrielle veille à satisfaire les besoins matériels des animaux. Toutefois elle n’a aucun véritable intérêt à répondre à leurs besoins émotionnels et sociaux. Résultat : une profonde souffrance, à une échelle encore jamais vue. On peut débattre du fait qu’il s’agisse du plus grand crime jamais commis par l’humanité ; mais ce qui est sûr, c’est qu’il s’agit d’une chose devant laquelle nous ne pouvons pas rester insensibles.

 

 

 

 

 

JURA : regard global sur des projets locaux

Nous sommes à Poligny, petite ville du Jura, capitale du comté. Depuis mars 2014 après l’annonce de Pierre &Vacances de créer un Center Parcs dans une forêt communale au sud de la ville tous les élus locaux – région, département, communauté de communes et commune exultent : 300 emplois à la clé !

Le projet de 400 cottages construits autour d’une bulle aquatique chauffée toute l’année à 29° est présenté comme un projet qui s’inscrit dans le respect de la nature et de l’environnement. Tout est prévu pour cela : on déforeste, on installe bulle et piscines entourées de palmiers, on consomme pas mal d’eau sans trop se soucier de son impact en période de sécheresse – près de 500 m3 par jour 

Le projet prévoit des retombées financières importantes pour les collectivités à condition qu’elles réalisent un investissement de plus de 60 millions d’euros…

Enfin, le projet prévoit de créer 300 emplois dont 60% à temps plein et c’est ce qui enthousiasme les élus.

Beaucoup ne partagent pas cet avis et la contestation s’organise : projet trop défigurant de la nature, trop hasardeux pour les finances locales, beaucoup d’emplois à temps partiel et peu rémunérateurs.  Un regroupement des luttes prend forme avec celles des projets similaires de Roybon en Isère et Le Rousset en Saône et Loire également engagés par le même promoteur-exploitant : Ni ici, ni ailleurs !

Toute l’information  concernant ce projet et sa contestation est regroupée sous forme de liens sur une page ici. On y trouve même un site de réflexion pour des projets alternatifs effectivement plus respectueux de la nature et des hommes et c’est donc en ce sens – qu’une telle lutte s’inscrit parfaitement sur la page « un monde à construire -un monde à déconstruire » du Temple des Consciences.  Il s’agit de déconstruire ce projet de tourisme industriel et risqué à terme pour les finances locales et lui substituer des projets qui font sens autour d’une réelle harmonie de vie avec la nature. Il faut sauvegarder le paysage du Jura et son image mais aussi oeuvrer dans le respect des hommes et femmes qui vont y travailler. Il faut refuser la construction d’un Abou Dabhi jurassien réalisé en version classe moyenne par Pierre & Vacances.

Pour le Temple des Consciences, porteur d’une vision très élargie, un nouveau monde cherche à se construire sur les ruines et difficultés produites par notre ancien monde. Voir par exemple cete page : « vers un monde transrationnel ». Le Center Parc de Poligny est l’exemple parmi d’autres, de l’ancien monde qui cherche à subsister.

… Mais revenons ailleurs dans le Jura pour deux autres projets.

Il s’agit de la cession de l’Abbaye de Baume les Messieurs à la commune d’une part et des forges de Baudin d’autre part, ce dernier projet ayant fait l’objet d’une page commencée ici.

Nous avons là dans ce beau département gâté par la nature mais aussi par l’histoire trois projets dont les origines éclairent l’évolution de notre monde occidental depuis le Moyen-Âge.

Baume les Messieurs où l’abbé Bernon venu de Gigny restaura un ancien monastère au IX ième siècle avant d’aller fonder l’abbaye de Cluny en Saône et Loire. Cette abbaye qui prendra la tête de près de 2000 prieurés au XII ième siècle est donc aux origines de ce grand courant qui traversa l’Europe. L’homme est alors  tourné vers le ciel.

Avec les Forges de Baudin, nous abordons un nouveau mouvement structurant de l’histoire : après la Révolution s’installent des Forges dans un ancien moulin. L’homme progressivement se détache de l’Ancien régime avec ses privilèges, il s’écarte aussi du poids de l’institution religieuse. Il remplace progressivement sa croyance par une nouvelle, celle du Progrès : demain grâce au progrès et à la science sera meilleurs qu’aujourd’hui. L’homme prend en charge son destin, les sciences entraînent dans leur sillage l’évolution des techniques et l’industrie se développe comme à Baudin. Les maîtres de forge remplacent ici la noblesse locale : le serf d’hier devient ouvrier, par contre le travail, d’une autre nature, reste harassant. L’homme se tourne vers le Progrès et le bien-être matériel qu’il apporte.

Ce monde là est derrière nous, les forges sont depuis longtemps à l’arrêt. Il reste un petit musée et quelques passionnés du patrimoine qui veulent sauvegarder ce lieu d’exception. L’industrie n’a plus aujourd’hui ni l’aura ni la puissance sociale qu’elle représentait au XIX ième et début du siècle dernier. Partout, les emplois  sont soumis à l’effet de ciseaux de l’automatisation des tâches et de la délocalisation.

Nous sommes entrés économiquement dans une société de services et la France pour se défendre sur ce plan et créer des emplois veut développer au maximum son industrie touristique jusqu’à justifier là, la neige artificielle, ici à Poligny, les bulles chauffées – photo center parc de Moselle-pour que des touristes de classe moyenne puissent en quelques jours se gaver avec leurs enfants de plaisirs artificiels.

La foi dans le Progrès   s’est progressivement éteinte au fur et à mesure de la prise de conscience que nous allions dans le mur. Une autre société est à construire. A la Renaissance  l’homme est entré dans la modernité en s’écartant de ce qu’il appela l’obscurantisme. Il doit aujourd’hui sortir de cette modernité caractérisée par le monopole de vision des puissances des techno-industries et créer une rupture. Le Temple des Consciences appelle cette nouvelle ère, la transrationalité.

Des idées d’un autre développement sont possibles, des idées qui s’appuient sur une autre vision de l’homme et de son rapport à la nature.

Des emplois sont par exemple à créer pour sortir aussi l’agriculture du piège de l’ agriculture industrielle. cf le cahier d’acteur n°4 du Pic Noir

Localement, une association, ID JURA réflèchit à un autre futur.

Ailleurs dans le Jura, bruissent d’autres projets  qui écloront je l’espère et dont le Temple des Consciences se fera alors l’écho.

 

Pierre Rabhi lance son forum civique pour 2017 : c’est la société civile qui sauvera l’avenir

C’est aujourd’hui mon anniversaire et pour fêter mes 70 printemps  je vous propose  d’écouter et regarder cette belle interview de Pierre Rabhi dont j’extrais ci dessous quelques idées.

Je suis admiratif de cet homme à la sobriété heureuse qui vit en harmonie avec la nature, qu’il considère comme une oeuvre de vie sacrée et qui voue son existence à réorienter le monde.

Chapeau bas monsieur Rabhi : pas de guru mais juste des propos pour une élévation de la conscience de la société civile.

 

Dans une interview donné à Ciel Ouvert Pierre Rabhi livre sa vision du changement du monde  et les pistes pour y parvenir. Il lance le Forum civique pour 2017. Vous pouvez visionnez cette vidéo sur le site du Temple des Consciences à l’onglet « un monde à construire ».

Le Forum civique pour 2017 c’est une insurrection des consciences dans le but de faire connaître ce mouvement qui se diffuse dans la société civile.

 

Comment changer la société si l’individu ne change pas ? C’est impossible.

 

L’élément fondamental est la sobriété heureuse. C’est la seule valeur sûre. Rejeter le toujours plus et la société de la croissance illimitée.

Comment changer l’homme ?  « Connais-toi toi-même ». Dans son cheminement Pierre Rabhi a beaucoup appris de Krishnamurti qui enseignait de devenir autonome et qui a refusé de devenir le Guru de qui que ce soit.

J’adhère à la vision de Socrate dit Pierre Rabhi :  » Tout ce que je sais c’est que je ne sais pas « . C’est la seule certitude car sinon les philosophes développent des points de vue.

Dans le grain de blé il y  a la vie qui va donner un épi avec une quarantaine de grains de blé. Dans ce grain, comme ailleurs, il y a l’Esprit qui agit au coeur de la vie. Le danger des matérialistes c’est d’avoir rejeter l’Esprit.

Mais les grandes religions monothéistes ont de leur côté séparé l’Esprit de la nature et alors qu’elles disent que celle-ci est l’oeuvre divine elles s’en sont désintéressées… jusqu’à un revirement récent.

Dès 1947, Fairfield Osborn écrivait un livre prémonitoire : le pillage de la planète (traduit en 2008). Je regrette que l’écologie politique ait totalement occulté la dimension de la beauté et l’aspect mystère de la vie.  Il faut spiritualiser les actes de nos vie.

 

Le silence est pour moi l’acte spirituel fondamental.

 

 

 

 

 

 

Changement d’ère

sur momentum institut

Notre point de départ se fonde sur une prise de conscience : nous vivons aujourd’hui la fin de la période de la plus grande abondance matérielle jamais connue au cours de l’histoire humaine.
Une abondance fondée sur des sources temporaires d’énergie concentrée et à bon marché qui a rendu possible tout le reste.

Aujourd’hui, les dettes accumulées, dette financière, dette énergétique et dette écologique nous reviennent comme des bombes à retardement qui commencent à exploser. Les générations de ce siècle doivent se préparer à ce contrecoup en se rendant moins dépendantes des ressources non renouvelables, et en consolidant leurs réseaux de solidarités, au sein de communautés humaines renforcées.

Le vent du changement est là. Le consumérisme connaît ses derniers feux. Le moment historique que nous vivons demande un mode de pensée différent.

Sans faire de bruit, un mouvement informel composé de citoyens engagés, de communautés, d’entreprises et d’élus a entamé la transition vers le monde post carbone. Ces acteurs précoces travaillent à réduire leur consommation, à produire localement nourriture et énergie, à investir dans l’économie locale, à réhabiliter des savoirs, à préserver les écosystèmes locaux. Leurs motivations sont diverses : freiner le changement climatique, préserver l’environnement, la sécurité alimentaire, le développement économique local. L’essence de ces efforts est cependant la même : tous reconnaissent que le monde change, que la manière habituelle d’agir, fondée sur l’idée que la croissance de la production et de la consommation peut et doit continuer indéfiniment, ne fonctionne plus.

La crise globale des systèmes naturels, énergétiques et économiques forme l’étoffe de notre époque singulière.

Pour y réagir, nous sommes convaincus de la nécessité de contribuer à l’élaboration des transitions vers les sociétés de l’après-pétrole, les sociétés de sobriété.

Pris isolément, tous ces efforts sont loin de suffire. Mais une fois rassemblés, ils peuvent orienter la nouvelle société.

L’Institut Momentum se veut un laboratoire d’idées sur les issues de la société hyperindustrielle et les transitions nécessaires pour amortir le choc social de la fin du pétrole.

 

Auteur: Agnès Sinaï

 

 

S’inspirer de la nature : la permaculture

Nature = Futur

Le Monde 

Alors que le Salon de l’agriculture se tient jusqu’au 6 mars à Paris, zoom sur une expérience agricole originale, celle de la ferme du Bec Hellouin, en Normandie, où l’on suit les préceptes de la permaculture. Créée en Australie dans les années 1970, la permaculture s’inspire du fonctionnement de la nature et cherche, en particulier, à reproduire les échanges invisibles existant entre les différents éléments des écosystèmes naturels. Comme l’explique cette vidéo proposée par Universcience, l’Inra et ParisAgroTech étudient depuis 2011 les rendements de la ferme qui s’avère aussi productive que des exploitations agricoles conventionnelles, mais sur une surface 10 à 12 fois moins grande.

 


Une agriculture naturelle par universcience-lemonde

 

Notre-Dame-des-Landes : « la plus vieille lutte de France »

cf article Wikipédia

cf Notre Dame des Landes 2013

cf le site officiel

sur le site Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Angela Bolis

C’est « la plus vieille lutte de France », selon les mots de Dominique Fresneau, natif de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), opposant historique au projet d’aéroport.  (Sylvain Fresneau est le Président de l’ADECA -Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport-). Depuis près de cinquante ans, le dossier « NDDL » a changé de motifs, de partisans, d’époque, mais n’a cessé de cristalliser la contestation, pour devenir, peu à peu, le symbole, selon l’expression d’usage d’associations, des « grands projets inutiles et imposés », destructeurs de terres agricoles et naturelles.

Contesté depuis ses balbutiements en 1963, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est la mère de toutes les zones à défendre (ZAD) de France. Fédérant un grand nombre d’opposants qui ont su s’organiser au fil du temps, cette ZAD a inspiré les détracteurs de dizaines de dossiers douteux, dans tous les domaines – agriculture, hydrocarbures, stockage de déchets, transports, centres commerciaux.

Acte I : Naissance du projet

Projet d’aménagement du territoire avant tout, l’idée d’un « aéroport du Grand Ouest » émerge dans les années 1960 de réflexions sur la décentralisation et le développement économique des régions. En 1965, la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar) définit des « métropoles d’équilibre », qui viendraient contrebalancer l’hypercentralisation parisienne. Parmi celles-ci, Nantes-Saint-Nazaire.

« Dégage ! on aménage » – livre paru en janvier 1976

Une zone d’aménagement différé (ZAD) est créée en 1974

Elle permettra au conseil général de la Loire-Atlantique d’accumuler, par droit de préemption, de la réserve foncière, acquérant ainsi, jusqu’en 1988, 850 hectares sur les quelque 1 250 hectares prévus (qui deviendront ensuite 1 600 ha).

A peine ressurgira-t-il en 1994, à l’occasion d’un autre (très long) débat sur la construction d’un troisième aéroport parisien pour désengorger ceux d’Orly et de Roissy. Cela donne l’occasion aux partisans d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes de ressortir ce projet. A leur tête, le député PS et maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, défend cette « occasion de raccrocher à l’Europe nos régions, qui se sentent à l’écart des grands flux économiques du continent ».

Acte III : le retour, en 2000

C’est sous le gouvernement de Lionel Jospin, en 2000, que le projet ressort véritablement. Il s’inscrit dans les réflexions autour de la loi Voynet, ministre écologiste de l’aménagement du territoire, en faveur d’un rééquilibrage territorial. « La desserte aérienne des métropoles régionales est bien trop tributaire du passage par Paris », dit-elle à l’Assemblée nationale le 30 octobre 2000

D’après les opposants, c’est surtout M. Ayrault qui pousse à relancer cet aménagement, au moment où il entend réhabiliter la grande île de Nantes
Pour le maire de Nantes, il s’agit d’éviter la saturation de l’aéroport Nantes-Atlantique, d’assurer la sécurité des Nantais, de créer « quatre mille emplois » et de devenir « une ville de grands événements, de conventions ».

Après études préalables, s’ensuit un débat public entre 2002 et 2003. Il est jugé biaisé par les opposants, car n’envisageant, selon eux, aucune autre solution crédible. Le projet est validé par arrêté ministériel en octobre 2003. Puis soumis à enquête publique en 2006 et 2007 –cf site débat public -. La déclaration d’utilité publique est signée en 2008, pour un aéroport qui accueillerait à terme neuf millions de passagers, et dont le coût est estimé à 581 millions d’euros. – cf présentation projet en réunion publique-

En 2010, l’Etat signe avec Vinci un contrat de construction et de concession du futur aéroport pour cinquante-cinq ans. Les travaux doivent commencer en 2014, pour une ouverture en 2017.

Acte IV : la « guérilla » du bocage

Dès 2000, l’Adeca est réactivée et l’Association citoyenne des populations concernées par le projet d’aéroport (Acipa) est créée. Voient ensuite le jour la Coordination des opposants, en 2004, le CEDPA, en 2009, ou encore le Collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport (Copain), en 2011.
C’est en 2009 que la lutte contre l’aéroport prend un tournant décisif. Après une rencontre avec la revue Silence, les opposants « historiques » de Notre-Dame-des-Landes installent le premier camp action climat français. Des centaines de militants y affluent.
Erigée en symbole, la lutte dépasse les enjeux locaux, s’attirant la solidarité de nombreux habitants et agriculteurs opposants, et au-delà, des soutiens venus de toute la France et même d’Europe.
Le 16 novembre 2012, le président François Hollande réaffirme son soutien au projet. Le lendemain, une manifestation de « réoccupation » rassemble entre 13 000 et 40 000 personnes dans la ZAD, selon les estimations.
Pour sortir de l’impasse, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, annonce une commission de dialogue. Celle-ci conclura, en avril 2013, à l’utilité du projet tout en remettant en question ses mesures de compensation environnementale.

Acte IV : les décisions judiciaires et l’annonce d’un référendum
  1. le rejet par la Cour de cassation des pourvois contre les ordonnances d’expropriation,
  2.  le rejet, par le tribunal administratif de Nantes, des derniers recours contre les arrêtés préfectoraux autorisant les travaux, permettant de déroger à la loi sur l’eau, et de déplacer les espèces protégées.

En octobre 2015, la reprise des travaux est annoncée pour 2016. Les procédures d’expulsion reprennent, à l’encontre de onze familles et de quatre exploitants agricoles.

3. Après une « pause » lors des élections régionales, qui voient arriver à la tête de la région des Pays de la Loire Bruno Retailleau (LR), fervent défenseur du projet, ces expulsions sont confirmées, en janvier 2016, par le tribunal de grande instance de Nantes, occasionnant un regain de tensions à NDDL où les opposants se préparent à résister sur le terrain.

 

4. Toutefois, le projet divise au sein du gouvernement. La ministre de l’environnement, Ségolène Royal, souhaite le remettre à plat, tandis que la nouvelle ministre du logement, l’écologiste Emmanuelle Cosse, y est opposée de longue date.

5. Ultime rebondissement, l’annonce faite par François Hollande, le 11 février, d’un référendum local. Celui-ci, déjà contesté autant du côté des partisans que des opposants, pose de nombreuses questions, tant sur son périmètre que sur sa formulation ou même sa légalité. Laissant planer le doute sur la possibilité de disposer d’une porte de sortie acceptable par tous qui mettrait fin à un conflit vieux de cinquante ans.

Jean-Marie PELT : regards sur la Vie à travers une soixantaine d’ouvrages

Pour découvrir ses réflexions sur Dieu, les Hommes et ses connaissances sur la Nature et les plantes je vous invite à parcourir la soixantaine d’ouvrages qu’il a écrits entre 1969 et 2015 en rejoignant la page suivante des projets de lecture : http://www.cielterrefc.fr/les-lectures-essentielles/jean-marie-pelt-dieu-lhomme-et-la-nature-en-une-soixantaine-de-livres/