L’encyclique Laudato si’ ( Loué sois-tu) – Les Chrétiens et l’Ecologie

 

L’encyclique Laudato si’ ( Loué sois-tu) (sur le site du Vatican)

Une présentation de l’encyclique Laudato si’ ( protégée avec mot de passe)

Chrétiens et écologie : une relation brouillée – Dominique Greiner – La Croix

Le rapport des chrétiens avec l’écologie est complexe… et les torts partagés

Les désastres écologiques seraient la conséquence d’un anthropocentrisme exacerbé qui aurait sa source dans la Bible. Le fameux« dominez la terre » du Livre de la Genèse aurait ouvert la porte à une exploitation sans limite d’une nature désacralisée.

Depuis la fin des années 1980, les Églises se sont quand même emparées de la problématique écologique. Elles ont commencé par reconnaître leur part de responsabilité dans la crise écologique, comme lors du rassemblement œcuménique européen de Bâle en 1989. Elles ont alors confessé n’avoir « pas témoigné de l’amour de Dieu pour toutes et chacune de ses créatures » et « pas adopté un style de vie qui montre que nous appartenons à la création de Dieu ». Depuis, elles ont multiplié les déclarations et les initiatives pour sensibiliser leurs fidèles aux enjeux du temps.

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Pourtant, encore aujourd’hui, les livres et les articles ne manquent pas qui minimisent, voire décrédibilisent, les préoccupations environnementales. Les arguments développés sont de deux ordres.

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l’avenir de la Création est entre les mains de Dieu et c’est faire preuve d’un manque de foi que de se préoccuper du futur. L’Évangile lui-même ne nous invite-t-il pas à faire confiance à la providence ? « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. À chaque jour suffit sa peine » (Mt 6, 34). Cet argument qui s’appuie sur une lecture fondamentaliste de la Bible a sa version technicienne : l’homme saura bien inventer des dispositifs techniques pour surmonter les défis écologiques du temps grâce au génie dont l’a doté la Providence. Bref, il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure.

Une seconde classe d’arguments tient pour secondaires les préoccupations environnementales, au motif que la sauvegarde de la création n’a pas grand-chose à voir avec la question centrale pour la foi qu’est le salut. Quand Paul écrit que « la figure de ce monde passe » (1 Co 7, 31), il souligne que le cosmos, dans son état actuel, n’est pas fait pour être notre demeure définitive. D’ailleurs, on sait bien que depuis l’apparition de la vie sur Terre, de nombreuses espèces végétales et animales ont disparu, certaines avant la naissance de l’humanité. Que l’homme soit soucieux de la qualité de son milieu de vie est une chose ; qu’il se préoccupe de la préservation de la nature en est une autre qui ne lui est pas demandée.

 

Chrétiens et écologie : une situation d’urgence -Dominique Greiner -La Croix

Chrétiens et écologie : une crise morale et spirituelle – Dominique Greiner – la Croix

« Nous vivons aujourd’hui les conséquences tragiques de ce formidable réductionnisme du réel depuis quatre siècles : réduction de l’invisible au visible, du visible au matériel, du matériel à l’économique ! D’où des ruptures en chaîne de communion et d’équilibre entre le cosmique, l’humain et le divin. D’où également une réification, une manipulation et une marchandisation croissante de la nature, considérée avant tout comme un “environnement”, un “décor”, un stock de ressources et de gènes à disposition des humains pour la satisfaction de leurs désirs illimités et exacerbés par la machine économique », explique Michel Maxime Egger, théologien orthodoxe (1).

(1) « La création, lieu des énergies divines », in Dominique Bourg et Philippe Roche (Éd.), Crise écologique, crise des valeurs ? Défis pour l’anthropologie et la spiritualité, Labor et Fides, 2010, p. 79.

Chrétiens et écologie : un principe de limitation – Dominique Greiner – La Croix

En dénonçant des comportements mortifères pour l’homme et son environnement, l’Écriture invite à renouer une relation plus harmonieuse avec la nature, plus conforme au projet divin de création tel qu’il est relaté dans les deux récits de création contenus dans le Livre de la Genèse. « Le premier récit accrédite la beauté et la bonté de toute la création : ”Et Dieu vit que cela était bon” (Gn 1, 10). Le second met en lumière la confiance faite à l’homme pour la garder (Gn 2, 16). Ces textes montrent, chacun à leur manière, que Dieu est engagé dans cette aventure en son principe et sa finalité. Les deux textes conduisent à une confession de foi »,explique un document publié en 2008 par la Conférence des évêques de France (1).

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Chrétiens et écologie : en harmonie avec l’univers Dominique Greiner – La Croix

« Créée ex nihilo (2 M 7, 28), elle est par nature soumise à la loi du temps et menacée sans cesse d’un retour au néant d’où elle a été tirée. Elle ne peut échapper à cette finitude et accéder à la gloire promise qu’en étant unie et ramenée à cet au-delà d’elle-même qui est son origine : Dieu. Pour cela, elle a besoin de l’être humain ; en attendant, elle gémit dans les douleurs de l’enfantement », explique Michel Maxime Egger (1).

Ce théologien orthodoxe fait référence à saint Paul qui écrit dans sa lettre aux Romains : « La Création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu : livrée au pouvoir du néant – non de son propre gré, mais par l’autorité de celui qui l’y a livrée –, elle garde l’espérance, car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet : la Création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement » (Rm 8, 19-22).

La libération de l’emprise du péché a été inaugurée par la mort et la résurrection du Christ mais n’a pas encore atteint son achèvement. Le triomphe du Christ ne le sera qu’à la fin des temps, quand toutes choses seront récapitulées en lui. La Création aspire elle aussi à ce temps, qui sera celui de la réconciliation de toutes choses dans le Christ.

Chrétiens et écologie : une écologie intégrale Dominique Greiner – La Croix

« Non seulement la terre a été donnée par Dieu à l’homme qui doit en faire usage dans le respect de l’intention primitive, bonne, dans laquelle elle a été donnée, mais l’homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté »,précise Jean-Paul II.

En d’autres termes, pour être authentique, le défenseur de l’environnement et des créatures non humaines doit aussi être préoccupé du devenir de l’homme quand il est menacé par des conditions de vie déshumanisantes (habitat, travail…), voire dans son existence, parfois avant même d’avoir vu le jour.

Benoît XVI a repris ce thème de l’écologie humaine, déplorant une culture moderne contemporaine capable de promouvoir le respect de la nature à tous les niveaux, mais incapable d’assurer ce respect au niveau humain.« Si le droit à la vie et à la mort naturelle n’est pas respecté, si la conception, la gestation et la naissance de l’homme sont rendues artificielles, si des embryons humains sont sacrifiés pour la recherche, la conscience commune finit par perdre le concept d’écologie humaine et, avec lui, celui d’écologie environnementale »,lit-on dans son encycliqueCaritas in veritate (n° 51). Et de poursuivre : « Exiger des nouvelles générations le respect du milieu naturel devient une contradiction, quand l’éducation et les lois ne les aident pas à se respecter elles-mêmes. »

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Les grandes figures de l’écologie chrétienne

 Christophe Chaland– La Croix

Grégoire, évêque de Nysse en Cappadoce ( actuelle Turquie) au IV ième siècle

« Puisque toutes les créatures que Dieu a faites sont tout à fait belles, j’affirme qu’il faut voir en chacun des êtres la perfection du beau… »

Hildegarde de Bingen (1098-1179) – moniale bénédictine allemande – : le livre des oeuvres divines – proclamée docteur de l’Eglise le 7/10/2012

le monde est un cosmos harmonieux, l’homme en est le centre et il peut le garder dans cet équilibre, dans la mesure où il vit et agit en communion avec le Créateur. Dès l’enfance, elle bénéficie de communications de la « lumière vivante » qui lui font voir toutes choses unifiées. Elle ne se contente pas de contempler. Les monastères sont encore, à cette époque, les hauts lieux de la connaissance. Elle écrit.

Saint François d’Assise (1182-1226), patron des écologistes

Dès 1979, Jean-Paul II, sentant monter la préoccupation au sujet de l’environnement, a fait de François d’Assise le patron des écologistes.

Deux ans avant de mourir, il compose son Cantique des créatures dans la langue du peuple. Il y invite « frère Soleil », « notre mère la Terre » et toutes les créatures à louer le Seigneur. Mais François, figure de la joie et de la douceur, porte aussi dans son corps les marques de la Passion du Christ. Il vit une ascèse intense, connaît la maladie et est traversé par l’angoisse commune aux hommes.

FRANCOIS D’ASSISE – ÉCRITS, VIES, TEMOIGNAGES (2 VOLUMES) mars 2010

 

Kateri Tekakwitha

Les écologistes américains reconnaissent en Kateri Tekakwitha (1656-1680) la première sainte amérindienne, leur patronne : elle a vécu dans un rapport étroit à la nature, comme tous les peuples premiers du continent, avant la colonisation par les Européens.

Séraphin de Sarov

À 400 km à l’est de Moscou, la ville de Sarov dissimule depuis 1946 un centre de recherche sur les armes nucléaires. C’est ici que le chercheur puis dissident Andreï Sakharov a travaillé, de 1949 à 1967, sur le site de l’ancien monastère de Sarov. Là où avait vécu jusqu’à sa mort, en 1833, le plus populaire des saints russes, Séraphin de Sarov. Séraphin, dont le nom monastique signifie « flamboyant », est un modèle achevé de la spiritualité orthodoxe : la prière continuelle, la méditation de l’Écriture et des Pères, l’ascèse, sont le chemin vers la lumière divine, à la Création nouvelle. Séraphin mena une vie d’ermite dans la forêt à distance du monastère.

Patriarche Bartholomeos Ier  

Le patriarche œcuménique Bartholomeos Ier  est surnommé « le patriarche vert ». L’Église grecque orthodoxe qu’il préside en Turquie compte moins de 3 000 fidèles, mais la primauté d’honneur que lui reconnaît le monde orthodoxe et son autorité morale donnent une grande portée à sa voix. Son prédécesseur Dimitrios Ier  adressa en 1989 la toute première encyclique à toutes les Églises orthodoxes dans le monde, où il instituait un jour de prière pour la protection et la préservation de l’environnement naturel.

Théodore Monod

Théodore Monod, né en 1902 dans une famille où l’on était pasteur de père en fils, fut un scientifique humaniste, un homme de foi et de prière, et l’un des pères du mouvement écologiste. À 20 ans, il entre au Muséum d’histoire naturelle. Sa première mission de terrain sur les côtes de Mauritanie est l’occasion de découvrir le désert, peu étudié. C’est un coup de foudre. À plus de 90 ans, il continue à le parcourir pour des méharées autant scientifiques que spirituelles.

Il est l’un des premiers à dénoncer le pillage « insensé » de la planète : « Cette nature, dont nous demeurons comptables pour l’avenir, a été regardée jusqu’ici comme une proie à saccager, tout ce qui peut rapporter étant permis. » Il s’engage : contre le nucléaire, la chasse aux tourterelles, avec l’abbé Pierre, pour les sans-abri… Très attentif à la condition animale, il est végétarien. Il récite chaque jour les Béatitudes et jeûne un jour par semaine.

Jean Bastaire (1927-2013)

À 20 ans, Jean Bastaire, malade et athée, est venu à la foi par la rencontre d’Hélène, médecin et catholique. C’est encore à elle, devenue son épouse et militante écologiste dans les années 1960, qu’il doit d’être venu à l’écologie chrétienne. Ensemble, ils découvrent Péguy et sa mystique de l’Incarnation. « Il m’a permis de devenir le chrétien catholique socialiste libertaire que je suis toujours » reconnaissait-il

Jacques Ellul (1912-1994)

Jacques Ellul, venu au protestantisme à l’âge de 18 ans, professeur de droit et résistant, est l’un des tout premiers penseurs de l’écologie en France. Dès les années 1930, il appelle avec son ami Bernard Charbonneau à une « révolution de civilisation » fondée sur le projet d’une « cité ascétique » où la qualité de vie et la solidarité sociale priment sur le productivisme et l’individualisme. La critique de la démesure du « système technicien » est au cœur de sa pensée. Le paganisme sacralisait la nature. Pour Ellul, l’homme moderne sacralise la technique.

 

Jean-Marie Pelt

Devenu botaniste-écologue, Jean-Marie Pelt a enseigné notamment la « pharmacognosie », la science des plantes qui guérissent. Engagé dans la vie publique et bon vulgarisateur, il fait merveille pour partager sa passion et écrit une soixantaine de livres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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