Quelqu’un a-t-il soif ?

Quelqu’un a-t-il soif ?

 

« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi » dit Jésus en Jean 7,37 (1)

 

 

 

Il ne s’agit pas de faire ici de la réclame pour une boisson, mais de présenter un homme nommé Jésus qui est mort, cela fait un bail, mais que les chrétiens disent vivant et devant revenir.

 

Ce livre s’adresse aux anciens catholiques pratiquants ayant fini, pour diverses raisons, par abandonner l’Église et malheureusement Jésus avec, risquant ainsi de louper la vie hors du temps qu’Il nous propose et qui commence ici-bas.

 

« Voici venir des jours – oracle du Seigneur mon Dieu

– où je répandrai la famine dans le pays, non pas la faim du pain, ni la soif de l’eau, mais celle d’entendre la parole du Seigneur ». (disait déjà le prophète Amos en Am.8,11)

 

  • Jn 7,37= Évangile de saint Jean, chapitre 7, verset 37

 

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Avant-propos

 

Robert Specty a fait une expérience inouïe qui l’a mis en route, a changé son existence, et l’accule à une exigence rare. Son message, son trésor aussi, c’est celui de milliers d’hommes et de femmes qui l’ont précédé, de milliers de contemporains également, qui ont fait cette « expérience du ‘Je t’aime’ de Dieu »(2).

Cette expérience et le chemin personnel qui en a résulté sont significatifs de notre temps. Significatifs de ce moment de transition que vit l’Église catholique en France et plus largement en Occident ; le passage d’une Église de multitude qui avait barre sur ses fidèles, leur disait que croire, comment croire, une Église conduite par les clercs qui savaient et disaient pour tous, à une Église d’hommes et de femmes qui cherchent, veulent expérimenter et comprendre. Ceux-ci, à l’image des Samaritains que nous présente l’évangéliste Jean (chapitre 4, verset 42), ne se satisfont pas de ce qu’ils ont en- tendu par ouï-dire, ils veulent voir, entendre, se rendre compte par eux-mêmes. Ce sont des recommençants, comme on les appelle aujourd’hui, parmi lesquels des convertis ; ils ont rencontré au plus intime d’eux-mêmes cette Présence aimante, ils ont expérimenté l’action de l’Esprit dans leur vie, ils ont goûté à la puissance et à la fécondité des Écritures saintes.

Ils nous rappellent que la foi chrétienne, en un temps où elle est bien chahutée, tant en interne qu’en externe, n’est pas une idée, moins encore une idéologie, pas une croyance ou un ensemble de dogmes, pas une morale ou une règle de vie, elle est avant tout une expérience, la ‘rencontre’ de l’Hôte intérieur, qui engage toutes les dimensions de la vie humaine ; elle est confiance en une personne, la Personne du Christ. Ces témoins nous parlent ainsi d’un Dieu vivant, d’un Dieu qui se laisse rencontrer, et plus encore d’un Dieu qui n’a de cesse de se révéler comme Lui-même nous le confie dans le livre de l’Apocalypse (chapitre 3, verset 20).

Robert Specty n’a pas quitté son Église, c’est en son sein qu’il a vécu cette expérience, et c’est en son sein qu’il reçoit l’aliment qui le fait vivre : l’eucharistie. Et cela en dépit des incompréhensions, des camouflets, du mépris qu’il rencontre parce que laïc, parce que se référant à une expérience fonda- trice étrangère à beaucoup de membres de cette Église, parce que non théologien. Et cela en dépit des lassitudes éprouvées à la vue de cette Église retenue par son passé, qui dit mais ne fait pas, qui moralise, qui a encore trop souvent tendance à valoriser la primauté et l’efficacité de l’effort personnel dans la vie chrétienne, oubliant  ce qui revient à la grâce.

C’est pourtant cette Église qui, de 1962 à 1965, lors du Concile Vatican II – dernier rassemblement de tous les évêques catholiques du monde – a opéré une véritable révolution dans la compréhension qu’elle avait d’elle-même, revenant à ses fondements, au dessein de Dieu, aux Écritures. Prenant le temps de « se définir (ou du moins de se décrire) elle-même, (pour) la première fois (de) son histoire séculaire »(3), elle affirmait alors notamment l’égale dignité de ses membres, l’appel universel à la sainteté et la dignité de la conscience,

« le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où Sa voix se fait entendre »(4). Mais une révolution, pour prendre chair, doit être entendue, accueillie, reçue pour ce qu’elle est. Le temps est nécessaire, l’évolution des mentalités indispensable. Passer de maîtresse à servante exige nécessairement temps et humilité.

  • Mgr Christoph SCHÖNBORN, Le Mystère de l’Église : approches de Lumen Gen- tium (conférence donnée le 2 décembre 1982).
  • Constitution pastorale Gaudium et Spes (L’Église dans le monde de ce temps),
  • 16.9.

C’est dire que Robert Specty vit son expérience et la responsabilité qu’elle a fait naître en lui simultanément com- me un cadeau qui le dépasse et comme un fardeau, toujours à remettre. Il a conscience de ne pas toujours vivre ses exigen- ces, son intransigeance, qu’accompagne un sentiment d’ur- gence, au diapason de l’amour de Dieu. Qu’il est difficile de vi- vre d’un cœur qui se veut sans partage ! Pour autant, il ne peut taire son expérience et la découverte qui a changé le cours de sa vie et de sa vie de chrétien, ce 23 février 1975. Aussi a-t-il entrepris d’écrire et d’éditer, à ses propres frais, son témoi- gnage. Alors les yeux s’ouvrirent (en référence à l’évangile de Luc chapitre 24, verset 31) est paru en 2009(5). Son désir était de partager au plus grand nombre sa conversion personnelle, son itinéraire de catholique culturel devenu chrétien catholi- que confessant, et les transformations qui en ont découlé.

Aujourd’hui, avec Quelqu’un a-t-il soif ?, thème biblique s’il en est (cf. les Psaumes 41 ; 6 ; 142,6 ; les prophètes Amos (8,11) et Isaïe (49,10) et encore l’évangéliste Jean (6,35), il se tourne vers toutes celles et tous ceux qui ont hérité du catholicisme mais n’ont pas goûté la présence de celui qui est à son origine, Jésus le Christ. Et ceci, qu’ils soient encore ‘pratiquants’ ou qu’ils aient pris leurs distances avec l’Église qui les a baptisés. Son intention : les inviter à se laisser ren- contrer par Jésus ressuscité, et particulièrement dans le lieu privilégié qu’est « l’écoute de sa Parole »(6).

« L’important, confie Robert Specty, est de montrer que chacun peut faire des découvertes en lisant la Bible ». Parce qu’il en a fait et en fait l’expérience, au quotidien, il nous assure avec saint Paul que « les textes sacrés… ont le pouvoir de … communiquer la sagesse, celle qui conduit au salut par la foi que nous avons en Jésus-Christ. Tous les textes de l’Écri- ture sont inspirés par Dieu ; celle-ci est utile pour  enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ; grâce à elle, l’homme de Dieu sera bien armé, il sera pourvu de tout ce qu’il faut pour un bon travail » (Paul à Timothée, chapitre 3, versets 15 à 17).

 

Philippe Le Vallois Responsable du service Évolutions religieuses et nouvelles religiosités de l’Église catholique en Alsace

 

 

 Pour lire le livre  Quelqu’un a-t-il soif ? ( version téléchargeable)

 

 

 

 

 

 

 

 

SOMMAIRE

Avant-propos 7

Première partie Motivation des écrits 13

Être chrétien, c’est quoi ? 15

Le retour de Jésus 16

Sur quoi se fonde cette assurance ? 17

L’expérience des premiers chrétiens 18

L’ancrage de notre foi dans notre propre expérience 19

Avoir la foi, c’est quoi ? 20

Quelques entraves à l’expérience chrétienne 21

Rôle et limite de la loi selon les Écritures 22

Laissez-vous mener par l’Esprit 23

Le discernement 25

Le besoin de merveilleux 25

Le besoin d’un vécu relationnel 27

Nos questionnement et nos attentes 28

Notre relation à Dieu 29

La vie de la foi, son évolution 31

Que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle 36

La proposition de Jésus 37

Le baptême dans l’Esprit 42

Le christianisme, une histoire juive 43

Qu’en est-il de l’Église ? 44

En recherche d’unité 46

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