La démocratie otage du libre échange

Le point de vue de José Bové sur l’accord de libre échange entre l’Union européenne et le Canada- lire la suite de cet article

Les premières victimes de l’accord de libre échange entre l’Union européenne et le Canada, présenté par Barroso et Harper le 18 octobre à Bruxelles, sont les paysans européens et canadiens et les consommateurs. L’Union européenne souhaite ouvrir son marché à la viande bovine produite dans les grandes exploitations canadiennes. 50 000 tonnes de viande de bœuf arriveront ainsi dans nos assiettes, ce qui représente grosso modo 8 % de la production française et 2 % de la production européenne. Ce n’est pas une paille. Les revenus des éleveurs spécialisés dans l’élevage bovins sont déjà particulièrement bas. En moyenne, en France ils atteignent à peine 14 000 € par an alors que ceux de leurs collègues céréaliers dépassent 75 000 €.

De nombreux élevages, en particuliers dans les régions d’Auvergne, de Bourgogne, du Limousin et de Midi-Pyrénées sont au bord de la faillite. Les coûts de production s’envolent alors que dans le même temps la consommation de viande bovine baisse régulièrement du fait de la chute du pouvoir d’achat de nos concitoyens. L’arrivée de la viande canadienne serra le coup de grâce. Elle achèvera de détruire de nombreuses zones rurales, ce qui aura des répercussions en cascade sur d’autres secteurs économiques liés directement à l’agriculture comme les petites et moyennes entreprises de transformation alimentaire, ou indirectement comme le tourisme. En Europe, c’est la France qui sera la plus touchée, mais d’autres pays comme l’Irlande, l’Espagne, qui traversent également une crise économique grave seront également affectés. Les éleveurs du sud et de l’ouest de l’Allemagne seront également affectés.

EFFETS À LONG TERME DES OGM : L’UE ET LA FRANCE LANCENT DEUX APPELS D’OFFRES DIFFÉRENTS

 

Et si G.-E. Séralini avait raison ? Son étude, publiée en septembre 2012, a certes été critiquée par les comités d’experts, mais l’onde de choc qu’elle a provoquée n’en a pas été pour autant stoppée. Avant l’été, la France et la Commission européenne ont chacune publié un appel d’offres autour de la question des effets à long terme des OGM sur la santé. Ainsi, la Commission européenne a proposé un budget de trois millions d’euros pour une « étude de carcinogenèse de deux ans sur rats avec du maïs NK603 » [1] dont les résultats devront être rendus sous quatre ans. En France, un budget un peu plus modeste (2,5 millions d’euros) a été débloqué, dans le cadre du programme Risk’OGM, pour que soit constitué un « consortium de recherche pour l’étude des effets sanitaires à long terme liés à la consommation d’OGM » [2]. Ce travail, étalé sur trois ans et demi, est présenté comme « un projet de recherche complémentaire du projet de la Commission européenne ».

pour la suite de l’article sur Inf’OGM

Le Prix mondial de l’alimentation à Monsanto, Syngenta & Co : une lamentable farce

 

pour lire la suite de cet article de Matthieu Ricard : billet publié le 4 novembre

Le 17 octobre, le « World Food Prize », présenté abusivement comme un « Prix Nobel de l’alimentation » a été remis au vice-président de Monsanto, ainsi qu’à une membre fondatrice du groupe Syngenta et à Marc Van Montagu, scientifique belge qui fait partie d’un puissant lobby européen pro-OGM (European Federation of Biotechnology).(cf liste des membres )

Signalons tout d’abord les flagrants conflits d’intérêts puisque Monsanto et Syngenta comptent parmi ceux qui financent ce Prix mondial de l’alimentation. C’est un peu comme si des fabricants d’armes finançaient le Prix Nobel de la paix.

Monsanto, en particulier, a incarné l’égoïsme institutionnalisé pendant près d’un siècle. Surtout connue comme le leader mondial des OGM, cette entreprise, implantée dans 47 pays, est l’un des principaux responsables de l’extension massive des monocultures. Elle exerce un contrôle draconien sur les fermiers à qui elle vend des semences, ces derniers n’étant pas autorisés à les réutiliser d’une année sur l’autre.

Ce que l’on sait moins, c’est que, depuis sa création en 1901, la firme a été l’un des plus grands producteurs de produits toxiques, y compris les PCB (commercialisés sous le nom de « Pyralène?» en France), qui ont contaminé la planète entière, de l’Arctique à l’Antarctique, et le tristement célèbre agent orange utilisé durant la guerre du Vietnam. Des milliers de personnes sont mortes à cause de ces produits qui contenaient notamment des dioxines. Pendant des dizaines d’années, Monsanto a dissimulé, puis nié les effets nuisibles de ces produits sur la santé, jusqu’à ce qu’une série de procès dévoile ses malversations criminelles. Monsanto se présente aujourd’hui comme une entreprise des « sciences de la vie?», soudain convertie aux vertus du développement durable.

La stratégie diabolique des futures plantes OGM

Le Monde

Jeudi 1er août, le Conseil d’Etat a annulé le moratoire qui frappait depuis 2012 le MON810, un maïs transgénique de la firme américaine Monsanto. Le MON810 est une plante à laquelle un gène a été ajouté pour qu’elle produise une toxine dite « Bt » (du nom de la bactérie Bacillus thuringiensis qui la synthétise naturellement), toxine qui tue les insectes ravageurs de ce maïs, comme la pyrale, en paralysant l’intestin des larves. Dans l’esprit des créateurs de cette plante transgénique, faire fabriquer le pesticide directement par la plante évite aux agriculteurs d’en épandre sur leurs cultures. Cette décision du Conseil d’Etat a une nouvelle fois relancé le débat sur la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM) en France, les opposants aux OGM soulevant plusieurs arguments, comme les risques pour la santé des consommateurs (humains ou animaux d’élevage), la contamination des cultures non-OGM et du miel, le fait que certains insectes utiles seraient victimes de la plante ou bien le développement de résistances à la toxine chez les nuisibles.

Ce débat, qui a depuis longtemps quitté le domaine de la science pour tomber dans celui de la politique – les arguments exploités par les uns et les autres étant plus d’ordre idéologique que biologique –, pourrait bien de toute manière devenir rapidement un combat d’arrière-garde avec la future génération de plantes transgéniques, ainsi que le souligne Science dans son numéro spécial du 16 août, consacré à l’épineuse question des pesticides. En effet, les OGM de demain ne seront plus conçus suivant le principe assez basique qui consistait à leur faire produire l’insecticide. Non, ils seront l’insecticide, grâce à une stratégie diabolique, celle de l’interférence ARN.

Derrière cette expression se cache un phénomène dont la découverte a valu à Craig Mello et Andrew Fire le Nobel de médecine 2006. Pour le comprendre, il faut entrer dans le mécanisme cellulaire. Dans le noyau se trouve l’ADN, qui constitue le support de l’information génétique et détient la recette de fabrication des protéines indispensables à la vie. En revanche, l’usine qui synthétise ces protéines est située dans le cytoplasme de la cellule, c’est-à-dire à l’extérieur du noyau. Pour fabriquer une protéine, il faut par conséquent copier l’information contenue dans le gène qui, au sein de l’ADN, correspond à cette protéine, puis la transporter à l’extérieur du noyau. C’est le rôle de l’ARN messager.

Ce qu’ont découvert Mello et Fire, c’est que l’on pouvait, à l’aide d’un ARN dit « interférent », intercepter le facteur en cours de route : de tout petits morceaux de cet ARN interférent viennent se coller à l’ARN messager, ce qui entraîne sa destruction. Conclusion : le message ne parvient jamais à l’usine à protéines, la protéine n’est pas synthétisée et son gène est comme éteint. Le phénomène de l’interférence ARN se retrouve dans la nature, soit pour lutter contre l’introduction de génomes étrangers (de virus, par exemple), soit pour moduler l’expression de certains gènes.

L’idée des fabricants de semences OGM consiste à faire fabriquer à leurs plantes un micro-ARN interférent réduisant au silence une protéine-clé pour l’organisme des insectes ravageurs. Une fois que ces derniers auront croqué dans la plante et assimilé l’ARN interférent en question, celui-ci empêchera la production de la protéine vitale et l’animal mourra. 

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Que peut faire la France pour interdire la culture d’OGM ?

vu sur site de la Croix

Paradoxalement, la France bloque à Bruxelles une évolution du cadre européen qui faciliterait les clauses de sauvegarde des États membres contre les mises en culture de plantes génétiquement modifiées.

Analyse de Frédéric Vincent, porte-parole du Commissaire européen chargé de la santé et des consommateurs.

 

 

« Selon la réglementation européenne en vigueur actuellement, un État membre qui souhaite interdire sur son sol la culture d’une plante génétiquement modifiée autorisée au niveau européen doit le faire sur la base d’un avis scientifique qui démontre un danger manifeste pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement.

Nous ne sommes pas dans le registre du principe de précaution, mais de la validation scientifique. Or les autorités françaises n’ont pas réussi jusqu’à présent à produire la démonstration scientifique exigée par la réglementation européenne. Nous avons transmis à l’autorité européenne de sécurité des aliments le document produit l’an dernier par les autorités françaises pour justifier leur clause de sauvegarde.

PRISE EN COMPTE DES ARGUMENTS SCIENTIFIQUES ET SOCIO-ÉCONOMIQUES

L’agence a considéré que rien de nouveau dans le document français ne justifiait scientifiquement une telle interdiction. La culture du maïs MON 810 a été autorisée dans l’Union européenne il y a quinze ans, après évaluation de l’agence européenne. Cette dernière a revu récemment les données scientifiques sur ce maïs et a considéré qu’il pouvait être renouvelé.

Le cadre légal est donc celui-ci. Tout arrêté qui ne le respecterait pas serait donc susceptible d’être à nouveau annulé. C’est pourquoi lacommission européenne, consciente du blocage juridique actuel, a proposé il y a trois ans de changer le cadre légal. Nous avons proposé aux États membres qui souhaitent interdire la culture d’un OGM d’utiliser des arguments autres que scientifiques, notamment socio-économiques.

LA FRANCE A BLOQUÉ LA CLAUSE DE SAUVEGARDE

Un État membre pourrait ainsi prendre une clause de sauvegarde contre un OGM autorisé en évoquant par exemple l’opposition de son opinion publique ou son environnement géographique. Or la France est l’un des trois pays européens – avec le Royaume-Uni et l’Allemagne – qui ont bloqué en juin dernier l’adoption de ce nouveau cadre légal !

Rien n’a été fait depuis pour faire avancer ce projet. Si la France veut réellement débloquer la situation et interdire durablement la culture des OGM en France, c’est sans doute sur ce front-là qu’il lui faut avancer dans les prochains mois. »

OGM : Les super mauvaises herbes contre-attaquent

 

Vu sur Médiapart

Alors qu’en France, le débat sur les OGM s’intensifie après la décision du Conseil d’État de suspendre l’interdiction de cultiver le maïs transgénique de Monsanto, puis celle de François Hollande de prolonger le moratoire sur ces semences, aux États-Unis, un rapport vient apporter de l’eau au moulin des anti-OG

Publié en juillet par Food and Water Watch – l’organisation de lutte pour la protection de l’eau et de la nourriture –, le rapport Superweeds, how biotech crops bolster the pesticide industry (« Les super mauvaises herbes, ou comment les cultures biotechnologiques renforcent l’industrie des pesticides », à lire ici) dévoile l’une des conséquences de l’agriculture aux OGM : le recours à des quantités de plus en plus massives de pesticides nocifs pour la santé et l’écosystème.

Quelques années seulement après la mise sur le marché des semences de Monsanto Roundup Ready, génétiquement modifiées pour être résistantes à un pesticide, le Roundup (également vendu par Monsanto),« les mauvaises herbes ont développé une résistance au glyphosate (le principal composant du Roundup Ready) et les agriculteurs se sont mis à appliquer de plus en plus d’herbicides : la consommation totale d’herbicides a augmenté de 26 % entre 2001 et 2010 », y lit-on.

L'augmentation du volume d'herbicide.L’augmentation du volume d’herbicide.© Food and Water Watch

Cela se traduit d’abord par une augmentation de la dose de Roundup utilisée. « Le volume de glyphosate appliqué aux trois grandes cultures OGM, maïs, coton, soja, a été multiplié par dix entre 96 et 2012 », indique le rapport. « Les fermiers ont commencé par augmenter les doses de Roundup, puis ils sont passés d’une à deux applications par an », précise Chuck Benbrook, agronome à l’université de l’État de Washington, l’un des premiers chercheurs américains à avoir démontré l’augmentation de l’utilisation de pesticides, en 2004. « Les mauvaises herbes sont devenues folles ! À partir de 2005, ils ont commencé à ajouter d’autres pesticides… », poursuit-il.

….

La situation est de plus en plus préoccupante. Quand des mauvaises herbes résistantes étaient recensées dans cinq États américains en 2005, on en compte dans une douzaine d’États en 2012, indique Food and Water Watch. Et cette évolution met les spécialistes d’autant plus en colère qu’elle était parfaitement prévisible, comme le rappelle l’agronome Chuck Benbrook.

 

 

 

 

OGM : la justice américaine confirme le pouvoir absolu des brevets

 

vu sur Mediapart 

La fièvre médiatique autour de l’expérience controversée du biologiste Gilles-Éric Séralini sur la toxicité du maïs OGM NK 603 de Monsanto et de l’herbicide Roundup  en septembre dernier, avait passé sous le silence les dimensions économique et juridique de la transgenèse végétale.

La Cour suprême américaine vient de rappeler à quel point les OGM posent le problème de la brevetabilité du vivant : à l’unanimité, elle confirme l’obligation de payer une redevance pour l’usage de semences OGM, même dans le cas d’une réutilisation pour créer de nouvelles graines (lire ici son avis). Elle donne ainsi raison à Monsanto qui poursuivait un cultivateur de l’Indiana, Vernon Hugh Bowman, âgé de 75 ans, déjà condamné pour avoir replanté du soja transgénique sans payer pour ce nouvel usage.« Les cultivateurs peuvent consommer ou vendre » leur récolte de soja résistant à l’herbicide Round up ready, « mais n’ont pas le droit d’en conserver une partie pour la replanter ensuite », affirme la Cour, qui précise que les semences vendues sont soumises à un brevet « qui autorise les agriculteurs à les semer pour une récolte et une seule ».

Le mariage Gates et Monsanto : attention, danger pour le planète

sur Votre santé pour lire la suite de cet article

La puissante Fondation Bill et Melinda Gates, dédiée officiellement à des projets philanthropiques, vient d’acquérir 500 000 actions de la société Monsanto. Grâce à un large réseau de connivences, c’est l’ouverture de nouveaux marchés pour le géant des semences agricoles génétiquement modifiées, et des menaces sur la sécurité alimentaire balayées par le grand vent des profits et de la spéculation.
Enquête.

Créée en 1994 par le fondateur de Microsoft, la Fondation Bill et Melinda Gates gère un capital de 33,5 milliards de dollars pour financer ses projets “philanthropiques”. Un joli pactole investi à hauteur de 23 millions de dollars dans l’achat de 500 000 actions de Monsanto, comme le révélait la Fondation en août 2010. Acquisition aussitôt dénoncée par le mouvement international Via Campesina1. Gates-Monsanto, union entre deux monopoles des plus cyniques et agressifs : 90 % de la part de marché de l’informatique pour la premier, 90 % du marché mondial des semences transgéniques et la majorité des semences commerciales du monde pour le second. Négation même du fameux principe du capitalisme de “concurrence de marché”.

Désormais, la Fondation Bill et Melinda Gates utilise son influence sur les politiques mondiales de développement agricole, et incite paysans et agriculteurs à utiliser les semences et produits agrochimiques génétiquement modifiés de Monsanto.

Si doute il y avait, il n’est plus de mise. La Fondation Gates vient de jeter clairement le masque de la “philanthropie”.

Pour mieux conforter son emprise, la Fondation Gates a engagé en 2006 une collaboration avec la Fondation Rockfeller, “fondation caritative” privée dotée elle aussi d’un statut fiscal privilégié et fervent promoteur des OGM à destination des populations pauvres.

Ces deux grands humanistes se sont donc alliés pour mettre en oeuvre l’Alliance for a green revolution in Africa (Agra)2, “Alliance pour la révolution verte en Afrique”, qui est en train d’ouvrir le continent aux semences OGM et aux produits chimiques vendus par Monsanto, DuPont et Dygenta.

Pr Dominique BELPOMME : Mon avis sur l’étude Seralini

vu sur le blog de Sylvie Simon

Mercredi 7 novembre 2012
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EUROPEAN CANCER AND ENVIRONMENT RESEARCH INSTITUTE
Newsletter de l’Appel de Paris n° 42

A propos des recherches de Gilles-Eric SERALINI

par le Professeur Dominique BELPOMME 1
Il m’est demandé un avis scientifique concernant le récent article de Gilles-Eric Seralini publié en septembre dernier dans le journal scientifique à comité de lecture « Food and chemical toxicology ».
Ayant lu attentivement cet article, c’est au strict plan scientifique que je réponds à cette demande.
Le travail réalisé est une expérimentation lourde puisqu’impliquant le suivi de 200 rats (100 femelles et 100 mâles) pendant deux ans. L’étude est tout autant ambitieuse, compte tenu des 10 groupes étudiés selon la dose d’OGM et la présence ou non de Round up, ce qui explique la faiblesse des effectifs dans chacun des groupes.
Au demeurant, comme clairement indiqué dans l’article, les reproches méthodologiques à faire, si tel est le cas, seraient encore beaucoup plus nombreuses et importantes concernant les études réalisées pour la mise sur le marché des OGM et des pesticides. Ainsi les critiques formulées par la plupart de ceux qui le font ne peuvent se retourner que contre eux-mêmes, puisque ceux-ci en invoquant la science, oublient l’extrême faiblesse des études réalisées pour la mise sur le marché de tels produits.
Si on peut considérer l’étude de Seralini comme présentant une certaine faiblesse méthodologique concernant notamment le choix du modèle (les rats Sprague – Dawley font déjà spontanément de nombreuses tumeurs) et l’absence d’estimation statistique des résultats obtenus par comparaison à des témoins concernant la première partie de l’étude, il n’en demeure pas moins que les observations réalisées sont particulièrement intéressantes. Au minimum ils créent un doute sur l’innocuité de l’OGM utilisé – le maïs NKG03 intolérant au Round up – et du Round up lui-même.
Je connais suffisamment Seralini pour savoir qu’il est un chercheur intègre. En outre, s’il doit y avoir une discussion sur la valeur scientifique de cet article notamment du point de vue des mécanismes de la cancérogenèse, c’est au sein de la communauté des chercheurs spécialisés dans le domaine qu’elle doit avoir lieu et non sur la place publique, par le biais d’Institutions en réalité non expertes dans le domaine et qui manifestement agissent sans le dire, en vertu d’intérêts économiques et/ou d’une complaisance aux autorités politiciennes. Le message de telle ou telle académie ou de telle ou telle agence, sur cette thématique bien particulière, est donc sans fondement scientifique.
La polémique d’aujourd’hui, fomentée par les lobbies économiques et financiers et aggravée par les représentants de ces agences ou académies, qu’ils se targuent ou non d’être les « vrais » scientifiques du pays, est inacceptable. D’ailleurs ce n’est pas la première fois que de telles agences ou académies se trompent. L’histoire de l’amiante est toujours présente dans la mémoire de nos concitoyens, l’inconscient collectif de notre société, pour nous rappeler les méfaits sociétaux de telles affirmations prises dans l’urgence et sans réelle confrontation scientifique. Il n’est d’ailleurs pas dit qu’à l’étranger le son de cloche ne soit pas différent ; l’acceptation de l’article par le comité ad hoc du journal scientifique « Food and chemical toxicology » en témoigne.
Il serait en outre largement préjudiciable à la science et à son indépendance que cet article, sous la pression de tels lobbies et du flot d’incompétences qu’ils suscitent, soit supprimé du journal qui l’a accepté le 2 août 2012. En réalité, je ne pense pas qu’il puisse en être ainsi, car si tel était le cas, le journal en question perdrait toute crédibilité scientifique.
Comme en témoignent les références scientifiques citées dans l’article, Seralini n’est pas le seul chercheur à remettre en cause l’innocuité des OGM et des pesticides, en particulier du Round up. Grâce au doute qu’il a su créer, cet article va donc avoir en réalité pour immense intérêt de redynamiser les équipes de chercheurs travaillant dans le monde sur un tel sujet – y compris celle de Seralini – à poursuivre les travaux dans cette direction et par conséquent à ne pas accepter comme scientifiquement établi l’innocuité de ces deux types de produits. La recherche scientifique pour ceux qui réellement la font, est une longue marche souvent hérissée d’épines, mais aussi parfois de gratifications. Seralini a fait un premier pas. Parions comme ce fut le cas pour l’amiante, qu’il y en aura d’autres et cela de plus en plus et très prochainement.
1 Professeur de cancérologie honoraire de l’Université Paris-Descartes, Président de l’ARTAC, Directeur exécutif de l’ECERI.
 rue Auguste Lambiotte, 14 – 1030 Bruxelles – BELGIQUE Tel :                             0033 (0) 1 45 78 53 53         0033 (0) 1 45 78 53 53                       0033 (0) 1 45 78 53 53         0033 (0) 1 45 78 53 53 – Fax : 0033 (0) 1 45 78 53 50 – Email : sg.eceri@gmail.com Association Internationale Sans But Lucratif. N° d’entreprise :                             0836.860.867         0836.860.867                       0836.860.867         0836.860.867. Moniteur belge du 22/06/2011

site de l’ECERI

Le « Monsanto act »

 

Le Monde :

 

C’est un amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l’agriculture aux Etats-Unis, mais il provoque scandale et stupéfaction chez les défenseurs de l’environnement et les ennemis des OGM : la justice américaine ne pourra plus s’opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si leur homologation est contestée devant un tribunal. Une disposition perçue comme un cadeau aux géants de l’agrochimie, Monsanto en tête.

 

 

 

 

Que dit l’article 735 de ce texte de loi, affublé du surnom de « Monsanto Protection Act » et désormais voté par le Congrès et approuvé par le président Barack Obama ? Que « dans le cas où une décision[d’autorisation de culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l’agriculture doit (…), sur simple demande d’un cultivateur, d’un exploitant agricole ou d’un producteur, accorder immédiatement une autorisation ou une dérogation temporaire. »

Au cas où la finalité commerciale de l’opération n’irait pas de soi, l’article précise que les autorités doivent « s’assurer que les cultivateurs ou d’autres acteurs sont en mesure de déplacer, planter, cultiver, introduire dans le commerce » les semences en question et les cultures qui en sont issues.

Pour Greenpeace Canada« la signature de cette loi par le président Obama ne permettra plus aux tribunaux américains d’empêcher la vente et la plantation de plantes OGM même si elles n’ont pas été approuvées par le processus pourtant déjà laxiste des autorisations et quelles que soient les conséquences pour l’environnement ou la santé ».

Les ONG soupçonnent le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt, décrit par le magazine Mother Jones, le 4 avril, comme « l’homme de Monsanto à Washington », d’être l’auteur de cet amendement. La firme a son siège à Saint Louis et finance de longue date les campagnes politiques de M. Blunt.

D’autres élus ont tenté de s’opposer au texte, comme le sénateur démocrate du Monatana Jon Tester. Selon lui, par cette loi, le gouvernement contraint son propre ministère de l’agriculture à « ignorer une décision d’un tribunal qui interdise la plantation de cultures OGM parce qu’elles sont illégales ». Une autre sénatrice démocrate, Barbara Mikulski (Maryland), a présenté des excuses publiques pour l’adoption de cette loi.

LA CRAINTE D’UN DANGEREUX PRÉCÉDENT

La mesure a révolté les milieux démocrates et écologistes – une pétition baptisée « Food Democracy Now » a déjà recueilli 250 000 signatures. Mais le très droitier Tea Party a lui aussi fait part de sa colère face à une opération de lobbying qui fausse la libre concurrence. Les entreprises devraient « respecter les règles du libre-marché comme tout le monde, au lieu de recruter des lobbyistes pour réécrire les règles à leur profit à Washington », écrit ainsi le think tank conservateur Freedom Works.

Le « Monsanto Protection Act » est censé n’être que provisoire : la loi dans laquelle il s’inscrit expire en principe au mois de septembre. Mais les défenseurs de l’environnement craignent que la décision ne crée un dangereux précédent.

Sur son site Internet, la firme de Saint Louis dément toutes ces accusations, les qualifiant de « scénario de série B ». L’article de loi incriminé « ne contient aucune référence à Monsanto, protection de Monsanto ou bénéfice pour Monsanto », souligne le groupe agrochimique.

Cette affaire intervient alors que Monsanto, dont les semences alimentent 93% du soja, 88% du coton et 86% du maïs aux Etats-Unis, a annoncé, mercredi 3 avril, une hausse de 22% de ses bénéfices au deuxième trimestre. Et au moment où les Etats-Unis font pression sur l’Europe, dans le cadre de la négociation d’un accord de libre-échange, pour que les Vingt-Sept simplifient leur réglementation en matière d’importation de produits OGM, jugée « inapplicable » et « lourde », lundi 1er avril par le Bureau au commerce extérieur américain dans un rapport sur les mesures sanitaires dans le monde.