NOMMER l’ OMBRE

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Ce que maintenant nous voyons est une ombre de ce qui doit venir
Sri Aurobindo      Savitri I.5.77

Nous sommes à une époque où beaucoup de philosophes, thérapeutes ou petits maîtres de sagesse jouent la rengaine « du bonheur à tout prix « ,
le tout relayé par le courant psychologique à la mode de la pensée positive « à tous crins », venant d’outre-atlantique.

Cette pensée positive du bonheur à tout prix me semble problématique et douteuse,
surtout quand elle déborde dans le domaine d’une spiritualité tellement bienheureuse qu’elle finit par sentir l’âcre parfum de l’eau de rose,
en particulier avec cette « pleine conscience » qui est en réalité « pleine à moitié »,
car il lui manque la partie essentielle du chemin de son évolution,
c’est à dire la nécessité pour chacun de traverser d’abord son Ombre

Le pire ce sont les petits maîtres de sagesse quand ils professent la méditation et son plat bonheur du moment présent.
Bien sûr, il y a cette expérience méditative indéniable, procurant même chez le débutant une sorte de paix et de calme intérieur,
mais cela a plutôt à voir avec un état de relaxation physique, émotionnelle et mentale qui ne peut être qu’éphémère le temps de la méditation.
Sitôt de retour dans l’environnement coutumier, les tempêtes émotionnelles de l’ego reprennent le dessus avec d’autant plus de violence qu’elles ont été réprimées par ces pseudo méditations du bonheur,
c’est ce qu’on appelle aussi le redoutable retour du refoulé.

Pour moi,  la méditation commence donc par la méditation sur son ombre,
c’est à dire avec les états intérieurs problématiques,
avec lesquels il s’agit de s’entraîner, encore et encore, à accueillir, observer, accepter avec l’oeil de la Conscience, toutes les sensations, ressentis et pensées délétères.
C’est au contact de l’Ombre intérieure que la Lumière de la Conscience se raffermit et prend sa dimension réellement lumineuse,
de sorte que peu à peu celle-ci intègre et transcende la dualité originelle du bien et du mal, de l’ombre et de la lumière.
Cela veut dire que la pleine conscience n’est ni heureuse, ni malheureuse, elle est les deux à la fois, dans un espace intérieur qui les transcende,
et qui se traduit le plus souvent par la qualité d’un certain silence, accompagné d’un regard grave en même temps qu’ amusé et distancié.

Alain Gourhant

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INDUSTRIE DE LA VIANDE : DANS LES COULISSES DE L’HORREUR

Vu sur Paris Match

Journaliste d’investigation, Anne de Loisy a enquêté durant 3 ans au cœur de la filière industrielle de la viande. Abattoirs non conformes, tromperies à répétitions, intoxications alimentaires… : dans son livre  « Bon appétit ! », elle dresse un bilan sans concession. Rencontre.

Anne de Loisy : Normalement, il doit y avoir un vétérinaire dans chaque abattoir. Dans la réalité, il n’y en a pas ou très rarement. On ne décèle plus les abcès sur les animaux par exemple. Un boucher consciencieux se rendra compte du problème et les enlèvera. Mais en industrialisation, quand on fait du steak haché, tout est broyé, abcès et ganglions compris. Dans l’abattoir de Jossigny, en Seine-et-Marne, le directeur de l’établissement m’a avoué que, faute de contrôle vétérinaire, c’est la caissière qui s’occupait de faire un premier diagnostic de l’état sanitaire des animaux et de mettre de côté les malades, blessés ou fiévreux.

Comment êtes-vous parvenue à enquêter dans ce milieu qui refuse toute transparence ?

A.d.L : J’avais déjà réalisé un sujet pour « Envoyé spécial » diffusé lors de la campagne électorale. J’ai alors pu accéder à certains abattoirs grâce à des associations comme l’Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA) qui a accepté de me présenter comme une de leurs assistantes. Puis j’ai poussé d’autres portes grâce à des techniques d’infiltration. J’ai visité une quinzaine d’établissements en tout.

Qu’avez-vous constaté ?

A.d.L : L’industrialisation est le vrai problème. On doit abattre entre 50 et 60 vaches à l’heure, soit une par minute ! Celles-ci sont découpées encore vivantes alors que la réglementation stipule que l’on doit attendre la mort avérée de l’animal. Pour des questions de rentabilité, les abattoirs ont été centralisés. Suivant certains endroits, les éleveurs n’ont pas d’autres choix que de faire abattre leurs bêtes de manière rituelle ; halal ou casher. Si un éleveur d’Ile-de-France veut faire étourdir ses bêtes, il devra sortir du département et parcourir 380 kilomètres de plus. Alors désormais, quand on mange de la vache, un morceau sur deux est abattu de manière rituelle. C’est 95% pour l’agneau et entre 20 et 40% pour le poulet.

“L’INDUSTRIALISATION DE L’ABATTAGE NUIT À L’HOMME”

Pourquoi ce type d’abattage est-il en train de devenir la norme ?

A.d.L : C’est plus économique et plus simple pour l’abatteur. Les abattoirs qui pratiquaient les deux systèmes (conventionnel et rituel) étaient obligés de nettoyer les chaînes entre chaque. Entre temps, certains employés ne travaillaient pas, ce n’était donc pas rentable. Passer au tout rituel permet de réaliser des économies et de supprimer le poste d’étourdissement. Le problème également, c’est la formation des sacrificateurs. J’en ai vu un très expérimenté et habile. A contrario, j’ai, dans un second cas, assisté à une scène d’atrocité. Le sacrificateur, pas formé et apeuré, tranchait le cou des bêtes comme s’il coupait du pain. Pourtant, le sacrificateur musulman ou juif a pour obligation d’alléger au maximum la souffrance des bêtes.

Quel est le risque sanitaire ?

A.d.L : Il y a un risque de régurgitation. Le fait que l’œsophage ne soit pas ligaturé ouvre la porte à des bactéries présentes dans l’appareil digestif de l’animal. Elles peuvent se déverser sur les viandes de tête, de gorge et de poitrine. Si on prend la loi au pied de la lettre, tout doit être prévu pour que ce soit propre. Les parties contaminées doivent être ôtées. Mais si on n’enlève une grande quantité, on perd de l’argent. Alors une fois de plus, on raccourcit le process.

Animaux gavés d’hormones, malades, stressés, viande contaminée par le ténia, E.coli… Finalement, comment acheter « sainement » ?

A.d.L : Il faut privilégier les circuits les plus courts possible. Quand un boucher connaît son éleveur, s’il y a un souci, il y a un échange et les choses peuvent s’améliorer. On retrace plus facilement le parcours de l’animal. L’avantage du circuit court permet aussi à tout le monde de vivre correctement. En revanche, les marges des grandes distributions sont telles que les éleveurs n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois. Rappelons qu’en France, 1 à 2 éleveurs se suicident chaque jour. Il est urgent de réagir.

De l’élevage à l’abatage, votre livre témoigne également de la souffrance humaine. 

A.d.L : L’industrialisation de l’abatage nuit à l’homme car la cadence est effrénée. Tous les employés, souvent peu formés, souffrent de troubles musculo-squelettiques. C’est un des secteurs où il y a le plus d’accidents. Les sols sont glissants ; on tombe, on se blesse aussi avec les couteaux.

Des associations de protection animale comme la Fondation Brigitte Bardot* ou L214* publient régulièrement des enquêtes et organisent des campagnes d’information. Pensez-vous que leurs actions puissent faire bouger les choses ? 

A.d.L : C’est à force d’informer les gens que les consciences peuvent s’éveiller. Notre plus grande force, c’est notre pouvoir d’achat. Les Français avalent 84 kilos de viande par personne et par an. Chaque consommateur, par son porte-monnaie, a un bulletin de vote entre les mains. En Angleterre, des grands chefs comme Gordon Ramsay ont montré, dans des émissions télévisées, l’envers du décor dans les élevages. Résultat : en un an, les ventes de poulet bio, par exemple, ont augmenté de 30 %. Alors pourquoi pas nous ?

« Bon appétit ! Quand l’industrie de la viande nous mène en barquette », par Anne de Loisy, éditions Presses de la Cité, 19,50 euros.

 cf la page sur la condition animale

cf la page des livres sur la condition animale

Ensemble avec la Grèce

Avaaz.org

Cette semaine, la Grèce pourrait être obligée d’accepter des mesures d’austérité draconiennes qui ont prouvé leur inefficacité, ou bien d’être vraisemblablement forcée de quitter la zone euro. L’Europe serait entraînée dans le chaos. Mais si à travers nous s’exprime le plus formidable élan citoyen pour une Europe sociale jamais vu, nous pouvons faire reculer cette crise!

Soyons clair: au-delà des débats et du jargon des experts, il n’y a que deux choses à retenir: 1) ce sont les Grecs les plus vulnérables qui ont subi de plein fouet les terribles coupes budgétaires: 4 enfants sur 10 vivent dans la pauvreté, la mortalité infantile a augmenté de 43% et le chômage des jeunes atteint presque 50%! Et 2) tout cela en vain: la dette s’est aggravée au lieu de se résorber. Appliquer de nouveau le même traitement signifierait simplement davantage de dette et de souffrances.

Cela n’empêche pas la Chancelière Angela Merkel et les créanciers de continuer à s’arc-bouter sur cette politique irresponsable et punitive, tout en prétendant que c’est ce que leur opinion publique désire.

Cette semaine, le Premier ministre Alexis Tsipras s’en est courageusement remis à la démocratie, en appelant son pays à voter “Non” lors d’un référendum. 70% des membres d’Avaaz en Grèce ont déjà annoncé qu’ils s’exprimeraient en faveur du non. Si aujourd’hui, nous sommes assez nombreux à nous tenir à leurs côtés, nous pouvons montrer à nos dirigeants que l’opinion publique exige la fin de l’austérité et une réorientation vers des politiques de réduction de la dette. Rejoignez-nous maintenant. Lorsque nous serons assez nombreux à avoir signé, Avaaz diffusera cet appel partout dans les médias.