Compte à rebours

 

 

MERCREDI 9 FEVRIER 2022

Aujourd’hui, mes pensées s’envolent, et je prends soudainement conscience du temps écoulé, de l’abondance des messages reçus, de leur richesse, de leur profondeur, de la volonté inébranlable des anges, déterminés à nous montrer le chemin, à nous faire comprendre notre devoir d’amour.
Je songe aux moments de bonheur si précieux, à l’étonnement, à la joie indicible des premiers frémissements de ce monde invisible, dont mes amis du ciel m’avaient entrouvert l’horizon.
Le voile transparent de l’azur s’était soulevé, léger et flamboyant, étincelant de blancheur et de lumière. Je voyais des lueurs étranges, je percevais des mouvements autour de moi, si ténus, si fragiles, aussitôt cessés, puis ranimés et disparus. Une sensation de saisir un espace nouveau, d’y tremper quelques instants, sans y appartenir vraiment, tout en ayant le sentiment d’un évènement mystérieux, incompréhensible à l’esprit humain, et cependant tangible et exprimé.
Ce qui subsiste, dans mon cœur, de cette époque, c’est le souvenir d’une immense compréhension, d’une immersion dans une force étrange et bienfaisante, envahissante d’amour et de compassion .

Les premiers jours, les feuillets se déplaçaient imperceptiblement sur mon bureau, et dès que je tournais la tête, je ne les retrouvais plus au même endroit ! Il y avait aussi, se reflétant dans les miroirs, de petites flammes brillantes, dansant et vacillant, tel un feu de joie ! Tout cela, je l’ai déjà raconté dans le Livre des anges, mais je me prends à vouloir l’analyser, à présent, car à l’époque, l’émotion me submergeait, et j’avais très peur que cela ne prenne fin ! Et puis Nal était là, superbe dans son médaillon, majestueuse et tendre, attentive à mes moindres gestes, à mes moindres pensées. Je l’aimais et je guettais le signe le plus infime, sur son visage. Nal, mon ange gardien, ma protectrice, ma compagne fidèle, mon double et ma
confidente !
J’ai beaucoup pleuré, en ce temps- là, car les larmes apaisent et font le vide. Je ne sentais plus vraiment mon corps. Curieusement, tout se concentrait dans ma tête, dans mon esprit, et je pleurais. Je pleurais d’une joie indicible, la joie créée par ce lien unique, ce lien de toute éternité, et qui est la reconnaissance de Dieu. Le retour dans la famille du ciel, une confiance, un calme, une certitude, une euphorie, à laquelle rien sur terre ne peut être comparé. J’étais enveloppée d’une sorte de chaleur lumineuse et douce, et je me demande toujours, comment j’ai pu passer aussi rapidement , de cet état
d’extase, au comportement ordinaire d’une vie quotidienne, qui ne laissait rien paraître de ce que je vivais secrètement !

Désormais, tout est un peu flou dans ma mémoire. Ces merveilleux émois avec les anges, ces étonnants pouvoirs qu’ils m’avaient donné et qui me permettaient de faire se mouvoir de petits objets, ou bien de parler avec les plantes, tout cela fut englouti dans la calligraphie angélique, qui, après quelques balbutiements, était devenue savante , obscure et magnifique .
Et la communication a changé au fil des années. Après les mots, si complexes à déchiffrer, et que j’avais omis de traduire, aussitôt le dialogue terminé, l’écriture est apparue plus proche de la nôtre, plus rapide, et les
messages directement dictés dans mon esprit, en vue d’une compréhension plus sûre et immédiate. Car le temps presse, disaient les anges, et le changement de vibration de la terre, déjà initié, ainsi que sa purification.
Ce phénomène , cette magie du crayon qui se déplace tout seul sur le papier, comment l’assimiler ? Comment l’intégrer mentalement ?
Dans mon âme et dans mon cœur, il n’existe aucun doute, et mon obéissance à la parole de Dieu, n’a d’égale que la solidité et l’immensité de ma foi .
Mais c’est bien là que réside le mystère ! Je me suis posée tant de questions ! Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Suis-je victime d’hallucinations, au bord de la folie ? Confusément, je savais que ce n’était pas le cas, j’avais compris, dès le commencement, qu’il s’agissait d’une intervention divine. Cette certitude, les anges l’ont ancrée sans tarder dans mon esprit, et je n’ai pas eu grand mal à la ressentir, car elle s’accompagnait d’un sentiment de paix, de protection et d’amour. J’ai réalisé tout à coup, que cette impression d’inachevé qui s’inscrivait dans ma vie depuis si longtemps, avait enfin trouvé son accomplissement sa raison d’être, son chemin .
Et pourtant ! Je n’étais pas vraiment prédestinée à vivre pareille aventure ! Bien qu’étant d’un naturel mystique, tourné vers l’amour de la nature, et la recherche d’un sens à notre existence, je n’ai jamais été une fervente de la pratique religieuse, et je n’ai souvent prié que dans des église vides, plus propices à la méditation.
Aujourd’hui, lorsque je sens défiler sous mes doigts, les mots tracés de la main même de l’ange, ces mots bénis qui laissent leur empreinte sur le papier, une empreinte visible de tous, afin que tous y reconnaissent le signe de Dieu et sa sainte parole, je remercie le Seigneur et les anges, de m’avoir confié la grâce insigne d’être leur serviteur. La rencontre avec mes amis du ciel se déroule toujours de la même manière. La plupart du temps, l’ange dessine le portrait d’un nouvel ami nomade, dont la mission est à chaque fois différente, puis, après me l’avoir présenté, nous engageons une conversation au cours de laquelle, il m’autorise à aborder tous les sujets, celui de notre devenir et comment nous comporter, afin de grandir spirituellement dans l’amour et participer ainsi au changement de vibration de la terre, jusqu’à notre évolution vers l’homme nouveau.
Le dialogue avec mes amis angéliques se fait beaucoup plus vite qu’autrefois. Le temps presse ! Les réponses s’inscrivent sur la feuille, et dans l’instant, je ne saisis pas toujours ce que l’ange me confie. Aussi, au moment de la lecture, je suis toujours surprise et émerveillée par les paroles célestes, empreintes de compassion et de tendresse à notre égard, et Dieu m’est témoin que je serais bien incapable d’écrire moi-même, les impressionnantes et savantes diatribes, si difficiles à interpréter. Pour ceux qui en douteraient encore n’est-ce-pas la preuve que je suis totalement étrangère aux messages qui me sont délivrés ?
Je vois les écrits de l’extérieur, et je ne les découvre qu’après les avoir traduits. Et là, c’est l’admiration, l’exaltation de l’analyse, la recherche du mot juste, de sa signification, comme dans un rébus.
Si je ne comprends pas le texte, souvent hermétique, j’essaie de deviner le sens de la phrase, et j’en demande confirmation à l’ange qui guide ma main.
La communication se déroule de deux manières simultanées. D’une part, l’écriture tracée par l’ange, et d’autre part, les mots soufflés dans mon esprit, que je perçois intuitivement, mais que je n’entends pas, ni ne vois.
En fait, mon seul moment de lucidité, c’est lorsque je pose les questions .A la fin de l’entretien, je n’ai alors qu’une hâte, découvrir les réponses de mon mentor, avec la hantise de faire des erreurs dans la transcription, ce qui pourrait modifier tout le sens du message. Par bonheur, je suis très surveillée et assistée sans relâche dans mon travail, non sans remarques moqueuses et pleines d’humour !
Il est vrai que dans les toutes premières années de nos échanges, mes Nomades étaient gais et joyeux et leur discours, léger et spontané, emplis de rires et d’insouciance !
Hélas , tout se transforme ! Tout s’accélère ! L’aventure humaine a pris une autre tournure. Le destin des hommes se précipite, entraînant avec lui une disharmonie, une angoisse, un mal de vivre, que seule pourrait assouvir une soif de spiritualité.