Auroville : la ville dont la Terre a besoin

 

Le Matrimandir – le Temple de la Mère- considéré comme l’âme du lieu

C’est aujourd’hui  le 50ième anniversaire de l’inauguration d’Auroville , le 28 février 1968,   par Mirra Alfassa, compagne de Sri Aurobindo au cours de laquelle elle lut la charte d’Auroville. Son discours  commençait ainsi :

 » Auroville n’appartient à personne en particulier, Auroville appartient à toute l’humanité dans son ensemble. Mais pour séjourner à Auroville il faut être serviteur volontaire de la Conscience divine. « …

Aujourd’hui, 50 ans après, Auroville compte environ 1800 personnes et fait vivre 4000 employés des environs.

Auroville est un laboratoire humain soutenu par l’Unesco et le gouvernement indien. Les Auroviliens sont issus d’une trentaine de nationalités ( dont plus de 1000 indiens et environ 350 français  en 2014- source),  et répartis en 35 unités de travail.

Après la mort de Mirra Alfassa en 1973, la question principale à Auroville est de savoir quelle structure va gérer la ville : l’ashram de Sri Aurobindo  qui, dans les faits, contrôle Auroville, ou bien la Sri Aurobindo Society, qui en possède le contrôle juridique ? En 1981, des habitants d’Auroville parviennent finalement à convaincre le gouvernement indien de retirer le contrôle juridique à la Sri Aurobindo Society et de le remettre au gouvernement par le biais d’une structure juridique adaptée. À partir de cette date, un représentant du gouvernement commence à résider à Auroville. La charte d’Auroville, et en particulier son article numéro 1, est donnée en référence de cette volonté d’indépendance par rapport à l’ashram.

En 1988, le parlement indien vote une loi accordant à ce grand village de 20 km2 un statut unique dans le pays. Son administration est désormais entre les mains d’un conseil de sept membres provenant du gouvernement de l’État, de la société Sri Aurobindo et de la communauté aurovillienne elle-même. Depuis, les habitants étrangers bénéficient d’un statut préférentiel pour leur visa (un an renouvelable contre six mois pour les touristes).

 

 

 

Ce documentaire récent de près d’une heure fait une présentation équilibrée d’ Auroville  aujourd’hui. Il regroupe des témoignages positifs et montre les réalisations effectuées dans un esprit de « free education » .

Mais il y a aussi le regard déçu d’un aurovillien qui est arrivé là il y a 8ans fort d’un grand idéal mis au service de la communauté les premières années et qui voit dans Auroville une communauté humaine « pas pire qu’ailleurs ». Il y voit plusieurs groupes sociologiques : l’un  de retraités, arrivés là pour chercher un ailleurs, l’autre, de vacanciers et un troisième qui « fait du business  » autour de plus de 100 entreprises et qui  fait vivre Auroville.

Un autre témoignage dit qu’Auroville a beaucoup changé depuis sa création, qu’il est devenu plus « capitaliste » mais estime qu’il faut sans doute en passer par là pour poursuivre cette expérience.

Il y a sans doute autant d’Auroville que d’Aurovilliens  et Auroville avec ses paradoxes, ses contradictions, ses forces et ses faiblesses n’est pas parvenu à réaliser le rêve de la Mère. Chacun se débat entre idéal et réalité. Mais l’effort collectif ne semble pas vain et l’expérience permet sans doute de s’approcher de cet idéal.

 

 

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