« La machine : cela me rend-t-il plus humain ou moins humain » ?

Kevin Boucaud-Victoire – 26 avril 2018

 

Cet article reprend pour l’essentiel  la présentation  faite sur le site Le Comptoir (sauf parties en italique et entre-parenthèses)

Après « La guerre des gauches » (Cerf), Kévin Boucaud-Victoire, rédacteur au Comptoir, sort son deuxième ouvrage : « George Orwell : écrivain des gens ordinaires ». Il y explique la pensée de l’écrivain britannique, socialiste démocratique et antitotalitaire. Le Comptoir reproduit des extraits de son livre qui est sorti en librairie le 12 avril 2018. Dans ce texte, il explique la critique socialiste du Progrès d’Orwell.

 

George Orwell, nom de plume d’Eric Arthur Blair, né le  à Motihari (Inde) pendant la période du Raj britannique et mort le  à Londres, est un écrivain, essayiste et journaliste britannique.

Son œuvre porte la marque de ses engagements, qui trouvent eux-mêmes pour une large part leur source dans l’expérience personnelle de l’auteur : contre l’impérialisme britannique, après son engagement de jeunesse comme représentant des forces de l’ordre colonial en Birmanie ; pour la justice sociale et le socialisme démocratique, après avoir observé et partagé les conditions d’existence des classes laborieuses à Londres et à Paris ; contre les totalitarismes nazi et soviétique, après sa participation à la guerre d’Espagne. Parfois qualifié d’« anarchiste conservateur », il est souvent comparé à la philosophe Simone Weil, en raison de ses prises de positions originales pour un socialiste.

Né au XVIIIe siècle dans le sillage de la pensée des Lumières et théorisée par le philosophe -(et mathématicien)-  révolutionnaire Nicolas de Condorcet, le mythe du Progrès est partagé par l’essentiel de la gauche, marxisme compris. Le Progrès consacre la croyance dans le perfectionnement global et linéaire de l’humanité.

L’augmentation du savoir, notamment scientifique, doit entraîner avec elle le progrès technique   (Ce progrès va se développer avec l’école républicaine dont Condorcet est le théoricien le plus complet – cf là « cinq mémoires sur l’instruction publique »). Jugé bénéfique pour l’homme, qui n’aura plus à accomplir les tâches les plus fatigantes grâce aux machines, celui-ci doit permettre un accroissement des richesses –rebaptisé “croissance économique” – ainsi qu’une amélioration morale et sociale. Les sociétés s’approcheraient ainsi du meilleur des mondes possible, à la fois prospère et composé d’individus bons et libres. Certes, la pensée marxiste est légèrement plus complexe que celle de Condorcet, car elle est dialectique – le Progrès est rendu possible par l’opposition entre les classes sociales –, mais elle reste prisonnière de ce mythe.

Ainsi, si Marx loue le courage des luddites, ces ouvriers anglais qui cassaient les machines, considérant qu’elles étaient la source de leur exploitation et de leur aliénation, il estimait qu’ils se trompaient de combat. Le marxisme a une foi aveugle dans le Progrès. ( Le néo-luddisme est un mouvement moderne d’opposition à tout ou partie du progrès technique. cf l’article de Bill Joy co-fondateur de Sun Microsystem publié en 2000 : pourquoi on n’a pas besoin de nous » – cf la traduction par Michel Roudot  » Pourquoi l’avenir n’a pas besoin de nous »   . Theodore (dit TedKaczynski, surnommé « Unabomber ». s’est battu, selon lui, contre les dangers inhérents à la direction prise par le progrès dans une société industrielle et une civilisation technologique, une société qui s’éloigne de l’humanité et de la liberté humaine pour la majorité sinon pour la totalité de la population – attentats de 1978 à 1994.)

George Orwell perçoit l’affaire tout autrement que l’ont fait les marxistes. Comme le relève Stéphane Leménorel« Orwell n’entend pas seulement comprendre l’emprise technologique sur nos existences, mais aussi ce machinisme dont les ravages sont à la fois plus sournois et radicaux. »

Anti-théoricien, l’écrivain anglais n’est pas victime des illusions de ses camarades intellectuels. Il voit le machinisme tel qu’il est, ou plutôt tel qu’il est ressenti par les classes subalternes. Il fait remarquer que « les gens se rendent confusément compte que le “progrès” est un leurre[iv] ». Car « l’époque de la mécanisation triomphante, nous permet d’éprouver réellement la pente naturelle de la machine, qui consiste à rendre impossible toute vie humaine authentique »« La machine est l’ennemie de la vie ».

L’écrivain déplore d’ailleurs « qu’aujourd’hui les mots de “progrès” et de “socialisme” so[ie]nt liés de manière indissoluble dans l’esprit de la plupart des gens ». La faute en incombe au socialisme qui « n’a à la bouche que les mots de mécanisation, rationalisation, modernisation – ou du moins croit de son devoir de s’en faire le fervent apôtre. 

Nous retrouvons la problématique développée par Bernanos dans La France contre les robots en 1947. Pour les Français, « le danger n’est pas dans les machines », mais « dans le nombre sans cesse croissant d’hommes habitués, dès leur enfance à ne désirer que ce que les machines peuvent donner. »

De même, pour Orwell, le problème est qu’en se livrant aux machines, l’humain perd son humanité. Pour lui, il n’est pas si évident que « le progrès mécanique tend[e] à rendre la vie sûre et douce » comme il est communément admis, car « toute nouvelle invention mécanique peut produire des effets opposés à ceux qu’on en attendait. »

il craint que « la finalité ultime du progrès mécanique [soit] […] d’aboutir à un monde entièrement automatisé – c’est-à-dire, peut-être, un monde peuplé d’automates » et « de réduire l’être humain à quelque chose qui tiendrait du cerveau enfermé dans un bocal. »…(Nous y sommes !)

Enfin, le Progrès enferme l’homme dans un monde totalement artificiel qui le prive de ses plaisirs les plus simples et les plus essentiels, comme celui de contempler la nature. Or, se demande Orwell, « si un homme ne peut prendre plaisir au retour du printemps, pourquoi devrait-il être heureux dans une Utopie qui circonscrit le travail ?  »« Car l’homme ne reste humain qu’en ménageant dans sa vie une large place à la simplicité.

C’est cette pensée qui guide Orwell vers son désir d’« une vie simple et plus dure », proche de la nature, faite de tâches agricoles et de jardinage, « au lieu d’une vie plus molle et plus compliquée », comme celle qui caractérise la société industrielle. Il a cependant conscience qu’il est impossible de retourner en arrière, vers une vie sans machine, car « à l’image de la drogue, la machine est utile, dangereuse et créatrice d’habitudes. »Enfin, s’il a pu écrire dans 1984 que « le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance », Orwell n’est pas technophobe ou réactionnaire pour autant. Mais avant d’accepter une innovation, il faudrait selon lui se demander « cela me rend-il plus humain ou moins humain ?

quatre spécialistes de l’oeuvre d’Orwell par Kevin Boucaud-Victoire dans Marianne -12 juillet 2020 

  • Jean-Claude Michéa professeur de philosophie à la retraite auteur de  Orwell, anarchiste tory (1995) et Orwell éducateur (2003)

“Le délire idéologique de la gauche moderne” en dit long sur l’actualité d’Orwell

  • Stéphane Leménorel, poète et ancien professeur de philosophie, auteur de George Orwell ou la vie ordinaire (Le Passager clandestin, « Les précurseurs de la décroissance », 2017)

la destruction de la langue et du sens :  Les repères ont cédé la place aux paillettes, la raison s’est effacée dans le slogan, les valeurs ont été asphyxiées par les mots d’ordre. Le sens du vrai, la dignité, la décence ordinaire, chère à Orwell, se retrouvent enterrés sous les ruines du spectacle.

  • Jean-Jacques Rosat, professeur de philosophie, éditeur et auteur de Chroniques orwelliennes Collège de France, 2013)

« l’anéantissement de la vie commune » : Les bases de la société décrite dans 1984 ne sont pas à chercher en premier lieu dans l’économie, la sociologie ou l’idéologie, mais dans la politique et dans la volonté de pouvoir. À quoi rêvent ses dirigeants – les « oligarques », comme Orwell les appelle ? Au pouvoir pour le pouvoir. Au pouvoir absolu. « Dieu, c’est le pouvoir. » Le pouvoir sur les choses et sur les corps, sans doute. Mais, surtout et par-dessus tout, le « pouvoir sur l’esprit ». Pour y parvenir, tous les moyens sont bons : substitution aux événements passés de faits alternatifs, négation des lois de la nature, liquidation de la logique et du principe de non-contradiction, rejet de la démarche empirique, destruction de la vérité objective et de tout espace des raisons

Emmanuel Roux, docteur en philosophie et auteur notamment de George Orwell : la politique de l’écrivain (Michalon, « Le bien commun », 2015).

Orwell me semble majeur pour de nombreuses raisons. Il a notamment inventé l’écriture politique comme forme authentique d’engagement contre les postures des « intellectuels ». Mais si je devais souligner deux raisons majeures, ce serait d’une part son « socialisme démocratique », qu’on peut sans problème renommer « populisme civique » : une pensée politique qui privilégie les médiations institutionnelles pour que le plus grand nombre pèse vraiment sur les décisions majeures de la vie civile, qui donne sa place au conflit dans la mesure où celui-ci est régulé et civilisé par des valeurs communes, qui manifeste à l’égard de toute forme d’altérité une générosité et une tolérance de principe, qui est fondamentalement non violent, qui pense ensemble la liberté et l’égalité sans les sacrifier l’une à l’autre, qui refuse par principe toute avancée scientifique destructrice du cadre naturel, qui se méfie du pouvoir jusque dans sa volonté de ne pas l’instrumentaliser.

Pour aller plus loin : Regards vers l’Absolu, regards vers la vie, pour sortir de la théologie et idéologie humaniste

 

 

 

 

Propositions pour un « Retour sur Terre « 

Date de parution: 17/06/2020
La Croix , Elodie Maurot 23 juin 2020
Un collectif d’ intellectuels trace les axes d’une réorientation fondamentale de la politique et de nos modes de vie pour éviter la catastrophe :

« Il est bien tard pour passer à l’action. Mais supposons qu’il nous reste dix années pour enfin affronter le monde tel qu’il est devenu, à savoir de moins en moins favorable à nos existences, et à celles des autres êtres vivants.

Dix ans pour un virage politique très serré. Dix ans pour nous débarrasser de nos lubies productivistes et consuméristes.

Dix ans pour apprendre à régénérer une nature en voie de destruction accélérée.

Dix ans pour resserrer nos inégalités, tout en redonnant sens à nos existences.

Dix ans, enfin, pour commencer à bâtir une civilisation nouvelle. Si c’était possible, voici ce que nous aurions à proposer. »

Sept chercheurs proposent de refonder notre société autour d’une série de mesures économiques et institutionnelles fondées sur des travaux au long cours et une vision étayée de l’avenir. Ils posent dans cet ouvrage les bases d’un programme politique ambitieux pour une nouvelle ère.

Dominique Bourg , philosophe franco-suisse, professeur honoraire à l’Université de Lausanne

Gauthier Chapelle, Ingénieur agronome et docteur en biologie, Gauthier Chapelle a inspiré et co-fondé en 2006 l’asbl Biomimicry-Europa en vue de promouvoir le biomimétisme en Europ (biomimétisme : Innover en s’inspirant du vivant, pour concevoir des biens, des services et des organisations humaines compatibles avec la biosphère)

Johann Chapoutot, historien spécialiste d’histoire contemporaine, du nazisme et de l’Allemagne.

Philippe Desbrosses, docteur en science de l’environnement, agriculteur et écrivain français

Xavier Ricard Lanata, ethnologue, philosophe et écrivain

Pablo Servigne, ingénieur agronome et docteur en sciences Université libre de Bruxelles

Sophie Swaton, maître de conférence et de recherche, Institut de géographie et durabilité Université de lausanne 

Alors que des citoyens toujours plus nombreux se demandent « que faire ? », le manifeste Retour sur Terre propose de « changer ni plus ni moins de civilisation ». Le programme se donne l’objectif d’un développement économique compatible avec les ressources du système terre et de « parvenir à terme à une empreinte écologique inférieure à 1 planète (objectif partiel de 1,5 d’ici à 10 ans) » pour assurer la régénérescence des écosystèmes.

Concrètement, sur le plan économique, cela signifie « produire moins de biens (sobriété), et mieux (efficacité) ». Sur le plan politique, ce programme implique de « resserrer les écarts de revenus », de « refonder la représentation, enrichir les procédures démocratiques, protéger les biens publics et les biens communs ». « Aujourd’hui, il s’agit de nous entendre sur la nécessaire décrue de la production et sur son partage, c’est‑à‑dire sur le nécessaire resserrement des écarts de richesses », plaide le collectif.

Des propositions concrètes mises sur la table

L’intérêt de ce livre réside dans la synthèse qu’il offre à la discussion et dans le caractère concret des propositions mises sur la table. Sur le plan économique, il propose la « relocalisation maximale de l’activité par un protectionnisme coordonné et coopératif au niveau international » (mesure 2). Il souhaite la mise en place de quotas individuels de consommation d’énergie/matière, par référendum (mesure 4). Il propose de se doter de toute une gamme d’incitation aux bonnes pratiques écologiques : modulation du taux d’imposition en fonction du bilan énergie/matière des consommations (mesure 11), fiscalité foncière permettant de favoriser le rapprochement des zones de résidence et des espaces agricoles (mesure 15)…

Sur le plan du développement économique, les signataires suggèrent de créer un « revenu de transition écologique », destiné aux personnes souhaitant se lancer dans des activités à fort impact écologique et social (par exemple en agroécologie, permaculture, artisanat, low‑techs…) « dont la rémunération par le marché est souvent bien inférieure à leur valeur réelle ».

Dans le domaine de l’agriculture, ils proposent d’aller vers une « agroécologie décarbonée », sans énergies fossiles, impliquant « d’abandonner presque entièrement la motorisation à énergie fossile », ce qui implique un important transfert de main-d’œuvre vers le secteur agricole.

Un État garant du respect des limites planétaires

Le manifeste repose sur une philosophie politique, où l’émancipation sociale et la lutte contre les inégalités sont centrales. Le projet est d’évoluer d’un « État providence » à un « État résilience » dont la mission serait d’assurer la sécurité à long terme des citoyens. « Il s’agit de faire de la « sécurité » un horizon de civilisation, dans un monde instable et menacé par le réchauffement climatique et des bouleversements écologiques sans précédents »

Pour cela, le manifeste propose une réforme constitutionnelle introduisant dans le premier article de la Constitution que « L’État est garant du respect de l’empreinte écologique et des limites planétaires » (mesure 19). Il suggère aussi d’acter « uprincipe de non‑régression en matière de droit de l’environnement », d’étendre le statut de sujet de droits (sous une forme non plénière) aux écosystèmes ou à des éléments de ceux‑ci (fleuves, glaciers…) et la création d’une Chambre du futur « permettant de représenter le temps long » (mesure 20).

Si l’ouvrage présente une vision d’ensemble cohérente, certaines lacunes ne manqueront pas d’être relevées par ses adversaires. La politique industrielle et de services est à peine esquissée. L’échelon européen paraît sous investi. L’hostilité du contexte économique international semble peu prise en compte au regard des contraintes qu’il fait peser sur la politique française.
« L’idéal que nous proposons se veut un horizon, un point de mire disponible à la mise en mouvement de la société », concluent-ils. Avec la conviction que la pandémie a déjà fait bouger les esprits.

La conclusion des Mémoires d’outre-tombe

 

résumé et analyse de l’oeuvre 

lire l’oeuvre 

Chateaubriand et la conclusion de notre histoire –Dedefensa.org

Les Mémoires d’outre-tombe sont la principale œuvre de François-René de Chateaubriand, dont la rédaction commence en 1809, sous le titre Mémoires de ma vie, et s’achève en 1841. L’édition originale des Mémoires d’outre-tombe, titre final du projet, est publiée en douze volumes entre 1849 et 1850.

S’ils comportent des traits qui les rapprochent du genre littéraire des mémoires (au sens classique du terme, comme les Mémoires de Saint-Simon de Saint-Simon), les Mémoires d’outre-tombe s’inspirent également des Confessions de Rousseau, au sens où Chateaubriand traite — outre les événements politiques et historiques auxquels il assiste — de détails de sa vie privée et de ses aspirations personnelles. L’auteur traite donc des événements historiques majeurs dont il fut témoin (Révolution, République, Empire, Restauration, Monarchie de Juillet) mais en même temps nous dévoile son moi intérieur, dans une confidence aussi proche qu’intime à son lecteur.

C’est également dans cet ouvrage qu’on trouve quelques-uns des meilleurs exemples français de prose poétique, genre dans lequel Chateaubriand excellait.

Un des plus importants textes du monde moderne, le premier qui nous annonce comment tout va être dévoré : civilisation occidentale et autres, peuples, sexes, cultures, religions aussi. C’est la conclusion des Mémoires d’outre-tombe. On commence avec l’unification technique du monde :

« La société, d’un autre côté, n’est pas moins menacée par l’expansion de l’intelligence qu’elle ne l’est par le développement de la nature brute. Supposez les bras condamnés au repos en raison de la multiplicité et de la variété des machines, admettez qu’un mercenaire unique et général, la matière, remplace les mercenaires de la glèbe et de la domesticité : que ferez−vous du genre humain désoccupé ? Que ferez−vous des passions oisives en même temps que l’intelligence ? La vigueur du corps s’entretient par l’occupation physique ; le labeur cessant, la force disparaît ; nous deviendrions semblables à ces nations de l’Asie, proie du premier envahisseur, et qui ne se peuvent défendre contre une main qui porte le fer. Ainsi la liberté ne se conserve que par le travail, parce que le travail produit la force : retirez la malédiction prononcée contre les fils d’Adam, et ils périront dans la servitude : In sudore vultus tui, vesceris pane. »

« La malédiction divine entre donc dans le mystère de notre sort ; l’homme est moins l’esclave de ses sueurs que de ses pensées : voilà comme, après avoir fait le tour de la société, après avoir passé par les diverses civilisations, après avoir supposé des perfectionnements inconnus on se retrouve au point de départ en présence des vérités de l’Ecriture. »

Le basculement immoral de l’homme moderne, grosse bête anesthésiée, ou aux indignations sélectives, qui aime tout justifier et expliquer :

« Au milieu de cela, remarquez une contradiction phénoménale : l’état matériel s’améliore, le progrès intellectuel s’accroît, et les nations au lieu de profiter s’amoindrissent : d’où vient cette contradiction ?

C’est que nous avons perdu dans l’ordre moral. En tout temps il y a eu des crimes ; mais ils n’étaient point commis de sang−froid, comme ils le sont de nos jours, en raison de la perte du sentiment religieux. A cette heure ils ne révoltent plus, ils paraissent une conséquence de la marche du temps ; si on les jugeait autrefois d’une manière différente, c’est qu’on n’était pas encore, ainsi qu’on l’ose affirmer, assez avancé dans la connaissance de l’homme ; on les analyse actuellement ; on les éprouve au creuset, afin de voir ce qu’on peut en tirer d’utile, comme la chimie trouve des ingrédients dans les voiries. »

La corruption va devenir institutionnalisée :

« Les corruptions de l’esprit, bien autrement destructives que celles des sens, sont acceptées comme des résultats nécessaires ; elles n’appartiennent plus à quelques individus pervers, elles sont tombées dans le domaine public. »

On refuse une âme, on adore le néant et l’hébétement

« Tels hommes seraient humiliés qu’on leur prouvât qu’ils ont une âme, qu’au-delà de cette vie ils trouveront une autre vie ; ils croiraient manquer de fermeté et de force et de génie, s’ils ne s’élevaient au-dessus de la pusillanimité de nos pères ; ils adoptent le néant ou, si vous le voulez, le doute, comme un fait désagréable peut−être, mais comme une vérité qu’on ne saurait nier. Admirez l’hébétement de notre orgueil ! »

L’individu triomphera et la société périra :

« Voilà comment s’expliquent le dépérissement de la société et l’accroissement de l’individu. Si le sens moral se développait en raison du développement de l’intelligence, il y aurait contrepoids et l’humanité grandirait sans danger, mais il arrive tout le contraire : la perception du bien et du mal s’obscurcit à mesure que l’intelligence s’éclaire ; la conscience se rétrécit à mesure que les idées s’élargissent. Oui, la société périra : la liberté, qui pouvait sauver le monde, ne marchera pas, faute de s’appuyer à la religion ; l’ordre, qui pouvait maintenir la régularité, ne s’établira pas solidement, parce que l’anarchie des idées le combat… »

Une belle intuition est celle-ci, qui concerne…la mondialisation, qui se fera au prix entre autres de la famille :

« La folie du moment est d’arriver à l’unité des peuples et de ne faire qu’un seul homme de l’espèce entière, soit ; mais en acquérant des facultés générales, toute une série de sentiments privés ne périra−t−elle pas ? Adieu les douceurs du foyer ; adieu les charmes de la famille ; parmi tous ces êtres blancs, jaunes, noirs, réputés vos compatriotes, vous ne pourriez-vous jeter au cou d’un frère. »

Puis Chateaubriand décrit notre société nulle, flat (cf. Thomas Friedman), plate et creuse et surtout ubiquitaire :

« Quelle serait une société universelle qui n’aurait point de pays particulier, qui ne serait ni française, ni anglaise, ni allemande, ni espagnole, ni portugaise, ni italienne ? ni russe, ni tartare, ni turque, ni persane, ni indienne, ni chinoise, ni américaine, ou plutôt qui serait à la fois toutes ces sociétés ? Qu’en résulterait−il pour ses mœurs, ses sciences, ses arts, sa poésie ? Comment s’exprimeraient des passions ressenties à la fois à la manière des différents peuples dans les différents climats ? Comment entrerait dans le langage cette confusion de besoins et d’images produits des divers soleils qui auraient éclairé une jeunesse, une virilité et une vieillesse communes ? Et quel serait ce langage ? De la fusion des sociétés résultera−t−il un idiome universel, ou bien y aura−t−il un dialecte de transaction servant à l’usage journalier, tandis que chaque nation parlerait sa propre langue, ou bien les langues diverses seraient−elles entendues de tous ? Sous quelle règle semblable, sous quelle loi unique existerait cette société ? »

Et de conclure sur cette prison planétaire :

« Comment trouver place sur une terre agrandie par la puissance d’ubiquité, et rétrécie par les petites proportions d’un globe fouillé partout ? Il ne resterait qu’à demander à la science le moyen de changer de planète. »

Elle n’en est même  pas capable…

Zad, nature, culture et recomposition des mondes avec Alessandro Pignocchi

Ancien chercheur en sciences cognitives eten philosophie, Alessandro Pignocchi s’est lancé dans la bande dessinée avec son blog, Puntish. Son premier roman graphique, Anent. Nouvelles des Indiens Jivaros (Steinkis), publié en 2016, racontait ses découvertes et ses déconvenues dans la jungle amazonienne, sur les traces de l’anthropologue Philippe Descola.

Son Petit traité d’écologie sauvage (Steinkis), publié en 2017, décrit un monde où l’animisme des Indiens d’Amazonie est devenu la pensée dominante. Cette réflexion est encore poursuivie en 2018 dans La Cosmologie du futur (Steinkis), dans lequel l’auteur se débarrasse du concept moderne de « nature ».

Avec ce nouvel album, la recomposition des mondes, qui constitue le premier roman graphique publié dans la collection « Anthropocène » du Seuil, éditeur de sciences humaines, Pignocchi s’attache à des problématiques similaires, mais appliquées à un cas concret et un peu moins lointain que l’Amazonie, puisqu’il part étudier et vivre ces problématiques sur le terrain de la ZAD de Notre-Dames-des-Landes.

partie d’une interview par Nicolas Cazaux sur partage le.com

Avant d’y aller (sur la ZAD), je ne soupçonnais pas du tout la complexité de l’expérience de la ZAD – la richesse, l’intensité et l’originalité de ce que ça fait d’être sur place. Je devais penser que l’intérêt de cette lutte tenait à sa finalité – principalement l’abandon du projet d’aéroport – et que le parcours vers cet objectif était fait de souffrances et de discussions politiques pénibles. Je n’imaginais pas que la beauté d’une telle lutte tenait avant tout à la lutte elle-même, à la densité de vie qu’elle procure.

Les ZAD s’en prennent à deux piliers fondamentaux de l’Occident moderne, ceux-là même que le Green New Deal vise à maintenir en place : la Nature-objet et l’indépendance de la sphère économique. Deux fondamentaux qui s’étayent l’un l’autre et qui érigent un rapport au monde incompatible avec une sortie de la crise écologique.

La notion de Nature-objet, qui est une autre façon de parler de la distinction entre Nature et Culture, désigne le mode de relation privilégié par l’Occident moderne avec les plantes, les animaux, les écosystèmes et les non-humains en général : la relation de sujet à objet. Les seuls sujets sont les humains, et tous les non-humains sont des objets qui n’acquièrent leur valeur qu’en vertu des services qu’ils rendent aux humains. La notion de service écologique, si importante y compris dans des discours prétendument écologistes, est symptomatique de ce mode de relation.

Le point important, c’est que dans l’Occident moderne, c’est la relation de sujet à objet qui façonne le rapport au monde dominant, les normes sociales, les institutions, etc. (y compris, d’ailleurs, de plus en plus souvent entre humains, comme l’illustre la notion de « ressources humaines »).

En Amazonie et, j’y reviendrai, sur une ZAD, c’est au contraire la relation de sujet à sujet avec les non-humains qui est la plus spontanée et qui façonne le rapport au monde du groupe et ses normes sociales. Pour les Indiens d’Amazonie et d’Amérique du Nord, plantes et animaux sont réellement vus comme des personnes, dont la vie sociale est régie par des conventions analogues à celles en vigueur chez les humains.

Dans l’Occident moderne, la relation de sujet à objet se décline selon deux variantes : l’exploitation et la protection. La protection des milieux qui, telle qu’elle est pensée chez nous, reste une forme d’utilisation, où sont mis en avant soit les services écologiques, soit des fonctions de récréation, de contemplation esthétique, etc. Tant que ce mode de relation reste la relation par défaut, celle qui structure notre rapport au monde et les normes de notre société, il n’y aura pas d’issue à la crise écologique, et ce pour deux raisons principales : tout d’abord, l’oscillation entre protection et exploitation est biaisée. Ça n’est pas une oscillation mais un phénomène de cliquet, puisque lorsqu’on choisit de protéger une zone on peut toujours changer d’avis et l’exploiter, alors que l’inverse est plus complexe. Tant que l’on reste prisonnier de cette dichotomie on se dirige donc nécessairement vers des lieux protégés de plus en plus réduits, jusqu’à leur disparition totale.

Le statut d’objet attribué aux non-humains est maintenu en place par l’autre pilier fondateur de l’Occident moderne : le mythe de l’indépendance des faits économiques. Comme le décrit Karl Polanyi dans La grande transformation, au cours du 19e siècle l’utopie libérale a œuvré à détacher l’économie du reste de la vie sociale et à la positionner en surplomb par rapport à elle, à faire de l’activité économique une fin en soi. Là aussi, cette propriété cosmologique est propre à l’Occident moderne : dans les sociétés traditionnelles il n’y a pas de faits économiques. Tout échange, même médié par une forme de monnaie, est toujours plus qu’un simple échange d’objets : il renforce ou déplace les solidarités, les rivalités et s’inscrit globalement dans l’ensemble du tissu social.

L’indépendance des faits économiques en Occident relève du mythe car, bien sûr, l’économie est toute pénétrée par le politique. Mais c’est un mythe que nos classes dirigeantes ont un besoin vital de maintenir en place car il est devenu leur principal outil de légitimation. Ils ont besoin, par exemple, de pouvoir prendre les points de croissance ou le PIB comme des fins en soi, indépendamment des réalités socio-écologiques qu’ils dissimulent.

Si l’on résume le syllogisme très simple auquel on arrive, voici ce que l’on obtient :

(1) Pas d’issue à la crise écologique sans instaurer la relation de sujet à sujet avec les non-humains comme relation structurante.

(2) La sphère économique autonome et surplombante ne peut accepter que des objets.

Conclusion : une proposition écologique ne peut être sérieuse que si elle s’en prend frontalement à l’indépendance des faits économiques. Et c’est très exactement ce qui se passe sur les ZAD. On remet au premier plan des relations basées sur la solidarité, l’entraide, le non-chiffrable, on s’échange de la nourriture à prix libre et, plus généralement, on dissout la sphère économique dans la réalité de la vie sociale. Ce faisant, on libère les espaces permettant de tisser avec les non-humains et le territoire des relations de sujet à sujet, colorées de liens affectifs, empathiques et présentant toutes les nuances de ce qui n’est pas marchandisable. Personne, sur une ZAD, n’aurait l’idée de faire appel à la notion de service écologique ou de séparer les questions sociales et les questions environnementales. Le territoire et ses habitants non-humains ne sont plus ni des ressources ni des sanctuaires mais, en somme, des voisins, avec lesquels il s’agit de partager au mieux un monde commun.

La Fabrique des Questions Simples

L’objectif de la Fabrique des Questions Simples est de donner le primat aux questions sur les disciplines scientifiques, pour permettre de conduire une recherche impliquée, au service de la société. Notre ambition est de pleinement prendre acte de la mesure de la dégradation de l’environnement global et de contribuer à la recherche pour la mise en oeuvre des recommandations des Nations unies.

Pourquoi les questions simples?

L’essentiel de la recherche est focalisée sur l’avancée des connaissances à l’intérieur de champs disciplinaires. L’expression des questions est complexe et s’appuie sur un corpus de connaissances très étendu dans le cadre de méthodologies bien établies. Les questions simples à l’inverse sont focalisées sur des problèmes en rupture du point de vue des traditions disciplinaires. Leur expression ne présuppose en général pas beaucoup de connaissances. Elles sont essentiellement compréhensibles en-soi. Leur réponse relève par contre d’une grande complexité.

Il existe différents types de questions simples. Certaines ont une motivation scientifique propre. C’est le cas par exemple des efforts du mathématicien Alan Turing pour définir formellement ce qu’est un calcul, ou du physicien Erwin Schrödinger pour comprendre la vie et le fonctionnement de la cellule. D’autres questions simples prennent leur origine en dehors des sciences, dans les problèmes concrets de la société. Le projet Manhattan par exemple répond par une mobilisation massive à une question simple, comment faire la bombe atomique avant l’Allemagne nazie. Transformer les sociétés pour les adapter au dérèglement climatique est une question simple dont la réponse est d’une grande complexité.

Du point de vue disciplinaire, les questions simples sont souvent mal posées, car aucune méthodologie ne permet de savoir comment les appréhender. Leur portée par contre est très ambitieuse. Pour autant, bien que leur motivation puisse être extrêmement concrète, les efforts pour les traiter peuvent conduire à des retombées scientifiques majeures dans différents domaines, voire à l’émergence de nouvelles disciplines.

La mission

La Fabrique des Questions Simples développe des activités en partenariat à la rencontre entre science, pratique et politique, qui associent donc étroitement les acteurs de la gouvernance, de l’activité socio-économique, et du secteur académique.

Sa mission est triple :

  • mettre la science au service de la société en participant à la construction de solutions.
  • partager les connaissances avec un plus large public, scolaire, universitaire, acteur socio-économique, administration publique, citoyen.
  • favoriser l’émergence d’une pensée politique de l’anthropocène afin de pouvoir appréhender les extraordinaires défis pour le futur, et de permettre de sortir du déni en donnant du sens à l’action sociale, économique et politique.

L’Equipe

Pour demander à l’état d’agir contre les pollutions

Le docteur Imad Boulaïch lance un cri d’alarme et adresse cette pétition au gouvernement pour attirer son attention sur les dégâts sur la santé causés par les différentes pollutions.

Notre mode de vie est en grande partie, voire totalement, responsable de la contamination de l’homme par un virus du monde animal sauvage.

 

En France, la pollution et ledit mode de vie sont responsables de plusieurs dizaines de milliers de décès annuels. Le silence des gouvernements des dernières décennies et leur inaction représentent UN CRIME.

 

Voici ci-dessous des CHIFFRES OFFICIELS des dégâts de la pollution et de notre actuel mode de vie :

18 à 20 millions de français (INSERM) présentent aujourd’hui une maladie allergique. Dans 3 à 4 générations, LA TOTALITE DE LA POPULATION FRANCAISE sera atteinte (l’incidence a augmenté de 5% les 15 dernières années)

40 à 50 000 DECES ANNUELS-chiffres volontairement sous-estimés- (Maladies cancéreuses, maladies cardio-vasculaires et respiratoires) directement causés par la pollution et notre mode vie.

-Les interruptions médicales de grossesse pour Malformations A AUGMENTE de 15% les 20 dernières années (rapport médical et scientifique de l’agence Biomédecine)

Les troubles autistiques sont passés d’une naissance/5000 les années 70 à UNE NAISSANCE/70 aujourd’hui  (Système national des données de santé (SNDS)) 

-La fertilité masculine A DIMINUE D’1/4 en 40 ans (Agence Nationale de Santé Publique).

 

Sans oublier L’IMPACT PSYCHOLOGIQUE sur les citoyens malades et leurs proches !

 

TOUS CES CHIFFRES EVOLUENT VERS LA HAUSSE !

 

La grande partie de cette situation est EVITABLE. Nous pourrions, en tant que citoyens responsables et bienveillants, les prévenir en assainissant notre environnement :

D’abord individuellement : un milliard d’animaux consommés par an en France, la réduction de ¾ de notre consommation de viande libérerait 20% des terres agricoles utilisées pour nourrir ces bêtes (ce qui ferait du bien aussi à nos artères et nos portefeuilles). Il faudrait également prioriser les transports en commun, la marche et le vélo et prendre moins la voiture quand on le peut.

Il est urgent que le GOUVERNEMENT LEGIFERE pour l’interdiction de l’obsolescence programmée et du plastique, pour une limitation drastique des pesticides, perturbateurs endocriniens, fongicides et de nombreux conservateurs nocifs… De légiférer pour un étiquetage avec labellisation précise concernant la teneur en calories, sucres et sel de tous les produits agro-alimentaires que nous ingérons…D’encourager les énergies renouvelables ainsi que la recherche dans ce sens et de trouver la relève du satané pétrole !

Il est plus que nécessaire de renforcer les moyens humains et techniques du service public de façon générale, et plus spécifiquement l’hôpital public !

Ces actions sont les SEULS GARANTS DE L’ASSAINISSEMENT DE NOTRE ENVIRONNEMENT

L’objectif de cette pétition est d’inciter notre Gouvernement à une VRAIE TRANSITION ECOLOGIQUE.

Parmi les solutions, je vous invite à consulter le site : pacte-transition.org fruit de travail d’une soixantaine d’associations françaises (des dizaines d’experts environnementaux citoyens). D’autres solutions et travaux innovants existent et ne demandent qu’à être appliqués.

L’ECOLOGIE N’EST NI DE DROITE NI DE GAUCHE, ELLE EST L’AFFAIRE DE TOUS

 

NOTRE SANTE ET CELLE DE CEUX QUE NOUS AIMONS N’A PAS DE PRIX

 

 

MERCI pour votre SIGNATURE, un monde meilleur ne peut se faire qu’ENSEMBLE

    Signez la pétition    

En lien avec l’esprit de cette pétition, j’indique que j’ai entrepris un travail de recensement des problèmes de santé, des informations liés à l’accroissement des ondes dans nos modes de vie. Cet accroissement va encore être démultiplié avec le développement de la 5G dont les premières antennes commencent à être installées.

Ce travail peut être consulté ici : Ondes-5G et 6G

Il donnera lieu ultérieurement à la production de plusieurs articles.

 

 

 

La malédiction progressiste et l’autoritarisme technocratique

 

 

A propos de l'inutilité et de l'ineptie des alternatives soi-disant vertes : http://partage-le.com/2015/03/les-illusions-vertes-ou-lart-de-se-poser-les-mauvaises-questions/

 

 

 

 

partage-le.com

Le progressisme culturel — l’idée que nous sommes destinés, en tant que civilisation, à aller de l’avant, à perfectionner et à sophistiquer toujours plus nos existences, qu’il est certain et normal que demain soit meilleur qu’hier, que nos conditions ne cessent de s’améliorer au fil du temps, et ce grâce au sacro-saint développement des sciences et des techniques —, au sein duquel les civilisés sont éduqués, s’attache à diaboliser le passé, de manière grossière, caricaturale et simplement mensongère. Le passéisme est alors un péché, moqué à l’aide des fameux « on ne va pas revenir en arrière ! »« ce que vous proposez c’est un retour à l’âge de pierre »« on ne va pas recommencer à s’habiller en peaux de bêtes et à s’éclairer à la bougie », etc.

Le bilan du progressisme et de l’autoritarisme technocratique

  • il n’y a plus que 2 véritables forêts sur Terre : l’Amazonie et le Congo

  Assèchement des lacs, des fleuves, des aquifères. Empoisonnement des eaux souterraines et des eaux de surface, surpêche, plastique, tuer les océans :  

-l’assèchement de 90% de la mer d’Aral, 4ième plus grand lac du monde , ou du lac Tchad dans le même pourcentage, par exemple.

-L’asséchement des fleuves : le fleuve Colorado n’atteint plus la mer. L’Indus, autrefois le 21ème  plus grand fleuve du monde — au débit de 200 kilomètres cube par an — n’est plus aujourd’hui qu’un « goutte à goutte qui touche à sa fin ». Le Rio Grande a perdu 80% de son débit. L’accomplissement suprême reste peut-être celui du fleuve jaune de Chine. Il s’agit du sixième fleuve le plus long du monde, avec plus de 5400 kilomètres. Un peu plus court aujourd’hui, puisque l’eau n’est plus gâchée mais utilisée ; 230 jours par an, il n’atteint plus l’océan.

l’asséchement des aquifères ( nappes ou terrains sous-terrains contenant de l’eau) : pour l’aquifère Ogallala aux Etats-Unis de 450 000 km2, les puits en certains endroits sont 90 m plus bas qu’au début du prélèvement. 21 des 37 plus grands aquifères du monde déclinent significativement, 13 d’entre eux sont au bord de l’épuisement. ( dont l’aquifère du bassin de l’Indus, au nord-ouest de l’Inde et du Pakistan qui est le deuxième sur-stress et le bassin de Murzuk-Djado en Afrique du Nord, le troisième. La vallée centrale de la Californie, très utilisée pour l’agriculture et en voie d’épuisement rapide. cf liste des aquifères)

Notre septième plus grand accomplissement concernant l’eau est l’empoisonnement des eaux souterraines  et de surface du monde. La quasi-totalité des plans et des cours d’eau du monde — des profondeurs océaniques jusqu’aux plus petits ruisselets — est contaminée par des toxines fabriquées par l’homme. En Chine, certains fleuves ont été tellement bien pollués que leur contact est toxique.

Il y a assez de plastique dans l’océan pour engendrer des plaques flottantes de la taille de grands états  –cf le septième continent-. Il y a assez de plastique pour qu’un poussin d’oiseau marin sur trois meure de faim sur certains sites de reproduction du pacifique, le ventre plein de plastique.

 Les scientifiques estiment que nous vivons aujourd’hui la sixième extinction de masse : 90% des grands poissons70% des oiseaux marins et, plus généralement, 52% des animaux sauvages, ont disparu ; depuis moins de 40 ans, le nombre d’animaux marins, dans l’ensemble, a été divisé par deux.

Les pays du monde, pris ensemble, produisent actuellement environ 50 millions de tonnes de déchets électroniques (ou e-déchets) par an, dont l’immense majorité (90%) ne sont pas recyclées.

La consommation globale d’eau douce actuelle (imaginez donc ce qu’il en sera demain !) est elle aussi d’ores et déjà largement insoutenable (c’est-à-dire que nous consommons l’eau des nappes phréatiques et des aquifères plus rapidement qu’ils ne se remplissent.

L’entité responsable de cette destruction, nous la connaissons bien, puisque la majeure partie d’entre nous, humains, y vit : il s’agit de la civilisation industrielle – l’organisation sociale dominante, aujourd’hui mondialisée.

Au niveau humain, les effets de la civilisation industrielle sont du même acabit : maladies (dont, bien évidemment, celles dites « de civilisation » : diabète, athérosclérose, asthme, allergies, obésité et cancer), dépressions, anxiétés et divers troubles psychologiques.

L’hybris

Toutes les civilisations sont infectées par une volonté de puissance délirante, l’hybris.

L’hybris, ou hubris, du grec ancien ὕϐρις / hybris, est une notion grecque qui se traduit le plus souvent par « démesure ». C’est un sentiment violent inspiré des passions, particulièrement de l’orgueil. Les Grecs lui opposaient la tempérance et la modération. Dans la Grèce antique, l’hybris était considérée comme un crime. Elle recouvrait des violations comme les voies de fait, les agressions sexuelles et le vol de propriété publique ou sacrée1. On en trouve deux exemples bien connus : les deux discours de Démosthène, Contre Midias et le Contre Conon. C’est la tentation de démesure ou de folie imprudente des hommes, tentés de rivaliser avec les dieux. Cela vaut en général de terribles punitions de la part de ces derniers.

Hybris que nous observons aujourd’hui, par exemple, dans la démence incarnée par une ville comme Dubaï, avec ses pistes de ski en intérieur, ses guépards en animaux de compagnie, ses tours plus hautes les unes que les autres qui atteignent presque le kilomètre ( Burj Khalifa: 830m)& leurs restaurants ultra-chics, ses îles artificielles, ses chambres d’hôtels sous-marines, et sa résidence hôtelière agrémentée d’une forêt tropicale intérieure.

 Tout contrôler 

 La civilisation se caractérise également par une obsession  en lien direct avec l’hubris précédemment mentionné , par une pulsion inhérente à son existence : le besoin de tout contrôler. Cette culture du contrôle, nécessaire pour son expansion, fait que tout ce qui existe doit être analysé et au besoin refaçonné, restructuré, de manière à s’imbriquer dans son modèle machinique (artificiel) de développement.

Ce qui fait, par exemple, que des propriétés aussi indissociables de la vie que la mort et la maladie sont considérées comme inadmissibles et devant être combattues. D’où la philosophie transhumaniste des individus les plus puissants de la civilisation, qui rêvent de ne plus mourir et de posséder des corps bioniques, peu importe les coûts pour les autres espèces, pour l’environnement et l’équilibre de l’écosystème Terre.

Pierre Fournier écrivait à ce propos : « on a trop dit que le robot inquiète, c’est une illusion d’intellectuel. Il inquiète l’homme qui réfléchit, il plait aux autres. Ils ont peur de tout ce qui, sans eux, simplement, existe. Tout ce qui est vivant les menace. Tout ce qui se fabrique les rassure. »

 La plupart des habitants de la civilisation mondiale actuelle ne se soucient même plus de l’absence totale de démocratie. ( toutefois le mouvement actuel des gilets jaunes pourrait être  l’expression de cette prise de conscience d’une partie de la population). Ils sont dépossédés au point de n’avoir plus qu’une votation parodique comme influence, et soumis à des propagandes médiatiques ainsi qu’à la standardisation et au conditionnement éducatifs, la plupart se résignent et acceptent docilement ce qu’ils prennent alors pour une fatalité.

Soulignons le rôle de l’industrie du divertissement (jeux-vidéo, cinéma, film, télévision, musique, roman, etc.), un des plus puissants outils (et peut-être le plus puissant) de contrôle des populations. Son mot d’ordre, qui pourrait se résumer à « divertir pour dominer », repose sur des principes séculaires de contrôle des populations au sein des empires, aussi anciens que les combats de gladiateurs.

La malédiction progressiste et l’autoritarisme technocratique

 

Comme le rappelle Jared Diamond« Les chasseurs-cueilleurs pratiquaient le mode de vie le plus abouti et le plus durable de l’histoire humaine. En revanche, nous luttons toujours avec la pagaille dans laquelle l’agriculture nous a précipités, et il n’est pas certain que nous puissions nous en sortir. » 10 000 ans de civilisation basée sur l’agriculture, puis l’agriculture industrielle et enfin sur l’agro-pétro-chimie ont continuellement dégradé la planète ainsi que la psyché humaine, et nous en sommes désormais rendus au constat introductif de ce texte.

Les soi-disant technologies « vertes » ou « renouvelables », en plus d’être, à l’instar de toutes les hautes technologies, conçues et contrôlées de manière antidémocratique, s’avèrent également destructrices.

En plus (mais surtout à cause) de tout ceci, l’individu, au sein de la civilisation industrielle, en est réduit à n’être qu’un minuscule rouage passif (car dépossédé, rendu impuissant par les institutions du système) d’une machinerie qui le dépasse largement. Il n’exerce (quasiment) aucun contrôle sur les institutions qui le dominent.

La volonté de (continuer à) bénéficier des conforts qu’apportent et que permettent l’industrialisme (et ses hautes-technologies) et la mondialisation implique pareillement ces structures sociales hautement hiérarchisées ainsi que ces pratiques destructrices de l’environnement.

Cependant, et parce que l’évocation même d’un renoncement est une hérésie au sein de la culture progressiste, il est aujourd’hui impensable pour la majorité des civilisés d’abjurer le développement technologique. Mais puisque toutes les hautes-technologies sont destructrices de l’environnement (extractivisme, transports, pollutions innombrables à tous les stades de production, etc.), et parce qu’y renoncer purement et simplement est hors de question, la culture dominante s’échine à trouver des solutions technologiques à ses problèmes technologiques. D’où la culture des alternatives (« altermondialisme »), d’où le commerce « équitable », d’où les smartphones équitables, d’où les éco-véhicules, les énergies « vertes », les bioplastiques, et ainsi de suite. Toutes ces choses, au demeurant polluantes et destructrices, peuvent effectivement l’être parfois dans une (légèrement) moindre mesure. Malheureusement, la croissance démographique et la production par définition infinie (croissance et expansion obligent !) de nouvelles technologies balaient le moindre gain. Et les choses empirent.

 

 

 

La théorie du genre prépare le transhumaniste, objectif final du capitalisme

Né en 1959, Michel Onfray est docteur en philosophie, et auteur de plus de cent livres traduits dans plus de vingt-cinq pays.

pour partie :  interview de Michel Onfray sur familleschrétiennes.fr

Je pose l’hypothèse qu’Orwell est un penseur politique à l’égal de Machiavel ou de La Boétie et que 1984 permet de penser les modalités d’une dictature postnazie ou poststalinienne, et ce dans des formes dont j’examine l’existence dans notre époque.

Quand il m’a fallu synthétiser mon travail, j’ai proposé le schéma d’une dictature d’un type nouveau. Elle suppose un certain nombre d’objectifs : détruire la liberté ; appauvrir la langue ; abolir la vérité ; supprimer l’histoire ; nier la nature ; propager la haine ; aspirer à l’Empire.

La théorie du genre est le produit d’une société dont l’objectif est de mener une guerre totale à la nature afin de faire de telle sorte que tout, absolument tout, devienne artefact, produit, objet, chose, artifice, ustensile, autrement dit : valeur marchande. C’est, à l’horizon centenaire, la possibilité d’un capitalisme intégral dans laquelle tout se produira, donc tout s’achètera et tout se vendra. La théorie du genre est l’une des premières pierres de ce pénitencier planétaire. Elle prépare le transhumain qui est l’objectif final du capitalisme – autrement dit : non pas la suppression du capital, comme le croient les néo-marxistes, mais son affirmation totale, définitive, irréversible.

En ouvrant la PMA aux couples de femmes on  l’intégre dans ce processus de dénaturation et d’artificialisation du réel. On nie la nature, on la détruit, on la méprise, on la salit, on la ravage, on l’exploite, on la pollue, puis on la remplace par du culturel. Par exemple, avec les corps : plus d’hormones, plus de glandes endocrines, plus de testostérone, mais des perturbateurs endocriniens tout de même ! Allez comprendre…  Ou bien encore des injections hormonales pour ceux qui veulent changer de sexe. Cette haine de la nature, cette guerre de destruction déclarée à la nature, est propédeutique au projet transhumaniste.

Par ailleurs, je n’ai jamais été génétiquement père mais, par le fait d’un mariage avec la femme qui est l’œil vif sous lequel j’écris désormais suivi par l’adoption de ses deux grands-enfants, je suis devenu père et grand-père de l’enfant de celle qui est devenue ma grande fille : je ne suis donc pas contre une « filiation d’intention », puisque j’en incarne et porte le projet, mais le tout dans une logique où  l’on ne prive pas l’enfant des repères auxquels il a droit. J’ai assez bataillé contre la métapsychologie de la psychanalyse freudienne pour pouvoir dire que je me retrouve dans le combat de certains psychanalystes qui s’opposent à cette disparition du père soit dans la promotion d’un double père soit dans celle d’une double mère.

Michel Onfray

 

sur Médiapart : Michel Onfray. Théorie de la dictature
    • 20 AOÛT 2019
    • PAR 
    • Dans ce nouveau livre le philosophe politique et militant athée bien connu Michel Onfray analyse ce qu’il nomme les nouvelles formes de dictature Celles-ci enferment nos sociétés dans la soumission aux intérêts industriels et commerciaux voulant étendre partout le régime de la consommation facile et excluant toute critique politique que ce soit.

En 2007, l’auteur prolixe nous a gratifiés d’une Théorie du voyage où il explorait les motivations à partir au loin. Il omettait cependant les deux conditions nécessaires à voyager : l’argent et la liberté. Sans cette dernière, impossible de partir. Or curieusement, dans son dernier livre, Théorie de la dictature, aucune entrave à la liberté de voyager n’est mentionnée. De nos jours, on va où l’on veut à condition d’avoir de l’argent. C’est que la dictature dont parle Onfray n’a plus rien à voir avec les catégories de la pensée classique (de l’Antiquité au XXème siècle). On emploie le même mot, mais on est entré dans une autre dimension.

Cette dictature n’est douce qu’en apparence, car son aboutissement logique est de substituer à l’homme actuel autre chose : une enveloppe certes humaine, peut-être modifiée avec le transhumanisme, doté de réactions encore humaines, mais à l’intérieur, y aura-t-il toujours la liberté ? L’âme ( nous traduisons : la personnalité et l’indépendance d’esprit) n’aura-t-elle pas été définitivement chassée ?…

Michel Onfray n’offre pas dans ce livre de perspectives permettant d’échapper à cette dictature. Certes en France les pouvoirs dominants n’ont pas encore totalement supprimé la réflexion et la critique. Son livre en est une preuve. Mais quel écho aura-t-il dans les grands médias qui nous imposent une actualité non dérangeante, conforme aux intérêts dominants, et qui donnent très peu de retentissement aux critiques, aussi fondées soient-elles, dès qu’elles deviennent un tant soit peu radicales.

    voir sur Polemia

 

 

 

 

Le monde qui marchait sur la tête… par Coline Serreau

 

 

Sur  le site de France Inter

Le 24 mars, Anne Audigier publie une interview de Coline Serreau, très remontée. Voici des extraits de cette interview :

La réalisatrice qui a signé l’une des plus jolies comédies françaises des années 80, Trois hommes et un couffin, qui a réalisé des films visionnaires, écolos, humanistes et généreux comme La belle verte ou La crise et une fable toujours d’actualité, Romuald et Juliette, n’avait pas très envie de parler d’elle même, mais plutôt de ce virus et de la manière dont nous l’abordons : 

« Pour se protéger des virus, il faudra avoir un environnement sain et un système immunitaire qui marche. Et c’est ça qui nous permettra de vivre non pas contre eux, mais de les supporter parce qu’ils seront toujours là. »

Des voix qui chantent pour juguler la solitude

Malgré ce sombre tableau et ce confinement, ennemi par définition de la communication, Coline Serreau trouve de quoi s’émerveiller. « C’est magnifique, s’enflamme-t-elle, les Italiens chantent aux balcons… »

« La grande culture, elle est en train de se faire en ce moment. »

Et le cinéma dans tout ça

« L’annulation du Festival de Cannes est une super bonne nouvelle. »

« Mais venez-y en jean troué et en basket, les filles. C’est votre talent, vos qualités d’artistes qu’il faut célébrer et non pas faire la course à qui sera la plus à poil, la plus pute. »

 

 

Sur le blog d’Hubert.Rousseau

des extraits d’un texte de Coline Serreau du 22 mars…

LE MONDE QUI MARCHAIT SUR LA TÊTE EST EN TRAIN DE REMETTRE SES IDÉES A L’ENDROIT

Texte poignant de Coline Serreau qui ne mâche pas ses mots…

Dimanche 22 mars. Coline Serreau**, réalisatrice de Trois hommes et un couffin, mais aussi de films visionnaires, écolos, humanistes et généreux comme La belle verte ou La crise.

LE MONDE QUI MARCHAIT SUR LA TÊTE EST EN TRAIN DE REMETTRE SES IDÉES A L’ENDROIT

Le gouvernement gère l’épidémie comme il peut… mais les postures guerrières sont souvent inefficaces en face des forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les sinon avec respect, du moins avec modestie.

Apprenons à survivre parmi eux, à s’en protéger en faisant vivre l’espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d’affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement, car nous vivons dans la grande soupe cosmique où tout le monde doit avoir sa place. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l’équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.

Dans cette crise, ce qui est stupéfiant c’est la rapidité avec laquelle l’intelligence collective et populaire se manifeste.

En quelques jours, les français ont établi des rites de remerciement massivement suivis, un des plus beaux gestes politiques que la France ait connus et qui prolonge les grèves contre la réforme des retraites et l’action des gilets jaunes en criant haut et fort qui et quoi sont importants dans nos vies.

Dans notre pays, ceux qui assurent les fonctions essentielles, celles qui font tenir debout une société sont sous-payés, méprisés. Les aides-soignantes, les infirmières et infirmiers, les médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics, le personnel des écoles, les instituteurs, les professeurs, les chercheurs, touchent des salaires de misère tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d’euros par mois pour mettre un ballon dans un filet.

Dans notre monde le mot paysan est une insulte, mais des gens qui se nomment « exploitants agricoles » reçoivent des centaines de milliers d’euros pour faire mourir notre terre, nos corps et notre environnement tandis que l’industrie chimique prospère.

Et voilà que le petit virus remet les pendules à l’heure, voilà qu’aux fenêtres, un peuple confiné hurle son respect, son amour, sa reconnaissance pour les vrais soldats de notre époque, ceux qui sont prêts à donner leur vie pour sauver la nôtre alors que depuis des décennies les gouvernements successifs se sont acharnés à démanteler nos systèmes de santé et d’éducation, alors que les lobbies règnent en maîtres et arrosent les politiques avec le fric de la corruption.

Nous manquons d’argent pour équiper nos hôpitaux, mais bon sang, prenons l’argent où il se trouve, que les GAFA payent leurs impôts, qu’ils reversent à la société au minimum la moitié de leurs revenus. Car après tout, comment l’ont-ils gagné cet argent ? Ils l’ont gagné parce qu’il y a des peuples qui forment des nations, équipées de rues, d’autoroutes, de trains, d’égouts, d’électricité, d’eau courante, d’écoles, d’hôpitaux, de stades, et j’en passe, parce que la collectivité a payé tout cela de ses deniers, et c’est grâce à toutes ces infrastructures que ces entreprises peuvent faire des profits. Donc ils doivent payer leurs impôts et rendre aux peuples ce qui leur est dû.

Il faudra probablement aussi revoir la question de la dette qui nous ruine en enrichissant les marchés financiers. Au cours des siècles passés les rois de France ont très régulièrement décidé d’annuler la dette publique, de remettre les compteurs à zéro.

Je ne vois pas comment à la sortie de cette crise, quand les comptes en banque des petites gens seront vides, quand les entreprises ne pourront plus payer leurs employés qui ne pourront plus payer les loyers, l’électricité, le gaz, la nourriture, comment le gouvernement pourra continuer à gaspiller 90% de son budget à rembourser une dette qui ne profite qu’aux banquiers.

J’espère que le peuple se lèvera et réclamera son dû, à savoir exigera que la richesse de la France, produite par le peuple soit redistribuée au peuple et non pas à la finance internationale. Et si les autres pays font aussi défaut de leur dette envers nous, il faudra relocaliser, produire de nouveau chez nous, se contenter de nos ressources, qui sont immenses, et détricoter une partie de la mondialisation qui n’a fait que nous appauvrir.

Et le peuple l’a si bien compris qu’il crie tous les soirs son respect pour ceux qui soignent, pour la fonction soignante, celle des mères, des femmes et des hommes qui font passer l’humain avant le fric.

Ne nous y trompons pas, il n’y aura pas de retour en arrière après cette crise.

Parce que malgré cette souffrance, malgré ces deuils terribles qui frappent tant de familles, malgré ce confinement dont les plus pauvres d’entre nous payent le plus lourd tribut, à savoir les jeunes, les personnes âgées isolées ou confinées dans les EHPAD, les familles nombreuses, coincés qu’ils sont en ville, souvent dans de toutes petites surfaces, malgré tout cela, le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l’endroit.

Où sont les vraies valeurs ? Qu’est-ce qui est important dans nos vies ?

Vivre virtuellement ? Manger des produits issus d’une terre martyrisée et qui empoisonnent nos corps ?

Enrichir par notre travail ceux qui se prennent des bonus faramineux en gérant les licenciements ?

Encaisser la violence sociale de ceux qui n’ont eu de cesse d’appauvrir le système de soin et nous donnent maintenant des leçons de solidarité ?

Subir une médecine uniquement occupée à soigner les symptômes sans se soucier de prévention, qui bourre les gens de médicaments qui les tuent autant ou plus qu’ils ne les soignent ? Une médecine aux ordres des laboratoires pharmaceutiques ?

Alors que la seule médecine valable, c’est celle qui s’occupe de l’environnement sain des humains, qui proscrit tous les poisons, même s’ils rapportent gros. Pourquoi croyez-vous que ce virus qui atteint les poumons prospère si bien ? Parce que nos poumons sont malades de la pollution et que leur faiblesse offre un magnifique garde-manger aux virus.

En agriculture, plus on cultive intensivement sur des dizaines d’hectares des plantes transformées génétiquement ou hybrides dans des terres malades, plus les prédateurs, ou pestes, les attaquent et s’en régalent, et plus il faut les arroser de pesticides pour qu’elles survivent, c’est un cercle vicieux qui ne peut mener qu’à des catastrophes.

Mais ne vous faites pas d’illusions, on traite les humains les plus humbles de la même façon que les plantes et les animaux martyrisés.

Dans les grandes métropoles du monde entier, plus les gens sont entassés, mal nourris, respirent un air vicié qui affaiblit leurs poumons, plus les virus et autres « pestes » seront à l’aise et attaqueront leur point faible : leur système respiratoire.

Cette épidémie, si l’on a l’intelligence d’en analyser l’origine et la manière de la contrer par la prévention plutôt que par le seul vaccin, pourrait faire comprendre aux politiques et surtout aux populations que seuls une alimentation et un environnement sains permettront de se défendre efficacement et à long terme contre les virus.

Le confinement a aussi des conséquences mentales et sociétales importantes pour nous tous, soudain un certain nombre de choses que nous pensions vitales se révèlent futiles. Acheter toutes sortes d’objets, de vêtements, est impossible et cette impossibilité devient un bonus : d’abord en achetant moins on devient riches.

Et comme on ne perd plus de temps en transports harassants et polluants, soudain on comprend combien ces transports nous détruisaient, combien l’entassement nous rendait agressifs, combien la haine et la méfiance dont on se blindait pour se préserver un vague espace vital, nous faisait du mal.

On prend le temps de cuisiner au lieu de se gaver de junk-food, on se parle, on s’envoie des messages qui rivalisent de créativité et d’humour.

Le télétravail se développe à toute vitesse, il permettra plus tard à un nombre croissant de gens de vivre et de travailler à la campagne, les mégapoles pourront se désengorger.

Pour ce qui est de la culture, les peuples nous enseignent des leçons magnifiques : la culture n’est ni un vecteur de vente, ni une usine à profits, ni la propriété d’une élite qui affirme sa supériorité, la culture est ce qui nous rassemble, nous console, nous permet de vivre et de partager nos émotions avec les autres humains.

Quoi de pire qu’un confinement pour communiquer ? Et pourtant les italiens chantent aux balcons, on a vu des policiers offrir des sérénades à des villageois pour les réconforter, à Paris des rues entières organisent des concerts du soir, des lectures de poèmes, des manifestations de gratitude, c’est cela la vraie culture, la belle, la grande culture dont le monde a besoin, juste des voix qui chantent pour juguler la solitude.

C’est le contraire de la culture des officines gouvernementales qui ne se sont jamais préoccupées d’assouvir les besoins des populations, de leur offrir ce dont elles ont réellement besoin pour vivre, mais n’ont eu de cesse de conforter les élites, de mépriser toute manifestation culturelle qui plairait au bas peuple.

En ce sens, l’annulation du festival de Cannes est une super bonne nouvelle.

Après l’explosion en plein vol des Césars manipulés depuis des années par une maffia au fonctionnement opaque et antidémocratique, après les scandales des abus sexuels dans le cinéma, dont seulement une infime partie a été dévoilée, le festival de Cannes va lui aussi devoir faire des révisions déchirantes et se réinventer. Ce festival de Cannes qui déconne, ou festival des connes complices d’un système rongé par la phallocratie, par la corruption de l’industrie du luxe, où l’on expose complaisamment de la chair fraîche piquée sur des échasses, pauvres femmes porte-manteaux manipulées par les marques, humiliées, angoissées à l’idée de ne pas assez plaire aux vieillards aux bras desquels elles sont accrochées comme des trophées, ce festival, mais venez-y en jeans troués et en baskets les filles, car c’est votre talent, vos qualités d’artiste qu’il faut y célébrer et non pas faire la course à qui sera la plus à poil, la plus pute !

Si les manifestations si généreuses, si émouvantes des peuples confinés pouvaient avoir une influence sur le futur de la culture ce serait un beau rêve !

Pour terminer, je voudrais adresser une parole de compassion aux nombreux malades et à leurs proches, et leur dire que du fin fond de nos maisons ou appartements, enfermés que nous sommes, nous ne cessons de penser à eux et de leur souhaiter de se rétablir. Je ne suis pas croyante, les prières m’ont toujours fait rire, mais voilà que je me prends à prier pour que tous ces gens guérissent. Cette prière ne remplacera jamais les soins de l’hôpital, le dévouement héroïque des soignants et une politique sanitaire digne de ce nom, mais c’est tout ce que je peux faire, alors je le fais, en espérant que les ondes transporteront mon message, nos messages, d’amour et d’espoir à ceux qui en ont besoin.

Coline Serreau

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Coline SERREAU a donné son nom à l’une des salles de formation musicale du Conservatoire de Tyndo à THOUARS :

http://www.projets-thouarsais.fr/wp-content/uploads/Biographies_fiches_noms-des-salles-TYNDO.pdf

Coline Serreau a passé de nombreux séjours à Thouars dans son enfance. Fille de l’écrivain Geneviève Serreau et du metteur en scène Jean-Marie Serreau, elle possède un bagage artistique varié puisqu’elle a fait des études de Lettres, a fréquenté le Conservatoire National Supérieur de musique (Musicologie et Esthétique), a été l’élève de Jean Langlais à la classe d’orgue de la Schola Cantorum. Elle a en outre fréquenté pendant vingt ans l’École du cirque d’Annie Fratellini (où elle a appris le trapèze).Attirée par le théâtre, elle entre comme apprentie comédienne au Centre National de la Rue Blanche, elle est stagiaire à la Comédie-Française, puis travaille avec Romain Bouteille et Coluche avant de s’orienter vers l’écriture pour le cinéma et le théâtre, la mise en scène au théâtre, au cinéma et à l’opéra, et la direction de choeur.

En 1975, elle réalise son premier film « Mais qu’est ce qu’elles veulent »-A travers une serie d’interviews de femmes d’origines sociales diverses, enquête sur la condition feminine en France dans les années soixante-dix. et connaît un ‐ vrai succès auprès de la critique en 1977 avec son second film « Pourquoi pas !» –La vie mouvementee d’un menage a trois dans un pavillon de banlieue qui suscite la curiosite de leur entourage dont celle d’un inspecteur de police. –   En 1981 elle réalise « Qu’est‐ce qu’on attend pour être heureux !» – Exaspérés par les conditions de travail qu’on leur impose sur le tournage d’un film publicitaire, comédiens, figurants et musiciens se révoltent : ils décident de séquestrer l’équipe technique.  . En 1985, « Trois Hommes et un couffin » apparaît sur les écrans-« Un copain déposera un colis et passera le reprendre plus tard ». Tel est le message laissé par Jacques, avant son départ pour le Japon, à ses deux compères Pierre et Michel avec lesquels il partage un luxueux appartement. Comme prévu, le colis arrive et à la stupéfaction générale, il s’agit d’un bébé… Adieu liberté et aventures sans lendemain. Avec plus de 12 millions d’entrées, et 2 Césars, il compte parmi les records du nombre d’entrées pour un film français.  « La Crise »(1992) (César du cinéma du meilleur scénario)- Le même jour, Victor est abandonné par sa femme et perd son emploi de juriste. Personne autour de lui ne semble se préoccuper de son sort. La seule oreille attentive qu’il trouve est celle de Michou, un SDF rencontré dans un café, et qui va vivre à ses crochets., – « La Belle Verte »1995-Quelque part dans l’univers existe une planète dont les habitants évolués et heureux vivent en parfaite harmonie. De temps en temps quelques-uns d’entre eux partent en excursion sur d’autres planètes. Curieusement, depuis deux cents ans plus personne ne veut aller sur la planète Terre. Or un jour, pour des raisons personnelles, une jeune femme décide de se porter volontaire. Et c’est ainsi que les Terriens la voient atterrir en plein Paris.-(2,5  millions de téléchargements sur le net, en 15 langues), « Chaos » – 2001-Un soir, en conduisant en ville, un couple bourgeois, Hélène et Paul, est témoin d’une scène violente : Malika, une prostituée, est poursuivie par des truands. La jeune fille appelle à l’aide, tente de se réfugier dans la voiture du couple, mais Paul verrouille les portières du véhicule. Malika est alors tabassée et laissée pour morte sur le trottoir.
Le conducteur s’empresse de nettoyer sa voiture pour faire disparaître les traces de sang, tandis que sa femme cherche à savoir ce qu’est devenue cette jeune fille. Elle la retrouve dans le service de réanimation d’un hôpital parisien et la soutient dans sa lente résurrection, délaissant quelque peu son foyer.
Mais les proxénètes qui ont agressé Malika n’entendent pas la laisser tranquille, et bientôt Hélène se retrouve impliquée dans une histoire qui la dépasse : elle entreprend de redonner goût à la vie à la prostituée et de la tirer des griffes de ses bourreaux. (1 César), « 18 ans après », « Saint–‐Jacques… La Mecque »,- « Solutions locales pour un désordre global » -2010- « Les films d’alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. » Coline Serreau.- , « Tout est permis »-2014- Le permis de conduire à points est instauré depuis plus de 20 ans.
Véritables lieux de mixité sociale et culturelle, les stages de récupération de points sont l’occasion pour les auteurs d’infractions d’y exprimer leur révolte mais aussi de se raconter.
Les nombreux témoignages et images recueillis par Coline Serreau lors de ces stages, dressent un portrait tragi-comique de notre société où l’individualisme et les petites habitudes de chacun mettent en péril le bonheur de tous.
Portrait à charge, mais regard complice, TOUT EST PERMIS est un film réalisé aux quatre coins de l’Hexagone.
  et « Couleur locale » pour France 3 avec Isabelle Nanty en 2014.- chef d’entreprise, veuve raciste et très ancrée à droite, Marianne Riblon ne vit que pour son travail et vise les prochaines municipales de sa commune. Sa fille, avec qui elle est en froid depuis la mort de son mari et victime d’une leucémie, lui annonce qu’elle est grand-mère. Marianne devra s’occuper de Nicolas, un garçon métis de 12 ans difficile qui n’accepte que les produits bio. A son contact, Marianne va devoir apprendre à ouvrir son esprit aux différences du monde qui l’entoure…

Elle a joué dans de nombreux spectacles dont : « Comme il vous plaira » de Shakespeare – 1976-et « Le cercle de craie Caucasien »– de Bertolt Brech dans la cour du Palais des Papes à Avignon -2001-.

Elle a joué « Lapin Lapin »-1997-, « Quisaitout et Grobêta »-2009-2010 (cinq Molières) – 

Quisaitout et Grobêta est une pièce philosophico-comique tout public. Le maître et le valet entreprennent un voyage initiatique au cours duquel ils vivront de nombreuses aventures : traversée d’océan, du désert, rencontres, bal, course poursuite. Cette pièce cherche à nous déstabiliser et nous invite à réfléchir sur soi, les autres et sur le monde. Ceci avec un humour à la fois clownesque et léger comme sait le faire avec génie Coline Serreau.

Quisaitout et Grobêta est un feu d’artifice qui laisse fuser plusieurs messages d’humanité, de respect, de tolérance, d’amour, d’espoir et de rêve.

     et « Le Salon d’été », pièces dont elle est l’auteur, pendant de nombreuses saisons à Paris et en tournée dans toute la francophonie.

Pièce théâtrale et musicale de Coline Serreau, Le Salon d’été est une joyeuse comédie qui met en scène trois quartettes vocaux, leurs répétitions, leurs désirs, leurs frustrations, leurs amours – tout ce qui fait, en somme, la vie d’un groupe qui partage la pratique d’un art –, à des époques différentes : fin du XIXe siècle, années 1940, aujourd’hui.

Quartettes miroirs les uns des autres qui cependant s’inscrivent chacun dans leur époque. Où l’on voit que la lecture d’une partition commune prend une couleur qui lui est propre à travers le langage, les usages, la guerre, les évolutions sociétales… mais à la façon de Coline Serreau, avec légèreté et bonne humeur !

Tout au long de la pièce, les quartettes répètent des œuvres de Bach, Brahms, Schönberg, Janequin, Rossini, ainsi que plusieurs gospels. Ils buttent, accrochent, s’emballent, se battent, mais l’harmonie n’est jamais loin.

En 2006, elle joue Arnolphe dans « L’école des femmes » de Molière, spectacle qu’elle a mis en scène au théâtre de la Madeleine et joué pendant un an.
Elle a mis en scène à l’Opéra Bastille « La Chauve‐Souris » de Johan Strauss, « Le Barbier de Séville » de Rossini, spectacles créés en 2000 et 2002, repris de nombreuses fois, et « Manon » de Jules Massenet.

Elle a été deux ans présidente de l’ARP, l’association des réalisateurs producteurs.Elle a été présidente de l’Académie Fratellini, école nationale supérieure des arts du cirque, et centre d’art où elle a mis en scène en 2009 « Hip envolée hop » et en 2010 « Cirkipop », spectacles mêlant circassiens et danseurs hip-hop.

Elle a publié son théâtre chez Actes‐Sud, ainsi qu’un livre sur l’académie Fratellini, le scénario de « La Belle Verte » et le livre « Solutions locales pour un désordre global ».

Chez Flammarion elle a publié  en 2005 le roman « Saint Jacques la Mecque ».  et tourné le film du même nom la même année –Au décès de leur mère, deux frères et une soeur apprennent qu’ils ne toucheront leur héritage que s’ils font ensemble, à pied, la marche du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais ils se détestent autant qu’ils détestent la marche.
Ils se mettent pourtant en route, mus par l’appât du gain. Ils rejoignent leur guide au Puy et découvrent qu’ils marcheront avec un groupe de six autres personnes, dont un jeune beur qui fait croire à son cousin un peu naïf qu’il l’emmène à La Mecque, alors qu’il poursuit une jeune pèlerine, l’amour de sa vie…

Les éditions Iconoclastes publieront son roman « Fragments » en 2015 –Coline Serreau dessine les contours de ce qui a façonné son parcours et sa réflexion : ses ancêtres et ses maîtres, Freud, Bach, Rembrandt, mais aussi l’école de Marguerite Soubeyran à Beauvallon, le cinéma, le théâtre, le cirque, l’opéra… autoportrait kaléidoscopique d’une artiste et d’une femme engagée. . Tout au long de sa vie elle a photographié et dessiné. Elle a exposé ses « Photopeintures » dans diverses expositions. Elle a composé la musique de quelques-uns de ses films et
dirige depuis 2003 la Chorale du Delta qui donne de nombreux concerts à Paris, Venise, dans la Drôme et dans les pays de Loire. En 2015 elle a tourné pour France 3 un film sur le résistant « Pierre Brossolette » (1ère diffusion le 26 mai 2015) et prépare un long métrage de cinéma : »Avis de tempête » Elle a reçu le Grand prix de la SACD en 2004.

Elle est nommée officier (94) puis commandeur (99) de l’ordre des Arts et Lettres. Elle est nommée en 2004 chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur. Elle est nommée chevalier (90) puis officier (2011) de l’ordre National du Mérite

 

Pour avoir quelques idées éparses supplémentaires sur les origines du Covid -19 et sur la 5G – notre merveilleux monde des ondes qui se prépare dans l’environnement futur de la 5G

et si le covid-19 était aussi l’occasion de faire muter nos sociétés ?

 

 

A toute chose malheur est bon. Lorsque l’épidémie du covid-19 aura été jugulée, il faudra réfléchir à ce cri lancé il y a plus de quarante ans par le commandant Cousteau  – 2 mn 04-et refuser de poursuivre notre vie dans la course folle dans laquelle nous sommes engagés et nous orienter vers une vie simple et plus dépouillée.

Ce mouvement de fond devra s’accompagner dans nos démocraties  du vote en faveur de celles et ceux qui veulent s’orienter  sérieusement dans cette direction et éviter de choisir celles et ceux qui vont nous proposer seulement de repeindre les façades en vert.

Extrait de radioscopie de Jacques Cousteau -1977

Il y a plus de 40 ans Jacques Cousteau dénonçait les excès de notre mode de vie :

Notre vie est intimement liée à la vie des océans.

La seule chose qui compte c’est la  vie disait-il,  c’est celle de nos enfants, nos petits enfants. C’est le bonheur de vivre , la joie, les fleurs, les oiseaux …

quand j’étais jeune j’avais le temps de discuter avec la crémière … aujourd’hui on n’a plus le temps…

 

Il faut produire en qualité plutôt qu’en quantité. Il faut simplifier notre vie, la dépouiller