Ondes – 5G et 6G

 

 

Histoire de la téléphonie sans fil

 

1983 : 80% des français sont équipés du téléphone

1985 : Motorola expérimente le premier téléphone portable. Le Nokia pèse près de 10 kg

1990 : arrivée de la 2 G :  possibilité de mobilité

2000 : 3G – les téléphone peuvent accéder plus facilement à internet en mouvement

2011 : la télévision passe de l’analogique au numérique – des centaines de chaînes sont disponibles et qualité d’image améliorée

2012 : arrivée de la 4G – le débit est multiplié par 100 d’où multiplication des accès et objets connectés

2020 : arrivée de la 5G

 

 

 

1-La 5G- quelques grands principes sur les ondes

2-La 5G- tableau des bandes du spectre des radiofréquences-répartition des antennes

3-L’avancement des travaux dans le monde, en Europe et en France

4-La 5G-les mouvements de contestation, les opposants scientifiques dans le monde, en Europe et en France

5-La 5G- Les bases juridiques et les orientations politiques  en Europe et en France

6-Base documentaire des études scientifiques sur les risques liés aux ondes

7-Ondes et 5G : les risques pour la santé

8-5G-satellites et espace

9-5G -les livres

10-5G – le point en vidéos

 

11-ANFR- Agence nationale des fréquences 

 

12- ANSES – Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail 

13- ARCEP- Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse

14 – 5G  dans la Presse

15 – des sites autour de la 5G

16-5G, symbole et technologie de l’intelligence artificielle

17- ICNIRP, IRPA et société de radioprotection

18- La 5G sur Facebook

 

-Et déjà la 6G en préparation par les chercheurs

…qui annonce l’arrivée des cyborgs

Courrier international      Zaoud Mamediarov 

Le déploiement de la 5G vient à peine de commencer que l’on voit déjà ses limites : le monde a besoin d’un réseau encore plus rapide, estime ce magazine russe.

Lors que la 5G utilise des longueurs d’onde de plusieurs millimètres, connues depuis des décennies pour leurs applications militaires, la 6G est véritablement une terra incognita électromagnétique. Apprendre à l’explorer, c’est rejoindre les confins du savoir en matière de télécommunications.

Les fréquences au-dessus et en dessous du térahertz sont déjà largement connues. En dessous, il s’agit de la 5G, avec les difficultés qu’elle pose par l’occupation des fréquences par les militaires. Au-dessus, il s’agit du rayonnement ionisant qui détruit la matière, et ne convient donc pas. Les ondes térahertz ne détruisent pas les molécules, mais les traversent de part en part. Ce qui permet de transporter des données même si l’émetteur et le récepteur sont séparés par des obstacles.

À la manière des rayons X, les ondes térahertz permettent de voir à l’intérieur de la matière, ce qui pourrait avoir une variété d’applications, tant militaires que médicales ou industrielles (contrôle qualité). De plus, la bande des fréquences térahertz est bien plus large que celle des communications mobiles que nous connaissons, ce qui permettrait théoriquement d’atteindre une vitesse de transmission de plusieurs téraoctets par seconde, soit dix mille fois plus rapide que l’Internet domestique. De quoi, par exemple, télécharger cinquante films en haute définition en une seconde.

Les échanges de données dans le monde augmentent de manière exponentielle, ainsi le cabinet de conseil IDC prévoit que le volume de données numériques sera multiplié par cinq dans les cinq années à venir. De ce fait, toutes ces données seront de plus en plus hébergées sur des serveurs distants publics, ce qui requiert d’autant plus de fiabilité et de connectivité.

Ce qui aggrave la situation, c’est que les capacités de calcul des ordinateurs arrivent elles aussi à saturation. En conséquence, de plus en plus de données sont traitées à l’aide de calculs distribués (les opérations sont exécutées non par un, mais par plusieurs processeurs en réseau). Pour cela, il faut augmenter la vitesse de transmission des données, et les progrès à venir iront sans doute dans ce sens en l’absence de processeurs plus puissants.

L’augmentation impressionnante de la vitesse ouvrira de nouveaux champs techniques, parmi lesquels l’interaction entre des millions d’appareils ou, par exemple, la mise en réseau de l’activité cérébrale avec des appareils électroniques. La 5G puis la 6G vont permettre l’émergence de villes intelligentes et la généralisation de la réalité virtuelle et de systèmes cyberphysiques. Une dizaine d’années a séparé la mise au point de la 4G et de la 5G, et la technologie de la 5G sera dépassée à l’horizon 2030.

La 6G sera l’un des instruments de l’“Internet du Tout” [Internet of Everything], du véritable lancement des systèmes de transport sans conducteur, de l’intelligence artificielle, des objets connectés et de la réalité virtuelle.

Le principal problème, c’est l’atmosphère terrestre. Les ondes térahertz sont fortement atténuées par l’oxygène et la vapeur d’eau, ce qui complique les transmissions longue distance. En conséquence, le rayon de portée de ces ondes est court, de quelques dizaines de mètres, pas plus. Ce qui nécessitera un remaniement du réseau mobile pour identifier les fréquences les plus efficaces.

Dans ce réseau, la connexion aux principaux nœuds se ferait automatiquement, les données passeraient d’un nœud à un autre et l’information serait transmise en cascade : en une seconde un appareil recevrait toutes les données mises en attente alors qu’il était “hors ligne”.

L’important, c’est que la 6G, comme la 5G, est conçue comme un composant additionnel du réseau existant et sera utilisée principalement non par les humains mais par les machines intelligentes.

Des études sont déjà menées en Europe et en Chine. Fin janvier, le Japon a annoncé poursuivre un objectif de déploiement de la 6G à l’horizon 2030.

La norme des télécommunications de sixième génération n’est pas adaptée à la microélectronique classique qui utilise des connexions électriques pour la transmission de données, car ces circuits ne peuvent pas atteindre une vitesse suffisante. La 6G nécessite de se tourner vers l’optoélectronique où les données sont transmises à l’aide de connexions photoniques (lumière).

Des chercheurs de l’université chinoise de Tsinghua et de l’université de Hong Kong en sciences et technologie prévoient pour le réseau 6G une architecture intelligente et véloce, avec un réseau composé d’une multitude de réseaux secondaires. D’après les chercheurs, chaque réseau secondaire collectera et analysera les données localement, puis se renouvellera de manière autonome sur la base des méthodes de l’intelligence artificielle.

Chaque génération de réseau ouvre de nouvelles possibilités technologiques et de nouveaux marchés. La 3G avait donné de l’élan à l’Internet marchand, la 4G a marqué le début de l’ère du smartphone en stimulant le développement du paiement mobile et en permettant l’émergence d’une cohorte de nouvelles sociétés comme Uber, Airbnb et d’innombrables plateformes numériques.

La 5G doit donner le départ à l’économie numérique et à l’industrie intelligente. Le déploiement de la 6G devrait ouvrir la voie à des modes de consommation et de transmission de l’information fondamentalement nouveaux.

L’application de la 6G la plus extraordinaire et fascinante est sa capacité à faire tomber les barrières entre les mondes physique et numérique. La bande des fréquences térahertz va rendre possible le développement d’une interface neuronale directe, en reliant le cerveau humain directement à l’ordinateur et en transformant les impulsions neuronales (des pensées et des émotions) en signaux numériques.

Auparavant, les interfaces neuronales directes étaient uniquement étudiées dans une optique médicale, en particulier pour aider les patients à contrôler leurs prothèses. Or, la liaison sans fil en térahertz pourrait nous permettre de dialoguer directement avec nos ordinateurs au quotidien.

Les gens pourraient interagir avec le monde qui les entoure grâce à des appareils embarqués ou implantés, et piloter des ordinateurs à l’aide de leurs émotions. Autrement dit, nous pourrions devenir des cyborgs, augmentés de composants biologiques et mécaniques.

Avec la 6G, des essaims de robots autonomes deviendront une réalité. Ces systèmes d’appareils interconnectés sont déjà à l’étude, mais ils sont pour l’instant cantonnés aux laboratoires.

Les projets comme Starlink de la société américaine SpaceX [d’Elon Musk] nécessitent la présence simultanée de milliers de satellites dans l’espace pour assurer une couverture Internet complète. Or il est déjà clair que si nous parvenons à résoudre le problème de l’atténuation atmosphérique pour créer une couverture 6G, les ondes térahertz rendront la liaison satellite obsolète.