Le Progrès

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Les visions positives de l’avenir du progrès :

  • cf l’article d’Hubert Guillaud du 27/3/2012 : « Nous avons à nouveau un futur »
  • – le prospectiviste Jérémi Rifkin : « la fin du travail « (1996) – l’âge de l’accès (2000) -« la Troisième révolution industrielle » .
  • Dans ce dernier ouvrage Rifkin fait un double constat :
  • Plus que le pic pétrolier, nous avons atteint“le pic de la mondialisation”, estime-t-il. Nous ne pouvons plus fonder notre croissance sur un système qui va générer par définition des crises à mesure que les énergies fossiles vont se raréfier.
  • L’autre constat repose bien sûr sur les conséquences dramatiques qu’a engendrées cette seconde révolution industrielle sur la santé de notre biosphère. Les pages qu’égraine Rifkin sur le sujet ressemblent aux constats alarmants et déprimants qu’on retrouve dans tous les livres d’écologistes atterrés.
  • Il faut clore la parenthèse prédatrice de la seconde révolution industrielle et nous engager dans une autre voie.

Notre futur, c’est d’appliquer le modèle distribué de l’internet à l’énergie – et à la société tout entière.

Rifkin s’appuie sur sa connaissance des caractéristiques de la révolution des nouvelles technos et sur celle des énergies renouvelables pour nous proposer un nouveau défi : celui de l’énergie distribuée.

Rifkin propose un récit puissant, capable de raconter l’histoire d’une nouvelle révolution économique et d’expliquer comment toutes ces initiatives technologiques et commerciales apparemment aléatoires pourraient s’inscrire dans un vaste plan stratégique.

Pour Rifkin, notre avenir repose sur la coopération et la cocréation. Et c’est cette vision-là, trop rapidement esquissée dans le livre, que nous pouvons avoir envie de développer.

Au-delà de la transition économique et énergétique qu’il propose, le propos de Rifkin est éminemment politique. Pour lui, il nous faut réformer nos structures et nos modes de pensée. Ce n’est pas tant un défi économique que nous devons réussir, qu’une transition civilisationnelle. Nous devons passer d’une société centralisée à une société collaborative. Changer de régime énergétique suppose de changer la structure même de l’organisation politique et sociale de nos sociétés.

Bien sûr, Rifkin va peut-être un peu loin quand il évoque, un peu béatement, l’empathie (qui était le thème de son précédent livre Une nouvelle conscience pour un monde en crise). Il a quelques envolées lyriques un peu faciles sur l’amour que nous avons à nous porter les uns les autres. Comme si d’un coup la société latérale allait tous nous jeter dans les bras les uns des autres dans un vaste élan de générosité désintéressée.

 

 

 

 

Les prophètes du déclin – Le Monde 17 octobre 2015- Hubert Guillaud
L’insoluble équation des ressources

C’est ce qu’explique l’ingénieur Philippe Bihouix, spécialiste de la finitude des ressources, dans son livre, L’âge des low tech… Ressource après ressource, dans son livre, Bihouix égraine l’état de décomposition des stocks.

Le mythe de la croissance verte

Pour Philippe Bihouix, cette conjonction change la donne.

Pour résoudre ce problème de pénurie à venir… nous devrions donc recycler les ressources et minerais bien plus que nous le faisons actuellement. Pour cela, il faudrait que nous changions notre façon de produire et consommer ces ressources. Or, nous utilisons de plus en plus ces minerais et ressources dans des usages dispersifs qui rendent leur recyclage impossible.

Même si des innovations techniques stimulantes peuvent apparaître, leur déploiement généralisé et à grande échelle prend du temps… Et l’ingénieur d’enterrer sous les chiffres la généralisation des énergies renouvelables à grande échelle.

Pour lui, la disparition à terme des ressources doit surtout nous poser une question sur le sens de la plupart de nos innovations et de nos comportements. Nous sommes dans une impasse extractiviste, productiviste et consumériste. Nous sommes dans ce que le théoricien des sciences sociales, Roberto Unger appelle « la dictature de l’absence d’alternatives ».

L’effondrement :L’effondrement, c’est pourtant la piste qu’explorent Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans un autre livre de la collection anthropocène du Seuil, qui sonne comme une suite ou un prolongement au titre de Bihouix. Dans le très documentéComment tout peut s’effondrer, Servigne et Stevens envisagent le pire : rien de moins que l’effondrement de notre civilisation.

Servigne et Stevens suivent en cela les constats alarmistes du physicien Dennis Meadows, l’auteur du rapport initial sur les limites de la croissance en 1972. « Il est trop tard pour le développement durable, il faut se préparer aux chocs et construire dans l’urgence des petits systèmes résilients ».

Pourtant, c’est certainement en dressant le constat de l’apocalypse qui approche que les auteurs esquissent leurs perspectives les plus stimulantes. En s’intéressant à ce qu’ils appellent la collapsologie, c’est-à-dire à l’étude transdisciplinaire des conséquences de l’effondrement, ils nous invitent à travailler à trouver des réponses à l’avenir qui nous attend. Non pas des solutions pour modifier notre fatal avenir, mais pour y faire face. Notre résilience à l’effondrement dépend de notre capacité à faire la prospective, l’étude, démographique, sociologique, économique, politique, géopolitique, psychologique, philosophique, médicale, artistique de l’effondrement.