Penseurs de l’écologie politique

Le cours aux agriculteurs – 2009

Peut-on encore, de nos jours, travailler la terre sans l’épuiser et fournir aux hommes une nourriture qui stimule leurs forces ? Dès les années qui suivirent la Première Guerre mondiale, des agriculteurs et des scientifiques deman- dèrent à Steiner s’il pouvait les aider à mieux comprendre la terre, les plantes et les animaux et les conseiller dans leurs pratiques de culture. Steiner accepta et, du 7 au 16 juin 1924, Il vint faire une série de 8 conférences, dont certaines furent suivies d’ échanges. Devant un public principalement composé d’agriculteurs, il posa les fondements d’une façon nouvelle de retrouver un lien avec la terre et de la travailler. Cette agriculture, bientôt appelée « bio-dynamique », veut redonner des forces de vie à une terre qui, à cette époque déjà, commençait à être soumise à la recherche exclusive du rendement, de la quantité et de la rentabilité au détriment de la qualité. Steiner propose aux cultivateurs une méthode moderne, scientifique, de concevoir la nature, les éléments, les minéraux, les plantes et les animaux, dans un souci de respecter l’environnement et de soigner l’homme par une nourriture de qualité dans un paysage vivant et diversifié. 256 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Rachel Carson (1907-1964)publie « le printemps silencieux « en 1963 de formation biologiste : « l’homme fait partie de la nature et sa guerre contre la nature est inévitablement une guerre contre lui-même.

 

  • Claude Lorius (1932-): glaciologue. Il émet l’hypothèse que les bulles de gaz dans la glace contiennent la composition de l’air de l’époque. C’est l’origine de la vision scientifique du réchauffement climatique.

 

 

 

 

 

 

  • Bernard Charbonneau (1910-1996)
  • un penseur français, auteur d’une vingtaine de livres et de nombreux articles. Durant les années 1930, il dénonce ce qu’il considère être la dictature de l’économie et du développement2 et s’impose comme pionnier de l’écologie politique 3. Se méfiant toutefois de l’écologie partidaire, il propose de concevoir une forme d’organisation de la société, radicalement différente des idéologies du xxe siècle, solidement ancrée sur l’expérience personnelle. En cela, il affirme sa dette intellectuelle envers le personnalisme. De même, il voit dans le progrès technique la source de toujours plus d’organisation, donc de plus de conformisme, donc de moins de liberté. Ses travaux le rapprochent de Jacques Ellul, dont il est l’ami intime durant six décennies.

 

 

 

Après des études de mathématiques, Yves Cochet devient enseignant-chercheur à l’Institut national des sciences appliquées de Rennes (INSA de Rennes) en 1969.

Il s’intéresse à l’idée de décroissance

 

 

 

  • René Dumont (1904-2001)
  • agronome connu pour son combat pour le développement rural des pays pauvres.

L'Utopie ou la Mort par [Dumont, René]

 

  • Jacques Ellul (1912-1994)
  • Surtout connu comme penseur de la technique et de l’aliénation au xxe siècle, il est l’auteur d’une soixantaine de livres (la plupart traduits à l’étranger, notamment aux États-Unis et en Corée du Sud) et de plusieurs centaines d’articles.

  • Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994)
  • un mathématicien et économiste hétérodoxe américain d’origine roumaine dont les travaux ont servi d’inspiration au mouvement de la décroissance.
  • Nicholas Georgescu-Roegen a connu une longue carrière académique, parfois considérée comme ayant connu deux temps : un premier temps des années 1930 aux années 1960, caractérisé par des études sur la consommation et la production, dans un cadre de réflexion proche des méthodes de ses collègues de Harvard (microéconomie formalisée, analyse input-output, etc.), puis un deuxième temps des années 1960 aux années 1990, marqué par des études sur les relations économie-environnement pour lesquelles il est le plus connu.

 

 

 

  • Edward Goldsmith (1928-2009)
  • eddy Goldsmith fut particulièrement connu pour ses idées anti-industrielles, rurales et sa sympathie pour les peuples traditionnels et leurs systèmes de pensée. Dans le mouvement politique des Verts anglais, il est vu comme un romantique, qui regarde avec nostalgie le monde d’avant la révolution industrielle.

 

 

 

 

  • Alain Gras (1941-)
  • Alain Gras, né le 1, est un sociologue français et professeur des universités émérite.
  • Il fait des études de mathématiques et de physique en même temps que de sciences politiques et de sociologie à Paris. Il dévelppe ses théories en écologie politique dans plusieurs ouvrages7,8. Selon lui, l’usage de l’énergie fossile fut un piège dans lequel sont tombées les civilisations industrielles, qui a rompu l’équilibre entre l’usage énergétique des quatre éléments. Selon lui, la société contemporaine n’est pas seulement industrielle et capitaliste, elle est « thermo-industrielle » depuis la fin du xixe siècle. Selon lui, cela conduit dans une impasse catastrophique : non seulement parce qu’elle brûle le monde par l’usage immodéré de l’énergie fossile, mais aussi parce qu’elle propose comme solution une fuite en avant technologique à laquelle les citoyens ne peuvent qu’assister, impuissants.

 

  • Félix Guattari (1930-1992)
  • Membre du Mouvement du 22 mars, il participa à Mai 196819. Engagé dans les mouvements écologistes, comme en témoignent les partis pris de Mille Plateaux notamment, il appelle à une nouvelle gauche anti-productiviste. Il développe ainsi la notion d’« écosophie » dans son ouvrage Les trois écologies paru en 1989. Pour lui les trois écologies doivent être pensées en commun à travers l’écosophie :
    • l’écologie environnementale pour les rapports à la nature et à l’environnement,
    • l’écologie sociale pour les rapports au « socius »20, aux réalités économiques et sociales,
    • l’écologie mentale pour les rapports à la psyché, la question de la production de la subjectivité humaine.
  • Ivan Illich (1926-2002)
  • penseur de l’écologie et critique de la société industrielle : la convivialité contre l’industrialisme.

  • Hans Jonas (1903-1993)
  • est un historien du gnosticisme et un philosophe allemand. C’est avec son éthiquepour l’âge technologique qu’il s’est avant tout fait connaître,
  • Dans la philosophie qu’il énonce vers la fin de sa vie, Hans Jonas veut apporter une réponse aux problèmes que pose la civilisation technicisée, à savoir les problèmes environnementaux, les questions du génie génétiqueetc. D’après lui, le pouvoir énorme qui est conféré à l’homme par la technoscience constitue un problème auquel doit répondre, en l’homme, une nouvelle forme de responsabilité. Celle-ci n’est pas à comprendre comme une attitude, mais plutôt comme une faculté proprement humaine que tout homme est tenu d’exercer.

 

 

  • Serge Latouche : (1940-)
  • En 1972, le premier rapport au Club de Rome. C’est la naissance de l’objection de croissance.

Serge Latouche obtient en 1963 un diplôme d’études supérieures d’économie1 et soutient une thèse d’économie en 1966, intitulée La Paupérisation à l’échelle mondiale2 puis une thèse de philosophie intitulée Essai sur l’épistémologie de l’économie politique à l’université de Lille 3 en 1974, sous la direction de Noël Mouloud3.

Il dénonce l’économisme10, l’utilitarisme dans les sciences sociales et la notion de développement11.

Il est en France l’un des principaux théoriciens de la décroissance en économie1213 et a publié sur le sujet, entre autres, Le Temps de la décroissance. Après avoir critiqué les politiques actuelles de développement dans Faut-il refuser le développement14,15, il tente de conceptualiser l’après-développement. Il critique notamment les notions d’efficacité économique et de rationalité économique16

 

 

 

est un homme politique et économiste1 français, membre du parti écologiste Europe Écologie Les Verts (EELV).

lain Lipietz consacre essentiellement ses activités de recherche à l’analyse des rapports socio-économiques au sein des communautés humaines, et entre celles-ci et leur espace, aux niveaux urbain, régional, national, et international. Mais il contribue aussi sur la macroéconomie et la théorie de la monnaie et de l’inflation dans le cadre de la « théorie de la régulation »

Il est l’un des principaux organisateurs des marches sur le Larzac. De 1978 à 1983, il anime la revue Partis pris, tout en collaborant à d’autres journaux tels que Le Monde diplomatique ou Les Temps modernes.

 

 

  • Arne Næss (1912-2009)
  • philosophe norvégien fondateur du courant de l’écologie profonde en 1973 pour critiquer « l’écologie superficielle » vouée à l’échec si nous nous considérons comme maîtres et posssseurs de la nature.

Dans un article de 19738, il invente le concept d’« écologie profonde » (« deep ecology ») pour désigner un courant de l’écologisme rompant totalement avec une vision anthropocentrique de l’écologie, et qu’il contraste avec l’ écologie superficielle (« shallow ecology »). Alors que celle-ci ne s’attaquerait qu’aux effets de la pollution, agissant en aval de l’industrie, l’écologie profonde critiquerait les valeurs au fondement même du mode de production impliquant les dégâts environnementaux9.

L’un des arguments principaux de Næss, qui l’oppose tant à Ferry qu’à Claude Allègre ou à Bjorn Lomborg (L’Écologiste sceptique, 1998), est que la technologie ne peut résoudre les problèmes environnementaux, mais seulement les déplacer9. Il écrit ainsi:

« Une hypothèse largement répandue dans les cercles influents des pays industrialisés est que le dépassement de la crise environnementale est un problème technique: il ne suppose aucun changement dans les consciences ou dans le système économique. Cette hypothèse est l’un des piliers du mouvement écologique superficiel.(…)
Par conséquent, un objectif crucial des années à venir est d’accroître la décentralisation et la spécialisation afin d’étendre l’autonomie locale et finalement de développer les richesses des potentialités de la personne humaine10. »

Une autre thèse centrale de Næss consiste à accorder une valeur intrinsèque aux autres formes de vie, en-dehors de leur utilisation par l’homme en tant que ressources7, thèse qui l’a exposé aux critiques de Ferry sus-citées. Critiquant les programmes de stérilisation contrainte et autres approches malthusiennes tout en soulignant les risques associés à une surpopulation7, il s’expliqua en affirmant:

« Nous ne disons pas que chaque être vivant a la même valeur que l’humain, mais qu’il possède une valeur intrinsèque qui n’est pas quantifiable. Il n’est pas égal ou inégal. Il a un droit à vivre et à prospérer (blossom). Je peux tuer un moustique s’il est sur le visage de mon bébé mais je ne dirai jamais que j’ai un droit à la vie supérieur à celui d’un moustique7. »

Parallèlement à sa distinction entre écologie superficielle et profonde, Arne Næss développe aussi l’« écosophie T » (de Tvergastein, une cabine de montagne dans le massif d’Hallingskarvet où il développa un certain nombre de ses idées et vécu pendant un quart de sa vie7), un système de croyance personnel, le philosophe encourageant chacun à développer sa propre éthique.

 

 

 

 

est un géographe libertaire et militant anarchiste français1,Communard, théoricien anarchiste, il fut un pédagogue6 et un écrivain prolifique. Membre de la Première Internationale, il rejoint la Fédération jurassienne après l’exclusion de Michel Bakounine. Avec Pierre Kropotkine et Jean Grave, il participe au journal Le Révolté7.

Le bannissement politique d’Élisée Reclus pour ses idées anarchistes a certainement été à l’origine de l’oubli relatif dans lequel il est aujourd’hui. Selon la géopolitologue Béatrice Giblin : « C’est bien parce qu’on ne pouvait dissocier le géographe, qui aurait dû être nanti d’on ne sait de quelle sereine impartialité scientifique, du militant anarchiste, que les représentants de l’institution universitaire ont choisi de l’oublier et de le faire oublier au plus vite »13.

Il est méfiant envers la valeur du progrès : « Certes, l’industrie amena de réels progrès dans son cortège, mais avec quel scrupule il importe de critiquer les détails de cette grande évolution ! », il faut « prendre définitivement conscience de notre humanité solidaire, faisant corps avec la planète elle-même ». Pour lui, le progrès s’accompagne de « régrès », de régressions qui inscrivent les évolutions dans une problématique dialectique. Ainsi, dans L’Homme et la Terre il revient à de nombreuses reprises sur cette idée : « Le fait général est que toute modification, si importante qu’elle soit, s’accomplit par adjonction au progrès de régrès correspondants » (tome VI p° 531). Reclus ne désapprouve pas l’action de l’homme sur la nature, mais cette dernière doit répondre à des critères sociaux, moraux et esthétiques13.

En ce qui concerne ses idées religieuses, bien que formé dans sa jeunesse pour devenir pasteur, il se détache rapidement et radicalement du christianisme. Selon la géopolitologueBéatrice Giblin : « Son projet [de jeunesse] est alors d’établir la République chrétienne, plus tard, devenu athée, il parlera de la République universelle. Devenir athée, ne signifie pas que Reclus perde ce qui fait de lui un être « religieux », s’il ne croit plus en l’existence de Dieu, il croit avec la foi du charbonnier à la liberté, condition indispensable pour qu’existe un jour la République universelle. »13.

Elisée Reclus - Oeuvres: lci-128 par [Reclus, Élisée]

Kirkpatrick Sale est un essayiste américain

Les principaux thèmes abordés dans ses ouvrages sont la technologie et la société industrielle dans une perspective à la fois écologique et anti-industrielle. Souvent décrit comme « néo-luddite », il s’est fait connaître aux États-Unis après avoir brisé un ordinateur en public lors d’une présentation de son livre sur La révolte luddite. Briseurs de machines à l’ère de l’industrialisation en 19951.

Pour lui, « l’empire américain n’est plus ni une nation ni une république mais un tyran agressif à l’étranger et despotique sur son territoire »2. Partisan d’une nouvelle forme de sécession au sein des États-Unis, il milite pour une réappropriation du champ politique à l’échelle locale2.

La Révolte Luddite : Briseurs de machines à l'ère de l'industrialisation

 

 

François Terrasson, né le 3 juillet 1939 à Saint-Bonnet-Tronçais (Allier) et mort le 2 janvier 2006 est un écrivain et naturaliste français.

Chercheur et maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle où il était entré en 1967, il s’intéressait tout particulièrement au rapport qu’entretient l’homme avec la nature (la géonomie) sous l’angle philosophique, scientifique, politique et agricole. Il était aussi membre fondateur des Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (« J

La réflexion de Terrasson embrasse non seulement l’ensemble des rapports entre l’environnement et l’humanité (géonomie), mais oblige ses lecteurs à interroger leur rapport individuel à la nature. Son approche est tout à la fois naturalistesocialeéconomiquehistorique et psychologique, elle décrit aussi bien les mécanismes physiques, biologiques ou les aspects techniques, que les ressorts aussi bien rationnels qu’émotionnels, culturels ou idéologiques de notre compréhension et de nos décisions.

 

 

Philippe Van Parijs, né le  à Berchem-Sainte-Agathe, est un philosophe et économiste belge.

Il est docteur en philosophie de l’université d’Oxford et docteur en sociologie de l’université catholique de Louvain, il a étudié l’économie politique, le droit, et la linguistique.

Il entame son parcours philosophique dans le domaine de l’épistémologie, sous la direction du philosophe Jean Ladrière. Puis, lors d’un séjour de recherche à Oxford, il fait la connaissance de Gerald Cohen, fondateur du marxisme analytique, discipline à laquelle va s’adonner Van Parijs pendant quelques années, aux côtés des membres du September Group, plus informellement appelé « No-Bullshit Marxism Group ». Ses recherches de l’époque débouchent sur l’ouvrage Marxism Recycled (1993). Il y prend acte d’une révolution dans la théorie des classes, avec un déplacement de l’opposition capitalistes-prolétaires vers une opposition travailleurs-chômeurs, et défend une transition du capitalisme à l’idéal communiste par l’instauration d’une allocation universelle versée à chaque individu de manière inconditionnelle tout au long de sa vie.

Cette dernière idée constituera le cœur de son ouvrage majeur, Real Freedom for All

Jean Zin, né le 22 septembre 1953, est un militant altermondialiste et écologiste français, également philosophe marxien.

Jean Zin soutient que brider le système productif en réduisant le temps de travail et la consommation ne sera pas suffisant. Il faut, pour lui, réorienter l’économie vers l’immatériel (économie de la gratuité et de l’information), construire une véritable alternative locale et prendre acte de notre entrée dans ce nouveau mode de production qu’est l’ère de l’information et que certains, dans une conception spiritualiste, appellent la noosphère.

 

les sept familles de l’écologie sur Sciences humaines

Les précurseurs

Henry D. Thoreau
l’idéalisation de la vie sauvage (1817-1862)

Walden ou la Vie dans les bois (1854). De cet ouvrage culte, on peut retenir sa spiritualité sans religion, son combat contre l’esclavage et pour la désobéissance civile, mais aussi son engagement pour la promotion des parcs nationaux américains et leur devise qui lui est empruntée : « La vie sauvage est le salut du monde. »

George Perkins Marsh
pionnier de l’écologie politique (1801-1882)

l est l’auteur d’un monument de la pensée écologique et géographique : Man and Nature or Physical Geography as Modified by Human Action (1864), réédité huit fois aux États-Unis jusqu’en 1914, tombé dans l’oubli, puis redécouvert par Lewis Mumford en 1924. Écrit à l’époque où se consolide la modernité, il pose les fondements écologiques de son dépassement. Le fait que G.P. Marsh soit inclassable dans les disciplines académiques traditionnelles fait justement de cet ouvrage la préfiguration de ce que sera au XXe siècle l’écologie politique.

Elisée Reclus
le géographe anarchiste (1830-1905)

Il est l’auteur de plusieurs textes remarquables soutenant que les progrès des sociétés ne sauraient être acquis aux dépens de la Terre qui est leur demeure. Conclusion de l’article « Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes », La Revue des deux mondes, 15 mai 1866 : « Quand les sociétés imprudentes se permettent de porter la main sur ce qui fait la beauté de leur domaine, elles finissent toujours par s’en repentir… Parmi les causes qui dans l’histoire de l’humanité ont fait disparaître tant de civilisations successives, il faudrait compter en première ligne la brutale violence avec laquelle la plupart des nations traitaient la Terre nourricière. »

Cet immense géographe connu pour sa Géographie universelle (1875-1894) fut condamné à la déportation pour son soutien à la Commune de Paris.

Ernst Haeckel
l’inventeur de l’écologie (1834-1919)

C’est l’inventeur du mot « écologie » (1867), connu comme biologiste vulgarisateur des idées de C. Darwin en Allemagne. Athée convaincu, il fut aussi membre influent de la Ligue moniste. La philosophie moniste souligne que les êtres vivants et le monde physique sont faits de la même matière et que le monde vivant doit servir de modèle aux sociétés humaines.

 

Wladimir Vernadsky
promoteur de la biosphère (1863-1945)

Minéralogiste d’origine ukrainienne, il s’éloigne des tourmentes postrévolutionnaires de l’URSS en 1922 pour se rendre à Paris.

De retour en Union soviétique à l’âge de 63 ans, il y sera jusqu’à sa mort un infatigable bâtisseur de la science soviétique. La Biosphère, son œuvre majeure, est publiée en 1926.

 

Les penseurs de l’écologisme

Ivan Illich et la critique radicale du monde moderne (1926-2002)

Il fonde en 1966, à Cuernavaca au Mexique, le Centre international de documentation culturelle (Cidoc), bientôt foyer mondial de la critique radicale de la société industrielle et de ses institutions.

I. Illich oppose à ceux qui croyaient aux promesses du développement ses effets délétères avec le passage de la pauvreté à la misère matérielle et morale. Au-delà d’un certain seuil, la production sans cesse accrue de marchandises ou de services devient un objet d’aliénation. Le modèle productif devient contre-productif. C’est à ce titre que la pensée d’I. Illich demeure une source d’inspiration profonde pour la critique de la société industrielle portée par les remises en cause brouillonnes du mouvement écologique, à l’état natif dans les années 1960.

 

 

Murray Bookchin
l’anarcho-écolo (1921-2006)

Ce militant et essayiste américain, inventeur du municipalisme libertaire et de l’écologie sociale, a été le théoricien le plus radical de la décentralisation politique comme condition de l’avènement d’une société écologique.

 

André Gorz et l’écologie libératrice (1923-2007)

Un des pionniers de l’écologie politique en France et en Europe. Partant d’une réflexion sur le travail et la consommation dans le capitalisme, il écrit dès 1975 Écologie et Liberté. Avec la critique des besoins, l’écologie pousse en retour à approfondir la critique du capitalisme. Selon A. Gorz, l’écologie n’acquiert toute sa charge critique que si les dévastations de la planète et la destruction des bases vitales de l’humanité sont comprises comme les conséquences d’un mode de production.

La réflexion d’A. Gorz s’approfondit avec l’analyse du capitalisme cognitif, qui fonde sa domination sur l’asservissement de l’intelligence à des fins étrangères à l’humain : il s’agit d’abolir la nature dans la perspective de la création de nouvelles espèces posthumaines.

 

 

 

Jacques Ellul et la simplicité volontaire (1912-1994)

Toute sa vie, il s’est montré fidèle à la maxime « Penser globalement, agir localement ». À l’issue d’une réflexion entreprise avec Bernard Charbonneau sur la disparition du monde rural au profit d’une normalisation croissante de l’humanité sous l’emprise de la technique, il publie en 1954 La Technique ou l’Enjeu du siècle.

 

 

Les écophilosophes

Aldo Leopold
le sage forestier (1887-1948)

Il a consacré sa vie à la protection de la nature. Écrit au crépuscule de sa vie et publié en 1949, l’Almanach d’un comté des sables est devenu au long des années pour la jeunesse américaine « le bréviaire de la foi nouvelle dans l’équilibre de la vie » selon J.M.G. Le Clézio dans la préface qu’il en a écrite pour l’édition française.

Hans Jonas
l’éthique du futur (1903-1993)

Élève d’Edmund Husserl et Martin Heidegger, il s’est fait connaître, bien au-delà du cercle des philosophes, par son éthique pour l’âge technologique développée dans son œuvre majeure Le Principe Responsabilité (1979).

Arne Naess
le père de l’écologie profonde (1912-2009)

Le philosophe norvégien est passé de Baruch Spinoza à Mohandas Ghandi pour déboucher sur une vision radicale de l’écologie, qui met la nature et non l’homme au centre et n’accorde aucune priorité à l’humain dans la défense des droits des espèces vivantes.

Edgar Morin
la pensée complexe (né en 1921)

De la critique de l’enfermement disciplinaire des sciences jusqu’à l’appel de la transdisciplinarité, de celle du cloisonnement de nos mondes vécus jusqu’à la réflexion menée Pour une politique de civilisation (Arlea, 1997, rééd. 2008), la philosophie d’E. Morin, construite à partir et autour de la grande idée de Terre Patrie, est en constant dialogue avec l’écologie, dans sa double acception, scientifique et politique.

 

John Baird Callicott
l’éthique environnementale (né en 1941)

Philosophe américain, il est le pionnier mondial de l’éthique environnementale, dans la tradition inaugurée aux États-Unis par Aldo Leopold.

Son projet, que l’on a quelquefois apparenté au spinozisme, serait donc de soumettre la puissance de la conscience humaine au monde naturel, pris non dans le sens d’un ordre naturel, mais dans celui de la diversité du vivant et des paysages.

 

Vittorio Hösle
l’idéaliste critique (né en 1960)

L’élève se nourrit de la réflexion de son maître H. Jonas. Loin de toute mièvrerie moralisante, V. Hösle ouvre la réflexion philosophique à une pensée transdisciplinaire qui dépasse le clivage académique et archaïque entre sciences sociales et naturelles

L’option philosophique de V. Hösle est non seulement un choix théorique, mais se fonde consciemment sur l’examen critique des mécanismes économiques, politiques et culturels qui structurent en profondeur l’évolution de nos sociétés

 

Experts et décideurs

Le GIEC, Comité mondial des climatologues

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été mis en place en 1988, à la demande du G7 (groupe des 7 pays les plus riches : États-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande Bretagne, Canada, Italie), par l’organisation Météorologique mondiale et par le Programme pour l’environnement des Nations unies.

Si sa crédibilité a récemment été mise à mal en raison de soupçon sur la fiabilité de certains résultats, la très grande majorité des scientifiques reconnaissent la valeur de son travail.

Les experts européens

La direction générale de l’Environnement, est une des 40 directions générales (DG) de la Commission européenne. Son rôle consiste à proposer et à définir de nouvelles lois dans le domaine de l’environnement et à veiller à l’application des mesures adoptées.

La « green dream team » de Barack Obama

Déclarant lors de son investiture : « Aujourd’hui plus que jamais, la science détient la clé de notre survie en tant que planète et de notre sécurité et de notre prospérite en tant que nation », B. Obama s’est entouré d’un groupe de scientifiques reconnus.

 

 

Les sceptiques

Richard Lindzen
la contestation de l’origine humaine du réchauffement (né en 1940)

C’est une recrue de poids pour les sceptiques puisqu’il est un climatologue mondialement reconnu pour ses travaux par la communauté scientifique, qu’il travaille au prestigieux Massachusetts Institute of Technology, et est ancien membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), dont il a démissionné en 2001. Il conteste globalement les conclusions alarmistes du Giec, la responsabilité de l’activité humaine dans le réchauffement climatique.

 

Bjorn Lomborg
l’écologie au crible des statistiques (né en 1965)

Publié au Danemark en 1998, l’épais volume L’Écologiste sceptique est devenu rapidement un best-seller international. Il a sonné le début de la réaction sceptique. Son auteur, professeur de statistiques, se présente comme un ancien écologiste, sympathisant de Greenpeace et qui a changé d’avis. Dans son livre, B. Lomborg passe au crible les théories en vogue sur le réchauffement, la surpopulation, la déforestation, l’extinction de la biodiversité ou le manque d’eau.

 

 

Claude Allègre
polémiste éruptif

L’Imposture écologique ou la Fausse écologie (Plon, 2010). Le géologue Vincent Courtilot, ancien assistant de Claude Allègre, a enfourché la même bataille. Aux arguments scientifiques, il ajoute les attaques personnelles : n’hésitant pas à dénoncer les intérêts personnels des Al Gore ou Nicolas Hulot, pour qui le message écologique serait devenu un marché juteux.

 

 

Benoît Rittaud
pourfendeur des « carbocentristes »

Mathématicien, maître de conférences à l’université Paris-XIII, B. Rittaud reprend dans Le Mythe climatique (Seuil, 2010), les grands thèmes anticatastrophistes en critiquant la pertinence des modèles, la fragilité des statistiques moyennes de l’évolution du climat, qui n’ont selon lui pas grand sens.

 

 

Christian Gerondeau
le dénonciateur véhément (né en 1937)

Auteur de CO2, un mythe planétaire (Toucan, 2009). Le « paradoxe Gerondeau » s’énonce ainsi : qu’on le veuille ou non, les réserves de pétrole vont s’épuiser. Ce n’est qu’une question de temps. Car on ne peut pas croire que l’on va arrêter d’en consommer. L’augmentation des émissions de CO2 est donc inéluctable et n’est qu’une question de rythme. Mais peu importe : car il n’en résultera aucune catastrophe.

Petite précision : il est aussi président de la Fédération française des automobile clubs.

 

Les prophètes

Rachel Carson
L’écologie devient populaire (1907-1964)

Dans son ouvrage traduit en France en 1963 sous le titre Le Printemps silencieux, Rachel Carson ouvrait la piste « d’une autre route », universellement reprise par les mouvements écologistes depuis un demi-siècle.

René Dumont
contre le capitalisme (1904-2005)

Connu comme l’agronome de la faim, en se portant candidat à l’élection présidentielle de 1974, il apporte à l’écologie politique française une coloration radicale, tiers-mondiste et anticapitaliste. Il pose les conditions d’une réorientation radicale de la société française dans son ouvrage L’Utopie ou la Mort (1973).

 

 

 

Nicolas Hulot et l’urgence climatique (né en 1955)

Il est surtout connu comme producteur des émissions « Ushuaïa », consacrées à la mise en valeur des beautés de la planète et aux dégradations qui la mettent en péril.

 

 

Al Gore
L’ex-futur président (né en 1948)

Vice-président de Bill Clinton (1993-2001), candidat démocrate malheureux à la Maison Blanche en 2000, il se consacre à partir de 2004 à la cause écologique.

Il est l’inspirateur et le personnage principal du documentaire An Inconvenient Truth (Une vérité qui dérange) qui montre avec clarté et sans erreur scientifique les effets délétères du réchauffement climatique.

Les décroissants

François Partant
à la recherche du monde idéal (1926-1987)

Banquier du développement, il a pris acte des aberrations des politiques de développement dans le tiers-monde. Il fut le premier à proposer l’idée d’un après-développement. Son livre La Fin du développement. Naissance d’une alternative ?(1982), après une critique sans concession de l’idéologie du progrès, théorise ce que pourrait être une alternative au vieux monde agonisant.

association la ligne d’horizon

 

Serge Latouche
penseur de l’après développement (né en 1940)

 

Paul Ariès
la décroissance entre en politique (né en 1956)

Leonardo Boff