le nouveau peuple – des origines à 250- résumé

 

 

HISTOIRE DU CHRISTIANISME 

(Sous la direction de Jean-Marie Mayeur-Charles et Luce  Pietri-André Vauchez -Marc  Venard)

Un livre mais un trésor de culture dont l’ampleur et la qualité exceptionnelle voudraient qu’il se trouve en bonne place dans toutes les bibliothèques des amoureux de l’histoire. La monumentale Histoire de l’Église prévue en 24 volumes, publiée entre 1934 et 1962 par les professeurs Augustin Fliche et Victor Martin, était restée inachevée : il s’agissait, dans un premier temps, de terminer et de compléter cette publication. Or, bien vite, l’entreprise est apparue comme impossible ; c’est alors qu’André Paul, à qui avait été confiée la mission de piloter le projet, décida de lancer une nouvelle histoire, rédigée dans un esprit moins confessionnel et plus scientifique, et qui donnerait notamment leur place au christianisme oriental et au protestantisme, en tenant compte des dernières recherches effectuées dans cet immense domaine depuis cinquante ans. Après en avoir esquissé l’architecture, il s’accorda en 1981 avec Charles Pietri pour mettre en oeuvre la grandiose entreprise qui nécessita la collaboration de plus d’une centaine d’historiens contemporains.

Quand le projet débuta en 1981, beaucoup craignaient que l’entreprise ne fût trop ambitieuse et ne parvînt pas à sa conclusion. En 1991 cependant paraissaient les deux premiers volumes et, en dix ans, les douze volumes prévus initialement, qui étaient devenus treize, virent le jour. Bien plus encore, grâce à l’enthousiasme de François Laplanche et à l’ardeur d’André Paul, un quatorzième volume d’Anamnésis, c’est-à-dire de finale, complété par un index, vint compléter il y a un an, cet ensemble complet de 14 volumes. Ce monument aujourd’hui achevé (avec des éditions allemande, italienne et polonaise) peut devenir le cadeau exceptionnel, sans doute acquis étape par étape, que tous les amateurs d’histoire aimeraient recevoir.

 

 

LE NOUVEAU PEUPLE 

(DES ORIGINES A 250)

 sous la responsabilité  de LUCE PIETRI

collaborateurs du tome I
Alain LE BOULLUEC, directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études.
Luigi CIRILLO, professeur à l’Institut universitaire oriental de Naples.
Jacques FLAMANT, professeur à l’université Paul-Valéry de Montpellier.
Simon LEGASSE, professeur emèrite de l’Institut catholique de Toulouse.
Claude LEPELLEY, professeur à l’université de Paris X-Nanterre.
Pierre MARAVAL, professeur à l’université de Paris IV-Sorbonne.
Daniel MARGUERAT, professeur à l’université de Lausanne.
André PAUL, bibliste et historien, Paris.
Michel-Yves PERRIN, maître de conférences à l’université de Paris X-Nanterre.
Luce PIETRI, professeur à l’université de Paris IV-Sorbonne.
Bernard POUDERON, professeur à l’université François-Rabelais de Tours.
Victor SAXER, recteur honoraire à l’Institut pontifical d’archéologie chrétienne.
Madeleine SCOPELLO, chercheur au CNRS.
Bernard SESBOÜÉ, professeur au Centre-Sèvres, Paris.
Etienne TROCMÉ, professeur émèrite à l’université Marc-Bloch de Strasbourg.

Pour les éditions Desclée
Pierre-Marie Dumont, directeur général.
André Paul, directeur littéraire.
Annie-Laurie Clément, fabrication.
Anne-France Seydoux , suivi d’édition.
Chantai de La Hautemaison, secrétariat d’édition et index.
Cartographie : Gilles Alkan.

dépôt légal : novembre 2000

 

Avant-propos
par Luce PIETRI

Rompant avec les divers modes de datation durablement en usage dans l’Antiquité, un moine d’origine scythe, Denys le Petit, établit, à la demande de son évêque, en 525, mais sans succès dans l’immédiat, un comput général nouveau partant de l’année de l’Incarnation, qui correspond, d’après ses calculs, à l’an 754 suivant la fondation de Rome. Cette nouvelle ère, appelée à s’imposer au Moyen Âge à tout l’Occident, sanctionne une conception déjà présente chez les premiers chrétiens, celle du temps comme déroulement du plan de Dieu sur le monde, dans lequel la Passion de son Fils fait homme constitue l’événement central d’une histoire du salut. Il s’en faut cependant de beaucoup que ce dernier événement ait, au regard des contemporains de Jésus, défrayé la chronique. La mort ignominieuse sur la croix d’un obscur agitateur qui avait semé le trouble au sein du peuple juif, dans
une petite province de l’Empire romain, la Palestine, et qui avait obligé le gouverneur à intervenir pour rétablir l’ordre, était largement passée inaperçue de l’opinion païenne. Il s’en faut aussi de beaucoup que les deux premiers siècles ensuite écoulés – ceux auxquels est consacré cet ouvrage – aient alors paru porteurs de cette immense révolution que fut, à la fin du IV e siècle, à la suite de la conversion de Constantin, l’adoption du christianisme comme religion officielle de l’Empire. Certes, prêchée par les apôtres auprès des juifs et, notamment à l’initiative de Paul, auprès des gentils, la foi nouvelle faisait lentement, dans des milieux de plus en plus divers et dans différentes provinces, des adeptes. Mais les communautés fidèles, peu nombreuses et isolées, furent bientôt en butte à la suspicion et à l’hostilité des foules païennes, de loin majoritaires, ainsi qu’au mépris des élites, raillant l’inculture de simples d’esprit, à leur sens victimes d’une imposture. Aussi, les fidèles d’une religion qui n’avait pas reçu des autorité romaines le label de religio licita se trouvaient-ils périodiquement et localement – sans qu’il parût nécessaire d’exercer contre cette infime minorité des poursuites systématiques – sujets à des accusations portées devant les tribunaux, et condamnés, s’ils s’entêtaient dans leur « folie », au châtiment capital que méritaient de supposés délits de droit commun ou, plus sûrement, le crime d’apostasie à l’égard des divinités protectrices de Rome. D’autre part, au sein même de l’Église naissante qui affirmait sa vocation à l’universalité, le message évangélique était l’objet d’interprétations divergentes qui, tels la gnose, le marcionisme ou le montanisme, mettaient en péril l’unité de la foi. Cependant, face à ces menaces se dessine, à partir du IF siècle, une puissante réaction. Progressivement, les communautés ecclésiales, dont les membres, intégrés par le baptême, participent au rite de l’eucharistie, se dotent d’une organisation plus solidement structurée pour un meilleur encadrement des fidèles, tout en resserrant entre elles les liens d’une communion charitable dans la même foi et la même espérance. Parallèlement, une lignée d’apologètes s’efforce de démontrer, à l’adresse des autorités et de l’opinion, que les chrétiens, respectueux des lois d’ici-bas, sont, du fait même de leurs exigences morales, les meilleurs des citoyens. Ce faisant, ils usent, pour mieux convaincre, des ressources de la rhétorique classique, tandis que se lève une génération de penseurs chrétiens – ainsi Irénée de Lyon, Hippolyte de Rome, Clément d’Alexandrie, puis Origène – qui, empruntant à la philosophie hellénistique ses concepts, élaborent une véritable réflexion théologique. Alors se fixe le canon du Nouveau Testament et se constitue, fondée sur l‘Ecriture et sur la Tradition garantie par la succession apostolique, la doctrine
chrétienne. Au milieu du IIIe siècle, le christianisme, qui a touché, quoique inégalement, toutes les régions du monde romain, constitue une force sociologique et idéologique assez puissante pour susciter, en réaction, une première tentative d’éradication systématique, sous la forme de l’édit publié par Dèce, mais aussi pour démontrer sa capacité à résister à une persécution généralisée. De cette évolution, les auteurs du présent ouvrage, unis par un même objectif scientifique, ont souhaité rendre compte, en dehors de tout parti pris confessionnel et de tout dessein apologétique. Venus de divers horizons, ils ont voulu œuvrer, non en exégètes ou en théologiens, mais en historiens du christianisme, avec l’objectivité et le respect dus au sujet étudié que requiert leur métier. Tous pourraient donc souscrire à la noble déclaration que leur illustre devancier du XVIIe siècle, Lenain de Tillemont, fit figurer en épigraphe à ses Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique : « L’auteur se contente de chercher la vérité des faits et, pourvu qu’il la trouve, il ne craint pas qu’on en abuse, étant certain que la vérité ne peut être contraire à la vérité, ni par conséquent à la piété, qui doit être fondée sur la vérité. »

Note de l’Éditeur:

La démarche et le contenu de ce tome Iier restent dans le cadre du christianisme proprement dit. L’éclairage en amont de la mission et du message de Jésus de Nazareth, le fondateur, par « l’histoire politique et sociale, religieuse et culturelle du judaïsme ancien », fera l’objet de l’une des trois grandes parties du tome XIV, le dernier de la publication. Celui-ci sera consacré de quelque façon à 1’« Alpha
et l’Oméga» du christianisme dans l’histoire. Il comprendra aussi un Index thématique commenté des treize tomes précédents, ainsi qu’un corpus raisonné d’interventions transversales ou de synthèse. Les références des Livres bibliques sont ici celles de la Bible de Jérusalem.

table des matières 

 

INTRODUCTION : JÉSUS DE NAZARETH, par Daniel Marguerat

 

Première partie Naissance du christianisme

 

Deuxième partie L’Église souffrante et militante

 

Troisième partie Les diverses sphères du monde chrétien (fin IIe siècle-début IIIe siècle)

Quatrième partie La chrétienté dans la première moitié du IIIè siècle 

CHRONOLOGIE   

CARTES 

 

 

 

 

 

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