Les miracles – au-delà de la raison

photo du Christ Rédempteur du Corcovado à Rio  de Janeiro avec la lune à bout de bras

prise le 4 juin 2023 par Léonardo Sens

 

En vérité, en vérité je vous le dis celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père ; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le fils Saint Jean, 14,12

 

5 octobre 2023

Didier Van Cauwelaert, romancier, auteur dramatique, scénariste, librettiste,  cumule depuis ses débuts prix littéraires et succès publics. Souvent qualifié « d’écrivain de la reconstruction », il est l’un des rares romanciers à avoir été adapté au cinéma à Hollywood. Traduit dans une trentaine de langues, il a publié plus de quarante livres, qui ont dépassé les six millions d’exemplaires.

les commentaires sur Amazon

 

Un parcours du livre qui suit son plan, enrichi par des photos et vidéos

1 C’est miraculeux ou ça ne l’est pas : Lourdes depuis 1858  : plus de 7200 guérisons inexpliquées par le comité médical et 70 retenues comme miracles par l’Eglise. ( la maladie doit être grave et prouvée, toucher un organe précis et la guérison, en l’absence de tout traitement médical efficace, doit être anormalement rapide, sans convalescence et définitive avec le recul)  cf Pierre Lunel (ancien pdt Université de Paris 8 : les guérisons miraculeuses, enquête sur un phénomène inexpliqué, Plon , 2002

 

On ne peut qu’ironiser quand on voit une marque, crème de Lourdes ou savon de Lourdescf la Boutique des chrétiens -venir remplir ses bidons aux robinets publics du sanctuaire.

Mais les persiflages s’enrayent quand on s’immerge dans les archives du Comité médical international de Lourdes – cf bureau des Constatations Médicales –   composé d’une trentaine de spécialistes qui instruisent des dossiers dont l’étude peut durer des décennies. Résultat : depuis 1858, la médecine a reconnu 7200 cas de guérisons inexpliqués à Lourdes (auxquels s’ajoutent les cas de guérisons remarquables qui s’en différencient  et l’Eglise n’a reconnu que 70 miracles.

Parmi ces 70 miraculés, et parmi les derniers   : – cf plus de détails sur le site : « les miracles de Lourdes  » 

  • le n° 52 : Jeanne Frétel ( péritonite tuberculeuse, cancer de l’intestin)
  • le n° 66 : Jean-Pierre Bély ( sclérose en plaques)
  • le n° 68 : Serge François témoigne -cf vidéo ci -dessous

 

 

Pour plus de détails cf la page miracles et guérisons à Lourdes

Voir aussi le livre de Pierre Lunel, ancien président de l’Université de Partis 8 – cf son site– et son livre  les guérisons miraculeuses, Plon 2002, qui est un passionnant travail de synthèse et qui fait ce constat à propos de l’Eglise : « comme si elle voulait raréfier les miracles, l’Eglise rajoute ses propres critères à ceux de la médecine »

2 Un miracle en direct à la télévision 

Le 7 novembre 1999, lors de l’Assemblé plénière des évêques de France, une messe est célébrée par trois cardinaux ; Mgr Lustiger, Billé et Eyt. Une des hosties se soulève en oscillant vigoureusement et demeure en suspension à 3 cm de l’autre durant cinq minutes. Cf la présentation sur le site La Lumière de Dieu. L’Eglise est très prudente car   les prodiges ne sont pas forcément d’origine divine mais peuvent résulter de désordres psychiques ou de pouvoir occultes induits par le spiritisme

3. Métamorphose d’hosties :

Tout commence au VIII ème siècle dans un village italien nommé Lanciano . Le moine qui célèbre la messe ne croit plus en la présence réelle du Christ au moment de la communion.  Or, à ce moment là,  le vin devient sang et l’hostie se transforme en morceau de chair.  En 1970, avec l’autorisation du Vatican, des analyses scientifiques sont effectuées sur ce sang et cette chair conservés depuis cette époque. Elles seront publiées le 4 mars 1971. Il s’agit bien de sang coagulé du groupe AB  et le morceau de chair est un fragment de cœur comme pour le Linceul de Turin, le suaire d’Oviedo et la Sainte Tunique dArgenteuil.

En Corée, à Naju, le 29 juin 1985, Julia Kim  guérie d’un cancer incurable, a acheté une statuette de la Vierge Marie qui se met à pleurer du sang tout en parlant à la jeune femme de la célébration eucharistique, de la conversion de la Corée du Nord, des errances et turpitudes du Vatican.

Mme Kim commence à transformer les hosties en chair sanguignolente. ( cf le site najumary.kr). C’est un  évêque de passage en 1995, Mgr Roman Danyalak, évêque de Nyssa, qui rédige et signe le procès-verbal de cette « transsubstantation »  Elle assiste le 22/10/95 à une messe célébrée   par le pape Jean-Paul II et reçoit la communion. L’hostie se transforme en chair sous forme de cœur. Une intense indignation se répand à ce sujet au Vatican et en 2008, alors qu’elle affirme avoir le soutien du pape, elle tombe sous le coup d’une excommunication  par Mgr Victorinus K Youn archevêque de Kwangiu.

Lors de son voyage en Corée en 2014 le pape François béatifia 124 martyrs locaux mais refusa les questions concernant Julia Kim.

Le 18 août 1996 à Buenos-Aires, à l’occasion d’une messe, une hostie est retrouvée au fond de l’église,  elle est  ramassée par le prêtre puis plongée dans un verre d’eau distillée et conservée ensuite au tabernacle. Elle se transforme en matière sanguignolente. Mr Bergoglio, qui deviendra le pape François décide d’abord de la faire photographier puis, en 99, de la faire analyser : il s’agit d’un code génétique humain provenant d’un cœur enflammé. Plusieurs laboratoires seront sollicités et confirmeront les premières analyses ; sang du groupe AB positif avec propriétés physiques et chimiques intactes. cf miracles eucharistiques de Buenos Aires

Etonnamment, alors que 40% des prêtres avouent ne plus croire en la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, ces preuves ne font l’objet d’aucune reconnaissance par l’Eglise. A Buenos-Aires ce sont les laboratoires laïcs et non l’Eglise qui ont communiqué sur ce phénomène.

4. Emile Zola : deux miracles pour un sceptique

En 1891, de retour d’une cure à Cauterets, E. Zola fait un crochet par Lourdes et assiste à l’arrivée des malades puis se livre à son enquête autorisée par le dr Boissarie, du bureau médical du sanctuaire  : il écrira ensuite son livre Lourdes qui est un roman de la souffrance et  de la crédulité,  un brûlot anticlérical.

Zola retournera sur les lieux quelques mois plus tard en se glissant incognito dans le Pélerinage national.  Dans le « Train blanc » il choisit deux malades visiblement à l’agonie, deux femmes qui lui servent de modèle : mme Lebranchu 35 ans, tuberculeuse au dernier degré et Marie Lemarchand, 18 ans elle -même au stade ultime d’une tuberculose galopante et victime en outre d’un lupus qui recouvre son visage de plaies ulcéreuses.

Après un seul bain dans la piscine, Marie Lemarchand accourt au bureau médical et s’écrie : « je suis guérie ».  E Zola, anticlérical, reconnaîtra honnêtement cette guérison et la consignera sur le registre au  bureau des entrées. Un  peu plus tard, Marie Lebranchu arrive elle aussi aussi au bureau pour déclarer qu’elle est guérie, Zola devant ce deuxième cas de guérison ne peut alors retenir ses larmes.

Six ans plus tard, le 6 juin 1908 Mgr Amette, archevêque de Paris, éleva conjointement les deux Marie au rang de miraculées sous les numéros 16 et 17.

5 Le linceul de Turin : et la chair se fit lumière

cf la page des principaux livres sur le linceul de Turin 

Négatif du visage du linceul de Turin (1898).

 

Le linceul de Turin est l’un des mystères les plus étudiés de tous les temps, improprement appelé « Saint-Suaire« .(cf wikipedia :suaire de Turin)

Ce linge fameux, conservé à Turin depuis 1578, est une pièce de lin de 4,36 m de long sur 1,10m de large, repliée dans le sens de la longueur sur le cadavre.  Sa particularité est qu’il comporte à la fois une empreinte et une image. L’empreinte est celle d’un homme flagellé et crucifié, le flanc percé d’un coup de lance. L’image est celle d’un négatif photo révélé par les clichés de Secondo Pia des 25 et 28 mai  1898. On sait aujourd’hui que l’image fut produite par une roussissure de certains fils de lin et s’est imprimée à plat, sans les déformations dues à la présence du corps. L’image s’est donc formée alors que le linge était vide. C’est ce qu’ont constaté les physiciens de l’étude internationale en 1978. ils l’ont appelé impression retrait sans contact.(cf le livre de Piereluigi  Baima Bollone :    101 questions sur le Saint-Suaire paru en 2001). L’hypothèse d’ Henri Broc, le zététiste ( cf là : zététique),  en 2001, dans son livre sur le paranormal, suppose qu’ils s’agit de pigments de peinture mais Didier Van Cauwelaert démontre pourquoi cette hypothèse ne tient pas.

Le parcours du linceul, qui aurait donc près de deux mille ans, n’a rien de limpide – cf là le parcours du linceul-. En 131 de notre ère, on commence à parler de la présence à Edesse – aujourd’hui Urfa au NE d’Alep en Turquie- d’un tissu possédant l’empreinte du corps du Christ. La ville devient alors et de ce fait, un centre de pèlerinage important pour les chrétiens. A la suite d’ invasions, on perd sa trace et il ne sera retrouvé qu’en 525 à la reconstruction d’Edesse après de terribles inondations. L’image du linceul porte le nom de Mandylion dont le faciès se retrouve sur les monnaies de Justinien II (685-711)

L’empereur romain Lécapène s’en empare en 944.  Elle reste la pièce maîtresse du trésor impérial jusqu’en 1204 et disparaît lors du pillage de Constantinople par les croisés. La relique réapparaît 150 après, sans doute le résultat des croisades, à la collégiale de Lirey, bourgade de Champagne, à une vingtaine de km au sud de Troyes, où elle donnera lieu à un culte ésotérique par son propriétaire Geoffroi de Charny.

Vendue au plus offrant, elle deviendra propriété de la maison de Savoie en 1453 qui la léguera au Saint-Siège en 1983. cf histoire du Suaire de Turin sur Wikipedia

Ce qui renforce le poids des principales constatations scientifiques sur le linceul  c’est que les plus importantes ont été faites par des agnostiques : le Pr Delage qui authentifie l’empreinte sanguine en 1902 – cf là les mathématiques appliquée qui confirme l’étude de Delage- et le professeur Marion.

Le Pr Marion, directeur de l’Institut d’optique d’Orsay, authentifie l’image en 2000. De même, le botaniste Avinoam Danin de l’Université hébraïque de Jérusalem , qu’on ne peut soupçonner de proximité avec les chrétiens de part sa religion, a démontré le fait que la présence de certains pollens de certaines fleurs retrouvés sur le linceul démontraient qu’ils ne pouvaient  provenir que de Jérusalem, lieu où ces fleurs étaient historiquement connues et avant le VIIème siècle, au cours duquel elles ont disparu.

Longtemps, l’hypothèse rationaliste de l’artefact fabriqué au Moyen Âge s’est basée sur l’analyse au carbone 14 effectuée en 1988 par trois laboratoires dont celui de W. Libby qui situait sa fabrication entre 1260 et 1390 ( cf datation au carbone 14 du Suaire de Turin). La preuve scientifique était donc alors fournie  que le linceul était un faux fabriqué au Moyen-Age. Cette hypothèse prévalut alors chez tous ceux qui refusaient son origine jusqu’à ce qu’il soit montré que cette analyse avait été faussée par le choix du prélèvement de tissu fait sur une bordure qui était une reprise faite en coton sur le linceul de lin. En avril 2022, une nouvelle étude publiée par des chercheurs italiens a ajouté une pièce de plus dans le dossier des partisans du linceul. D’après celle-ci, l’analyse du tissu aux rayons X, conduit à penser que l’objet daterait bien de la période de la vie de Jésus. Ce qui invaliderait la datation de 1988. (Pour plus de détail cf article la Nef) ( cf aussi le suaire de Turin)

Deux autres reliques semblent confirmer, par superposition, l’authenticité du linceul : il s’agit du Suaire d’Oviedo propriété de l’Eglise d’Espagne et l’autre, la Sainte Tunique d’Argenteuil, offerte par Charlemagne à sa fille Abbesse du monastère d’Argenteuil.

Résultat pour le linceul : Alors que le Pr Delage concluait en 1902 qu’il y avait une chance sur 10 milliards pour que le linceul ne soit pas celui du Christ , Giulio Fanti de l’ingénierie de Padoue arrive à une chance sur 10 suivi de 100 zéros !

Des professeurs de laserthérapie, Gaston Ciais , université de Rome et JP Rocca de l’université de Nice, ont réussi à roussir une trame de lin avec un laser CO2 de 1 watt. (cf livre de D. Cauwelaert de 2005 cloner le Christ ?) montrant ainsi la possibilité d’obtenir  sous l’effet d’une certaine lumière.

Selon les connaissances scientifiques actuelles, chacun des noyaux de notre ADN émet une lumière laser  naturelle, moyen de communication entre nos cellules. Ciais a recours à la Transfiguration où le corps du Christ rayonne d’une lumière insoutenable. La Transfiguration est fêtée le 6 août par les chrétiens depuis le Vème siècle. (on retrouve aussi l’image d’humains sacrifiés sur les murs de Hiroshima après l’explosion de la bombe en 1945 ce qui démontre la possibilité sous certaines conditions d’obtenir de telles images.)

6 La Guadalupe : Sainte Vierge ou déesse aztèque ?

 

 

Nous sommes le 12 décembre 1531 et un indien aztèque frappe à la porte de l’évêché de Mexico. Cet indien qui a été rebaptisé Juan Diego par les colons, dit qu’il vient de la part de la Vierge Marie qui lui est apparue trois fois  sous le nom de « Notre Dame de Guadalupe«  sur le chemin de la messe. Elle veut qu’il offre à l’évêque le bouquet de roses qu’elle lui a fait cueillir. Le serviteur comme l’évêque, sont troublés de recevoir ainsi des roses en plein hiver à un moment où elles ne poussent pas.

La Vierge demande en outre la construction d’une chapelle sur la colline de Tepeyac.   qui est l’ancien lieu sacré   de la déesse-mère aztèque Tonantzin.

L’évêque tombe à genou car vient d’apparaître sur l’habit du pauvre Juan Diego l’image imprimée de la Vierge Marie.

Cette tunique de Juan Diego est de ce fait et depuis lors, exposée à Mexico depuis près de cinq siècles. Elle est toujours en parfait état de conservation. Pourtant, elle est faite de fibre d’agave appelé tilma, extrêmement fragiles dont la durée de vie n’est que d’une vingtaine d’années. Vingt millions de pèlerins défilent chaque années à la basilique de Guadalupe, ce qui en fait le plus grand pèlerinage de la chrétienté. ( à titre de comparaison, les pèlerinages de Lourdes sont de l’ordre de 3 millions de pèlerins par an).

basilique de Guadalupe

L’image  de la Vierge sur la tunique a fait l’objet des études scientifiques les plus poussées sans jamais que l’on puisse scientifiquement  expliquer par un phénomène naturel la création  de cette image.

En 1936, le prix Nobel de chimie Richard Kuhn a estimé que les couleurs ne sont ni de nature végétale, ni animale, ni minérale.

En outre, les yeux de cette Vierge présentent les caractéristiques d’un organe vivant ce qu’a confirmé en 1956 le chirurgien ophtalmologue Torija Lavoignet . (cf). ( cf sur ophtasurf)

En 1958, on découvre le reflet dans les yeux des témoins de l’apparition à savoir l’évêque de Mexico et son entourage. Ces observations sont confirmées en 1975 par plusieurs autres ophtalmologues. ( pour plus de détail cf là l’article sur Aletéia)

Pa ailleurs, le Pr Hernandez Illescas, docteur en astronomie, démontera cartes à l’appui, que les étoiles figurant sur le manteau de la Vierge reproduisent l’exact emplacement des constellations au-dessus de Mexico le 12/12/1531 à 10h26 au moment où l’image s’est formée : c’est une projection directe du ciel sur l’étoffe.

Mais les indiens furent aussi bouleversés par ce que leur disait l’image. Le manteau de la Vierge conforme à celui porté par une juive du 1er siècle, est ornée de broderies fleuries représentant de symboles aztèques.

La dernière découverte est celle faite en 2020 de Fernando Ojeda à partir d’un postulat de Pythagore.

Pour Pythagore, les nombres harmonieux entre eux donnent des sons harmonieux.  Sur cette base, le mathématicien a réalisé une composition qu’a enregistrée l’orchestre symphonique de Vienne  que l’on peut entendre ci-dessous :

voir la page sur les livres relatifs à Notre Dame de Guadalupe et Juan Diego

7 Marie et Jésus : l’incroyable énergie des contraires 

En premier lieu, le drap funéraire acheté par Joseph d’Arimathie pour ensevelir Jésus est une étoffe précieuse réservée aux plus riches. Par contre, la tunique du Juan Diego est un vêtement de pauvre  en fibre d’agave qui n’aurait pas dû se conserver plus de vingt ans.

Le linceul, dès l’origine, est contesté et l’on perd sa trace à plusieurs reprises.  On ne le sort actuellement de son reliquaire constitué d’un caisson blindé empli de gaz inerte qu’à de brèves et rares ostentations.

La tilma n’a jamais voyagé et reste exposée à la vénération des foules depuis 1531. Aucune substance humaine n’imprègne le vêtement de Juan Diego alors que le linceul conserve le sang et les sérosités d’un cadavre.

Le Linceul ne produit pas de miracles et c’est ce que soulignent certains pour douter de son authenticité. Mais son rôle était il celui-ci alors que l’Eglise durant près de 20 siècles a tenu le rôle central de diffusion du message des Evangiles ? Mais elle s’est écarté, à partir de la deuxième moitié du XXè siècle,  de son double rôle fondateur, l’incarnation du fils de Dieu et sa résurrection.  C’est alors que le drap de lin a parlé à la science…

Ces deux pics de l’énergie, masculine et féminine, que sont le Linceul et la Tilma ne sont-ils pas là pour encourager notre évolution et découvrir un nouveau mode d’emploi de nous-mêmes ?  L’insolence suprême des miracles ne serait elle pas au bout du compte, de nous suggérer qu’ils relèvent d’un processus naturel ?

8 « Trop de miracles  » : le cas Yvonne Aimée

« Trop de miracles » ! « trop de dons » ! C’est par ces mots que le cardinal Ottaviani propréfet pour la doctrine de la Foi, refuse le dossier de béatification d’Yvonne Aimée en 1960.

Décorée 6 fois pour son action pendant l’Occupation Yvonne Aimée de Malestroit est considérée par certains comme « la nouvelle Jeanne d’Arc »

 

 

 

Pourtant, elle fait l’objet d’un veto officiel du Saint Siège, assorti le 16 juin 1960, d’une interdiction absolue de publier sur elle le moindre ouvrage. L’abbé Renè Laurentin, ce théologien qui a publié plus de 150 ouvrages,  se dresse contre cette interdiction qu’il juge scandaleuse. Il obtient finalement  du futur pape Benoît XVI l’autorisation pour un livre uniquement. Laurentin lui en consacrera en définitive 12 autres.

Orpheline de père à trois ans, la jolie Yvonne manifeste dès son enfance une vocation active, joyeuse, semée d’événements mystiques parfaitement « naturels » pour elle. Avec son sang, à l’âge de 9 ans, elle écrit qu’elle se donne à Jésus entièrement et pour toujours.

Elle décide de prendre le voile à 15 ans mais sa mère refuse et lui cherche un mari. Elle écrit aussi des romans. Son état de santé devient désastreux après une paratyphoïde  et elle envoyée au fin fond de la campagne bretonne dans la clinique des Augustines du couvent de Malestroit qui deviendra le centre de sa vie spirituelle et de sa vie héroïque. C’est là que le 5 juillet 1922, elle raconte que Jésus lui est apparu alors qu’une croix se dessine sur le mur et qu’il lui demande : « veux tu la porter ? »

Dès lors, elle sera assaillie de prédictions soudaines qu’elle notera dans des carnets. Ainsi, elle notera en 1922 que la France sera envahie en 1939 par « des hommes verts ». Le 25 mars 1929 elle décrit une scène qui se déroulera 20 ans plus tard le 7 août 1949 : ce sera la remise de sa sixième médaille, la King’s Medal for Courage. Ce souvenir l’a t-il aidée à résister à la torture dans les geôles de la gestapo en 1943 ?

Avec ses prédictions, apparaît peu à peu la panoplie du mysticisme :  les stigmates de la Passion, la xénoglossie ( elle parle des langues qu’elle ignore), la bilocation ( elle se retrouve dans plusieurs lieu à la fois) A ses yeux, cela est un moyen pour améliorer ses qualités de transmission. Elle entend les prières qui montent de tous les coins de la Terre et elle s’y unit.

Elle en retire une jubilation. Être joyeux c’est être charitable dit elle. Elle « aspire » les pathologies graves de diverses personnes qui s’en trouvent aussitôt délivrées alors que les symptômes se développent dans son organisme.

Dans son couvent auront lieu ses bilocations extraordinaires : la nuit du 10 mai 1927 on la voit dans les flammes d’un incendie à Troyes puis huit jours plus tard on la voit au Paraguay alors qu’elle est alitée à Malestroit.

Elle participe aussi au sauvetage de quatre sous-marins à l’occasion du sabordage de la flotte dans la rade de Toulon le 28 novembre 1942  alors qu’elle est au fond de son lit breton.

Yvonne Aimée travaille à la création d’une Fédération de monastères féminins réunissant les communautés d’Europe et d’Afrique et dont elle sera élue supérieure générale en 1946.

En 1923, on lit dans son journal du 6 juillet, qu’elle est informée qu’elle sera accusée de mensonge et Untel ( non désigné) la fera passer pour une fausse mystique. Le prêtre en question- Untel– la somme de démissionner de ses fonctions et de quitter Malestroit et il transmettra le dossier d’accusation sur lequel il travaille depuis 3 ans. qui,  vu le contexte, – publication du livre de Maurice Garçon :  Magdeleine de la Croix, abbesse diabolique, (cf )  la condamnera sans appel.

A l’heure où Didier van Cauwelaert  écrit son livre, le dossier de béatification est toujours bloqué au Vatican malgré les relances de sa communauté et celle de l’évêque de Vannes.

9 Padre Pio : le cauchemar du Vatican 

Padre Pio est le pendant masculin d’ Yvonne Aimée.  Il fut assailli par le diable et malmené par l’Eglise. Né Francesco Forgione en 1887 à Pietrelcina dans les Pouilles à cent km au NE de Naples.  Il prend son nom de foi en hommage à Pie V, pape  ennemi du luxe et de la bestialité qui prononça l’interdiction de la corrida en 1567.

Padre Pio commencera a ressentir des douleurs dans les mains à 23 ans mais les plaies de la Passion n’apparaîtront qu’en 1918. Il bénéficie aussi de bilocations et réalise des guérisons miraculeuses.  Lors de ses confessions, il lit à livre ouvert dans le cœur des fidèles et leur rappelle à l’occasion, les fautes qu’ils ont évacué de leur conscience et qu’ils cachent en confession.

Il réalise des tours de passe passe avec le temps, l’espace, la vie, la mort et qu’il accomplit à la pelle. Ses bilocations lui permettent d’intervenir sur plusieurs champs de bataille à la fois pour épauler l’armée de terre, la marine ou l’aviation.

Il restait parfois deux mois sans manger ni boire et sans maigrir mais il ne pouvait empêcher sa température de dépasser les 47 degrés, ni son enveloppe charnelle de pratiquer, malgré lui, lévitations et bilocations certifiées par des myriades de témoins.

S’en était trop et rarement, on vit l’Eglise s’acharner autant à neutraliser un mystique.  Le père Agostino Gemelli, toujours lui alors président de l’Académie pontificale des sciences et pur rationaliste, le qualifia de « simple hystérique créant lui-même ses blessures« .

Padre Pio dut sa réhabilitation dans l’Eglise à Paul VI en 1964 date depuis laquelle il fut autoriser à exercer à nouveau son sacerdoce  qui lui avait été retiré. Sa totale réhabilitation est l’œuvre de Jean Paul II qui le fera béatifier puis canoniser trois ans plus tard ce qui est un record.

La médecine le déclara mort de son vivant : le Pr Ewans déclara le 15 mai 1956 que » pour nous médecins, Padre Pio est mort du point de vue biologique. » Car il avait une activité débordante, ne mangeait rien et perdait beaucoup de sang par ses stigmates.

Selon le journal Le Monde, 8 millions de personnes visitent son sanctuaire chaque année ( au moins deux fois plus qu’à Lourdes) . Les autorités ont décidé que ce corps incorruptible et « réactif » serait dorénavant exposé sous vitrine dans son église de San Giovanni Rotondo.

Padre Pio, mort le 23 septembre 1968, est réapparu d’innombrables fois depuis sa disparition. La dernière réapparition, reflète bien à la fois l’humour et la rigueur qui le caractérise.

En 2010, une américaine Cindy Russo apprend que son neveu de 4 ans se meurt d’un cancer incurable. En état de choc, elle se rend en pèlerinage à Rome et alors qu’elle est dans une église, elle est abordée par un barbu en robe de bure. Il lui dit en italien que son neveu va guérir. En rentrant chez elle, les médecins lui déclarent qu’effectivement l’enfant est guéri.

Le 23 septembre 2022, dans une église à Limerick un groupe, de prière irlandais célèbre le 54 ème anniversaire de sa disparition. Deux paroissiennes voient la forme vaporeuse  du capucin sortir de la photo et leur faire coucou de la main avant d’y retourner.

10. Un mort intarissable : Charbel Makhlouf

Yvonne-Aimée et Padre Pio ont marqué l’histoire de leur vivant mais d’autres mystiques n’ont commencé à exister aux yeux du monde que par leurs performances posthumes. Tel est le cas de Charbel Youssef Makhlouf, ermite libanais, décédé en 1898 et qui détient le record mondial de myroblytisme – (cf myroblyte) -ce qui étymologiquement signifie « jaillissement de parfum ». Il s’agit en l’occurence, de la sécrétion post mortem d’une substance visqueuse à l’odeur agréable et qui sort du corps totalement incorrompu de ce pauvre moine. Il fut  exhumé à tout bout de champ, soumis à contrôles périodiques, mais il  produisait toujours  en moyenne 3 g de sécrétion par jour de 1899 à 1965. (soit environ 72 kg sur la période !)

Le Dr Choukralah, une sommité médicale du Liban, examina le cadavre une trentaine de fois et analysa la mystérieuse substance, mélange d’eau et de sang aux agents odorants inconnus. Après avoir éliminé toute hypothèse de supercherie monastique et rappelé que les fluide d’un corps vivant n’excèdent pas 4 litres, il conclut : « voici mon opinion personnelle, basée sur l’étude et l’expérience : ce corps se conserve par une puissance surnaturelle.  »  (cf Paul Daher, Charbel, un homme ivre de Dieu , 1828-1898 , 1993).

Mais avec la production de parfum et l’écoulement de liquide, le défunt moine au comportement effacé de son vivant, mais ostentatoire à titre posthume, avait commencé par émettre de la lumière. Chaque nuit, des sortes de signaux du style gyrophare étaient observés par les habitant d’ Annaya, bourgade en pleine montagne à soixante km au nord-est de Beyrouth.

Quatre mois après l’enterrement, le supérieur du couvent maronite décida, face à l’émoi des villageois, d’exhumer le corps.  Celui-ci fut trouvé en parfait état de conservation comme si il venait d’être mis sous terre. ( procès-verbal signé par 10 témoins ecclésiastiques et laïques du 15 avril 1899). Malgré une exposition à l’air libre durant quatre autres mois, le corps continuait à exsuder son humeur.  Le Vatican voulut éliminer ce problème et on décida de vider le cadavre. Un rapport d’autopsie des entrailles de septembre 1899 conclut que celles-ci présentaient l’aspect d’organes sains d’un être vivant. La commission canonique décida de les faire détruire mais peine perdue : le sang dilué continuait de s’écouler de la dépouille creuse.  On remit le corps ainsi vidé dans un cercueil à l’étanchéité renforcée. Mais peine perdue le corps continuait à exsuder. En 1909 on mis le cercueil debout mais nouvel échec. Alors on recouvrit le corps de chaux vive mais toujours : échec. En 1927 on exhuma à nouveau le corps et on le transféra dans un double coffrage de chêne et de zinc et on le dissimula dans une crypte du monastère que l’on scella au ciment. Le 26 février 1950 on se voit contraint d’exhumer à nouveau le corps car un liquide rougeâtre perle sur le mur : le sang du moine a traversé le bois, le zinc et le ciment !

Le patriarche Antoun Arida estime que ces signes sont destinés à mettre les théologiens catholiques face à leurs contradictions et il ordonne en 1950 une reconnaissance canonique. La même année, des milliers de malades affluent de tout le pays, espérant des guérisons. L’intarissable moine défunt est devenu la star de la chrétienté. En 1954, le pape Pie XII donne son accord pour le procès en béatification. En 1965, de manière subite, la dépouille du myroblythe cesse de suinter et le 5 décembre 1965 le pape Paul VI, à la clôture de Vatican II, préside la cérémonie de béatification du père Charbel qui sera canonisé en 1977.

Sa tombe au monastère d‘Annaya est devenue un haut lieu de pèlerinage  et le nombre de guérisons miraculeuses est en augmentation constante, 98 en une seule année selon Wikipedia et plus de 30 000 recensées à ce jour.

On peut consulter la liste des heureux bénéficiaires sur le site de saint Charbel : cf livre d’or.   L’un des miracles les plus impressionnants est celui de Nohad El Chami qui devient hémiplégique suite à un AVC le 9 janvier 1993. Le 22 janvier, alors qu’elle supplie saint Charbel celui-ci lui apparaît dans une lumière blanche et lui dit qu’il va l’opérer : deux mains se posent sur son ventre, elle sent une violente douleur puis plus rien, elle est guérie et découvre qu’elle n’est plus paralysée. et le cas de Nohad el Chamri est parfaitement documenté et authentifié.

Elle se confond en remerciements auprès du saint qui lui dit : « je vous ai blessée par la puissance de Dieu, afin que les autres vous voient . Car beaucoup se sont éloignés de la prière et de l’Eglise. » Il lui donne rendez-vous à son monastère le 22 de chaque mois pour une messe d’action de grâces, ce qu’elle fait depuis trente ans. Tous les 22, ses cicatrices se rouvrent durant 24 heures laissant couler un sang qui, n’est pas le sien pour encourager les gens à l’appeler au secours et ça marche : en 2012, à l’hôtel Dieu à Paris les médecins préviennent Antoine Prissi atteint d’un cancer du cerveau qu’il n’ a plus qu’une heure à vivre. Son frère Matthieu s’adresse à saint Charbel et l’heure passée, Antoine est toujours vivant ( cf la page facebook  miracles et apparitions)

Charbel Mahlouf est le recordman absolu des miracles post mortem, loin devant Padre Pio. Au cours d’un colloque, un historien a rapproché son cas de celui de sainte Thérèse de Lisieux, effacée elle aussi, de son vivant et qui avait dit : « je veux passer mon Ciel à faire du bien sur terre« . On ne compte plus les guérisons spontanées chez des malades ayant lu son autobiographie vendue à plus de cinq millions d’exemplaires : histoire d’une âme .                  

 

11 Les lettres de sang d’une analphabète, Natuzza Evolo

Son cas est tellement particulier qu’il a fallu inventer un mot pour en parler : « hémographie » .

Humble villageoise de Paravati en Calabre Natuzza Evolo passe une bonne partie de sa vie à saigner du texte. 

Natuzza Evolo : un corps « parlant »

(cf le site Marie de Nazareth)

L’un des premiers témoins de ces sueurs de sang calligraphiées fut l’avocat Silvio Colloca chez qui elle travaillait dès son enfance comme servante. Son témoignage a été recueilli par le Pr Marinelli de l’Université de Calabre qui consacra au phénomène cinq volumes d’investigations critiques. ( cf là une d’un livre édition en italien )

Voilà ce que l’employeur de la fillette décrivit à l’époque : « Elle posait un mouchoir sur sa poitrine et, quand elle le retirait, c’était comme si une machine à écrire avait imprimé  les textes et les dessins qui se lisaient très bien …. L’extraordinaire, c’est que le sang paraissait guidé par une main invisible. »

Des vidéos circulent sur internet, en voici une :

Depuis son plus jeune âge, Natuzza, tout en élevant ses frères et sœurs, manifesta des dons singuliers.

Tandis que sa maman dans le dénuement le plus complet était obligée de se prostituer, son père était parti chercher du travail en Argentine.   » Vous ne savez pas qui je suis ? Natuzza votre fille » . C’est par cette phrase qu’elle parla à son père en se présentant à lui en Argentine en ajoutant : « je suis vivante mais je ne sais pas comment je me trouve ici. »  Revenue dans son corps d’origine, elle raconta ce déplacement en Argentine, dépeignit le décor et décrivit ce père qui avait bien changé.  Ce genre de bilocation se reproduisit à intervalles réguliers et elle fut même prise en flagrant délit de trilocation.

Au fil de sa croissance, des facultés variées s’ajoutèrent à son catalogue : vision des morts, accueil et radioguidage d’âmes en peine, apparition de la madone, stigmates du Christ accompagnés de douleurs intenses, chemin de croix « revécu » d’heure en heure. Pendant qu’elle se dupliquait à distance, il arrivait que des trépassés investissent son corps pour s’exprimer avec leur propre voix.

Mais le plus spectaculaire résidait dans les messages écrits à la sueur de son sang et qui pouvaient être des citations de la Bible, des petits dessins pieux etc…

 L’Eglise s’acharnait sur elle et ayant été convaincue de l’absence de trucages, elle voulait comprendre le phénomène soupçonnant son origine diabolique, extraterrestre ou du bas astral.  Avec la bénédiction du Vatican, on interna la malheureuse durant deux mois en 1940 à l’hôpital Reggio de Calabre. Le Pr Annibale Paca finit par poser son diagnostic. Le médecin chef conclut que les sueurs de sang sont « causées par une intense frustration sexuelle » .  Pourtant trois ans après sa sortie d’hôpital elle se maria et eut cinq enfants avec son époux menuisier. Mais les saignements ne disparurent pas !

Le problème demeure : était-ce une force, une intelligence extérieure qui s’exprimait à travers elle ou bien son  subconscient et sa foi  qui pilotaient ces phénomènes ? Dans ce dernier cas, l’unique explication serait la cryptomnésie .    Mais selon le père François Brune ( cf là Les miracles et autres prodiges) ce serait remplacer un mystère par un autre mystère.

Retenons pour finir cette citation du livre : « je ne suis pas à plaindre, je suis heureuse car je continue à aimer les autres et à donner une parole de réconfort à ceux qui souffrent. »  Elle s’est éteinte le 1 er novembre 2009. Malgré les rationalistes qui tiennent toujours le haut du pavé romain, son procès en béatification s’est ouvert en 2019 avec un aboutissement possible en 2024.

12 Un vrai miracle dans une fausse grotte 

Le 11 février 1858, Bernadette, cette miséreuse de 14 ans, fille du  meunier ruiné Soubirou vit à six dans un cachot  avec sa famille. Elle ramasse  ce jour là du bois vers la grotte de Massabielle pour se chauffer lorsque la Vierge lui apparaît.

C’est alors que l’Immaculada Concepcion lui fait découvrir une source dont la réputation miraculeuse de son eau se répand vite aux environs. Trois jours plus tard, Catherine Latapie , une jeune paysanne enceinte tombée d’un chêne, vient tremper sa main paralysée dans la source et ses doigts se remettent à bouger. Six guérisons suivent en rafale de février à novembre. Catherine Latapie est déclarée le 18 janvier 1862 la première miraculée  de Lourdes par l’évêque de Tarbes.

Il se déclenche un véritable culte de la personnalité autour de Bernadette , laquelle s’y oppose avec vigueur. On peut signaler le cas de deux fillettes l’une de six ans,  handicapée des membres inférieurs et l’autre, quasi aveugle. Elles  s’accrochent à elle et, dix secondes plus tard, elles se  proclament guéries.

D’autres guérisons se succèdent mais en vérité certaines améliorations ne dureront pas et plusieurs guéris authentifiés rechuteront. Bernadette se réfugie au couvent de Nevers où  sa châsse est aujourd’hui encore, toujours visible, son corps étant imputrescible :

Après les sept premiers miracles, survient la guérison aussi subite qu’indiscutable de Joachime Dehant – cas miraculé numéro 9- Ayant une gangrène à la jambe droite depuis dix ans, les chairs et les tendons vont se reconstituer devant les médecins du sanctuaire, à la sortie de son bain. ( cf là les guérisons de Lourdes )

Mais ce qui est intéressant et particulier avec le miraculé n° 8 de Lourdes c’est que le miracle s’est fait « hors les murs ».

Pierre de Rüder 45 ans en 1867, travaille comme ouvrier agricole à Jabbeke près de Gand .

La chute d’un arbre lui broie la jambe gauche avec fracture ouvert du tibia et péroné. La gangrène s’installe. Il refuse l’amputation proposée par les médecins et huit ans plus tard il est toujours là dans le même état d’infection et de souffrance.  A 1500 m de chez lui on construit justement une copie de la grotte de Lourdes à Oostakker.  Dès l’ouverture de celle-ci en 1875, il décide de s’y rendre en pèlerinage et là, les témoins le voient abandonner ses béquilles.  Le lendemain, les médecins qui l’examinent constatent que la jambe et le pied ont un volume normal, les os rompus sont ressoudés et la gangrène a disparu. ( cf là Dr théodore Mangiapan , les guérisons de Lourdes). Il décède d’une pneumonie  en 1898 et un an plus tard, on décide d’une autopsie qui sera la première autopsie d’un miracle. Le Dr Henstenberghe procède à l’amputation des deux jambes. Il constate le tracé de « fractures anciennes de longue durée et spontanément ressoudées. »

Pierre de Rudder

A partir du cas Rudder, toutes les guérisons de Lourdes authentifiées par les médecins se révèlent définitives.

13 Guérir à Lourdes, ça creuse 

Quand on se plonge dans l’étude historique et critique du Dr Théodore Mangiapan qui régna sur le bureau médical de Lourdes de 1972 à 1990, quand on dévore l’ouvrage de Patrick Theillier, médecin lui aussi et qui lui succéda durant 12 ans puis qu’on écoute le Dr Alessandro De Franciscis qui prit la relève – cf bureau des constatations médicales de Lourdes  on se dit que sur les milliers de guérisons inexplicables, reconnues jadis par la médecine, beaucoup seraient aujourd’hui rejetées. Inversement, l’imagerie médicale permet aujourd’hui de certifier scientifiquement certaines guérisons. Beaucoup de ces guérisons surviennent lorsque le malade est plongé dans l’eau de la source à 12 ° C et pourtant l’analyse de celle-ci a révélé que ces propriétés curatives sont nulles; car absente de composés minéraux, observation qui en soit est déjà étrange. 

Les rationalistes évoquent la « foi qui guérit » et font ainsi allusion aux phénomènes psychiques à l’origine de ces guérisons. Mais que penser alors de la guérison du bébé Justin Bouhort âgé de 18 mois et moribond – cas n° 5- qui souffre d’une absence de développement moteur et défaut de croissance.  A sa sortie du bain en juillet 1858, il se met à marcher et grandir … et mourra à octogénaire.

Didier Van Cauwelaert poursuit son étude et reste étonné par un phénomène étrange, sorte de constante des guérisons : lorsqu’ils sortent du bain, les miraculés sont quasi tous saisis d’une fringale irrépressible.

On retiendra aussi, quelques exemples étudiés, celui de Marie Birée – cas n°37-. Le 3 août 1908 elle affirme avoir recouvré instantanément la vue dans la grotte de Lourdes et pourtant les examens ophtalmologiques réalisés à sa sortie ne font que confirmer sa cécité : atrophie papillaire double. Mais un mois plus tard, un nouvel examen révèle la disparition de l’atrophie.

Même chose pour Gérard Baillie : le 26 septembre 1947, aveugle depuis l’âge de deux ans et demi, il retrouve la vue dès son arrivée à Lourdes. Et pourtant le diagnostic médical reste inchangé : il ne peut pas voir. Il faudra attendre deux ans plus tard pour que les examens déclarent que le nerf optique s’est régénéré.

Terminons par le cas de Vittorio Micheli qui se rétablit d’un coup le 1er juin 1963. Ce jeune chasseur alpin souffrait d’un  sarcome , un terrible cancer des os, qui avait détruit sa hanche et celle-ci n’est plus reliée au bassin que par quelques lambeaux de tissus. A la sortie du bain, les radios constatent que les tissus osseux ont repoussé mais à trois centimètres de l’ancienne cavité du bassin. Il faudra attendre encore quelques semaines pour que la hanche retrouve une forme normale.

Pour poursuivre sur Lourdes voir la page miracles et guérisons de Lourdes  et aussi l’article : les apparitions de Marie- Lourdes et le pélerinage du Rosaire  vécu par Annie, hôtesse.

14 L’homme qui photographia la Vierge 

N’en déplaise à Lourdes, elle n’a pas le monopole des apparitions mariales et la fréquence des guérisons est hardiment dépassée au XXè siècle par une bourgade Egyptienne.

Dans un faubourg  du Caire, à Zeitoun, là où Marie, dit-on aurait fait halte lors de la fuite en Egypte,  des foules considérables – de l’ordre de 50 000 à 100 000 personnes se rassemblaient devant une église copte depuis le 2 avril 1968,- cf archives journal Al-Ahram du 27 avril 1968– Le patriarche d’Alexandrie et le général Nasser ont attesté du phénomène en signant le livre d’or. Des films, des milliers de reportages sont consultables sur le net. Voici un  reportage vidéo :

15 Miracle à La Mecque

Redescendons sur terre : les bouddhistes et les cultes animistes sont plutôt à l’aise avec les miracles. Les autorités chrétiennes en valident ou non  la réalité et le bien-fondé.  La doctrine juive refuse toute intervention directe de Dieu dans les affaires courantes de l’humanité mais leur théologiens modernes sont plus nuancés. L’Islam, quant à lui, est encore plus circonspect.  On ne trouve qu’un seul miracle dans le Coran, c’est celui de la révélation du texte sacré au prophète par le truchement de l’ange Gabriel. Dans l’Islam, le miracle relève de Dieu seul et les prophètes et les saints n’en accomplissent qu’en apparence.

Ceci n’empêche pas La Mecque d’avoir, comme Lourdes, son eau miraculeuse à la source de Zamzam.

C’est en 1987, qu’un livre  présente au grand jour le cas d’une musulmane miraculée lors d’un pélerinage à La Mecque. ( cf Leila Lahlou : N’oublie pas Dieu). Leila Lahlou est condamnée par la médecine. Atteinte depuis douze ans d’une tumeur maligne au sein gauche avec métastases pulmonaires  que  ni la chirurgie, ni la chimiothérapie  au Maroc, comme en France n’ont pu enrayer. Hésitant entre le suicide et l’Umra ( petit pèlerinage) elle choisit finalement de se rendre avec difficulté à La Mecque.   C’est là qu’elle sent sur sa tête chauve « le passage miraculeux de la main du Prophète »  et entend sa voix lui dire qu’elle ne verra « que de bonnes choses« .

De retour chez elle, les examens constatent la disparition totale du cancer et des métastases.

16 Les intermédiaires du miracle

Voyons l’incroyable affaire du Pacocha, ce sous-marin militaire percuté le 26 août 1988 dans le port péruvien de Callao. ( cf histoire du Pacocha racontée par Elisabeth de Caligny) Après diverses tentatives qui échouent, le plus gradé des survivants, lieutenant de vaisseau de 32 ans, Roger Cotrina Alvarado, essaie une dernière tentative pour sortir mais il est renversé par des trombes d’eau. Il se voit mort et se met à prier et s’adresse à mère Marie de Jésus religieuse croate,  fondatrice de l’ordre des Filles de la Miséricorde.  Décédée en 1966, il déclare par la suite qu’il vit alors une explosion de lumière qui chassa toute pensée de sa tête et il regrimpa alors à nouveau l’échelle au mépris des flots et parvint à soulever le volet et manœuvrer la vanne permettant à la porte du sas de se refermer hermétiquement. Or, à cette profondeur, la pression exercée par l’eau équivalait à quelques cinq tonnes !  Le 6 juin 2003, en uniforme d’apparat, il assistera à Dubrovnik à la béatification de la religieuse croate qui lui permit un tel exploit physique évidemment hors de toute possibilité naturelle.

Le cas suivant est celui, encore plus médiatisé, de Mario Trematore  qui sauva tout seul le linceul de Turin ( cf là) lors de l’incendie du 12 avril 1997 qui ravagea la cathédrale. Cette nuit là, il n’était pas de service  mais il alla voir sur place l’incendie où il arriva sur les lieux  vers 23 heures. Il n’avait jamais vu un  incendie d’une telle importance. Le linceul ne l’intéressait pas et n’était pas l’objet de son déplacement. Soudain il entendit  une voix lui donner des ordres : « Tu dois sauver le Linceul, Vas-y ! Toi, tu peux ! ». Au cœur de la fournaise, il s’approcha alors du reliquaire en n’ayant  que des pinces et des tenailles pour agir. Il entendit à nouveau  la voix lui dire : « Il te faut un marteau ! ». Il s’empare d’une masse que tenait un collègue et se mit à cogner longtemps sur le reliquaire mais sans succès. Il entendit  alors encore la voix lui dire : « Frappe de côté ! «  Il obéit et le blindage céda.

Lorsque les ingénieurs qui ont conçu ce blindage épais de huit centimètres apprennent la nouvelle ils croient à une fausse rumeur. C’est impossible de casser un tel blindage avec un marteau.  Depuis, l’incrédule a été converti par son exploit et il est devenu le plus fervent ambassadeur de la relique qu’il a sauvée.

17 Le conducteur de tram et la vierge au chewing-gum

En 2017, le Vatican lève le voile sur le cas de Bruno Cornacchiola en ouvrant une enquête en vue de le béatifier. C’était un conducteur de tram qui s’était juré d’assassiner le pape. Ce projet avait vu le jour en 1936 durant la guerre civile d’Espagne  où, dans un moment d’exaltation, il avait mûri ce projet : « si seulement il y avait un homme assez courageux pour exterminer cette vermine … »

Il rentre à Rome en 1939 et  milite contre l’Eglise catholique. Tous les dimanches il rôde poignard en poche autour du Vatican dans l’espoir de pouvoir mettre son projet à exécution. Il vit un jour un épisode particulier alors qu’il accompagne ses trois enfants dans une promenade où l’un d’eux s’écrie en pointant du doigt l’intérieur d’une grotte : « la belle Dame, la belle Dame » . Lui, qui vient de rédiger un discours contre la Vierge est furieux mais il finit par aller voir ce que lui montre son enfant en désignant l’intérieur de la grotte.  Et là, il voit en effet une très jeune femme aux cheveux noirs qui lui apparaît et qui désigne le sol où il découvre un crucifix brisé, celui-là même sur lequel il s’est acharné à son retour d’Espagne.

Elle lui parle des erreurs, des scandales, des drames à venir, des luttes au seuil de l’Eglise, des persécutions contre les chrétiens et des doutes qui dilueront leur foi.  Elle insiste :

 » Aimez-vous et pardonnez -vous, c’est la plus belle des pénitences. Combattez les courants de pensée qui tentent d’égarer l’humanité. Je suis la Vierge de l’Apocalypse ( apocalypse veut dire   Révélation et non la fin du monde) . »

Le bouffeur de curé signe son témoignage sur le mur de la grotte et emmène ses trois enfants rendre grâce dans une église et retourne à la maison où il raconte, ce qu’il vient de vivre à Iolanda, son épouse très croyante qu’il battait régulièrement. Elle n’est pas surprise, elle qui priait tant pour la conversion de son époux. Elle lui apprend quelque chose qui le stupéfie : l’endroit où est apparue la Vierge est de tradition, celui où l’apôtre saint Paul s’est fait décapiter par les Romains en 67 après JC.  Ce lieu s’appelle Trefontane.  Depuis ce jour, tout va changer dans la vie de Bruno et il veut rencontrer le pape Pie XII. Il y réussit et obtiendra une audience privée le 9 décembre 1949 où il lui délivre le message de la Vierge : « Mon corps ne s’est pas corrompu, car il ne pouvait se corrompre. Mon divin fils et les anges sont venus à ma rencontre à l’heure de ma mort. »

Il fonda l’Association des ardents du Christ-Roi immortel. En 1982, sa belle dame vint le revoir pour lui réclamer un sanctuaire sur les lieux de son apparition. Quinze ans plus tard Jean-Paul II baptisera ce sanctuaire.

La grotte du sanctuaire aux Tre Fontane.

18 Carlos ACUTIS, le cyber-apôtre

Le dernier des prodiges eucharistiques s’est déroulé le 24 juillet 2022 à l’église Notre-Dame-du-Rosaire dans la ville méxicaine de Zapotlanejo près de Guadalaljara.

A la fin de la messe, la grande hostie sous verre placée au centre de l’ostensoir s’est soudain mise à battre à la manière d’un cœur. L’événement a duré 30 secondes. De son aveu le père Spahn a été « préparé » à ce phénomène par le spécialiste mondial des miracles eucharistiques, un  adolescent italien nommé Carlo Acutis.

Ce surdoué tout-terrain a su lire, écrire et surfer sur le Net dès quatre ans et demi. Il vient de fêter son onzième anniversaire quand il découvre le mystère de l’hostie évolutive qui a rendu la foi à un moine du VIIIème  siècle.

En 2003, entre deux matchs de foot et trois compétitions de voile,  il crée à douze ans un site internet carloacutis.com  ultra-sophistiqué.

La première de ses expositions numériques a lieu le 4 octobre 2006 dans une église de Rome mais il ne peut y assister car il a une leucémie foudroyante qui l’emportera en quelques jours. Sa mort prématurée donnera à son projet une ampleur gigantesque et elle déclenchera en 2013 une enquête en vue de sa béatification prononcée le 10 octobre 2010. La béatification nécessite un miracle et ce fut les cas de l’enfant brésilien Mattheus, né en 2009 ave une maladie du pancréas incurable. Ayant découvert sur internet le cyber-apôtre, il l’a imploré avec ferveur et simplicité du haut de ses quatre ans et son vœux s’est exaucé immédiatement. La physionomie de son pancréas a changé selon les médecins.

Le corps de Carlo Acutis a été exhumé en 2018. Il était en état de « parfaite intégrité » et son corps est aujourd’hui exposé de façon permanente dans la ville italienne d’Assise à la basilique st François.

 

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