Lait, mensonges et propagande

 

Journaliste et écrivain scientifique, Thierry Souccar est directeur de la rédaction des sites lanutrition.fr et sante.nouvelobs.com. Il traite des questions de santé et nutrition pour Sciences et Avenir depuis 1994. Il est membre de l’American College of Nutrition.

 

 

 

« Ce livre ne peut faire que du bien à la Santé publique. Il est en avance sur son temps. » Pr Henri Joyeux, cancérologue à la faculté de médecine de Montpellier

Dans cette nouvelle édition mise à jour et augmentée de près de 100 pages, Thierry Souccar conforte son enquête sur le lobby laitier et sur les effets réels du lait sur la santé. Il montre comment l’industrie a réussi à faire d’un aliment marginal et mal considéré un pilier incontournable de l’alimentation moderne. Présentés comme  » indispensables à la santé des os « , les laitages cachent une réalité moins glorieuse. Vous apprendrez ainsi : Comment le lobby laitier noyaute la communauté scientifique et médicale ; Comment l’industrie laitière a fait croire que la santé des os dépend du calcium laitier ; Pourquoi l’ostéoporose ne diminue pas avec la consommation de lait, et pourquoi au contraire elle progresse ; Pourquoi les amateurs de laitages ont plus de cancers de la prostate ; Pourquoi les chercheurs soupçonnent le lait de favoriser le diabète de l’enfant ; Comment l’industrie fait croire que le calcium laitier prévient l’obésité ; Pourquoi les besoins en calcium ont été exagérés et quels sont vos besoins réels ; Comment prévenir l’ostéoporose sans se bourrer de lait. Thierry Souccar a réuni des dizaines de nouvelles preuves. II répond aussi aux critiques de l’industrie laitière et à vos nombreuses questions.

 

Extrait

« Comme les extraterrestres de la série, d’autres Envahisseurs sont parmi nous depuis la fin des années 1960 : ce sont les représentants de l’industrie laitière ou les médecins qui travaillent pour elle. Rien, ou peu de chose ne permet de les distinguer d’un médecin ou d’un scientifique normal. Ils sont dans les instances officielles, les organisations gouvernementales, les colloques scientifiques et médicaux, les médias, les expositions pédagogiques, les écoles. Leur mission : nous faire avaler un maximum de laitages. Voici quelques traces de leur présence parmi nous !
La prolifération des Envahisseurs est orchestrée dans tous les pays par la grande famille des producteurs et des industriels de la voie lactée. Aux États-Unis, le National Dairy Council est aux commandes. En France, trois patriarches oeuvrent main dans la main : la Fédération nationale des producteurs de lait, la Fédération nationale des coopératives laitières et la Fédération nationale des industries laitières. Tout ce beau monde a porté sur les fonds baptismaux une structure de « promotion », le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL). Or figurez-vous que le CNIEL a fait des petits.
À commencer par le CIDIL (Centre interprofessionnel de documentation et d’information laitières), créé en 1981. Le CIDIL contribue selon sa propre profession de foi « au développement de la consommation du lait et des produits laitiers, par des programmes de promotion collective ». Le CIDIL porte la bonne parole laitière aux médecins et au grand public. Aux médecins, en finançant des numéros spéciaux de la presse médicale pour rappeler l’intérêt du calcium laitier. Ou en montant des conférences.
Comme le CIDIL avait un patronyme un peu trop voyant, le CNIEL a accouché au début des années 1990 d’une association loi 1901 – plus discrète et donc propice à la mission des Envahisseurs – le Centre de recherche et d’information nutritionnelles (CERIN). Pas de trace de lait là-dedans, un nom bien rassurant et quasi officiel qui leurre chaque année des journalistes et jusqu’à la Commission européenne, un temps persuadée, comme nous l’avons écrit dans Santé, mensonges et propagande, que ledit CERIN était un organisme officiel. Si le CERIN se présente comme « un organisme scientifique dont la mission est de favoriser le développement et la diffusion des connaissances sur les relations entre alimentation et santé », les objectifs y sont en réalité les mêmes qu’au CIDIL : vous faire ingurgiter des laitages.

ILS SONT PARTOUT

La stratégie des Envahisseurs repose sur l’établissement de liens étroits et réguliers avec des médecins, des chercheurs, d’ailleurs souvent naïvement persuadés de l’intérêt des laitages, mais aussi des organismes publics. Ainsi, l’industrie assure une large part du financement de l’Institut français pour la nutrition (IFN), une structure très influente auprès des pouvoirs publics qui permet de rapprocher les vues des médecins et chercheurs d’une part et celles des industriels de l’agro-business d’autre part. L’IFN fonctionne comme un lieu d’échange où se nouent des contacts fructueux entre scientifiques et industriels. Les premiers parlent, mais ce sont les seconds qui paient. Équilibre délicat. Passe encore pour les colloques organisés par l’IFN sur des sujets qui ne fâchent pas comme le vieillissement cérébral ou l’activité physique. Là où l’exercice trouve ses limites, c’est lorsqu’il s’agit de dire le rôle des aliments transformés sur la santé, ces aliments-mêmes fabriqués par les bâilleurs de fond de l’IFN. »

 

 

 

 

 

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