Les monnaies complémentaires redonnent du sens à nos échanges

Développer les circuits courts associés à des monnaies complémentaires

——-

le livre “Au coeur de la monnaie” de Bernard Lietaer :

  • Broché: 672 pages
  • Editeur : Editions Yves Michel (22 août 2011)
  • Collection : Economie

——-

le site des monnaies locales complémentaires

  • A quoi sert une monnaie locale complémentaire (MLC) ? En quoi, à qui, comment peut-elle être utile ? De quelle utilité parlons-nous ?
  • Eléments d’analyse pour se repérer dans un projet de MLC
  • Les réponses de Philippe Derudder à Alternatives économiques à propos des MLC
  • Monnaie fondante ou monnaie franche
  • Réflexions à propos de l’élaboration de la Mesure  sur le bassin de vie Roman-Bourg de Péage
  • Qu’est ce qu’une monnaie libre ?
  • Rendre la création monétaire à la société civile

——-

Conférence internationale sur la Communauté et monnaies complémentaires 2011

ENS de Lyon, 16 février 2011 – Février 17, 2011

Résumés des interventions
Perspectives et limites de la finance solidaire dans le Nord-Est du Brésil : pages 8-9
Types et générations de monnaies sociales, complémentaires et locales : page 10
Les monnaies complémentaires et la responsabilité sociétale : page 23
Analyse de deux dispositifs de monnaies sociales : l’Accorderie au Québec et le SOL en France : pages 27-28
Monnaies sociales, l’apport théorique de Proudhon : page 30
——-

le projet TAOA

Nous avons visité, étudié, travaillé avec de nombreux projets et acteurs des monnaies sociales et complémentaires, en Europe et en Amérique Latine :
Les monnaies locales

  • La Red Xuchit Tutut (Suchitoto – Salvador) >Du 13 au 27 Mars 2011, TAOA est au Salvador pour étudier le projet de monnaie locale UDIS à Suchitoto, petite ville touristique au nord de San Salvador. La région a particulièrement souffert de la guerre civile (1980-1992), la ville de Suchitoto s’est vidée de ses habitants. Aujourd’hui la ville compte 25 000 habitants, dont 69% en zone rurale et bénéficie d’un réseau d’association très important pour reconstruire la région : associations de retour au pays, de défense des femmes, de soutien aux agriculteurs…
  • Gota Verde (Yoro – Honduras) 
  •  Il y a une semaine, on a retrouvé un petit avion brulé, à deux pas de notre usine de biocombustibles, à une dizaine de kilomètres de la ville. La longue route de terre qui mène à Yoro sert souvent de piste d’atterrissage pour les narcotrafiquants qui sont très présents dans la région… ».C’est avec cette histoire, peu banale pour nous autres Européens mais somme toute classique pour les locaux, que nous sommes accueillis  à Yoro. Bienvenus au Honduras !Avant de partir nous installer pour 2 semaines dans cette charmante petite ville, Cristina, la coordinatrice Amérique Centrale de STRO (l’ONG Hollandaise avec qui nous travaillons depuis l’Uruguay), nous fait un rapide briefing :« Ne soyez pas surpris, les bureaux sont juste à côté de la prison » (on apprendra plus tard que de toute manière il n’y a pas vraiment de loi à Yoro) ;« A Yoro, beaucoup sont armés, ne vous promenez pas en ville le soir, évitez toute altercation »« Soyez prudents, il y a une semaine, un bus s’est fait attaquer».Nous quittons Tegucigalpa, et nous voilà en route, à bord d’un gros 4×4 noir, avec Jelmer, expatrié hollandais, ingénieur, responsable de l’usine de biocombustibles. Après 4 heures de route de terre, dans les montagnes du centre du Honduras, nous arrivons à Yoro à la tombée de la nuit. Toute l’équipe du projet Gota Verde est là pour nous accueillir. Gustavo, le gérant de l’entreprise de biocombustibles (BYSAS) et son épouse nous ont préparé un dîner de fête, une grande table est dressée dans le jardin. Se joignent à nous Paola, la responsable de los PECES (la monnaie locale) et Juan Diego, un Colombien qui travaille sur le projet des EcoCasas (maisons éco-conçues). Après la monnaie locale de Suchitoto (El Salvador), nous commençons notre deuxième mission en Amérique Centrale …Lire la suite :
  • CoopeVictoria (Grecia – Costa Rica) Après le Salvador et le Honduras, TAOA pose son sac à dos et son ordinateur au Costa Rica, à Grecia, petite ville à une heure de la capitale San José, afin de découvrir la monnaie locale UDIS créée et gérée par Coopevictoria avec l’appui de la fondation STRO.
  • Coopevictoria est la première coopérative du Costa Rica, la première créée (1943) et la plus importante coopérative agro-industrielle du pays (canne à sucre et café) avec 3000 associés, 250 employés toute l’année, et plus de 1000 employés lors des récoltes.Sa stratégie : augmenter la production, produire mieux (certification commerce équitable, ISO 9001), plus propre (récupération et valorisation des déchets (biocombustibles, engrais biologiques), et diversifier ses activités, parfois dans des domaines inattendus : vente de carburants, construction et vente de lotissements, concessions funéraires… lire la suite 
  • Banco Palmas (Brésil) :

    La Monnaie Sociale Palmas est une des composantes d’un dispositif intégré de développement de l’économie solidaire et de développement local au Brésil. L’idée centrale est celle du soutien d’activités génératrices de travail et de revenu, répondant aux besoins de la population, par le soutien simultané à la production et à la consommation. Le soutien à la production est générateur de travail et de revenu, le soutien à la consommation et la monnaie sociale assurent des débouchés aux productions du quartier (qui, sinon, subissent la concurrence forte des grandes entreprises et grandes marques). Il se crée ainsi un réseau de « prosommacteurs » (producteurs consommateurs acteurs de leur développement), qui permet la relocalisation durable des échanges au sein du quartier.

    Fiche réalisée par Celina Whitaker et Carlos de Freitas dans le cadre du Séminaire « Monnaies Complémentaires » organisé en 2009 par l’Association SOL et la Mairie de Nanterre.

     

    La Banque Palmas est née d’un constat, celui de la pauvreté, et de la recherche de réponses à ce constat, la lutte contre la pauvreté endémique d’un quartier abandonné des acteurs économiques et publics. La monnaie sociale et la Banque communautaire s’intègrent et doivent être compris comme une facette, unoutil, d’un projet plus vaste, projet qui s’affirme d’emblée comme un mouvement d’économie solidaire. Il a, par principe, une dimension morale et éthique forte. Il s’affirme pour l’autogestion, la redistribution de la richesse, la solidarité, le respect de l’environnement, une autre forme de produire,consommer, vivre.

     

  • Le mouvement SOL (France)>Le projet Sol est parti du collectif « Reconsidérer la richesse » qui s’inspirait des travaux de Patrick Viveret.C’est une monnaie locale qui développe trois volets d’échange :
    1. la coopération entre entreprises de l’économie sociale et solidaire (Sol Eco),
    2. l’engagement dans des activités d’entraide (Sol temps),
    3. les politiques sociales à travers une monnaie affectée (Sol affecté).

    L’objectif du SOL est de soutenir et promouvoir les entreprises de l’économie sociale et solidaire, seules les entreprises ayant une vraie démarche développement durable peuvent être membres du réseau SOL. Pour vous donner une meilleure idée, télécharger le dossier d’agrément du SOL Violette.

    Après 4 ans d’expérimentation du Sol, dans le cadre du programme Equal (Fonds Social européen), et avec le soutien de partenaires publics et privés, l’aventure Sol continue. Le Mouvement SOL rassemble plus d’une dizaine d’initiatives territoriales, dont la plus emblématique, le SOL Violette (Lire l’article) à Toulouse. Il est coordonné au niveau national par les bénévoles

    Pour en savoir plus sur le mouvement SOL, retrouvez sa fiche complète, extraite du Cahier d’Espérance « Richesses et Monnaies ».

  • Brixton Pound (Londres) > ( cf Transition Network )Tout commence en 2006, avec le mouvement des territoires en transition en Grande Bretagne, à l’initiative de Rob Hopkins. Il s’agit d’inciter les citoyens d’un territoire (village, commune, ville, quartier, territoire…) à prendre conscience du pic pétrolier et du changement climatique, et de leurs conséquences profondes.Le concept central de mouvement de transition est la résilience, c’est la capacité à réagir aux crises et à être autonome. Concrètement il s’agit de repenser nos systèmes de production et de consommation et de redéfinir complètement l’organisation d’un territoire que ce soit sur les transports, l’éducation, les énergies renouvelables, le logement, l’alimentation et l’économie.
    lire la suite….

     

  • Bon Netz Bon (Bâles) > article

Social Barter

  • C3Urugay (Uruguay) :

    Innovation financière pour soutenir les MPME, stimulant structurellement l’emploi.

    Le projet C3U débute en 2004. L’ONG hollandaise STRO, à l’initiative du projet,  décide de « frapper fort » en imaginant un projet d’envergure,  à l’échelle d’un pays (l’Uruguay), incluant différents ministères du gouvernement : « Complentary Currency should be competitive to the system, on a largest scale, on a level that really change things »  Henk van Arkel, President and Funder of STRO. Le C3U est officiellement lancé le 20 novembre 2009 par le gouvernement Uruguayen. Mais le projet est aujourd’hui toujours en stand-by, bloqué par les avocats du gouvernement, sans doute un lobby de la banque centrale …

    Les Micro Petites et Moyennes Entreprises  sont des sources importantes d’innovation et de création d’emplois. Or 90% d’entre elles, n’ont pas accès au crédit, un outil pourtant incontournable pour assurer leur développement. Les PME se voient réclamer un paiement rapide par leurs fournisseurs, disons à 30 jours ; alors que leurs principaux clients les paient à 90 jours ou davantage. Cela devient un piège, une impasse de trésorerie, surtout si les banques refusent de faire un financement relai, ou le font à des conditions trop sévères.

    Le procédé utilise des factures assurées ou d’autres créances comme des instruments de paiement, liquides, à travers un système de compensation en réseau entre entreprises. Tout détenteur d’un tel instrument a le choix ou de l’encaisser en monnaie nationale (avec un certain coût) ou payer directement ses fournisseurs avec le montant de la facture assurée. La manière dont cela fonctionne est décrite plus bas. L’idée est non seulement de faciliter l’accès au crédit mais aussi de créer de la Demande pour que les PME puissent trouver des débouchés localement.

    lire la suite…

  • Puntotransacciones (Salvador):PuntoTRANSacciones est un projet initié par l’ONG STRO. C’est un réseau de transaction privé online, où entreprises et particuliers, au Salvador, peuvent acquérir et/ou offrir, produits et services, exclusivement en TRANS (T$), une monnaie complémentaire. Cette plateforme d’échange est lancée en mars 2008. Les partenaires du projet sont une grande ONG Salvadorienne FUSAI (qui promeut l’insertion sociale en favorisant le développement d’entreprises qui satisfont la demande en produits et services des familles du bas de la pyramide sociale), ainsi que des investisseurs privés nationaux et internationaux.ObjectifCe projet vise avant tout à développer le tissu de PME-PMI au Salvador :
    • promouvoir les transactions commerciales entre entreprises du réseau puntoTRANSacciones, à travers une plateforme technologique,
    • offrir des services financiers adaptés,
    • conseiller les entreprises.
    • lire la suite….
  • WIR (Suisse) > lire l’article prochainement

——–

le réseau SOL

  • naissance du projet SOL
  • le guide du SOL coopération
  • la présentation du SOL coopération

———

le projet de la pive en Franche-Comté

———

le projet du crocus et son évolution présenté par Hélène Nivoix sur son blog de Médiapart

Expériences d’autres monnaies locales en France

———

 

Un documentaire sur la double face de la monnaie :

La double face de la monnaie est un documentaire, réalisé en 2006 par Vincent Gaillard et Jérôme Polidor, portant sur l’argent et ses alternatives dans le domaine de la consommation, des systèmes d’échanges et de travail. Le site officiel du film : http://lamare.org/

 

 

 

 

———-

 (R)évolutions : Les monnaies complémentaires redonnent du souffle à nos échanges par bernard Lietaer

Pourquoi l’usage d’une seule monnaie , par pays ou par zone géographique, passe pour une règle immuable ?

Souvent présentés comme trop complexes pour le simple citoyen, ces terrains de réflexion sont en réalité accessibles à tous. S’y aventurer conduit rapidement à constater la domination des banques sur tous les autres secteurs de l’économie. Non seulement la monnaie sert l’intérêt de ceux qui la créent – les banques à travers la dette- au détriment de l’intérêt général, mais le secteur financier ne maîtrise pas les conséquences de ses opérations, les crises de 2008 et 2011 en offrent la démonstration.

Pour explorer ces problématiques Bernard Lietaer est un pédagogue hors pair. Ce spécialiste belge des monnaies complémentaires est bien placé pour connaître les défauts du monopole monétaire : il officiait à la Banque nationale belge pendant le passage à l’euro. Aujourd’hui il emploie son temps à expliquer dans d’innombrables conférences les vertus des monnaies dites locales, régionales ou communautaires.

L’un des exemples européens les plus anciens et les plus aboutis reste le WIRcf le site – suisse créé par une poignée d’entrepreneurs. Il est aujourd’hui si répandu que la Suisse l’a officiellement reconnu comme une seconde monnaie. Ces moyens d’échanges offrent l’assurance d’une gestion de la monnaie qui respecte les valeurs de ceux qui l’utilisent.

Une monnaie locale peut servir à stimuler les produits locaux d’une région, concrétiser un réseau d’entraide unissant les PME ou les associations d’un même territoire, ou soutenir la création artistique, la solidarité pour le grand âge, etc…

En pratique , lancer une nouvelle monnaie consiste essentiellement à mobiliser les membres d’une communauté autour de l’usage d’une même devise. Une opération guère plus complexe que le démarrage d’un jeu de société, ou que la distribution de tickets restaurants. En France les habitants de Villeneuve-sur-Lot ont tenté l’expérience et déboursent en toutes situations leurs abeilles pour payer les commerçants et autres entreprises locales. Elles sont près d’une cinquantaine à les accepter depuis le lancement en janvier 2010.

Une expérience plus ancienne de monnaie locale a été mise en place en Bavière en 2003 dans la région de Chiemgau : le chiemgauercf le site-est actuellement acepté par plus de 600 entreprises et plus de 200 associations.

Ainsi l’abeille, le chiemgauer, le WIR, 3 monnaies locales parmi 4000 qui circulent déjà dans de nombreux pays représentent une alternative sérieuse. Elles nous rappellent que de multiples monnaies complémentaires ont existé en Europe occidentale entre le règne de Charlemagne et celui de Napoléon. Ces nouveaux moyens d’échange contribueront aussi à l’épanouissement des individus au sein d’un réseau économique qui tient compte des convictions de chacun.

 Témoignage de Bernard Lietaer

 De la monoculture à la biodiversité monétaire

Les statistiques du FMI montrent que depuis 1970 il y a eu 145 crises bancaires, 208 krachs et 72 crises liées aux dettes des états soit en tout 425 accidents en 40 ans soit une dizaine par an.

L’ensemble des politiques qui ont été suivies traitent la situation comme si elle était conjoncturelle alors qu’elle est structurelle. C’est le même problème que la monoculture, le manque de diversité rend vulnérable aux agressions extérieures : le fait que des emprunteurs américains ne puissent rembourser leurs prêts et impacte le monde entier montre la fragilité du système.

Le système monétaire est aussi largement responsable de la financiarisation de l’économie, de la dégradation des rapports sociaux et d’une régression de la démocratie.

Les banques ont aujourd’hui plus de pouvoir que les états. La clé de ce pouvoir est la création de la dette dont elles détiennent l’exclusivité. Les rouages de cette mécanique apparaissent aisément si l’on ramène la planète à une île où quelques individus seraient amenés à créer de la monnaie. “L’île des naufragés”, un texte du philosophe canadien Louis Even s’appuis justement sur cette métaphore.

Les dessous de la monnaie

Cette histoire met en scène huit rescapés d’un naufrage  de professions complémentaires échoués sur une île et représentant ainsi un échantillon de la société.

Rapidement le troc s’avère insuffisant pour des échanges fluides entre les îliens et les blocages se multiplient. Arrive un survivant d’un nouveau naufrage avec un baril d’or, il est banquier de son état. L’homme fabrique un jeu de 200 billets de 1 euro pour chacun des îliens qui doivent lui payer des intérêts. Cette monnaie est garantie par le stock d’or.

Une simple addition permet de comprendre le malentendu : la banque a prêté 1600 euros aux îliens mais le remboursement doit inclure aussi 160 euros d’intérêts. Il ne circule que 1600 euros sur l’île et non les 1760 nécessaires. Les banques créent de la monnaie mais le montant des intérêts n’est jamais créé. Ce manque introduit une tension entre les acteurs économiques et assied le pouvoir des créanciers. Pour payer les intérêts les habitants doivent s’approprier l’argent des autres. A l’échelle des citoyens cette logique nous éloigne irrésistiblement d’objectifs fondamentaux : préservation de l’environnement, amélioration du lien social, bonheur des individus. Ils sont remplacés par le profit et la compétition.

Les naufragés s’aperçoivent que la création de monnaie n’a pas besoin de s’appuyer sur un stock d’or et ils auraient pu s’accorder sur l’émission de 200 billets de 1 euro pour chacun afin de fluidifier les échanges. Ce principe base la valeur de la monnaie sur la création globale de biens et services et chacun peut emprunter sans intérêt. Périodiquement ils peuvent décider d’augmenter les comptes de chacun d’une somme additionnelle afin que la quantité de monnaie corresponde à l’activité économique.

Depuis 7 siècles nous sommes habitués au monopole monétaire. L’existence de monnaies complémentaires serait pourtant d’une efficacité redoutable pour construire des économies plus résistantes.

Diversité et interconnectivité : les clés de la résilience

L’échec de la “monoculture monétaire” actuelle doit nous pousser à nous intéresser au fonctionnement des écosystèmes naturels qui se caractérisent par leur résistance et pérennité. Je travaille avec une équipe aux Etats-Unis qui a passé 25 ans à les étudier.

Ce qui les rend résistants et adaptables c’est la diversité et l’interconnectivité- par exemple pour un animal c’est sa capacité à se nourrir d’aliments variés : le panda dont le rendement de sa cueillette est impressionnant ne se nourrit que que d’une sorte de bambou et il est de ce fait  très vulnérable. C’est le cas des banques.

La solution structurelle consiste à diversifier nos types de monnaies en introduisant des monnaies complémentaires.

Créer une monnaie en évitant un fonctionnement spéculatif 

Mais la spéculation peut aussi avoir lieu à l’échelon régional. Pour éviter la tentation d’amasser de l’argent le chiemgauer perd régulièrement de sa valeur : on appelle cela une monnaie fondante. C’est une clé de son  succès. Tous les 3 mois les utilisateurs doivent faire apposer un timbre sur leurs billets prouvant qu’ils ont reversé 2% de leur valeur à un fonds  commun. Ce fonctionnement pousse les membres à dépenser leur argent plutôt que chercher à l’accumuler.

Aujourd’hui la création de monnaie est rendue plus simple grâce à un modèle que j’ai développé dans plusieurs régions du monde, notamment en Uruguay et Brésil : le C3. –cf monnaies complémentaires– Chacun peut le mettre en place grâce à un logiciel libre téléchargeable appelé Cyclos mis à disposition  par la Strohalm Foundation. Voici le contexte : les PME ont quasiment toutes des problèmes de trésorerie qui freinent leur capacité d’embauche. Lorsqu’elle fournit un service à une grande entreprise celle-ci paie après un délai allant jusqu’à 90j, délai qui fait le bonheur des banques. Pourquoi ne pas créer une monnaie entre les acteurs économiques : prêtée sur présentation de la facture encore impayée la monnaie du réseau permet de régler les fournisseurs membres sans intérêts versés aux banques. L’état Uruguayen a récemment accepté le paiement des taxes dans cette monnaie complémentaire.

La monnaie n’est pas un moyen d’échange neutre  

Ces monnaies complémentaires ne solutionnent pas la croissance illimitée incompatible avec la disponibilité de nos ressources mais elles permettent une réappropriation plus démocratique de nos moyens d’échange, de contourner le monopole bancaire, d’éviter la spéculation et de favoriser les échanges locaux.

On présente la monnaie comme un instrument passif qui se cantonne à faciliter les échanges. La réalité dément largement cette idée reçue : cet outil affecte tout ce qu’il touche. Avec une seule monnaie tout ce qui n’est pas compétitif cesse d’exister.

 

Comment développer les monnaies complémentaires ?

grandes actions

  • Passer de la monoculture à la biodiversité monétaire afin d’augmenter la résilience de notre système économique.
  • LIbérer la création monétaire afin de redonner de façon démocratique, à la monnaie son caractère premier : faciliter l’échange de richesse réelles de toute nature.
  • LImiter la spéculation mondiale, la dérégulation et les bulles financières.
Quelques mesures qui vont dans ce sens
  • Abroger l’article 123 du traité de Lisbonne obligeant les Etats à emprunter exclusivement aux banques privées.
  • Créer de nouveaux indicateurs de richesse prenant en compte toutes celles qui sont non financières et relèvent de l’intérêt général: parent au foyer, bénévolat, régénération des espaces naturels, aide sociale…)
  • Créer une monnaie complémentaire nationale destinée à valoriser les activités relevant de l’intérêt général.
  • Autoriser la création monétaire à tout groupe de personnes ayant une communauté d’intérêts.
  • Rendre ces monnaies fondantes pour empêcher leur thésaurisation et la spéculation.
————
Pour en savoir plus :
le livre de Bernard Lietaer et Margrit Kennedy, préface de Michel Rocard  Monnaies régionales :  De nouvelles voies vers une prosperité durable 
éditions Charles Leopold Mayer -2008- dépôt légal novembre 2008.


 

——-

<—– vers la page : (R)évolutions-Pour une politique en actes

 

close
0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x