L’Europe veut accélérer l’enfouissement du CO2

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Le captage-stockage du CO2, destiné à freiner le réchauffement, finira-t-il par sortir de terre ? En dépit des difficultés rencontrées jusqu’ici, l’Union européenne veut relancer cette filière. Mercredi 3 avril, elle a ouvert un nouvel appel à projets, en exhortant les Vingt-Sept à « un déploiement rapide » d’une technologie « à la croisée des chemins ».

Dans tous les scénarios énergétiques pour les décennies à venir, le captage-stockage du CO2 tient une place de choix. Pour limiter la hausse des températures globales à 2°C – au-delà desquels la surchauffe de la planète deviendrait insoutenable –, les parades sont connues. Economies d’énergie. Promotion des renouvelables. Mais aussi séquestration du gaz carbonique, récupéré dans les fumées des usines ou des centrales thermiques, puis enfoui dans des formations géologiques profondes. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), 20% des émissions humaines de CO2pourraient ainsi être soustraites de l’atmosphère en 2050.

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Si, du moins, la feuille de route du captage-stockage est tenue. Ce qui est aujourd’hui loin d’être le cas. Alors que l’AIE tablait sur une centaine de projets à grande échelle en 2020, il n’existe encore qu’une vingtaine de démonstrateurs dans le monde, dont huit seulement de taille industrielle : cinq aux Etats-Unis, deux en Norvège, le dernier en Algérie. Aucun sur le territoire de l’Union européenne.

Bruxelles avait pourtant préparé le terrain en lançant, en 2010, le programme NER 300. Il s’agissait de cofinancer une douzaine de projets, à hauteur de 50%, grâce à la vente de 300 millions de quotas de CO2 sur le marché européen du carbone. Soit, au cours actuel, une enveloppe de 1,5 milliard d’euros. Mais aucun des dix projets présélectionnés en 2012 pour le premier appel d’offres n’est allé à son terme, les pays retirant l’un après l’autre leur candidature. Cela a été le cas, pour la France, du projet Ulcos d’ArcelorMittal sur le site de Florange (Moselle).

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