Le Mythe du Progrès selon Roger Garaudy

Une présentation de la pensée de Roger Garaudy sur ce thème qu’on peut retrouver ici.

Le Progrès n’est défini que par les seuls critères de puissance scientifique et technique ce qui a conduit à ce que le problème environnemental se pose en terme de survie de l’humanité.

L’origine de cette vision remonte à la Renaissance où la mutation culturelle est la conséquence de l’explosion à cette époque de ses deux dimensions majeures que sont le capitalisme et le colonialisme.

Depuis le XVI ième siècle sont nés de la « sécession » de l’Homme avec la nature et avec le Sacré trois postulats :

  1. le postulat de Descartes : la nature est une réalité purement mécanique. « Nous devons nous rendre maîtres et possesseurs de la nature » ( Discours de la méthode)
  2. le postulat de Hobbes : « l’homme est un loup pour l’homme » . Dans une société de marché il n’y a que des rapports de concurrence entre individus et groupes, entre maîtres et esclaves.
  3. le postulat de Marlowe : l’homme peut remplacer Dieu dans la gestion du monde. Marlow , dans son Faust annonce la mort de Dieu : « Homme par ton cerveau puissant, deviens un Dieu, le maître et le seigneur de tous les éléments. »

Ce virage a entraîné deux conséquences :

  • de cette époque est né la négation d’un sens de la vie et du monde. L’individu et le groupe se considérent comme le  centre de toutes choses où s’affrontent la volonté de puissance, de jouissance, de croissance, les nationalismes et intégrismes de groupes éthniques ou confessionnels. l’accroissement de pouvoir sur la nature et sur l’homme est le seul critère du progrès.
  • A la Renaissance, l’économie de marché pénètre toutes les activités sociales jusqu’à en devenir le régulateur.

Ce monothéisme du progrès est aussi appelé aujourd’hui démocratie ou liberté.

A la Renaissance il y a eu un véritable renversement des valeurs et depuis lors tout ce qui est techniquement possible est souhaitable. L’Occident est malade de sa croissance.

Ce renversement des valeurs en Occident a entraîné, entre autre, l’accroissement des écarts entre Nord et Sud et la destruction des économies traditionnelles par la création d’économies difformes : monoculture et monoproduction pour exportation.

A cette orientation de l’Occident s’oppose la Sagesse des trois mondes :

« Tu es Cela » dit la Sagesse hindoue. L’amour de l’Unité contenu dans cette Sagesse donne à l’homme sa respiration vraie. Ce souffle anime les Védas.

La Connaissance africaine s’articule autour de la sculpture, de la poésie, de la danse et du chant en communion avec les grandes forces.

Le Tao, enfin nous communique le même recueillement et dans la contemplation d’un tableau la nature a ici le visage de Dieu.

De ces Sagesses il ressort que comprendre la vie c’est d’abord la saisir dans son unité. Cette Sagesse entraîne de nouveaux rapports avec les hommes, de nouveaux rapports avec Dieu.

Homme et Dieu ne sont pas deux réalités distinctes mais Homme et Dieu ne sont pas Un comme dans l’athéisme réducteur ou dans le panthéisme où le Tout est la somme des parties.