DuPont et Monsanto se partagent le marché sud-africain des semences

Après une bataille juridique de deux ans, le géant DuPont a finalement obtenu des autorités sud-africaines le droit d’acquérir la principale compagnie nationale de semences. Alors que dix multinationales se partagent déjà les trois quarts du marché mondial des semences, la concentration du secteur s’étend sur le continent africain.

Deux géants de l’agro-industrie, DuPont et Monsanto, vont finalement pouvoir se partager le marché sud-africains des semences. Après une bataille juridique de deux ans, la cour d’appel de la concurrence sud-africaine a accordé le 28 mai à Pioneer, filiale agricole de DuPont, l’acquisition de la principale compagnie sud-africaine de semences Pannar. Cette décision en appel intervient après un double refus de la commission et du tribunal chargés de la concurrence, qui entendaient stopper la très forte concentration du secteur. Cette acquisition va en effet réduire de trois – Pioneer, Pannar and Monsanto – à deux les industries semencières dominantes. Mais la cour d’appel a rejeté cet argument au motif que Pioneer permettrait  de renforcer l’activité de Pannar en Afrique du Sud et sur le continent.Si les parts de marché des semences sont maintenues secrètes par l’industrie, la domination progressive du marché depuis 10 ans par DuPont et Monsanto est connue. En témoigne la progression fulgurante des OGM en Afrique du Sud depuis 1997, date de la première autorisation de commercialisation de semences génétiquement modifiées. Aujourd’hui, 77 % du maïs, 85 % du soja et 100 % du coton cultivés dans le pays sont OGM. Pioneer, Monsanto et Pannar se partagent la propriété des trois quarts des variétés OGM dans le pays. Concernant les semences de maïs par exemple, qui représentent à elles seules plus de 60 % du chiffre d’affaires du marché des semences, Monsanto est considérée comme dominante et Pioneer dit couvrir un tiers du marché.

 

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Tumeurs sur des rats : les réponses à vos questions sur les OGM


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Sophie Verney-Caillat | Journaliste 

L’étude Séralini est-elle sérieuse ? Que conclure pour l’homme d’une expérience sur des rats ? Rue89 répond à cinq questions et vous invite à soumettre les vôtres.

Capture d’écran de l’étude Séralini, parue dans la revue Food and Chemical Toxicology

Dès la publication de l’étude de l’équipe Séralini démontrant les effets toxiques des organismes génétiquement modifiés (OGM) sur les rats, la guerre des experts a, sans surprise, démarré. Les pro-OGM tentent de discréditer les anti-OGM, qui ont marqué un point et au moins réussi une belle opération de com’.

Pour aller plus loin

Pour un point de vue plus réservé sur cette étude 

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Les débats sur les OGM ont toujours fait rage en France. Ça ne risque pas de s’arrêter aujourd’hui. Une étude publiée mercredi a en effet déchaîné les passions en France, mais aussi à l’étranger. L’étude de Gilles-Eric Séralini et de ses collègues montre en effet que la consommation de maîs NK603 chez les rats augmente les risques de cancers ainsi que le taux de mortalité. Et la communauté scientifique de se diviser sur le sujet. Le professeur des sciences de l’alimentation Bruce Chassy estime dans le New York Times que « ce n’est pas une publication scientifique innocente, mais un coup médiatique soigneusement préparé« .

Dans un entretien donné au quotidien Le Monde, Gérard Pascal, ancien toxicologue spécialiste des OGM à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et aujourd’hui consultant pour des entreprises agroalimentaires, explique quant à lui que l’étude présente de « très sérieuses lacune qui invalident ses résultats« , ajoutant qu’elle « présente […] des faiblesses statistiques majeures » puisqu’elle ne se base pas « sur des groupes d’au moins cinquante animaux de chaque sexe« , ce qui permettrait d' »établir une analyse statistique représentative« . Selon Gérard Pascal, « au lieu de deux cents rongeurs au total, il en aurait fallu un millier« . Il ajoute par ailleurs que « l’équipe de chercheurs a choisi, pour les expérimentations, une espèce de rats qui développement spontanément des tumeurs« .

Les auteurs de l’étude de répondre immédiatement à ces accusations. Joël Spiroux, coauteur de l’étude, explique ainsi sur le site du Nouvel Observateur que le nombre de rats « correspond au nombre utilisé par Monsanto dans son étude sur trois mois« .

Gilles-Eric Séralini explique quant à lui qu’il nie toute autorité à l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour mener une contre-expertise de ses recherches. Il déclare notamment qu' »il n’est pas question que ceux qui ont autorisé le NK603 réalisent la contre-expertise de nos données, car il y aurait un conflit d’intérêt avec leur autorité et leur carrière« . Le biologiste a par ailleurs expliqué qu’il pensait « également mettre en cause à la fois la compétence de l’EFSA et son honnêteté, au moins scientifique« . Le débat ne fait que commencer…

vu sur le Figaro

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Les conflits de chercheurs font avancer la science


La science tend vers un objectif : décrire la réalité objectivement. Refuser cet objectif revient à dire que la réalité dépend du point de vue de chacun, qu’il n’y a pas de faits mais uniquement des interprétations. C’est quelque chose de très dangereux, car cela permet par exemple de nier l’existence des chambres à gaz.

 

Je m’oppose formellement à cela, tout comme je m’oppose, à l’inverse, à l’idée que les savants seraient des individus éthérés et détachés de tout intérêt. Bien sûr qu’ils en ont. C’est même là que réside le moteur de l’évolution des sciences.

 

En effet, c’est grâce aux différents présupposés de chacun que naissent des controverses scientifiques, et les recherches qui vont avec pour tenter de démontrer que l’autre à tort.

 

Pasteur avait un adversaire scientifique, Félix Archimède Pouchet. Chacun se lançait dans de nouvelles expériences dès que le premier avait fait une découverte. La matérialité de la réalité a finalement donné raison à Pasteur.

 

C’est bien la conflictualité dans le champ scientifique qui fait avancer la science.

 

vu sur site du Nouvel Obs

Propos recueillis par Hélène Decommer.

 

voir aussi la page OGM

 

Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires

vu sur http://www.lemonde.fr/

Soren Seelow

 

Ancien géant de la chimie, Monsanto est aujourd’hui le leader mondial des OGM et l’un des premiers semenciers de la planète.ASSOCIATED PRESS/JAMES A. FINLEY

 

La condamnation, lundi 13 février, du géant américain de l’agroalimentaire Monsanto, poursuivi par un petit agriculteur charentais intoxiqué par un herbicide, est une première en France. A l’échelle de l’histoire de la multinationale, centenaire, cette condamnation ne constitue qu’une péripétie judiciaire de plus dans un casier déjà très chargé.

PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides (Lasso et Roundup)… nombre de produits qui ont fait la fortune de Monsanto ont été entachés de scandales sanitaires et de procès conduisant parfois à leur interdiction. Mais rien n’a jusqu’ici freiné l’irrésistible ascension de cet ancien géant de la chimie reconverti dans la biogénétique et passé maître dans l’art du lobbying. Portrait d’une multinationale multirécidiviste.

Depuis sa création en 1901 à Saint-Louis, le petit producteur de saccharine devenu un des principaux semenciers de la planète n’a cessé de défrayer la chronique. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’explosion accidentelle d’une usine de plastique Monsanto provoquée par celle d’un cargo français chargé de nitrate, qui fit 500 morts à Texas City en 1947, est ainsi restée dans les annales comme l’un des premiers désastres de l’industrie chimique.

Deux ans plus tard, c’est au tour d’une deuxième usine de la firme, à Nitro en Virginie, de partir en fumée. Cette fois-ci, la responsabilité de l’entreprise est engagée. Plus de deux cents ouvriers développent des chloracnés, un trouble aussi rare que sévère de la peau, rapporte Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, dans son documentaire Le monde selon Monsanto.

L’accident révèle que le produit phare de la marque, l’herbicide 2,4,5-T, contient des niveaux élevés de dioxines, des substances hautement toxiques et cancérigènes, de composition assimilable à celle des polychlorobiphényles (PCB). La première étude suggérant la dangerosité potentielle de la dioxine était connue de Monsanto dès 1938 : la commercialisation de l’herbicide se poursuivra pourtant pendant près de quarante ans, avant son interdiction dans les années 1970.

Monsanto, qui a dirigé l’usine de Nitro entre 1934 et 2000, a par ailleurs fait l’objet d’une plainte déposée en 2007 par 77 habitants de Virginie atteints de cancer, qui accusent la compagnie d’avoir diffusé « illégalement » de la dioxine dans les environs de l’usine.

 

pour lire l’article :

PCB : le procès de la honte

En 2001, 3 600 habitants de la ville d’Anniston, en Alabama, attaquent Monsanto pour une contamination aux PCB. Selon un rapport déclassifié de l’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis (EPA), Monsanto a déversé pendant près de quarante ans des milliers de tonnes de déchets contaminés dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur du quartier noir de la ville.

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En 1975, une étude menée par Monsanto révèle que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. La multinationale décide d’en changer les conclusions, de « légèrement tumorigènes » à « n’apparaît pas cancérigène »« Nous ne pouvons nous permettre deperdre un seul dollar » : ainsi se conclut l’un des mémos consultés par TheWashington Post.

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Agent orange : condamné pour « empoisonnement »

Durant ces mêmes années, entre 1961 et 1971, Monsanto produit l’agent orange, constitué à partir de l’herbicide 2,4,5-T, dont la dangerosité est largement connue depuis l’explosion de l’usine de Nitro. Ce défoliant sera massivement déversé par l’aviation américaine au-dessus des forêts vietnamiennes pendant la guerre. Les conséquences se font encore sentir aujourd’hui, avec de nombreux cancers et des malformations de naissance au Vietnam, ainsi que des séquelles diverses chez nombre d’anciens combattants américains.

 

L’herbicide Roundup est-il toxique ?

Souvenez-vous de cette publicité et de ce bon chien Rex : « Roundup ne pollue ni la terre ni l’os de Rex ». Elle a valu à Monsanto d’être condamnée deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour des mentions mensongères placées sur l’emballage de cet herbicide total (qui élimine toutes les plantes).

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Plusieurs études concordantes affirment pourtant que le pesticide phare de Monsanto – et son principe actif, le glyphosate – est potentiellement tératogène, c’est-à-dire responsable de malformations fœtales. L’une d’entre elles, publiée fin 2010 dans Chemical Research in Toxicology, montre que l’exposition directe d’embryons de batraciens à de très faibles doses d’herbicide à base de glyphosate entraîne des malformations.

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Herbicide Lasso : interdit à la vente

La condamnation qui a frappé, lundi 13 février, le deuxième herbicide de Monsanto est plus significative. Les juges français ont en effet considéré que le fabricant de produits phytosanitaires devra indemniser « entièrement » le plaignant, Paul François. Ce céréalier ne travaille plus qu’à mi-temps, en proie à des fatigues chroniques et des maux de tête tenaces. Les médecins considèrent que son système nerveux central a été affecté à la suite de l’inhalation du Lasso.

Monsanto a fait appel

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Hormones de croissance : scandale chez Fox News

Au début des années 1990, Monsanto commercialise son premier produit issu des biotechnologies : Posilac, l’hormone de croissance bovine recombinante (rBGH), une hormone transgénique destinée à augmenter la lactation des vaches de près de 20 %. L’hormone entraîne des mammites, des inflammations de la mamelle, qui contraignent les éleveurs à traiter leurs vaches avec des antibiotiques, dont on retrouve ensuite la trace dans le lait. Ce produit miracle est aujourd’hui interdit partout, sauf aux Etats-Unis.

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OGM : des procès en pagaille

Entre 1995 et 1997, le soja génétiquement modifié Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready, tous trois résistants à l’herbicide Roundup, reçoivent les autorisations de commercialisation. Détentrice d’un brevet aujourd’hui périmé sur le glyphosate (commercialisé sous le nom de Roundup), l’entreprise décide de changer de stratégie et entreprend de breveter le vivant. Elle produit actuellement 90 % des OGM de la planète.

Un quasi-monopole que la firme défend chèrement. Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d’avoir utilisé « frauduleusement » ses semences transgéniques brevetées, c’est-à-dire de les avoir replantées.

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/20/ogm-paris-demande-a-l-ue-de-suspendre-l-autorisation-du-mon810_1646073_3244.html :

 

La Commission européenne a reçu, lundi 20 février, une demande du gouvernement français de suspendre d’urgence la culture du maïs OGM MON810 sur le territoire de l’UE, a annoncé Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire chargé de la santé et des consommateurs, John Dalli.

La requête des autorités français se fonde sur « de nouvelles études scientifiques », a-t-il expliqué, avant d’indiquer que la Commission allait les étudier et fournir sa réponse « dans les délais prévus ».

La requête française n’est pas une nouvelle clause de sauvegarde, mais une demande d’interdiction générale de la culture du MON810. La France avait adopté une clause de sauvegarde pour interdire la culture de ce maïs sur son territoire en février 2008, mais la mesure a été invalidée par la Cour européenne de justice de Luxembourg et le Conseil d’Etat.

Nathalie Kosciusko-Morizet s’était engagée récemment à redemander l’interdiction de culture de ce type de maïs avant fin février. La demande française « s’appuie sur les dernières études scientifiques », et notamment sur un avis de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA), publié le 8 décembre 2011, qui« montrent que la culture de ce maïs présente des risques importants pour l’environnement ».

L’avis de l’AESA porte sur le maïs OGM Bt11, mais « on argumente que nombre de problèmes soulevés par le Bt11 sont transposables au Monsanto 810 », a souligné la ministre à l’AFP à Paris. « Si l’Union européenne n’agit pas, on peut prendre une clause de sauvegarde », comme l’ont déjà fait six autres pays européens, a-t-elle indiqué.

Le maïs MON810 est cultivé dans l’UE depuis 14 ans, essentiellement en Espagne. La multinationale a demandé le renouvellement de cette autorisation, mais sa requête n’a pas encore été soumise aux Etats. Le processus d’autorisation des OGM est actuellement dans l’impasse, car aucune majorité n’est jamais trouvée entre les 27 Etats.

 

 

 

 

Aspartame : vers un nouveau scandale sanitaire ?

Monsanto le précise clairement sur son site Internet : après en avoir été l’un des principaux producteurs dans les années 1980 et 1990, l’entreprise ne produit plus d’aspartame depuis 2000. La firme tient pourtant à insister sur le fait que cet édulcorant, le plus utilisé au monde, « ne provoque aucune maladie ».

Des études récentes ont cependant mis en évidence un risque accru de naissances prématurées chez les femmes qui consomment ce produit. L’Autorité européenne de sécurité des aliments a même été invitée en mai par la Commission européenne à anticiper la réévaluation complète de la sécurité de l’aspartame en 2012.

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