Le lien entre le film Disclosure Day de Steven Spielberg, qui sort en salles aujourd’hui, et le combat mené par Steven Greer, présenté sur son site Disclosure Project et ici sur la page qui lui est consacrée.

Le lien existe bel et bien, mais il est thématique et conceptuel, plutôt que direct ou officiel. Steven Spielberg et son scénariste David Koepp n’ont pas adapté l’histoire personnelle ou le site de Steven Greer. En revanche, ils ont visiblement pioché à pleines mains dans la culture de l’ufologie moderne — un mouvement que Greer a grandement contribué à populariser sous le nom de Disclosure (la Révélation).

1. Des concepts directement empruntés au Disclosure Project

Le scénario de Disclosure Day repose sur des piliers qui font écho aux conférences de Steven Greer depuis la fin des années 90 :

  • Le complexe militaro-industriel et les corporations :

  • Dans le film, les secrets et les technologies ne sont pas gardés par l’armée américaine, mais par une entreprise privée surpuissante (Wardex). C’est le cheval de bataille de Greer, qui répète depuis des décennies que le dossier OVNI a été privatisé par des contractants de la défense pour échapper au contrôle du Congrès.

  • La figure des lanceurs d’alerte (Whistleblowers) :

  • Le personnage de Josh O’Connor (Daniel Kellner) est un analyste qui fuit avec des preuves technologiques et des vidéos classifiées. C’est exactement le modus operandi du Disclosure Project, qui s’est fait connaître en réunissant des dizaines de témoins militaires et corporatifs prêts à parler publiquement.

2. Le traitement des extraterrestres (la touche Spielberg vs. Greer)

C’est là que le film s’éloigne de la pure thèse de Greer pour redevenir du grand spectacle hollywoodien :

  • Chez Greer :

  • Il soutient une vision très spirituelle et pacifique (notamment via ses protocoles CE5 d’initiation au contact par la méditation). Pour lui, les ovnis sont bienveillants et l’axe de la peur est créé de toutes pièces par les humains.

  • Dans le film :

  • Même si le film montre que les humains ont abusé des extraterrestres, Spielberg ajoute des éléments fantastiques et spectaculaires (des personnages qui développent des pouvoirs télépathiques, des courses-poursuites avec des technologies volées, des messages extraterrestres piratant la météo télévisée via Emily Blunt). On est dans du divertissement pur.

  • Ce qui éloigne Hollywood du monde de l’ufologie

Hollywood évite les références directes à l’ufologie.

Hollywood fonctionne de cette manière : les scénaristes s’inspirent des théories du complot, des mythes urbains et de la culture populaire sans jamais créditer les auteurs originaux de ces théories, pour deux raisons majeures :

  • La liberté créative

  • Ne pas acheter de droits permet à David Koepp d’écrire l’histoire qu’il veut sans rendre de comptes à une figure publique réelle.

  • La crédibilité institutionnelle :

  • Steven Greer est une figure controversée (souvent critiquée pour ses applications payantes de contact extraterrestre ou ses thèses parfois jugées extrêmes). Un grand studio comme Universal préfère vendre Disclosure Day comme une « idée originale de Steven Spielberg » plutôt que de s’associer officiellement à l’ufologie militante.

En résumé,

Il y a un lien entre le travail de Steven Greer et le film de Spielberg.

Disclosure Day est une immense compilation fictionnelle des thèmes que le mouvement de Greer rabâche depuis 30 ans, mais passée à la moulinette de la magie et du grand spectacle spielbergien. C’est l’hommage de Hollywood à la mythologie ovni moderne, sans les droits d’auteur à payer !

Les véritables points de discorde entre Hollywood et l’ufologie

Les militants de la divulgation (le mouvement Disclosure), avec Steven Greer en première ligne, entretiennent une relation très ambiguë avec Hollywood. D’un côté, les films popularisent leurs thèmes ; de l’autre, ils estiment que l’industrie du cinéma participe — consciemment ou non — à une entreprise de désinformation.

Leurs points de discorde se résument en trois grands reproches :

1. Le « Conditionnement par la Peur » (Le complexe de l’invasion)

C’est le plus grand cheval de bataille de Steven Greer. Pour lui, la quasi-totalité des intelligences extraterrestres qui visitent la Terre sont pacifiques ou, du moins, non hostiles.

  • La critique des militants :

  • Ils accusent Hollywood de saturer les écrans de films d’invasions agressives (Independence Day, La Guerre des Mondes de Spielberg, Signs).

  • Leur théorie :

  • Selon Greer, ce traitement médiatique sert à conditionner psychologiquement la population à avoir peur de l’inconnu. Les militants affirment que le complexe militaro-industriel souhaite implanter cette peur dans l’esprit du public pour justifier plus tard la militarisation de l’espace (la fameuse théorie d’une « fausse bannière » ou d’une fausse invasion extraterrestre mise en scène par les gouvernements pour instaurer un contrôle mondial).

2. La décrédibilisation par le sensationnalisme

Pour les ufologues du Disclosure Project, la recherche sur les PAN (Phénomènes Anormaux Non identifiés) est une science sérieuse qui s’appuie sur des radars, des documents déclassifiés et des témoignages de pilotes de ligne ou de généraux de l’armée.

  • La critique des militants :

  • Hollywood mélange le vrai et le faux en associant des concepts réels (comme la rétro-ingénierie de technologies crashées) à des éléments de pure fantaisie (monstres baveux, explosions de planètes, pouvoirs magiques).

  • L’impact :

  • En transformant ces sujets en divertissements de pop-corn, le cinéma renvoie l’ufologie au rang de « folklore pour geeks » ou de divertissement enfantin. Cela empêche, selon eux, le grand public et les scientifiques sérieux de se pencher sur les véritables preuves.

3. Le vol technologique et l’omission de « l’Énergie Libre »

Dans les théories de Greer, le cœur du secret entourant les ovnis n’est pas l’existence des extraterrestres en soi, mais le fait qu’ils utilisent des systèmes de propulsion à énergie propre, infinie et gratuite (parfois appelée énergie du point zéro).

  • La critique des militants :

  • Quand Hollywood montre des vaisseaux extraterrestres, l’accent est mis sur leurs armes ou leur gigantisme, presque jamais sur l’impact révolutionnaire que leur source d’énergie aurait pour l’humanité (la fin du pétrole, de la pauvreté et du changement climatique).

  • Leur conclusion :

  • Les militants estiment que le cinéma occulte volontairement ce sujet pour ne pas éveiller les consciences sur le fait que des technologies capables de sauver la planète seraient « séquestrées » par des corporations privées.

En résumé : Là où le spectateur voit un simple film d’action, les militants de la divulgation voient un outil d’ingénierie sociale conçu pour maintenir l’humanité dans la peur et l’ignorance, tout en tirant d’immenses profits financiers des histoires qu’ils leur « empruntent ».