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« La machine : cela me rend-t-il plus humain ou moins humain » ?

Kevin Boucaud-Victoire – 26 avril 2018

 

Cet article reprend pour l’essentiel  la présentation  faite sur le site Le Comptoir (sauf parties en italique et entre-parenthèses)

Après « La guerre des gauches » (Cerf), Kévin Boucaud-Victoire, rédacteur au Comptoir, sort son deuxième ouvrage : « George Orwell : écrivain des gens ordinaires ». Il y explique la pensée de l’écrivain britannique, socialiste démocratique et antitotalitaire. Le Comptoir reproduit des extraits de son livre qui est sorti en librairie le 12 avril 2018. Dans ce texte, il explique la critique socialiste du Progrès d’Orwell.

 

George Orwell, nom de plume d’Eric Arthur Blair, né le  à Motihari (Inde) pendant la période du Raj britannique et mort le  à Londres, est un écrivain, essayiste et journaliste britannique.

Son œuvre porte la marque de ses engagements, qui trouvent eux-mêmes pour une large part leur source dans l’expérience personnelle de l’auteur : contre l’impérialisme britannique, après son engagement de jeunesse comme représentant des forces de l’ordre colonial en Birmanie ; pour la justice sociale et le socialisme démocratique, après avoir observé et partagé les conditions d’existence des classes laborieuses à Londres et à Paris ; contre les totalitarismes nazi et soviétique, après sa participation à la guerre d’Espagne. Parfois qualifié d’« anarchiste conservateur », il est souvent comparé à la philosophe Simone Weil, en raison de ses prises de positions originales pour un socialiste.

Né au XVIIIe siècle dans le sillage de la pensée des Lumières et théorisée par le philosophe -(et mathématicien)-  révolutionnaire Nicolas de Condorcet, le mythe du Progrès est partagé par l’essentiel de la gauche, marxisme compris. Le Progrès consacre la croyance dans le perfectionnement global et linéaire de l’humanité.

L’augmentation du savoir, notamment scientifique, doit entraîner avec elle le progrès technique   (Ce progrès va se développer avec l’école républicaine dont Condorcet est le théoricien le plus complet – cf là « cinq mémoires sur l’instruction publique »). Jugé bénéfique pour l’homme, qui n’aura plus à accomplir les tâches les plus fatigantes grâce aux machines, celui-ci doit permettre un accroissement des richesses –rebaptisé “croissance économique” – ainsi qu’une amélioration morale et sociale. Les sociétés s’approcheraient ainsi du meilleur des mondes possible, à la fois prospère et composé d’individus bons et libres. Certes, la pensée marxiste est légèrement plus complexe que celle de Condorcet, car elle est dialectique – le Progrès est rendu possible par l’opposition entre les classes sociales –, mais elle reste prisonnière de ce mythe.

Ainsi, si Marx loue le courage des luddites, ces ouvriers anglais qui cassaient les machines, considérant qu’elles étaient la source de leur exploitation et de leur aliénation, il estimait qu’ils se trompaient de combat. Le marxisme a une foi aveugle dans le Progrès. ( Le néo-luddisme est un mouvement moderne d’opposition à tout ou partie du progrès technique. cf l’article de Bill Joy co-fondateur de Sun Microsystem publié en 2000 : pourquoi on n’a pas besoin de nous » – cf la traduction par Michel Roudot  » Pourquoi l’avenir n’a pas besoin de nous »   . Theodore (dit TedKaczynski, surnommé « Unabomber ». s’est battu, selon lui, contre les dangers inhérents à la direction prise par le progrès dans une société industrielle et une civilisation technologique, une société qui s’éloigne de l’humanité et de la liberté humaine pour la majorité sinon pour la totalité de la population – attentats de 1978 à 1994.)

George Orwell perçoit l’affaire tout autrement que l’ont fait les marxistes. Comme le relève Stéphane Leménorel« Orwell n’entend pas seulement comprendre l’emprise technologique sur nos existences, mais aussi ce machinisme dont les ravages sont à la fois plus sournois et radicaux. »

Anti-théoricien, l’écrivain anglais n’est pas victime des illusions de ses camarades intellectuels. Il voit le machinisme tel qu’il est, ou plutôt tel qu’il est ressenti par les classes subalternes. Il fait remarquer que « les gens se rendent confusément compte que le “progrès” est un leurre[iv] ». Car « l’époque de la mécanisation triomphante, nous permet d’éprouver réellement la pente naturelle de la machine, qui consiste à rendre impossible toute vie humaine authentique »« La machine est l’ennemie de la vie ».

L’écrivain déplore d’ailleurs « qu’aujourd’hui les mots de “progrès” et de “socialisme” so[ie]nt liés de manière indissoluble dans l’esprit de la plupart des gens ». La faute en incombe au socialisme qui « n’a à la bouche que les mots de mécanisation, rationalisation, modernisation – ou du moins croit de son devoir de s’en faire le fervent apôtre. 

Nous retrouvons la problématique développée par Bernanos dans La France contre les robots en 1947. Pour les Français, « le danger n’est pas dans les machines », mais « dans le nombre sans cesse croissant d’hommes habitués, dès leur enfance à ne désirer que ce que les machines peuvent donner. »

De même, pour Orwell, le problème est qu’en se livrant aux machines, l’humain perd son humanité. Pour lui, il n’est pas si évident que « le progrès mécanique tend[e] à rendre la vie sûre et douce » comme il est communément admis, car « toute nouvelle invention mécanique peut produire des effets opposés à ceux qu’on en attendait. »

il craint que « la finalité ultime du progrès mécanique [soit] […] d’aboutir à un monde entièrement automatisé – c’est-à-dire, peut-être, un monde peuplé d’automates » et « de réduire l’être humain à quelque chose qui tiendrait du cerveau enfermé dans un bocal. »…(Nous y sommes !)

Enfin, le Progrès enferme l’homme dans un monde totalement artificiel qui le prive de ses plaisirs les plus simples et les plus essentiels, comme celui de contempler la nature. Or, se demande Orwell, « si un homme ne peut prendre plaisir au retour du printemps, pourquoi devrait-il être heureux dans une Utopie qui circonscrit le travail ?  »« Car l’homme ne reste humain qu’en ménageant dans sa vie une large place à la simplicité.

C’est cette pensée qui guide Orwell vers son désir d’« une vie simple et plus dure », proche de la nature, faite de tâches agricoles et de jardinage, « au lieu d’une vie plus molle et plus compliquée », comme celle qui caractérise la société industrielle. Il a cependant conscience qu’il est impossible de retourner en arrière, vers une vie sans machine, car « à l’image de la drogue, la machine est utile, dangereuse et créatrice d’habitudes. »Enfin, s’il a pu écrire dans 1984 que « le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance », Orwell n’est pas technophobe ou réactionnaire pour autant. Mais avant d’accepter une innovation, il faudrait selon lui se demander « cela me rend-il plus humain ou moins humain ?

quatre spécialistes de l’oeuvre d’Orwell par Kevin Boucaud-Victoire dans Marianne -12 juillet 2020 

  • Jean-Claude Michéa professeur de philosophie à la retraite auteur de  Orwell, anarchiste tory (1995) et Orwell éducateur (2003)

“Le délire idéologique de la gauche moderne” en dit long sur l’actualité d’Orwell

  • Stéphane Leménorel, poète et ancien professeur de philosophie, auteur de George Orwell ou la vie ordinaire (Le Passager clandestin, « Les précurseurs de la décroissance », 2017)

la destruction de la langue et du sens :  Les repères ont cédé la place aux paillettes, la raison s’est effacée dans le slogan, les valeurs ont été asphyxiées par les mots d’ordre. Le sens du vrai, la dignité, la décence ordinaire, chère à Orwell, se retrouvent enterrés sous les ruines du spectacle.

  • Jean-Jacques Rosat, professeur de philosophie, éditeur et auteur de Chroniques orwelliennes Collège de France, 2013)

« l’anéantissement de la vie commune » : Les bases de la société décrite dans 1984 ne sont pas à chercher en premier lieu dans l’économie, la sociologie ou l’idéologie, mais dans la politique et dans la volonté de pouvoir. À quoi rêvent ses dirigeants – les « oligarques », comme Orwell les appelle ? Au pouvoir pour le pouvoir. Au pouvoir absolu. « Dieu, c’est le pouvoir. » Le pouvoir sur les choses et sur les corps, sans doute. Mais, surtout et par-dessus tout, le « pouvoir sur l’esprit ». Pour y parvenir, tous les moyens sont bons : substitution aux événements passés de faits alternatifs, négation des lois de la nature, liquidation de la logique et du principe de non-contradiction, rejet de la démarche empirique, destruction de la vérité objective et de tout espace des raisons

Emmanuel Roux, docteur en philosophie et auteur notamment de George Orwell : la politique de l’écrivain (Michalon, « Le bien commun », 2015).

Orwell me semble majeur pour de nombreuses raisons. Il a notamment inventé l’écriture politique comme forme authentique d’engagement contre les postures des « intellectuels ». Mais si je devais souligner deux raisons majeures, ce serait d’une part son « socialisme démocratique », qu’on peut sans problème renommer « populisme civique » : une pensée politique qui privilégie les médiations institutionnelles pour que le plus grand nombre pèse vraiment sur les décisions majeures de la vie civile, qui donne sa place au conflit dans la mesure où celui-ci est régulé et civilisé par des valeurs communes, qui manifeste à l’égard de toute forme d’altérité une générosité et une tolérance de principe, qui est fondamentalement non violent, qui pense ensemble la liberté et l’égalité sans les sacrifier l’une à l’autre, qui refuse par principe toute avancée scientifique destructrice du cadre naturel, qui se méfie du pouvoir jusque dans sa volonté de ne pas l’instrumentaliser.

Pour aller plus loin : Regards vers l’Absolu, regards vers la vie, pour sortir de la théologie et idéologie humaniste

 

 

 

 

Simone Weil, Maria Zambrano et Cristina Campo aspirent à une révolution métaphysique

       

(image Philitt)

               Simone Weil                                         Maria Zambrano                              Cristina Campo  

 

 « La figure de la triade, trois personnes étroitement liées par une « amitié stellaire », expression de Nietzsche qui désigne les amitiés qui n’ont de lieu que dans l’espace de la pensée, de l’intelligence et de la vérité. Le rapprochement entre ces trois auteurs s’est effectué en plusieurs étapes. Les lisant séparément, j’ai d’abord repéré des noms, Antigone, Jean de la Croix, et des mots, exil, renoncement, une « écholalie » entre leurs livres, expression que j’emprunte à André Hirt. 

Ensuite, Belinda et le monstre, riche biographie de Cristina Campo écrite par Cristina De Stefano, m’a révélé l’amitié entre l’Italienne et l’Andalouse qui se sont connues à Rome dans les années 60, et leur commune admiration pour Simone Weil. »  L’incorrect

 

 

 

Les Incandescentes

La quête d’amour et de vérité

Elisabeth Bart -23 mai 2019

Les incandescentes -23 mai 2019Elisabeth Bart est professeur de lettre classique et critique littéraire

 

Matthieu Giroux sur Philitt

Élisabeth Bart  publie Les Incandescentes, livre admirable qui retrace les destins temporels et spirituels de Simone Weil ( 1909-1943 morte à 34 ans), Marìa Zambrano(1904-1991) et Cristina Campo(1923-1977). En remontant aux sources intellectuelles de leur œuvre (Antigone, Dante, Jean de la Croix), Élisabeth Bart montre ce qui unit ces trois femmes : la quête d’amour et de vérité, qui est une seule et même quête. 

Marìa Zambrano est une philosophe née en Andalousie, républicaine exilée de 1939 à 1984, ayant fui la dictature franquiste. Au cours de ces 45 années, elle vécut dans différents pays d’Amérique latine et d’Europe. De retour en Espagne, elle reçut le prestigieux prix Cervantès pour l’ensemble de son œuvre en 1988. Son œuvre philosophique, à la hauteur des plus grandes œuvres du XXe siècle européen, évolue vers une écriture poétique où le concept s’exprime par des variations (au sens musical du terme) sur des métaphores, telle l’aurore dans l’un de ses derniers livres publié en Espagne en 1987, intitulé De l’aurore. Cristina Campo, nom de plume de Vittoria Guerrini, née à Bologne, est une poétesse et critique littéraire, traductrice de grands auteurs, Virginia Woolf, William Carlos Williams, John Donne, Simone Weil, pour ne citer qu’eux. Inclassable, son œuvre est d’une incomparable beauté stylistique, qu’on ne cesse de relire quand on l’a découverte. Deux recueils, Les Impardonnables et La Noix d’or, colligent des méditations poétiques sur la littérature, l’art, la liturgie, aussi singulières que profondes. Son œuvre poétique, publiée en français sous le titre Le Tigre absence, composée de poèmes profanes et liturgiques, offre un exemple parfait de « claire mystique », expression que j’emprunte à Marìa Zambrano.

 

 

Elisabeth Bart : « Selon Cristina Campo, certains livres nous sont destinés, j’ai su que les œuvres de ces trois femmes m’étaient destinées, le livre s’est imposé à moi, je n’ai même pas « choisi » de l’écrire. Si la triade avait été composée de deux femmes et d’un homme, le livre se serait sans doute imposé à moi de la même manière, il n’y a aucun présupposé idéologique à l’origine de ma recherche.

Ces trois femmes se conçoivent comme créatures de Dieu, filles du Père, position métaphysique qui surplombe la position sociale. Le christianisme a proclamé la dignité ontologique de la femme égale à celle de l’homme, préexistante à l’ordre social : « Il n’y a ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, vous n’êtes tous qu’un dans le Christ Jésus », écrit saint Paul (Ga, 3 18).

En lisant Simone Weil, Marìa Zambrano et Cristina Campo, on comprend qu’une renaissance de la vie spirituelle nécessite une révolution métaphysique qui renverserait l’espace mental dominant le monde actuel : que les êtres humains ne se prennent plus pour Dieu, qu’ils prennent le monde, le langage et leur propre existence pour ce qu’ils sont, à savoir un don.

Dans Philosophie et poésie – 2015-, Marìa Zambrano retrace l’histoire de la métaphysique occidentale à partir de la condamnation platonicienne de la poésie qui a conduit l’Occident à séparer la philosophie et la poésie puis la philosophie et la science, d’où ce qu’elle nomme une « métaphysique de la création » qui constitue le fond, l’espace mental sur lequel repose l’ordre mondial actuel. En d’autres termes, celui-ci obéit à une pensée rationaliste, pas rationnelle pour autant, qui a rejeté dans les marges, voire le non-être, tous les modes de pensée qui ne concourent pas à la maîtrise du monde, laissant libre cours à un régime économique de prédation sans limites.

 

Comme Marìa Zambrano, Simone Weil critique cette métaphysique, en particulier dans L’Enracinement, dont elle voit l’avènement à la Renaissance et le triomphe au XVIIIe siècle avec la philosophie des Lumières. Selon elle, une telle métaphysique a perverti la science qui a perdu la sagesse désintéressée des anciens Grecs et ne vise plus que la maîtrise du monde.

De cette métaphysique découle la destruction des cultures traditionnelles et, avec elle, la destruction de l’identité des peuples et d’autres modes de pensée qui s’exprimaient dans la poésie et la mystique, destruction que Simone Weil nomme « déracinement ». Le mot « poésie » ne désigne pas, chez nos trois penseuses, ce qui s’exhibe lors du misérable « Printemps des poètes » ni ce qui se vend dans les infâmes « marchés de la poésie » mais toutes les créations littéraires, musicales et artistiques qui imprégnaient les peuples dans les cultures traditionnelles grâce auxquelles ils habitaient le monde. « Les travailleurs ont plus besoin de poésie que de pain », écrit Simone Weil dans La pesanteur et la grâce et, dans des pages splendides de son essai Saint Jean de la Croix, Marìa Zambrano évoque ce XVIe siècle où « la Castille chantait » et pose la question : « Pourquoi la Castille ne chante-t-elle plus ? » Avant la Renaissance, la culture savante et la culture populaire dialoguaient, s’influençaient mutuellement comme en témoignent quelques traces, par exemple le chant polyphonique corse toujours vivant dans la liturgie et les fêtes profanes sur l’île de Beauté : le Chant XVII du Purgatoire de La Divine Comédie de Dante, chanté par le chœur d’hommes de Sartène, a traversé les siècles à travers des générations de bergers analphabètes. « La poésie est fille de la liturgie, comme Dante le démontre d’un bout à l’autre de La Divine Comédie » écrit Cristina Campo dans ses Notes sur la liturgie. Depuis ses origines, depuis Le Conte du Graal de Chrétien de Troyes né de la liturgie, tout grand roman est un poème qui déploie un discours de symboles. La liturgie est la poésie suprême dans toutes les religions, toutes les langues, à la portée de tous, elle assume ce que Pierre Legendre nomme la « ligne d’ombre », « les choses ultimes », selon Roberto Calassso, — la mort, l’irréversibilité du temps, la désidérabilité — , elle leur donne sens à travers les symboles. La liturgie, pure gratuité, quête de la Beauté, est la seule forme de résistance à l’Empire du Management que Pierre Legendre et d’autres penseurs actuels identifient à un totalitarisme masqué.

La renaissance de la vie spirituelle qu’appelle la lecture de ces trois penseuses serait d’abord renaissance de la poésie, de la pensée poétique face à la pensée calculante qui domine le monde aujourd’hui. Elle passera par une renaissance des trésors de la civilisation chrétienne. Tout n’a pas disparu, tout est encore là, les œuvres théologiques, littéraires, la musique, les cathédrales, les églises, telle la princesse endormie des contes, attendent le baiser du réveil. L’ignorance de ces œuvres engendre un nouvel obscurantisme qu’il s’agit de dissiper en exhumant les vérités demeurées à l’état latent. Il faut trouver, pour les traduire, une langue dont la beauté triomphe de la hideuse novlangue managériale. Œuvrer à une renaissance de la civilisation chrétienne, comme l’ont fait les Incandescentes, est moins illusoire que croire à la pérennité de l’ordre du monde actuel et à la métaphysique qui le fonde.

Le terme « réactionnaire » appartient au lexique de la politique et de la philosophie politique alors que la notion « antimoderne », telle que l’a définie Antoine Compagnon dont votre revue se réclame, renvoie d’une façon beaucoup plus large à des choix métaphysiques qui peuvent conduire à des positions différentes sur l’échiquier politique, surtout actuellement où la décomposition idéologique est telle qu’on ne sait plus très bien ce que recouvrent les termes « réactionnaire » et « conservateur », utilisés comme des insultes dans les grands media et sur les réseaux sociaux, ni à quelle réalité ils renvoient. Simone Weil et Marìa Zambrano ont vécu au XXe siècle, la première a milité dès l’adolescence dans des mouvements de gauche, voire d’extrême-gauche, elle a travaillé à l’usine et dans les champs pour connaître la condition ouvrière, elle est morte à Ashford, ayant rejoint la France Libre à Londres ; le seconde s’est engagée aux côtés des Républicains au cours de la guerre d’Espagne, elle a vécu les deux tiers de sa vie en exil pour fuir une dictature d’extrême droite. Les qualifier de réactionnaires serait insensé. Quant à Cristina Campo, elle a vécu ici-bas en exilée, elle-même Impardonnable, nom qu’elle donne à ces impassibles lisant Job ou Jérémie dans l’imminence de l’échafaud, ceux qui renoncent, dans un monde où le pouvoir est coupé de ses racines spirituelles, à un engagement social et politique purement temporel.

Elles sont « antimodernes » essentiellement dans leur critique de la métaphysique humaniste, en particulier dans leur incrédulité envers le « Progrès » tel que celle-ci le conçoit. Simone Weil qualifie de « poison » ce « Progrès » exclusivement matérialiste qui prétend améliorer la condition humaine par les sciences, les techniques et par le droit, et qui en réalité déracine, plongeant les hommes dans la détresse : « La destruction du passé est peut-être le plus grand crime », écrit-elle dans L’enracinement, et à propos des ouvriers : « Ce qu’on peut chercher dans leurs revendications, c’est le signe de leurs souffrances. Or les revendications expriment toutes ou presque la souffrance du déracinement » (Ces phrases sont à méditer à propos des Gilets Jaunes). La critique de cette métaphysique apparaît tout aussi radicale dans les livres de Marìa Zambrano, par exemple dans L’Homme et le divin. La mort de Dieu, programmée par cette métaphysique, laisse les hommes en proie aux obscures divinités de l’État, du Marché, du Progrès et du Futur, puissances abstraites et anonymes qui dominent le monde aujourd’hui, réplique artificielle du Chaos de l’origine.

Une très juste expression de Cristina Campo condense l’antimodernité des Incandescentes: nous sommes dans une civilisation de la perte. Nous avons perdu l’essentiel, ce qui constituait « l’autre monde » : « À quoi se réduit désormais l’examen de la condition de l’homme, si ce n’est à l’énumération, stoïque ou terrifiée, de ses pertes ? Du silence à l’oxygène, du temps à l’équilibre mental, de l’eau à la pudeur, de la culture au règne des cieux. » Comme son compatriote et contemporain Pasolini, Cristina perçoit l’horreur de la société de consommation qui, étouffant les hommes sous une marée d’objets inutiles, massacre la Beauté, à commencer par la beauté de la nature. Elle s’insurge aussi contre la perte suprême, celle du « destin » dont le nom chrétien est « vocation » : «  Tous les murs de la métropole crient à l’homme quelle musique il devra aimer, quelle maison désirer, quelle femme accueillir dans ses rêves, et ils lui proposent sans trêve la cohue babélique des destins vicaires, de l’actrice qui a bu du poison au champion mort dans un accident », écrit-elle dans Les Impardonnables.

Le secret, c’est ce que trouve l’écrivain dans sa solitude, que Marìa Zambrano définit dans son essai Pourquoi on écrit comme « ce qui ne peut se dire à haute voix, à cause de la trop grande charge de vérité qu’il renferme »« la vérité de ce qui se passe dans le sein du temps ». C’est une vérité qui ne peut se donner dans l’immédiateté, à la lumière crue de l’instant, une vérité qui se dévoile par l’écriture. L’écrivain ne voit pas cette « trop grande charge de vérité » qu’il porte en lui, il s’en délivre, et ce sont les lecteurs qui, au fil du temps, dévoileront à leur tour une part de cette vérité pour nourrir leur propre secret. Écrire, penser, c’est entrer dans le travail immémorial du langage, lequel procède du Verbe et nous dépasse. Ce que m’ont dévoilé ces trois penseuses ne recouvre certainement pas la totalité de leur secret, le propre des grandes œuvres est de préserver ce secret au sein du temps, chaque époque trouve en elles la part de vérité qui lui revient.

Leur « vocation » d’écrivain se manifeste clairement dans leur poétique. L’œuvre de chacune d’elles répond à un appel de Dieu qui s’inscrit dans le dessein de Dieu. Bien que chacune ait suivi son propre chemin, que leurs expériences sont très différentes, elles se rejoignent sur l’essentiel. Leur expérience de l’écriture est vécue comme une expérience mystique et ce n’est pas un hasard si toutes les trois ont pris pour modèle saint Jean de la Croix, le poète mystique par excellence. La mystique est une potentialité de l’être humain que la philosophie pourrait reconnaître si elle n’avait pas rejeté l’amour. Chez le mystique, l’intelligence est animée par l’amour au sens chrétien du terme, la charité, le don de soi. Ces trois « incandescentes » brûlent d’amour de la Vérité : comment vivre, comment écrire sans un « Seigneur de l’Être » à aimer, demande Marìa Zambrano. La voie sanjuaniste est celle de la montée au Carmel, traversée de la nuit obscure qui crée un vide en soi pour faire place à l’objet d’amour, que l’écriture intériorise au plus profond de l’âme. On atteint alors une poésie « objectale », la plus haute poésie. L’amour courtois, qui renonçait à la possession de l’objet aimé pour le chanter, constituait un prélude, un premier pas dans cette voie mystique comme en témoigne la poésie des troubadours aux XIIe-XIIIe siècles, qui fut aussi œuvre de femmes, les trobaritz, ce qu’on oublie trop souvent. Dans la mystique, le sujet se consume pour l’objet aimé, il se libère ainsi du conformisme social et intellectuel, il atteint une liberté intérieure absolue : « Incandescents, nous traversons les murs », écrit Cristina Campo.

Juan de Yepes Álvarez (en religion Jean de la Croix ou Juan de la Cruz), né à Fontiveros (Espagne) le  et mort au couvent d’Úbeda le , est un prêtre carme, saint mystique espagnol, souvent appelé le réformateur et « Saint du Carmel ». Ses écrits mystiques, toujours populaires, font qu’il fut déclaré Docteur de l’Église en 1926

Projet de loi bioéthique 2020- en route vers la production d’humains sélectionnés ou transformés

Après les OGM voici venir les humains génétiquement modifiés

près

Le docteur Alexandra Henrion-Caude est généticienne, ancienne directrice de recherche de l’hôpital Necker-enfants malades et membre de l’Espace éthique Ile-de-France

Avec le vote de la loi de bioéthique (AMP-assisted reproductive technology) nous entrons dans un cauchemar digne de sciences fictions – film Bienvenue à Gattaca ou du livre le meilleurs des mondes

l’état stocke les gamètes des jeunes français : l’état devient géniteur

le stockage des gamètes peut conduite un père à avoir 100 voire 1000 enfants ( Pays Bas) d’où les risques de consanguinité

Il y a beaucoup d’effets secondaires aux traitements hormonaux dont on ne parle pas.

On systématise le tri des embryons et la loi permettra au ministre de modifier l’aménagement de celui-ci ( selon les chiffres 2016 il y avait déjà 300 000 embryons stockés). Quelle liberté de la mère sur ce tri ?

La France détient déjà le record mondial des tests prénataux.

On peut donner des embryons à la recherche jusqu’à 14 jours ( l’embryon est déjà visible et le coeur est formé). Le chercheur pourra créer des gamètes à partir de ces embryons et même créer des embryons génétiquement modifiés voire des chimères homme/animal

 

 

Loi de Bioéthique : Sont-ils devenus fous ? Avec Alexandra Caude-Henrion. Part 1

CLONAGE HUMAIN ET CHIMÈRE. Avec Alexandra Caude-Henrion Part.2

 

( Le projet de loi de bioéthique a été voté définitivement le 31 juillet 2020)

rapport au nom de la commission spéciale      exposé de la loi 

 

AVANT-PROPOS

LES PRINCIPALES MODIFICATIONS APPORTÉES AU PROJET DE LOI PAR LA COMMISSION SPÉCIALE

AUDITION DE MMES AGNÈS BUZYN, MINISTRE DES SOLIDARITÉS ET DE LA SANTÉ, NICOLE BELLOUBET, GARDE DES SCEAUX, MINISTRE DE LA JUSTICE, ET FRÉDÉRIQUE VIDAL, MINISTRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION, PUIS DISCUSSION GÉNÉRALE

COMMENTAIRES DES ARTICLES

TITRE IER  ÉLARGIR L’ACCÈS AUX TECHNOLOGIES DISPONIBLES SANS S’AFFRANCHIR DE NOS PRINCIPES ÉTHIQUES

Chapitre Ier Permettre aux personnes d’exercer un choix éclairé en matière de procréation dans un cadre maîtrisé

Article 1er Élargissement de l’AMP aux couples de femmes et aux femmes seules

Article 1er bis Rapport relatif à la structuration des centres d’assistance médicale à la procréation

Article Assouplissement du don de gamètes et autorisation de leur autoconservation

Chapitre II Reconnaître et sécuriser les droits des enfants nés d’assistance médicale à la procréation

Article 3 Droit d’une personne conçue dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation par recours à un tiers donneur d’accéder à ses origines

Article 4 Établissement de la filiation des enfants nés par recours à l’assistance médicale à la procréation par un couple de femmes ou par une femme non mariée

TITRE II  PROMOUVOIR LA SOLIDARITÉ DANS LE RESPECT DE L’AUTONOMIE DE CHACUN

Chapitre Ier Conforter la solidarité dans le cadre du don d’organes, de tissus et de cellules

Article Extension du don croisé d’organes à plus de deux paires de donneurs/receveurs pour améliorer l’accès à la greffe

Article Extension du bénéfice d’un prélèvement de cellules souches hématopoïétiques sur un mineur ou un majeur protégé à ses parents pour accroître les possibilités de greffes intrafamiliales en l’absence d’autre alternative thérapeutique

Article Renforcement des droits des personnes sous mesure de protection de leurs biens dans l’exercice de leur citoyenneté en leur permettant de donner leur consentement au don

Chapitre II Permettre la solidarité dans le cadre de la transmission d’une information génétique

Article 8 Réalisation d’examens de génétique sur une personne décédée ou hors d’état d’exprimer sa volonté au profit de sa parentèle

Article Transmission d’une information génétique au profit de la parentèle ou dans les situations de rupture du lien de filiation biologique dans le strict respect de l’anonymat des personnes concernées

TITRE III  APPUYER LA DIFFUSION DES PROGRÈS SCIENTIFIQUES ET TECHNOLOGIQUES DANS LE RESPECT DES PRINCIPES ÉTHIQUES

Article 10 Consentement à l’examen des caractéristiques génétiques

Article 11 Garanties entourant le recours à des traitements algorithmiques de données massives en santé

Article 12 Encadrement du recours aux techniques d’enregistrement de l’activité cérébrale

Article 13 Encadrement des dispositifs de neuro-modulation

TITRE IV  SOUTENIR UNE RECHERCHE LIBRE ET RESPONSABLE AU SERVICE DE LA SANTÉ HUMAINE

Chapitre Ier Aménager le régime actuel de recherches sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires

Article 14 Différenciation des régimes juridiques d’autorisation s’appliquant à l’embryon et aux cellules souches embryonnaires

Article 15 Régulation, en recherche fondamentale, de certaines utilisations des cellules souches pluripotentes induites

Article 16 Limite de conservation des embryons proposés à la recherche et non inclus dans un protocole après cinq ans

Chapitre II Favoriser une recherche responsable en lien avec la médecine génomique

Article 17 Utilisation des outils de modification ciblée du génome en recherche fondamentale

Article 18 Développement des « passerelles soin/recherches » par l’utilisation facilitée d’échantillons conservés à d’autres fins

TITRE V  POURSUIVRE L’AMÉLIORATION DE LA QUALITÉ ET DE LA SÉCURITÉ DES PRATIQUES DU DOMAINE BIOÉTHIQUE

Chapitre Ier Renforcer la qualité et la sécurité des pratiques

Article 19 Rénovation du régime du diagnostic prénatal permettant de reconnaître la médecine fœtale et de renforcer l’information de la femme enceinte et du couple et prévoyant des recommandations de bonnes pratiques

Article 19 bis État des lieux du diagnostic prénatal et du diagnostic préimplantatoire

Article 20 Suppression de l’obligation de proposer un délai de réflexion prévue dans le cadre de l’interruption médicale de grossesse (IMG) et encadrement de la réduction embryonnaire

Article 21 Clarification des conditions d’interruption médicale de grossesse  pour les femmes mineures non émancipées

Article 22 Autorisation de la greffe de tissu germinal pour le rétablissement d’une fonction hormonale et clarification du devenir des gamètes et tissus germinaux conservés

Chapitre II Optimiser l’organisation des soins

Article 23 Élargissement des missions des conseillers en génétique

Article 24 Garantie d’une transmission sécurisée des résultats d’examens génétiques entre laboratoires

Article 25 Aménagement, pour les patients concernés, d’une passerelle  entre la génétique somatique et la génétique constitutionnelle

Article 26 Sécurisation de l’utilisation du microbiote fécal

Article 27 Réalisation de médicaments de thérapie innovante préparés ponctuellement dans le cadre d’une seule intervention médicale sous la responsabilité d’un établissement ou organisme autorisé au titre de l’article L. 4211-9-1 du code de la santé publique

Article 28 Diverses mises en cohérence au sein du code de la santé publique

TITRE VI  ASSURER UNE GOUVERNANCE BIOÉTHIQUE ADAPTÉE AU RYTHME DES AVANCÉES RAPIDES DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES

Article 29 A (nouveau) Création d’une délégation parlementaire à la bioéthique

Article 29 Élargissement des missions du Comité consultatif national d’éthique des sciences de la vie et de la santé

Article 30 Évolution des compétences et de la composition des organes de l’Agence de la biomédecine

TITRE VII  DISPOSITIONS FINALES

Article 31 Habilitations à légiférer par voie d’ordonnance

Article 32 Réexamen de la loi

LISTE DES PERSONNES AUDITIONNÉES DANS LE CADRE DES TRAVAUX DE LA COMMISSION SPÉCIALE

 

 

 

 

 

 

commission spéciale : audition associations 

 

LR : 12 pour, 75 contre, abstention 15

LFI : 15 pour et 1 abstention

analyse du scrutin du vote ( 60 pour, 37 contre et 4 abstentions)

 

  • Le 31 juillet 2020, l’Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture le projet de loi. Elle a rétabli dans ses grandes lignes le projet de loi, tel qu’elle l’avait voté en octobre 2019, avec plusieurs modifications d’importance.

Comme en première lecture et à l’instar du vote des sénateurs, les députés ont rejeté la légalisation de la PMA post-mortem (avec les gamètes d’un conjoint décédé) au bénéfice des veuves.

Les députés ont également rejeté le don d’ovocytes dans un couple de femmes, selon la technique dite de la « ROPA »,(La méthode ROPA consiste en un traitement de fécondation in vitro qui permet aux couples de femmes de devenir mamans. L’une d’entre elles devient la mère génétique qui apporte l’ovule et l’autre devient la mère biologique en portant le bébé dans son ventre.)

 

Les nouveaux amendements votés permettent notamment :

  • aux établissements privés à but lucratif, sous conditions, de conserver des gamètes ;
  • la possible levée de l’anonymat des donneurs pour les enfants nés sous PMA avant la loi ;
  • pour les enfants nés de GPA, la limitation de la transcription d’un acte d’état civil étranger au seul parent biologique. Le second parent dit « d’intention » devra passer par une procédure d’adoption.

la position du Dr Henrion-Caude sur Présent -13 février 2020 :

En fait, et pour être synthétique, ce projet institutionnalise la marchandisation du corps des individus, possiblement la création de chimères homme-animal, et facilite le recours au clonage humain. Bref, il nous fait rentrer de plain-pied dans le monde du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, et dans toutes les craintes ancestrales, de toutes cultures, qui anticipaient la dangerosité de ces mélanges, notamment la mythologie.

En tant que généticienne, je rappellerai trois choses simples. La première est le consensus scientifique indiscutable selon lequel la vie d’un individu débute à l’établissement de son propre patrimoine génétique. Chez l’homme, c’est donc lors de la dernière étape de la fécondation, à la fusion du patrimoine génétique du père et de la mère, que débute la vie, ce processus continu qui le conduira à la mort. Ainsi, toute manipulation sur l’embryon humain ne peut se défendre sur le plan éthique sans enfreindre le code de Nuremberg.

 

La seconde est que les tests génétiques sur lesquels se fondent les diagnostics reposent sur une conception primitive erronée de notre génome qui se révèle beaucoup plus complexe qu’« une mutation, une maladie », grâce à ce qu’on appelle le non-codant, que l’on a longtemps appelé l’ADN poubelle. Par ailleurs, l’extension de ces pratiques institutionnalise de fait l’eugénisme.

La troisième est qu’il est bon de partager les découvertes formidables de l’épigénétique (modifications produites par l’environnement, qui entraînent un changement de l’expression du génome) et de l’origine développementale des maladies et de la santé. Ces connaissances bien établies depuis maintenant plus de dix ans soulignent la folie qui consiste à étendre la pratique de la PMA, quand il s’agit de s’intéresser plutôt à l’enjeu de santé publique que le recours à ces techniques soulève.

— Le nouveau projet de loi tel qu’il a été voté par le Sénat prévoit un allongement du délai de culture de l’embryon passant de 7 à 21 jours (quand les députés avaient réclamé son allongement à 14 jours). Qu’est-ce que cela implique concrètement ?

A 21 jours, l’embryon humain est normalement bien enfoui dans l’utérus maternel, son cœur commence à battre, son lien avec sa mère est déjà bien développé, et le développement de son cerveau est si avancé que l’appareil auditif s’ébauche. Alors pourquoi 21 jours ? Ce stade correspond à la limite technique d’aujourd’hui, qui fait que nous ne savons pas cultiver l’embryon humain au-delà des 21 jours. Donc, contrairement à ce que l’on fait croire aux Français, ce n’est pas un encadrement légal, mais bien une limitation technique.

Donc, si demain la connaissance technique nous permet de poursuivre la « culture » in vitro de l’embryon humain à un mois, la loi sera modifiée en fonction, et la technique d’ectogenèse, qui est celle de l’utérus artificiel, ira de l’avant. Où est le progrès médical à externaliser les premiers stades de développement de l’embryon, alors qu’on découvre sans cesse la richesse des interactions materno-fœtales ?

— Ce nouveau projet de loi propose aussi de supprimer la clause de conscience dans le cas d’interruption médicale de grossesse. N’est-ce pas, finalement, la volonté affichée de promouvoir une médecine déshumanisée dans ce sens où le médecin n’est plus qu’un simple exécutant, sans âme ni intelligence ou conscience, des volontés du patient ?

 Vous l’avez compris, la tendance actuelle, qu’on appelle à tort « progrès », consiste en la dépossession de l’homme de lui-même. J’externalise la reproduction au point de proposer la PMA sans plus aucune indication médicale. J’externalise la grossesse au point de développer des embryons humains jusqu’à 21 jours. J’externalise ma conscience de scientifique au point d’avoir des lois qui me dictent la frontière de ce qui est éthique, de ce qui ne l’est pas. Pour finir, j’affranchis les hommes de penser, que ce soit la femme qu’on presse de faire son interruption médicale de grossesse, en l’empêchant de réfléchir pendant une semaine (ou plutôt de comprendre tout ce qui lui a été dit), et que ce soit la clause de conscience qui permet aux praticiens d’avoir dans leur pratique un libre arbitre. C’est cela aussi ce projet de loi.

 

— Jacques Bigot, chef de file socialiste sur le texte, a eu ces mots au moment du vote : « Cette loi doit être une loi de confiance dans l’individu sur les grandes avancées médicales […] plutôt qu’une loi d’interdiction. » Vous, qui avez lancé ce vibrant appel aux sénateurs, que lui répondriez-vous ?

— Comment ose-t-il parler de « grandes avancées médicales » quand l’Académie nationale de médecine, 2 000 médecins sous l’égide du Dr Raphaël Nogier, et d’autres personnalités compétentes, notamment l’éminent Dr Jacques Testart, se sont tous exprimés de façon unanime sur les dérapages d’ordre médical de ce projet de loi.

Je lui répondrai donc de ne pas être sourd à ces appels unanimement convergents par des personnalités si diverses. Je lui demanderai d’avoir la curiosité de cliquer sur tous les liens postés sous ma vidéo YouTube filmant mon appel, à la façon de l’abbé Pierre, sur la loi bioéthique : PMA, embryons. Je lui demanderai de se renseigner mieux, par exemple à l’international, et d’écouter l’éminent biologiste de la reproduction australien, le Pr John Aitken, quand il s’inquiète des générations d’enfants infertiles produits par la fécondation in vitro.

Lire ce projet de loi – en tant que généticienne – a provoqué chez moi un vertige effroyable comme si ce projet semblait être chargé d’écraser tout ce qu’il y a d’humain dans l’individu sous couvert du progrès de la science. Seule la méthode employée par ce projet pour noyer les consciences, et notamment à coups de sigles incompréhensibles, semble être scientifique. •

Accès au projet de loi bioéthique – première et deuxième lecture -Assemblée Nationale

Le manifeste des médecins 

Suite à la tribune parue le 17 mars 2016, dans le journal Le Monde, signée par 130 médecins et biologistes, intitulée «Nous médecins avons aidé les couples homosexuels à avoir un enfant même si la loi l’interdit», suite aux récentes déclarations du Pr René Frydman qui demande la PMA pour toutes les femmes (janvier 2017) ;

Nous, médecins, impliqués dans la vie quotidienne de nos concitoyens voulons par ce manifeste rappeler quels sont les rôles, les limites et les exigences de notre profession.

Les tentations sont grandes pour les pouvoirs publics et les usagers de s’approprier les techniques bio-médicales à des fins partisanes. Nous mettons en garde contre ces tentations.

Propositions pour un « Retour sur Terre « 

Date de parution: 17/06/2020
La Croix , Elodie Maurot 23 juin 2020
Un collectif d’ intellectuels trace les axes d’une réorientation fondamentale de la politique et de nos modes de vie pour éviter la catastrophe :

« Il est bien tard pour passer à l’action. Mais supposons qu’il nous reste dix années pour enfin affronter le monde tel qu’il est devenu, à savoir de moins en moins favorable à nos existences, et à celles des autres êtres vivants.

Dix ans pour un virage politique très serré. Dix ans pour nous débarrasser de nos lubies productivistes et consuméristes.

Dix ans pour apprendre à régénérer une nature en voie de destruction accélérée.

Dix ans pour resserrer nos inégalités, tout en redonnant sens à nos existences.

Dix ans, enfin, pour commencer à bâtir une civilisation nouvelle. Si c’était possible, voici ce que nous aurions à proposer. »

Sept chercheurs proposent de refonder notre société autour d’une série de mesures économiques et institutionnelles fondées sur des travaux au long cours et une vision étayée de l’avenir. Ils posent dans cet ouvrage les bases d’un programme politique ambitieux pour une nouvelle ère.

Dominique Bourg , philosophe franco-suisse, professeur honoraire à l’Université de Lausanne

Gauthier Chapelle, Ingénieur agronome et docteur en biologie, Gauthier Chapelle a inspiré et co-fondé en 2006 l’asbl Biomimicry-Europa en vue de promouvoir le biomimétisme en Europ (biomimétisme : Innover en s’inspirant du vivant, pour concevoir des biens, des services et des organisations humaines compatibles avec la biosphère)

Johann Chapoutot, historien spécialiste d’histoire contemporaine, du nazisme et de l’Allemagne.

Philippe Desbrosses, docteur en science de l’environnement, agriculteur et écrivain français

Xavier Ricard Lanata, ethnologue, philosophe et écrivain

Pablo Servigne, ingénieur agronome et docteur en sciences Université libre de Bruxelles

Sophie Swaton, maître de conférence et de recherche, Institut de géographie et durabilité Université de lausanne 

Alors que des citoyens toujours plus nombreux se demandent « que faire ? », le manifeste Retour sur Terre propose de « changer ni plus ni moins de civilisation ». Le programme se donne l’objectif d’un développement économique compatible avec les ressources du système terre et de « parvenir à terme à une empreinte écologique inférieure à 1 planète (objectif partiel de 1,5 d’ici à 10 ans) » pour assurer la régénérescence des écosystèmes.

Concrètement, sur le plan économique, cela signifie « produire moins de biens (sobriété), et mieux (efficacité) ». Sur le plan politique, ce programme implique de « resserrer les écarts de revenus », de « refonder la représentation, enrichir les procédures démocratiques, protéger les biens publics et les biens communs ». « Aujourd’hui, il s’agit de nous entendre sur la nécessaire décrue de la production et sur son partage, c’est‑à‑dire sur le nécessaire resserrement des écarts de richesses », plaide le collectif.

Des propositions concrètes mises sur la table

L’intérêt de ce livre réside dans la synthèse qu’il offre à la discussion et dans le caractère concret des propositions mises sur la table. Sur le plan économique, il propose la « relocalisation maximale de l’activité par un protectionnisme coordonné et coopératif au niveau international » (mesure 2). Il souhaite la mise en place de quotas individuels de consommation d’énergie/matière, par référendum (mesure 4). Il propose de se doter de toute une gamme d’incitation aux bonnes pratiques écologiques : modulation du taux d’imposition en fonction du bilan énergie/matière des consommations (mesure 11), fiscalité foncière permettant de favoriser le rapprochement des zones de résidence et des espaces agricoles (mesure 15)…

Sur le plan du développement économique, les signataires suggèrent de créer un « revenu de transition écologique », destiné aux personnes souhaitant se lancer dans des activités à fort impact écologique et social (par exemple en agroécologie, permaculture, artisanat, low‑techs…) « dont la rémunération par le marché est souvent bien inférieure à leur valeur réelle ».

Dans le domaine de l’agriculture, ils proposent d’aller vers une « agroécologie décarbonée », sans énergies fossiles, impliquant « d’abandonner presque entièrement la motorisation à énergie fossile », ce qui implique un important transfert de main-d’œuvre vers le secteur agricole.

Un État garant du respect des limites planétaires

Le manifeste repose sur une philosophie politique, où l’émancipation sociale et la lutte contre les inégalités sont centrales. Le projet est d’évoluer d’un « État providence » à un « État résilience » dont la mission serait d’assurer la sécurité à long terme des citoyens. « Il s’agit de faire de la « sécurité » un horizon de civilisation, dans un monde instable et menacé par le réchauffement climatique et des bouleversements écologiques sans précédents »

Pour cela, le manifeste propose une réforme constitutionnelle introduisant dans le premier article de la Constitution que « L’État est garant du respect de l’empreinte écologique et des limites planétaires » (mesure 19). Il suggère aussi d’acter « uprincipe de non‑régression en matière de droit de l’environnement », d’étendre le statut de sujet de droits (sous une forme non plénière) aux écosystèmes ou à des éléments de ceux‑ci (fleuves, glaciers…) et la création d’une Chambre du futur « permettant de représenter le temps long » (mesure 20).

Si l’ouvrage présente une vision d’ensemble cohérente, certaines lacunes ne manqueront pas d’être relevées par ses adversaires. La politique industrielle et de services est à peine esquissée. L’échelon européen paraît sous investi. L’hostilité du contexte économique international semble peu prise en compte au regard des contraintes qu’il fait peser sur la politique française.
« L’idéal que nous proposons se veut un horizon, un point de mire disponible à la mise en mouvement de la société », concluent-ils. Avec la conviction que la pandémie a déjà fait bouger les esprits.

La conclusion des Mémoires d’outre-tombe

 

résumé et analyse de l’oeuvre 

lire l’oeuvre 

Chateaubriand et la conclusion de notre histoire –Dedefensa.org

Les Mémoires d’outre-tombe sont la principale œuvre de François-René de Chateaubriand, dont la rédaction commence en 1809, sous le titre Mémoires de ma vie, et s’achève en 1841. L’édition originale des Mémoires d’outre-tombe, titre final du projet, est publiée en douze volumes entre 1849 et 1850.

S’ils comportent des traits qui les rapprochent du genre littéraire des mémoires (au sens classique du terme, comme les Mémoires de Saint-Simon de Saint-Simon), les Mémoires d’outre-tombe s’inspirent également des Confessions de Rousseau, au sens où Chateaubriand traite — outre les événements politiques et historiques auxquels il assiste — de détails de sa vie privée et de ses aspirations personnelles. L’auteur traite donc des événements historiques majeurs dont il fut témoin (Révolution, République, Empire, Restauration, Monarchie de Juillet) mais en même temps nous dévoile son moi intérieur, dans une confidence aussi proche qu’intime à son lecteur.

C’est également dans cet ouvrage qu’on trouve quelques-uns des meilleurs exemples français de prose poétique, genre dans lequel Chateaubriand excellait.

Un des plus importants textes du monde moderne, le premier qui nous annonce comment tout va être dévoré : civilisation occidentale et autres, peuples, sexes, cultures, religions aussi. C’est la conclusion des Mémoires d’outre-tombe. On commence avec l’unification technique du monde :

« La société, d’un autre côté, n’est pas moins menacée par l’expansion de l’intelligence qu’elle ne l’est par le développement de la nature brute. Supposez les bras condamnés au repos en raison de la multiplicité et de la variété des machines, admettez qu’un mercenaire unique et général, la matière, remplace les mercenaires de la glèbe et de la domesticité : que ferez−vous du genre humain désoccupé ? Que ferez−vous des passions oisives en même temps que l’intelligence ? La vigueur du corps s’entretient par l’occupation physique ; le labeur cessant, la force disparaît ; nous deviendrions semblables à ces nations de l’Asie, proie du premier envahisseur, et qui ne se peuvent défendre contre une main qui porte le fer. Ainsi la liberté ne se conserve que par le travail, parce que le travail produit la force : retirez la malédiction prononcée contre les fils d’Adam, et ils périront dans la servitude : In sudore vultus tui, vesceris pane. »

« La malédiction divine entre donc dans le mystère de notre sort ; l’homme est moins l’esclave de ses sueurs que de ses pensées : voilà comme, après avoir fait le tour de la société, après avoir passé par les diverses civilisations, après avoir supposé des perfectionnements inconnus on se retrouve au point de départ en présence des vérités de l’Ecriture. »

Le basculement immoral de l’homme moderne, grosse bête anesthésiée, ou aux indignations sélectives, qui aime tout justifier et expliquer :

« Au milieu de cela, remarquez une contradiction phénoménale : l’état matériel s’améliore, le progrès intellectuel s’accroît, et les nations au lieu de profiter s’amoindrissent : d’où vient cette contradiction ?

C’est que nous avons perdu dans l’ordre moral. En tout temps il y a eu des crimes ; mais ils n’étaient point commis de sang−froid, comme ils le sont de nos jours, en raison de la perte du sentiment religieux. A cette heure ils ne révoltent plus, ils paraissent une conséquence de la marche du temps ; si on les jugeait autrefois d’une manière différente, c’est qu’on n’était pas encore, ainsi qu’on l’ose affirmer, assez avancé dans la connaissance de l’homme ; on les analyse actuellement ; on les éprouve au creuset, afin de voir ce qu’on peut en tirer d’utile, comme la chimie trouve des ingrédients dans les voiries. »

La corruption va devenir institutionnalisée :

« Les corruptions de l’esprit, bien autrement destructives que celles des sens, sont acceptées comme des résultats nécessaires ; elles n’appartiennent plus à quelques individus pervers, elles sont tombées dans le domaine public. »

On refuse une âme, on adore le néant et l’hébétement

« Tels hommes seraient humiliés qu’on leur prouvât qu’ils ont une âme, qu’au-delà de cette vie ils trouveront une autre vie ; ils croiraient manquer de fermeté et de force et de génie, s’ils ne s’élevaient au-dessus de la pusillanimité de nos pères ; ils adoptent le néant ou, si vous le voulez, le doute, comme un fait désagréable peut−être, mais comme une vérité qu’on ne saurait nier. Admirez l’hébétement de notre orgueil ! »

L’individu triomphera et la société périra :

« Voilà comment s’expliquent le dépérissement de la société et l’accroissement de l’individu. Si le sens moral se développait en raison du développement de l’intelligence, il y aurait contrepoids et l’humanité grandirait sans danger, mais il arrive tout le contraire : la perception du bien et du mal s’obscurcit à mesure que l’intelligence s’éclaire ; la conscience se rétrécit à mesure que les idées s’élargissent. Oui, la société périra : la liberté, qui pouvait sauver le monde, ne marchera pas, faute de s’appuyer à la religion ; l’ordre, qui pouvait maintenir la régularité, ne s’établira pas solidement, parce que l’anarchie des idées le combat… »

Une belle intuition est celle-ci, qui concerne…la mondialisation, qui se fera au prix entre autres de la famille :

« La folie du moment est d’arriver à l’unité des peuples et de ne faire qu’un seul homme de l’espèce entière, soit ; mais en acquérant des facultés générales, toute une série de sentiments privés ne périra−t−elle pas ? Adieu les douceurs du foyer ; adieu les charmes de la famille ; parmi tous ces êtres blancs, jaunes, noirs, réputés vos compatriotes, vous ne pourriez-vous jeter au cou d’un frère. »

Puis Chateaubriand décrit notre société nulle, flat (cf. Thomas Friedman), plate et creuse et surtout ubiquitaire :

« Quelle serait une société universelle qui n’aurait point de pays particulier, qui ne serait ni française, ni anglaise, ni allemande, ni espagnole, ni portugaise, ni italienne ? ni russe, ni tartare, ni turque, ni persane, ni indienne, ni chinoise, ni américaine, ou plutôt qui serait à la fois toutes ces sociétés ? Qu’en résulterait−il pour ses mœurs, ses sciences, ses arts, sa poésie ? Comment s’exprimeraient des passions ressenties à la fois à la manière des différents peuples dans les différents climats ? Comment entrerait dans le langage cette confusion de besoins et d’images produits des divers soleils qui auraient éclairé une jeunesse, une virilité et une vieillesse communes ? Et quel serait ce langage ? De la fusion des sociétés résultera−t−il un idiome universel, ou bien y aura−t−il un dialecte de transaction servant à l’usage journalier, tandis que chaque nation parlerait sa propre langue, ou bien les langues diverses seraient−elles entendues de tous ? Sous quelle règle semblable, sous quelle loi unique existerait cette société ? »

Et de conclure sur cette prison planétaire :

« Comment trouver place sur une terre agrandie par la puissance d’ubiquité, et rétrécie par les petites proportions d’un globe fouillé partout ? Il ne resterait qu’à demander à la science le moyen de changer de planète. »

Elle n’en est même  pas capable…

RENCONTRE AVEC EMENIL LE GARDIEN DU TEMPLE-LA METAPHORE DE L’APOTHICAIRE

Ange EMENIL

Messages des 8 Mai et 4 Juillet 2020

 

L : Bonjour mon ami ! Tu es très beau ! Comment te nommes-tu ? Et que signifient toutes ces perles ?
_ Je suis l’ange Emenil , l’ange du (mouvement ?) de l’harmonisation du monde ; mes perles sont le symbole de mon attachement au Seigneur, et de ma fidélité à ses ordres.
Je suis particulièrement attentif aux traditions ; je conserve précieusement les Tables de la Loi, et tout ce qui est le fondement de notre univers d’amour, créé par l’Eternel.
Je suis le responsable du bon fonctionnement des lois célestes et de leur usage sur terre .
Je suis le gardien du Temple .
L : Es-tu un nomade ?
_ Non , lulu. J’appartiens au groupe des philosophes , très proches du Seigneur. Je connais Nomi, et je travaille avec lui, à la bonne harmonie de nos deux mondes . Il faut maintenir un équilibre et j’en suis le garant.
L : Peux-tu réécrire ton nom, cher ange ? En lettres d’imprimerie , si tu le veux bien ?
_ EMENIL
L : Merci ! Puis-je avoir quelques autres précisions sur ta mission  ?

_ Je suis l’ange de la coordination céleste, qui établit une accordance, entre le monde du ciel et celui de la terre .
L : En ce moment , le virus a provoqué une grande perturbation ! Vas-tu agir et intervenir, avec l’aide de tes compagnons du ciel, et la permission de Dieu  ?
_ Oui , je vais rétablir la sérénité sur cette terre, du moins pendant un certain temps, et nous verrons bien !
J’espère, et je supplie, pour que votre comportement s’améliore, avec notre soutien, avec celui des Justes et des Saints, qui implorent pour vous.
Repentez-vous,  et priez le Père tout-puissant, qui a votre vie entre ses mains. Reprenez courage et foi en Lui.
L : Mais pour les personnes qui ne croient pas ?
_ Elles vont devoir faire un choix, car leur vie future en dépend. Le matériel  n’est qu’apparence, même s’il joue un grand rôle dans votre existence.
Il faut retrouver la clé de la porte céleste, et cette première semonce, va vous y aider .
L : Merci ange très saint. Sois béni. Je te supplie de nous aider. Je suis profondément honorée de notre rencontre .
_ Moi aussi, lulu
L : Je ne crois pas mériter cet honneur ! Love You !

4 juillet 2020 :

Peu après mon entrevue avec Emenil, j’ai réalisé que je n’avais pas obtenu une véritable explication des détails de sa mission, au royaume des Cieux .
J’ai donc posé la question à Mom, et j’ai été quelque peu étonnée par les réponses, assez éloignées de ce qu’Emenil avait bien voulu me confier auparavant . Voici donc le contenu de notre dialogue : L : Mom , je ne me souviens plus de tous les aspects du rôle d’Emenil , que tu avais évoqués, la nuit dernière, par télépathie . Tu peux me rappeler ce qu’il en est,
mon amie ?
_ Bien sûr, et c’est Namimer qui va te l’expliquer.
L : C’est toi , mon humoriste ?
_ Oui lulu.
Namimer se lance alors, dans une tirade, qui révèle une toute autre perception, de l’activité céleste d’Emenil :
_ Emenil est le garant de l’équibre ciel-terre , et cette harmonie, comme tout ce qui existe au ciel, est fondée sur l’amour, et seulement sur l’amour.
Il s’agit ici, d’une sorte de dosage d’amour, administré à un malade, tel un médicament, avec des doses personnalisées, et ce traitement peut être modifié, en fonction de l’état du patient . Soit on diminue la dose, soit on l’augmente. Emenil dispense l’amour, en fonction de ce qui est nécessaire à tes semblables, dont certains en ont plus besoin que d’autres .
Il ne s’agit pas, ici, d’un rationnement de l’amour, puisque ce dernier déferle depuis les cieux , en torrents gigantesques et inimaginables, mais simplement, d’un dosage subtil, destiné à chacun, car un trop grand
volume d’amour pourrait consumer un être humain, et il n’y aurait là aucun profit .
L : Comment établissez-vous cette quantité d’amour ?
Est-ce le même principe, que celui adopté par l’état, qui répartit l’argent public, selon la demande des régions ?
Plus équitablement, j’espère !
_ Tout à fait, ma lulu. Mais là, il s’agit aussi d’ethnies et de civilisations, ainsi que de sociétés primitives ou contemporaines, et nous prenons les décisions qui s’imposent, en fonction de l’usage de cet amour, et du
besoin spécifique à chaque population .
Par exemple, les tribus, dites sauvages, qui vivent dans la jungle, ou bien dans des coins reculés de votre planète, nécessitent moins d’amour que vous, car ce sont des êtres purs et sans malice, et leur âme est innocente.
Dans votre monde moderne, il faut trouver des trésors d’imagination pour délivrer cet amour, que le Seigneur, Jésus , et nous, les anges, déversons sur vous . Trop d’un seul coup, ne conviendrait pas, car il se produirait un éblouissement, une sorte de brûlure, de consummation, et votre esprit ne pourrait pas le concevoir. C’est pourquoi , nous dosons, comme le fait un docteur pour son malade, en espérant toujours , obtenir une guérison .
Quelquefois, et même souvent, il y a rejet, et le malade n’accepte pas le traitement. Mais là, c’est de la thérapie de l’âme dont il s’agit, et c’est le chemin, pour retrouver un équilibre et une harmonie, perdus dans le chaos de votre matérialité, dans le chaos de la violence, perpétrée par le Perverti, contre vous . Cet amour, c’est un baume sur vos blessures, cet amour, c’est un onguent sur vos souffrances, et cet onguent divin, c’est Emenil
qui le prépare, et tente de l’appliquer sur votre âme malade et éperdue.
Ce baume est très efficace sur des personnes qui ont le désir de découvrir le royaume des cieux, par la prière, le dévouement, et la méditation positive, c’est-à dire, tournée vers la recherche de Dieu, et dans ce cas, la
quantité d’amour n’a nul besoin d’être trop importante . Mais pour des êtres malveillants, atteints d’une affection de l’âme, presque mortelle ( au sens où vous l’entendez), le traitement est un remède très fort et très éprouvant qui laisse sans forces, car il faut guérir, et ce n’est pas toujours le cas. Chez certains, les saints et les héros, le volume d’amour est un trop plein, qui existe déjà dans leur cœur, et rejaillit sur leur entourage ;  nous n’avons nul besoin d’intervenir, car ils sont des nôtres.
Je ne sais pas si tu as bien compris cette énergie, et cette harmonie, diffusées par Emenil, afin d’équilibrer la terre, avec un morceau de ciel .
Mais tout cet amour, cette vibration universelle, qui unit le ciel et la terre, n’importe qui peut les ressentir dans un moment de solitude, de bonheur ou de désarroi. Vous aspirez tous, à cette communion avec l’éternel et le monde invisible, car vous êtes semblables à nous, et la partie de vous qui accepte Dieu, cette infime et divine parcelle qui vous anime dans sa lumière, est le compte-goutte, grâce auquel, l’amour démesuré et indicible de votre famille du ciel, vous est distribué .
A vous d’en faire bon usage. Emenil est là pour y veiller. Majestueux, immense, terrible et compatissant, arborant fièrement sa tenue d’apothicaire de Dieu .
Magnifique et tendre, porteur de l’équilibre, tenant dans sa main, la balance de la justice de l’amour, l’amour qui, soigne et apaise, et qui vous guérit de tous vos tourments .
L : Ce texte est merveilleux ! Qui l’a écrit ? Namimer ?
_ C’est moi , mon amie, en espérant que tu sauras bien le traduire !
L : Tu m’aideras ! Dis-moi, mon ange, Emenil se présente comme le gardien du temple, et vous dites qu’il est l’apothicaire de Dieu . Quel est le lien ?
_ Il n’y a aucun lien. Il est l’apothicaire de Dieu, car il prodigue des soins, tel un médecin ou un pharmacien, mais cela ne l’empêche pas d’être le gardien du temple, le temple de l’harmonie céleste qui appellera à une harmonie conjuguée de la terre, sans laquelle votre planète ne pourra pas changer de vibration, ni donner naissance à une nouvelle génération d’humains, qui seront des hommes nouveaux, plus près du créateur.
Il ne faut pas confondre la mission d’Emenil, avec celle du tout un chacun angélique. Sa mission est gigantesque et exceptionnelle. Il est de ceux qui entourent le trône du Seigneur, et son autorité incontestable et incontestée , couvre des prérogatives très larges et très spéciales.
Il possède une grande puissance d’action, et c’est à ce titre, qu’il distribue l’amour divin, avec la permission et la bénédiction de Dieu. Ceci est un privilège, que peu d’êtres célestes possèdent. Mais ne t’inquiète pas, il ne
s’agit pas d’atténuer l’amour incommensurable de votre créateur, pour vous. Il s’agit simplement de rendre à César, ce qui est à César, et que chacun soit traité selon son mérite.

Se tenir debout, droit et seul

Les voies de l’âme

Je viens de retrouver un texte de réflexion écrit par mon professeur de yoga. Elle s’appelait Huguette Pinson, un joli nom !

J’ai connu la souffrance, la solitude, la douleur matérielle, physique et morale ainsi que des moments d’angoisse liés aux tracas de la vie…….Il m’a fallu faire face, souvent seule, à la dureté de la vie.

Mais je sais que de tout cela on peut sortir un beau matin, après avoir frôlé mille morts intérieures. On devient libre de tout et de tous. Alors une immense compassion surgit dans le cœur. On se sent prêt à se tenir debout et à accueillir la misère humaine, à lui donner son cœur, sa vie. On ne peut faire cela que lorsqu’on a souffert beaucoup soi-même.

Je plains les êtres creux et vides ancrés profondément dans la matière et qui sourient, heureux des bonnes affaires qu’ils traitent. Je les plains. Souvent ils portent la mort en eux. Non pas que ce soit mal de traiter ses affaires et de gagner de l’argent mais il y a malhonnêteté dans l’exploitation du plus pauvre, du plus démuni. Le cœur humain manque souvent de générosité. Pourtant il peut aussi  être splendide et rayonnant.

Dans ce champ de forces contradictoires que sont le mal et le bien, l’ombre et la lumière, se tenir debout, droit et seul pour être un combattant dans la lumière, ayant au cœur la vie totale de l’esprit.

Pour cela, il n’y a qu’une formule : travailler beaucoup sur soi-même, devenir libre dans son cœur et dans son esprit, dépasser toutes les émotions et toutes les peurs, entrer dans le vrai amour.

Zad, nature, culture et recomposition des mondes avec Alessandro Pignocchi

Ancien chercheur en sciences cognitives eten philosophie, Alessandro Pignocchi s’est lancé dans la bande dessinée avec son blog, Puntish. Son premier roman graphique, Anent. Nouvelles des Indiens Jivaros (Steinkis), publié en 2016, racontait ses découvertes et ses déconvenues dans la jungle amazonienne, sur les traces de l’anthropologue Philippe Descola.

Son Petit traité d’écologie sauvage (Steinkis), publié en 2017, décrit un monde où l’animisme des Indiens d’Amazonie est devenu la pensée dominante. Cette réflexion est encore poursuivie en 2018 dans La Cosmologie du futur (Steinkis), dans lequel l’auteur se débarrasse du concept moderne de « nature ».

Avec ce nouvel album, la recomposition des mondes, qui constitue le premier roman graphique publié dans la collection « Anthropocène » du Seuil, éditeur de sciences humaines, Pignocchi s’attache à des problématiques similaires, mais appliquées à un cas concret et un peu moins lointain que l’Amazonie, puisqu’il part étudier et vivre ces problématiques sur le terrain de la ZAD de Notre-Dames-des-Landes.

partie d’une interview par Nicolas Cazaux sur partage le.com

Avant d’y aller (sur la ZAD), je ne soupçonnais pas du tout la complexité de l’expérience de la ZAD – la richesse, l’intensité et l’originalité de ce que ça fait d’être sur place. Je devais penser que l’intérêt de cette lutte tenait à sa finalité – principalement l’abandon du projet d’aéroport – et que le parcours vers cet objectif était fait de souffrances et de discussions politiques pénibles. Je n’imaginais pas que la beauté d’une telle lutte tenait avant tout à la lutte elle-même, à la densité de vie qu’elle procure.

Les ZAD s’en prennent à deux piliers fondamentaux de l’Occident moderne, ceux-là même que le Green New Deal vise à maintenir en place : la Nature-objet et l’indépendance de la sphère économique. Deux fondamentaux qui s’étayent l’un l’autre et qui érigent un rapport au monde incompatible avec une sortie de la crise écologique.

La notion de Nature-objet, qui est une autre façon de parler de la distinction entre Nature et Culture, désigne le mode de relation privilégié par l’Occident moderne avec les plantes, les animaux, les écosystèmes et les non-humains en général : la relation de sujet à objet. Les seuls sujets sont les humains, et tous les non-humains sont des objets qui n’acquièrent leur valeur qu’en vertu des services qu’ils rendent aux humains. La notion de service écologique, si importante y compris dans des discours prétendument écologistes, est symptomatique de ce mode de relation.

Le point important, c’est que dans l’Occident moderne, c’est la relation de sujet à objet qui façonne le rapport au monde dominant, les normes sociales, les institutions, etc. (y compris, d’ailleurs, de plus en plus souvent entre humains, comme l’illustre la notion de « ressources humaines »).

En Amazonie et, j’y reviendrai, sur une ZAD, c’est au contraire la relation de sujet à sujet avec les non-humains qui est la plus spontanée et qui façonne le rapport au monde du groupe et ses normes sociales. Pour les Indiens d’Amazonie et d’Amérique du Nord, plantes et animaux sont réellement vus comme des personnes, dont la vie sociale est régie par des conventions analogues à celles en vigueur chez les humains.

Dans l’Occident moderne, la relation de sujet à objet se décline selon deux variantes : l’exploitation et la protection. La protection des milieux qui, telle qu’elle est pensée chez nous, reste une forme d’utilisation, où sont mis en avant soit les services écologiques, soit des fonctions de récréation, de contemplation esthétique, etc. Tant que ce mode de relation reste la relation par défaut, celle qui structure notre rapport au monde et les normes de notre société, il n’y aura pas d’issue à la crise écologique, et ce pour deux raisons principales : tout d’abord, l’oscillation entre protection et exploitation est biaisée. Ça n’est pas une oscillation mais un phénomène de cliquet, puisque lorsqu’on choisit de protéger une zone on peut toujours changer d’avis et l’exploiter, alors que l’inverse est plus complexe. Tant que l’on reste prisonnier de cette dichotomie on se dirige donc nécessairement vers des lieux protégés de plus en plus réduits, jusqu’à leur disparition totale.

Le statut d’objet attribué aux non-humains est maintenu en place par l’autre pilier fondateur de l’Occident moderne : le mythe de l’indépendance des faits économiques. Comme le décrit Karl Polanyi dans La grande transformation, au cours du 19e siècle l’utopie libérale a œuvré à détacher l’économie du reste de la vie sociale et à la positionner en surplomb par rapport à elle, à faire de l’activité économique une fin en soi. Là aussi, cette propriété cosmologique est propre à l’Occident moderne : dans les sociétés traditionnelles il n’y a pas de faits économiques. Tout échange, même médié par une forme de monnaie, est toujours plus qu’un simple échange d’objets : il renforce ou déplace les solidarités, les rivalités et s’inscrit globalement dans l’ensemble du tissu social.

L’indépendance des faits économiques en Occident relève du mythe car, bien sûr, l’économie est toute pénétrée par le politique. Mais c’est un mythe que nos classes dirigeantes ont un besoin vital de maintenir en place car il est devenu leur principal outil de légitimation. Ils ont besoin, par exemple, de pouvoir prendre les points de croissance ou le PIB comme des fins en soi, indépendamment des réalités socio-écologiques qu’ils dissimulent.

Si l’on résume le syllogisme très simple auquel on arrive, voici ce que l’on obtient :

(1) Pas d’issue à la crise écologique sans instaurer la relation de sujet à sujet avec les non-humains comme relation structurante.

(2) La sphère économique autonome et surplombante ne peut accepter que des objets.

Conclusion : une proposition écologique ne peut être sérieuse que si elle s’en prend frontalement à l’indépendance des faits économiques. Et c’est très exactement ce qui se passe sur les ZAD. On remet au premier plan des relations basées sur la solidarité, l’entraide, le non-chiffrable, on s’échange de la nourriture à prix libre et, plus généralement, on dissout la sphère économique dans la réalité de la vie sociale. Ce faisant, on libère les espaces permettant de tisser avec les non-humains et le territoire des relations de sujet à sujet, colorées de liens affectifs, empathiques et présentant toutes les nuances de ce qui n’est pas marchandisable. Personne, sur une ZAD, n’aurait l’idée de faire appel à la notion de service écologique ou de séparer les questions sociales et les questions environnementales. Le territoire et ses habitants non-humains ne sont plus ni des ressources ni des sanctuaires mais, en somme, des voisins, avec lesquels il s’agit de partager au mieux un monde commun.

La Fabrique des Questions Simples

L’objectif de la Fabrique des Questions Simples est de donner le primat aux questions sur les disciplines scientifiques, pour permettre de conduire une recherche impliquée, au service de la société. Notre ambition est de pleinement prendre acte de la mesure de la dégradation de l’environnement global et de contribuer à la recherche pour la mise en oeuvre des recommandations des Nations unies.

Pourquoi les questions simples?

L’essentiel de la recherche est focalisée sur l’avancée des connaissances à l’intérieur de champs disciplinaires. L’expression des questions est complexe et s’appuie sur un corpus de connaissances très étendu dans le cadre de méthodologies bien établies. Les questions simples à l’inverse sont focalisées sur des problèmes en rupture du point de vue des traditions disciplinaires. Leur expression ne présuppose en général pas beaucoup de connaissances. Elles sont essentiellement compréhensibles en-soi. Leur réponse relève par contre d’une grande complexité.

Il existe différents types de questions simples. Certaines ont une motivation scientifique propre. C’est le cas par exemple des efforts du mathématicien Alan Turing pour définir formellement ce qu’est un calcul, ou du physicien Erwin Schrödinger pour comprendre la vie et le fonctionnement de la cellule. D’autres questions simples prennent leur origine en dehors des sciences, dans les problèmes concrets de la société. Le projet Manhattan par exemple répond par une mobilisation massive à une question simple, comment faire la bombe atomique avant l’Allemagne nazie. Transformer les sociétés pour les adapter au dérèglement climatique est une question simple dont la réponse est d’une grande complexité.

Du point de vue disciplinaire, les questions simples sont souvent mal posées, car aucune méthodologie ne permet de savoir comment les appréhender. Leur portée par contre est très ambitieuse. Pour autant, bien que leur motivation puisse être extrêmement concrète, les efforts pour les traiter peuvent conduire à des retombées scientifiques majeures dans différents domaines, voire à l’émergence de nouvelles disciplines.

La mission

La Fabrique des Questions Simples développe des activités en partenariat à la rencontre entre science, pratique et politique, qui associent donc étroitement les acteurs de la gouvernance, de l’activité socio-économique, et du secteur académique.

Sa mission est triple :

  • mettre la science au service de la société en participant à la construction de solutions.
  • partager les connaissances avec un plus large public, scolaire, universitaire, acteur socio-économique, administration publique, citoyen.
  • favoriser l’émergence d’une pensée politique de l’anthropocène afin de pouvoir appréhender les extraordinaires défis pour le futur, et de permettre de sortir du déni en donnant du sens à l’action sociale, économique et politique.

L’Equipe

Bonheur ou Bien-être ?

 

Arjuna et Krisna

 

Notre société est dominée par deux choix fondamentaux : la liberté individuelle et la satisfaction, dans ce cadre, de tous nos désirs.

Dans ce cadre, le bonheur apparaît comme une succession de plaisirs et donc une quête du « toujours plus ». On rentre ainsi dans un cycle de dépendance.

On pense être libre et sur cette base on revendique ce que l’on veut faire. Mais qui est le maître dans cette démarche  ? Ce sont nos désirs. Et, ce que nous pensons être notre liberté est en fait une soumission à nos désirs et un bonheur éphémère.

Le bonheur ne dépend pas de facteurs extérieurs.

On peut ainsi éprouver du bonheur dans l’action, en étant en permanence présent dans cette action.

On peut aussi éprouver du bonheur à faire ce qu’il fallait faire par exemple dans notre situation de parent ou dans notre engagement dans la société.

Plus profondément et spirituellement nous observons que le bonheur est notre état intérieur, notre nature profonde : Amour, paix intérieure, harmonie et joie.

Aujourd’hui avec notre obsession du bien-être on est rentré dans une vie égoïste et superficielle et cette recherche du bien-être peut nous entraîner vers une société de sauvagerie  ou on s’oriente vers l’élimination de tous ce et ceux qui entravent notre bien-être.

 

Chinmaya Mission France – Yoga de la connaissance– Centre d’enseignement d’Advaita Vedânta présente « Bonheur ou Bien-être »