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Ayahuasca, chacruna et … business

Investigations & Enquêtes

Guidés par des Chamanes, guérisseurs indiens, ils vont aller boire une décoction amère, l’Ayahuasca, un psychotrope qui les emmènera en transe, à l’intérieur des méandres de leur âme. Chaque année, ils sont des centaines de Français à partir au Pérou pour un voyage d’un genre différent. Un voyage à l’intérieur d’eux-mêmes, en quête d’aventures nouvelles et de sensations fortes ou à la recherche de réponses à leurs interrogations personnelles. Autrefois réservée aux routards, drogués et allumés en tous genres, cette expérience initiatique est devenue aujourd’hui un objet de curiosité à portée de tous les touristes, et des centres de vacances se sont créés pour les accueillir. Enquête au Pérou avec un groupe de ces “touristes psychotropiques” sur cette nouvelle tendance du tourisme extrême.

 

 

L’ANGE RINALDI LE PRINCE ITALIEN messages des 27 et 29 Mai 2019

Rencontre des 27 ET 30 MAI 2019

Voici un texte qui est le message intégral de ma rencontre avec l’Ange Rinaldi    un prince italien du XIIIème siècle . Rinaldi est un Veilleur de Nuit . Je l’ai compris après avoir eu le message dans son intégralité . Les veilleurs de nuit sont des anges , qui ont demandé à venir sur terre , afin d’accomplir une mission bien spécifique ,  qui les met au plus près des Humains . Cette rencontre avec Rinaldi  m’ a permis de revisiter une époque ,  et de faire des recherches très intéressantes sur l’histoire de l’Italie de la fin du Moyen Âge .

L’ANGE RINALDI

LE PRINCE ITALIEN

Rencontre des 27 ET 30 MAI 2019

Le Dimanche 26 Mai , se dessine sur la page , un ange magnifique , auréolé de perles , et dont le voile , comme à l’accoutumée , dissimule toutes sortes d’animaux célestes , mêlés à des chapelets d’angelots , qui donnent l’impression de chanter.

L : Ange Rinaldi ?

_ Oui lulu . Je suis un ange doré qui tient dans ses mains les secrets du Ciel et les garde précieusement pour les temps à venir, où ils seront divulgués à l’Homme Nouveau .

L : Je suis très honorée de te connaitre , ange très saint. Es-tu le serviteur de Dieu de Jésus et de notre sainte Mère Marie ?

_ Je suis leur humble serviteur depuis la nuit des Temps , et jusqu’à la fin des Temps .Je les aime et je les adore , tout au long des jours et des nuits , dans votre temps terrestre . Je suis leur enfant chéri , et je suis béni parmi les anges du Seigneur , pour les siècles des siècles.

L : Cher ange , peux-tu me dire ce que représentent ces chaines d’angelots, dans ta coiffe ?

_ Ce sont des chœurs angéliques , et on les voit chanter à tue-tête .

L : Comment trouves-tu ton portrait ?

_ Magnifique ! Et très beau en noir et blanc .

L : Pourquoi les dessins sont-ils formés de perles ?

_ Le portrait est très réussi , mais tu n’a pas bien compris le sens des dessins . Effectivement , il y a énormément de personnages ,imbriqués les uns dans les autres , et surtout des animaux . Mais leur contour a été fait de perles , pour être plus précieux . Ces perles entourent le choeur des anges, et la préciosité des perles , s’accorde avec le chant mélodieux des chœurs angéliques .

L : Dis-moi , Rinaldi , comment un ange de ton rang , qui détient les secrets du Ciel , peut-il se trouver parmi nous ?

_ Je suis venu pour voir un peu , ce qui se passe , avec le livre des anges , et j’ai été envoyé par le Seigneur . N’oublie jamais qu’il te protège , mon amie, Courage ! Dieu est avec toi , et nous tous  , pour notre livre .

L : Pourquoi es-tu si triste , sur le portrait ?

_ Car je souffre pour vous. Votre futur m’importe et me pose problème ,et je ne sais plus ce qu’il nous faut faire, pour vous persuader de changer .Nous prions et nous supplions pour vous , en espérant que Dieu nous écoutera .

L : Il me semble pourtant qu’il y a un véritable retour à la foi , et beaucoup de jeunes aspirent à une forme de spiritualité ,même ceux qui n’ont pas eu d’éducation religieuse ou dont les parents sont athées .

_ En effet , tout cela fait partie de notre travail , et il commence à porter ses fruits. Avec les anges , les Justes et les Veilleurs de nuit , aidés par des êtres venus d’ailleurs , nous progressons . Tu remarqueras qu’il y a de plus en plus de personnes extraordinaires , sur les réseaux sociaux , surtout des enfants . Ils sont là pour vous montrer l’exemple .

L : Je n’ai pas bien compris l’inscription sur le dessin ? :                                                    « Ecris ici pour ton maître » ?

_ Cela signifie que Dieu t’a donné une tâche à accomplir,  et tout ce que tu traces , ce que nous avons tracé avec toi, est voulu par Dieu, et vient de Dieu.

L : Merci mes amis d’amour !

Rinaldi , peux-tu me donner davantage de détails sur ta fonction ? Es-tu placé près du Créateur ?

_ Placé n’est pas vraiment le mot. Mais oui , je gravite autour du Seigneur , et je l’approche de très près .

L : Comment te fait-il comprendre ta mission ?

_ C’est très simple . J’entends sa voix, et je me plie aussitôt à sa volonté .

L : Tu es le gardien des secrets du Ciel ?

_ De très grands secrets , dont certains vous concernent .

L : La purification de la Terre a-t-elle commencée ?

_ Oui , et vous devez vous préparer à de nombreux cataclysmes. Mais des myriades d’anges , prient et implorent pour vous , conduits par Jésus , notre sainte Mère et tous les Saints .

L : Dieu entendra-t-il votre voix , et la nôtre ?

_ Seule la Prière vous sauvera !

L : As-tu été incarné , mon ami ? Ton nom a une consonance italienne , et c’est un nom assez familier dans notre société humaine .

_ Oui . Il y a très longtemps .

L : Et en dépit de cette incarnation , c’est toi qui détiens un poste aussi important ?

_ C’est le mérite apprécié par Dieu qui nous place à certains postes de la hiérarchie, avec des responsabilités, plus ou moins importantes. Il se trouve que j’ai été distingué par le Seigneur , car je fus un héros de guerre , et j’ai sauvé mon peuple d’attaques cruelles , manigancées par le Perverti.

L : Puis-je savoir à quelle époque ? Etait-ce en Italie ?

_ En Italie , au treizième siècle .

L : Tu étais un soldat ?

_ Non , un prince au cœur tendre, et Dieu m’a rappelé, pour me garder auprès de lui. J’ai sa confiance, et je suis à la tête de milliers d’autres anges, que je forme dans diverses activités .

L : Lesquelles ?

_ Ils doivent pouvoir voler au secours des humains, si besoin est, et si la situation le réclame. Mais pour cela, il leur faut changer de vibration, et je les entraîne à le faire, très rapidement. J’enseigne aux jeunes anges incarnés, nouvellement arrivés chez nous ,  comment se comporter avec les âmes, et cela demande, en fait, beaucoup de travail et d’énergie.

L : Je croyais que les anges avaient une force colossale ?

_ Oui , par rapport à vous. Mais au Ciel, tout cela est fort différent. Nous sommes dans une énergie vibratoire, que certains ne savent pas bien contrôler.

L : Merci Rinaldi . Bénis-moi et protège-moi , mon ami !

L:  Concernant les vibrations, tes propos me rappellent ceux de l’ange     Malvina ,qui tire les âmes vers le Ciel, à l’aide d’une échelle invisible, en instruisant d’autres angelots à cet effort. En effet, la densité angélique est différente de la nôtre, et l’âme conserve un certain poids qu’il faut parvenir à adapter .

L: Tu dis que l’énergie vibratoire est difficile à contrôler. Je me souviens d’un message de l’an dernier, qui confirme ta propre expérience, et dans lequel les anges me déclaraient : « La puissance de nos vibrations doit être accordée aux vôtres , de façon à communiquer, ou provoquer un événement physique ou mental »

_ Tu as tout compris, concernant les vibrations célestes et terrestres , ainsi que la densité des âmes. Tu dois savoir que nous sommes très fiers de ton travail. Ne t’inquiète de rien. Mon aide et ma protection te sont acquises, et tu vas en voir les effets très rapidement.

L : Rinaldi , ange d’amour , fais que le livre , votre livre, soit bien accueilli, et donne-moi la force de l’expliquer avec clarté ,avec émotion ,et avec le désir d’aider et de consoler en votre nom ! 

_  Tu as écrit notre livre, lulu ,  et tu as montré l’empreinte divine des anges, car telle était la volonté de Dieu . Nous t’aimons et nous te bénissons pour toujours, et jusqu’à la fin de ta mission .

Le Prince Rinaldi

Quelques jours après cette merveilleuse rencontre , je m’informe auprès de mes amis :  Rinaldi est-il parti ?

_ Non , il reste avec nous quelques temps pour t’apporter son aide .

Aussitôt l’ange me répond :

« Je suis avec Mom , Nal et Namimer » .

L : Merci d’être là , mes amis chers !

L:  Je voudrais que vous m’éclairiez sur un point qui reste toujours difficile à intégrer ,celui de la véritable nature des anges . Purs esprits ou esprits incarnés, distingués par Dieu pour leurs mérites ?                                         Pourquoi Rinaldi, dit-il ,  qu’il est au Ciel depuis la nuit des temps , alors qu’il a été incarné , en tant que Prince, et héros courageux du treizième siècle ?  A-t-il été choisi pour cette mission ?                                                                  _  J’ai été choisi par le Seigneur , pour remplir cette mission , et venir en aide à ceux qui furent mes sujets , au cours de ces luttes intestines.

L : S’agissait-il des conflits entre Guelfes et Gibelins( les partisans du Pape contre ceux de l’empereur allemand Frédéric II) , qui se livrèrent une guerre de domination , sans merci ?

_ En effet, mais des atrocités furent commises et je suis devenu le défenseur de mes pauvres sujets .

L : Tu as vécu dans un siècle qui a vu naître des génies, écrivains , peintres et scientifiques , mais qui a été également une période de cruauté et d’injustice, dues à des luttes pour le pouvoir , dans toutes les villes d’Italie déchirées par la haine des familles princières , en particulier à Florence avec les Guelfes et les Gibelins .

 As-tu rencontré Dante le divin poète ?

_ J’ai connu Dante à ses débuts , un être exceptionnel , un génie inspiré , comme l’on en rencontre un seul par siècle , et même au-delà. Un être étrange et secret . J’ai aussi connu de très grands peintres de cette époque , et je suis fier de dire, que c’était vraiment un siècle extraordinaire !

L : Je suppose que tu étais au fait, des croisades de Saint Louis ?

_ Bien sûr, mon amie , le roi pieux , dont la réputation a traversé toutes les frontières de l’Europe .

L : Puis-je savoir de quelle région ou de quelle ville , tu as été le Prince ? ( J’ai pensé à Florence , mais je n’ai pas retrouvé le nom des Rinaldi , parmi les familles nobles de la cité )

_ Non , tu ne peux pas le savoir , car c’est un secret .

L : Pourquoi ?

_ Il y a dans l’Histoire, des secrets si abominables , qu’ils ont été relégués aux oubliettes , pour ne pas porter préjudice aux descendants d’une famille , ou à ceux qui en étaient les auteurs . Noblesse oblige !

L : Es-tu mort au cours de ce triste épisode ?

_ Oui , mais je connaissais déjà mon sort , puisque j’avais été choisi pour la mission .

L : As-tu réussi à sauver quelques-uns de tes sujets ? T’es-tu sacrifié pour eux ?

_ J’ai sauvé presque tous mes sujets , lulu , en échange de ma vie et de celle de mes proches , tant aimés .

L : Comme tu as dû souffrir , mon ange divin !

_ Le martyre , à la fois physique et moral , de voir souffrir les miens .

L : Quelle horreur !

_ Oui , mon amie . Quelle horreur et quel supplice indicible ! Je crois que le Seigneur , de temps en temps , veut éprouver ses anges , et il les envoie sur Terre en mission , aussi périlleuse que douloureuse .Et c’est pourquoi , les Visiteurs du soir sont , à présent , très considérés et admirés par la hiérarchie angélique .

NB : L’ange Rinaldi a vécu dans ce XIIIéme siècle si fascinant, un mélange de civilisation , de prospérité intellectuelle , commerciale et artisanale, régi par des lois sociales administratives et judiciaires presque modernes , un siècle qui a vu naître des êtres hors du commun , pour ne citer que Dante , Pétrarque , Boccace Saint François d’Assise , Giotto et tant d’autres . Mais ce siècle a été celui de toutes les rivalités , celui des guerres sanglantes entre princes des cités italiennes , pourtant prospères ,  et partisans des papes . Guerres d’influence pour le pouvoir et l’argent, dont la plus célèbre a été celle des Guelfes et des Gibelins , avec son cortège d’atrocités et d’injustices.

Dante en témoigne dans un épisode de la Divine Comédie , où il évoque l’histoire du Comte Ugolin,  enfermé dans une tour ,avec ses quatre enfants , par l’archevêque Ruggieri degli Ubaldini , qui jeta les clés , et les laissa mourir de faim. .

J’ai fait des recherches pour retrouver le Prince Rinaldi , mais il y a des centaines de famille nobles à Florence aussi bien que dans toute l’Italie . J’en suis arrivée à la conclusion que ce n’est peut-être pas son véritable nom. En effet , l’ange me confie qu’il s’agit d’un secret, et que ni le nom ,ni le lieu ne doivent être divulgués , pour protéger de l’infamie , les descendants des familles princières .

 

S’il me manque l’Amour…ou l’éloge de la charité

 

Première Lettre de Saint Paul aux Corinthiens – chapître 13

 

01 J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.

 

02 J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien.

 

03 J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.

 

04 L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;

 

05 il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ;

 

06 il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;

 

07 il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

 

08 L’amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée.

 

09 En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles.

 

10 Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé.

 

11 Quand j’étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant.

 

12 Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu.

 

13 Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.

 

 

Aux origines du Hatha Yoga par Mark Singleton suivi de regards sur la pratique du yoga aujourd’hui

C’est à l’initiative du premier ministre indien Narendra Modi que l’assemblée générale de l’ONU a adopté jeudi 10 décembre 2014 une résolution invitant à célébrer la journée du yoga, et permettre ainsi de “faire connaître les bienfaits de la pratique du yoga”. 177 nations se sont associées à cette initiative. Elle a décidé  que le 21 juin serait désormais celle de la Journée Mondiale du Yoga.

Cet article est donc publié à l’occasion de cette journée mondiale 2019.

Mark Singleton    est un érudit en yoga moderne . Il est notamment connu pour son livre de 2010 intitulé Yoga Body : les origines de la posture moderne qui soutient que le yoga moderne représente une refonte radicale de la tradition du hatha yoga et que la plupart des asanas sont récents, influencés par la gymnastique indienne au XXe siècle.

Mark Singleton a obtenu son doctorat en divinité à l’Université de Cambridge sous la supervision d’ Elizabeth De Michelis .  Il est un enseignant qualifié de yoga Iyengar et de yoga Satyananda .  De 2006 à 2013, il a enseigné au St John’s College, à Santa Fe. 

Pour un complément d’information voir là

Dans un article de 2015 – cf ci-dessous- le site Yoganova s’interroge à partir de l’ouvrage de Singleton sur l’authenticité du yoga moderne et produit une traduction d’un extrait du livre.

Le yoga moderne est-il vraiment authentique ?

Mark Singleton dit avoir passé quatre années dans les bibliothèques en Angleterre, aux Etats Unis et en Inde à chercher les origines du yoga que nous connaissons consultant des centaines d’ouvrages et des milliers de pages de magazines. Il a  lu les  commentaires des sutras du Yoga de Patanjali ; les Upanishads et plus tard les tardives ” Yoga Upanishad” ; les textes du Yoga médiéval  comme les GoraksasatakaHatha Yoga Pradipika  (texte classique en sanskrit attribué à Svātmārāma, un disciple du Siddha Gorakshanath) et les textes des traditions Tantriques, qui tous seraient à  l’origine du Hatha-Yoga. Au milieu des années 90, armé d’une copie de « Lumière sur le Yoga » , il a passé trois ans en Inde, beaucoup pratiqué  mais il a été frappé par  la difficulté de trouver un enseignant compétent. Il a suivi des classes et des ateliers partout en Inde auprès de professeurs célèbres ou non, et ceux ci s’adressaient, presque exclusivement, aux « pèlerins » et  apprentis-yogis venus d’Occident.

En fouillant ces textes primordiaux, il est devenu évident que les Asanas ne faisaient pas partie des éléments fondamentaux des anciennes traditions yogiques. Les positions comme celles que nous connaissons aujourd’hui font partie des pratiques mineures  (particulièrement dans le Hatha-yoga), mais n’en étaient sûrement pas la composante principale. Elles étaient subalternes à d’autres pratiques comme le Pranayama (l’expansion de l’énergie vitale au moyen du souffle), Dharana ( concentration des facultés mentales) et le travail sur le Nada (le son) ( cf nada yoga).

Ce n’est que dans  les années 1920 qu’une version expurgée des Asanas commença à prendre de l’importance et devient une des caractéristiques clé d’un yoga d’influence occidentale mais venant de l’Inde.

” Cette découverte éclaircit  quelques vieilles questions que je me posais. Au milieu des années 90, armé d’une copie de « Lumière sur le Yoga » , j’avais passé trois ans en Inde, beaucoup pratiqué  mais j’avais été frappé par  la difficulté de trouver un enseignant compétent. J’ai suivi des classes et des ateliers partout en Inde auprès de professeurs célèbres ou non, et ceux ci s’adressaient, presque exclusivement, aux « pèlerins » et  apprentis-yogis venus d’Occident. L’Inde n’était-elle pourtant  pas la Mère du yoga ? Pourquoi n’y avait-il pas plus d’Indiens pratiquant le Hatha-yoga ? Et pourquoi, malgré mes recherches, je ne pouvais pas trouver un seul tapis de yoga dans tout le pays ?

Comme je continuais à fouiller dans le passé récent du yoga, les pièces de l’énigme se sont lentement rassemblées, dévoilant une large partie du mystère : au début  du 20 ième siècle l’Inde, à l’image du reste du monde, fut saisie par une ferveur sans précédent pour la culture physique. Elle était d’ailleurs étroitement liée à la lutte pour l’indépendance nationale. En ce temps, on pensait qu’en formant des  corps forts et sains on créerait une nation plus forte et cela améliorerait les chances de succès en cas d’une lutte violente contre les colonisateurs.
Une large variété de systèmes d’exercices physiques surgit alors, mêlant  les techniques Occidentales aux pratiques  de disciplines indiennes comme la lutte. Souvent, le nom donné à ces disciplines prit le nom de  « Yoga ».

Quelques professeurs, comme Tiruka voyagèrent déguisés en gourous et enseignèrent  en secret le renforcement musculaire et les techniques de combat aux jeunes sympathisants de la cause nationale. Avec l’aide du gouvernement indien, ces enseignements furent diffusés largement et les asanas, reformulés en culture physique et thérapie gagnèrent rapidement une légitimité dont ils ne jouissaient pas auparavant.

L’autre figure influente dans le développement de la pratique des asanas modernes dans l’Inde du XXe siècle était, bien sûr, T. Krishnamacharya (1888-1989), qui a étudié à l’institut de Kuvalayananda au début des années 1930 et eut pour disciples certains des professeurs de yoga les plus influents et les plus connus, comme B.K.S. Iyengar, K. Pattabhi Jois, Indra Devi et T.K.V. Desikachar.

Ces expériences se sont finalement développées en plusieurs branches dont un style qui devint fameux : le Yoga Ashtanga Vinyasa,  et qui aura une influence énorme sur le développement du Yoga Américain principalement sous ses formes, Asthanga, Vinyasa, Flow et  Power Yoga.

Il suffit de lire  attentivement les traductions de textes comme le Hatha Tattva Kaumudi (IXième siècle) , le Gheranda Samhita (XVII ième siècle), ou le Hatha Ratnavali (XVII ième siècle), pour voir qu’une grande partie du yoga qui domine l’Amérique et l’Europe a aujourd’hui changé, presque au-delà de la reconnaissance, par rapport aux pratiques médiévales.

Les cadres philosophiques et ésotériques du Hatha-Yoga pré-moderne et le statut des asanas comme des postures  pour la méditation et le Pranayama, ont été vite mis sur la touche en faveur de systèmes mettant au premier plan les mouvements de gymnastique, la santé et le fitness et les préoccupations spirituelles de l’Ouest moderne.

Mark Singleton en arrive à la conclusion suivante :

” Il n’y avait plus de doute dans mon esprit : les pratiquants du yoga moderne étaient bien plus les héritiers de leur arrières grand-mères et de leur gymnastique harmonique – cf Irénée Popard– que des yogis du Hatha-yoga médiéval. Et ces deux contextes étaient bien sûr très différents.

J’ai pensé que pour sortir de ce faux débat, il faudrait songer aux pratiques modernes comme à de jeunes greffes sur le grand arbre du Yoga. Nos pratiques ont évidemment des racines dans la tradition indienne, mais ce n’est pas toute l’histoire. Penser  au Yoga de cette façon, comme un arbre énorme et vénérable, aux nombreuses racines et branches n’est pas une trahison envers la tradition « authentique ».
Cela n’encourage pas non plus l’acceptation naïve de toutes les idioties qui se vendent sous le nom de Yoga. Au contraire ! Cette façon de voir peut nous encourager à examiner nos pratiques et croyances plus étroitement et amener à la clarté nécessaire pour naviguer sur les mers agitées et trompeuses du marché contemporain du Yoga !

Au-delà de la simple histoire par simple amour de l’histoire, apprendre du passé récent du yoga nous donne un bon point de vue pour jauger notre relation à la tradition antique et moderne. Mieux ! C’est l’expression d’une vertu vraiment spirituelle et dont les temps modernes ont bien besoin : viveka (« discernement » ou « jugement juste »). Il peut aussi nous guider d’une manière consciente et mature vers le Yoga du 3éme millénaire .”

En complément de cet article je vous propose de découvrir sur son blog le texte écrit par Alain Gourhant, un ami pratiquant le yoga depuis 50 ans et aussi philosophe, psychothérapeute et poète  :

Patanjali, un “yoga royal” pour le temps présent

Alain Gourhant rappelle d’abord sa longue pratique du yoga dans l’approche de Nil Hahoutoff . Il le décrit comme un yoga exigeant sur le plan physique qui l’a conduit à découvrir Patanjali et son “yoga royal”  aux 8 membres présentés ci-dessous.

  1. Il y a d’abord les cinq prescriptions (vis à vis des autres) –yama– qui sont : ahimsa -non- violence/satya – vérité/asteya -ne pas voler/brahmacharya-chasteté/aparigraha-non possessivité.

2. Viennent ensuite les cinq observances (vis à vis de soi-même) – niyama : saucapureté/samtosa-contentement/tapas-restrictions, force d’âme/svādhyāya-étude des textes sacrés/īśvarapraṇidhānaabandon au divin.

Selon Alain Gourhant, ahimsa , la non-violence et santosha, le contentement, sont  à ses yeux la principale prescription et la principale observance.

3. Commence alors, dans le cadre général de ces prescriptions et observances, la pratique corporelle des postures – Asana  sur laquelle Patanjali n’insiste pas si ce n’est pour citer l’assise, stable et “bienheureuse” qui permet de passer au pilier suivant, le souffle.

4.  Pranayama ou la respiration consciente et la circulation de l’énergie, du prana. Ce travail va permettre de mettre en place les trois piliers suivants : 5, 6 et 7.

5. Le retrait des sens, pratyahara, yeux mi-clos ou fermés, on s’intériorise et on lâche avec le monde extérieur.

6. La concentration, dharana, (je rajoute : concentrations sur le souffle, sur la posture, sur la flamme de la bougie etc..) permet au mental de se calmer.

Alors s’installe le septième pilier :

7. Dhyāna, la méditation qui permet l’observation des fluctuations du mental – Chen pour la Chine, dzogchen chez les tibétains, zazen pour le Japon.

Alors arrive le but final :

8. Samādhi, l’éveil ou la pure conscience. A vrai dire Patanjali n’évoque pas là une expérience extatique mais plutôt un chemin vers l’éveil : samadhi pada, auquel il consacre une cinquantaine de préceptes ou sutra.

Et Alain Gourhant de conclure :

Tout cela pour dire aussi que le Samadhi, c’est la grande obsession du yoga originel de cette époque bien loin de l’actuelle « mindfulness » la pleine conscience à la mode.

Dans un article du 29 mai dernier, Christiane Delabre de  l’Union comtoise de yoga à Besançon, reprend un article intitulé “l’essence du yoga” d’Estelle Lefebvre  et publié dans le journal du yoga.

Cet article s’appuie sur le propre enseignement de Sri T.K.Sribhashyam(Fils de Sri T. Krishnamacharya) c’est à dire le fils de celui qui relança le yoga en Inde et eu pour disciples ceux qui l’ont fait découvrir à l’Occident.

Le fils de Krishnamasharya énonce le point fondamental  du yoga : selon la tradition indienne le corps est indispensable à la recherche spirituelle : Quand le corps est renforcé, le mental retrouve la volonté, la persévérance et le courage.

Il insiste sur le rôle du souffle : « La respiration est étroitement liée à notre pensée. Plus la respiration est lente, moins il y a de pensées. Chaque pensée éveille une valeur affective. La respiration lente réduit l’impact entre la pensée et la valeur affective ».

Les portes de la vérité s’ouvrent quand le pratiquant explore toutes les facettes du yoga et se donne la peine de mettre en application cet art de vivre à tout instant. Pas à pas l’essence du yoga nous mène vers Dieu. Le Dieu non conceptuel, celui perçu par l’enfant face au paysage, celui qui touche du bout du doigt nos rêves d’enfant.

Pour conclure, je dirai que la pratique des postures renforce les qualités d’ observation   et de volonté du mental en les mêlant de façon subtile : être à chaque instant ni dans la paresse ni dans l’excès de volonté en observation et à l’écoute constantes de son corps. C’est le premier pilier qui se développe avec la pratique des asana.

 S’arrêter là, c’est pratiquer un yoga qui apporte beaucoup de bienfaits physiques, augmente ou maintient souplesse et force musculaire et mentale. Mais une pratique trop orientée uniquement vers ce but  à atteindre – c’est le mental qui dit d’atteindre –  peut conduire à la recherche de prouesses gymniques et occulter ainsi le vrai but du yoga originel. Attention à ce que veut le mental ! Certains enseignants, pour ne pas dire de très nombreux enseignants en yoga, développent principalement ce yoga postural dont  Mark Singleton retrouve justement la trace…dans la pratique gymnique occidentale. Alors comment s’étonner d’un glissement et d’un risque d’absorption de cette pratique par le monde du sport et son ministère ?

Mais  il faut aussi développer  dans cette pratique  le deuxième pilier, celui du souffle, car la pratique du pranayama  conduit notamment, grâce à la concentration  sur le souffle qui est la porte physique vers le  psychisme,  au ralentissement des fonctions du mental. Ce pilier me paraît essentiel dans la pratique. Dans l’enseignement du hatha yoga,  le souffle peut-être introduit par certains enseignants dans chaque posture en lien avec celle-ci alors que pour d’autres  il est réservé à certains exercices spécifiques placés entre des postures et qui rythment ainsi la séance. Enfin, dans une troisième option  le souffle peut-être réservé à une partie de la séance et des pratiques spécifiques qui s’articulent par exemple autour des 4 temps du cycle de la respiration, ou de la pratique de kapalabhati. Il est regrettable que pour une dernière catégorie, le souffle soit quasiment ou totalement  absent de l’enseignement. Mais le travail spécifique sur le souffle est  aussi un puissant travail sur l’énergie – “…là où va le souffle va l’énergie”  disait Roger Clerc– Il faut néanmoins mettre en garde contre les excès d’une telle pratique du souffle mal maîtrisée  qui peut alors entraîner de graves méfaits à cause du lien souffle-psychisme. Ce yoga axé sur le souffle est le yoga de l’énergie ou kundalini yoga avec chakras et montée de la kundalini dans un but d’éveil.  Parallélement, existe aussi un travail sur  l’énergie,  pour la canaliser,  la diriger qui oriente vers d’autres techniques comme par exemple celle de  la lutte du corps contre le froid avec la pratique du  toumo ou dans  le yoga des yeux, dans un but thérapeutique pour améliorer la vue. Personnellement, je pense que ces pratiques, sans en mésestimer ni les résultats ni les bienfaits,  s’éloignent de l’Esprit du yoga originel de l’Inde qui utilisait la posture – asana -pour atteindre l’assise parfaite et permettre une bonne pratique  de la circulation du prana.

A ce stade, il faut alors avancer  que le prana dans sa conception originelle est plus que l’énergie qui réchauffe et qui soigne. Alors que celle-ci est sa dimension physiquement  directement perceptible par le pratiquant, le prana est aussi de façon plus subtile le souffle vital. Nous atteignons alors la dimension spirituelle du yoga.

A ce point de la pratique, l’Occidental a déjà beaucoup oeuvré pour sa santé physique et mentale donc pour son équilibre et bien-être profond, pour être en harmonie avec les autres et la nature. Sans doute  parvenons-nous là aux bienfaits qui satisfont tant de pratiquants et qui ne sauraient être rejetés.  Voilà donc avec ces deux piliers – asana et pranayama -le yoga santé physique et psychique.

Parmi ces pratiquants,  certains vont éprouver le besoin d’aller plus loin car ils se sentent appelés par ce silence intérieur qui devient de plus en plus présent. Ils vont  découvrir les “portes de la vérité  et “s’ouvrir à Dieu en dehors de tous les dogmes, expressions retenues  par le fils de Krishnamacharya. Alors, le but profond  du yoga originel est atteint car l’ Homme est à nouveau relié au Soi profond. Il accède à un domaine que les matérialistes  ressentent comme le “rien”et  le néant . Ce qui est vide pour le matérialiste athée ou agnostique  devient paradoxalement pour le pratiquant à ce niveau  un chemin  Samadhi Pada– celui de son âme individuelle – Âtman en chemin vers la SourceBrahman, l’âme universelle. Lorsque Âtman rencontre Brahman elle se font en Lui  et le remplit d’ une joie profonde.

Nous retrouvons alors les origines du  yoga de l’Inde dont nous parle Mark Singleton et qu’évoque Alain Gourhant.

Pour ces pratiquants, la Conscience va considérablement s’élargir au cours de la pratique   et tendre vers  la Conscience universelle. Ce parcours peut devenir instantané pour certains pratiquants mais aussi paradoxalement pour certains… non pratiquants – cf par exemple la voie directe de Ramana Maharshi-, on peut dire que Atman – l’âme individuelle  est Brahman – l’âme universelle.   Satchitananda, Sat Chit Ananda. Sat , l’Être absolu, la vérité non changeante, Chit  la Conscience, Ananda , la félicité, le bonheur absolu. Il y a plusieurs chemins pour atteindre notre être profond et l’Unité. Celui emprunté par le yoga de Patanjali et ses huit membres  est une belle voie d’harmonie qui part du corps, prend son expansion avec le souffle et nous conduit sur le chemin de la réalisation au bout duquel Atman rejoint Brahman.

( précisions sur la non-dualité : Patañjali serait le compilateur réel ou mythique du recueil classique des Yoga Sūtra de date comprise  entre l’an 300 av. J.-C. et l’an 500 apr. J.-C.

Outre que le Yoga ou le Sāṃkhya Yoga soit une école liée à la philosophie indienne orthodoxe, c’est aussi un ensemble de voies pratiques qui sont censées conduire le yogi vers la libération de sa propre souffrance. On compte traditionnellement quatre voies majeures (mārga) décrites dans la Bhagavad Gita qui sont :

  • Bhakti Yoga : Yoga de la dévotion et de l’adoration ;
  • Jnana Yoga : Yoga de la connaissance transcendante ;
  • Karma Yoga : Yoga du service et de l’action désintéressée ;
  • Raja Yoga : Yoga codifié par Patañjali et procédant essentiellement par méditation (dhyâna).

Le Sāṃkhya  est généralement considéré comme le plus vieux des systèmes philosophiques indiens, il aurait été fondé au viie siècle av. J.-C. par Kapila

Dans la Bhagavadgītā, – Les indianistes s’accordent à penser que le texte a été écrit entre le ve et le iie siècle av. J.-C., voire au ier siècle av. J.-C- Le Sāṃkhya est une philosophie non-dualiste puisqu’elle considère prakṛti, la création et les créatures, comme étant le prolongement matériel de puruṣa associé a Dieu, celui-ci s’opérant par la mâyâ (ou l’Illusion qu’engendre l’attachement aux gunas). Notons également que prakṛti et purusha sont deux principes de nature divergente et complémentaire : prakṛti, la nature est féminine, puruṣa, l’âme est d’essence masculine. Cette distinction a donné lieu à de multiples élaborations philosophiques complexes qui abondent dans les sciences du yoga. La réalisation ne peut se faire qu’en se libérant de prakṛti, qui mène aux ténèbres de l’ignorance pour se confondre en puruṣa.)

 

Une mise au point de dernière minute : L’Union Comtoise de yoga synthétise un article d’Ysé Tardan-Masquelier Directrice de projets à l’EFY -école française de yoga-, docteur habilitée en sciences des religions.  Cet article est paru dans les carnets du Yoga de juin 2019.

“Dans sa forme la plus profonde, le yoga cherche à relier tous les aspects de notre Etre : Physique, énergétique, émotionnel, mental et spirituel et pour cela être au plus près de l’enseignement traditionnel indien.

En Inde, le yoga a en effet une dimension spirituelle, qui n’est pas à négliger, puisqu’elle permet d’atteindre la joie intérieure (ananda) et de se libérer de ses tourments intérieurs. (De gérer stress et émotions). Mais pour ne pas se fourvoyer ou avoir une approche illuminée, ce qui peut arriver dès qu’on touche à la spiritualité, il est préférable de se référencer aux textes de la Tradition ; d’où l’importance, lorsque l’on veut pratiquer le Yoga, de s’intéresser également aux textes de l’Inde classique.”

Denis Brossier

présentation complémentaire de marc Singleton

En 2009, Marc Singleton a édité la collection Yoga dans le monde moderne .

En 2010, il a publié sa thèse sur les origines du yoga moderne , Yoga Body : Les origines de la pratique de la posture moderne ; il soutient que le yoga moderne représente un remaniement radical de la tradition du hatha yoga, tant dans son contenu (abandonnant la plupart des pratiques de hatha que les asanas ) et son but (exercice plutôt que moksha , libération spirituelle), et que la plupart des asanas debout sont récents, influencés par la gymnastique ( en particulier celle de  Niels Bukh dans les Primitive Gymnastics) en Inde au cours du 20e siècle. Il a écrit sur son travail dans le New York Times et le Yoga Journal , comprenant un hommage à BKS Iyengar ). 

Il est chercheur à la School of Oriental and African Studies de Londres. Il a été coprésident du groupe de l’Académie américaine des religions, étudiant le yoga en théorie et en pratique.  En 2013, il a servi de consultant pour l’ exposition Smithsonian Yoga : The Art of Transformation , contribuant également au catalogue de l’exposition. 

En 2014, il a édité la collection Gurus of Modern Yoga (le livre). 

En 2017, il a aidé l’assistant orientaliste James Mallinson sur le livre Roots of Yoga , publiant pour la première fois la traduction de plusieurs manuscrits de hatha yoga , dont certains décrivaient des asanas non assises. 

Il est membre du Hatha Yoga Project – SOAS University of London-fondé par the European Research Council.projet de recherche qui s’étend de 2015 à 2020 et regroupe 4 chercheurs basés à Londres et 2 chercheurs basés à l’école française d’Extrême -orient à Pondicherry.

l’Homme est le lien entre le monde créé et le monde créateur

Adda 

 

Dans un article du 15 janvier 2015, j’ai eu l’occasion de présenter le livre ” Dialogues avec l’Ange“.  Dans ce livre passionnant qui raconte les dialogues avec l’Ange survenus entre le 25 juin 1943 et le 24 novembre 1944 j’extrais aujourd’hui uniquement ce message de l’Ange :

« Il y a un miroir merveilleux en toi,
il révèle tout, il repose en toi
et c’est LUI qu’il reflète.
Mais seulement s’il y a Silence. »
(Dialogues avec l’ange, Entretien 17 G, p. 98)

Je suis revenu sur la teneur de ce livre dans un article du 27 août 2016 : ” Attention ce n’est plus moi qui parle” et je retiens ce message :

 

le germe est la mort du grain,

les petits habitants de la terre ne voient que sa mort

parce qu’ils ne voient pas la pousse qui est au-dessus de la terre :

Le nouveau germe, le nouvel oeil, le nouvel être.

Tu as donné l’éphémère en échange de l’éternel et celui qui donne reçoit.

Le nouvel être est UN car il est au-dessus de la dualité.

Ne crains pas la mort, elle n’existe pas, si tu agis avec moi tu ignores la mort.

Prends garde, ce que je viens de dire est grave.

 

Aujourd’hui je reprends des extraits d’une conférence donnée le 19 février 2019 par Marguerite Kardos et ses invités l’Archevêque Germain, de l’Eglise Catholique Orthodoxe de France et Juliette Binoche, qui a souvent témoigné publiquement de l’importance que revêt pour elle ce texte, devenu son « livre de chevet ».  Ces extraits sont tirés d’une publication du 4 avril 2019 sur le site  ADDA – Association pour la Diffusion des dialogues avec l’Ange- présidée par Marguerite Kardos.

« Ce que tu sens maintenant, c’est la transition. (…)
Toute transition est épreuve. (…)
SI TU TE TRANSFORMES –,
LA MATIÈRE – ELLE AUSSI –
EST OBLIGÉE DE SE TRANSFORMER. » (E30L, p. 185-186)

Que dit l’Ange de l’âme ?:

« L’ÂME EST LE VIN, ELLE PORTE L’IVRESSE (E18L, p. 106)

« G. Qu’est-ce que l’âme ? Qu’est-ce que l’esprit ?
L’esprit est – Créateur,
L’âme – intermédiaire,
Le corps – matière ». (E21G, p. 125)

« Le but est : faire le lien.
Sans lien, rien ne vit. (…)
L’esprit pétrit la matière.
La matière appelle l’esprit. (…)

SOMBRER DANS LA MATIÈRE – 
C’EST LA MORT.

S’ÉLANCER DANS L’ESPRIT –
C’EST DU PASSÉ

MAIS MAINTENANT LA VOÛTE SE FORME, LE LIEN. » (E64, p. 310)

Si l’homme ne dépend pas de LUI seul, il n’est pas libre.

 

« L. Parle-moi de l’interdépendance du corps, de l’âme, de l’esprit.

-S’ils s’élèvent vers LUI, il y a interdépendance.
Sinon, tout s’écroule,
tout devient poussière et cendre, même l’esprit,
s’ils ne s’élèvent pas vers LUI. (…)

SI TU DÉPENDS DU CORPS –
TU N’ES QUE CORPS.

SI TU DÉPENDS DE L’ÂME –
TU N’ES QUE CORPS ANIMÉ

SI TU DÉPENDS DE L’ESPRIT – 
TU N’ES QU’HOMME.

SI TU DÉPENDS DE LUI –
TU ES TOUT.

NE DEPENDS  QUE DE LUI,
ALORS CORPS  ET ÂME, ESPRIT ET LUI, SERONT UNIS !
À sa dépendance tu peux reconnaître chacun.
Enseigne la vraie dépendance, la seule liberté,
car tout le reste est esclavage ! (…)
Tout dépend de quelque chose, sauf l’homme.
L’HOMME DÉPEND DE LUI. » (E33L, p. 204-205)

« G. Quelle est la vraie liberté ?
SERVIR ! Si tu sers, tu es UN avec LUI. » (E18G, p. 103)

L’Ange évoque le cœur comme :

« Le sanctuaire des sanctuaires. Le lieu où IL habite.
Le lieu de la Grâce, le Calice » (E24G, p. 141)

« Dieu souhaite que l’homme lui donne un refuge en lui, ce temple en l’homme, c’est le cœur. L’Esprit Saint se faufile dans notre cœur qui est le centre de l’être. C’est le lieu de l’intimité de l’homme avec Dieu et de Dieu avec l’homme. C’est la chambre secrète à laquelle l’homme accède soit par la liturgie, soit par le face à face direct, soit par les deux. »

« DANS LA PROFONDEUR DU CŒUR
L’AUBE POINT LENTEMENT.

DEDANS, NOUS LA VOYONS DÉJÀ,
DEHORS, VOUS NE VOYEZ QUE 
LA SOUFFRANCE DE LA TERRE.

IL N’Y A QU’UNE SOUFFRANCE :
« ÊTRE AU-DEHORS. » (E53, p. 277)

« À LA PLACE DE LA LUMIÈRE SANS CORPS 
ET DU CORPS SANS LUMIÈRE,
LE NOUVEAU, LES DEUX AMANTS UNIS.
LE VERBE DEVIENT CHAIR,
ET LA MATIÈRE DEVIENT LUMIÈRE. » (E83, p. 363)

« Le battement du cœur de l’Univers
est un avec le battement de ton cœur. » (E24 L, p. 144)

« LE CŒUR DIVIN BAT DANS LE CORPS DE L’HOMME.
Le Cœur divin est Feu, Lumière ». (E78, p. 347)

« Le Cœur-Lumière embrasse tout, rayonne partout, 
IL AGIT. » (E62, p. 301)

« Le Seigneur est le Silence. 
Au sein du Silence reposait le Son. 
Il est devenu corps. Il est né. 
L’Amour est la première projection. 
LE CORPS N’EST RIEN D’AUTRE 
QU’AMOUR DEVENU MATIÈRE
C’est LUI qui œuvre»  (E88, p. 380)

Pour conclure, Marguerite Kardos dit en hongrois le passage suivant, puis Juliette Binoche le lit :

« Si vous élevez votre cœur très haut,
alors la Lumière peut venir. 

Brûlez !
Vivez ! Remplissez-vous de Lumière !
Levez-vous ! Éveillez-vous !
Votre Lumière est nécessaire.
Votre être brûle.  »
 (E87, p. 378)

 

 

Vérité et Lumière – au coeur de notre montagne intérieure

Pentecôte -de la colline d’Arunachala  au mont Sinaï dans les pas du Père KUMARAN

 

Ce tableau est une illustration  visible au musée Condé à Chantilly et réalisée par Jean Fourquet entre 1452 et 1460 pour un manuscrit aujourd’hui disparu.

Ce tableau illustre la descente de l’Esprit-Saint sur les Apôtres réunis là parmi 120 autres disciples ce cinquantième jour – signification de Pentecôte en grec- après Pâques jour de résurrection de Jésus.

Traditionnellement la descente de l’Esprit-Saint est fêtée par les chrétiens le 7 ième dimanche après Pâques soit, pour cette année, ce dimanche 9 juin.

Je vous invite  maintenant à suivre le Père anglican  Kumaran  qui nous montre les similitudes profondes qui conduisent à Dieu dans le monde chrétien et le monde indien.

Mais d’abord quel chemin me conduit au Père Kumaran. C’est d’abord un message d’A ciel Ouvert qui informe d’un séminaire organisé les 15 et 16 juin prochain à Pierre Chatel dans l’Ain qui me font découvrir le Père Kumaran.

Je retrouve alors les pas de Père Kumaran sur le site les chemins de Shanti.

Je vous invite à vous mettre dans les pas du Père Kumaran en lisant cet entretien du 27 mars 2018 : L’Esprit de Dieu réside dans toutes choses dont je tire la suite de cet article.

Kumeran fut prêtre anglican en Afrique du Sud. Très jeune il a fait le choix de la prêtrise. Il a découvert l’Inde à l’occasion d’un voyage au Tamil Nadu, le pays de ses ancêtres. Au pied d’Aruṇāchala il fit une très grande expérience : il a recontacté ses racines et la mémoire de ses ancêtres. Il a alors décidé de demander une disponibilité à son diocèse pour une période de deux ans car il avait perçu l’appel vibrant d’Aruṇāchala. Un peu plus tard, il a choisi de quitter son Eglise et de vivre ici comme un simple chercheur spirituel.

A propos d’une question sur le bien et le mal : Dans la Bible, comme dans l’hindouisme, le “sombre” fait référence à l’ignorance. Dans l’hindouisme, on met l’accent sur le fait que le mal est l’incapacité à reconnaître le vrai, à voir la vérité. Dans l’hindouisme, réaliser Dieu c’est être capable de voir clairement la vérité et quand on est capable de voir la vérité c’est au-delà du bien et du mal qui sont des concepts de la dualité. Dieu est au-delà de toutes les distinctions, au-delà du bien et du mal. Quand Moïse demande à Dieu qui Il est, Dieu répond simplement, “Je Suis“. Il n’ajoute pas, “je suis ceci ou cela, je suis bon, je suis mal” mais simplement “Je Suis“.

La question posée au départ concernait un mal précis, c’est-à-dire les forces de la nature, comme le tsunami. 

Dans l’Hindouisme, on croit que tout l’univers est créé par Dieu et que l’univers est soumis aux lois du karma, la causalité. Dans cette loi du karma ce n’est pas Dieu qui punit, c’est Dieu qui permet à la loi du karma de s’appliquer. Et cette loi donne une rétribution exacte des actions qui sont causées. C’est l’effet de l’action. Le karma est le mécanisme qui permet à toute chose créée de revenir à Dieu.

Question : Vous dites “nous croyons dans l’hindouisme…”, comment vous situez-vous entre le fait d’être pasteur protestant mais aussi dans la tradition hindoue ?

Je suis chrétien de part le fait que Jésus est mon Guru, mon maître. Je suis hindou de par le fait que c’est la spiritualité qui me permet d’exprimer ma foi. Jésus n’a jamais dit d’adorer comme nous le faisons dans l’église chrétienne, ça c’est culturel.

Je crois profondément que la spiritualité est au-delà des religions. La religion pointe quelque chose mais elle n’est pas la chose pointée. Réaliser Dieu c’est être au-delà des religions.
Dieu n’est ni chrétien, ni hindou, ni musulman, Dieu n’a pas de religion. La vraie spiritualité est au delà des religions.

Question : Très concrètement, comment l’expérience que vous avez faite a-t-elle changé votre vie ?

Jésus a dit qu’il était venu pour nous conduire au Père. Et pour les Juifs de cette époque, le Père a été appelé Yahvé. Dans la croyance juive, Yahvé
est leur Père. Dans la spiritualité hindoue, l’équivalent du Père est appelé Śiva, la félicité absolue.
Culturellement, ma façon de me référer au Père est plutôt Śiva que Yahvé. L’expérience que j’ai vécue était la révélation de Śiva et pour moi c’est celui que Jésus appelle “Père”.

Ici même à Aruṇāchala – colline sacrée en Inde-, on dit que le Père, Śiva, s’est manifesté sous la forme d’un pilier de feu. Dans la Bible, dans le livre de l’Exode, il est dit que Dieu se révèle à Israël sous la forme d’une colonne de feu –au mont Sinaï

Je crois que la spiritualité consiste à trouver le centre immuable, la montagne immobile au cœur de nous-mêmes. Ce qui ne bouge pas malgré tous les changements dus aux circonstances de la vie.

RamanaRamana Maharshi-a dit quelque chose d’intéressant à propos de la terre et de la montagne. Comme la terre possède le pôle Nord et le pôle Sud, Aruṇāchala est l’une des extrémités des pôles spirituels de l’univers. Quand Ramana a dit cela, quelqu’un, dans l’assemblée a demandé : “Si c’est un des pôles spirituels, où est l’autre pôle ?” Ramana a fermé les yeux puis quand on lui a présenté une carte du monde il a désigné une montagne très près du Machu-Pichu au Pérou. Une chose intéressante à propos du Machu-Pichu : il y a des milliers d’années les Incas honoraient là-bas la grande déesse Pachamama. Dans l’hindouisme il y a beaucoup de noms qui désignent la mère divine et l’un des noms données à Aruṇāchala est Paśa-amma.

Question : Vous avez parlé de la montagne qui est stable, de la stabilité de notre foi. La Bible évoque aussi un dynamisme (Jésus parle de l’eau qui jaillit) et on peut penser à la Trinité qui est danse éternelle. Il y a donc un mouvement en tout. J’aimerais savoir quand y-a-t-il mouvement et quand y-a-t-il stabilité ?

En Inde, il y a une très belle symbolique pour parler de cela. Il y a Aruṇāchala ici, qui est une forme symbolique de Śiva et il y en a une autre à Chidambaram (à 65 kms au sud de Pondichéry)

Ici, a Aruṇāchala, c’est la colonne immuable et à Chidambaram, Śiva c’est le danseur cosmique qui crée les mondes par sa danse.

A Chidambaram existe également un temple qui réunit Śiva et Viśnu. Viśnu est l’autre Dieu principal de l’hindouisme. On peut trouver au même endroit Śiva dansant et Viśnu dans un sommeil profond.

Pour revenir à la Trinité, en Inde Dieu est “Sat Cit Ānanda”. Le Père est Sat (Existence). L’absolu à partir de quoi tout vient, “Je Suis Celui qui Suis“.
Jésus est le Fils qui est Cit, Conscience de l’Existence du Père. Dans l’évangile de Jean, “Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu… “. Le mot grec pour le Verbe c’est Logos. Logos signifie la connaissance divine. Jésus est celui qui est conscient du Père, conscient de l’état absolu de l’Etre.
Enfin, à partir de cette Conscience de l’Existence de l’Etre, à partir de la Conscience du Père, coule la Félicité absolue, Ānanda, le Saint-Esprit. Dans ce Saint-Esprit nous avons notre être, la joie et la vie. Et le Saint-Esprit ramène toute chose créée à la Conscience du Père et à l’Etre Absolu.

Question : C’est la première fois que je viens en Inde et je suis très touchée par la facilité avec laquelle les Indiens acceptent la relation avec ceux qu’ils ne connaissent pas et sont attentifs à la personne qui est près d’eux même si c’est un étranger.

Ce qui est très spécial en Inde, c’est le sens de la communauté et non pas un sens individuel développé. Il y a une grande joie à faire entrer quelqu’un dans cette communauté. La loi du karma dit qu’il n’y a pas de hasard. Toute rencontre est prédestinée.

Question : Que peut apporter Ramana Mahārṣi aux chrétiens dans leur spiritualité ?

Avant de répondre je voudrais dire que ma propre expérience est davantage dans le contact avec Aruṇāchala qu’avec Ramana parce que je ne suis pas dans la recherche d’un Guru. Mon Guru est le Christ et donc ce que je vais dire sur Ramana est à considérer dans cette perspective.
Ayant dit cela, je crois que Ramana est l’une des plus grandes âmes
éveillées venues sur terre.

Je crois que ce que Ramana enseigne a pu se rencontrer chez les mystiques souvent oubliés de notre tradition. Les grands mystiques de notre tradition enseignent l’immobilité, le silence, la stabilité.
Les mystiques ont un point commun : ils abandonnent leur “moi individuel”et ne se préoccupent pas de tout ce qui est changeant, de tout ce qui apparaît et disparaît dans leurs vies.

En Occident la religion est devenue quelque chose pour “faire”. On voudrait sauver le monde mais on ne s’est pas encore sauvé soi même ! Le grand message des mystiques et des sages de l’Inde est le même : “ sois immobile, entre en toi-même “. Et quand on découvre ce centre en soi-même, on peut alors prendre soin de tout, le monde est sauvé. Dans l’évangile : ” Cherchez d’abord le royaume des cieux et tout vous sera donné par surcroît “

POESIE ANGE MOMO pour LE TEMPLE DES CONSCIENCES – 19 AVRIL 2018

 

 

 

ANGE MOMO         LE TEMPLE DES CONSCIENCES

JEUDI 19 AVRIL 2018

 

Je demande à mon ange préféré : Peux-tu faire un poème qui évoque le Temple des Consciences ?

_ Pourquoi pas  , mon amie . Le sujet est bien la diversité ,  dans le savoir et la recherche spirituelle de l’Être humain  , dans le TOUT et le UN  de l’Universel de Dieu ?

 

Au plus profond de l’ Univers

Là  où  scintillent les étoiles ,

Des pensées  et des mots se croisent dans l’ Ether .

Un ange  tend les bras  et il rattrape au vol

Un sentiment  perdu  qui se noie  et surnage ,

Et  ce miraculé atteint  un être aimé

Dont la conscience  vibre  , emplie de connaissance

Du secret de la vie  , si caché dans les cœurs

Que les âmes unies  s’inondent de ferveur .

 

L’ ange dit :

 

Donneras-tu le  « la »  aux musiques du Ciel ?

Aux symphonies bleutées , qui chantent  les louanges

De notre Créateur   , que  ton cœur a conquis ?

 

 

 

Manifeste pour maîtriser la science

metrologie

Science et Société

19 mars 1988

Par Jean Marc Levy Leblond

Né en 1940 Jean-Marc Lévy Leblond   est docteur d’État en  sciences physiques (physique théorique) -université d’Orsay en 1965-professeur à l’université Paris 7, et à Nice.  Il a enseigné dans les départements de physique, de philosophie et de communication. Il fut directeur de programme au Collège international de philosophie de 2001 à 2007. Il a publié de nombreux articles sur ses travaux de recherche qui portent principalement sur la physique théorique et mathématique et sur l’épistémologie.« Depuis longtemps, Jean-Marc Lévy-Leblond tire la sonnette d’alarme sur la nécessité d’une intelligence publique des sciences, où se noueraient savoirs, recherche, culture et politique.”

Cet article est paru dans l’édition du Monde du 19.03.88. Il a également été diffusé en anglais dans la revue Nature (télécharger la version anglaise en pdf).

Ce texte est signé par de nombreuses personnalités scientifiques ( cf ci-dessous renvoi 1)

Le désir de connaitre le monde est aujourd’hui débordé par le besoin de l’exploiter. La production des connaissances scientifiques et des innovations est largement prise en charge par des institutions à buts technologiques. La recherche, qu’elle soit dite “fondamentale” ou “appliquée”, est orientée par des choix économiques, sociaux, sanitaires ou militaires.

Le chercheur ne peut ignorer cette orientation, et la société est en droit de la juger. Fonctionnant sur un mode réductionniste, en ignorant toute autre forme de connaissance et de vérité, la science entre en conflit avec la nature, la culture et les personnes.

Ainsi, sauf à être contrôlée et maîtrisée, elle fait courir des risques graves à l’environnement, aux peuples et aux individus. Pourtant le processus de développement scientifique s’auto-accélère avec l’assentiment naïf de sociétés qui acceptent de ne rêver l’avenir que dans l’artifice technique, alors que l’identification de la production scientifique au progrès, et même au bonheur, est largement une mystification.

Au nom de la vérité scientifique, la vie est réduite à ses aspects mesurables. La spécialisation de plus en plus étroite des chercheurs encourage leur myopie quant à leur fonction dans la société et crée des cloisons étanches entre les disciplines scientifiques.

Nous croyons que la lucidité doit primer sur l’efficacité et la direction sur la vitesse. Nous croyons que la réflexion doit précéder le projet scientifique, plutôt que succéder à l’innovation. Nous croyons que cette réflexion est de caractère philosophique avant d’être technique et doit se mener dans la transdisciplinarité et l’ouverture à tous les citoyens.

(1)Ce texte a été signé par les personnes suivantes : Jean Arsac, informatique, univ. Paris-VI ; Michel Bounias, biochimie, univ. Avignon ; Michel Cassé, astrophysique, CEA Saclay ; Jean-Paul Deleage, physique, univ. Paris-VII ; André Gsponer, physique des hautes énergies, ISRI, Genève ; Albert Jacquard, génétique, INED Paris ; Jean-Marc Levy-Leblond, physique théorique, univ. nice ; Jean-Marc Meyer, embryologie, univ. Strasbourg ; Michel, pneumologie, univ. Montpellier ; Jacques Panijel, immunologie, CNRS-Pasteur ; Bernard Prum, statistique médicale, univ. Paris-V ; Jean-Paul Renard, embryologie, INRA-Pasteur ; Jean-Claude Salomon, cancérologie, CNRS, Villejuif ; Jean-Louis Scheidecker, astronomie, CNRS, Nice ; Jean-Paul Shapira, physique nucléaire, Orsay ; Michel Sintzoff, informatique, univ. Louvain ; Jacques Testart, biologie, INSERM, Clamart

 

 

 

Emergence d’une communauté technocritique-Conférence Paris 29 mai 2019

Communauté technocritique

 

 

« Pourquoi (et comment) critiquer la technologie à l’heure de la crise sociale et écologique ?

Pour l’émergence d’une communauté technocritique !

 

 

Sciences Critiques invite à deux conférences-débats le mercredi 29 mai, à Paris, de 15h à 22h30 :

 

Seront présents avec nous : Paul Jorion, Serge Latouche (sous réserve), Jean-Baptiste Fressoz, Alain Gras, François Jarrige, Fabrice Flipo, Célia Izoard, Cédric Biagini et Joël Decarsin

Nous aborderons, entre autres sujets, l’histoire du mouvement technocritique en Europe, les imaginaires du progrès technique, l’apparition de l’Anthropocène comme conséquence de la « démesure technicienne », les effets et les méfaits du techno-capitalisme et enfin la nécessité de faire émerger une communauté technocritique aujourd’hui, à travers notamment le projet politique alternatif de la décroissance, l’action directe contre les machines ou encore le retour à une véritable culture humaniste.

« Pourquoi (et comment) critiquer la technologie à l’heure de la crise sociale et écologique ?

Première table-ronde (de 15h à 18h)
– L’Anthropocène, ou les dégâts du Progrès
– Une (brève) histoire de la technocritique
– Les imaginaires de l’innovation technique
– Les effets et les méfaits du techno-capitalisme

Pour l’émergence d’une communauté technocritique ! ,

Seconde table-ronde (de 19h30 à 22h30)
– Pour l’émergence d’une communauté technocritique
– La décroissance pour sortir de la “Mégamachine”
– La révolte contre les machines aujourd’hui
– La culture face à la tyrannie technologique

 

Vous pouvez aborder les sujets suivants sur le site de Sciences critiques :

– “Se débarrasser du capitalisme est une question de survie”Un “Grand Entretien” avec Paul Jorion.

Paul Jorion (né le  à Bruxelles) est un anthropologue, sociologue et essayiste belge

Nous vivons aujourd’hui dans un système politique extrêmement inégal, qui engendre la concentration de la richesse par quelques-uns. Or, les personnes bénéficiaires de ce système bloquent l’accès à une vie meilleure pour tout le monde. 

Le développement technologique est indépendant du développement des sociétés. Il peut être une catastrophe uniquement parce qu’il manque autour de lui l’environnement pour le canaliser.

En janvier dernier, des chercheurs d’Oxford ont affirmé que la robotisation créera à l’horizon 2022 un million d’emplois aux États-Unis. 

En réalité, il y aura peut-être un million de travailleurs supplémentaires, mais 100 millions d’emplois vont disparaître dans le même temps… Il est très difficile, en réalité, d’imaginer les conséquences du développement technologique.

Ceux qui calculent combien d’emplois vont disparaître dans les années qui viennent sont naïfs, parce qu’ils considèrent que seul l’emploi manuel sera remplacé. Or, le système financier actuel conduit aussi à remplacer le travail qui coûte cher, même, et surtout, le travail intellectuel. 

Si l’on accepte le principe que c’est le marché qui dirige, c’est-à-dire le simple rapport de force entre la main-d’œuvre et les employeurs, les salaires se rapprocheront de zéro… A fortiori dans un monde où la concurrence entre les candidats pour un emploi augmente. Il n’y a plus de limite, c’est ça le problème ! 


– “Il faut décoloniser les sciences”Un “Grand Entretien” avec Serge Latouche.

Serge Latouche, né à Vannes le , est un économiste français, professeur émérite de l’université Paris-Sud.

La science occidentale – on la fait remonter à Galilée – part du principe que la nature serait more geometrico, qu’elle obéirait à la raison mathématique. Or, si les mathématiques sont effectivement une science abstraite − une formidable construction par ailleurs −, en revanche, la nature n’obéit pas à cette réalité mathématique.

la science qui pense qu’il n’y a pas de limite aux possibilités de l’homme de tout faire, de tout résoudre, c’est ce qu’on appelle « la science prométhéenne » 4, qui pense l’homme comme un démiurge. Cette science-là, il faut la réviser. 

Toutes les autres conceptions de la science avaient, bien sûr, un idéal de la connaissance, de la curiosité scientifique, mais elles n’étaient pas dévorées par la volonté de puissance, si caractéristique de notre conception. Toutes les autres conceptions de la science avaient, bien sûr, un idéal de la connaissance, de la curiosité scientifique, mais elles n’étaient pas dévorées par la volonté de puissance, si caractéristique de notre conception.

– Qu’est-ce que le progrès technique ?Une tribune libre d’Alain Gras.

Alain Gras, né le , est un sociologue français et professeur des universités émérite.

L’idée de progrès ne fait plus recette, c’est un fait. Les politiques, ou plutôt les acteurs de ce « pouvoir » qui n’est pas nécessairement politique, ont tiré depuis longtemps les leçons de cette désaffection et les économistes de service ont rebaptisé « croissance » le progrès en lui enlevant tout contenu éthique.

Mais qu’y a-t-il de plus absurde qu’une croissance illimité dans un monde limité ?

Dans le domaine techno-scientifique survit cet aphorisme archaïque : « On n’arrête pas le progrès ! ». Même si l’on sait que cette direction nous amène dans une voie sans issue !

L’une des raisons doit être, selon moi, à chercher dans la manière dont l’évolutionnisme progressiste bénéficie d’un privilège méta-philosophique.

Et de citer Peter Sloterdijk :

« C’est dans l’évolutionnisme qu’est la racine logique des cynismes théorisants qui jettent sur la réalité le regard olympien des maîtres.
Les théories de l’évolution recueillent l’héritage métaphysique au bénéfice des sciences.
Elles seules ont une force logique suffisante pour intégrer d’un regard englobant le Mal, la décadence, la Mort, la douleur, toute la somme des négativités qui sont la part de l’être vivant.
L’« évolution » (progrès) est pour cela la théodicée moderne, cette théodicée permet l’ultime interprétation logique de la négativité
. » 

– Aujourd’hui, il est trop tardUne tribune libre de Joël Decarsin.

Joël Decarsin, artiste de formation et membre fondateur de l’association Technologos.

En novembre 2017, un cri d’alerte a été lancé par 15 364 scientifiques de 184 pays, dont la revue américaine BioScience puis le journal Le Monde ont fait leurs unes : « Notre planète est en danger, il sera bientôt trop tard. »

Refuser d’admettre que si l’idéologie de la croissance a pris l’ampleur que l’on connaît, c’est justement parce qu’elle a pour corolaire la sacralisation de l’État, quasiment théorisée dès le XVème siècle par Machiavel.

Parce que nous avons laissé les scientifiques − dont ceux qui poussent aujourd’hui des cris d’orfraie… − jouer aux apprentis-sorciers en triturant la matière dans ses plus intimes retranchements et parce que, contrairement à la fable de Goethe, aucun maître-sorcier ne viendra jamais mettre un terme au sortilège déclenché, la catastrophe est inéluctable.

– Impasse de la technoscienceUne tribune libre de Joël Decarsin.

Joël Decarsin, artiste de formation et membre fondateur de l’association Technologos.

L’idée domine par conséquent qu’on peut jouer avec le feu tant que l’on dispose d’extincteurs toujours plus performants, réalité que résume l’adage : « On n’arrête pas le progrès ».

Ce goût du risque est né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, après qu’il a été d’usage d’afficher sa foi dans ce fameux progrès et sans que l’on ait vraiment pris la peine ensuite de peser le sens de ce mot. Aux tranchées de Verdun avaient succédé les Années folles, Hiroshima et Auschwitz ont distillé un parfum d’angoisse et d’incertitude : chacun a appris que les applications de la science pouvaient être létales à grande échelle.

e qui la lie à la science et à la technique à la fois et ce sur quoi elle s’appuie quand elle prétend en même temps comprendre la société et agir sur elle, c’est l’exercice de la modélisation.

« Je propose, écrit Saint-Simon vers 1830, de substituer le message suivant à celui de l’Évangile : l’homme doit travailler. L’homme le plus heureux est celui qui travaille, la famille la plus heureuse est celle dont tous les membres emploient utilement leur temps ».

Et dix ans plus tard, Ernest Renan déclare : « Organiser scientifiquement l’humanité, tel est le dernier mot de la science moderne, telle est son audacieuse mais légitime prétention. » Or, c’est là précisément l’objectif que s’assignent l’économiste – du moins dans sa version néo-classique, qui domine aujourd’hui – puis l’entrepreneur.

– L’université sous hypnose numériqueUne tribune libre de François Jarrige.

François Jarrige est maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne

L’UNIVERSITÉ française et la science qu’elle produit sont en phase de mutation accélérée. Elles sont lancées dans une course effrénée à l’innovation, sans cesse stimulée par les injonctions de l’État et des milieux économiques, ainsi que par la mode des classements internationaux, tel celui de Shanghai.

Depuis les années 1980, les innovations et les trajectoires technoscientifiques sont de plus en plus modelées par un nouveau régime de production néolibéral des sciences avec sa flexibilité accrue, sa valorisation des performances à court terme et son pilotage croissant de la recherche par les grandes firmes et les marchés financiers.

Comme de nombreux autres secteurs de la société, l’université est envahie par les outils et les discours du numérique censés résoudre « la crise ». En dépit des idéologies de l’horizontalité et du partage qui devaient accompagner les nouvelles technologies numériques, c’est bien l’imposition par en haut qui l’emporte dans les faits. Mais à l’égard du numérique, les universitaires semblent plongés dans une véritable hypnose collective qui met en péril leur capacité critique. 

– La technologie est une politiqueUne tribune libre de Philippe Godard.

Philippe Godard, né en 1959, est un écrivain et essayiste français. Il écrit notamment, pour la jeunesse, des ouvrages documentaires sur des sujets de société et, pour les adultes, des essais. Il est par ailleurs intervenant à l’Institut Régional du Travail Social de Franche-Comté et a été directeur de collections chez différents éditeurs.

La rationalité politique n’est plus compréhensible par les citoyens puisqu’elle est dominée par une autre rationalité, cachée, celle d’un système économique dominé par des réalités technologiques. Or, de nos jours, cette rationalité technologique, qui a envahi le champ du politique, rend encore plus illusoire une émancipation politique, culturelle et sociale, sans repolitisation du corps social.

– Religiosité de la technoscienceUne tribune libre de Simon Charbonneau.

Simon Charbonneau, est né en 1941, il a été  professeur de droit de l’environnement à l’Université de Bordeaux Montesquieu et à l’Université d’Aix-Marseille, a publié de nombreux ouvrages et articles sur le thème de l’écologie militante, dans la lignée de son père Bernard Charbonneau.

 

La science remplit dans notre société technicienne le rôle que la religion jouait jadis dans les sociétés du passé. C’est donc la posture de liberté d’esprit qui doit être aujourd’hui à l’origine de sa remise en question comme religion séculière.
– “Les deux cultures”, ou la défaite des humanitésUn texte du collectif Pièces et Main-d’Oeuvre (PMO).

Puisque le vivant est désormais computable, pourquoi la culture ne le serait-elle pas ? Bienvenue dans l’ère des humanités numériques, un mouvement qui a pris son essor dans les années 2000 au sein des sciences humaines et sociales, des arts et des lettres, pour les rendre, eux aussi, connectés, numérisés, big datés. Reductio ad numerouniverselle, dont l’objectif est d’annihiler toute humanité dans la compréhension et le récit du monde.

– La technologisation de la vie : du mythe à la réalitéUn article d’Anthony Laurent.

Après des années d’études de sciences naturelles à l’Université de Franche-Comté, à Montbéliard (Doubs), Anthony Laurent se tourne vers le journalisme scientifique. Deux années de formation à l’Université Paris 7-Denis Diderot l’ont ensuite conduit à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) où il obtient un Master de sociologie, histoire et philosophie des sciences au Centre Alexandre Koyré. Anthony s’intéresse notamment à la place de la technique dans la société contemporaine au sein de l’association Technologos. Il est co-créateur et rédacteur en chef du site Sciences Critiques (site d’information dédié exclusivement aux sciences, traitant tout particulièrement des sciences « en train de se faire », dans les laboratoires comme en-dehors – par opposition aux sciences « déjà faites » que sont les découvertes scientifiques et les innovations technologiques)

Le déferlement technologique bouleverse notre vie quotidienne. Le travail, les relations familiales et amicales, les loisirs, etc. Quasiment plus aucun pan de l’existence humaine, individuelle comme collective, n’échappe désormais à l’emprise numérique. Or, cette « technologisation » de la vie et de la société − largement impensée − a des effets déterminants, voire des impacts préoccupants, et pour la plupart irréversibles, sur la nature, la santé, la politique et in fine sur le devenir de notre « communauté de vie et de destin ». Dans le cadre d’une séance publique, tenue en janvier dernier à l’Université du Bien Commun à Paris ( cf ici  lancement de cette université), Sciences Critiques était invité à dresser un constat critique de cet état de fait. 

 

 

 

 

 

chamanisme et christianisme

 

 

Jacques Mabit dirige le centre Takiwasi  de réhabilitation et de traitement des toxicamanies, mais qui propose aussi des séminaires et retraites dans la forêt amazonienne et permet  également une recherche sur les médecines traditionnelles amazoniennes.

Takiwasi, ou “La maison qui chante” en langue quechua, est une association à but non lucratif, située dans la ville de Tarapoto, en Haute-Amazonie péruvienne. Sa fondation en 1992 fut le résultat d’un projet de recherche, commencé en 1986, sur les pratiques millénaires de la médecine traditionnelle amazonienne, dans l’une des régions du Pérou les plus riches en termes de connaissances ancestrales liées à l’utilisation des plantes médicinales et sacrées, qui contribuent à la guérison physique, mentale et spirituelle.

Depuis sa création, le Centre Takiwasi s’est consacré à l’amélioration des conditions de santé de la population et à la préservation de l’environnement, en développant des techniques et des modèles d’intervention innovants qui sauvegardent les connaissances traditionnelles amazoniennes et les articulent avec la science médicale moderne, tout en tenant compte des préoccupations thérapeutiques, scientifiques, écologiques, culturelles et humaines. cf “Ressources humaines”

Takiwasi est considérée comme la plus ancienne et la plus prestigieuse institution alliant la psychothérapie et les plantes médicinales pour des traitements de santé mentale. Avec une trentaine d’années d’expérience dans ce domaine, son modèle, offrant l’équilibre parfait entre médecine, psychologie et spiritualité, a été l’objet de plus de 50 travaux de recherche internationaux réunissant une communauté académique interdisciplinaire, intégrée par des institutions scientifiques d’excellence mondiale. (cf les publications des chercheurs externes)

voir là la documentation produite par  Takiwasi

Qui est Jacques Mabit ?  Voici sa présentation sur le site de Takiwasi.com

Jacques Mabit est médecin de formation. Au cours d’un parcours de vie très riche il découvre la médecine traditionnelle indienne et devient guérisseur.

Voir là la description du parcours de Jacques Mabit, les doutes et expériences traversées avant de devenir le créateur et directeur du centre Takiwasi .

chamanisme et christianisme

conférence de Jacques Mabit à Paris en mai 2016 ajoutée sur Youtube par François Delonnay le 11 octobre 2016

Quelques notes prises à l’écoute de cette vidéo  et complétées de certains liens hypertextes:

 

Jacques Mabit a une double appartenance : il est médecin conventionnel – faculté de Nantes- et il est guérisseur reconnu par les associations de guérisseurs.

La jonction entre chamanisme et christianisme se fait au niveau de la clinique. Et Jacques Mabit rappelle que le chamanisme est avant tout une médecine et n’est pas une religion. Par contre le christianisme devrait-être une religion guérissante : Jésus guérit et soigne puis il prêche.

Chamanisme et christianisme ont en commun de se relier à un autre monde. Jésus répond à Pilate mon royaume n’est pas de ce monde ” – Jean 18:36.

Actuellement de nombreux courants occidentaux néo-chamaniques ont créé une religion chamanique de l’ayahuasca comme le Santo Daime au Brésil. Il y a une explosion du néo-chamanisme dans le monde par exemple en Australie ou à Hawaï ( je rajoute : cf sciences et Avenir de septembre 2018 )

Dans le christianisme la théologie s’est détachée de l’expérience pour devenir spéculative. Je me réfère souvent aux écrits du Père Brune et je recommande son livre : Pour que l’homme devienne Dieu.

partie 1 : Je vais résumer notre clinique et les observations (points clé et voir convergence avec le christianisme).

Tout d’abord il faut insister sur le fait qu’au cours des procédures, les plantes ne créent rien. Elles amplifient ce qui est déjà là dans notre corps et qui remonte à nos ancêtres jusqu’à la création. Ces procédures aident à faire mémoire : je suis fils de qui ?

D’autre part toute parole prononcée avec les tripes ou le coeur est opératoire. La parole peut bénir ou maudire.

Les procédures sont d’abord purgatives : on se purge avant d’accéder à la connaissance et dans celles-ci le rituel est fondamental.

Dans ces procédures la notion de conscience morale est fondamentale : c’est un sérum de vérité et toute falsification va être mise en évidence. Il y a un ordre du monde, il y a des lois. Tout ce qui est New Age “je sens, je ne sens pas, c’est sympa…” n’est pas dans cette initiation.

Ces lois sont non jugeantes et le fait de dire est libératoire. Le pardon surgit spontanément : pardonner aux autres et soi-même.

Il y a apparition de la gratitude : remerciement pour la vie même si l’observation de notre ombre est parfois terrible mais tout va bien.

Dans cette procédure surgit toujours la conscience du mal que j’ai fait ou que j’ai subi.

Il apparaît que le corps sait déjà avant le coeur et la tête : d’abord des réactions corporelles puis émotionnelles et enfin compréhension.

Ce qui conditionne ces procédures est l’investissement. Il faut une sincérité de base, du coeur. Si on triche soit il ne se passe rien soit au contraire on reçoit une grande claque.

Avant la procédure il faut se mettre au clair . Il y a une confession : dire ce qu’on a fait  de mauvais. C’est très important il faut une médiation.

De même l’initiateur doit avoir aussi une intention claire, une sincérité de base. La bonne conscience n’est pas suffisante, il doit avoir un inconscient clair et une connaissance de ce qu’il fait.

Pour le patient il faut un abandon total au thérapeute. Il faut la foi, c’est fondamental.

Surgit alors un enseignement simple  -mais non simpliste– sous la forme de  ce que j’appelle la Voix de la Sagesse. Elle peut-être entendue, elle peut venir de l’intérieur, elle peut s’exprimer sous d’autres formes perceptibles aux autres sens, par exemple des odeurs. C’est une voix non jugeante, bienveillante mais ferme. C’est une voix non manipulable, peu bavarde, qui attire , ne présente pas d’arguments et ne se contredit jamais.

Pour la procédure il faut donner du temps à lui consacrer exclusivement en définissant combien ça va durer et aller au bout de ce temps car c’est alors que la voix s’exprime.

La procédure est une prise de contact avec les esprits : esprits des plantes, esprits des défunts ( notamment s’il y a eu contentieux du vivant), puissances angéliques bonnes ou mauvaises, figures du panthéon religieux ( pour les chrétiens souvent la Vierge.)

On peut cliniquement détecté les démons – à la fois vision par le patient et par le thérapeute- Cette emprise démoniaque peut-être suite à des expériences de contact et elle peut se poursuivre toute la vie. Les entités maléfiques sont représentées par des formes par notre cerveau. Ces problèmes peuvent être hérités de nos ancêtres.

partie 2 : cohérences chamanisme et christianisme ( cette deuxième partie – pourtant au centre de la conférence-est très abrégée en raison du temps consacré à la première )

  • la bonté précède la connaissance ( alors que c’est l’inverse dans la gnose à la base de toutes les sociétés secrètes)
  • des deux côtés il y a l’exigence  d’un coeur et corps purifié
  • il y a des deux côtés un rituel
  • la guérison est une grâce
  • contrairement au New Age   les deux approches supposent une certaine dose de souffrance
  • On accède à un monde réel, primordial
  • on accepte le combat spirituel
  • le chamanisme réveille ce qui est présent dans le corps de l’homme
  • le prêtre devrait guérir et enseigner au niveau du corps
  • la confession
  • je conseille de lire le Lévitique ( cf présentation sur Wikipedia). Les Thomistes en ont fait une interprétation symbolique qui a sa valeur mais qui ne doit pas occulter le premier niveau : oui les objets, les corps peuvent être chargés d’une puissance propre. Cette observation dans le chamanisme se retrouve aussi  dans la Bible. ( cf ici les mouchoirs de Saint-Paul , ou là.)
  • cf l’ombre de Saint-Pierre guérissante : « Par les mains des Apôtres, il se faisait de nombreux signes et prodiges parmi le peuple (…) à tel point qu’on allait jusqu’à transporter les malades dans les rues et à les déposer là sur des lits et des grabats, afin que tout au moins l’ombre de Saint Pierre, à son passage, couvrit l’un d’eux ». Actes des Apôtres, chapitre 5, versets 12 à 15

Dans son “récit du pélerin” autobiographie, Saint Ignace de Loyola, créateur de l’ordre des Jésuites,  évoque la présence démoniaque en lui au cours de sa vie .