Vous avez dit philanthrocapitalisme ?

 

par Evgeny Morozov, 26 octobre 2016 – Le Monde diplomatique

Les milliardaires d’antan avaient le mérite d’afficher sans détour leurs intentions : ils ne se cachaient pas de préférer le pillage des ressources mondiales à leur sauvegarde. Si les « barons voleurs » de l’ère industrielle comme Henry Ford, Andrew Carnegie ou John Rockefeller ont effectivement consacré une partie de leur fortune à des œuvres caritatives, il marquaient clairement la distinction : le pétrole et l’acier rapportaient de l’argent ; l’éducation et les arts aidaient à le dépenser.

Lire aussi Howard Zinn, « Au temps des « barons voleurs » », Le Monde diplomatique, septembre 2002.Bien entendu, les fondations éponymes n’étaient ni neutres, ni apolitiques. Elles menaient des projets qui contredisaient rarement la politique étrangère américaine et coïncidaient avec ses orientations et présupposés idéologiques. On pouvait aisément discerner l’impératif civilisationnel qui sous-tendait leur promotion de démocratie ou leur théorie du progrès. D’ailleurs, certaines de ces fondations ont fini par regretter leurs campagnes douteuses, comme Rockefeller et son imprudent soutien au contrôle de la natalité en Inde.

Mais à une époque où cinq géants des nouvelles technologies figurent au palmarès mondial des dix plus grandes entreprises, on ne sait plus très bien où s’arrêtent les affaires et où commence la charité. En travaillant pour différents secteurs, de l’éducation à la santé en passant par les transports, ces plates-formes numériques bénéficient d’une opportunité que ne connaissaient pas les magnats industriels du siècle dernier : elles peuvent continuer à vendre leur produit phare — en substance, de l’espoir enrobé d’une multitude de couches de données, d’écrans et de capteurs —, sans avoir besoin d’investir dans des activités non productives.

 

NOUS VOULONS DES COQUELICOTS

 

Appel des 100 pour l’interdiction de tous les pesticides*

les 100 premiers signataires

Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.

Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans; la moitié des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !
Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection.

Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides* en France. Assez de discours, des actes.

*de synthèse

Signer l’appel

 

Amis et visiteurs, attention, ceci n’est pas une pétition. Bien sûr, il vous faut signer cet Appel, qui est autant le vôtre que le nôtre, mais ce n’est qu’un tout petit début. Car l’Appel des coquelicots engage, vous engage à l’action. Nous rêvons d’un soulèvement pacifique de la société française qui seul permettra enfin de sortir du cauchemar des pesticides.

Vous le savez désormais, nous faisons fabriquer le symbole de notre aventure : un très beau coquelicot en tissu, avec un système d’attache qui permet de le porter à sa boutonnière. Vous allez l’acheter ici, massivement, mais après ? D’abord, nous cherchons des volontaires pour devenir des correspondants locaux ou régionaux de l’Appel. Ce ne sera pas du gâteau, soyons francs entre nous. Mais chaque mois que durera l’Appel – deux ans, soit 24 mois -, il y aura une récompense au bout. Le même jour et à la même heure, tous les porteurs de coquelicots se retrouveront sur les places des villes et villages où ils habitent. Pour se voir, se congratuler, s’embrasser et lancer ensemble de nouvelles actions.

On commence le vendredi 5 octobre à 18h30 et on recommencera chaque premier vendredi de chaque mois.

Lumières : aveuglement

 

 

 

 

“Nous demeurons aveuglés par les Lumières” – La Vie  – Henrik Lindell  le 27/02/2018

 

Iconoclaste, l’historien et théologien s’attaque à la part obscure de la « religion du progrès » née en Europe au XVIIIe siècle. Et pourfend le nihilisme qu’elle aurait, selon lui, enfanté.

Dans Aveuglement, puissante fresque de plus de 500 pages, le bouillonnant Jean-François ­Colosimo, directeur des éditions du Cerf, règle ses comptes avec la modernité, toutes ses guerres et ses nouvelles idéologies trompeuses.

Vous dénoncez la « face cachée » des trois derniers siècles, à savoir le nihilisme qui serait à l’origine des idéologies meurtrières modernes. Et la source de nos aveuglements serait les Lumières. Pouvez-vous expliquer ?

Ce livre procède d’un constat : la modernité, qui est née avec les Lumières, et particulièrement les Lumières françaises, a marqué l’avènement d’un temps qui se voulait radicalement nouveau. Il fallait en finir avec « l’obscurantisme », et la religion était le signe éminent de tous les esclavages passés. Pendant deux siècles, l’idéologie dominante a été que l’homme devait devenir le créateur de lui-même. Mais cette époque-là est révolue.

Nous assistons désormais à la fin du mythe du progrès et de ce que j’appelle la religion du progrès. Fini l’homme autonome, l’homme sans transcendance et sans limites. Problème : nous ne l’avons pas encore bien compris, car nous demeurons aveuglés par le soleil des lendemains radieux que promettaient les Lumières. Il en va de ce soleil comme des astres quand ils vieillissent et meurent : ils deviennent noirs. Ils irradient alors d’une lumière qui est fausse, ce qui provoque une forme d’éclipse et on ne voit plus rien. Nous n’avons pas pris la mesure de cet échec monstrueux que sont les Lumières.

( cf l’exposé sur la page du Temple des Consciences )

Vous suggérez même que les Lumières, contrairement à ce qu’elles prétendaient, ont fait naître des religions plus oppressives que jamais. N’est-ce pas aller trop loin ?

Les Lumières françaises ont critiqué radicalement le fait religieux. Elles l’ont stigmatisé comme le signe de l’humanité débile qui n’a pas pris la pleine mesure de ses pouvoirs. Elles l’ont condamné en le réduisant à la soumission à un Dieu faux, inexistant, arbitraire. À une idiotie ou à une pathologie. La modernité nous a bercés de l’illusion que la religion appartenait au passé. Mais que voit-on aujourd’hui ? Il suffit d’allumer la télévision et il saute aux yeux qu’on tue au nom de Dieu.

On parle de « retour de la religion » ou de« revanche du sacré ». On dit que « le Moyen Âge resurgit ». Ce qui prouve que l’on n’a vraiment rien compris. La stratégie des Lumières a été de noircir le passé pour mieux exalter un futur libéré du religieux. Mais, à la vérité, le religieux ne nous a jamais quittés. La grande tromperie de la modernité est là : elle a prétendu qu’elle allait chasser le religieux, alors qu’elle n’a fait que créer des religions séculières qui, oui, sont plus criminelles que ne l’ont jamais été les religions historiques.

Mais quelles religions ?

En 1793, Robespierre crée le culte de l’Être suprême, avec son catéchisme, ses rites, son calendrier. Il se montre en cela plus religieux que Louis XVI. Il sait également que, sans la croyance dans ­l’immortalité, on ne peut fonder la vertu publique et mobiliser les masses. La conscription lui permet de faire de tous les citoyens des soldats. Il ouvre ainsi l’ère des grandes apocalypses. D’abord le « populicide » en Vendée, bien sûr. Puis les massacres à l’échelle industrielle lors de la Première Guerre mondiale. Enfin, la Shoah, le Goulag et tous les charniers sans nom.

Ces religions modernes réclament le sang. Elles sont sacrificielles.

C’est le cas du nazisme avec ses grandes messes, son culte de la personnalité et ses folies scientistes, qui représentent une manipulation typique de la modernité : dans sa volonté illimitée, l’homme-Dieu se fabrique lui-même.

Même constat pour le communisme, avec ses pontifes Lénine et Staline, ainsi que l’hérétique en chef, Trotski, et son Internationale missionnaire. Quoi de plus religieux que les liturgies militaires sur la Place Rouge ? Lénine embaumé s’inscrit dans le mythe de l’immortalité.

Le génocide au Cambodge revêt, lui aussi, un aspect religieux. Dans les camps, les Khmers rouges diffusent pour message : « Jusqu’après ta mort, l’Organisation continue de te surveiller. » Il y a donc eu un au-delà même pour l’athéisme militant.

 

Quand un tenant du rationalisme scientifique et communiste révolutionnaire dénonce l’écologie

 

 

Cet article sur un blog de Médiapart s’inspire de l’article de Jean-Baptiste Mallet dans le Monde diplomatique d’août 2018 :

“Frugalité et marketing : le système Pierre Rabhi “

Le ton est donné et ci-dessous Yann Kindo reprend le propos et l’étend à certaines figures de l’écologie politique comme Michèle Rivasi, à la pensée écologique spirituelle chrétienne comme Limite.

 

Le 13 août 2018 Fabrice Nicolino produit un long texte d’analyse et de dénonciation du procédé du journaliste Jean-Baptiste Mallet qu’on peut lire ici. Il y dénonce toutes les manipulations intellectuelles auxquelles se livre Mallet  pour détruire l’image de Pierre Rabhi .

Que le lecteur prenne le temps de cette lecture dont voici la conclusion :

 

Il reste et il demeurera pour moi que Jean-Baptiste Malet et Le Monde Diplomatique ont commis ensemble une mauvaise action contre un homme qui ne méritait pas cela. Pierre Rabhi a ses limites, ses contradictions et ses défauts, ce qui n’étonnera personne. Mais tel qu’il est, il appartient à la très vaillante race des prophètes. Qui montrent par l’exemple de leur vie qu’il est possible de bâtir autre chose. Et selon moi, ce quelque chose que nous apporte à tous Rabhi, et même à Malet à son corps défendant, c’est l’espoir. L’espoir d’un monde où la solidarité, la coopération, l’amour de la nature et des bêtes, la pauvreté digne auront triomphé de la domination de quelques-uns sur tous.

 

 

 

A l’intersection  de la pensée du rationalisme scientifique et du communisme révolutionnaire :

 

Une pensée ultra conservatrice dans le domaine de la science – référence au consensus scientifique- qui défend sans l’avouer la religion du Progrès scientifique et ses clercs comme en d’autres temps lointains d’avant la modernité d’autres défendaient l’Eglise. Une pensée qui dénonce  à travers l’action et la pensée de Pierre Rabhi , de Limite ou de Michèle Rivasi les courants spirituels et les écologistes  investis dans la lutte contre notre dérive matérialiste, scientifique, technologique et industrielle.  Bref, rien de nouveau sous le soleil : une pensée du XIX ième siècle strictement rationaliste et communiste, arc-boutée sur sa vision strictement matérialiste du monde  et qui défend becs et ongles les acquis de la modernité …sans en voir – ou vouloir voir – tous les ravages.

Certains naissent trop tard dans un monde trop vieux…ce qui n’empêche pas de les écouter et d’entendre parfois leurs critiques comme par exemple celles-ci : ce travail non rémunéré qui est pointé du doigt : fermes agroécologiques :

notre visite chez des agroécologues ardéchois 

fermes du Bec Hellouin et microfermes 

 

sur le blog bien renseigné de la faucille et le labo sur Médiapart

sous la plume de Yann Kindo, qui se présente enseignant en histoire et géographie

La faucille et le labo , qui défend à la fois les idées du  rationalisme scientifique et celles du communisme révolutionnaire.

On peut y trouver un fil politique :

“Ainsi, même si ce blog que je rédige passe la majeure partie de son temps à attaquer l’écologie politique au nom de la grille de lecture communiste, en ma prime jeunesse j’étais plutôt tenté par la synthèse des deux [c’qu’on peut faire comme conneries quand on est jeune, quand même…]. Même que sur mon premier micro-ondes que j’ai eu pour mes 18 ans, j’y avais collé un autocollant du PSU « Verts Rouges, enfin ça bouge “

L’origine de la pensée ici exprimée sur ce blog  se trouve dans une attaque frontale contre l’alterscience représentée ici selon l’auteur par Michèle Rivasi – cf ici le livre d’Alexandre Moatti, –polytechnique, corps des mines– sur le sujet-:  ” Du haut de son agrégation de biologie, Michèle Rivasi s’est fait une spécialité de promouvoir différentes facettes de l’alterscience, en contestant systématiquement ce qui est le consensus scientifique sur certains sujets majeurs“.  ( le “consensus scientifique” c’est pas très révolutionnaire  comme référence de la pensée !    Comment la pensée scientifique évolue-t-elle sinon parfois par ruptures révolutionnaires par rapport au consensus scientifique pour parvenir  ensuite à un nouveau consensus. )

 

Il y a donc dans ce blog bien documenté, présentant certaines critiques qui peuvent être entendues, une attaque  en règle de la pensée écologique d’inspiration spirituelle Limite, revue d’écologie intégrale “pour les catho réac“, “mystique de la Terre” chez Rabhi (PR)- cf l’interview de PR pour le “le chant de la Terre” –  et critique chez cet historien-géographe de la mise en cause des dérives de la science dans l’agrochimie ou la médecine au nom sans doute de la défense du ” consensus scientifique.”

Ne touche pas au consensus scientifique, clergé de la religion du Progrès qui nous promet des lendemains qui chantent  ?  Ceux qui le font au nom de leur spiritualité, de leur vision poétique, sont accusés à ce titre de leurs liens ou sensibilités avec d’autres religions, courants spirituels, dérive scientifique  vers “l’alterscience” , mot valise introduit par Alexandre Moatti en 2013.

 

Voici là le passage d’une critique par Yann Kindo de la pensée de Gaultier Bès qui développe sa vision d’une écologie intégrale dans une émission consacrée à la PMA.

14 juillet 2018 : A propos d’une émission les rencontres de Pétrarque sur France Inter à propos de la PMA

dénonciation de la revue Limites qui se revendique l’ « écologie intégrale » : approche qui est fondamentalement « conservatrice » pour ne pas dire « réactionnaire » et citation du propos  de Gaultier Bès, le “catho réac” de la revue Limites.

« Ce que je prône et ce que nous essayons de vivre, c’est une économie beaucoup plus domestique, où l’on change complètement de paradigme : on quitte l’idée du salariat, de gagner de l’argent qui nous permet de nous offrir des loisirs et des produits mondialisés, et où on essaie de relocaliser nos existences. »

« Comment on fait pour vivre le plus harmonieusement possible avec nos corps ? Comment on fait pour composer le mieux possible notre existence avec nos corps ? Il y a là à mon avis un paradigme socio-économique à changer de fond en comble, et là il y a du travail, et je pense que les anticapitalistes sont attendus là-dessus ».

« Nous vivons dans la société des pesticides, des perturbateurs endocriniens, et de pollutions qui sont partout, partout, partout, et donc nous créons aussi, par notre mode de vie, par notre frénésie collective, les conditions de notre propre infertilité. »

puis, à propos de la PMA : « Est-ce que contourner la nature par des moyens techniques est une émancipation ? C’est effectivement le progrès de la technique, du système technicien, qu’on nous a vendu depuis des décennies. Mais le problème, c’est que ce contournement d’une limite naturelle – l’âge, le sexe, d’éventuelles pathologies – en fait, cache, et de plus en plus mal à mon sens, une véritable aliénation (…) qui passe par une soumission des personnes à un système technicien, à un système d’experts en blouse blanche, et à un système marchand. Parce que (…)  le système des dons, ce n’est pas seulement de donneurs de sperme très gentils, très généreux, très altruistes, c’est d’abord un énorme business.  Un simple chiffre : le chiffre d’affaire des banques de sperme dans le monde, c’est 5  milliards de dollars par an (…). Moi j’y vois plutôt une extension du domaine du capitalisme, du techno-capitalisme, qui essaie de faire profit, de faire fric d’une frustration bien compréhensible »

ce que dit le catho Bès, c’est pile poil sur tous ces sujets ce que dit le gaucho Testart,

Dans ces cas de conjonctions « brunes-vertes », on est au-delà des simples apparences. Ce n’est pas comme lorsque les fascistes utilisent une phraséologie socialisante pour faire de la démagogie à destination de leurs cibles dans les classes populaires. Ce que j’essaie de montrer sur ce blog depuis des années, c’est que l’écologie politique est une pensée qui est en elle-même réactionnaire, et que les similitudes éclatantes dans la bouche de Gaultier Bès ne sont pas de surface mais bien essentielles. Dans cette histoire, il y a certes des récupérations de thèmes écolos par l’extrême droite, mais ce n’est qu’un  juste retour des choses car il y a aussi et d’abord eu des récupérations de thèmes d’extrême-droite par les écolos. Un exemple éminemment symbolique en est le fait qu’avant qu’elle ne devienne un lobby pseudo alternatif, l’agriculture bio a été en France fondée par des militants poujadistes :

http://www.bio-lelivre.com/Raoul-Lemaire-1884-1972.html

On y trouve aussi le dézingage en règle de Rabhi : cf Le  Rabhi-bashing est un axe important de ce blog

On y dénonce son incompétence crasse, notamment dans le domaine agricole qui l’a rendu célèbre, et dans lequel il a formé des disciples à son image, c’est à dire  incompétents.

On y développe le caractère parfaitement réactionnaire de sa pensée philosophico-mystique fondée sur l’adoration de la nature.

On cite René Dumont : https://www.youtube.com/watch?v=gCT5FA8_cRA

tout en le dézinguant au passage pour sa vision malthusienne .

dénonciation du bide du bio 

dénonciation de la lutte contre le glyphosate

dénonciation de la lutte contre la vaccination 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Corine Sombrun, du chamanisme mongol à la science

 

Corine Sombrun.com

Corine Sombrun passe son enfance en Afrique à Ouagadougou (Burkina Faso). De retour en France elle se consacre à des études de Musicologie, piano et composition…

En 1999 elle s’installe à Londres, où elle travaille comme pianiste et compositrice…Puis fait des reportages pour BBC World Service, dans le cadre d’un programme sur les religions.

En 2001, au cours d’un reportage en Mongolie, le chamane Balgir lui annonce qu’elle est chamane. Dans cette région du monde, les chamanes accèdent à la transe grâce au son d’un tambour spécifique. Un son auquel, lors de cette première expérience, elle réagit violemment, jusqu’à perdre le contrôle de ses mouvements.

Pour Balgir, elle a bien les capacités chamaniques et « sa voie » dit-il, sera de suivre leur enseignement pour les développer. Elle va ainsi passer plusieurs mois par an à la frontière de la Sibérie.

Grâce à son expérience dans la pratique de la transe et à sa capacité à l’induire par la seule volonté, elle collabore depuis 2006 avec différents chercheurs dont le but est de découvrir les mécanismes physiologiques liés à cet état de Transe (Etat de conscience volontairement modifié) et son influence sur le fonctionnement des hémisphères cérébraux. Les premiers résultats (obtenus en 2007 par analyses d’EEGs sous la direction du Pr. Flor-Henry / Alberta Hospital – Canada) ont montré que cette transe chamanique, dont les mécanismes d’action sur le cerveau restent inconnus, modifie effectivement les circuits du fonctionnement cérébral. Ils sont à l’origine d’un premier protocole de recherche sur la transe chamanique mongole étudiée par les neurosciences.

L’examen des états de transe par la science : le cas de Corine Sombrun :

La transe chamanique est un état de conscience volontaire et auto-induit qui a historiquement servi les objectifs de la cohésion sociale et des interventions de guérison dans divers contextes tribaux. Nous présentons la première étude neurophysiologique d’un sujet normal, qui a reçu une formation approfondie dans la tradition chamanique mongole et qui est capable de s’auto-induire un état de transe sans stimulation sensorielle externe.

 

Contrairement à la croyance occidentale répandue, les ASC -états altérés de conscience- sont extrêmement communs : des études anthropologiques montrent que sur les 488 sociétés étudiées dans le monde, plus de 90% ont une forme institutionnalisée d’ASC et 57% d’entre elles sont des transes de possession (Oohashi et al. 2002 )

Les preuves anthropologiques démontrent que les traditions chamaniques sont une forme universelle de pratiques culturelles à travers le monde et peuvent représenter la première pratique spirituelle de l’humanité, précédant toutes les religions connues (VanPool, 2009 ). Basé sur les similitudes avec les pratiques chamaniques des aborigènes australiens, qui ont été isolés culturellement il y a entre 50 000 et 65 000 ans, le chamanisme remonte à la période paléolithique moyenne au début de la révolution cognitive vers 70 000 BP (Peters, 1989).)

Il existe plusieurs grands domaines de pratiques chamaniques, y compris l’Afrique; Sibérien / mongol; natif sud et nord-américain (considéré comme les descendants de la tradition sibérienne); et Asie-Pacifique, y compris les aborigènes australiens. L’origine du terme “chaman” provient du peuple Evenki dans la région de Tungus du sud-ouest de la Sibérie ( “šamán” signifiant “celui qui sait”). Le terme de pratique «chamanique» (par opposition à «chamanique») est réservé à l’utilisation des techniques de transe chamanique en dehors de leur contexte socioculturel original, comme dans les sociétés industrielles occidentales.

Alors que les pratiques chamaniques sont diverses et peuvent inclure l’usage de drogues psychotropes (comme l’ayahuasca et le peyotl), le tambourinage, la danse ou les déclencheurs environnementaux (comme les cérémonies de hutte indigène), une voie commune implique le «voyage chamanique» – l’induction intentionnelle d’un état de conscience modifié pour faciliter la croissance individuelle ou le fonctionnement adaptatif dans un groupe tribal. Nishimura ( 1987 ) a décrit trois types de voyages chamaniques, bien qu’ils ne soient pas toujours distincts:

  • (1)Transe extatique , dans laquelle l’esprit du chaman quitte prétendument le corps et communique avec les esprits animaux ou autres dans leurs domaines,
  • (2)La transe de possession , dans laquelle l’animal ou d’autres esprits entrent dans le corps du chaman, parfois à l’exclusion de son propre soi, et
  • (3)Transe onirique , dans laquelle le chaman reste en possession de soi et rencontre des animaux ou d’autres esprits dans un domaine partagé

Il existe des preuves que la capacité de transe chamanique n’est pas liée à la culture mais peut représenter «une prédisposition psychobiologique inhérente … peut-être universelle dans l’espèce» (Noll, 1983)

Dans leur analyse des variables contextuelles, Houran, Lange et Crist-Houran ( 1997 ) décrivent huit catégories expérientielles communes aux états altérés et SSC, les quatre premières correspondant aux modalités sensorielles 🙁 visuelle , auditive , olfactive et tactile ), avec des catégories supplémentaires de présence détectée , émotivité intense , mouvement d’objet inexpliqué et fonctionnement erratique de machines complexes (par exemple dysfonctionnement inexplicable d’un équipement électrique ou mécanique à proximité)

Corinne Sombrun : chamanisme et neuroscience

Claire Marie : entre nature et spiritualité

 

Dans cet âge de corruption et décadence…réjouissez-vous !

advaïta minima

Psychologie de base

La vie a un sens ou alors n’en a pas. Et si votre vie n’en a pas particulièrement, elle conduira tôt ou tard à une affliction profonde, une sorte de désepoir et découragement, une perte du goût de vivre, ce que personne ne souhaitera.

Le plus inattaquable sens que la vie puisse avoir est très simple et évident :

“La vie est un enseignement, c’est apprendre .”

Une telle définition de la vie est en fait beaucoup plus positive que simple, elle permet en fait de tout accepter et supporter en cherchant à comprendre ce que la vie nous veut vraiment.

apprendre quoi au juste ?

Si elle n’est qu’une sorte de divertissement, le moyen de satisfaire un nombre infini de désirs
et en vérité passer son temps à résoudre les problèmes qui s’opposent à la satisfaction de ces désirs, on sait où cela conduit :


“Insatisfaction perpétuelle et innombrables souffrances”

toutes plus inutiles les unes que les autres.

Ce que la vie peut nous enseigner personnellement, aucun gourou ne pourra et ne doit nous le dire.
Vous êtes la seule personne à vraiment savoir ce que vous avez besoin de découvrir.

“Le temps des gourous est terminé.”

L’infantilisation n’a plus de sens. La confiance n’existe plus parce qu’impossible.
L’âge de la corruption et décadence ne le pemet plus. Les traditions sont finies, vive la sauvagerie et le profit, si l’on peut dire !

Mais après avoir touché le fond, on ne peut que remonter à la surface pour enfin respirer.   “Le temps des Gourous ne fait que commencer.” Et il se peut qu’ils soient eux-mêmes et leurs enseignements très différents de tout ce que l’on pourrait imaginer.

Si vous cherchez néanmoins la vérité et une libération spirituelle comme on l’entend généralement, c’est à vous de jouer correctement en sachant que vous serez seul jusqu’à la fin, rien de nouveau à vrai dire. Mais cet âge de corruption et décadence donne aussi accès à toutes les connaissances sacrées les plus authentiques, celles qui étaient exclusivement réservées à une élite. Alors réjouissez-vous, le temps d’apprendre ne fait que commencer.

UTOPIA XXI

Ceci n’est pas un livre . C’est un voyage au centre d’une terre nouvelle, ce sont des pas sur une route à inventer. Il sera une fois un monde nommé UTOPIE.

Il sera une fois un monde nommé UTOPIE qui aura pour priorités le bonheur de chacun et la progression morale de l’humanité. Sur cette terre plus aucun être humain  ne manquera de l’essentiel pour vivre décemment, car chacun recevra de la naissance à la mort, l’assurance de sa subsistance, c’est à dire de quoi se loger, se nourrir et se vêtir.

pour voir la présentation du livre

pour feuilleter le livre

 

 

RMC :  Le Grand Oral d’Aymeric Caron, journaliste et auteur de “Utopia XXI” – 22/11/2017

Pour lire l’Utopie de Thomas Moore

1ier août : le Jour du Dépassement

earth-overshoot-day

Le jour du dépassement, ou jour du dépassement de la Terre (en anglais : Earth Overshoot Day), correspond à la date de l’année où l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an (ressources renouvelables). Passé cette date, calculée chaque année par l’ONG américaine Global Footprint Network, l’humanité puiserait donc de manière irréversible dans les réserves naturelles de la Terre (ressources non renouvelables à l’échelle de temps humaine).

Le calcul est dérivé de celui de l’empreinte écologique globale, concept développé par Mathis Wackernagel1, président de Global Footprint Network.

Nous avons éclaté le budget de la Terre!

En 2018, Earth Overshoot Day débarque le 1er août. Le Jour de dépassement de la Terre marque la date à laquelle l’humanité a épuisé le budget de la nature pour l’année. Pour le reste de l’année, nous maintenons notre déficit écologique en réduisant les stocks de ressources locales et en accumulant du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Nous fonctionnons en dépassement.

 

 3 mn de présentation par WWF

selon Wikipédia

L’empreinte écologique

Les activités humaines consomment des ressources et produisent des déchets. Aux cinq types de surfaces bioproductives correspondent six types d’empreintes (5 pour les ressources, un pour un type de déchet : le CO2)

  • champs cultivés
  • pâturages
  • forêts pour le bois
  • forêts pour la séquestration du carbone (ou empreinte carbone)
  • pêcheries
  • terrains construits

Les forêts offrent donc deux services différents et en compétition : fournir des produits à base de bois ou séquestrer une partie du carbone émis par l’homme. Les forêts ne peuvent fournir les deux services à la fois : si l’on souhaite qu’une partie des forêts séquestrent du CO2 sur le long terme, il faut accepter de ne jamais les couper.

L’exemple simplifié qui suit permet de comprendre le principe de calcul utilisé pour chacune des empreintes partielles : 10 tonnes de bois sont nécessaires à une activité donnée ; or la productivité moyenne des forêts dans le monde est de 2 tonnes de bois par hectare par an. L’activité mobilise donc 5 hectares de forêts. On peut encore par la suite transformer les 5 hectares de forêts en hectares globaux ce qui permettra d’agréger les différentes empreintes partielles.

Ordres de grandeur mondiaux et tendances

Avec une biocapacité d’environ 12,22 Ghag (milliards d’« hectares globaux »)16 et une population de 7,3 milliards d’hommes, la biocapacité disponible par personne en 2014 était de 1,68 hag (« hectares globaux »). Or, un Terrien moyen avait besoin en 2014 de 2,84 hag. Le dépassement a donc été de 69 %, autrement dit il aurait fallu 1,69 planète pour fournir la consommation humaine de façon durable en 201417.

L’empreinte écologique mondiale a en fait dépassé la capacité biologique de la Terre à produire nos ressources et absorber nos déchets depuis le milieu des années 1980, ce qui signifie que l’on surconsomme déjà les réserves, en réalité en surexploitant les milieux.

La tendance à l’augmentation n’a pas encore pu être inversée, en raison de la difficulté de changer les modes de consommation et de production, en dépit des engagements et objectifs de développement durable établis aux sommets de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 et de Johannesburg en 2002.

Ordres de grandeur par grandes zones géographiques

Quelques repères pour l’année 201417 :

  • La moyenne mondiale de l’empreinte écologique est de 2,84 hag par personne alors que la biocapacité moyenne est de 1,68 hag par personne ; il faut donc 1,69 Terre pour couvrir la consommation de l’humanité ;
  • Un Français a besoin de 4,7 hag pour maintenir son niveau de vie. Si tous les humains consommaient autant qu’un Français, il faudrait disposer de 2,79 planètes ;
  • Un Américain a besoin de 8,37 hag pour sa consommation. Si tous les humains consommaient comme un Américain, il faudrait disposer de 4,97 planètes ;
  • Un Brésilien a une empreinte écologique de 3,08 hag (1,83 planète) ;
  • Un Chinois a une empreinte de 3,71 hag (2,21 planètes) ;
  • Un Indien a une empreinte de 1,12 hag (0,67 planète).
  • un Haîtien a une empreinte de 0,67 hag (0,4 planète).

 

 

 

 

Explorer des solutions avec earth overshoot day

Villes

pâté de maison

On prévoit que 80% de la population mondiale vivra dans les villes d’ici 2050. Par conséquent, les stratégies d’urbanisme et de développement urbain sont essentielles pour équilibrer l’offre de capital naturel et la demande de la population. Apprendre encore plus

Énergie

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Décarboner l’économie est notre meilleure chance de faire face aux changements climatiques et d’améliorer l’équilibre entre notre empreinte écologique et les ressources naturelles renouvelables de la planète. Apprendre encore plus

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La façon dont nous répondons à l’un de nos besoins les plus fondamentaux – la nourriture – est un moyen puissant d’influencer la durabilité. Le fait de s’approvisionner localement et d’éviter les aliments hautement transformés peut réduire l’empreinte écologique. Apprendre encore plus

Population

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S’engager envers tous ceux qui vivent en sécurité dans un monde de ressources limitées nécessite de s’attaquer à la croissance démographique. L’autonomisation des femmes est essentielle pour la durabilité mondiale. Apprendre encore plus

Imposer la technologie du véhicule électrique est une folie, estime Carlos Tavares

Publié ici dans autoactu le 13/09/17

Cet emballement mondial contre les motorisations thermiques et la suspicion sur l’ensemble de l’industrie automobile vont se retourner contre les citoyens estime Carlos Tavares, patron de PSA, qui résume ainsi sa pensée :
“Toute cette agitation, tout ce chaos, va se retourner contre nous parce que nous aurons pris de mauvaises décisions dans des contextes émotionnels, pas suffisamment réfléchies et pas avec suffisamment de recul”, a dit le patron de PSA. “Le fait qu’on nous donne l’instruction d’aller dans une direction qui est un choix technologique qui appartient aux autorités c’est un gros tournant”. “Je ne voudrais pas que dans 30 ans on ait découvert les uns et les autres quelque chose qui n’est pas aussi beau que ça en a l’air sur le recyclage des batteries, l’utilisation des matières rares de la planète, sur les émissions électromagnétiques de la batterie en situation de recharge”, a-t-il ajouté.
Outre d’éventuelles conséquences sanitaires qui ne sont pas prises en compte, il y aura également en Europe des conséquences économiques à l’arrêt des véhicules thermiques. 27
“Pendant un siècle les Chinois ont couru après le moteur à combustion interne en versant des royalties à l’occident. Là, ils ont trouvé le point de rupture et maintenant ils prennent le lead sur le véhicule électrique qui est le symétrique pour le prochain siècle de ce qu’ils ont vécu au cours du précédent”, a dit Carlos Tavares.

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CHRISTIANISME CONTRE CAPITALISME : ENTRETIEN AVEC FALK VAN GAVER

Revue LIMITE

Proche de la revue Limite, à laquelle il a contribué plusieurs fois, Falk van Gaver vient de publier un livre important : Christianisme contre capitalisme ? L’économie Selon Jésus-Christ (Le Cerf, août 2017). Seconde partie de notre entretien avec l’un des précurseurs de l’« écologie intégrale ».

Vous êtes l’un des inventeurs de l’expression «écologie intégrale». Quel sens lui donnez-vous?

Un sens de plus en plus intégral ! L’écologie intégrale est née en contexte chrétien mais elle est destinée à le déborder. Je suis éco-futuriste. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui vient. L’à venir. C’est ce qui vient et devient. Le critère c’est l’écologie. Ainsi je suis écodémocrate, écolaïque, écoféministe, écoprogressiste, écohumaniste et écosocialiste ! Ce que j’entends par écofuturisme ? Essayer d’entrer dans la post-postmodernité, existentiellement, intellectuellement, mentalement, spirituellement. Ne plus vivre sur les débris et les ruines de la modernité et des traditions. Dépassement de la postmodernité. Vivre dans le nouveau grand paradigme, le paradigme du futur. L’écologie. L’écologie générale, intégrale, radicale, profonde. L’écologie scientifique, mentale, sociale, politique.

Vous avez fréquenté les milieux anarcho-autonomes, notamment lors du Contre-G20 à Gênes, en 2001.Et vous rappelez queanastasis, en grec, signifie à la fois «résurrection» et «insurrection». Nous faut-il prendre les armes pour renverser Mammon et suivre le Christ?

Prendre les armes ? Non, si l’on suit vraiment le Christ : « Range l’épée au fourreau. » Après, comme disait Gandhi, pour qui la non-violence n’était ni lâcheté ni soumission mais au contraire révolte et insoumission – rappelons qu’il fut un leader anticolonialiste et nationaliste indien – mieux vaut encore la violence que la lâcheté, la paresse, la soumission ou la collaboration. Et pour ceux qui sont incapables de la perfection christique, la voie des armes est possible, et même dans certaines circonstances nécessaire, même si elle n’est jamais souhaitable. La montée de la radicalisation et de la violence légale (policière, pénale, militaire…)et illégale (criminelle, maffieuse, paramilitaire…) d’un capitalisme aux abois est à prévoir ces prochaines décennies, et la question de l’usage anticapitaliste de la violence se reposera certainement autrement que comme un simple jeu intellectuel. Mais la violence des émeutes des black blocs, à laquelle j’ai participé plus jeune, est bien loin de l’insurrection armée.

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