Place du magnétisme dans l’offre de soins en médecine générale

Le Docteur en médecine Denis Piotte a effectué ce travail de recherche qu’il a présenté à la faculté de médecine de Besançon le 1ier  juin 2019. Il est l’aboutissement de rencontres avec 25 magnétiseurs -guérisseurs et 120 médecins de l’Aire urbaine nord Franche-Comté.

Il expose en préambule les motifs d’un tel travail de recherche qui résulte de sa réflexion globale sur la vie et une approche holistique du malade, le constat des possibilités étonnantes d’auto-réparation d’un malade. Il souligne sa prédisposition personnelle avec la pratique de l’activité de sourcier puis celle d’apprenti-magnétiseur. Mais la raison principale résulte selon lui de l’épisode de santé qu’il a rencontré après une période d’ engagements divers et intenses.

Son travail a consisté à sélectionner et retenir 25 magnétiseurs de son secteur ne faisant pas appel à la publicité. Il a proposé un questionnaire type puis rencontré ceux-ci et parallèlement soumis un autre questionnaire type à 120 confrères de sa région.

Le résultat de ce travail est bien entendu présenté dans son livre mais dans cet article je voudrais m’attacher à quelques rappels historiques, bibliographiques  et constats généraux auquel a abouti le docteur Piotte qui conclut son préambule en espérant que son travail permettra d’éclairer les esprits dans  » un monde qui s’éloigne de plus en plus de l’authentique ».

Je soulignerai d’abord dans l’introduction certaines références à des livres sur le sujet :

Alexandre Grigoriantz  qui a publié entre autre Guérisseurs de l’ombre » : Ce livre présente ainsi une série de témoignages dans lesquels magnétiseurs, coupeurs de feu, personnels hospitaliers, médecins et patients partagent leur expérience, leur éthique, leurs nombreux succès mais surtout les difficultés qu’ils rencontrent encore parfois pour faire rentrer ces soins énergétiques dans le protocole « officiel » de traitement.

Il faut souligner aussi la thèse en médecine du docteur Nicolas Perret en 2007 consultable ici.

Jean Dominique Michel et son livre Chamans, guérisseurs, médiums –cf là

Jean-Dominique MICHEL a suivi une formation classique en anthropologie médicale. Il a travaillé pendant quinze ans en santé mentale et santé publique, enseignant dans divers programmes universitaires et de hautes écoles spécialisées.

Passionné par les processus d’évolution personnelle et de guérison, il s’est formé dans de nombreuses disciplines (psychothérapie émotionnelle, thérapies groupales, psychanalyse, mais aussi ostéopathie énergétique, magnétisme et biogénéalogie). Il a également étudié auprès de différents guérisseurs et chamans, en Occident ainsi que dans des contextes traditionnels. 

Pour lui, aucune opposition entre la psychothérapie, le chamanisme, la spiritualité et la médecine scientifique : il est au contraire convaincu de la complémentarité de ces approches, qu’il décrit ici dans la double perspective de l’anthropologue et du thérapeute.

Jean Claude COLLARD , le guérisseur de Chatillon – cf là-

Le directeur de collection aux éditions Guy Trédaniel,  a longuement hésité avant de recommander l’édition d’un livre signé par un guérisseur.

« Journaliste d’investigation, donc à la fois sceptique par nature et par profession, je ne pouvais prendre le risque d’une publication n’atteignant pas le niveau habituel de sérieux auquel ont droit nos lecteurs. J’ai alors décidé de réactiver, pour quelques semaines, mes méthodes indiscrètes de reporter. Et, partant du principe qu’un magnétiseur sans réel talent pouvait tromper ses visiteurs occasionnels pour un temps, mais qu’il est pratiquement impossible d’abuser pendant plusieurs décennies une clientèle de proximité, c’est à une enquête de voisinage que je me suis livré. Sans complaisance, cette enquête m’a stupéfait par la profusion de patients satisfaits depuis plus d’un quart de siècle : des verrues à l’eczéma, des entorses aux piqûres de frelons, de l’arthrose aux épines calcanéennes et autres excroissances osseuses, du nanisme a la stérilité, des abcès dentaires aux rhino-pharyngites, des cystites aux coliques néphrétiques, et jusqu’aux comas interrompus à distance… les témoignages se superposent à un dictionnaire de médecine ! Mais, plus que ces résultats étonnants, ce sont ses méthodes qui ont valu à Jean-Claude Collard une célébrité débordant nos frontières. Elles sont dévoilées dans cet ouvrage. »

Docteur Marianne DencausseMédecine et magnétisme, une nouvelle voie vers le mieux être – cf là

Tout en répondant à ces nombreuses questions, Marianne Dencausse, habitée par le désir de contribuer à la mise en place de cet humanisme médical que réclament aujourd’hui tant de personnes, nous expose sa conception du rôle du magnétisme dans le traitement des patients, tout en analysant les conditions d’application, mais aussi les limites de cette énergie.
Ce faisant, en s’appuyant sur des exemples concrets, elle établit un certain nombre de règles que tout magnétiseur se doit de respecter dans une attention constante à l’autre et une confiance réciproque. Abordant les questions éthiques et métaphysiques qu’implique une telle démarche, l’auteur envisage des perspectives d’ordre spirituel pour la médecine de demain qui, certes, sera technologiquement très performante mais devra également instaurer entre soignants-soignés une relation où l’amour, la compassion et la générosité ont un rôle essentiel à jouer dans la lutte contre la souffrance et la mort.
En proposant un nouvel art de soigner, Marianne Dencausse propose un nouvel art de vivre.

Le docteur Piotte poursuit son exposé par une rapide histoire du magnétisme en partant  d’Hippocrate  qui utilisait déjà le magnétisme, cite Françoise Dolto qui présentait Jésus comme guérisseur, rappelle les barreurs de feu du Moyen-Âge, les rois dont Saint Louis qui guérissait les écrouelles.

Le rôle spécifique de l’Eglise fait l’objet d’un chapitre particulier. De la fin du Moyen-Âge jusqu’au XVII ème siècle les guérisseuses était satanisées et souvent brûlées ou noyées – cf la chasse aux sorcières. Il faut attendre un décret pontifical de 1657 pour mettre en garde contre les erreurs et abus des procès en sorcellerie puis l’ édit de Louis XIV de 1682 qui mettra fin à ces procès.

 

Ô Hommes de peu de croyances !

septembre 2006 – édition 2016 revue et corrigée

Bruce Harold Lipton (né le 21 octobre 1944 à Mount Kisco, dans l’État de New York ) est un biologiste américain du développement reconnu pour son idée selon laquelle l’expression des gènes peut être influencée (via l’ épigénétique ) par des facteurs environnementaux. Il est l’auteur du livre The Biology of Belief et a été chercheur à la faculté de médecine de l’Université de Stanford .

Sens critique

Cet ouvrage constitue une percée dans le domaine de la nouvelle biologie. Cette synthèse des dernières recherches les plus poussées en biologie cellulaire et en physique quantique est profondément porteuse d’espoir et acclamée comme une découverte majeure prouvant qu’il est possible de changer notre corps en modifiant notre façon de penser. L’auteur, un biologiste cellulaire de grande renommée, décrit les voies moléculaires précises qui en sont responsables. Dans un langage simple, avec des illustrations, un soupçon d’humour et des exemples de tous les jours, il démontre comment la nouvelle science de l’épigénétique vient révolutionner notre compréhension du lien qui existe entre l’esprit et la matière, ainsi que les effets profonds de ce lien sur nos vies personnelles et la vie collective de notre espèce.

EXTRAIT DU LIVRE DU Dr BRUCE LIPTON LA BIOLOGIE DES CROYANCES  sur Médiapart (Ça va sûrement en transformer quelques-un(e)s, c’est cadeau !)

Les recherches alliant physique quantique, ingénierie électrique, chimie et biologie, sont particulièrement pertinentes, car elles pourraient donner naissance à des thérapies entraînant beaucoup moins d’effets secondaires que les médicaments. Or, ces recherches confirmeront ce que « savent » déjà, sans l’avoir réalisé, le scientifique et le non-scientifique : tout organisme, y compris l’humain, communique avec son environnement et le décode en évaluant les champs d’énergie. Comme l’humain dépend étroitement des langages parlé et écrit, il a négligé ses senseurs d’énergie en tant que système de communication. Comme pour toute fonction, le non-usage mène à l’atrophie. Les aborigènes utilisent encore quotidiennement cette fonction hypersensible, et il n’y a pas chez eux d’atrophie sensorielle. Ainsi, ils sont capables de sentir l’eau enfouie profondément dans le sable. Quand aux chamans de l’Amazonie, ils communiquent avec l’énergie des plantes médicinales.

Vous avez déjà eu, à l’occasion, un aperçu de cet ancien mécanisme sensoriel. Par exemple, vous est-il déjà arrivé de marcher dans une rue sombre la nuit et de vous sentir soudainement vidé de toute énergie ? Que pensez-vous avoir ressenti ? Tout simplement une interférence « destructive », comme les cailloux déphasés dans l’eau. Dans le jargon populaire, il s’agit de mauvaises vibrations, d’ondes négatives. Vous est-il déjà arrivé aussi de rencontrer inopinément une personne et d’être, au contraire, énergisé au point d’avoir l’impression de « planer » ? Dans ce cas, vous avez ressenti une interférence constructive, c’est-à-dire de bonnes vibrations ou des ondes positives.

Quand j’ai abandonné l’idée que nous sommes faits de matière inerte, j’ai non seulement compris que la science où je faisais carrière était dépassée, mais aussi que je devais favoriser davantage d’interférences constructives dans ma propre vie. J’avais besoin d’une mise au point quantique dans ma propre vie.

pour lire la suite sur Médiapart

épigénétique (pour partie sur wikipédia) :

On attribue la paternité de l’épigénétique dans son sens moderne au biologiste et embryologiste Conrad Hal Waddington qui la définit en 1942 comme une branche de la biologie étudiant les implications entre les systèmes gènes + environnement et leurs produits donnant naissance au phénotype d’un individu. Cette idée venait combler des lacunes du modèle génétique postulant une équivalence unique entre phénotype et génotype qui ne pouvait expliquer tous les phénomènes liés à la différenciation cellulaire. Il fut alors élaboré une théorie dans laquelle chaque cellule indifférenciée passait par un état critique qui serait responsable de son développement futur non uniquement lié à ses gènes, et pour cette raison qualifié d’épigénétique.

L’étape suivante qui se développe depuis les années 2000 est le travail sur le rôle de facteurs environnementaux sur l’expression génétique, comme en 2007 avec l’exposition au bisphénol A qui perturbe la méthylation de l’ADN de souris. On étudie alors la possibilité de transmission des caractères acquis et le rôle des gamètes pour savoir si elles peuvent conserver certains des marqueurs épigénétiques. Souvent polémique parce que non prévue par la théorie synthétique de l’évolution (bien que son principe ait été suggéré par Lamarck hors de toute connaissance génétique, et que Darwin lui-même laisse ouverte explicitement dans L’Origine des espèces la possibilité chez les chiens pointers d’effets cumulatifs du dressage), mais surtout parce que prises à tort par le grand public pour une réfutation de l’existant plutôt qu’un complément, ces études accordent volontiers à l’épigénétique un rôle davantage que marginal pour expliquer quelques mécanismes d’adaptation et d’évolution des formes vivantes.

 

Les caractères épigénétiques ne s’opposent pas aux théories génétiques associées à la sélection naturelle, mais les complètent. Ainsi, l’hérédité épigénétique « présente une plus grande sensibilité à l’environnement et une stabilité inférieure à celle des modifications de la séquence de l’ADN ».

Selon Jean-Claude Ameisen qui vulgarise le sujet, les expérimentations scientifiques dans le domaine se sont multipliées dans les années 2000 et 2010. Par exemple sur la transmission de caractères provoqués par le contexte, comme la présence d’une odeur ou un vécu traumatique. Chez la souris par exemple, un trauma précoce semble avoir des répercussions comportementales et métaboliques sur les générations suivantes, y compris si les descendants n’ont jamais été mis en contact avec les parents (fécondation in vitro et « mère porteuse »). Globalement l’étude de ce qui est transmis par les cellules séminales paternelles est utilisée afin d’isoler des caractères exclusivement innés.

On a récemment montré (2017) chez le rat de laboratoire que l’exposition d’une mère à de l’atrazine (désherbant) au moment de la formation des gonades de ses embryons faisait que cette molécule (ou le stress induit in utero par cette molécule) pouvait reprogrammer durablement des cellules souches gonadique et être source de problèmes épigénétiques dans les générations suivantes (susceptibilité aux maladies induites par l’atrazine, chez les mâles et les femelles). 
De même une chimiothérapie subie par un adolescent semble induire des effets épigénétiques (transmis donc à la descendance) via une modification qualitative du sperme (anomalies de l’ADN). C’est la 1ère démonstration du fait qu’une exposition chimique précoce peut reprogrammer durablement l’épigénome des cellules souches spermatogènes. Les épimutations de la lignée germinale (cellules du sperme) identifiées suggèrent que la chimiothérapie peut changer l’hérédité épigénétique à la génération suivante.

 

 

 

Première photo de photons intriqués

 

RESEARCH ARTICLEPHYSICS
Imaging Bell-type nonlocal behavior

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Science Advances  12 Jul 2019:
Vol. 5, no. 7, eaaw2563
DOI: 10.1126/sciadv.aaw2563
Des chercheurs de l’université de Glasgow sont parvenus à photographier pour la première fois l’intrication quantique entre deux particules, un phénomène physique si étrange qu’Albert Einstein l’avait baptisé « action effrayante à distance ». Explications.

« L’ACTION EFFRAYANTE À DISTANCE »

Également appelé intrication quantique, ce phénomène décrit une situation où les particules peuvent rester reliées entre elles de telle sorte que les propriétés physiques de l’une affectent l’autre, quelle que soit la distance les séparant. Détestant cette idée violant les descriptions classiques du monde, Einstein avait trouvé un moyen de faire coexister cette intrication avec la physique classique, en évoquant une variable inconnue, ou « cachée », agissant comme un messager entre les deux particules intriquées, et maintenant leur sort lié.

Le physicien John Bell avait mis au point un test réfutant l’existence de ces variables cachées dans les années 1960, mais il se trouve que des chercheurs de l’université de Glasgow sont récemment parvenus à capturer le premier cliché de cette fameuse intrication quantique.

Grâce à un système sophistiqué de lasers et de cristaux, les scientifiques écossais ont capturé la toute première photo d’intrication quantique, violant l’une des « inégalités de Bell ». Comme l’a expliqué Miles Padgett, auteur principal de cette recherche publiée dans la revue Science Advances : « Il s’agit d’une preuve cruciale de l’intrication quantique. Bien que les gens utilisent cette dernière et les inégalités de Bell dans des applications comme l’informatique et la cryptographie, il s’agit du premier cliché permettant de confirmer ce phénomène physique. »

Pour ce faire, Padgett et son équipe ont dû entremêler des photons, ou particules de lumière selon une méthode éprouvée : en frappant un cristal avec un laser ultraviolet, certains des photons du laser se sont séparés en deux, et « grâce à la conservation de l’énergie et de l’élan » chacune des paires de photons résultants étaient intriquées. Ces dernières se révélaient par ailleurs corrélées, ou synchronisées, beaucoup plus fréquemment que ce à quoi on pourrait s’attendre si une variable cachée était impliquée. Le cliché a été pris à l’aide d’un appareil photo spécial capable de détecter les photons.

Selon les chercheurs, cette expérience « montre que les effets quantiques modifient les types d’images pouvant être capturées ».

cf la page sur la physique quantique 

Il faut décoloniser les sciences

sur Sciences critiques par Gary Libot 

Professeur émérite d’Economie Politique à l’Université Paris-Sud, Serge Latouche développe, depuis les années 1960, une critique radicale du développement et de la croissance économique. Selon lui, la science, devenue technoscience au sortir de la Seconde Guerre mondiale, avec l’alliance − inédite dans l’Histoire − des scientifiques et des techniciens, a joué, et joue plus que jamais de nos jours, un rôle moteur dans l’expansion du capitalisme thermo-industriel. « Le Mal », selon cet « objecteur de croissance », qui en appelle à la « dissidence  » face à un système « insoutenable » menant tout droit au « suicide de l’espèce humaine ».

Serge Latouche — Comme toujours lorsque nous cherchons des origines, c’est un peu arbitraire. Le mot « développement » appartient à la biologie évolutionniste, tout comme le mot « croissance ». On peut trouver, depuis très longtemps, dans des textes allemands, le mot « entwicklung », qui traduit « développement ». Mais, en anglais et en français, l’utilisation du mot « développement » − dans son sens économique − est venue bien après, autour de la Seconde Guerre mondiale. Si le fameux discours d’Harry Truman, le 20 janvier 1949, est pris comme date symbolique de la naissance de la notion de « développement », c’est parce qu’il envoie un signal fort. Pour la première fois, Truman, président des Etats-Unis, va parler de développement et de sous-développement économique.

Auparavant, le monde était divisé en cinq continents, avec des centaines de pays et des coutumes très variées. Il y avait, bien sûr, les « sauvages » et les « barbares » d’un côté et les « civilisés » de l’autre. Mais ces catégories demeuraient assez floues.

ON PENSE L’ÉCONOMIE COMME UN ORGANISME, CE QUI EST UNE IMPOSTURE, PUISQUE L’ÉCONOMIE NE PEUT ÊTRE QU’UNE PARTIE ET NON LE TOUT.

Les Américains ont gagné la guerre parce qu’ils étaient les plus développés techniquement. Pour que les autres peuples se développent, l’idée qu’il suffit de leur transférer les moyens techniques s’impose alors. C’est le début de l’assistance technique lancée par l’Organisation des Nations-Unies (ONU) vers les pays dits « en voie de développement », qui permet en même temps aux États-Unis de s’emparer des marchés des ex-empires coloniaux.

Le développement dont parle Truman est donc la transposition, dans le domaine de l’économie, de concepts nés dans la biologie. Chez Charles Darwin, la croissance, c’est la transformation quantitative des organismes ; et le développement, c’est la transformation qualitative. Par conséquent, on pense l’économie comme un organisme, ce qui est une imposture, puisque l’économie ne peut être qu’une partie et non le tout.

Quel rôle joue la science dans le développement économique ?

C’est la pièce-maîtresse. Mais il faut tout de même noter que les premières techniques de la révolution thermo-industrielle ne viennent pas de scientifiques, mais d’artisans. Que ce soit James Watt pour la machine à vapeur ou John Kay pour le perfectionnement de la machine à tisser, tous deux ne sont pas des scientifiques mais des bricoleurs, des bricoleurs de génie certes, mais des bricoleurs !

C’est à partir de l’époque où cette notion de « développement économique » émerge − c’est-à-dire au cours de la seconde moitié des années 1940 − que l’on commence à parler des « technosciences ».

Quand Albert Einstein met au point sa théorie de la relativité, c’est un scientifique. Ce n’est pas un technicien.

Avec le Projet Manhattan ( cf l’article déjà publié sur le projet Manhattan)− projet technoscientifique par excellence −, des techniciens vont travailler avec des scientifiques. Les techniciens se font scientifiques et les scientifiques, techniciens. À partir de cette époque, il va y avoir l’apport de procédés techniques et de moyens colossaux dans la recherche scientifique. Aujourd’hui, si l’on regarde aux États-Unis, le moindre laboratoire de recherche a du matériel qui vaut plusieurs millions de dollars. Ce sont les technosciences, plus que la science, qui vont endosser un rôle essentiel dans le développement.

Je crois qu’il faut décoloniser les sciences. La science occidentale – on la fait remonter à Galilée – part du principe que la nature serait more geometrico, qu’elle obéirait à la raison mathématique. Or, si les mathématiques sont effectivement une science abstraite − une formidable construction par ailleurs −, en revanche, la nature n’obéit pas à cette réalité mathématique.

C’est pour ça que les économistes se sont plantés. Ils ont construit leur discipline sur les bases de la mécanique rationnelle d’Isaac Newton alors que la vie économique se déroule dans un monde qui obéit aux lois de la thermodynamique, et en particulier à la loi de l’entropie. Il y a dans la nature une irréversibilité qu’il n’y a pas dans les mathématiques sur lesquelles l’économie classique s’est fondée.

Et alors, la science qui pense qu’il n’y a pas de limite aux possibilités de l’homme de tout faire, de tout résoudre, c’est ce qu’on appelle « la science prométhéenne », qui pense l’homme comme un démiurge. Cette science-là, il faut la réviser. Toutes les autres conceptions de la science avaient, bien sûr, un idéal de la connaissance, de la curiosité scientifique, mais elles n’étaient pas dévorées par la volonté de puissance, si caractéristique de notre conception.

Nous débouchons sur une situation où, aujourd’hui, si nous prenons l’exemple du secteur de la santé, il y a très peu de recherches sur les perturbateurs endocriniens, par exemple, car ce sujet n’intéresse pas les laboratoires pharmaceutiques. Les crédits vont plutôt à la recherche sur la génétique. Idem pour l’agriculture. Il n’y a presque aucun crédit de recherche sur l’agro-écologie et la vie des sols, au profit de recherches sur les engrais et les pesticides.  L’un des problèmes fondamentaux, c’est que la science s’est petit-à-petit vendue au Marché et au Capital.

À l’origine, le développement est une affaire d’État. Le Marché n’a pas les instruments pour s’en saisir. Le développement, c’est une forme de guerre. Pour Ivan Illich, c’est la guerre aux pauvres. Même certains économistes assez orthodoxes, comme Jacques Austruy – auteur du Scandale du développement. Vingt-cinq ans après (Payot, 1987) − explique que les sociétés qui ont été « émancipées » après la Seconde Guerre mondiale n’avaient aucune aspiration au développement. Elles avaient des aspirations concrètes contre la famine, des aspirations à vivre mieux, mais en aucun cas des aspirations au développement.

La première chose pour atteindre le développement, c’est de créer des besoins. Et pour les créer, il faut rendre insatisfaits les gens de ce qu’ils ont. En ce sens, le développement, c’est la guerre au vernaculaire. C’est-à-dire la guerre à la façon dont les gens s’en sortaient par eux-mêmes, de façon autonome, pour qu’ils deviennent dépendants du Marché. Mais, pour qu’ils puissent acheter des produits, il leur faut en retour avoir quelque chose à vendre : c’est leur force de travail.

Dès l’origine, il n’y a que l’État qui peut détruire les anciennes conditions d’existence pour en imposer de nouvelles. C’est notamment ce que fera Jean-Baptiste Colbert en imposant la création de manufactures dans lesquelles les gens travailleront comme des esclaves. Quand Lénine puis Joseph Staline ont voulu développer la Russie, cela s’est fait avec des moyens d’une grande brutalité pour casser le vernaculaire et obliger les gens à se soumettre à la discipline capitaliste. Le développement, c’est le développement du capitalisme. Mais il ne se produit pas spontanément par le Marché, qui peut co-exister avec une société traditionnelle sans problème. Le Marché existait en Afrique depuis des millénaires − Hérodote en parlait déjà –, mais ça n’a pas créé le développement. Le développement est une entreprise de recherche de puissance, avant tout à des fins militaires, qui ne peut se faire que par l’appui de l’État.

 

Fort heureusement, cette opération ne peut jamais totalement réussir. Dans un État totalitaire soft, comme celui dans lequel nous sommes − totalitarisme qui passe par le contrôle médiatique, différent, bien sûr, du totalitarisme soviétique ou nazi −, il y a toujours des dissidences. C’est là une deuxième contradiction du développement mais, nous le voyons bien, elle n’est pas suffisante. À l’heure actuelle, les limites environnementales et le défi écologique apparaissent comme la contradiction pour remettre en question et détruire les fondements insoutenables de notre système.

Les deux. Nous avons une expérience très intéressante, qui existe depuis le 1er janvier 1994, quand les néo-zapatistes sont arrivés à San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas, et ont commencé à libérer les cinq zones que l’on appelle les « Caracoles » – cf les caracoles. Une expérience qui perdure aujourd’hui encore − et qui est bien documentée par Jérôme Baschet. Nous avons vu aussi les deux révolutions équatorienne et bolivienne sur le credo du « buen vivir » – cf article -, qui montrent la capacité de résurgence, de résilience, des aborigènes, qui n’ont pas complètement disparus. cf article sur la transition vers le Buen Vivir.

Ça n’est pas un hasard si ce mouvement a pris corps au Mexique car, à San Cristóbal, il y a l’Université de la Terre-Ivan Illich –cf là– . Et l’on sait que, de manière indirecte, le sous-commandant Marcos fut un élève d’Illich.

En Occident, on observe une dissidence chez ceux qui se battent contre les « grands projets inutiles et imposés » − l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la ligne à grande vitesse Lyon-Turin dans le val de Suse, etc…−, comme chez les apiculteurs qui se battent contre les néonicotinoïdes, ou chez ceux qui luttent contre la destruction de l’État social. Les combats revêtent de nombreuses formes. Les luttes ne manquent pas, et elles doivent arriver de tous les côtés.

 

 

 

 

 

 

 

 » Là où est l’argent »

Regards croisés et dénonciations d’un monde pourri dans la finance des paradis fiscaux  

 

paru le 10/04/2019

Maxime Renahy, 40 ans, administrateur de fonds à Jersey et au Luxembourg de 2007 à 2012, a travaillé durant cette période pour la DGSE en tant qu’agent secret, dans le milieu de la finance offshore. Depuis 2013, il aide les avocats, les salariés et les entreprises dans leur défense devant les tribunaux.

Quand Maxime Renahy, administrateur de fonds à Jersey, réalise que ses informations peuvent intéresser la France, il se propose comme espion – bénévole – à la DGSE. L’employé modèle mesure alors les inquiétudes de l’État français dans de nombreux domaines : banques, monnaie, multinationales, pays amis, etc.
Là où est l’argent dévoile une ingénierie financière organisée telles des poupées russes pour échapper au fisc. L’ex-espion éclaire un monde dévoyé qui délocalise et s’enrichit au mépris de l’humain.
Après avoir jeté le masque, Maxime Renahy offre son expertise aux victimes de ce système écrasant et nous alerte sur l’impunité financière qui déstabilise nos sociétés.
Là où est l’argent raconte le surprenant parcours de Maxime Renahy, un homme soucieux de patriotisme, de résistance et d’intérêt général.
Préface d’Eva Joly.

 

lire la préface d’Eva Joly

écouter et voir  l’interview de Maxime Renahy par Denis Robert – pour le Média -20/05/2019

la presse en parle :

le Télégramme -29-06/19

Politis

 

parution 23/01/2015

Les 4 tomes de l’Affaires des affaires réunis en intégrale : (re)découvrez le combat acharné de Denis Robert dans les bas-fonds des paradis fiscaux. Pendant 10 ans et d’innombrables procès, Denis Robert a été poursuivi par Clearstream jusqu’à ce que le 3 février 2011, la cour de cassation annule les condamnations précédentes et juge l’enquête du journaliste sérieuse et documentée. C’est ce combat, dans les bas-fonds des paradis fiscaux, qui est raconté. Formidable thriller véridique, à l’origine du film de Vincent Garenq avec Gilles Lelouch et Charles Berling. Le passionnant thriller qui explore les bas-fonds des paradis fiscaux, signé Laurent Astier et Yan Lindingre, à découvrir dans une intégrale complète.

 

 

parution 27/09/2018

 

Les dessous scandaleux de la crise financière : décryptage et révélations

Avec cette enquête minutieuse sur deux champions du capitalisme financier, Catherine Le Gall et Denis Robert pensent tenir des spécimens exemplaires de milliardaires. Albert Frère et Paul Desmarais ont des profils semblables et ont hérité d’entreprises familiales qui ne valaient pas un clou, mais en bons libéraux, investissant dans les meilleurs juristes, associés aux plus grosses banques d’affaires, travaillant autant en France qu’en Afrique ou en Amérique du sud, ils ont bâti leur immense fortune en partie sur le dos des États. Il devait y avoir un secret de fabrication pour s’enrichir autant et aussi vite…
Nos deux journalistes pensaient que s’ils parvenaient à décrypter le jeu de ces prédateurs, ils pourraient aider la communauté des hommes à s’en défendre.
C’est le challenge réussi de ce récit haletant comme un thriller, et pourtant bien réel..

Existe-t-il une écologie de droite ?

JiHo pour Marianne

L’écologie scientifique  est une science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu en tenant compte de leurs interactions. Cet ensemble, qui contient les êtres vivants, leur milieu de vie et les relations qu’ils entretiennent, forme un écosystème. L’écologie fait partie intégrante de la discipline plus vaste qu’est la science de l’environnement (ou science environnementale).

Le terme écologie est construit sur le grec οἶκος / oikos (« maison, habitat ») et λόγος / lógos (« discours ») : c’est la science de l’habitat. Il fut inventé en 1866 par Ernst Haeckel, biologiste allemand darwiniste.

L’écologie politique est de plus en plus présente dans le discours politique et dans les média en général. Pourtant, ce sont bien les préoccupations définies par la science qui sont à la base de l’invention de l’écologie politique. De nombreux écologues rejoignent le militantisme écologique.( source Wikipédia)

Existe-t-il une écologie de droite ?

C’est l’objet d’un article signé Pauline Porro dans Marianne n°1164

Le 18 mars 2019 sur France Culture l’économiste Hervé Juvin nouveau député élu au parlement européen sur la liste du Rassemblement National affirmait : « l‘écologie doit prendre le pas sur l’économie « .

L’essayiste Hervé Juvin auteur d’une quinzaine de livres mais aussi ancien associé et fondateur d’Eurogroup Consulting est un chantre du localisme qu’il applique aussi aux populations : priorité au local avant le global.

Il est l’auteur en 2013 de : la grande séparation : pour une écologie des civilisations 

puis en 2018 de : France, le moment politique manifeste écologique et politique 

L’écologie a une dimension conservatrice selon l’auteure de cet article. Et de citer les penseurs de l’écologie que sont Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, personnalistes technocritiques même si Pauline Porro relève à contrario que des figures marquées à gauche comme le géographe anarchiste Elisée Reclus ont été à la pointe du combat écologiste.

Le sociologue Yann Raison du Cleuzio affirme : « il y a toutes les ressources dans l’histoire des droites pour que l’écologie s’y acclimate « . Une partie de la droite antirévolutionnaire s’est structurée autour du rejet de l’idée de progrès héritée des Lumières.

Le philosophe  Serge Audier  dans la société ecologique et ses ennemis paru en 2017 pointe la responsabilité de la gauche dans la crise écologique actuelle. Il observe que nombre de critiques pré-écologistes du XIX e sont héritières de la rupture romantique qui réhabilite le sentiment face à la raison. Des penseurs de l’écologie comme Georges Bernanos avec son essai la France contre les robots (1947) sont un caillou dans la chaussure écologique. Outre atlantique, cette vision romantique accouchera du mouvement wilderness à l’origine des parcs nationaux aux Etats-Unis dont le premier Yellewstone en 1872-cf le Wilderness Act de 1964 aux Etats-Unis.

Serge Latouche précise qu’il y a toujours eu une pensée antilibérale de droite , un anti-utilitarisme dans le romantisme en particulier et cela a été  d’autant plus fort que la gauche était à l’origine libérale et capitaliste. Pour le philosophe Jean-Claude Michéa droite et gauche ont partagé l’idéologie de l’illimité.

A l’inverse, les présupposés écologistes reposeraient sur une vision du monde fondamentalement anti-moderne. C’est la thèse que défend l’historien Stéphane François dans l’écologie politique. Une vision du monde réactionnaire qui divise l »écologie entre une branche progressiste acquise à la philosophie des Lumières et une seconde visant un retour du règne de la nature ouvrant la voie à un discours différentialiste et inégalitaire.

Une autre conception de la nature est celle de la ruralité présente dans le roman de droite : la destruction des campagnes par le capitalisme et la révolution industrielle relève Yann Raison du Cleuzio. Dans Eléments Hervé Juvin développe sa théorie de « l’écologie des civilisations ».

Le philosophe Frédéric Dufoing auteur de l’écologie radicale (2012) – cf là : il y a une longue tradition critique à l’égard du christianisme, un fonds de défense des cultures locales, de l’enracinement bioculturel et des arguments concernant la surpopulation. Est en cause une vision anthropocentriste chrétienne plaçant l’homme au coeur de la création et l’érigeant en « maître » de la nature. D’où un tropisme pour les cultures païennes.

L’intellectuel de la Nouvelle Droite Alain de Benoist défend la décroissance : Décroissance ou toujours plus ? Penser l’écologie jusqu’au bout 

On peut affirmer à l’instar de Cornelius Castoriadis en 1986 qu’il y a longtemps que le clivage gauche-droite ne correspond plus ni aux grands problèmes de notre temps ni à des choix politiques opposés. Aux dires de nombreux écologistes les vrais clivages seraient ailleurs :

productivistes vs antiproductivistes

biocentrés vs anthropocentrés

terriens vs destructeurs

croissants vs décroissants

Le fondateur et rédacteur en chef de la Décroissance , Vincent Cheynet notait dans son essai Décroissance ou décadence « que cet horizon s’oppose à la fois à la gauche dans son refus de l’idéologie progressiste et à la droite par son anticapitalisme. »

Quant à l’écologie intégrale développée en terres chrétiennes par le journaliste Falk Van Gaver elle a pour but « d’unir l’écologie humaine et environnementale dans une écologie totale intégrant toute la vie humaine comme non humaine. « 

Depuis que le pape a consacré en 2015 son encyclique Laudato Si à l’écologie intégrale la revue Limite en a fait son credo et Delphine Batho s’en revendique dans une version laïque à la tête de Génération écologie. Néanmoins, le terme écologie intégrale lui aussi divise et le philosophe Dominique Bourg qui s’en réclamait aux dernières élections européennes avec Delphine Batho et Antoine Waechter à la tête de la liste Urgence Ecologie  refusera de participer en août à l’Université d’été sur l’écologie intégrale  considérant que le terme est désormais piégée- cf là.

Gaultier Bès, professeur de lettres est une des figures de l’écologie intégrale. Il déplore qu’elle soit associée aux droites dures par la gauche libérale du fait de ses positions sur les sujets dits sociétaux « alors que nous essayons de montrer que du transhumanisme à la manipulation des embryons il y a la même volonté de toute-puissance démiurgique qu’envers la biosphère. »

 

 

 

 

Ayahuasca, chacruna et … business

Investigations & Enquêtes

Guidés par des Chamanes, guérisseurs indiens, ils vont aller boire une décoction amère, l’Ayahuasca, un psychotrope qui les emmènera en transe, à l’intérieur des méandres de leur âme. Chaque année, ils sont des centaines de Français à partir au Pérou pour un voyage d’un genre différent. Un voyage à l’intérieur d’eux-mêmes, en quête d’aventures nouvelles et de sensations fortes ou à la recherche de réponses à leurs interrogations personnelles. Autrefois réservée aux routards, drogués et allumés en tous genres, cette expérience initiatique est devenue aujourd’hui un objet de curiosité à portée de tous les touristes, et des centres de vacances se sont créés pour les accueillir. Enquête au Pérou avec un groupe de ces « touristes psychotropiques » sur cette nouvelle tendance du tourisme extrême.

 

 

S’il me manque l’Amour…ou l’éloge de la charité

 

Première Lettre de Saint Paul aux Corinthiens – chapître 13

 

01 J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.

 

02 J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien.

 

03 J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.

 

04 L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;

 

05 il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ;

 

06 il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;

 

07 il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

 

08 L’amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée.

 

09 En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles.

 

10 Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé.

 

11 Quand j’étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant.

 

12 Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu.

 

13 Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.

 

 

Aux origines du Hatha Yoga par Mark Singleton suivi de regards sur la pratique du yoga d’aujourd’hui

C’est à l’initiative du premier ministre indien Narendra Modi que l’assemblée générale de l’ONU a adopté jeudi 10 décembre 2014 une résolution invitant à célébrer la journée du yoga, et permettre ainsi de « faire connaître les bienfaits de la pratique du yoga ». 177 nations se sont associées à cette initiative. Elle a décidé  que le 21 juin serait désormais celle de la Journée Mondiale du Yoga.

Cet article est donc publié à l’occasion de cette journée mondiale 2019.

Mark Singleton    est un érudit en yoga moderne . Il est notamment connu pour son livre de 2010 intitulé Yoga Body : les origines de la posture moderne qui soutient que le yoga moderne représente une refonte radicale de la tradition du hatha yoga et que la plupart des asanas sont récents, influencés par la gymnastique indienne au XXe siècle.

Mark Singleton a obtenu son doctorat en divinité à l’Université de Cambridge sous la supervision d’ Elizabeth De Michelis .  Il est un enseignant qualifié de yoga Iyengar et de yoga Satyananda .  De 2006 à 2013, il a enseigné au St John’s College, à Santa Fe. 

Pour un complément d’information voir là

Dans un article de 2015 – cf ci-dessous- le site Yoganova s’interroge à partir de l’ouvrage de Singleton sur l’authenticité du yoga moderne et produit une traduction d’un extrait du livre.

Le yoga moderne est-il vraiment authentique ?

Mark Singleton dit avoir passé quatre années dans les bibliothèques en Angleterre, aux Etats Unis et en Inde à chercher les origines du yoga que nous connaissons consultant des centaines d’ouvrages et des milliers de pages de magazines. Il a  lu les  commentaires des sutras du Yoga de Patanjali ; les Upanishads et plus tard les tardives  » Yoga Upanishad » ; les textes du Yoga médiéval  comme les GoraksasatakaHatha Yoga Pradipika  (texte classique en sanskrit attribué à Svātmārāma, un disciple du Siddha Gorakshanath) et les textes des traditions Tantriques, qui tous seraient à  l’origine du Hatha-Yoga. Au milieu des années 90, armé d’une copie de « Lumière sur le Yoga » , il a passé trois ans en Inde, beaucoup pratiqué  mais il a été frappé par  la difficulté de trouver un enseignant compétent. Il a suivi des classes et des ateliers partout en Inde auprès de professeurs célèbres ou non, et ceux ci s’adressaient, presque exclusivement, aux « pèlerins » et  apprentis-yogis venus d’Occident.

En fouillant ces textes primordiaux, il est devenu évident que les Asanas ne faisaient pas partie des éléments fondamentaux des anciennes traditions yogiques. Les positions comme celles que nous connaissons aujourd’hui font partie des pratiques mineures  (particulièrement dans le Hatha-yoga), mais n’en étaient sûrement pas la composante principale. Elles étaient subalternes à d’autres pratiques comme le Pranayama (l’expansion de l’énergie vitale au moyen du souffle), Dharana ( concentration des facultés mentales) et le travail sur le Nada (le son) ( cf nada yoga).

Ce n’est que dans  les années 1920 qu’une version expurgée des Asanas commença à prendre de l’importance et devient une des caractéristiques clé d’un yoga d’influence occidentale mais venant de l’Inde.

 » Cette découverte éclaircit  quelques vieilles questions que je me posais. Au milieu des années 90, armé d’une copie de « Lumière sur le Yoga » , j’avais passé trois ans en Inde, beaucoup pratiqué  mais j’avais été frappé par  la difficulté de trouver un enseignant compétent. J’ai suivi des classes et des ateliers partout en Inde auprès de professeurs célèbres ou non, et ceux ci s’adressaient, presque exclusivement, aux « pèlerins » et  apprentis-yogis venus d’Occident. L’Inde n’était-elle pourtant  pas la Mère du yoga ? Pourquoi n’y avait-il pas plus d’Indiens pratiquant le Hatha-yoga ? Et pourquoi, malgré mes recherches, je ne pouvais pas trouver un seul tapis de yoga dans tout le pays ?

Comme je continuais à fouiller dans le passé récent du yoga, les pièces de l’énigme se sont lentement rassemblées, dévoilant une large partie du mystère : au début  du 20 ième siècle l’Inde, à l’image du reste du monde, fut saisie par une ferveur sans précédent pour la culture physique. Elle était d’ailleurs étroitement liée à la lutte pour l’indépendance nationale. En ce temps, on pensait qu’en formant des  corps forts et sains on créerait une nation plus forte et cela améliorerait les chances de succès en cas d’une lutte violente contre les colonisateurs.
Une large variété de systèmes d’exercices physiques surgit alors, mêlant  les techniques Occidentales aux pratiques  de disciplines indiennes comme la lutte. Souvent, le nom donné à ces disciplines prit le nom de  « Yoga ».

Quelques professeurs, comme Tiruka voyagèrent déguisés en gourous et enseignèrent  en secret le renforcement musculaire et les techniques de combat aux jeunes sympathisants de la cause nationale. Avec l’aide du gouvernement indien, ces enseignements furent diffusés largement et les asanas, reformulés en culture physique et thérapie gagnèrent rapidement une légitimité dont ils ne jouissaient pas auparavant.

L’autre figure influente dans le développement de la pratique des asanas modernes dans l’Inde du XXe siècle était, bien sûr, T. Krishnamacharya (1888-1989), qui a étudié à l’institut de Kuvalayananda au début des années 1930 et eut pour disciples certains des professeurs de yoga les plus influents et les plus connus, comme B.K.S. Iyengar, K. Pattabhi Jois, Indra Devi et T.K.V. Desikachar.

Ces expériences se sont finalement développées en plusieurs branches dont un style qui devint fameux : le Yoga Ashtanga Vinyasa,  et qui aura une influence énorme sur le développement du Yoga Américain principalement sous ses formes, Asthanga, Vinyasa, Flow et  Power Yoga.

Il suffit de lire  attentivement les traductions de textes comme le Hatha Tattva Kaumudi (IXième siècle) , le Gheranda Samhita (XVII ième siècle), ou le Hatha Ratnavali (XVII ième siècle), pour voir qu’une grande partie du yoga qui domine l’Amérique et l’Europe a aujourd’hui changé, presque au-delà de la reconnaissance, par rapport aux pratiques médiévales.

Les cadres philosophiques et ésotériques du Hatha-Yoga pré-moderne et le statut des asanas comme des postures  pour la méditation et le Pranayama, ont été vite mis sur la touche en faveur de systèmes mettant au premier plan les mouvements de gymnastique, la santé et le fitness et les préoccupations spirituelles de l’Ouest moderne.

Mark Singleton en arrive à la conclusion suivante :

 » Il n’y avait plus de doute dans mon esprit : les pratiquants du yoga moderne étaient bien plus les héritiers de leur arrières grand-mères et de leur gymnastique harmonique – cf Irénée Popard– que des yogis du Hatha-yoga médiéval. Et ces deux contextes étaient bien sûr très différents.

J’ai pensé que pour sortir de ce faux débat, il faudrait songer aux pratiques modernes comme à de jeunes greffes sur le grand arbre du Yoga. Nos pratiques ont évidemment des racines dans la tradition indienne, mais ce n’est pas toute l’histoire. Penser  au Yoga de cette façon, comme un arbre énorme et vénérable, aux nombreuses racines et branches n’est pas une trahison envers la tradition « authentique ».
Cela n’encourage pas non plus l’acceptation naïve de toutes les idioties qui se vendent sous le nom de Yoga. Au contraire ! Cette façon de voir peut nous encourager à examiner nos pratiques et croyances plus étroitement et amener à la clarté nécessaire pour naviguer sur les mers agitées et trompeuses du marché contemporain du Yoga !

Au-delà de la simple histoire par simple amour de l’histoire, apprendre du passé récent du yoga nous donne un bon point de vue pour jauger notre relation à la tradition antique et moderne. Mieux ! C’est l’expression d’une vertu vraiment spirituelle et dont les temps modernes ont bien besoin : viveka (« discernement » ou « jugement juste »). Il peut aussi nous guider d’une manière consciente et mature vers le Yoga du 3éme millénaire . »

En complément de cet article je vous propose de découvrir sur son blog le texte écrit par Alain Gourhant, un ami pratiquant le yoga depuis 50 ans et aussi philosophe, psychothérapeute et poète  :

Patanjali, un « yoga royal » pour le temps présent

Alain Gourhant rappelle d’abord sa longue pratique du yoga dans l’approche de Nil Hahoutoff . Il le décrit comme un yoga exigeant sur le plan physique qui l’a conduit à découvrir Patanjali et son « yoga royal »  aux 8 membres présentés ci-dessous.

  1. Il y a d’abord les cinq prescriptions (vis à vis des autres) –yama– qui sont : ahimsa -non- violence/satya – vérité/asteya -ne pas voler/brahmacharya-chasteté/aparigraha-non possessivité.

2. Viennent ensuite les cinq observances (vis à vis de soi-même) – niyama : saucapureté/samtosa-contentement/tapas-restrictions, force d’âme/svādhyāya-étude des textes sacrés/īśvarapraṇidhānaabandon au divin.

Selon Alain Gourhant, ahimsa , la non-violence et santosha, le contentement, sont  à ses yeux la principale prescription et la principale observance.

3. Commence alors, dans le cadre général de ces prescriptions et observances, la pratique corporelle des postures – Asana  sur laquelle Patanjali n’insiste pas si ce n’est pour citer l’assise, stable et « bienheureuse » qui permet de passer au pilier suivant, le souffle.

4.  Pranayama ou la respiration consciente et la circulation de l’énergie, du prana. Ce travail va permettre de mettre en place les trois piliers suivants : 5, 6 et 7.

5. Le retrait des sens, pratyahara, yeux mi-clos ou fermés, on s’intériorise et on lâche avec le monde extérieur.

6. La concentration, dharana, (je rajoute : concentrations sur le souffle, sur la posture, sur la flamme de la bougie etc..) permet au mental de se calmer.

Alors s’installe le septième pilier :

7. Dhyāna, la méditation qui permet l’observation des fluctuations du mental – Chen pour la Chine, dzogchen chez les tibétains, zazen pour le Japon.

Alors arrive le but final :

8. Samādhi, l’éveil ou la pure conscience. A vrai dire Patanjali n’évoque pas là une expérience extatique mais plutôt un chemin vers l’éveil : samadhi pada, auquel il consacre une cinquantaine de préceptes ou sutra.

Et Alain Gourhant de conclure :

Tout cela pour dire aussi que le Samadhi, c’est la grande obsession du yoga originel de cette époque bien loin de l’actuelle « mindfulness » la pleine conscience à la mode.

Dans un article du 29 mai dernier, Christiane Delabre de  l’Union comtoise de yoga à Besançon, reprend un article intitulé « l’essence du yoga » d’Estelle Lefebvre  et publié dans le journal du yoga.

Cet article s’appuie sur le propre enseignement de Sri T.K.Sribhashyam(Fils de Sri T. Krishnamacharya) c’est à dire le fils de celui qui relança le yoga en Inde et eu pour disciples ceux qui l’ont fait découvrir à l’Occident.

Le fils de Krishnamasharya énonce le point fondamental  du yoga : selon la tradition indienne le corps est indispensable à la recherche spirituelle : Quand le corps est renforcé, le mental retrouve la volonté, la persévérance et le courage.

Il insiste sur le rôle du souffle : « La respiration est étroitement liée à notre pensée. Plus la respiration est lente, moins il y a de pensées. Chaque pensée éveille une valeur affective. La respiration lente réduit l’impact entre la pensée et la valeur affective ».

Les portes de la vérité s’ouvrent quand le pratiquant explore toutes les facettes du yoga et se donne la peine de mettre en application cet art de vivre à tout instant. Pas à pas l’essence du yoga nous mène vers Dieu. Le Dieu non conceptuel, celui perçu par l’enfant face au paysage, celui qui touche du bout du doigt nos rêves d’enfant.

Pour conclure, je dirai que la pratique des postures renforce les qualités d’ observation   et de volonté du mental en les mêlant de façon subtile : être à chaque instant ni dans la paresse ni dans l’excès de volonté en observation et à l’écoute constantes de son corps. C’est le premier pilier qui se développe avec la pratique des asana.

 S’arrêter là, c’est pratiquer un yoga qui apporte beaucoup de bienfaits physiques, augmente ou maintient souplesse et force musculaire et mentale. Mais une pratique trop orientée uniquement vers ce but  à atteindre – c’est le mental qui dit d’atteindre –  peut conduire à la recherche de prouesses gymniques et occulter ainsi le vrai but du yoga originel. Attention à ce que veut le mental ! Certains enseignants, pour ne pas dire de très nombreux enseignants en yoga, développent principalement ce yoga postural dont  Mark Singleton retrouve justement la trace…dans la pratique gymnique occidentale. Alors comment s’étonner d’un glissement et d’un risque d’absorption de cette pratique par le monde du sport et son ministère ?

Mais  il faut aussi développer  dans cette pratique  le deuxième pilier, celui du souffle, car la pratique du pranayama  conduit notamment, grâce à la concentration  sur le souffle qui est la porte physique vers le  psychisme,  au ralentissement des fonctions du mental. Ce pilier me paraît essentiel dans la pratique. Dans l’enseignement du hatha yoga,  le souffle peut-être introduit par certains enseignants dans chaque posture en lien avec celle-ci alors que pour d’autres  il est réservé à certains exercices spécifiques placés entre des postures et qui rythment ainsi la séance. Enfin, dans une troisième option  le souffle peut-être réservé à une partie de la séance et des pratiques spécifiques qui s’articulent par exemple autour des 4 temps du cycle de la respiration, ou de la pratique de kapalabhati. Il est regrettable que pour une dernière catégorie, le souffle soit quasiment ou totalement  absent de l’enseignement. Mais le travail spécifique sur le souffle est  aussi un puissant travail sur l’énergie – « …là où va le souffle va l’énergie »  disait Roger Clerc– Il faut néanmoins mettre en garde contre les excès d’une telle pratique du souffle mal maîtrisée  qui peut alors entraîner de graves méfaits à cause du lien souffle-psychisme. Ce yoga axé sur le souffle est le yoga de l’énergie ou kundalini yoga avec chakras et montée de la kundalini dans un but d’éveil.  Parallélement, existe aussi un travail sur  l’énergie,  pour la canaliser,  la diriger qui oriente vers d’autres techniques comme par exemple celle de  la lutte du corps contre le froid avec la pratique du  toumo ou dans  le yoga des yeux, dans un but thérapeutique pour améliorer la vue. Personnellement, je pense que ces pratiques, sans en mésestimer ni les résultats ni les bienfaits,  s’éloignent de l’Esprit du yoga originel de l’Inde qui utilisait la posture – asana -pour atteindre l’assise parfaite et permettre une bonne pratique  de la circulation du prana.

A ce stade, il faut alors avancer  que le prana dans sa conception originelle est plus que l’énergie qui réchauffe et qui soigne. Alors que celle-ci est sa dimension physiquement  directement perceptible par le pratiquant, le prana est aussi de façon plus subtile le souffle vital. Nous atteignons alors la dimension spirituelle du yoga.

A ce point de la pratique, l’Occidental a déjà beaucoup oeuvré pour sa santé physique et mentale donc pour son équilibre et bien-être profond, pour être en harmonie avec les autres et la nature. Sans doute  parvenons-nous là aux bienfaits qui satisfont tant de pratiquants et qui ne sauraient être rejetés.  Voilà donc avec ces deux piliers – asana et pranayama -le yoga santé physique et psychique.

Parmi ces pratiquants,  certains vont éprouver le besoin d’aller plus loin car ils se sentent appelés par ce silence intérieur qui devient de plus en plus présent. Ils vont  découvrir les « portes de la vérité«   et « s’ouvrir à Dieu«  en dehors de tous les dogmes, expressions retenues  par le fils de Krishnamacharya. Alors, le but profond  du yoga originel est atteint car l’ Homme est à nouveau relié au Soi profond. Il accède à un domaine que les matérialistes  ressentent comme le « rien »et  le néant . Ce qui est vide pour le matérialiste athée ou agnostique  devient paradoxalement pour le pratiquant à ce niveau  un chemin  Samadhi Pada– celui de son âme individuelle – Âtman en chemin vers la SourceBrahman, l’âme universelle. Lorsque Âtman rencontre Brahman elle se font en Lui  et le remplit d’ une joie profonde.

Nous retrouvons alors les origines du  yoga de l’Inde dont nous parle Mark Singleton et qu’évoque Alain Gourhant.

Pour ces pratiquants, la Conscience va considérablement s’élargir au cours de la pratique   et tendre vers  la Conscience universelle. Ce parcours peut devenir instantané pour certains pratiquants mais aussi paradoxalement pour certains… non pratiquants – cf par exemple la voie directe de Ramana Maharshi-, on peut dire que Atman – l’âme individuelle  est Brahman – l’âme universelle.   Satchitananda, Sat Chit Ananda. Sat , l’Être absolu, la vérité non changeante, Chit  la Conscience, Ananda , la félicité, le bonheur absolu. Il y a plusieurs chemins pour atteindre notre être profond et l’Unité. Celui emprunté par le yoga de Patanjali et ses huit membres  est une belle voie d’harmonie qui part du corps, prend son expansion avec le souffle et nous conduit sur le chemin de la réalisation au bout duquel Atman rejoint Brahman.

( précisions sur la non-dualité : Patañjali serait le compilateur réel ou mythique du recueil classique des Yoga Sūtra de date comprise  entre l’an 300 av. J.-C. et l’an 500 apr. J.-C.

Outre que le Yoga ou le Sāṃkhya Yoga soit une école liée à la philosophie indienne orthodoxe, c’est aussi un ensemble de voies pratiques qui sont censées conduire le yogi vers la libération de sa propre souffrance. On compte traditionnellement quatre voies majeures (mārga) décrites dans la Bhagavad Gita qui sont :

  • Bhakti Yoga : Yoga de la dévotion et de l’adoration ;
  • Jnana Yoga : Yoga de la connaissance transcendante ;
  • Karma Yoga : Yoga du service et de l’action désintéressée ;
  • Raja Yoga : Yoga codifié par Patañjali et procédant essentiellement par méditation (dhyâna).

Le Sāṃkhya  est généralement considéré comme le plus vieux des systèmes philosophiques indiens, il aurait été fondé au viie siècle av. J.-C. par Kapila

Dans la Bhagavadgītā, – Les indianistes s’accordent à penser que le texte a été écrit entre le ve et le iie siècle av. J.-C., voire au ier siècle av. J.-C- Le Sāṃkhya est une philosophie non-dualiste puisqu’elle considère prakṛti, la création et les créatures, comme étant le prolongement matériel de puruṣa associé a Dieu, celui-ci s’opérant par la mâyâ (ou l’Illusion qu’engendre l’attachement aux gunas). Notons également que prakṛti et purusha sont deux principes de nature divergente et complémentaire : prakṛti, la nature est féminine, puruṣa, l’âme est d’essence masculine. Cette distinction a donné lieu à de multiples élaborations philosophiques complexes qui abondent dans les sciences du yoga. La réalisation ne peut se faire qu’en se libérant de prakṛti, qui mène aux ténèbres de l’ignorance pour se confondre en puruṣa.)

 

Une mise au point de dernière minute : L’Union Comtoise de yoga synthétise un article d’Ysé Tardan-Masquelier Directrice de projets à l’EFY -école française de yoga-, docteur habilitée en sciences des religions.  Cet article est paru dans les carnets du Yoga de juin 2019.

« Dans sa forme la plus profonde, le yoga cherche à relier tous les aspects de notre Etre : Physique, énergétique, émotionnel, mental et spirituel et pour cela être au plus près de l’enseignement traditionnel indien.

En Inde, le yoga a en effet une dimension spirituelle, qui n’est pas à négliger, puisqu’elle permet d’atteindre la joie intérieure (ananda) et de se libérer de ses tourments intérieurs. (De gérer stress et émotions). Mais pour ne pas se fourvoyer ou avoir une approche illuminée, ce qui peut arriver dès qu’on touche à la spiritualité, il est préférable de se référencer aux textes de la Tradition ; d’où l’importance, lorsque l’on veut pratiquer le Yoga, de s’intéresser également aux textes de l’Inde classique. »

Denis Brossier

présentation complémentaire de marc Singleton

En 2009, Marc Singleton a édité la collection Yoga dans le monde moderne .

En 2010, il a publié sa thèse sur les origines du yoga moderne , Yoga Body : Les origines de la pratique de la posture moderne ; il soutient que le yoga moderne représente un remaniement radical de la tradition du hatha yoga, tant dans son contenu (abandonnant la plupart des pratiques de hatha que les asanas ) et son but (exercice plutôt que moksha , libération spirituelle), et que la plupart des asanas debout sont récents, influencés par la gymnastique ( en particulier celle de  Niels Bukh dans les Primitive Gymnastics) en Inde au cours du 20e siècle. Il a écrit sur son travail dans le New York Times et le Yoga Journal , comprenant un hommage à BKS Iyengar ). 

Il est chercheur à la School of Oriental and African Studies de Londres. Il a été coprésident du groupe de l’Académie américaine des religions, étudiant le yoga en théorie et en pratique.  En 2013, il a servi de consultant pour l’ exposition Smithsonian Yoga : The Art of Transformation , contribuant également au catalogue de l’exposition. 

En 2014, il a édité la collection Gurus of Modern Yoga (le livre). 

En 2017, il a aidé l’assistant orientaliste James Mallinson sur le livre Roots of Yoga , publiant pour la première fois la traduction de plusieurs manuscrits de hatha yoga , dont certains décrivaient des asanas non assises. 

Il est membre du Hatha Yoga Project – SOAS University of London-fondé par the European Research Council.projet de recherche qui s’étend de 2015 à 2020 et regroupe 4 chercheurs basés à Londres et 2 chercheurs basés à l’école française d’Extrême -orient à Pondicherry.

l’Homme est le lien entre le monde créé et le monde créateur

Adda 

 

Dans un article du 15 janvier 2015, j’ai eu l’occasion de présenter le livre  » Dialogues avec l’Ange« .  Dans ce livre passionnant qui raconte les dialogues avec l’Ange survenus entre le 25 juin 1943 et le 24 novembre 1944 j’extrais aujourd’hui uniquement ce message de l’Ange :

« Il y a un miroir merveilleux en toi,
il révèle tout, il repose en toi
et c’est LUI qu’il reflète.
Mais seulement s’il y a Silence. »
(Dialogues avec l’ange, Entretien 17 G, p. 98)

Je suis revenu sur la teneur de ce livre dans un article du 27 août 2016 :  » Attention ce n’est plus moi qui parle » et je retiens ce message :

 

le germe est la mort du grain,

les petits habitants de la terre ne voient que sa mort

parce qu’ils ne voient pas la pousse qui est au-dessus de la terre :

Le nouveau germe, le nouvel oeil, le nouvel être.

Tu as donné l’éphémère en échange de l’éternel et celui qui donne reçoit.

Le nouvel être est UN car il est au-dessus de la dualité.

Ne crains pas la mort, elle n’existe pas, si tu agis avec moi tu ignores la mort.

Prends garde, ce que je viens de dire est grave.

 

Aujourd’hui je reprends des extraits d’une conférence donnée le 19 février 2019 par Marguerite Kardos et ses invités l’Archevêque Germain, de l’Eglise Catholique Orthodoxe de France et Juliette Binoche, qui a souvent témoigné publiquement de l’importance que revêt pour elle ce texte, devenu son « livre de chevet ».  Ces extraits sont tirés d’une publication du 4 avril 2019 sur le site  ADDA – Association pour la Diffusion des dialogues avec l’Ange- présidée par Marguerite Kardos.

« Ce que tu sens maintenant, c’est la transition. (…)
Toute transition est épreuve. (…)
SI TU TE TRANSFORMES –,
LA MATIÈRE – ELLE AUSSI –
EST OBLIGÉE DE SE TRANSFORMER. » (E30L, p. 185-186)

Que dit l’Ange de l’âme ?:

« L’ÂME EST LE VIN, ELLE PORTE L’IVRESSE (E18L, p. 106)

« G. Qu’est-ce que l’âme ? Qu’est-ce que l’esprit ?
L’esprit est – Créateur,
L’âme – intermédiaire,
Le corps – matière ». (E21G, p. 125)

« Le but est : faire le lien.
Sans lien, rien ne vit. (…)
L’esprit pétrit la matière.
La matière appelle l’esprit. (…)

SOMBRER DANS LA MATIÈRE – 
C’EST LA MORT.

S’ÉLANCER DANS L’ESPRIT –
C’EST DU PASSÉ

MAIS MAINTENANT LA VOÛTE SE FORME, LE LIEN. » (E64, p. 310)

Si l’homme ne dépend pas de LUI seul, il n’est pas libre.

 

« L. Parle-moi de l’interdépendance du corps, de l’âme, de l’esprit.

-S’ils s’élèvent vers LUI, il y a interdépendance.
Sinon, tout s’écroule,
tout devient poussière et cendre, même l’esprit,
s’ils ne s’élèvent pas vers LUI. (…)

SI TU DÉPENDS DU CORPS –
TU N’ES QUE CORPS.

SI TU DÉPENDS DE L’ÂME –
TU N’ES QUE CORPS ANIMÉ

SI TU DÉPENDS DE L’ESPRIT – 
TU N’ES QU’HOMME.

SI TU DÉPENDS DE LUI –
TU ES TOUT.

NE DEPENDS  QUE DE LUI,
ALORS CORPS  ET ÂME, ESPRIT ET LUI, SERONT UNIS !
À sa dépendance tu peux reconnaître chacun.
Enseigne la vraie dépendance, la seule liberté,
car tout le reste est esclavage ! (…)
Tout dépend de quelque chose, sauf l’homme.
L’HOMME DÉPEND DE LUI. » (E33L, p. 204-205)

« G. Quelle est la vraie liberté ?
SERVIR ! Si tu sers, tu es UN avec LUI. » (E18G, p. 103)

L’Ange évoque le cœur comme :

« Le sanctuaire des sanctuaires. Le lieu où IL habite.
Le lieu de la Grâce, le Calice » (E24G, p. 141)

« Dieu souhaite que l’homme lui donne un refuge en lui, ce temple en l’homme, c’est le cœur. L’Esprit Saint se faufile dans notre cœur qui est le centre de l’être. C’est le lieu de l’intimité de l’homme avec Dieu et de Dieu avec l’homme. C’est la chambre secrète à laquelle l’homme accède soit par la liturgie, soit par le face à face direct, soit par les deux. »

« DANS LA PROFONDEUR DU CŒUR
L’AUBE POINT LENTEMENT.

DEDANS, NOUS LA VOYONS DÉJÀ,
DEHORS, VOUS NE VOYEZ QUE 
LA SOUFFRANCE DE LA TERRE.

IL N’Y A QU’UNE SOUFFRANCE :
« ÊTRE AU-DEHORS. » (E53, p. 277)

« À LA PLACE DE LA LUMIÈRE SANS CORPS 
ET DU CORPS SANS LUMIÈRE,
LE NOUVEAU, LES DEUX AMANTS UNIS.
LE VERBE DEVIENT CHAIR,
ET LA MATIÈRE DEVIENT LUMIÈRE. » (E83, p. 363)

« Le battement du cœur de l’Univers
est un avec le battement de ton cœur. » (E24 L, p. 144)

« LE CŒUR DIVIN BAT DANS LE CORPS DE L’HOMME.
Le Cœur divin est Feu, Lumière ». (E78, p. 347)

« Le Cœur-Lumière embrasse tout, rayonne partout, 
IL AGIT. » (E62, p. 301)

« Le Seigneur est le Silence. 
Au sein du Silence reposait le Son. 
Il est devenu corps. Il est né. 
L’Amour est la première projection. 
LE CORPS N’EST RIEN D’AUTRE 
QU’AMOUR DEVENU MATIÈRE
C’est LUI qui œuvre»  (E88, p. 380)

Pour conclure, Marguerite Kardos dit en hongrois le passage suivant, puis Juliette Binoche le lit :

« Si vous élevez votre cœur très haut,
alors la Lumière peut venir. 

Brûlez !
Vivez ! Remplissez-vous de Lumière !
Levez-vous ! Éveillez-vous !
Votre Lumière est nécessaire.
Votre être brûle.  »
 (E87, p. 378)