Manifeste pour maîtriser la science

metrologie

Science et Société

19 mars 1988

Par Jean Marc Levy Leblond

Né en 1940 Jean-Marc Lévy Leblond   est docteur d’État en  sciences physiques (physique théorique) -université d’Orsay en 1965-professeur à l’université Paris 7, et à Nice.  Il a enseigné dans les départements de physique, de philosophie et de communication. Il fut directeur de programme au Collège international de philosophie de 2001 à 2007. Il a publié de nombreux articles sur ses travaux de recherche qui portent principalement sur la physique théorique et mathématique et sur l’épistémologie.« Depuis longtemps, Jean-Marc Lévy-Leblond tire la sonnette d’alarme sur la nécessité d’une intelligence publique des sciences, où se noueraient savoirs, recherche, culture et politique.”

Cet article est paru dans l’édition du Monde du 19.03.88. Il a également été diffusé en anglais dans la revue Nature (télécharger la version anglaise en pdf).

Ce texte est signé par de nombreuses personnalités scientifiques ( cf ci-dessous renvoi 1)

Le désir de connaitre le monde est aujourd’hui débordé par le besoin de l’exploiter. La production des connaissances scientifiques et des innovations est largement prise en charge par des institutions à buts technologiques. La recherche, qu’elle soit dite “fondamentale” ou “appliquée”, est orientée par des choix économiques, sociaux, sanitaires ou militaires.

Le chercheur ne peut ignorer cette orientation, et la société est en droit de la juger. Fonctionnant sur un mode réductionniste, en ignorant toute autre forme de connaissance et de vérité, la science entre en conflit avec la nature, la culture et les personnes.

Ainsi, sauf à être contrôlée et maîtrisée, elle fait courir des risques graves à l’environnement, aux peuples et aux individus. Pourtant le processus de développement scientifique s’auto-accélère avec l’assentiment naïf de sociétés qui acceptent de ne rêver l’avenir que dans l’artifice technique, alors que l’identification de la production scientifique au progrès, et même au bonheur, est largement une mystification.

Au nom de la vérité scientifique, la vie est réduite à ses aspects mesurables. La spécialisation de plus en plus étroite des chercheurs encourage leur myopie quant à leur fonction dans la société et crée des cloisons étanches entre les disciplines scientifiques.

Nous croyons que la lucidité doit primer sur l’efficacité et la direction sur la vitesse. Nous croyons que la réflexion doit précéder le projet scientifique, plutôt que succéder à l’innovation. Nous croyons que cette réflexion est de caractère philosophique avant d’être technique et doit se mener dans la transdisciplinarité et l’ouverture à tous les citoyens.

(1)Ce texte a été signé par les personnes suivantes : Jean Arsac, informatique, univ. Paris-VI ; Michel Bounias, biochimie, univ. Avignon ; Michel Cassé, astrophysique, CEA Saclay ; Jean-Paul Deleage, physique, univ. Paris-VII ; André Gsponer, physique des hautes énergies, ISRI, Genève ; Albert Jacquard, génétique, INED Paris ; Jean-Marc Levy-Leblond, physique théorique, univ. nice ; Jean-Marc Meyer, embryologie, univ. Strasbourg ; Michel, pneumologie, univ. Montpellier ; Jacques Panijel, immunologie, CNRS-Pasteur ; Bernard Prum, statistique médicale, univ. Paris-V ; Jean-Paul Renard, embryologie, INRA-Pasteur ; Jean-Claude Salomon, cancérologie, CNRS, Villejuif ; Jean-Louis Scheidecker, astronomie, CNRS, Nice ; Jean-Paul Shapira, physique nucléaire, Orsay ; Michel Sintzoff, informatique, univ. Louvain ; Jacques Testart, biologie, INSERM, Clamart

 

 

 

Emergence d’une communauté technocritique-Conférence Paris 29 mai 2019

Communauté technocritique

 

 

« Pourquoi (et comment) critiquer la technologie à l’heure de la crise sociale et écologique ?

Pour l’émergence d’une communauté technocritique !

 

 

Sciences Critiques invite à deux conférences-débats le mercredi 29 mai, à Paris, de 15h à 22h30 :

 

Seront présents avec nous : Paul Jorion, Serge Latouche (sous réserve), Jean-Baptiste Fressoz, Alain Gras, François Jarrige, Fabrice Flipo, Célia Izoard, Cédric Biagini et Joël Decarsin

Nous aborderons, entre autres sujets, l’histoire du mouvement technocritique en Europe, les imaginaires du progrès technique, l’apparition de l’Anthropocène comme conséquence de la « démesure technicienne », les effets et les méfaits du techno-capitalisme et enfin la nécessité de faire émerger une communauté technocritique aujourd’hui, à travers notamment le projet politique alternatif de la décroissance, l’action directe contre les machines ou encore le retour à une véritable culture humaniste.

« Pourquoi (et comment) critiquer la technologie à l’heure de la crise sociale et écologique ?

Première table-ronde (de 15h à 18h)
– L’Anthropocène, ou les dégâts du Progrès
– Une (brève) histoire de la technocritique
– Les imaginaires de l’innovation technique
– Les effets et les méfaits du techno-capitalisme

Pour l’émergence d’une communauté technocritique ! ,

Seconde table-ronde (de 19h30 à 22h30)
– Pour l’émergence d’une communauté technocritique
– La décroissance pour sortir de la “Mégamachine”
– La révolte contre les machines aujourd’hui
– La culture face à la tyrannie technologique

 

Vous pouvez aborder les sujets suivants sur le site de Sciences critiques :

– “Se débarrasser du capitalisme est une question de survie”Un “Grand Entretien” avec Paul Jorion.

Paul Jorion (né le  à Bruxelles) est un anthropologue, sociologue et essayiste belge

Nous vivons aujourd’hui dans un système politique extrêmement inégal, qui engendre la concentration de la richesse par quelques-uns. Or, les personnes bénéficiaires de ce système bloquent l’accès à une vie meilleure pour tout le monde. 

Le développement technologique est indépendant du développement des sociétés. Il peut être une catastrophe uniquement parce qu’il manque autour de lui l’environnement pour le canaliser.

En janvier dernier, des chercheurs d’Oxford ont affirmé que la robotisation créera à l’horizon 2022 un million d’emplois aux États-Unis. 

En réalité, il y aura peut-être un million de travailleurs supplémentaires, mais 100 millions d’emplois vont disparaître dans le même temps… Il est très difficile, en réalité, d’imaginer les conséquences du développement technologique.

Ceux qui calculent combien d’emplois vont disparaître dans les années qui viennent sont naïfs, parce qu’ils considèrent que seul l’emploi manuel sera remplacé. Or, le système financier actuel conduit aussi à remplacer le travail qui coûte cher, même, et surtout, le travail intellectuel. 

Si l’on accepte le principe que c’est le marché qui dirige, c’est-à-dire le simple rapport de force entre la main-d’œuvre et les employeurs, les salaires se rapprocheront de zéro… A fortiori dans un monde où la concurrence entre les candidats pour un emploi augmente. Il n’y a plus de limite, c’est ça le problème ! 


– “Il faut décoloniser les sciences”Un “Grand Entretien” avec Serge Latouche.

Serge Latouche, né à Vannes le , est un économiste français, professeur émérite de l’université Paris-Sud.

La science occidentale – on la fait remonter à Galilée – part du principe que la nature serait more geometrico, qu’elle obéirait à la raison mathématique. Or, si les mathématiques sont effectivement une science abstraite − une formidable construction par ailleurs −, en revanche, la nature n’obéit pas à cette réalité mathématique.

la science qui pense qu’il n’y a pas de limite aux possibilités de l’homme de tout faire, de tout résoudre, c’est ce qu’on appelle « la science prométhéenne » 4, qui pense l’homme comme un démiurge. Cette science-là, il faut la réviser. 

Toutes les autres conceptions de la science avaient, bien sûr, un idéal de la connaissance, de la curiosité scientifique, mais elles n’étaient pas dévorées par la volonté de puissance, si caractéristique de notre conception. Toutes les autres conceptions de la science avaient, bien sûr, un idéal de la connaissance, de la curiosité scientifique, mais elles n’étaient pas dévorées par la volonté de puissance, si caractéristique de notre conception.

– Qu’est-ce que le progrès technique ?Une tribune libre d’Alain Gras.

Alain Gras, né le , est un sociologue français et professeur des universités émérite.

L’idée de progrès ne fait plus recette, c’est un fait. Les politiques, ou plutôt les acteurs de ce « pouvoir » qui n’est pas nécessairement politique, ont tiré depuis longtemps les leçons de cette désaffection et les économistes de service ont rebaptisé « croissance » le progrès en lui enlevant tout contenu éthique.

Mais qu’y a-t-il de plus absurde qu’une croissance illimité dans un monde limité ?

Dans le domaine techno-scientifique survit cet aphorisme archaïque : « On n’arrête pas le progrès ! ». Même si l’on sait que cette direction nous amène dans une voie sans issue !

L’une des raisons doit être, selon moi, à chercher dans la manière dont l’évolutionnisme progressiste bénéficie d’un privilège méta-philosophique.

Et de citer Peter Sloterdijk :

« C’est dans l’évolutionnisme qu’est la racine logique des cynismes théorisants qui jettent sur la réalité le regard olympien des maîtres.
Les théories de l’évolution recueillent l’héritage métaphysique au bénéfice des sciences.
Elles seules ont une force logique suffisante pour intégrer d’un regard englobant le Mal, la décadence, la Mort, la douleur, toute la somme des négativités qui sont la part de l’être vivant.
L’« évolution » (progrès) est pour cela la théodicée moderne, cette théodicée permet l’ultime interprétation logique de la négativité
. » 

– Aujourd’hui, il est trop tardUne tribune libre de Joël Decarsin.

Joël Decarsin, artiste de formation et membre fondateur de l’association Technologos.

En novembre 2017, un cri d’alerte a été lancé par 15 364 scientifiques de 184 pays, dont la revue américaine BioScience puis le journal Le Monde ont fait leurs unes : « Notre planète est en danger, il sera bientôt trop tard. »

Refuser d’admettre que si l’idéologie de la croissance a pris l’ampleur que l’on connaît, c’est justement parce qu’elle a pour corolaire la sacralisation de l’État, quasiment théorisée dès le XVème siècle par Machiavel.

Parce que nous avons laissé les scientifiques − dont ceux qui poussent aujourd’hui des cris d’orfraie… − jouer aux apprentis-sorciers en triturant la matière dans ses plus intimes retranchements et parce que, contrairement à la fable de Goethe, aucun maître-sorcier ne viendra jamais mettre un terme au sortilège déclenché, la catastrophe est inéluctable.

– Impasse de la technoscienceUne tribune libre de Joël Decarsin.

Joël Decarsin, artiste de formation et membre fondateur de l’association Technologos.

L’idée domine par conséquent qu’on peut jouer avec le feu tant que l’on dispose d’extincteurs toujours plus performants, réalité que résume l’adage : « On n’arrête pas le progrès ».

Ce goût du risque est né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, après qu’il a été d’usage d’afficher sa foi dans ce fameux progrès et sans que l’on ait vraiment pris la peine ensuite de peser le sens de ce mot. Aux tranchées de Verdun avaient succédé les Années folles, Hiroshima et Auschwitz ont distillé un parfum d’angoisse et d’incertitude : chacun a appris que les applications de la science pouvaient être létales à grande échelle.

e qui la lie à la science et à la technique à la fois et ce sur quoi elle s’appuie quand elle prétend en même temps comprendre la société et agir sur elle, c’est l’exercice de la modélisation.

« Je propose, écrit Saint-Simon vers 1830, de substituer le message suivant à celui de l’Évangile : l’homme doit travailler. L’homme le plus heureux est celui qui travaille, la famille la plus heureuse est celle dont tous les membres emploient utilement leur temps ».

Et dix ans plus tard, Ernest Renan déclare : « Organiser scientifiquement l’humanité, tel est le dernier mot de la science moderne, telle est son audacieuse mais légitime prétention. » Or, c’est là précisément l’objectif que s’assignent l’économiste – du moins dans sa version néo-classique, qui domine aujourd’hui – puis l’entrepreneur.

– L’université sous hypnose numériqueUne tribune libre de François Jarrige.

François Jarrige est maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne

L’UNIVERSITÉ française et la science qu’elle produit sont en phase de mutation accélérée. Elles sont lancées dans une course effrénée à l’innovation, sans cesse stimulée par les injonctions de l’État et des milieux économiques, ainsi que par la mode des classements internationaux, tel celui de Shanghai.

Depuis les années 1980, les innovations et les trajectoires technoscientifiques sont de plus en plus modelées par un nouveau régime de production néolibéral des sciences avec sa flexibilité accrue, sa valorisation des performances à court terme et son pilotage croissant de la recherche par les grandes firmes et les marchés financiers.

Comme de nombreux autres secteurs de la société, l’université est envahie par les outils et les discours du numérique censés résoudre « la crise ». En dépit des idéologies de l’horizontalité et du partage qui devaient accompagner les nouvelles technologies numériques, c’est bien l’imposition par en haut qui l’emporte dans les faits. Mais à l’égard du numérique, les universitaires semblent plongés dans une véritable hypnose collective qui met en péril leur capacité critique. 

– La technologie est une politiqueUne tribune libre de Philippe Godard.

Philippe Godard, né en 1959, est un écrivain et essayiste français. Il écrit notamment, pour la jeunesse, des ouvrages documentaires sur des sujets de société et, pour les adultes, des essais. Il est par ailleurs intervenant à l’Institut Régional du Travail Social de Franche-Comté et a été directeur de collections chez différents éditeurs.

La rationalité politique n’est plus compréhensible par les citoyens puisqu’elle est dominée par une autre rationalité, cachée, celle d’un système économique dominé par des réalités technologiques. Or, de nos jours, cette rationalité technologique, qui a envahi le champ du politique, rend encore plus illusoire une émancipation politique, culturelle et sociale, sans repolitisation du corps social.

– Religiosité de la technoscienceUne tribune libre de Simon Charbonneau.

Simon Charbonneau, est né en 1941, il a été  professeur de droit de l’environnement à l’Université de Bordeaux Montesquieu et à l’Université d’Aix-Marseille, a publié de nombreux ouvrages et articles sur le thème de l’écologie militante, dans la lignée de son père Bernard Charbonneau.

 

La science remplit dans notre société technicienne le rôle que la religion jouait jadis dans les sociétés du passé. C’est donc la posture de liberté d’esprit qui doit être aujourd’hui à l’origine de sa remise en question comme religion séculière.
– “Les deux cultures”, ou la défaite des humanitésUn texte du collectif Pièces et Main-d’Oeuvre (PMO).

Puisque le vivant est désormais computable, pourquoi la culture ne le serait-elle pas ? Bienvenue dans l’ère des humanités numériques, un mouvement qui a pris son essor dans les années 2000 au sein des sciences humaines et sociales, des arts et des lettres, pour les rendre, eux aussi, connectés, numérisés, big datés. Reductio ad numerouniverselle, dont l’objectif est d’annihiler toute humanité dans la compréhension et le récit du monde.

– La technologisation de la vie : du mythe à la réalitéUn article d’Anthony Laurent.

Après des années d’études de sciences naturelles à l’Université de Franche-Comté, à Montbéliard (Doubs), Anthony Laurent se tourne vers le journalisme scientifique. Deux années de formation à l’Université Paris 7-Denis Diderot l’ont ensuite conduit à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) où il obtient un Master de sociologie, histoire et philosophie des sciences au Centre Alexandre Koyré. Anthony s’intéresse notamment à la place de la technique dans la société contemporaine au sein de l’association Technologos. Il est co-créateur et rédacteur en chef du site Sciences Critiques (site d’information dédié exclusivement aux sciences, traitant tout particulièrement des sciences « en train de se faire », dans les laboratoires comme en-dehors – par opposition aux sciences « déjà faites » que sont les découvertes scientifiques et les innovations technologiques)

Le déferlement technologique bouleverse notre vie quotidienne. Le travail, les relations familiales et amicales, les loisirs, etc. Quasiment plus aucun pan de l’existence humaine, individuelle comme collective, n’échappe désormais à l’emprise numérique. Or, cette « technologisation » de la vie et de la société − largement impensée − a des effets déterminants, voire des impacts préoccupants, et pour la plupart irréversibles, sur la nature, la santé, la politique et in fine sur le devenir de notre « communauté de vie et de destin ». Dans le cadre d’une séance publique, tenue en janvier dernier à l’Université du Bien Commun à Paris ( cf ici  lancement de cette université), Sciences Critiques était invité à dresser un constat critique de cet état de fait. 

 

 

 

 

 

Le vivant, la machine et l’homme

https://sniadecki.wordpress.com/2013/06/07/louart-vmh/ : Et vous n’avez encore rien vu …Bertrand Louard à la lecture d’André Pichot – 7 juin 2013

Les êtres vivants ne sont pas des machines : Notes et morceaux choisis n°13 – 14 février 2018

présentation de l’auteur sur la cheminée

A la suite des luttes contre l’introduction des OGM en France, auxquelles il avait participé autour de l’an 2000, Bertrand Louart – menuisier de son état et ancien étudiant en biologie – a décidé d’examiner de plus près la conception de l’être vivant comme machine qui sous-tend l’ingénierie génétique. Il en est sorti cet ouvrage ambitieux, histoire critique d’une discipline profondément conditionnée, à chaque époque, par les idéologies politiques et les intérêts économiques.
Dans le sillage des travaux d’André Pichot, Bertrand Louart dévoile les fondements idéologiques des notions de « sélection naturelle » et de « programme génétique » ; et il met en évidence le poids des représentations eugénistes dans cette communauté scientifique. Critiquant le darwinisme d’un point de vue athée et égalitaire, il oppose au paradigme de la machine une vision de l’autonomie des êtres vivants.

 

 

La vie n’existe pas !

Depuis les années 1990, André Pichot a écrit une douzaine d’ouvrages sur l’histoire des sciences et plus particulièrement sur l’histoire de la biologie, son domaine de prédilection.

L’histoire qu’il nous raconte n’est pas celle d’un long fleuve tranquille menant aussi paisiblement qu’inéluctablement au triomphe des théories actuelles sur le vivant.

C’est surtout le récit du triomphe, envers et contre toutes les évidences du contraire, d’une conception fondamentalement erronée : celle de l’être vivant comme machine.

Autrement dit, Pichot retrace une histoire de la biologie qui est avant tout critique. Ce point de vue original repose d’une part sur une solide documentation, un retour vers les textes originels qui permet de démonter les nombreux mythes et légendes qui encombrent cette histoire, et d’autre part sur une “théorie de la biologie”, une théorie sur ce qu’est un être vivant, aux antipodes de l’être vivant comme machine et qui constitue en quelque sorte la pierre de touche qui lui permet d’analyser de manière critique l’ensemble de cette histoire.

En effet, plus de deux siècles après son invention par Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829) en France et Gottfried Reinhold Tréviranus (1776-1837) en Allemagne (aux alentours de 1802), la biologie – la science qui étudie les êtres vivants – n’a toujours pas de définition de son “objet”. C’est en partie cette absence de définition claire, précise et unanime chez les scientifiques qui explique la succession plus ou moins chaotique des théories. Et c’est surtout la difficulté à en élaborer une – toujours repoussée, jamais affrontée – qui explique le triomphe, par défaut et faute de mieux, de la conception de l’être vivant comme machine.

Le premier à soutenir une telle position a probablement été le biochimiste hongrois Albert Szent-Györgyi (1893-1986), découvreur de la vitamine C et prix Nobel de médecine en 1937. Dans un ouvrage traitant de La nature de la vie, il n’a pas hésité à écrire :

“La vie en tant que telle n’existe pas, personne ne l’a jamais vue… Le nom de “vie” n’a pas de sens, car une telle chose n’existe pas.” 

En 1970, le biologiste François Jacob (1920-2013) renchérissait :

“On n’interroge plus la vie aujourd’hui dans les laboratoires. On ne cherche plus à en cerner les contours. On s’efforce seulement d’analyser les systèmes vivants, leur structure, leur fonctionnement, leur histoire […]. C’est aux algorithmes du monde vivant que s’intéresse aujourd’hui la biologie.”

François Jacob, La logique du vivant, éd. Gallimard, 1970

Plus proche de nous encore, Henri Atlan, prolonge ces déclarations :

“Ce qui a disparu, c’est la distinction entre la vie comme objet de recherche et l’inanimé, l’inerte.”

H. Atlan, Question de vie, entre le savoir et l’opinion, p. 48-49.

Le déni de la spécificité du vivant

Pichot dénonce l’erreur des scientifiques qui prétendent que « la vie n’existe pas ! » : en fait, la biologie moléculaire n’étudie pas les êtres vivants en tant que tels, mais seulement la matière des êtres vivants. Cette matière, constituée de molécules (protéines, enzymes, ARN, ADN, etc.), n’est en effet pas vivante en elle-même, elle n’est pas animée par une “force vitale”, elle est semblable à celle des objets inanimés – quoique de nombreuses macromolécules soient propres aux seuls êtres vivants. C’est au-delà de l’échelle moléculaire que se situe la vie, dans l’organisation dynamique des cycles biochimiques du métabolisme cellulaire pris en son ensemble…

Lamarck avait déjà compris cela lorsqu’il a fondé la biologie : la vie était pour lui le produit d’une organisation particulière de la matière spécifique aux êtres vivants, et la “force vitale” – l’activité autonome des êtres vivants que tout un chacun peut observer – était pour lui la conséquence de cette organisation et non sa cause, contrairement à ce que pensaient les vitalistes, auxquels il s’opposait.

A la suite du clonage de mammifères ou du séquençage du génome humain, Pichot a dénoncé le fait que ces grands projets de biotechnologie, loin d’aider à mieux comprendre ce qu’est un être vivant – sans parler de l’être humain –, servaient en fait à dissimuler le vide théorique dans lequel est tombée la biologie moderne et le désarroi des biologistes devant un “objet” qui n’a eu de cesse de démentir les théories qu’ils avaient échafaudées à son propos.

Qu’est-ce qui distingue fondamentalement les êtres vivants des objets et des machines ? Bien souvent ce qui nous permet de les reconnaître au premier coup d’œil, aussi étranges soient-ils parfois, c’est avant tout le fait qu’ils sont dotés d’une activité autonome. L’activité de la flamme de la bougie est éphémère, elle ne durera que le temps de consumer toute la cire de la bougie. Par contre, l’être vivant est capable de puiser dans l’environnement de quoi renouveler son organisation interne et donc sa propre activité ; il est une auto-organisation de la matière qui est elle-même auto-catalytique, qui se génère elle-même. C’est ce qui distingue radicalement et irréductiblement les êtres vivants des machines.

Comprendre cette spécificité des êtres vivants par comparaison avec ce qu’ils ne sont pas est une approche que l’on peut qualifier de philosophique, épistémologique ou encore théorique, mais c’est un point qui est central pour Pichot, puisque de la réponse à cette question aurait dû résulter, selon lui, une compréhension toute différente des êtres vivants : une méthode d’étude qui soit adaptée à cette spécificité et qui, par là, révèle toute l’originalité de la logique du vivant.

Or, il n’en a rien été : les biologistes ont préféré s’obstiner à appliquer aux êtres vivants la logique de l’ingénieur, du constructeur de machines.

L’être vivant comme machine

Les raisons qui ont amené les biologistes à soutenir la conception de l’être vivant comme machine sont multiples. La première d’entre elles, et probablement la plus puissante, est liée à la forme même de la méthode des sciences.

Cette méthode, développée à partir du XVIIe siècle pour l’étude des objets physiques, demande un certain nombre de conditions pour pouvoir être appliquée : l’objet doit être isolé, ses mouvements ou ses transformations sont étudiées indépendamment de toutes forces et influences étrangères à celles qu’exerce de manière contrôlée l’expérimentateur ; l’objet doit être simple, on étudie ses « qualités primaires », celles qui peuvent aisément être mesurées et quantifiées ; enfin, la connaissance issue de ces études doit être « universelle », en ce sens que l’application d’un protocole expérimental partout ailleurs avec les mêmes objets doit permettre de reproduire des résultats identiques et aboutir à l’énoncé des mêmes « lois de la nature ».

Comme le souligne le chercheur en physiologie végétale Gérard Nissim Amzallag, l’application de la méthode scientifique à l’étude du vivant engendre « l’inadéquation chronique de l’être vivant à son cadre d’investigation » [9]. Autrement dit, la méthode des sciences, qui a été développée par et pour la physique, l’étude des objets considérés comme inertes et morts, atteint ici ses limites. L’être vivant est trop complexe et turbulent dans toutes ses innombrables formes et manifestations pour une méthode qui réclame l’isolement et la stabilité de l’objet, reproductibilité des expériences, quantification et mathématisation des résultats comme condition d’étude et de connaissance.

Or, à partir du XIXe siècle, sous l’effet de l’expansion de la société capitaliste et industrielle, et grâce aux succès des sciences et techniques dans la maîtrise de la matière brute, un certain scientisme a imposé l’idée que la méthode scientifique expérimentale était suffisante et seule valable pour appréhender la totalité des phénomènes. La spécificité, et donc les limites, de la méthode des sciences ont été occultées. Et la physique a été érigée en modèle de scientificité pour toutes les sciences, de la biologie à la sociologie.

Idéologies scientifiques

La biologie moderne repose actuellement sur trois piliers, en réalité trois idéologies scientifiques, qui sont apparues successivement et se sont complétées pour former une théorie unifiée ayant sa cohérence propre, mais ne faisant qu’accommoder à diverses sauces l’être vivant comme machine.

Il y a d’abord le darwinisme.

Le mérite de Charles Darwin (1809-1883)c’est avant tout d’avoir arraché à la théologie naturelle l’idée de l’être vivant comme machine. Darwin s’oppose en permanence aux « créations spéciales », à l’idée que Dieu aurait lui-même créé les différentes espèces.

Vient ensuite la génétique.

Au début du XXe siècle, des biologistes « redécouvrent » les travaux sur l’hybridation des plantes que le moine Gregor Mendel (1822-1884) avait publiés en 1865. Les lois de Mendel répondent alors à l’idée que l’on se fait de l’hérédité : des particules isolables (les gènes) qui déterminent des caractères héritables (la couleur, l’aspect, etc.) ; le génotype détermine le phénotype, l’invisible détermine le visible par de savants calculs.

….

En effet, face au développement rapide de l’industrie, à l’émergence de la classe ouvrière comme force sociale et à tous les bouleversements que cela induisait, diverses idéologies se constituent, élaborées et partagées par de nombreux médecins et biologistes, à droite comme à gauche, qui cherchent dans la nouvelle science de l’hérédité des solutions techniques à ces problèmes politiques et sociaux.

Enfin la biologie moléculaire.

 Les progrès de la physique et de la chimie effectués durant la guerre permettent une analyse beaucoup plus avancée de la matière des êtres vivants. Les physiciens importent donc en biologie leurs techniques expérimentales (cristallographie, radioactivité, accélérateurs de particules, etc.) et aussi leur manière propre d’aborder le vivant.

S’inspirant de la « théorie de l’information » (plus exactement la théorie de la transmission du signal dans les télécommunications) de Claude Shannon (1916-2001) et de la cybernétique (la théorie du « contrôle et de la communication chez l’animal et la machine »), de Norbert Wiener (1894-1964) apparues toutes deux dans les années 1940, les biologistes moléculaires adoptent l’idée que les êtres vivants seraient dirigés par un « programme génétique » sur le modèle des programmes d’ordinateurs.

Le mythe du « programme génétique » est donc né dans les années 1960, et un demi-siècle plus tard, il est encore très populaire chez nombre de biologistes. Les raisons en sont diverses : il y a d’abord l’analogie avec les machines les plus perfectionnées développées à l’époque, les ordinateurs (que l’on qualifiait alors de « cerveaux électroniques ») ; analogie et qui recelait la promesse de très nombreuses applications pour le « génie génétique ».

Contrairement à ce que prétend François Jacob, ce n’est donc pas la nature qui « bricole » les êtres vivants, mais bien les biologistes qui construisent leurs théories de bric et de broc, et sur ces bases branlantes bidouillent les êtres vivants, sans réellement savoir ce qu’ils font.

Le problème n’est donc pas que ces théories soient fausses, mais bien que, sur la petite part de vérité et de réalité qu’elles recouvrent, on en a fait des explications générales et exclusives des phénomènes du vivant. Les êtres vivants sont en effet si complexes qu’il est toujours possible d’accumuler « un grand nombre de faits » (comme le fit Darwin) en faveur d’une thèse et de croire ainsi avoir enfin percé les « secrets de la vie » : pour celui qui ne sait se servir que d’un marteau, le monde n’est qu’une immense accumulation de clous à enfoncer… Et la spécialisation scientifique croissante fait aisément perdre de vue la totalité organique que constitue n’importe quel être vivant.

Ces trois idéologies scientifiques ont en commun d’exclure le métabolisme cellulaire et la physiologie des organismes comme déterminants actifs au profit d’éléments matériels ayant le rôle de systèmes de commande. L’activité du métabolisme est négligée, réduite au rôle de simple exécutant .

 

Dans son dernier ouvrage [25], Pichot analyse l’impasse dans laquelle s’enfonce la biologie moderne : en se voulant strictement mécaniste – au sens où seuls interviennent des rapports entre éléments matériels – elle s’est en réalité fourvoyée dans une conception machiniste du vivant. Si, bien sûr, il y a des mécanismes à l’œuvre dans le vivant, ce n’est pas pour autant que l’être vivant, en tant que totalité organique, est une machine. Car dans une machine, les rapports entre ses différents rouages sont fixes et déterminés une fois pour toutes de manière à transformer les flux de matière qui la traversent. Par contre, l’être vivant est une organisation matérielle capable, en incorporant les flux de matière qui la traversent, de se composer par elle-même : les rapports entre ses différents éléments sont dynamiques, ils peuvent se modifier et se recomposer pour former une nouvelle organisation. Cela est particulièrement évident lors du développement embryonnaire et de l’évolution.

C’est incontestablement René Descartes (1596-1650) qui a popularisé la thèse de l’être vivant comme machine.

En 1802, Jean-Baptiste Lamarck crée la biologie en tant que science autonome, c’est-à-dire distincte non seulement de la physique et de la chimie, mais aussi de la taxonomie, de l’anatomie, de la physiologie, et de la médecine. Cette biologie a pour but d’étudier les caractères communs aux animaux et aux végétaux, caractères par lesquels ils se distinguent radicalement des objets inanimés que la physique étudie. Pour lui, la spécificité de l’être vivant par rapport aux objets inanimés réside dans un certain « ordre de choses », une organisation particulière de la matière, propre aux êtres vivants et à eux seuls, qui oriente le jeu des lois physiques vers la production de l’être vivant lui-même. Il s’oppose ainsi aux vitalistes, car pour lui, la « force vitale » est une conséquence de cette organisation – que sa biologie a pour but d’étudier et de comprendre – et non ce qui produit, de manière mystérieuse et inconnue, cette organisation.

Pichot définit ainsi le vivant :

Le vivant se définit donc par la capacité de sa matière à se constituer en une entité distincte de ce qui devient ainsi son milieu extérieur, milieu avec lequel il effectue divers échanges (matière, énergie, information) régis de manière stricte par l’organisation physico-chimique de part et d’autre de la frontière les séparant (frontière qui, dans le cas de la cellule, est concrétisée par la membrane cellulaire, la cellule étant l’élément matériel le plus simple satisfaisant à cette définition).

Tout se passe comme si une partie de la matière prenait son indépendance vis-à-vis du reste de celle-ci ; indépendance relative puisqu’elle doit en tenir compte à tout moment, mais indépendance tout de même puisque, si elle en tient compte, c’est pour en rester distincte.

[Cette définition montre] combien est particulier le statut de la biologie non réductionniste que nous proposons. Ce statut curieux provient bien évidemment de ce que la définition du vivant, sur laquelle elle se fonde, est la définition du vivant par lui-même. En se définissant lui-même, le vivant fait irruption dans la théorie biologique, qui ne le définit pas autrement que lui-même ne le fait (et qui donc ne définit pas le milieu extérieur autrement que le vivant lui-même ne le fait dans le mouvement même de son autodéfinition).

A. Pichot, Éléments pour une théorie de la biologie, 1980, pp. 28-29.

 

 

Aux racines de la critique des sciences

Survivre et vivre : Critique de la science, naissance de l’écologie  – 13 février 2014

 

Renaud Debailly, maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne sur Sciences critiques

Réenchanter la science – Rupert Sheldrake

Rupert Sheldrake 
Figure de la science contemporaine, pionnier de la découverte du processus de vieillissement cellulaire, le biologiste Rupert Sheldrake, chercheur associé à l’université de Cambridge, suscite passions et débats au sein de la communauté scientifique.
Rupert Sheldrake
Réenchanter la science
Traducteur : Sylvain Michelet

Son nouveau livre, qui a déclenché une polémique dans les pays anglo-saxons, revient sur sa théorie de la « résonance morphique » et remet en cause les bases mêmes de la recherche fondamentale. Alors que les sciences et la technologie sont au faîte de leur puissance, des postulats vieux de plusieurs siècles l’empêchent aujourd’hui d’avancer. En pointant l’un après l’autre ces postulats érigés en dogmes intouchables (la nature est une machine ; les lois de la nature sont immuables ; la matière est inconsciente ; les phénomènes « paranormaux » sont des illusions ; la conscience est une production du cerveau…), il démontre dans cet essai aussi remarquable que subversif l’urgence de s’en libérer. Et lance le mot d’ordre d’une indispensable régénération de la science, passionnante invitation à imaginer une autre façon de voir le monde.« Avec ce livre, Rupert Sheldrake apporte à la science, à l’humanité et au monde en général, une contribution considérable. » The Independent

« Rupert Sheldrake est un pionnier qui ouvre la voie aux sciences de demain. » Deepak Chopra, membre du Collège Américain des Physiciens.

Dans l’introduction de son livre, Rupert Sheldrake expose les dix dogmes des science matérialistes qu’il développe, critique et remet en cause à travers les dix chapitres de son livre qui invite les sciences à sortir du plafond de verre du mécanisme, du matérialisme, du physicalisme et du réductionnisme tout puissant qui les enserrent.

Réenchanter la science ” est une vision révolutionnaire de la pensée scientifique qui fera date. Par ailleurs, la théorie des champs morphogénétiques alliée à celle de la résonance morphique restent à être reprises et développées.

Pour aller plus loin 

Des ondes cérébrales enregistrées plus de 10 minutes après l’arrêt cardiaque

Nexus mai-juin 2017

En étudiant le temps qui sépare l’arrêt cardio-respiratoire et la cessation d’activité du cerveau une équipe de chercheurs canadiens de l’ Université de Western Ontario a enregistré une activité cérébrale 10 minutes après l’arrêt cardiaque du patient.

Chez trois patients sur les quatre observés l’activité cérébrale a cessé avant l’arrêt du rythme cardiaque et de la tension artérielle.

Pour le patient 1 -femme de 72 ans- l’activité cérébrale a cessé 4 mn avant l’arrêt cardiaque. Curieusement ces deux fonctions ont redémarré 1mn et 20 secondes après pendant 40 secondes.

Pour le patient 2 -homme de 70 ans- l’activité cérébrale a cessé 10mn et 10 secondes avant l’arrêt du coeur.

Pour le patient 3 – femme de 58 ans- il y a eu une vague de plages de fréquences élevées 8 mn avant la cessation de la pression artérielle et durant 4mn. La cessation de l’activité électro-cérébrale a cessé 1 mn et 30 secondes avant l’arrêt du coeur.

Cependant chez le patient n° 4 – homme de 67 ans- une activité électro-cérébrale à haute fréquence a été observée à deux reprises pendant 2 mn chaque fois , 11mn et 5mn avant l’arrêt de la pression artérielle.

L’activité du coeur s’est poursuivie durant 15 mn et 30 secondes après la cessation de la pression sanguine.

L’activité électro-cérébrale a progressivement diminué tout en en accusant des vagues d’ondes delta durant 10mn et 38 secondes après la cessation de l’activité du coeur. Bien sûr il n’est pas exclu que cette défaillance puisse venir des appareils de mesure. Il est noté que seule l’activité des parties antérieures du cerveau a été enregistrée. De futures études portant sur un échantillonnage plus important avec une couverture complète du cuir chevelu sont envisagées.

” In patient 4, initial high-frequency EEG activity was seen at two time points: 11 minutes and 5 minutes before ABP cessation for a period of 2 minutes each time. ECG continued for an additional 15 minutes and 30 seconds following ABP cessation. The EEG showed increasing suppression with infrequent single delta wave bursts following ECG and ABP cessation. These delta bursts continued for 10 minutes and 38 seconds following ECG cessation with a mean amplitude of 4.52 µV in the last burst of delta activity (Figure 2).

Figure 2 Raw EEG tracing in patient 4 following declaration of death. Representative tracing of large infrequent single delta wave bursts observed for 10 minutes and 38 seconds (EEG bottom four tracings) following the loss of ECG tracing (top tracing). “

www.cambridge.org/core/journals/canadian-journal-of-neurological-sciences/

Les photons, témoignages des interactions du vivant

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sur Quantique Média

Georges Vieilledent & Raymond Herren

Pour la première fois, les découvertes faites par une équipe de chercheurs français sont révélées. Et quelles découvertes ! Même si certains le pressentaient déjà, elles montrent de manière objective et reproductible des échanges d’informations insoupçonnées jusqu’alors, grâce à une nouvelle technologie d’imagerie par effet de couronne mise au point par la société Electrophotonique Ingénierie (société expertisée par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et qualifiée de « Jeune Entreprise Innovante ») Particulièrement spectaculaires dans le monde du vivant, ces images de l’invisible permettent enfin de “matérialiser” la biocompatibilité entre deux corps sous la forme de ponts photoniques, visualiser des champs d’énergie interagissant entre eux, caractériser chaque chose par sa propre signature énergétique. Des découvertes bouleversantes de beauté et de force qui dévoilent un peu plus le monde quantique à l’échelle de notre réalité.

Les implications sont immenses dans le domaine des biotechnologies notamment mais aussi et surtout dans les réflexions philosophiques qu’elles imposent naturellement. Un nouveau regard sur l’environnement et notre monde est désormais en gestation.

 

 

Institut N-Light – explorer par la science de nouveaux domaines en relation avec la santé et la conscience

Voici une présentation du fonds et des projets de l’Institut N-Light – Inscription du Fonds de dotation N-LIGHT au Journal Officiel du 12 novembre 2016

 

N-Light est un fonds de dotation qui a pour objectif d’explorer des domaines auxquels la science actuelle s’intéresse peu ou pas du tout.

Il s’est notamment fixé comme mission d’analyser et de modéliser scientifiquement les découvertes effectuées sur l’énergie vitale et la conscience par les médecines traditionnelles et non conventionnelles. Le moment venu, celles-ci seraient associées à la médecine allopathique occidentale afin de créer une médecine intégrative globale, abordable par tous, telle que souhaitée par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Le fonds N-Light envisage de participer financièrement et scientifiquement aux projets suivants :

  • Projet : modéliser scientifiquement l’Ayurveda

La Phase 1 consiste à établir des cohortes médicales exploitales scientifiquement à partir des bases de données de patients fournies par JIVA, à l’aide des techniques du Groupe CSTB des Systèmes Complexes du Laboratoire ICube de l’Université de Strasbourg, affilié à CS-DC Unitwin UNESCO.

La Phase 2 consistera à comparer les résultats obtenus par JIVA dans différents domaines en utilisant les principes enseignés par l’Ayurveda traditionnel, avec les résultats cliniques obtenus dans des cas similaires par d’autres techniques médicales, comme la médecine allopathique occidentale et la médecine traditionnelle chinoise. Cette comparaison portera notamment sur les points suivants  :

  • Diagnostic
  • Thérapeutique
  • Règles de vie
  • analyse scientifique des résultats obtenus par les médecines traditionnelles, Ayurvéda indien et  médecine chinoise notamment, mais aussi par les médecines chamaniques,  en vue de les comparer à ceux obtenus par les médecines occidentales : allopathique classique et médecines “douces”, homéopathique ou autres.

B –  PROJET ÂGE D’OR DE LA SCIENCE

Ce projet consiste à étudier sous quelles conditions particulières la révolution scientifique du début du XXème siècle a pu avoir lieu. Des contacts ont été pris à ce sujet avec le Service des Systèmes Complexes de l’Université du Havre.

  • L’extension du modèle énergétique de la physique actuelle à des formes d’énergie en relation avec le vivant, comme l’énergie vitale (prana en Inde, qi en Chine) et les énergies de la conscience, mises en évidence notamment par les travaux ci-dessus. Une modification des équations fondamentales de la physique pourrait en découler.

C –  PROJET “ICE” (INTERACTIVE CONSCIOUSNESS ENCYCLOPEDIA)

  • La création d’une base de données recensant les différents modèles de la Conscience accessibles sur Internet, dont serait déduit un métamodèle collaboratif et évolutif qui pourrait s’appeler :       « Encyclopédie Interactive de la Conscience ».

 

Science et spiritualité peuvent-elles se rejoindre ?

metapsychique.org/

vendredi 24 mars 2017 de 19h30 à 21h30

conférence de Jean-Pierre Gerbolet

,ingénieur ESE (physique nucléaire), chercheur en physique (anneau de collision Orsay), détenteur de plusieurs brevets, entrepreneur, conseil en entreprise, expert en art martiaux, pratiquant de plusieurs traditions spirituelles. Actuellement : président et responsable des programmes de recherche du Fonds de dotation N-Light (www.n-light.org)

Informations pratiques : Cette conférence aura lieu le vendredi 24 mars 2017 de 19h30 à 21h30, au siège de l’IMI, 51 rue de l’Aqueduc, 75010 Paris.

Présentation : Aujourd’hui, les avancées des sciences nous amènent à nous poser de nouvelles questions sur la nature de la Conscience, et il semblerait qu’un dialogue s’amorce entre Science et Spiritualité. Est-il possible d’imaginer une architecture unique de la Réalité, et un modus vivendi entre des modes de pensée différents, où personne n’aurait ni raison ni tort, chacun ayant sa vision particulière de la Réalité, en fonction du point de vue de ses observations ?

Notre but n’est pas de préconiser un modèle global particulier mais de proposer une méthodologie permettant à chacun de bâtir le sien propre. Il faudra de prime abord répondre à :

  La conscience est-elle un phénomène émergent du cerveau ou le contraire ?
  Existe-t-il une vérité unique qui décrirait une réalité unique ?

Le but de cet essai est de vous mettre sur la voie de votre vérité relative à partir de la prise de conscience du niveau de votre regard.

 

 

Transrationalité. Avons-nous des super pouvoirs ?

d’après un dossier de Jocelin Morisson dans Inexploré du premier trimestre 2017- cf son blog  et chroniques acronyques

cf son article : la télépathie est-elle une réalité scientifique ?

cf la vidéo : enquête sur la voyance de Jocelin Morisson

pour une présentation condensée sur le blog Conscience transrationnelle

Les facultés de télépathie, de voyance, de médiumnité, de psychokinèse ou de voyage hors du corps relèvent pour les unes du surnaturel – je dirais du transrationnel- pour les autres de dispositions naturelles – qui sont au delà du mental et donc relèvent de propriétés de conscience que je qualifie de transrationnelles. Jocelin Morisson parle ici de super pouvoirs.

Cet article est une illustration parfaite de ce que le site Conscience transrationnelle va essayer de montrer : nous ne sommes pas que mental et raison et notre monde est beaucoup plus que le simple monde de la matière… pourtant déjà si complexe. Nous abordons là de façon non exhaustive d’autres dimensions de l’humain.

Dans la théorie de l’évolution, l’homme est sur notre planète  actuellement l’être  le plus développé. Cette perspective le conduit le plus souvent à se placer au centre du monde sans envisager vraiment d’autres dimensions qui lui permettent de dépasser sa condition actuelle autrement que par des ajouts technologiques dans la perspective de l’homme augmenté.

La théorie de l’évolution elle-même permet d’envisager le principe d’une évolution ultérieure des espèces et donc de l’homme. D’autre part, les sciences et les techniques l’orientent vers l’homme augmenté et le transhumanisme. Sans même s’opposer à cette dernière vision, certains pouvoirs possédés par des humains montrent d’autres orientations possibles pour notre humanité. C’est l’ouverture au-delà du mental qui crée un horizon immense : l’homme devient alors essentiellement spirituel. Il est le point de jonction entre matière et Esprit, entre le monde de la matière et le monde de la Lumière.

Déjà des protocoles scientifiques sont mis en place pour approcher et prouver l’existence d’autres mondes, d’autres capacités ouvertes aux humains et pour aborder par exemple les états de conscience modifiés.

cf par exemple l’expérience de voyance de Maud Kristen 

Les recherches sur la télépathie – Le terme télépathie est une francisation du mot anglais telepathy, inventé par le physicien Frederic William Henry Myers et al. en 1882ont pris un essor en 1920 aux Etats-Unis avec le professeur Joseph Banks Rhine. Le chercheur allemand Stefan Schmidt a analysé 36 études d’interaction à distance entre systèmes vivants. Le chercheur américain Dean Radin  a montré la fiabilité statistique de phénomènes psi.

Dans son ouvrage Super Pouvoirs, science et yoga, Enquête sur les facultés humaines extraordinaires, Dean Radin rappelle que ces facultés ont été décrites il y a des millénaires dans les textes sacrés de l’hindouisme ou du yoga – cf les siddhis Sûtra II 59 et suivants– dans les Yoga Sûtra de Patanjali.

En Occident ces facultés sont largement ignorées de la science et même actuellement de l’Eglise alors que, par exemple et pour cette dernière  Paul – Corinthiens 12.1 à 12.11 énonce déjà un certain nombre de pouvoirs donnés aux hommes et qu’il appelle “dons” comme le don des langues, prophéties, miracles etc…

En revenant à l’évolution, sommes-nous devenus tous mutants  cf les mutants de X-Men ?

Aldous Huxley marqua son intérêt pour les “potentialités humaines” et aborda ce thème en 1960 dans une conférence donnée en Californie qui fut à l’origine de la création de l’Institut Esalen. Dans un livre publié en 1992 et qui fait référence The Futur of the Body le cofondateur d’Esalen, Michael Murphy explique que le potentiel humain inclut toutes sortes de capacités supra-normales qui annoncent selon lui l’homme de demain.

Ces visions sont au coeur de l’oeuvre de Sri Aurobindo et Teilhard de Chardin.

En dehors du contexte spirituel des connaissances pratiques sont acquises.

Ainsi la société IRIS Intuition s’intéresse notamment à l’intuition du corps

et développe un projet “d’archéologie intuitive” en Méditérranée : le projet Oracle.

Dean Radin au sein de l’Institut des sciences noétiques – Californie-a testé l’action de la conscience sur la matière à l’échelle quantique par l’influence des méditants sur le passage des photons dans l’expérience très connue en physique quantique des fentes de Young.

les phénomènes psi

psychokinèse (PK) appelée parfois télékinésie: c’est l’action de la pensée sur la matière.

On distingue la macro-PK comme les déplacements d’objets ou les célèbres torsions de métal.

La micro-PK qui agit à l’échelle atomique ou subatomique comme l’influence sur des générateurs de nombres aléatoires.

Enfin la bio-PK concerne l’action à distance sur des systèmes vivants comme la guérison sans contact. Entrent dans cette catégorie les phénomènes de poltergeist, d’ectoplasmie.

La perception extrasensorielle désigne la télépathie, les différentes formes de voyance avec ou sans support : connaissance d’événements passés : rétrocognition ou d’événements à venir : précognition. La psychométrie, la clairvoyance à partir d’un objet et la radiesthésie, l’acquisition d’informations à l’aide d’un pendule ou d’une baguette de sourcier par exemple.

D’autres phénomènes : ces phénomènes sont liés à l’hypothèse de la survie de la conscience après la mort ou plus généralement à des contextes spirituels ou mystiques : sortie hors du corps – voyage astral-, expérience de mort imminente, médiumnité, apparitions, hantise, transcommunication, lévitation etc… L’Institut métapsychique international ajoute les cas où les limites physiologiques sont repoussées : fakirisme, marche sur le feu, stigmatisation, inédie, thanatose etc…

 

des livres :

les livres écrits, traduits ou préfacés par Jocelin Morisson

Superpouvoirs ? Science et Yoga : enquête sur les facultés extraordinaires de l’homme – 2 avril 2014 -Dean Radin