Jacques Ellul ou l’impasse de la technique

 

 

sur le journal du Mauss : par Jean-Pierre Jéséquel

Pourquoi Jacques Ellul, l’un des principaux penseurs de la technique, précurseur de la décroissance, français, reste-t-il somme toute si mal connu, et notamment en France ? Sans doute, conclut J-P. Jézéquel au terme d’un exposé très éclairant de sa doctrine, parce que cette critique du règne de la technique s’inscrit dans une perspective en dernière instance théologique. Reste à le reprendre en des termes purement laïques.

Jacques Ellul est un des penseurs français les plus considérables de la seconde moitié du vingtième siècle. C’est aussi l’un des plus méconnus ; méconnu, mais pas tout à fait inconnu. Cette affirmation quelque peu péremptoire repose sur le constat de son travail précurseur, original et visionnaire consacré au phénomène technique dans nos sociétés. On peut dire que, chaque jour, l’actualité économique, socio-politique ou climatique fournit des illustrations de la pertinence de ses analyses prémonitoires.

La technique : une question centrale, une analyse incontournable

Au cœur d’une production éditoriale prolifique qui comprend une cinquantaine d’ouvrage, Ellul a publié trois ouvrages consacrés exclusivement à la technique.
La technique ou l’enjeu du siècle  , écrit dès 1950 mais publié seulement quatre ans plus tard est l’ouvrage fondateur. Le système technicien  sorti en 1977 systématise sa pensée sur le phénomène. En 1988, le bluff technologique  actualise ses réflexions avec en particulier de longs développements sur la généralisation de l’informatique. Il n’est pas question de résumer ici un travail qui s’étale sur les quelque 1220 pages que totalisent ces trois ouvrages, sans compter les articles consacrés directement ou indirectement à ce sujet ni le cours enseigné à l’IEP de Bordeaux tout au long de sa carrière universitaire. Il s’agit d’abord de retracer l’originalité de ses analyses et la permanence de leur portée…

Pour Ellul, la technique ne se définit pas par une accumulation de machines. Il se distingue en cela d’un précédent observateur du phénomène technique, Lewis Mumford [6]. La technique a un rapport étroit avec la rationalité : c’est la recherche du moyen le plus efficace dans tous les domaines. Le développement technique s’exprime donc autant dans le domaine matériel que dans l’immatériel, en particulier dans le domaine de l’organisation sociale. A partir de cette définition large, Ellul a longuement analysé les caractères de la technique. D’abord, la technique est devenue un phénomène autonome : autonomie par rapport à l’économique, le politique, le culturel, la morale et, en fin de compte, autonomie par rapport à l’homme lui-même. Il y a une automaticité du progrès technique : une avancée dans tel domaine en provoque inéluctablement une autre dans un domaine voisin ou plus éloigné. Il s’opère une dissolution des fins (assignables par une collectivité humaine) dans les moyens de la technique : « la technique se développe parce qu’elle se développe ». Cette confusion des moyens et des fins est un des points-clé de l’analyse. La technique est devenue globale, universelle. Cette extension de la technique concerne l’ensemble des domaines d’activités de l’homme ainsi que l’ensemble des sociétés . Ellul a été souvent classé, à tort, dans les technophobes, source de contresens majeur sur ses analyses,. Pour lui, la technique n’est ni bonne, ni mauvaise ; elle est ambivalente.

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Facebook détecte notre classe sociale et déclenche la lutte (algorithmique) finale

 

 

Depuis le temps que je vous raconte que le projet des grandes plateformes de l’internet est avant tout un projet politique. Depuis le temps que je dénonce le risque d’un fascisme documentaire opposant une humanité sous-documentée à une humanité sur-documentée. …

Le 1er Février 2018 Facebook a obtenu la publication d’un brevet qu’il avait déposé en Juillet 2016, brevet intitulé “Socioeconomic group classification based on user features”. (disponible en pdf et en intégralité par ici)

 

La prédiction est le soupir de la créature opprimée.

Et voilà tout. Qu’il soit ou non finalement utilisé, l’histoire de ce brevet de détection de la classe sociale, c’est une nouvelle histoire de l’oppression d’une classe sur une autre. Une oppression qui est une automatisation qui est elle-même une essentialisation. En fait, la conclusion de l’article que vous êtes en train de lire a déjà été écrite dans un ouvrage paru bien avant la publication du brevet des classes sociales, ouvrage de Virginia Eubanks titré “De l’automatisation des inégalités“, que je n’ai personnellement pas lu mais dont Hubert Guillaud nous livre, comme il en a l’habitude, une synthèse et une mise en perspective brillante et exhaustive.

En enquêtant sur une poignée de systèmes automatisés développés pour optimiser les programmes sociaux américains, elle dénonce une politique devenue performative … c’est-à-dire qui réalise ce qu’elle énonce. Selon elle, les programmes sociaux n’ont pas pour objectif de fonctionner, mais ont pour objectif d’accumuler de la stigmatisation sur les programmes sociaux et renforcer le discours montrant que ceux qui bénéficient de l’assistance sociale sont, au choix, des criminels, des paresseux ou des profiteurs. La rationalisation des programmes d’aide publics du fait de la crise et des coupes budgétaires les contraint à toujours plus de performance et d’efficacité. Or cette performance et cette efficacité s’incarnent dans des outils numériques qui n’ont rien de neutre, pointe la chercheuse.”

A lire tout cela on se souvient bien sûr de Lawrence Lessig et de son Code Is Law. De l’importance qu’il soulignait déjà en 1999 de former les ingénieurs et les développeurs à des questions juridiques, éthiques, philosophiques ; à ce qu’il racontait sur le fait que les programmes transmettaient avant tout des chaînes de valeurs, et que ces valeurs n’étaient pas uniquement des “variables” mais bien des postures et des postulats relevant de la morale. Une thèse reprise et développée par Virginia Eubanks :

“Quand on parle de technologies, on évoque toujours leurs qualités. Leurs promoteurs parlent de technologies disruptives, arguant combien elles secouent les relations de pouvoirs instituées, produisant une gouvernementalité plus transparente, plus responsable, plus efficace, et intrinsèquement plus démocratique.” Mais c’est oublier combien ces outils sont intégrés dans de vieux systèmes de pouvoirs et de privilèges.”

La métaphore de l’hospice numérique qu’elle utilise permet de résister à l’effacement du contexte historique, à la neutralité, que la technologie aimerait produire. L’hospice numérique produit les mêmes conséquences que les institutions de surveillance passées : elle limite le nombre de bénéficiaires des aides, entrave leur mobilité, sépare les familles, diminue les droits politiques, transforme les pauvres en sujets d’expérience, criminalise, construit des suspects et des classifications morales, créé une distance avec les autres classes sociales, reproduit les hiérarchies racistes et ségrégationnistes… Sa seule différence avec les institutions d’antan est de ne plus produire de l’enfermement physique. Certainement parce que l’enfermement dans les institutions de surveillance a pu produire des solidarités qui ont permis de les combattre … Les outils numériques produisent non seulement de la discrimination, mais aussi de l’isolement entre ceux qui partagent pourtant les mêmes souffrances.

 

Le transhumanisme et les chimpanzés du futur

 

sur inf’OGM et Pièces et maind’oeuvre mars 2017

Le transhumanisme est l’héritier du mouvement eugéniste du début du XXè siècle. Le mot est forgé par Julian Huxley, le frère de Aldous, biologiste et promoteur de “l’amélioration de l’espèce humaine“.

A l’ère des technologies convergentes –  nano, bio et neuro-technologies associées à la puissance informatique-les eugénistes modernes prônent une prise en main de l’évolution par la technologie afin de créer le post-humain.

Le post-humain est un surhomme-machine doté de nouvelles fonctionnalités et débarrassé des contingences naturelles, naissance, maladie, vieillesse, mort.

Le transhumanisme est l’idéologie de la technocratie au pouvoir en quête de toute-puissance et de maîtrise totale.

Aujourd’hui les laboratoires publics et privés, les start-up et multinationales du monde entier sont en concurrence pour développer l’homme-machine : prothèses et implants électroniques, interfaces homme-machine, ingénierie homme-machine etc…

Les adeptes du posthumain vantent eux-mêmes les innovations “disruptives” celles qui font changer de nature : modifier le génome humain, mettre des implants électroniques dans le cerveau ou greffer une rétine connectée.

Ce n’est pas pareil de soigner et réparer c’est à dire de maintenir un état de santé et d’augmenter les capacités voire d’en inventer des nouvelles. La rupture se situe dans la nature même du projet et de ses objectifs.

Les chimpanzés du futur” est une expression inventée par le cybernéticien anglais Kevin Warwick en 2002. Vous ne serez pas obligés de vous augmenter, simplement ceux qui ne le feront pas formeront une sous-espèce qu’il appelle “les chimpanzés du futur.

La lutte des classes cède la place à la lutte des espèces entre les surhommes “augmentés” et les sous-hommes “diminués”.

La société transhumaniste c’est le techno-totalitarisme où les puissants “augmentés” se débarrassent des inférieurs, les superflus.  Le progrès technologique n’est pas synonyme de progrès social et humain mais plutôt l’inverse.

pour lire tout l’article 

transhumanisme : du progrès de l’inhumanité

l’appel des chimpanzés du futur contre le techno-totalitarisme

LETTRE OUVERTE À LA CONVENTION DES NATIONS UNIES SUR CERTAINES ARMES CLASSIQUES

sur Future of Life

FLI AOÛT, 2017 LETTRE D’INFORMATION

Les leaders de la robotique de pointe et les entreprises de l’IA appellent à l’interdiction des robots tueurs

“Les armes offensives autonomes [capables de tuer] permettront des conflits armés à une échelle jamais vue auparavant et à des vitesses difficiles à concevoir pour les humains,” ont prévenu une centaine de responsables d’entreprises de robotique ou spécialisées dans l’intelligence artificielle, dont le milliardaire Elon Musk

En tant qu’ entreprises construisant les technologies de l’Intelligence Artificielle et de la Robotique qui pourraient être réutilisées pour développer des armes autonomes, nous nous sentons particulièrement responsables de cette alerte. Nous accueillons chaleureusement la décision de la Conférence des Nations Unies sur certaines armes classiques de créer un groupe d’experts gouvernementaux sur les systèmes d’armes létales autonomes. Nombre de nos chercheurs et ingénieurs sont désireux d’offrir des conseils techniques à vos délibérations.

Les armes autonomes létales menacent de devenir la troisième révolution de la guerre. Une fois développés, elles permettront de mener un conflit armé à une échelle plus grande que jamais, et à des échelles de temps plus rapides que les humains peuvent comprendre. Ceux-ci peuvent être des armes de terreur, des armes que les despotes et les terroristes utilisent contre des populations innocentes, et des armes piratées pour se comporter de manière indésirable. Nous n’avons pas longtemps à agir. Une fois que la boîte de Pandore est ouverte, il sera difficile de la refermer. Nous implorons donc les Hautes Parties contractantes de trouver un moyen de nous protéger tous contre ces dangers.

Parmi la centaine d’entrepreneurs, 7 français :

Raul Bravo , fondateur et PDG de DIBOTICS, France. , fondateur et président d’AIXTREE, France. Raphael Cherrier , fondateur et PDG de Qucit, France. Alain Garnier , fondateur et PDG d’ARISEM (acquis par Thales), fondateur et PDG de Jamespot, France. Jerome Monceaux , fondateur et PDG de Spoon.ai, fondateur et CCO d’Aldebaran Robotics France. Charles Ollion , fondateur et directeur de la recherche chez Heuritech, France. Anis Sahbani , fondateur et PDG d’Enova Robotics, France. Alexandre Vallette , fondateur de SNIPS & Ants Open Innovation Labs, France.

Pour lire et diffuser la lettre ouverte au député Villani

Pour accéder aux autres articles publiés sur l’intelligence artificielle et le trnshumanisme

Le transhumanisme : un crime contre l’humanité

-> Pour accéder à la lettre ouverte adressée au député Villani le 9 septembre et la diffuser

 

-> pour accéder aux articles sur le transhumanisme et l’intelligence artificielle

 

tempsréel.nouvelobs.com n-11 mars 2013

Le transhumanisme français : que des surhommes, pas de sous-hommes

Le courant transhumaniste, né dans les années 1980 en Californie, repose sur un postulat simple  : les progrès scientifiques permettront bientôt à l’homme de s’améliorer lui-même, d’augmenter ses capacités existantes, d’accéder à de nouveaux sens, voire à un nouveau niveau de conscience. Bref, l’homme pourra et devra bientôt transcender son humanité.

Marc Roux :

«  En réalité, quand on parle de cyborgs, ça existe déjà depuis l’implant cochléaire : c’est une technologie bionique qui rétablit le contact avec le nerf auditif. Qu’en est-il du pacemaker  ? Pour s’améliorer, ce n’est qu’une question de réglages. La réflexion transhumaniste se résume ici  : pourquoi ne pas faire ce choix, pourquoi ne pas nous améliorer  ?  »

les exemples ne manquent pas  :

 

sur le site de Science et Avenir 

 Le 9 avril 2016, le neurologue de l’Inserm François Berger participait à la table ronde Embryon, génome, cerveau : faut-il craindre les manipulations ?”, dans le cadre des Grands débats de la science, organisés par les magazines Sciences et Avenir et La Recherche au Collège des Bernardins, à Paris.

“La banalisation du transhumanisme n’est pas éthique, s’est alarmé François Berger. Il faut vraiment lutter contre ce discours, qui se développe depuis 4 ou 5 ans. Les idées de post-humain qui sont véhiculées par ce mouvement transhumaniste sont des choses qui sont un crime contre l’humanité”, a asséné le neurologue.

Pour un inhumanisme à visage humain  – sur le site Pièce et Main d’oeuvre:

Retenez cette date : à l’automne 2017, l’université grenobloise affiche pour la première fois sa connivence avec les fanatiques de l’homme-machine. La Fête de la Science, du 7 au 15 octobre 2017, lui en fournit l’occasion : outre ses habituels ateliers de formatage technoscientiste ludiques, interactifs et bétifiants (« Pepper, le robot compagnon », « Rob’Air, le ptit nom mignon du robot de l’université »), la Communauté universitaire Grenoble Alpes  accueille sur le campus l’Association française transhumaniste (AFT) Technoprog tout l’après-midi du 12 octobre. Non comme invitée, mais comme organisatrice d’un forum intitulé : « Transhumanisme, bonnes pratiques ». Vous avez bien lu. Bienvenue dans nos
ateliers « Pour un inhumanisme à visage humain », « Déontologie de l’anthropophobie » et « Vers une fin de l’espèce humaine équitable, durable et responsable »


Une gelée de mots typique de l’Association française transhumaniste (AFT) Technoprog. Son président,Marc Roux, répète à tous les micros : « un autre transhumanisme est possible » – comprendre, un transhumanisme « de gauche », « collaboratif », « encadré », « responsable », « égalitaire »
et remboursé par la sécu. Mais sa vraie pensée, exprimée dans ses « Propositions technoprogressistes », est d’un banal libertarisme :
« La société et l’État devrait (sic) intervenir le moins possible face à la
responsabilité du choix des individus, mais aussi celle des parents ou futurs parents, quant à l’usage du corps
. »

Technoprog (abrégé de « techno-progressisme ») a bien choisi son nom. Le progrès, pour les anthropophobes, est le progrès des machines et des maîtres des machines. Chacun constate déjà, dans sa propre vie, à quel point ce techno-progrès est synonyme de regrès social et humain.

À l’élite « augmentée » par manipulations génétiques ou par hybridation avec la technologie, le techno-progrès promet un surcroît de puissance digne de sa soif de domination. Aux autres, humains non-augmentés, inférieurs et superflus, il réserve le sort des espèces menacées. Comme le disent les transhumanistes sur leurs forums : « Il sera intéressant de voir la pression s’inverser peu à peu et les hyper-valides devenir les nouveaux
valides » – c’est-à-dire, de voir les valides devenir les handicapés de demain.

Ainsi, Alim-Louis Benabid, neurochirurgien vedette de la cuvette, avait reçu trois millions de dollars du « Breakthough Prize 2015 » créé et abondé par Mark Zuckerberg (Facebook), Sergeï Brin (Google), Art Levinson (California Life Compagny, pour « la mort de la mort »)
et autres patrons transhumanistes californiens, en remerciement de sa contribution à leur programme inhumaniste.
.
Le fondateur de Clinatec, la clinique grenobloise qui expérimente implants
neuroélectroniques et interfaces homme-machine futuristes, a sans doute été impressionné par sa réception à Mountain View, dans les locaux de Google. Lui aussi assume désormais son transhumanisme, dans les colonnes de Sciences et avenir de juillet 2017 :
« “On m’interroge toujours sur ce qu’on appelle ‘l’augmentation'”, constate le Pr Benabid, qui pratique le BCI (brain computer interface), interface cerveaumachine portée au pinacle par le célèbre entrepreneur américain Elon Musk, qui a tout récemment clamé vouloir doter l’humain d’intelligence artificielle.
Autrement dit, se faire fort d’augmenter ses capacités, et notamment pour faire face aux machines, elles-mêmes dotées d’intelligence artificielle. À ce sujet, “mon attitude a changé” explique A.-L. Benabid.

10 octobre 2017 : rapport du Sénat : L’impact et les enjeux des nouvelles technologies d’exploration et de thérapie du cerveau

Manifeste des chimpanzés du futur

 

Je reçois ce jour le livre “Manifeste des chimpanzés du futur” publié en septembre 2017 et dont j’ai hâte de prendre connaissance pour participer à organiser la pensée et la lutte  contre cette déshumanisation qui s’avance à grands pas.

Je rappelle ici la lettre ouverte adressée le 9 septembre dernier au député Villani et qui constitue une première pierre d’un chimpanzé du futur contre les promoteurs d’un  monde déshumanisé.

Je sollicite chacun pour diffuser autour de lui cette lettre afin de sensibiliser puis organiser une défense frontale face à cette évolution.

Pour accéder aux différents articles écrits sur le sujet

 

Frères humains, soeurs humaines, vous avez entendu parler du transhumanisme et des transhumanistes  ;  d’une mystérieuse menace, groupe fanatique, société de savants et d’industriels dont l’activisme impérieux et l’objectif affiché consistent à liquider l’espèce humaine pour lui substituer l’espèce supérieure, “augmentée”, des hommes-machines. Une espèce résultant de l’automachination par ingénierie génétique et hybridation électro-mécanique.
Vous avez entendu l’ultimatum cynique et provocant de ce chercheur en cybernétique : “il y aura des gens implantés, hybridés, et ceux-ci domineront le monde.Les autres qui ne le seront pas, ne seront pas plus utiles que nos vaches actuelles au pré.“Et encore, “ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur.
Nous sommes les chimpanzés du futur et nous vous appelons à la résistance contre ce néo-nazisme surgi des laboratoires.
Les animaux politiques qui écrivent à l’enseigne de Pièces et main d’oeuvre combattent le transhumanisme depuis une quinzaine d’années. Ils ont déjà publié nombre de livres sur des sujets voisins : Terreur et possession, Aujourd’hui le Nanomonde; L’industrie de la contrainte, etc...

 

 

 

 

 

Où en est l’intelligence artificielle ?

FINTECHMAG

 

Selon cet article l’Intelligence artificielle est appelée à un grand avenir puisque le marché en France passerait de 200 millions en 2015 à plus de 11 milliards en 2024 !

Pour accentuer et favoriser le virage technologique et économique, le député Cedric Villani a été chargé de rendre un nouveau rapport fin 2017 sur le sujet.

J’ai adressé le 9 septembre une lettre ouverte au député Villani pour lui demander de prendre en compte les risques humains considérables que va produire cette évolution et le rejet du transhumanisme comme solution pour faire face à ce défi.

 

L’intelligence artificielle est sur tous les fronts. Le  Président sortant  a dévoilé France IA, un rapport prescrivant 59 recommandations pour faire de l’IA un levier de croissance.  Le dixième  Forum Netexplo, enfin, s’est tenu  les 26 et 27 avril derniers au Palais de l’Unesco à Paris.

Sur les 59 recommandations qui y figurent, l’on y trouve des mesures de financement, l’instauration dès l’école primaire d’un enseignement de l’IA, le développement de MarIAnne, un assistant conversationnel intelligent pour les services publics, la création d’un avatar en temps réel du réseau énergétique français mais aussi la défiscalisation du rachat des start-up de l’IA par les grands groupes français.

Avec 270 startups dédiées à l’IA qui ont levé près de 278 millions d’euros en 2016, la France est la seconde destination des investissements IA, derrière la Grande-Bretagne (581 millions d’euros) mais devant l’Allemagne (187 M€) et la Belgique (110 M€).

Ces investissements, qu’ils soient privés ou publics – France IA prévoit le financement de 10 d’entre elles, à hauteur de 25 millions d’euros chacune d’ici 5 ans -, traduisent un fort engouement, justifié par de réelles perspectives économiques. Selon l’institut d’études et d’analyse Tractica, le marché de l’IA, devrait atteindre 11,1 milliards de dollars d’ici 2024 pour un peu plus de 200 M€ en 2015. Selon Accenture, L’IA devrait aussi augmenter la productivité française de 20% d’ici 2035, contribuant à une croissance de 2,9%. Des chiffres à l’aune desquels l’engagement public s’explique mieux.

Forum Nextexplo 2017 – 26 et 27 avril à l’Unesco

Forum Nextexplo fête cette année ses dix ans d’existence. D’abord installé au Sénat et parce qu’il a grandi il est aujourd’hui accueilli à l’Unesco.

Le forum de l’observatoire Netexplo 2017 est introduit par madame la sénatrice Morin-Desailly Présidente de la commission culture, éducation et communication du Sénat.

Pour Thierry Happe co-fondateur de l’observatoire en 2007 avec HEC Paris l’intelligence artificielle -IA- s’articule autour de 4 grands domaines :

  • les algorithmes – (Google-Facebook-Amazon conduite automatisée : ne sont pas neutres mais déterminés en fonction de l’objectif à atteindre)
  • la puissance de calcul ( elle explose)
  • le Big Data ( actuellement seulement 1% des données stockées son utilisées)
  • le réseau des neurones artificiels (image traduisant les capacités de l’IA). Sont cités Roboearth qui regroupe 5 universités européennes : il permet le partage et l’apprentissage des uns et des autres
  • Self-teaching 3D : Apprendre de ses erreurs et s’adapter aux différentes modifications de l’environnement
  • Evolving Robot ( il va améliorer ses robots-> darwinisme robotique)

etc…

Pour Bernard Cathelat, sociologue, la tendance lourde de l’IA a évolué :  d’abord elle s’est orientée pour géolocaliser, puis profiler, puis pour surveiller et enfin  atteindre la “supersight Power“, l’omni-surveillance et le scénario global est une société de transparence qu’il appelle “cristal world“.

Pour Julien Lévy, directeur de digital Center à HEC les principales tendances actuelles en innovation se concentrent :

  • autour du corps et de la santé
  • autour de la réalité (  mesure, analyse, prédiction)
  • autour de la société ( veiller, surveiller, contrôler)
  • autour de l’économie ( des leviers pour le marketing, des plateformes de services)
  • autour de l’homme et de la machine (on est dans l’immersion et il n’y a plus vraiment de frontière entre l’homme et la machine)

Avec l’intelligence artificielle la société évolue vers la société panoptique : la gouvernance des données. Actuellement les données sont de plus en plus stockées mais mal exploitées et l’innovation va donc maintenant s’orienter vers le traitement de ces données.

Entre 1970 et 1990 l’IA a connu beaucoup de déboires mais depuis quelques années grâce aux réseaux de neurones artificiels, des progrès considérables sont enregistrés. Le dépistage des mélanomes cancéreux par IA en est un exemple.

Selon Julien Lévy, il y a actuellement confusion entre l’IA faible ( traitement actuel de données pour résoudre un problème) et l’IA forte qui développe sa propre conscience et qui peut faire peur. Selon lui l’IA forte n’existe pas et l’enjeu est l’IA faible. Mais s’appuyant sur un article de l’informaticien JCR Licklider de 1962 il observe que sur les 10 points que se partageaient l’homme et la machine à l’époque 6 étaient propres à l’homme alors qu’aujourd’hui il n’en reste plus que 2 montrant que l’espace spécifique à l’homme s’est réduit. L’enjeu est de déterminer si les hommes sont toujours possesseurs du monde et de la nature.

Pour voir les vidéos des différentes présentations des innovations au forum

 

 

Ecologisme et transhumanisme-Des connexions contre nature

 

vu sur Hors-sol

Ecologistes, végans et sympathisants de gauche prolifèrent  au sein du mouvement transhumaniste.

Les deux porte paroles du mouvement transhumaniste francophone revendiquent leur militantisme « écolo ». Marc Roux a été adhérent de l’Alternative rouge et verte . Didier Coeurnelle est élu vert de la commune de Molenbeek. Le confondateur de Humanity+, la principale association transhumaniste américaine, David Pearce est un militant antispéciste et végan. L’australien Peter Singer, philosophe et auteur du livre de référence des antispécistes : la libération animale (1975), est lui-même transhumaniste et ancien candidat vert en Australie. Quant  à l’actuel directeur de Humanity+, James Hugues, en tant que bouddhiste il ne ferait pas de mal à une mouche. Loin de l’image repoussoir de libertariens insensibles aux malheurs qui les entourent. Les transhumanistes sont souvent des progressistes de gauche, écologistes et féministes suivant la bonne conscience qui règne dans la Silicon Valley depuis le mouvement hippie des années 1960. En France, à l’avant-garde des partisans de la reproduction artificielle de l’humain (PMA & GPA) figurent les membres d’Europe Ecologie les Verts.

Pour lire l’article

Mi-homme, mi-cochon

sur Santé, nature, innovation -6-12-2015

La revue scientifique « Nature » publie dans son dernier numéro (12 novembre 2015) un stupéfiant article sur l’implantation d’organes de cochon chez l’être humain.

Les généticiens sont parvenus à changer le système immunitaire des cochons en implantant des gènes humains sur leur ADN. Le système immunitaire de ces cochons transgéniques est devenu plus compatible. La voie a été rouverte vers la transplantation d’organes de cochon sur l’homme.

Déjà il est autorisé en Chine de poser chez l’homme une cornée (la surface de l’œil) de cochon.

Aux Etats-Unis, il est possible de se faire greffer de la peau de cochon. Ce n’est pas officiellement autorisé mais ce n’est pas non plus interdit. Une étude menée par l’Hôpital général de Boston a permis d’identifier des dizaines de personnes ayant recouru à cette procédure.

La firme néo-zélandaise Living Cell Technologies est en train de faire valider dans de nombreux pays un système d’implantation de morceaux de pancréas de cochon chez l’être humain afin de produire de l’insuline. Ce système s’appelle DIABECELL et vise à soigner les diabétiques.

Le chirurgien Muhammed Mohiuddin, de l’Institut national du cœur dans le Maryland (USA), a implanté un cœur de cochon sur un babouin qui a survécu deux ans et demi à l’opération. Ayant surmonté les problèmes de rejet d’organes, il estime que la voie est ouverte pour mener l’expérience sur l’homme.

Toutefois, la firme américaine United Therapeutics, dans le Maryland, a investi 100 millions de dollars pour fabriquer des cochons génétiquement modifiés. Ils sont destinés à produire des organes pour les êtres humains. Elle déclare qu’elle veut « réaliser les premiers essais cliniques en 2020 »

 

Jusqu’où ira-t-on ?

Il faut donc imaginer que, d’ici quelques décennies à peine, les personnes très âgées auront eu le temps, au cours de leur existence, de faire changer la plupart de leurs organes vitaux et se retrouveront constituées, pour l’essentiel, de cochon.

Le progrès, à quel prix ?

L’opération fera mal… à l’enfant. Il vivra, c’est sûr, mais s’accepter lui-même, arriver à vivre avec l’idée que c’est un cœur de porc qui bat dans sa poitrine, cela sera horriblement douloureux.

Et je ne parle pas du regard des autres.

Bien sûr, on va nous proposer de grandes solutions pour remédier au problème.

Des livres pour enfant seront édités où l’on verra un petit garçon « tout à fait comme les autres », et même plus joyeux que les autres, avec un organe de cochon.

Dans les écoles maternelles, on intégrera dans les programmes un apprentissage à la non-discrimination contre les êtres humains ayant des organes de cochon.

Des psychologues seront recrutés pour soutenir les personnes transplantées et leur famille, pour les convaincre que tout cela est parfaitement normal et souhaitable.

Des films hollywoodiens sortiront avec des histoires bouleversantes où le héros qui sauve la planète se trouve justement avoir été sauvé lui-même quelques années auparavant par une greffe de cœur de cochon. « Sans ce progrès, l’humanité entière aurait disparu », en déduira le spectateur inconsciemment.

L’idée s’installera et tout le monde « finira par trouver ça normal », comme le chantait Jean-Jacques Goldman.

Mais il faut bien réfléchir aux vastes conséquences du progrès technique. Aujourd’hui, nous plaçons la vie comme le souverain bien, la valeur absolue en travers de laquelle il ne faut mettre aucun obstacle moral ou légal.

Pourtant, souvenons-nous que nos ancêtres n’ont pratiquement jamais raisonné ainsi. Combien sont morts pour défendre la liberté ? Combien sont morts pour défendre la dignité ? Combien sont morts, finalement, pour défendre la haute vision qu’ils se faisaient de l’humanité ?

Je le répète, si mon enfant était menacé de mort et que la seule solution pour le sauver était qu’on lui pose un cœur decochon, je sais très bien que j’accepterais. Mais le fond de ma pensée c’est que je trouve inhumain, au sens propre, que l’homme soit un jour obligé, au nom du progrès technique, de faire un choix pareil.

Enfin, penser que notre civilisation est en train de consacrer des moyens financiers colossaux pour de telles recherches alors qu’on n’a pas un sous pour les moyens naturels de garder la santé, qui sont pourtant si prometteurs, cela me paraît vraiment étrange et désolant.

 

 

 

 

Eugénisme 2.0 – Vers le piratage de notre code génétique

0Marianne.net 

Google devient Alphabet ! Avec ce ripolinage, le géant de la Silicon Valley sépare ses industries. Distinguant son moteur de recherche d’un côté, et ses activités éloignées d’Internet de l’autre, comme ses projets Calico (santé) et Google X (high-tech futuriste). Deux projets qui, pris ensemble, indiquent la vigueur de Google à étendre ses tentacules à la génétique. Tripatouiller le génome, retarder le vieillissement, voire faire advenir l’homme augmenté… Ces dernières années, ses lubies sont devenues exorbitantes.

Lundi 27 juillet, la société de décodage génétique 23andMe, filiale de Google — qu’il faut désormais appeler « Alphabet » suite à l’annonce ce lundi de son cofondateur Larry Page — a fait une découverte effarante. Un développeur a piraté son interface (API) pour mettre au point un scanner de code génétique sur Internet, capable de filtrer les utilisateurs en fonction de leur ADN. Intitulé « Genetic Access Control », le programme, déposé en open source sur la plate-forme collective GitHub, permet de restreindre arbitrairement l’accès aux internautes suivant des critères génétiques (ethnie, sexe, âge, ascendance, etc).

Outre les lendemains « radieux » qu’elle laisse entrevoir au marché de l’exploitation de nos cellules, cette affaire pointe les dangers potentiels d’amasser, dans d’énormes volumes de données (big data), le contenu de nos gènes. Avec la « mise en données du monde », selon la formule consacrée par le professeur Viktor Mayer-Schönberger, cette affaire lève le voile sur les usages à craindre de nos empreintes génétiques.

Au long de l’affaire, il n’a pas échappé aux détracteurs de 23andMe que la fondatrice de cette firme, implantée à Mountain View (Silicon Valley), n’est autre que la pétillante Anne Wojcicki, ex-compagne de l’actuel patron de Google, Sergey Brin.

Cela fait déjà quelques années que Google avance ses pions dans la recherche en génétique ou le séquençage d’ADN. Et les dernières nouvelles du front n’augurent rien de réjouissant. La semaine passée, par l’entremise de sa société de recherche médicale Calico, l’ogre du numérique a scellé un partenariat avec AncestryDNA, une entreprise spécialisée dans la constitution d’arbres généalogiques. En fouillant ensemble la base de données du site Ancestry.com, approvisionnée à ce jour par les codes génétiques de millions de personnes, Google compte explorer « les données anonymes de millions d’arbres généalogiques publics » et autant « d’échantillons génétiques »selon un communiqué livré le 21 juin par Calico.

Google, du transhumanisme à l’état brut

Forte poussée de croissance pour le projet « Calico », qui appartient au laboratoire secret Google X et a pour rêve de lutter contre le vieillissement et d’allonger la durée de vie. Il entend, d’ici 2035, l’augmenter de vingt ans. Une vieille obsession chez Google, née dans l’esprit de Sergey Brin, quand il découvre, en 2008, qu’il est porteur du gène LRKK2 de la maladie de Parkinson.

Repousser la mort, c’est aussi la vieille lubie de Ray Kurzweil, directeur de l’ingénierie de Google. Prophète pro-capitaliste, ce gourou de l’intelligence artificielle (IA) est conduit par une philosophie libertarienne adossée au transhumanisme. Ce courant de pensée, en vogue chez certains milliardaires californiens de la Silicon Valley, aspire à transcender l’homo sapiens, et à corriger, à l’aide des nouvelles technologies, ses lourdes imperfections : le diabète, le cancer… ou la mort.

La méthode ? En scrutant minutieusement l’hélicoïde du code génétique, Google et AncestryDNA espèrent déceler les facteurs de vieillissement. Et les contrecarrer. Développer des molécules anti-vieillesse, isoler des matrices génétiques regénératrices… « Google veut assurer la transition vers la posthumanité, en travaillant autant sur l’augmentation des capacités de notre corps que sur une forme de virtualisation, qui nous détacherait des limites de notre enveloppe corporelle », observe le philosophe Jean-Michel Besnier, dans un passionnant entretien accordé à L’Humanité. 

Perpétuellement dans une logique de conquête, tout en agissant sur le terrain politique pour « créer le meilleur des mondes », selon les mots de son PDG, Google investit ainsi impérialement dans tous les secteurs, se réclame toutes les batailles scientifiques importantes. Si la firme californière innove ainsi à tous crins pour dépasser l’humain, c’est en croyant agir dans le sens de l’évolution. « Quel que soit le problème rencontré (…) il y a une idée, une technologie qui attend d’être découverte pour le résoudre », assurait au Time Magazine le transhumaniste Ray Kurzweil.

Dans son livre Pour tout résoudre, cliquez ici (2014), le célèbre chercheur Evgeny Morozov fait un portrait au vitriol de ce « solutionnisme » béat. D’après cette « idéologique dominante de la Silicon Valley » écrit Morozov dans le New York Times« la technologie permettrait de rendre toute faiblesse obsolète. » 

A force d’user frénétiquement de ses services incontournables (moteur de recherche, boîte mail, objets connectés) nous les lui léguont en toute gratuité. Ironie du sort : si demain Google veut coloniser notre génome, nous lui avons déjà signé notre testament. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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