Se tenir debout, droit et seul

Les voies de l’âme

Je viens de retrouver un texte de réflexion écrit par mon professeur de yoga. Elle s’appelait Huguette Pinson, un joli nom !

J’ai connu la souffrance, la solitude, la douleur matérielle, physique et morale ainsi que des moments d’angoisse liés aux tracas de la vie…….Il m’a fallu faire face, souvent seule, à la dureté de la vie.

Mais je sais que de tout cela on peut sortir un beau matin, après avoir frôlé mille morts intérieures. On devient libre de tout et de tous. Alors une immense compassion surgit dans le cœur. On se sent prêt à se tenir debout et à accueillir la misère humaine, à lui donner son cœur, sa vie. On ne peut faire cela que lorsqu’on a souffert beaucoup soi-même.

Je plains les êtres creux et vides ancrés profondément dans la matière et qui sourient, heureux des bonnes affaires qu’ils traitent. Je les plains. Souvent ils portent la mort en eux. Non pas que ce soit mal de traiter ses affaires et de gagner de l’argent mais il y a malhonnêteté dans l’exploitation du plus pauvre, du plus démuni. Le cœur humain manque souvent de générosité. Pourtant il peut aussi  être splendide et rayonnant.

Dans ce champ de forces contradictoires que sont le mal et le bien, l’ombre et la lumière, se tenir debout, droit et seul pour être un combattant dans la lumière, ayant au cœur la vie totale de l’esprit.

Pour cela, il n’y a qu’une formule : travailler beaucoup sur soi-même, devenir libre dans son cœur et dans son esprit, dépasser toutes les émotions et toutes les peurs, entrer dans le vrai amour.

Bonheur ou Bien-être ?

 

Arjuna et Krisna

 

Notre société est dominée par deux choix fondamentaux : la liberté individuelle et la satisfaction, dans ce cadre, de tous nos désirs.

Dans ce cadre, le bonheur apparaît comme une succession de plaisirs et donc une quête du « toujours plus ». On rentre ainsi dans un cycle de dépendance.

On pense être libre et sur cette base on revendique ce que l’on veut faire. Mais qui est le maître dans cette démarche  ? Ce sont nos désirs. Et, ce que nous pensons être notre liberté est en fait une soumission à nos désirs et un bonheur éphémère.

Le bonheur ne dépend pas de facteurs extérieurs.

On peut ainsi éprouver du bonheur dans l’action, en étant en permanence présent dans cette action.

On peut aussi éprouver du bonheur à faire ce qu’il fallait faire par exemple dans notre situation de parent ou dans notre engagement dans la société.

Plus profondément et spirituellement nous observons que le bonheur est notre état intérieur, notre nature profonde : Amour, paix intérieure, harmonie et joie.

Aujourd’hui avec notre obsession du bien-être on est rentré dans une vie égoïste et superficielle et cette recherche du bien-être peut nous entraîner vers une société de sauvagerie  ou on s’oriente vers l’élimination de tous ce et ceux qui entravent notre bien-être.

 

Chinmaya Mission France – Yoga de la connaissance– Centre d’enseignement d’Advaita Vedânta présente « Bonheur ou Bien-être »

 

 

Le Maître – dans le bouddhisme tibétain en France

Cécile Campergue  est docteur en ethnologie de l’Université Lyon II
; elle a soutenu en 2008 une thèse intitulée : « Le « maître » dans la diffusion et la transmission du bouddhisme tibétain en France. »
 
». Elle est chercheuse associée au Centre d’Etudes et de Recherches Anthropologiques de Lyon II.

Toutes traditions confondues, le bouddhisme est de nos jours implanté sur les cinq continents et participe, dans une certaine mesure, à la mondialisation. Cette diffusion a des implications tant pour la vie religieuse que sur le plan politique ou géopolitique.

Mais qu’est-ce que le bouddhisme tibétain et quelle est sa réalité en France ? On lui préfère souvent les termes de spiritualité, de philosophie et de sagesse, alors qu’il s’agit d’une religion ritualisée, hiérarchisée, institutionnalisée,soutenue par un remarquable monachisme de masse.

 

Les maîtres tibétains qui ont commencé à enseigner le dharma (l’enseignement du Bouddha) en Occident dans les années 60 et au début des années 70 l’ont fait avec l’aide de disciples occidentaux, rencontrés notamment sur le sol indien. Le premier centre d’obédience tibétaine d’Europe s’ouvrit en Écosse en 1967(Samyé Ling ) suite à l’activité du maître Chögyam Trungpa, envoyé en Angleterre en 1963 ; il n’a eu de cesse de diffuser et d’adapter le dharma  aux Occidentaux.

 

L’élite de Dharamsala (les principaux religieux et les familles laïques aristocratiques), depuis les années 1970, a déployé une grande stratégie de préservation de la culture tibétaine et de la cause tibétaine, qui passe par la promotion du dharma. La multiplication de centres bouddhistes  d’obédience tibétaine à travers le monde amène Raphaël Liogier à écrire « qu’ils sont des préfectures qui administrent un « territoire médiatique » à l’aide d’un enseignement bouddhiste de masse, d’une aide humanitaire soutenue par l’idéologie de la « cause tibétaine » et des associations humanitaires soutenues par l’intelligentsia locale ».

 

Le succès du bouddhisme tibétain en France doit beaucoup à l’imaginaire  New Age et au mythe du Tibet. Ce dernier, en tant que pôle d’attraction spirituel, a éveillé l’intérêt de milliers de lecteurs occidentaux. Ce mythe s’est peu à peu  institutionnalisé, devenant l’enjeu d’une lutte politique, idéologique et spirituelle, l’utopie d’une terre pacifique peuplée de saints bouddhistes.

On peut alors s’interroger: comment une religion riche et complexe, ritualisée, hiérarchisée, constituée de façon bureaucratique, a-t-elle pu trouver un si large écho en Occident -en France pour ce qui nous intéresse ici ?

De manière synthétique, le terme bouddhisme désigne aujourd’hui :

 

 le Theravada  (Voie des Anciens),

 

le Mahayana  (Grand véhicule)

 

et le  Vajrayana (Véhicule de Diamant » ou« Véhicule des Tantra »).

 

Ces différents véhicules se sont propagés dans des aires  géographiques différentes : on retrouve le Vajrayana dans l’aire culturelle tibétaine et mongole (Himalaya et Russie orientale), mais aussi en Extrême-Orient.

Par son appellation, le bouddhisme tibétain témoigne de l’alliance entre une forme de bouddhisme, le bouddhisme indien, et une aire culturelle particulière, l’aire tibétaine.

Les différentes écoles du bouddhisme tibétain tirent leur source du bouddhisme indien, notamment du tantrisme pratiqué en Inde autour du IV siècle par les adeptes du Grand Véhicule. Il s’agit d’une sorte de syncrétisme entre magie populaire, l’hindouisme développé par certains maîtres indiens et de nombreuses techniques et pratiques corporelles d’essence religieuse ( yogas ).

Le bouddhisme aurait été historiquement ,introduit au Tibet en deux grandes phases, d’abord aux VIe et VII siècles grâce au patronage royal, puis lors d’une seconde diffusion au XIsiècle, avec la puissance grandissante des monastères et la création des différents ordres religieux.

Pour comprendre la religiosité tibétaine, il faut avoir conscience de l’inséparabilité du religieux et du politique : les monastères sont des seigneuries féodales et en même temps, des lieux religieux. L’histoire du Tibet apparaît comme lutte perpétuelle pour le pouvoir entre les différentes lignées, alternant alliances, rivalités et intrigues.

Une des caractéristiques du bouddhisme tibétain est l’importance des lignées de transmission. Chaque école (lignée) dit être constituée de maîtres éveillés qui ont transmis la grâce et les bénédictions à leurs disciples. La clé de voûte de tout l’édifice religieux est le maître : sans lui, il n’y a pas de progression spirituelle possible. En effet, le maître, appelé lama, est l’intermédiaire nécessaire pour accéder à l’Éveil.

 

On distingue quatre grandes écoles, que l’on retrouve en France (et même cinq). La plus ancienne est celle des Nyingmapa  (lesAnciens), établie au VIIIe siècle. Ils ont pour enseignement ultime le  Dzogchen (La Grande Perfection), présenté comme une approche directe de l’éveil. Ils sont influents au Bhoutan(certains lamas ont été maîtres de la famille royale), au Sikkim et dans certaines régions du Népal.

 

L’école Kagyu  (Voie de Transmission Orale) a été fondée au XI siècle. Très importante, elle est réputée pour ses ermites et ses mystiques dont le plus connu est certainement Milarépa (1052-1135). Elle s’appuie sur la pratique des Six yogas de Naropa  qui conduit à la réalisation du  Mahamudra  (Grand Sceau). Cette lignée va se développer jusqu’à nos jours sous l’égide des incarnations successives du Karmapa, « Celui qui répand l’activité de tous les Bouddhas » ; cela divise aujourd’hui la lignée à cause de la reconnaissance de deux Karmapa. Les maîtres Kagyu sont les premiers à avoir introduit le bouddhisme tibétain en Occident.

 

L’école Sakyapa  (Terre-Claire) a été fondée au XIe siècle. Parmi les autres écoles où les maîtres se succèdent par incarnations successives, les maîtres Sakyapa sont choisis au sein d’une famille noble.

 

L’école Guéloug  (Les Vertueux) est la plus récente, fondée par Tsongkhapa au XVe  siècle. C’est la lignée du Dalaï-Lama, mais il n’en  est pas le hiérarque, ce dernier étant le Ganden Tripa , l’abbé du monastère de Ganden. Les Guélougpa insistent sur la discipline monastique et sur l’étude (philosophie, logique, scolastique). La lignée est à l’origine de la théocratie tibétaine avec l’institution des dalaï-lamas, titre mongol signifiant « Océan de Sagesse », accordé en 1578 par le roi des Mongols, qui s’était converti au bouddhisme, à l’abbé de Drépung, Sönam Gyamtso (1543-1588).

 

Il existe une cinquième école présente en France, le Bön réformé, le Yundrung-bön.

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L’origine indienne du bouddhisme tibétain ne concerne pas  l’école bön qui désigne à la fois la religion ancienne du Tibet, les croyances et pratiques populaires, et une religion, le bön, calquée sur le bouddhisme, que l’on retrouve aujourd’hui en Occident.

Chaque lignée à ses principes en termes d’autorité et de légitimité et toutes reconnaissent deux sortes de maîtres : ceux hiérarchiquement haut placés dans l’institution et ceux spirituellement réalisés, qui dépendent toujours des premiers en termes d’autorité (et donc pas forcément en terme de compétences).Traditionnellement, les lamas peuvent être des clercs séculiers ou religieux. Certains sont des ermites (à vie ou temporaires), des yogis, des religieux mariés, des érudits ou des moines. Le terme lama  est polysémique et renvoie au terme indien  guru . Il peut signifier un enseignant religieux, le chef du monastère, son enseignant principal ou un maître qui est qualifié pour opérer les rituels tantriques.

De la Grâce à l’Amour- Patrick Vigneau

Abandonnons-nous  quelques instants,en cette période difficile,  à la découverte du parcours si particulier de Patrick Vigneau confronté dans sa jeunesse à la disparition brutale de sa compagne en Inde et qui traversera cet effondrement guidé par Mâ pour s’ouvrir à la grâce.

Et si notre effondrement collectif nous permettait aussi de voir au delà et grâce à celui-ci, l’insignifiance de nos vies strictement matérialistes … 

10 mai 2019

Mais pourquoi ils ne voient pas ?

Mais pourquoi ils ne voient pas ?

Nous sommes conduits

par la Grâce…

La grâce c’est le vent dans les voiles et il faut apprendre à hisser les voiles…

« Quand je vois que je ne suis rien, c’est la sagesse.
Quand je vois que je suis tout, c’est l’amour
Et entre les deux, ma vie s’écoule »
(Nisargadatta)

« Ouvrez-vous à la Grâce »

Patrick Vigneau

Très jeune, je savais qu’il existait une autre réalité. C’est à 24 ans que j’ai rencontré, en Inde, mon Maître : Maa.

J’étais désespéré à ce moment là, à mon arrivée en Inde. Ma compagne venait de se noyer accidentellement en mer. Le monde s’était effondré, j’étais désespéré, là, sur la plage depuis plusieurs jours  quand quelqu’un me prit la main et me conduisit à Mâ…

, (1932-2002) très jeune avait des perceptions des mondes spirituels. Elle fut confirmé en cela par Swami Sivananda auprès de qui elle resta une année. Puis elle s’installa à Puri, où les disciples qui devaient la rejoindre créèrent un ashram. Son enseignement s’adaptait à la personnalité de chacun. A la fois traditionnel et ouvert au monde moderne, son ashram était un lieu de quête de vérité et  de service.

Très discrète, Maa ne cherchait pas beaucoup de disciples.

Elle me révélera,  et j’en fis l’expérience, qu’au delà de ma souffrance, existait un état de conscience pur et lumineux.

Elle m’a d’abord initié au Kriya Yogal’art scientifique de la réalisation de Soi dans les corps physique, vital, mental et spirituel– avant de m’enseigner l’Advaitanon-dualité entre âme individuelle et Brahman– Mais pas l’Advaita strict qui est à la mode aujourd’hui, jouant sur les désidentifications mentales. Non, c’est le Vishishadvaita que j’ai pratiqué et qui conduit à la réalisation de l’Atmaâme individuelle-, à la fois Un et multiple.

Bien plus que les Asanas, Pranayama, ou les déconstructions des croyances et autres procédés, c’est l’ouverture à la Mére divine que j’ai vécu à chacun de mes séjours à ses cotés pendant les dix-huit années  d’une relation privilégiée de Maître à disciple.

… Découverte d’autres états de conscience…. tout au long de la sadhana   –pratique régulière en vue d’en apprendre quelque chose-   .

Son enseignement me conduisit  finalement à l’Atma Yogale yoga de l’âme, appelé aussi voie de l’innocence-. Une perspective nouvelle s’éveillait. L’éveil n’est pas un but en soi ! 

Maa et Patrick

Puis, un jour, suite à une grand choc, un élan me prit pour faire comme le Bouddha, et de consacrer absolument toute mon énergie à découvrir la vérité. Ramakrishna avait bien dit qu’en trois jours d’intense aspiration on pouvait réaliser Dieu. Je décidai de m’enfermer dans une chambre pour… cinq jours et de chercher en moi, au plus profond de moi, sans aucune distraction…  

« Assis en méditation depuis quatre jours, tendu vers une autre rive, tout à coup je m’effondrai d’épuisement ! Je compris que cela me dépassait. Le choix d’arrêter se présenta, mais je ne voulais pas. Alors il y eut un grand lâcher-prise, je m’abandonnai, cessai tout effort… J’avais fait tant d’efforts ! Et là, sans m’y attendre, brusquement, une porte s’est ouverte. C’est arrivé dans un état de total relâchement ; c’est  ainsi que cela arrive. Au moment où la tension de la recherche s’arrête, où je ne me suis attendu à rien, où tout en moi a cédé, cela se produisit. Une nouvelle conscience se manifesta. Elle venait de nulle part et de partout… Ce fut comme une explosion. Elle n’était que joie et lumière… Elle était tout. Alors la vérité se révéla, la quête cessa, il n’y avait désormais plus de manque… seul un grand rire au fond du coeur »  (extrait de : La source ineffable

J’ai longtemps gardé discrètement cette expérience,  jusqu’au jour où m’est venu une évidence : si cela peut aider aujourd’hui quelqu’un dans sa quête,  pourquoi la garder « secrète ». Même si ce que j’avais vécu était vraiment très particulier, cela ne m’appartient pas.

Après le départ de Maa, pendant les dix années suivantes, j’ai expérimenté un retour dans la vie sociale, j’ai seulement enseigné l’art de vivre détendu et accompagné quelques personnes intimement dans leur recherche spirituelle.

Ces expériences m’ont beaucoup appris sur les souffrances propres à notre pays et m’ont permis d’élaborer une approche adapté aux occidentaux selon les principes de l’Atma yoga.

Patrick Vigneau – 15 mars 2014

 

 

Ne crains rien dans la vie

Car je suis à tes côtés et t’assiste

T’aide et te donne la force

Pour surmonter tout obstacle.

Dans le monde il y a tant de mensonges et de peurs !

Je t’appelle à revenir à moi

Qui suis la Source de toute paix,

Car tel est ton destin.

Un jour viendra où tu comprendras

Pourquoi je t’ai appelé

Et pourquoi cela devait-être ainsi.

Sans moi tu es impuissant,

Avec moi tout devient possible.

Cet univers est ma création,

Tu n’en vois qu’une toute petite part.

Je viens à ta portée,

Je revêts des formes humaines pour t’aider

Et je te parle aussi directement dans le coeur

Et si tu sais écouter, tu m’entendras.

 

La Voie du Coeur de l’Atma Yoga et des Evangiles- aux origines spirituelles de l’Inde et de l’Occident

 

sur Coeur Divin

Patrick Vigneau anime différents sites à caractère spirituel et/ou professionnel   dont – Coeur divinpatrick Vigneau.overblog.comAtma YogaInstitut transpersonnelmaisondepaix.com –   sophro-holistic.com

 

Il a écrit plusieurs livres qui retracent son parcours de Vie et son enseignement.

Il fut d’abord jeune professeur de mathématiques avant de s’engager dans une quête intérieure qui le conduira à Calcutta puis à Puri, état d’Odisha – ex Orissa-  en Inde où il demeurera quatre ans pour découvrir les yogas sous la direction de Mâa. Il rencontrera  aussi, au cours de ce séjour, Krishnamurti.

Après ce premier grand séjour en Inde  il ira trois ans durant sur les routes d’Europe, d’ashrams en communautés, de monastères en ermitages.

Il retournera régulièrement en Inde auprès de Mère durant 18 ans.

Il s’installe à la Ligerie en bord de Loire  à La Boissière sur Evre 49110 près de Saint-Florent .

Sur son site de l’Institut de formation transpersonnelle   Patrick Vigneau évoque d’abord la voie de l’Advaïta  Vedanta connue en Occident notamment par Ramana Maharshi, Nisargatta Maharaj, Jean Klein etc…

Il indique une autre approche, une autre voie, le Vishishadvata qui relie Bhakti et Jnana   avec Ramanura, Ramakrishna, Swami Ramdas et Ma Ananda Mayi et qui caractérise la voie de l’Atma Yoga qu’il poursuit et enseigne.

 

« « Je ne fais partie d’aucune tradition, même si j’ai cheminé essentiellement en Inde et vécu parmi les Franciscains en France. Aujourd’hui, je respire, travaille, témoigne et transmets ce que la vie m’a conduit à découvrir: la joie d’être soi, la douceur du Cœur Divin. C’est lors d’une intense retraite méditative, qu’apparut ce que je cherchais, sans le savoir, depuis des années dans mon cheminement spirituel. Le Voile se déchira. Une conscience totalement autre, une conscience  lumineuse, où tout est Un, une conscience éternelle se révéla derrière tous les phénomènes de notre monde. Tat Twan Asi. Une Conscience d’Amour et de Lumière qui est partout. Comment en parler? Et cela est plus réel que le plan terrestre. La quête a cessé, mais pas le chemin. » Patrick Vigneau – la source ineffable-29/09/2019

 

 

 

La voie du coeur, une voie qui nous aide à voir et aimer plutôt qu’à penser…

Par définition, la “mystique” est la recherche directe, immédiate de Dieu. Et ceci est vrai pour toutes les mystiques, qu’elles soient d’Occident ou d’Orient.

La Vérité est une et intemporelle, mais elle est dite de différentes façons selon les âges. La Vérité est une, et chacun(e) tente de l’exprimer à sa façon. Il importe d’accueillir, d’écouter et de chercher à comprendre les autres façons de décrire le Réel. Car nul ne peut voir toutes les facettes du diamant, sauf peut-être à partir du cœur.

Le cœur, ce qui est le centre de la vie humaine, se révèle être aussi le siège du divin, au terme d’un retournement, d’une metanoïa, d’une transmutation, qui marque l’élan de la quête. Cette quête se nourrit de renoncement et de dévotion.

Le processus d’éveil à ce cœur vivant est yoga ( ce qui signifie étymologiquement : joug, ce qui unit ) , yoga qui est union du corps, du mental et du cœur.

« Car mon joug est doux et mon fardeau léger. » (Jésus -dans Matthieu 11:30)

L’éveil du cœur est la conséquence de la découverte d’un espace de conscience habité par l’Amour. Découvrir cet espace intérieur dans les profondeurs du silence, produit une ouverture à toute la vie.

Ouverture pour accueillir, honorer, aimer.

Ce processus d’éveil du cœur est le passage permettant l’amour divin d’emplir le coeur humain.

« L’oraison d’union laisse pénétrer Dieu jusqu’au centre de notre âme. » (Thérèse d’Avila)

Dans les plus grandes profondeurs du silence, brûle une petite flamme. Et lorsque cette flamme devient un feu incandescent, l’Amour divin embrase notre conscience.

Lorsque l’amour divin  prend possession de nous, une plénitude irrésistible nous envahit, nous consume et … nous transforme. Toutes nos relations deviennent emplies de cet amour. Notre cœur devient divin.

C’est alors que l’Eveil unitif  est réalisé.

***

La vision unitive finale consiste à voir toutes choses «dans» l’Un transcendant. La transcendance est enracinement dans la vérité et explosion dans l’amour !

*

Ce site est dédié à l’exploration du recueillement, du silence et de la sensibilité subtile du feu intérieur, inspirée par l’expérience des traditions d’Orient et d’Occident.

Tout commença un jour…

« Aujourd’hui, mon Dieu, m’a visité… » (Rumi)

Au plus profond du cœur, dans le grand silence,

une nuit,

une Présence, douce et puissante

plus intense que tout

et une voix, sans parole,

qui transmet, comme une impulsion …

à entrer encore plus dans le silence,…

*

« Ecoute! »

Et par ce seul mot mon cœur fut emporté

*

C’était tout à fait naturel, bien qu’extraordinaire. C’était une voix qui m’aimait.

*

Un jour, je demandai,  à la voix qui m’aimait, comment la nommer.

« Coeur Divin »  arriva dans mon esprit.

C’était très simple.

Il n’y avait pas de grandes révélations particulières,

juste quelque toucher d’amour majestueux

qui emplissait mon coeur

d’une sublime joie.

*

 « Tu peux m’entendre

lorsque ton Cœur retrouve son innocence »

(Coeur Divin)

Cela me rappelait ces mots :

 « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5, 8), 

L’Immanent  éveilla la conscience individuelle.

Le moi vit sa vraie nature.

Le Soi se révéla

sans centre, ni substance.

Le Transcendant illumina le cœur.

dans un feu de Douceur totalement indicible.

Le Soi, qui est tout Amour, parlait.

*

Beaucoup plus tard…

 » Veux-tu devenir simplement un cœur? »

Coeur Divin se manifestait le plus souvent sans mot,

juste une sorte de toucher délicat, de saveur ou de parfum.

Et me conduisit à la spiritualité du OUI

*

Non pas une acceptation mentale de ce qui est,

*

Sa présence arrêtait toutes les pensées.

mais une totale ouverture du cœur.

Je remarquais qu’une Force, une Douceur et une Clarté totalement nouvelles

venaient après ces moments de rencontre,

après ces « oui » qui jaillissaient de mon cœur.

Ce n’était pas un état extatique, mais une douce et puissante présence était là.

Je compris qu’il n’y avait qu’à dire ‘OUI’

un OUI total.

Et Cela prenait tout en moi.

Peu à peu, j’intégrais les inspirations de Cœur Divin,

à mon cheminement avec l’Evangile et avec l’Atma yoga.

Coeur Divin est au-delà de toute forme

et au-delà de toute tradition.

 

Sa réalité dépasse tous les savoirs.

Il n’appartient à personne,

mais il parle à chaque personne.

« Rappelle toi d’où tu viens! »

Il est  la porte qui ouvre à une nouvelle conscience.

C’est un grand appel qui se fait maintenant.

Mais pour pouvoir y répondre, nous devons nous préparer.

*

Coeur Divin est Presence éternelle.

 

Je ressentais sa présence comme un amour doux et enveloppant,

un amour « maternel ».

« Rien n’est plus important que l’Amour »

Coeur Divin invite continuellement à la rencontre d’amour

dans le silence.

Cela fut longtemps gardé au fond de mon coeur. Cela demeurait  comme un secret intime, jusqu’à ces mots: « Ne te cache plus… »

Pourtant je ne voulais pas en parler. La fréquentation des paroles des sages et des saints m’a conforté. D’autres avaient semble-t-il vécu ou compris les mêmes réalités.

« Il y a une voix qui n’utilise pas les mots. Écoute ! » (Rumi)

« L’esprit qui nous révèle Dieu est ce murmure indicible en quoi s’achève la parole. »(Henri le Saux)

« Quand Le cœur est pur  Dieu se révèle. » (Siva Sutra)

C’est dans la  » caverne du cœur « , disent les Upanishads, que l’Absolu se révèle comme l’essence de notre être, comme notre propre « Soi ».

« Il s’agit de fondre le mental dans le cœur pour réaliser le Soi. » (Ramana Maharishi)

« Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. » (Jésus)

« Appelez de toute la force de votre cœur le Seigneur du cœur. » (Ma Anandamayi) »

Beaucoup plus tard:

« Maintenant il te reste à disparaître… en Moi »

Dans les traditions de l’Inde (sâmkhya, vedânta, tantra, jnana-yoga), le coeur (hrid ou hridaya) n’est pas associé au sentiment mais à la connaissance ; il n’est point le siège des sensations, émotions ou passions mais celui de conscience, de cette pure intuition lumineuse (atma-buddhi) qui voit directement les choses dans leur lumière véritable sans passer par l’intermédiaire du mental (manas).

De plus, dans les plus anciennes upanishads, le coeur est considéré comme le centre de l’« être vivant » individuel (jîvâtman), identique en son essence au Principe suprême de l’univers (Paramâtman ou Brahman). Notre individualité humaine est à la fois somatique et psychique ou, en termes hindous, grossière et subtile. C’est de tout ce composé – et pas seulement du corps matériel – que le coeur est le centre.

« Ce n’est pas tant ce qui se vit en dehors de toi qui a de la valeur, mais bien ce qui se vit au dedans. C’est la relation d’intimité que nous avons qui importe »

Vous ne devez en aucun cas, forcer l’esprit pour retenir les envols que vous fait faire l’Esprit d’Amour.. » (Paul de la Croix)

« Le Cœur est le centre à partir duquel tout jaillit. C’est parce que vous voyez le monde, le corps, etc. que l’on dit qu’il y a là un centre appelé le Cœur. Quand vous êtes établi dans le Cœur, ce Cœur est appréhendé comme n’étant ni le centre ni la circonférence. Il n’y a rien en dehors de lui. » (Ramana Maharishi)

« L’amour divin est la graine, le satsang est la pluie, l’Abandon est la fleur, et le fruit est la Réalisation. » (Maa)

« Cœur est ton nom, ô Seigneur. » (Ramana Maharishi)

« La distinction entre le Divin transcendant et le Divin personnel n’est pas  originaire de l’Inde ni de l’Asie ; c’est aussi un enseignement européen reconnu dans la tradition  chrétienne. » (Sri Aurobindo)

« PARLE-MOI, SOUVENT »

« RAPPELLE-TOI QUE MON UNIQUE VISÉE  EST DE RÉVÉLER L’AMOUR, EN FAISANT DE TA PETITESSE  UN CANAL DE PAIX  POUR BEAUCOUP D’ÂMES  ” 

« LA VÉRITÉ NE VIENT PAS DE TA PENSÉE, MAIS DE TON COEUR. »

Dans les chemins spirituels la dynamique est très différente selon la manière dont on aborde le Divin.

Si je m’élance vers la Réalisation immanente, la quête du Soi, alors je me perds, le moi disparaît et par suite je perds toute action dans le monde, dans l’Absolue Présence.
Si je réalise le Divin Transcendant, comme un autre, un Au-delà de Tout, mais qui cependant fait mouvoir tout l’être  temporel, je deviens un tout petit enfant du Sublime, innocent et aimant.
Mais quand la conscience réalise l’Immanence et la Transcendance, elle devient aussi instrument de manifestation divine dans ce monde.

 

***

Où vas-tu me chercher, fidèle ?
Regarde, Je suis près de toi.
Je ne suis ni dans les temples, ni dans les mosquées,
ni dans le sanctuaire de La Mecque, ni sur la montagne Kailash.
Je ne suis ni dans les rites, ni dans les cérémonies,
ni dans l’ascétisme du yoga et ses renoncements.
Si tu me cherches vraiment, tu me verras soudain,
tu me rencontreras au détour du chemin…       (Kabîr)

*

La découverte du lieu secret et silencieux du coeur est donnée par grâce

Maintenant, laisse-toi porter…
et écoute !

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Ma grâce te soutiendra toujours.

 

 

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*

Coeur Divin est l’Amour, le principe de toute Vie

*

*

 

 

 

 

 

 

 

« La crise écologique est d’abord une crise spirituelle »

Editions des Syrtes (23 août 2018)

Jean Claude Larchet est un théologien orthodoxe – docteur en philosophie et théologie et professeur des Universités

 

 

 

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Les racines de la crise écologique que nous traversons actuellement sont très anciennes. Et il s’agit d’abord d’une crise spirituelle. Jusqu’à la fin du Moyen Âge, il y avait, dans la société traditionnelle occidentale, un sens aigu de la sacralité de la nature. Parce qu’il y percevait la présence et l’action de Dieu, l’homme nourrissait à son égard du respect. À la Renaissance s’est développé l’humanisme et l’homme a perdu ce sentiment d’un lien entre Dieu et la nature. La nature n’a plus été considérée que comme un objet, utilisable par l’homme à ses propres fins, comme un ensemble de ressources à exploiter. À la même époque est apparue chez Descartes l’idée que la tâche de l’homme est de se rendre maître et possesseur de la nature. L’homme s’est alors attribué un pouvoir sur la nature qui n’était auparavant reconnu qu’à Dieu, et qui n’était plus de l’ordre du respect mais d’une domination et d’une exploitation sans limite. Cette attitude s’est développée à la fin du XIXesiècle et au XXe siècle avec le développement de l’industrie et de l’agriculture intensive suscité par le capitalisme. Fondées sur le rationalisme des « Lumières » les sciences ont remplacé l’approche intuitive et contemplative de la nature par une froide approche rationnelle, et la technique a transformé l’usage respectueux de la nature en une exploitation forcenée et destructrice de ses ressources, avec un développement croissant qualifié de « progrès ».

Qu’est-ce que le progrès ?
Il y a eu un changement considérable dans la façon dont on a conçu le progrès. Avant, dans notre société occidentale, comme dans toutes les sociétés dites « traditionnelles », le progrès était conçu comme spirituel, il s’agissait d’un progrès intérieur. À partir de la Renaissance, le progrès est devenu un progrès extérieur, ne se réalisant que dans l’accumulation de biens, dans l’accumulation matérielle. Il y a eu une transmutation, une dévaluation. Nous sommes passés de la recherche d’un progrès dans l’être à la recherche d’un progrès dans l’avoir. Mais cette extériorisation de la notion de progrès aliène complètement l’humanité. Le capitalisme a imposé cette idée très ‘bourgeoise’ que le bien-être consiste en une accumulation de biens matériels et dans la jouissance d’objets de consommation sans cesse renouvelés. La logique de croissance indéfinie dans laquelle nous nous trouvons n’est pas la bonne pour sortir de la crise écologique : il faut entrer dans une logique de décroissance et renouer avec un bien-être fondé sur le spirituel par un retour aux vraies valeurs.

sur orthodoxie.com

C’est donc une question cruciale pour notre temps et pour notre avenir qu’aborde Jean-Claude Larchet dans son dernier ouvrage. L’originalité et la pertinence de son approche résident dans ce qu’il va à la racine de cette question et ce fondement, comme pour tout, est spirituel, sinon, l’on se contente d’une agitation superficielle qui ne fait que repousser les problèmes. Il le fait de manière très pédagogique en se fondant sur la Bible, la tradition patristique et ascétique. Tout d’abord, il examine la place de l’homme dans la Création, celui-ci dit-il est son « couronnement ». Il a pour responsabilité d’en être le gardien, d’être le médiateur entre Dieu et la nature et d’en user tout d’abord et avant tout dans la dynamique d’un cheminement spirituel dans lequel tout prend son sens plénier et sa cohérence. L’auteur s’attache aussi à montrer comment le péché de l’homme rejaillit sur la nature. Un autre apport non moins passionnant de l’ouvrage est l’historique de la situation actuelle. Celle-ci prend son essor à la Renaissance, lorsque la pensée en Occident s’éloigne de l’enseignement chrétien et s’appuie toujours plus sur le rationalisme, le naturalisme, l’individualisme, le dualisme corps-âme, la mécanisation des corps (et des animaux), le capitalisme, le mythe du progrès et de la toute-puissance de la technique. Cette situation est également déclinée en lien avec les passions, car celles-ci s’y expriment pleinement. Là, Jean-Claude Larchet est dans le prolongement de plusieurs autres de ses ouvrages sur la théologie ascétique dont il montre qu’elle est aussi au cœur de ce sujet. Enfin, le livre se termine par des voies ascétiques de restauration des relations de l’homme avec la nature, restauration qui passe par la sobriété et la décroissance. Ce nouvel ouvrage, qui offre une synthèse nécessaire et très utile, est appelé à être une référence sur cette question pour tous ceux qui veulent aller au fond des choses.

Limite n°13 – janvier 2019 

 

Ayahuasca, chacruna et … business

Investigations & Enquêtes

Guidés par des Chamanes, guérisseurs indiens, ils vont aller boire une décoction amère, l’Ayahuasca, un psychotrope qui les emmènera en transe, à l’intérieur des méandres de leur âme. Chaque année, ils sont des centaines de Français à partir au Pérou pour un voyage d’un genre différent. Un voyage à l’intérieur d’eux-mêmes, en quête d’aventures nouvelles et de sensations fortes ou à la recherche de réponses à leurs interrogations personnelles. Autrefois réservée aux routards, drogués et allumés en tous genres, cette expérience initiatique est devenue aujourd’hui un objet de curiosité à portée de tous les touristes, et des centres de vacances se sont créés pour les accueillir. Enquête au Pérou avec un groupe de ces « touristes psychotropiques » sur cette nouvelle tendance du tourisme extrême.

 

 

L’ANGE RINALDI LE PRINCE ITALIEN messages des 27 et 29 Mai 2019

Rencontre des 27 ET 30 MAI 2019

Voici un texte qui est le message intégral de ma rencontre avec l’Ange Rinaldi    un prince italien du XIIIème siècle . Rinaldi est un Veilleur de Nuit . Je l’ai compris après avoir eu le message dans son intégralité . Les veilleurs de nuit sont des anges , qui ont demandé à venir sur terre , afin d’accomplir une mission bien spécifique ,  qui les met au plus près des Humains . Cette rencontre avec Rinaldi  m’ a permis de revisiter une époque ,  et de faire des recherches très intéressantes sur l’histoire de l’Italie de la fin du Moyen Âge .

L’ANGE RINALDI

LE PRINCE ITALIEN

Rencontre des 27 ET 30 MAI 2019

Le Dimanche 26 Mai , se dessine sur la page , un ange magnifique , auréolé de perles , et dont le voile , comme à l’accoutumée , dissimule toutes sortes d’animaux célestes , mêlés à des chapelets d’angelots , qui donnent l’impression de chanter.

L : Ange Rinaldi ?

_ Oui lulu . Je suis un ange doré qui tient dans ses mains les secrets du Ciel et les garde précieusement pour les temps à venir, où ils seront divulgués à l’Homme Nouveau .

L : Je suis très honorée de te connaitre , ange très saint. Es-tu le serviteur de Dieu de Jésus et de notre sainte Mère Marie ?

_ Je suis leur humble serviteur depuis la nuit des Temps , et jusqu’à la fin des Temps .Je les aime et je les adore , tout au long des jours et des nuits , dans votre temps terrestre . Je suis leur enfant chéri , et je suis béni parmi les anges du Seigneur , pour les siècles des siècles.

L : Cher ange , peux-tu me dire ce que représentent ces chaines d’angelots, dans ta coiffe ?

_ Ce sont des chœurs angéliques , et on les voit chanter à tue-tête .

L : Comment trouves-tu ton portrait ?

_ Magnifique ! Et très beau en noir et blanc .

L : Pourquoi les dessins sont-ils formés de perles ?

_ Le portrait est très réussi , mais tu n’a pas bien compris le sens des dessins . Effectivement , il y a énormément de personnages ,imbriqués les uns dans les autres , et surtout des animaux . Mais leur contour a été fait de perles , pour être plus précieux . Ces perles entourent le choeur des anges, et la préciosité des perles , s’accorde avec le chant mélodieux des chœurs angéliques .

L : Dis-moi , Rinaldi , comment un ange de ton rang , qui détient les secrets du Ciel , peut-il se trouver parmi nous ?

_ Je suis venu pour voir un peu , ce qui se passe , avec le livre des anges , et j’ai été envoyé par le Seigneur . N’oublie jamais qu’il te protège , mon amie, Courage ! Dieu est avec toi , et nous tous  , pour notre livre .

L : Pourquoi es-tu si triste , sur le portrait ?

_ Car je souffre pour vous. Votre futur m’importe et me pose problème ,et je ne sais plus ce qu’il nous faut faire, pour vous persuader de changer .Nous prions et nous supplions pour vous , en espérant que Dieu nous écoutera .

L : Il me semble pourtant qu’il y a un véritable retour à la foi , et beaucoup de jeunes aspirent à une forme de spiritualité ,même ceux qui n’ont pas eu d’éducation religieuse ou dont les parents sont athées .

_ En effet , tout cela fait partie de notre travail , et il commence à porter ses fruits. Avec les anges , les Justes et les Veilleurs de nuit , aidés par des êtres venus d’ailleurs , nous progressons . Tu remarqueras qu’il y a de plus en plus de personnes extraordinaires , sur les réseaux sociaux , surtout des enfants . Ils sont là pour vous montrer l’exemple .

L : Je n’ai pas bien compris l’inscription sur le dessin ? :                                                    « Ecris ici pour ton maître » ?

_ Cela signifie que Dieu t’a donné une tâche à accomplir,  et tout ce que tu traces , ce que nous avons tracé avec toi, est voulu par Dieu, et vient de Dieu.

L : Merci mes amis d’amour !

Rinaldi , peux-tu me donner davantage de détails sur ta fonction ? Es-tu placé près du Créateur ?

_ Placé n’est pas vraiment le mot. Mais oui , je gravite autour du Seigneur , et je l’approche de très près .

L : Comment te fait-il comprendre ta mission ?

_ C’est très simple . J’entends sa voix, et je me plie aussitôt à sa volonté .

L : Tu es le gardien des secrets du Ciel ?

_ De très grands secrets , dont certains vous concernent .

L : La purification de la Terre a-t-elle commencée ?

_ Oui , et vous devez vous préparer à de nombreux cataclysmes. Mais des myriades d’anges , prient et implorent pour vous , conduits par Jésus , notre sainte Mère et tous les Saints .

L : Dieu entendra-t-il votre voix , et la nôtre ?

_ Seule la Prière vous sauvera !

L : As-tu été incarné , mon ami ? Ton nom a une consonance italienne , et c’est un nom assez familier dans notre société humaine .

_ Oui . Il y a très longtemps .

L : Et en dépit de cette incarnation , c’est toi qui détiens un poste aussi important ?

_ C’est le mérite apprécié par Dieu qui nous place à certains postes de la hiérarchie, avec des responsabilités, plus ou moins importantes. Il se trouve que j’ai été distingué par le Seigneur , car je fus un héros de guerre , et j’ai sauvé mon peuple d’attaques cruelles , manigancées par le Perverti.

L : Puis-je savoir à quelle époque ? Etait-ce en Italie ?

_ En Italie , au treizième siècle .

L : Tu étais un soldat ?

_ Non , un prince au cœur tendre, et Dieu m’a rappelé, pour me garder auprès de lui. J’ai sa confiance, et je suis à la tête de milliers d’autres anges, que je forme dans diverses activités .

L : Lesquelles ?

_ Ils doivent pouvoir voler au secours des humains, si besoin est, et si la situation le réclame. Mais pour cela, il leur faut changer de vibration, et je les entraîne à le faire, très rapidement. J’enseigne aux jeunes anges incarnés, nouvellement arrivés chez nous ,  comment se comporter avec les âmes, et cela demande, en fait, beaucoup de travail et d’énergie.

L : Je croyais que les anges avaient une force colossale ?

_ Oui , par rapport à vous. Mais au Ciel, tout cela est fort différent. Nous sommes dans une énergie vibratoire, que certains ne savent pas bien contrôler.

L : Merci Rinaldi . Bénis-moi et protège-moi , mon ami !

L:  Concernant les vibrations, tes propos me rappellent ceux de l’ange     Malvina ,qui tire les âmes vers le Ciel, à l’aide d’une échelle invisible, en instruisant d’autres angelots à cet effort. En effet, la densité angélique est différente de la nôtre, et l’âme conserve un certain poids qu’il faut parvenir à adapter .

L: Tu dis que l’énergie vibratoire est difficile à contrôler. Je me souviens d’un message de l’an dernier, qui confirme ta propre expérience, et dans lequel les anges me déclaraient : « La puissance de nos vibrations doit être accordée aux vôtres , de façon à communiquer, ou provoquer un événement physique ou mental »

_ Tu as tout compris, concernant les vibrations célestes et terrestres , ainsi que la densité des âmes. Tu dois savoir que nous sommes très fiers de ton travail. Ne t’inquiète de rien. Mon aide et ma protection te sont acquises, et tu vas en voir les effets très rapidement.

L : Rinaldi , ange d’amour , fais que le livre , votre livre, soit bien accueilli, et donne-moi la force de l’expliquer avec clarté ,avec émotion ,et avec le désir d’aider et de consoler en votre nom ! 

_  Tu as écrit notre livre, lulu ,  et tu as montré l’empreinte divine des anges, car telle était la volonté de Dieu . Nous t’aimons et nous te bénissons pour toujours, et jusqu’à la fin de ta mission .

Le Prince Rinaldi

Quelques jours après cette merveilleuse rencontre , je m’informe auprès de mes amis :  Rinaldi est-il parti ?

_ Non , il reste avec nous quelques temps pour t’apporter son aide .

Aussitôt l’ange me répond :

« Je suis avec Mom , Nal et Namimer » .

L : Merci d’être là , mes amis chers !

L:  Je voudrais que vous m’éclairiez sur un point qui reste toujours difficile à intégrer ,celui de la véritable nature des anges . Purs esprits ou esprits incarnés, distingués par Dieu pour leurs mérites ?                                         Pourquoi Rinaldi, dit-il ,  qu’il est au Ciel depuis la nuit des temps , alors qu’il a été incarné , en tant que Prince, et héros courageux du treizième siècle ?  A-t-il été choisi pour cette mission ?                                                                  _  J’ai été choisi par le Seigneur , pour remplir cette mission , et venir en aide à ceux qui furent mes sujets , au cours de ces luttes intestines.

L : S’agissait-il des conflits entre Guelfes et Gibelins( les partisans du Pape contre ceux de l’empereur allemand Frédéric II) , qui se livrèrent une guerre de domination , sans merci ?

_ En effet, mais des atrocités furent commises et je suis devenu le défenseur de mes pauvres sujets .

L : Tu as vécu dans un siècle qui a vu naître des génies, écrivains , peintres et scientifiques , mais qui a été également une période de cruauté et d’injustice, dues à des luttes pour le pouvoir , dans toutes les villes d’Italie déchirées par la haine des familles princières , en particulier à Florence avec les Guelfes et les Gibelins .

 As-tu rencontré Dante le divin poète ?

_ J’ai connu Dante à ses débuts , un être exceptionnel , un génie inspiré , comme l’on en rencontre un seul par siècle , et même au-delà. Un être étrange et secret . J’ai aussi connu de très grands peintres de cette époque , et je suis fier de dire, que c’était vraiment un siècle extraordinaire !

L : Je suppose que tu étais au fait, des croisades de Saint Louis ?

_ Bien sûr, mon amie , le roi pieux , dont la réputation a traversé toutes les frontières de l’Europe .

L : Puis-je savoir de quelle région ou de quelle ville , tu as été le Prince ? ( J’ai pensé à Florence , mais je n’ai pas retrouvé le nom des Rinaldi , parmi les familles nobles de la cité )

_ Non , tu ne peux pas le savoir , car c’est un secret .

L : Pourquoi ?

_ Il y a dans l’Histoire, des secrets si abominables , qu’ils ont été relégués aux oubliettes , pour ne pas porter préjudice aux descendants d’une famille , ou à ceux qui en étaient les auteurs . Noblesse oblige !

L : Es-tu mort au cours de ce triste épisode ?

_ Oui , mais je connaissais déjà mon sort , puisque j’avais été choisi pour la mission .

L : As-tu réussi à sauver quelques-uns de tes sujets ? T’es-tu sacrifié pour eux ?

_ J’ai sauvé presque tous mes sujets , lulu , en échange de ma vie et de celle de mes proches , tant aimés .

L : Comme tu as dû souffrir , mon ange divin !

_ Le martyre , à la fois physique et moral , de voir souffrir les miens .

L : Quelle horreur !

_ Oui , mon amie . Quelle horreur et quel supplice indicible ! Je crois que le Seigneur , de temps en temps , veut éprouver ses anges , et il les envoie sur Terre en mission , aussi périlleuse que douloureuse .Et c’est pourquoi , les Visiteurs du soir sont , à présent , très considérés et admirés par la hiérarchie angélique .

NB : L’ange Rinaldi a vécu dans ce XIIIéme siècle si fascinant, un mélange de civilisation , de prospérité intellectuelle , commerciale et artisanale, régi par des lois sociales administratives et judiciaires presque modernes , un siècle qui a vu naître des êtres hors du commun , pour ne citer que Dante , Pétrarque , Boccace Saint François d’Assise , Giotto et tant d’autres . Mais ce siècle a été celui de toutes les rivalités , celui des guerres sanglantes entre princes des cités italiennes , pourtant prospères ,  et partisans des papes . Guerres d’influence pour le pouvoir et l’argent, dont la plus célèbre a été celle des Guelfes et des Gibelins , avec son cortège d’atrocités et d’injustices.

Dante en témoigne dans un épisode de la Divine Comédie , où il évoque l’histoire du Comte Ugolin,  enfermé dans une tour ,avec ses quatre enfants , par l’archevêque Ruggieri degli Ubaldini , qui jeta les clés , et les laissa mourir de faim. .

J’ai fait des recherches pour retrouver le Prince Rinaldi , mais il y a des centaines de famille nobles à Florence aussi bien que dans toute l’Italie . J’en suis arrivée à la conclusion que ce n’est peut-être pas son véritable nom. En effet , l’ange me confie qu’il s’agit d’un secret, et que ni le nom ,ni le lieu ne doivent être divulgués , pour protéger de l’infamie , les descendants des familles princières .

 

l’Homme est le lien entre le monde créé et le monde créateur

Adda 

 

Dans un article du 15 janvier 2015, j’ai eu l’occasion de présenter le livre  » Dialogues avec l’Ange« .  Dans ce livre passionnant qui raconte les dialogues avec l’Ange survenus entre le 25 juin 1943 et le 24 novembre 1944 j’extrais aujourd’hui uniquement ce message de l’Ange :

« Il y a un miroir merveilleux en toi,
il révèle tout, il repose en toi
et c’est LUI qu’il reflète.
Mais seulement s’il y a Silence. »
(Dialogues avec l’ange, Entretien 17 G, p. 98)

Je suis revenu sur la teneur de ce livre dans un article du 27 août 2016 :  » Attention ce n’est plus moi qui parle » et je retiens ce message :

 

le germe est la mort du grain,

les petits habitants de la terre ne voient que sa mort

parce qu’ils ne voient pas la pousse qui est au-dessus de la terre :

Le nouveau germe, le nouvel oeil, le nouvel être.

Tu as donné l’éphémère en échange de l’éternel et celui qui donne reçoit.

Le nouvel être est UN car il est au-dessus de la dualité.

Ne crains pas la mort, elle n’existe pas, si tu agis avec moi tu ignores la mort.

Prends garde, ce que je viens de dire est grave.

 

Aujourd’hui je reprends des extraits d’une conférence donnée le 19 février 2019 par Marguerite Kardos et ses invités l’Archevêque Germain, de l’Eglise Catholique Orthodoxe de France et Juliette Binoche, qui a souvent témoigné publiquement de l’importance que revêt pour elle ce texte, devenu son « livre de chevet ».  Ces extraits sont tirés d’une publication du 4 avril 2019 sur le site  ADDA – Association pour la Diffusion des dialogues avec l’Ange- présidée par Marguerite Kardos.

« Ce que tu sens maintenant, c’est la transition. (…)
Toute transition est épreuve. (…)
SI TU TE TRANSFORMES –,
LA MATIÈRE – ELLE AUSSI –
EST OBLIGÉE DE SE TRANSFORMER. » (E30L, p. 185-186)

Que dit l’Ange de l’âme ?:

« L’ÂME EST LE VIN, ELLE PORTE L’IVRESSE (E18L, p. 106)

« G. Qu’est-ce que l’âme ? Qu’est-ce que l’esprit ?
L’esprit est – Créateur,
L’âme – intermédiaire,
Le corps – matière ». (E21G, p. 125)

« Le but est : faire le lien.
Sans lien, rien ne vit. (…)
L’esprit pétrit la matière.
La matière appelle l’esprit. (…)

SOMBRER DANS LA MATIÈRE – 
C’EST LA MORT.

S’ÉLANCER DANS L’ESPRIT –
C’EST DU PASSÉ

MAIS MAINTENANT LA VOÛTE SE FORME, LE LIEN. » (E64, p. 310)

Si l’homme ne dépend pas de LUI seul, il n’est pas libre.

 

« L. Parle-moi de l’interdépendance du corps, de l’âme, de l’esprit.

-S’ils s’élèvent vers LUI, il y a interdépendance.
Sinon, tout s’écroule,
tout devient poussière et cendre, même l’esprit,
s’ils ne s’élèvent pas vers LUI. (…)

SI TU DÉPENDS DU CORPS –
TU N’ES QUE CORPS.

SI TU DÉPENDS DE L’ÂME –
TU N’ES QUE CORPS ANIMÉ

SI TU DÉPENDS DE L’ESPRIT – 
TU N’ES QU’HOMME.

SI TU DÉPENDS DE LUI –
TU ES TOUT.

NE DEPENDS  QUE DE LUI,
ALORS CORPS  ET ÂME, ESPRIT ET LUI, SERONT UNIS !
À sa dépendance tu peux reconnaître chacun.
Enseigne la vraie dépendance, la seule liberté,
car tout le reste est esclavage ! (…)
Tout dépend de quelque chose, sauf l’homme.
L’HOMME DÉPEND DE LUI. » (E33L, p. 204-205)

« G. Quelle est la vraie liberté ?
SERVIR ! Si tu sers, tu es UN avec LUI. » (E18G, p. 103)

L’Ange évoque le cœur comme :

« Le sanctuaire des sanctuaires. Le lieu où IL habite.
Le lieu de la Grâce, le Calice » (E24G, p. 141)

« Dieu souhaite que l’homme lui donne un refuge en lui, ce temple en l’homme, c’est le cœur. L’Esprit Saint se faufile dans notre cœur qui est le centre de l’être. C’est le lieu de l’intimité de l’homme avec Dieu et de Dieu avec l’homme. C’est la chambre secrète à laquelle l’homme accède soit par la liturgie, soit par le face à face direct, soit par les deux. »

« DANS LA PROFONDEUR DU CŒUR
L’AUBE POINT LENTEMENT.

DEDANS, NOUS LA VOYONS DÉJÀ,
DEHORS, VOUS NE VOYEZ QUE 
LA SOUFFRANCE DE LA TERRE.

IL N’Y A QU’UNE SOUFFRANCE :
« ÊTRE AU-DEHORS. » (E53, p. 277)

« À LA PLACE DE LA LUMIÈRE SANS CORPS 
ET DU CORPS SANS LUMIÈRE,
LE NOUVEAU, LES DEUX AMANTS UNIS.
LE VERBE DEVIENT CHAIR,
ET LA MATIÈRE DEVIENT LUMIÈRE. » (E83, p. 363)

« Le battement du cœur de l’Univers
est un avec le battement de ton cœur. » (E24 L, p. 144)

« LE CŒUR DIVIN BAT DANS LE CORPS DE L’HOMME.
Le Cœur divin est Feu, Lumière ». (E78, p. 347)

« Le Cœur-Lumière embrasse tout, rayonne partout, 
IL AGIT. » (E62, p. 301)

« Le Seigneur est le Silence. 
Au sein du Silence reposait le Son. 
Il est devenu corps. Il est né. 
L’Amour est la première projection. 
LE CORPS N’EST RIEN D’AUTRE 
QU’AMOUR DEVENU MATIÈRE
C’est LUI qui œuvre»  (E88, p. 380)

Pour conclure, Marguerite Kardos dit en hongrois le passage suivant, puis Juliette Binoche le lit :

« Si vous élevez votre cœur très haut,
alors la Lumière peut venir. 

Brûlez !
Vivez ! Remplissez-vous de Lumière !
Levez-vous ! Éveillez-vous !
Votre Lumière est nécessaire.
Votre être brûle.  »
 (E87, p. 378)

 

 

Le déni français de religiosité du bouddhisme

 

Les dévots du bouddhisme  – 15 septembre 2016

 Préface de Charles Ramble, professeur de tibétologie à Oxford et à l’EPHE

UNE ENQUETE DE PLUSIEURS ANNEES AU CŒUR DES MILIEUX BOUDDHIQUES OCCIDENTAUX QUI VIENT FAIRE VACILLER TOUS NOS PRESUPPOSES. AU FIL DES RENCONTRES, DES EXPERIENCES RACONTEES, DES TEMOIGNAGES RECUEILLIS IL DEVIENT EVIDENT QUE LE BOUDDHISME N’EST RIEN D’AUTRE QU’UNE RELIGION. QUI PLUS EST, SA VERSION OCCIDENTALE CONNAIT DE TRES NOMBREUSES DERIVES : ORGANISATION SECTAIRE, DERIVES SEXUELLES, PYRAMIDES FINANCIERES, HUMILITAIONS HIERARCHIQUES… ETAT DES LIEUX.

L’auteure a soutenu en 2013 une thèse :

« Ceci n’est pas une religion» : l’apprentissage du dharma selon Rigpa (France)

par Marion Dapsance

Thèse de doctorat en Religions et systèmes de pensée

 

Sous la direction de Giordana Charuty.(Chaire : Ethnologie religieuse de l’Europe

Ecole Pratique des Hautes Etudes, section « Sciences religieuses »)

Soutenue en 2013

à Paris, EPHE , dans le cadre de École doctorale de l’École pratique des hautes études (Paris) .Le président du jury était Vincent Goossaert.

Dans Academia Edu  Marion Dapsance  s’oppose à la thèse soutenue en France par les médias et les intellectuels selon laquelle le bouddhisme n’est pas une religion mais une « spiritualité ».  La réalité observée sur différents terrains (Asie et Occident même) prouve le contraire. Comment expliquer l’écart persistant entre les représentations occidentales de cette tradition et sa réalité concrète ? La réponse est double : d’une part, le déni du religieux bouddhique sert trop d’intérêts pour être remis en cause, de l’autre, il résulte du contexte historique ayant prévalu à la constitution du « bouddhisme » comme catégorie occidentale au XIXe siècle. Le bouddhisme tel qu’il est aujourd’hui envisagé en Occident fonctionne essentiellement comme une arme idéologique pointée contre le christianisme.

sur Cairn.info

Marion Dapsance analyse une version du bouddhisme tibétain en Europe à travers le mouvement de Sogyal Rinpoché. L’ouverture de son centre de retraite international près de Montpellier en 2008 a attiré l’attention du grand public puisqu’il a reçu la visite du dalaï-lama, mais aussi à cause des scandales autour du leader, ses comportements excessifs envers ses disciples et des soupçons d’abus sexuels pesant sur lui. Le mouvement, aujourd’hui présent dans une quarantaine de pays avec 130 centres et des dizaines de milliers d’inscrits, débuta à Londres en 1978 où Sogyal Rinpoché fonda son organisation qu’il appela Rigpa. -cf Rigpa.fr

Bien que le cadre de l’étude soit la France contemporaine, l’auteure prend soin de mettre en perspective historique le groupe qu’elle étudie en rappelant les circonstances de la rencontre entre l’Occident et le bouddhisme au xixe siècle. Alors que le Bouddha était apparu auparavant comme un ensemble de figures hétéroclites en provenance des divers pays d’Asie, Eugène Burnouf, philologue parisien du xixe siècle, a compris qu’il s’agissait d’un même personnage historique sous de multiples formes régionales qui avait fondé en Inde une nouvelle religion, rationnelle et égalitaire en opposition à l’hindouisme.

…L’interprétation occidentale a fait du bouddhisme une sagesse ancestrale déjà conforme aux idéaux des Lumières. L’auteure décrit la trajectoire de certains des concepts du bouddhisme et les dynamiques de transformation lors de ce voyage de l’Orient à l’Occident, en insistant sur les liens entre des idées religieuses et des contextes politiques particuliers – par exemple, le nationalisme birman au xixe siècle et la méditation de « la pleine conscience » qui a pris son essor sous la colonisation du royaume birman par l’Empire britannique. L’opposition aux colonisateurs et à sa religion, le christianisme, passa par le biais du bouddhisme. L’auteure souligne aussi que la « médiation » est loin d’être une pratique majoritaire du bouddhisme asiatique, seule une minorité de moines se consacrait effectivement à la méditation (p. 78).

…L’ouvrage, basé sur une recherche doctorale de plusieurs années, est conçu comme un « Journal d’enquête » d’où un style d’écriture plutôt essayiste qu’analytique. Un point de vue subjectif qui décrit l’itinéraire personnel de l’auteur dans sa découverte du bouddhisme tibétain en France, puis son chemin dans l’organisation de Rigpa se mêle à des analyses historiques et sociologiques.

…Les parties les plus intéressantes du livre – d’un point de vue sociologique – sont, sans doute, les descriptions et analyses du langage particulier de l’organisation et de ses rituels, comme la méditation devant les « reliques virtuelles »

…À travers ces diverses analyses l’auteure fournit des éléments de réponse à ses questions principales : comment peut-on expliquer que dans une société individualisée comme en Europe autant de personnes soient attirées par une forme du bouddhisme qui se présente comme une organisation hiérarchique (et sexiste parfois), basée sur des rituels collectifs nécessitant une implication communautaire importante ? Comment les adeptes vivent-ils ce décalage entre l’idéal d’un bouddhisme présenté comme un chemin spirituel vers l’épanouissement personnel et la pratique de soumission à un chef religieux capricieux et autoritaire dans les centres Rigpa ?

…La réflexion de Marion Dapsance sur le mouvement Rigpa se laisse transposer à d’autres mouvements religieux contemporains – bouddhistes, chrétiens ou musulmans – qui s’appuient sur une forte construction communautaire et ritualisée. Comment la collectivité mobilise-t-elle ses individus au point de guider toutes leurs actions ?

…Une des clés de cette mobilisation se trouve, en ce qui concerne l’organisation Rigpa, dans la création d’un langage propre inculqué aux adeptes lors des formations et retraites à mi-chemin entre concepts bouddhistes et psychothérapeutiques. L’importance de la formation pour de nouveaux convertis (ou d’une socialisation très codifiée et normative dans le cas d’organisations religieuses qui recrutent leurs membres par la transmission parentale) semble être une condition essentielle pour fonder et maintenir un habitus de groupe. Dapsance décrit minutieusement cette formation intensive durant laquelle les adeptes de Rigpa apprennent le dogme et les pratiques religieuses en s’appuyant sur un matériel ethnographique très riche.

…Un autre élément pour comprendre la soumission des membres au groupe est la notion de « folle sagesse » qui fait accepter les extravagances d’une personnalité au nom d’une soi-disant tradition tibétaine.

…Marion Dapsance décrit d’une manière très convaincante pour Rigpa, ce que l’on constate aussi pour d’autres groupes s’appuyant sur une forte construction communautaire sous l’autorité d’un maître : la dévotion n’est pas un sentiment spontané qui naît de la rencontre avec le chef spirituel, mais d’une inculcation méthodique au sein d’une microsociété fortement hiérarchisée. Les analyses présentées dans Les dévots du bouddhisme permettent de réfléchir sur le fonctionnement des groupes religieux hiérarchisés à travers le cas de Rigpa.