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3 réflexions sur « Mondes intérieurs »

  1. Ce Monde intérieur semble bien être l’issue, dissimulée dans les replis du Temps, et donc inaccessible à nos sens communs. L’Épopée de la Conscience est infinie, et nos chemins multiples devront converger vers cette intériorité, si toutefois l’Aspiration sans objet est présente.
    C’est ce que pour l’instant, ce petit ego qui écrit, pense…. alors observons!

    La Jonction intérieure
    ou la Perception de « l’Autre ».
    = Eveil =
    Rencontre avec notre intime Réalité

    L’autre – dans le sens commun de l’altérité – est perçu le plus souvent comme ce qui serait différent de nous, de ce qui serait hors de nous, de nos schémas mentaux et ataviques. Et ici, cheminant vers cette intériorité souvent mal définie et donc encore trop floue, c’est un peu cela, avec cependant ce paradoxe que la découverte de cet « Autre » est une perception réunissant à la fois des aspects de différenciation et des aspects d’intrication.
    Ainsi, ce qui est « différent » n’est plus à l’extérieur, mais bien en nous-même. Cette différence là peut surgir de façon tangible, lors de l’entrée dans un Champ de Perception inconnu de notre monde extérieur, de notre gestion cognitive. Là, dans ce Champ, le subtil y est si ténu que nos sens communs les plus affinés ne sont presque plus à même de discernement, si ce n’est qu’ils peuvent tenter de jouer au début, un rôle d’intermédiaires – sorte de médiateurs – bien incapables toutefois de transmettre efficacement une Réalité qui les dépasse.
    C’est ainsi que l’individu – seul en lui-même – prend conscience d’une perception nouvelle au niveau d’un état-d’être, et non plus au niveau des sens.
    Ici, l’émotionnel, l’instinctif, les sensations et perceptions psychiques et mentales, sont relégués au silence. Et l’on peut même tenter d’affirmer que, tant que de telles sensations ou émotions perdureront, elles troubleront la claire perception de l’Autre, tel un miroir à facettes, ou la surface d’un lac agité par les éléments, déformant ainsi l’image du ciel.
    Ainsi, l’entendement qui prend son appui sur une telle perception, sera indubitablement faussé – et c’est sans doute l’un des obstacles majeurs qui nous détourne et nous projette dans les flots tumultueux de la multiplicité, le paradis des images et autres hologrammes.
    Dans ce royaume de l’illusion, beaucoup sont persuadés ou se persuadent avec une secrète angoisse, avoir trouvé le bon chemin vers dieu, leur dieu. L’homme peut alors se cramponner à un reflet évanescent – ces feux follets de l’illusion – qui n’a pour toute « réalité » que le potentiel psychique qu’il lui a lui-même attribué. Et ce, après s’être totalement investi dans cette recherche religieuse ou spirituelle, à dominante émotionnelle ou mentale, dont le terme doit le conduire aux pieds du dieu en question.
    Et il se peut en effet qu’il le trouve. Les exigences en la matière, ne sont pas insurmontables. Avec l’un ou l’autre de ces ingrédients, tels par ex. cette forte dose émotionnelle, une volonté tenace ou un désir ardent quasi viscéral de parvenir à « son » but – beaucoup de chercheurs ont déjà ainsi trouvé le dieu de leur attente, de leur petite chapelle. Autant de « prisonniers » du pays aux mille reflets… quelque part dans les limbes de cette sphère astrale, où les dieux pullulent comme autant de lucioles dans les ténèbres de la nuit spirituelle.

    L’autre aspect de cette perception si particulière, se rapporte à la Force d’intrication, également inaccessible aux sens communs, et qui se fait connaître en des instants souvent fugaces, parfois surprenants dans leur contexte, mais toujours inopinés. Ces instants où « l’individuum » parvenu à ce passage très singulier connu de lui-seul, perçoit cet Autre, comme une Présence intérieure silencieuse, comme le Silence Vivant du Soi qui efface tout, en dissolvant toutes les scories. 
    Là – précisément- où un Souffle venu d’Ailleurs fait vaciller le temps, arrachant l’homme à
    sa gangue mortelle – là s’élève alors la Puissance de l’Intrication – Éveil flamboyant de notre Conscience Primordiale – celle de l’Unité. Cette Unité indissoluble qui était nôtre sans doute, avant que nous ne revêtions ce véhicule de la division aux multiples dimensions, dont la densité et l’opacité ne peut cependant pas totalement empêcher la Lumière de nous parvenir, et d’être perçue comme la Réalité.

    Quelque part en nous – au-delà de l’au-delà – nous percevons ou ressentons de manière intuitive, que nous ne sommes pas seulement, celui qui existe là, temporellement.
    Les impulsions, les instincts grégaires, les sensations émotionnelles, les exaltations mystiques ou religieuses, sont toujours les puissants narcotiques très prisés dans notre monde de la division. Émanations d’égrégores ou de champs morphiques, inconscient collectif ou noosphère, auxquels nous participons tous inconsciemment le plus souvent, en tant que co-créateurs. Leur vocation pourrait être entre autres, de faire en sorte que nous continuions à nourrir nous-même notre angoisse existentielle déclarée ou latente. Ainsi chercherions-nous toujours, à nous réfugier dans le confort des certitudes, des structures établies et rassurantes, perpétuant ainsi le mythe de Sisyphe, en remplissant et nourrissant sans cesse ces méga baudruches mentales, que sont ces égrégores insatiables, et autres magmas psychiques.

    Car cette angoisse est un puissant moteur de division – une entropie exponentielle par nature – qui s’en repaît continûment, alimentant ainsi le flot infini des divergences.
    A quelque niveau que ce soit, nous courons toujours le risque de nous enliser dans l’un des multiples aspects du registre mental ou émotionnel. Le risque de tomber plus profondément dans ces tourbillons vertigineux, tant que la conscience de cet « Autre » ne nous a pas « surpris » par la fulgurance de son intensité.
    Ces tourbillons émotionnels peuvent être observés à des degrés divers par chacun d’entre nous, dans notre existence quotidienne. Ils sont toujours engendrés par la confrontation d’au moins deux aspects – soit opposés, soit complémentaires. Et c’est le contraste ainsi mis en relief par cette rencontre des différences – de nature ou d’intensité – qui va générer l’impact émotionnel.

    Celui-ci est toujours porteur d’illusions, d’errements ou d’obscurité si nous y donnons suite, ou pire si nous y succombons. Il agit alors tel un champignon hallucinogène qui pousserait sur le substrat « humide » et  « sans lumière » de notre propre dualité.
    La réaction émotionnelle est ainsi déclenchée par un mécanisme mettant en action – d’une part une mémorisation récente ou ancienne, d’un désir, d’une idée, d’un concept, d’une ambition – et sa rencontre fortuite ou calculée, avec « quelque chose » qui va produire le choc émotionnel.
    Il sera alors dirigé, soit dans une orientation attendue plus ou moins tacitement, pour notre propre satisfaction – et ce sera une émotion dite « heureuse » – soit dans un sens qui se place en contradiction avec nos attentes ou espoirs secrets ou avoués – et ce sera l’émotion dite « malheureuse ».
    Avec bien sûr les mille et une nuances intermédiaires possibles.
    Ainsi, lorsqu’une personne attend avec fébrilité, une bonne nouvelle par ex. et que l’on frappe à sa porte pour lui faire part d’une douloureuse annonce, le choc émotionnel sera très fort – plus fort que si cette même personne avait été dans un état-d’être empreint de sérénité, sans attente ni souhait particuliers, avec une forme de recul sur les événements, ce qui aurait démontré il est vrai une certaine forme de sagesse.
    Plus le contraste est puissant, plus le décalage est marqué, plus l’émotion est forte et souvent ruineuse. Et ce contraste est l’émanation-même de notre propre dualité. Idem pour les émotions « heureuses ».
    Ainsi, cette dualité engendre-t-elle constamment de multiples contrastes qui – à leur tour –
    génèrent et font éclater des bulles émotionnelles à la surface de nos existences terrestres. Nous appelons cela « la vie », à défaut de connaître autre chose.
    Mais des conséquences induites rejaillissent sur nous qui accréditons sans réserve, et souvent inconsciemment, cette dualité comme étant l’unique réalité. Et cela, sans même chercher à la débusquer par une vigilante observation, sans se risquer alors à la regarder en face, sous la la lumière crue d’une conscience éveillée – ces conséquences ont alors le poids d’une chape de plomb qui étouffe toute velléité de manifestation de notre âme-conscience.
    D’antiques traditions parlent de ce Joyau d’Eternité qui participe d’une Autre Réalité où toute émotion est inconnue, parce que dissoute spontanément, tout simplement, par manque des ingrédients entropiques nécessaires à son existence parasite.

    (Étymologiquement, « émotion » veut dire « dérangement ». Le terme vient du verbe latin emovere, qui signifie « déranger ».
    Fondamentalement, toutes les émotions ne sont que des variantes d’une seule émotion primordiale et non particularisée dont l’origine remonte à la perte de Conscience de ce que nous sommes, au-delà du nom et de la forme . Eckhart Tolle)

    Et encore, la Tradition était bien inspirée de cela, en disant que « toute émotion est un poison pour l’âme».

    Cette autre Réalité, dont « Quelque Chose » en nous peut être témoin de l’émergence – Véritable éclosion du Silence – semblable à une onde de force remontant des profondeurs, et qui nous surprend – ici – à la surface de l’être, malgré les filtres déformants de nos sens subtils. Cet « Autre » peut donc être ressenti comme un mouvement intérieur, une spirale ascendante qui rapproche l’homme de la perception de l’Unité.

    Cette Perception semble ainsi être le fruit longuement mûri d’un cheminement solitaire…au fil des vies (?)… d’un processus individuel, dont le déroulement échappe en totalité à toutes manipulations humaines : Mentales, émotionnelles, ou psychiques.
    Ainsi, peu importe le lieu, l’heure, la posture ou la méthode – puisque la disposition de nos éléments intérieurs – celle qui permettra, ou non, que la jonction s’établisse – est le résultat de nos multiples recherches, de nos prises de consciences successives, de nos « certitudes » intuitives, souvent fugaces mais toujours marquantes, de nos choix d’existences, mais aussi de nos vicissitudes constructives, et de nos aspirations qui – si tout est bien – convergent vers la seule Aspiration, l’Unique Essentielle à notre Vie intérieure.
    Alors disciplines, pratiques et techniques ne sont là le plus souvent, que pour faire le jeu du mental, de l’intellect, fiers représentants de notre ego qui ne veut pas encore « lâcher prise ». Car la seule discipline ou la seule pratique – si l’on tient encore à utiliser ces termes – est celle qui sous tend notre comportement-de-vie dans la quotidienneté de chaque instant, en pensée, en paroles et en actions. Et ce ne sera certainement pas le truchement d’artifices techniques, qui ne sont qu’une piètre tentative de compensation à notre manque de vigilance, de lucidité, à nos faiblesses quotidiennes, qui pourrait en aucun cas, provoquer la Jonction avec cette Autre Réalité.

    Nous pourrions alors être tenté, par une piètre imitation des « dispositions intérieures », de nous lancer dans la pratique de postures extérieures, de disciplines extérieures, de maîtrises extérieures – cet « extérieur », qui est le fief approprié de l’ego, cet univers de la dualité, qui englobe tout naturellement les différentes sphères d’influences environnantes. On pourra certes, avec de l’endurance, parvenir à établir une liaison avec l’une ou l’autre de ces différentes sphères d’influences, repoussant ainsi un peu plus loin les murs de notre prison… tout en croyant en être libéré !

    Toutefois, on peut espérer que la « vigilance » de « l’observateur intérieur », portant en lui le sceau de l’authenticité, nous permettra de déceler au travers d’une singulière expérience individuelle, la bonne perspective du chemin à venir. On peut avancer que cet « observateur » n’est pas issu de notre monde dualiste.
    Nous sommes tous, comme toute la nature et l’univers, un agglomérat de particules subatomiques vibrant à certaines fréquences, et donc maintenu en  cohérence , par ces champs vibratoires, ces champs d’informations de notre univers hologramme, (cf. des physiciens tel : David Bohm, Juan Maldacena etc..), ces « champs de forme », comme le rappelle Rupert Sheldrake, d’une précision inouïe. Ces particules élémentaires, sont elles-mêmes issues de micro-champ vibratoires, et c’est notre cerveau, comme chacun le sait, qui décrypte et traduit ces fréquences en images et perceptions 3D.
    Tout notre environnement est ainsi un gigantesque bouillonnement de vibrations qui nous traversent de toutes parts, de la plus dense à la plus subtile… et au-delà même, et qui sont vecteurs d’informations. Ainsi, nous sommes sans doute sous influence sans en être vraiment conscient. Et c’est là, que l’ouverture à cet « observateur intérieur » pourrait nous guider vers l’Essentiel, au-delà de la dualité.

    C’est sans aucun doute un cheminement solitaire, car personne ne peut parcourir ce chemin à notre place. C’est comme de la rando sur un sentier rocailleux et très escarpé en montagne. Ce sentier solitaire est à la fois attirant, même captivant et en même temps inquiétant voir repoussant si la peur rode alentours.
    Et cet inconvénient majeur, pour certains, les a conduit à la pratique d’une solitude artificielle et organisée. On peut les retrouver dans les monastères et les ermitages de toutes confessions. Car, au tréfonds de nous-même, nous savons bien ou pressentons inconsciemment encore, que cette solitude est le passage « obligé » – la fameuse Porte étroite, vers l’approfondissement, et la découverte de notre Réalité intérieure.

    Car à ces questions mille fois posées : «  Qui sommes-nous réellement ? » – « Quel est celui-ci qui médite ? » – «  Et celui-là qui prie ? » – de simples « mammifèroïdes » évolués et pensants ? – « Que veut dire en fait, prier ou méditer ? » Car au fond du fond, que cherche l’homme véritablement ? Y aura-t-il un jour une réponse , La réponse ?

    Vous le saurez dans le prochain épisode de :
    « La vie passe, et moi je trépasse… ça mène à quoi tout ça ? »
    « Être sérieux, c’est ne pas se prendre au sérieux » – comme disait Gertrude.
    Refaisons donc un pas de côté !

    Alors n’y a-t-il pas là, tout près, une Porte au seuil de Laquelle toute question se dissout d’elle-même, n’ayant plus, ni sa raison d’être, ni son support, et principalement cette angoisse latente ou sous-jacente, qui est le ferment de toutes ces questions.
    Un langage superficiel, dépourvu donc de cette animation intérieure, peut gloser souvent sur les différentes formes de méditations. Il peut développer des théories sur les mécanismes complexes et parfois confus qui devraient nous conduire à cette pseudo-élévation du niveau de notre conscience. Mais dans les faits, l’écoute attentive des vibrations du langage – qui est plus une perception qu’une écoute réelle – au-delà donc des mots et de leur prononciation, peut renseigner l’observateur intérieur, sur la réalité cachée derrière ce discours, des autres et du sien propre !
    L’observateur silencieux peut alors percevoir que bien souvent – malgré et peut-être même à cause de ses multiples tentatives et efforts, l’homme extérieur que nous sommes, se fourvoie presque toujours dans l’immense panel cérébral, dont les missions sont de cogiter sans cesse, sur toutes les techniques liées aux pseudo méditations, et sur tout le reste !. Comme si véritablement, ces deux termes « Technique » et « Méditation » pouvaient avoir tant soit peu, quelque chose en commun !

    Diamétralement opposés qu’ils sont, l’un est l’apanage de l’intellect aux mille nuances – et l’autre n’est l’apanage de rien, ni de personne, puisqu’il traduit – dans son sens le plus élevé – donc dans son essence, un état-d’être et non pas une démarche cognitive ou émotionnelle quelconque.
    Ainsi, ni technique – ni méthode ne peuvent prévaloir ici, puisque les « Perceptions » de cet Autre Champ d’informations, ne peuvent être appréhendées par notre instrumentarium biologique, sous l’emprise de la dualité inhérente .
    C’est là toute la différence, et l’on peut constater qu’il y a ici sans doute, l’un des points majeurs de divergence et de confusion ambiante qui règne, dans ce que l’on appelle la « recherche spirituelle »

    De là, cette ineptie largement répandue, que de vouloir à tout prix, percevoir et saisir une Réalité qui par Essence, est justement Autre, et qui déjoue admirablement le jeu raffiné de nos sens les plus subtils, les rendant totalement impuissants en la matière.

    Ainsi par ex. lorsqu’un soir d’orage, l’éclair jaillit dans le ciel – il n’y a pas de technique ni de méthode. « IL » jaillit parce que le temps y est propice, parce que les énergies terrestres et célestes sont parvenues au point de convergence optimal. L’énergie négative-réceptive s’élève de la terre et attend la rencontre avec l’énergie positive venue du ciel – et ce sera l’éclair illuminant.
    Bien sûr, il est nécessaire que de la terre « l’énergie négative » dans le sens de polarité, et non comme un jugement de valeur, fasse les premiers pas en s’élevant vers le haut, « Faites le premier pas et… ». Mais à elle seule, cela ne suffira pas à déclencher l’éclair. Cette énergie négative s’élève en des millions de points sur terre, et chaque éclair ne frappe qu’à un seul endroit. Le champ magnétique de la terre présente, au moment de l’orage, certaines particularités de sublimation dans son rayonnement négatif vers le haut, mais c’est le champ magnétique du ciel qui « décide ». Le nuage chargé positif en l’ occurrence, qui déclenche l’éclair. C’est le ciel qui conduit le processus. L’éclair n’étant que le résultat d’une jonction parfaite ciel-terre.

    Cette parfaite jonction, cette sublimation du rayonnement naturel négatif-réceptif ne peut s’obtenir par aucune intervention technique au niveau planétaire. C’est le résultat d’un long travail des éléments – au fil des millénaires – idem pour l’homme.
    Alors les humains pourront bien tenter de modifier artificiellement et localement les climats de la planète, perturbant et détraquant au passage les cycles harmonieux des saisons. «  Vouloir faire la pluie et le beau temps » c’est bien là le souhait arrogant de l’homme matérialiste.
    Mais vouloir faire venir de force la méditation, par des techniques ou des méthodes, c’est
    le même souhait arrogant du pseudo-spiritualiste. Cependant, on peut alors être sûr au moins d’une chose : C’est bien là le petit ego qui tente de « méditer »… et rien d’autre.
    La méditation juste, et l’on pourrait dire « naturelle », pourrait alors être cet éclair de la Jonction intérieure, qui survient inopinément, lorsque certaines conditions sont peut-être remplies. Et ces conditions, nous pouvons faire en sorte de leur préparer le terrain. Le fameux « Aplanissez les Chemins… » de la Tradition, mais ce serait toujours sur la base de notre perception intérieure des choses, et jamais sur celui d’un raisonnement cérébral ou d’aspirations émotionnelles, liés à des techniques ou méthodes.
    Ne serait-ce pas alors comme un condensé d’expériences, dont le résultat serait « stocké » sous forme d’une base d’information, engrammée dans une mémoire globale, et qui découlerait de toutes les existences  que notre conscience aurait accompagnée? Sans doute alors, le fruit de notre conscience et de notre comportement au quotidien.
    La croissance d’un fruit suit inexorablement la loi du rythme des saisons – et lorsque l’homme veut intervenir en accélérant le processus artificiellement – précisément par des méthodes et des techniques – le fruit ainsi récolté est dévitalisé, insipide et fragile, car même s’il a bel aspect en apparence… il pourrit plus vite.

    La patience et le non-attachement à un pseudo-résultat semblent primordiaux ici, car c’est toujours l’intrépidité et la précipitation du petit ego, qui perturbe ce processus, jusqu’à le bloquer totalement parfois.
    Et si alors un jour – non plus le temps cette fois – mais si l’ Éternité y est propice et si les énergies sont parvenues à ce point de convergence parfait – au point de fusion ultime – alors oui, il se peut que l’homme passe de l’état de méditation, à l’état de Médiation directe entre son ciel et sa terre. Il sera alors le seul témoin de la Jonction de Lumière qui, du Ciel viendra illuminer sa terre, l’espace d’un éclair. Et l’impact de cet éclair sera tel que l’impur sera calciné – cet impur qui est perçu non pas dans le sens puritain, mais dans le sens alchymique, comme étant ce qui appartient à la division, à la dualité. C’est un peu le « Solve Coagula » de l’Alchymie intérieure.

    Cependant, nous sommes ainsi fait, qu’il est bien rare qu’un seul éclair ne suffise à « purifier » l’athanor intérieur. Nous générons quotidiennement tant de divisions, tant de chaos – mais une chose semble certaine cependant, à ce point du processus – à partir de cet instant précis, s’installera en l’homme une intime conviction, une connaissance non livresque, quelque chose d’une intuition venue d’Ailleurs, qui amplifiera l’Elan intérieur inné vers les Choses d’en Haut – Tel un feu constamment activé par un souffle vivifiant, lançant ses flammes vers le ciel . Ce sera l’Appel silencieux. Les prémices d’un Eveil possible.

    Reprenant cette métaphore de l’homme du désert : Ce n’est pas, à l’évidence, un amour sentimental ou émotionnel de l’eau qui l’attire vers la source. Ce n’est certainement pas non plus une suite de théories ou de réflexions intellectuelles qui le pousse. Il y est conduit par un irrésistible élan vital, par une force inexorable provenant de son urgence à survivre. On peut avancer que cela se déroule de la même manière chez le chercheur spirituel, errant dans un autre désert cette fois. Tant qu’il n’y aura pas ce « besoin vital », tant que ne rayonnera pas de lui cette « aimantation » qui devrait l’attirer vers la Source… alors sans doute, rien de bien important ne se passera. Les jours succéderont aux jour ;
    l’existence sera meublée de belles discussions et de théories complexes, sur les divers moyens d’accéder au barreau supérieur de l’échelle des prétentions humaines.
    On s’accrochera ainsi, comme à une bouée, à des méthodes ou à des images, autant de reflets miroitants, d’ hologrammes générés, qui n’auront rien de réel, tout comme le sont les mirages du désert. Et la Source demeurera inaccessible.

    Alors peut-il y avoir dans l’homme, une intensité, une force et une constance qui proviennent d’ailleurs, que de sa propre volonté d’arriver ou de son désir d’avoir ?
    Ce sera sans doute à chacun d’y répondre en son particulier. A l’évidence, un théoricien ou un intellectuel ne pourront admettre cela. L’homme du désert est l’un des rares à connaître cette aimantation indescriptible vers la source à laquelle il aspire.
    Très vraisemblablement, existe-t-il par ailleurs, plusieurs sources correspondant à divers types d’aspirations. Cependant – l’homme du désert qui aura accompli sa « traversée solitaire » – celui qui en fait, pourrait dire en son intérieur,  tel Terence : «  Plus rien d’humain ne m’est inconnu » – celui-là ne sera orienté maintenant que vers l’unique source – l’Ultime Source – Son aimantation sera continuellement polarisée par le souffle de son aspiration, qui n’est aucunement un désir, mais un élan intérieur puissant, non égotique puisqu’il n’attend rien, ne désire rien, ne souhaite rien, c’est une aspiration-sans-objet tel que l’Advaïta-Vedanta, le décrit si bien.

    Les faiblesses, les ajournements, voire les égarements ne manqueront pas lors de ce cheminement parfois erratique, et seront souvent perçues comme des périodes insipides ou stériles, ouvrant accès aux fantasmes émotionnels ou élucubrations intellectuelles, comme autant de compensations au sentiment d’échec du petit ego. Eh oui, ce cheminement n’est pas pour lui, même s’il est un accompagnateur indispensable, ce n’est surtout pas un guide.
    L’élément qui va provoquer la mise en mouvement et donner sa puissance à l’élan, c’est l’intensité de cette aspiration spirituelle. C’est elle qui déterminera la force attractive de l’aimant. Celui-ci peut alors émettre son « appel », tel un véritable champ magnétique  qui se propulserait vers les éthers de l’immatériel cosmos, au-delà même des frontières de l’espace et du temps.
    S’il était un peu mystique, cet homme pourrait peut-être percevoir en lui cette douce injonction :
    « Allez, avance… va au-delà des frontières de l’impermanence, au-delà de la forme et des apparences –
    Allez, avance… va au-delà des frontières des Cosmos et des Univers,
    Allez, avance…va au-delà des frontières du Temps, au-delà des Futurs figés, déjà des dépassés, et d’autres à venir, Avenirs déjà présents.
    Allez, avance… va par delà les Au-delà, par delà les Mondes et les Dimensions.
    Allez, avance – L’éveil est accompli – Réalise …OM…
    Allez, avance – le Chemin t’y invite – encore et toujours – car la Conscience ultime, de même que l’Epopée qui y mène, est par Essence, infinie »

    Lorsque le corps physique fait remonter à notre cerveau son urgence à être réhydraté par ex., nous prenons alors conscience de la soif et nous cherchons un point d’eau. On sait que les signaux transmis à ce moment, ne sont perceptibles que lorsque le processus de déshydratation et donc de souffrance biologique a déjà commencé. Ici, chacun réagira selon sa sensibilité, c’est-à-dire à des phases différentes du processus de déshydratation. Un bédouin habitué au désert par ex. ne percevra pas cette urgence dans le même temps qu’un occidental grassement nourri et placé dans cette ambiance saharienne.
    Notre faim, notre soif, notre gourmandise, nos besoins de plaisirs etc…ne fonctionnent souvent que par réaction à un état antérieur – un jalon témoin – et ce, en fonction de sa mémorisation neuronale ou cellulaire. On retrouve ce mécanisme dans un travers bien connu , et avec lequel généralement, nous avons tous beaucoup d’indulgence puisqu’il nous touche presque tous : La gourmandise.

    Le gourmand veut accéder à une jouissance gustative. Il recherche un plaisir sensuel, et ce, toujours en fonction de sensations antérieures, et qui sont ses repères conscients ou inconscients. A l’extrême, cela peut aller jusqu’à utiliser des produits artificiellement conçus pour agir directement sur certains centres cérébraux – tel le fléau de l’alcool, des drogues et autres narcotiques. Mais aussi, certes à un degré nettement moindre, des produits « innocents » que l’on rajoute aux préparations culinaires pour faire « croire » au cerveau, que le goût est bon. Les glutamates bien connus en font partie (voir en médecine : syndrome des glutamates)
    La gourmandise n’est donc pas une simple plaisanterie. Pythagore, en ses Vers d’Or, la plaçait déjà au premier rang des choses à dominer : « Sache que les choses sont ainsi, et accoutume-toi à dominer celle-ci : La gourmandise d’abord – le sommeil, la luxure et l’emportement….. »
    Et bien sûr, elle trône également auprès des 6 autres « péchés capitaux » selon la tradition.
    En fait, c’est sans doute l’enchaînement au plaisir – donc au manque de liberté – qui est ici en cause. Enchaînement à une recherche répétée de plaisirs plus ou moins anodins qui peuvent conduire vers ce « toujours plus », ou le « toujours plus intense » (on peut le voir dans les sports de l’extrême par ex.), parce que la mémoire des cellules neurales est le seul point de repère en la matière, pour qu’il y ait addiction à tel ou tel plaisir.

    Quant aux signaux émis par le corps dans les cas d’urgence, le physique connaît le seuil d’alerte par rapport à son niveau de résistance vitale, où à sa capacité d’endurance psychique. Cette mémoire cellulaire procure au corps l’aptitude à déclencher un signal précis, et elle se retrouve à un autre niveau – mais de manière tout à faire semblable – dans le domaine spirituel.
    Si de notre être profond, du plus intime en nous, aucun signal ne nous parvient… ici, en surface – si aucun « appel de détresse » ne remonte des profondeurs, à notre conscience, c’est peut-être alors que cette Souvenance de l’Origine, cette Intuition fulgurante, cette Mémoire primordiale (notre unique Fil d’Ariane), dont on a souvent dit qu’Elle est « l’Essence-même » de la Quête spirituelle, est dans une phase d’attente, blottie sous des monceaux d’agrégats, que nous avons nous-mêmes accumulés dans cette vie, et dans bien d’autres sans doute.

    L’éveil de cette Souvenance est une énigme, c’est l’un des aspects les plus mystérieux du processus spirituel – car pour chaque être, cela se déroulera de manière si différente, même si l’on peut dire toutefois que très souvent, c’est un « choc » de la vie, faisant irruption dans notre quotidien, qui fera émerger cette Souvenance, parfois brutalement, parfois intensément. Et ici, on peut se rappeler l’histoire de Siddartha Gautama dont la Tradition relate que c’est après avoir été  choqué  par la confrontation avec les misères
    humaines et les mystères, que sont la mort, la vieillesse, la maladie, mais aussi, par ce moine errant qu’il rencontra – qu’il prit sa décision de tout quitter pour se vouer à cette épopée spirituelle qui dura 1/2 siècle.
    Ce cheminement qui conduit en nous-même, en ce lieu secret où nous pourrons écouter et comprendre le murmure du Silence. Lorsque l’ultime étape de notre chemin extérieur aura été franchie, alors seulement s’ébauchera le premier pas du Chemin intérieur – ce pas décisif, dont on dit qu’il peut soulever bien des tempêtes. Avant cet instant, toutes nos démarches, toutes nos spéculations, toutes nos pseudo-avancées, toujours marquées du sceau de la « reconnaissance personnelle » tant espérée par le petit ego, ne sont que parasitage et agitation, qui nous empêchent justement de pré-Sentir Cela, et parfois jusqu’à en douter.
    Mille fois nous descendrons dans le labyrinthe –
    Mille fois nous nous égarerons –
    Mille fois nous recommencerons – mais si le mouvement interne, la vigilance, le silence vivant et la constance sont à nos côtés, alors il se peut qu’un jour, nous assistions à l’épanouissement du Discernement intuitif et à la re-Connaissance de Cela qui Est.
    Ainsi, l’homme sera-t-il toujours disponible pour répondre à chaque « Appel » qui pourrait remonter de ses Lointains intérieurs. Ainsi approchera-t-il cet Autre Espace, là, où les mots s’entrechoquent et se dissolvent, là où les images se diluent pour complètement s’effacer, où les symboles disparaissent, là où la voix-même ne prononce que du Silence. Là, aux portes de l’ultime Vacuité, les fluctuations d’éternité font jaillir la Lumière Une.

    Alors cet homme connaîtra tout de l’humain. Il aura franchi les vastes pâturages où d’immenses troupeaux dociles paissent sous la férule tutélaire des égrégores religieux. Ces pseudo-dieux qui tels des succubes, se rassasient des masses qu’ils jugulent: Émanations caractéristiques des religions-du-dogme – Là, tapis dans ces carcans nauséeux, siège l’esprit-aux-yeux-morts.
    Il aura franchi les espaces intermédiaires, aux pieds des montagnes, où chaque recoin abrite encore d’anciens rebelles qui, fatigués ou égarés se sont regroupés… pour souvent recommencer les mêmes schémas, et donc souvent retomber dans les mêmes travers du passé. Seule l’échelle de grandeur aura changé, mais tous cherchent encore à l’extérieur, l’aspect sécurisant du groupe et de la hiérarchie car se soustraire au tempérament grégaire, n’est pas toujours chose facile.

    Et puis, dans les escarpements, il aura rencontré des solitaires – ceux qui ont expérimenté et compris que précisément cet aspect grégaire était une lourde entrave à leur autonomie. Mieux vaut être seul, et se tromper provisoirement, que de paraître « juste », dans l’apparente sécurité et la convivialité du groupe, sans être véritablement soi-même, car toujours assujetti à la tutelle ou l’influence psychique, consciente ou inconsciente, d’un tiers. Ici – dans ces zones rocailleuses – l’attention et la vigilance sont naturellement de rigueur à chaque pas, afin d’éviter la chute qui, en ces lieux escarpés, pourrait être gravement dommageable. Mais cela fait partie du tempérament de ces hommes de la Montagne. Ils connaissent les risques et évaluent à leur juste valeur les pièges du terrain, ainsi que leur capacité à pouvoir les surmonter. Ici, l’homme ne cherche plus depuis longtemps à paraître ou à briller, il ne triche pas, sa Vie intérieure en dépend.

    Cette Vie intérieure et mystérieuse, qui ne trouve son unique nourriture que dans le Souffle vivifiant venu du haut des Cimes, de cet insondable et immatériel Lointain.
    Ce Souffle venu d’Ailleurs, qui fait vaciller le temps, déracinant les vieilles souches du passé s’agrippant encore ici et là ; ce Souffle nourrit en lui une secrète Certitude qui lentement s’éveille, et prend force.

    Alors les éléments auront changé, ils auront adopté une autre configuration… Celle qui pourrait un jour – à la surprise de l’être – le conduire à la rencontre de l’Autre Réalité.

    L’éclair jaillira, subi, inattendu…
    La terre recevra humblement cette bénédiction, et fera mûrir le fruit…
    La Jonction aura été consommée…
    La Flamme précieuse ne s’éteindra plus jamais et s’élèvera vers l’Ether, d’où elle est venue.

    Patje SEKO
    Chemin de l’Oratoire

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