Heureux les bénis à qui l’Esprit révèle la pauvreté des choses matérielles

Intellection

 

« Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! (Jésus – Math 5 :3) »

La pauvreté en esprit qui fait le bonheur selon le Christ, n’est autre que la faculté de l’Esprit, cette hypostase immatérielle de l’Homme, à transcender le monde et sa grisaille d’absurdités à foison, sa flétrissure qui n’épargne ni les perles ni les pierres, pour saisir l’impermanence de toute possession ici-bas où l’homme ne possède même pas son corps, son être au monde qu’il ne peut que gérer sans en faire sa propriété, sans en contourner la fin programmée. 

Dans le « judéo-christianisme » le yahvéo-christianisme comme je préfère dire, Dieu porte, entre autres noms, celui de Yahvé. Chacun de ses titres référant à une ou des dimensions particulières du Suprême, celui de Yahvé (c’est-à-dire le Je Suis) est particulièrement, l’affirmation de Dieu comme Causa sui et cause première de tout. Yahvé évoque le Je suis absolu qui englobe toute la vérité sans contour ni définition de la Présence dont tout d’abord le monde intangible des esprits mais aussi celui sensible de la matière, des galaxies aux particules de toutes sortes, qui tirent de lui leur être propre.

Dans son libellé, la béatitude proclamée par le Christ, exhorte l’homme à contourner les illusions pour la vérité, à user sans attachement au numéraire ni essentialisation des biens mortels de ce monde, et à refuser l’assomption de l’argent au rang de dieu comme le fait la mentalité idolâtre des establishments et des cohues suivistes qui les imitent jusqu’au servile, jusqu’au simiesque. 

L’Homme de la béatitude christique, se reconnaît existentiellement tributaire de Dieu dont il tient l’être et qu’il doit rencontrer intérieurement par la foi, en s’y préparant mentalement sans les impedimenta de l’attachement au monde quand bien même il en userait avec abondance.

Il faut beaucoup de richesse en réserve à l’Esprit pour démasquer la pauvreté de ce monde malgré le vacarme et le clinquant aveuglant des plastrons d’or que brandissent les mondains.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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