Histoire de la cathédrale Saint-Jean l’Evangéliste et du christianisme à Besançon

enluminure du XV ième siècle de Saint Ferreol et Saint Ferjeux

De la Séquanie à l’empire romain puis au royaume franc :

de la Séquanie qui correspond à peu près à la Franche-Comté , à l’empire romain puis au royaume franc:

La Séquanie, également appelée Séquanaise, est le nom donné à la civitas des Sequani, c’est à dire le territoire qui était contrôlé par le peuple gaulois des Séquanes. Il s’étendait entre la Saône, le Jura, les Vosges

Ce territoire correspond à peu près à l’actuelle région française de Franche-Comté.

La Séquanie passa sous domination romaine après la guerre des Gaules de 58 à 50 av. JC..

 Occupé brièvement par les Burgondes après les grandes invasions, le territoire est inclus dans leur royaume qui fut annexé par les Francs en 534.

Du Christianisme à Besançon  avec Saint Ferreol et saint Ferjeux :

Le christianisme à Besançon apparaît au IIIème siècle, période durant laquelle, selon la tradition, les martyrs Ferjeux et Ferréol ont évangélisé la ville et sa région. Toutefois le supplice et l’assassinat de ces deux figures du christianisme franc-comtois sont aujourd’hui tenus par certains historiens comme une invention de l’Antiquité tardive, l’ancienne Séquanie gallo-romaine ne se convertissant progressivement au christianisme qu’à partir du IVe siècle1,. La première mention d’un évêque de la ville remonte à 346, mais des documents mentionnent des religieux en fonction dans la capitale comtoise dès le milieu du IIIème siècle, époque où fut probablement construite la première église franc-comtoise, sur le site de l’actuelle cathédrale Saint-Jean.

Selon la tradition, le diacre Ferjeux (ou Fargeau) et son frère, ou ami, le prêtre Ferréol sont tous deux originaires d’Asie Mineure et ont été convertis au christianisme par saint Polycarpe, évêque de Smyrne dans la Turquie actuelle, avant d’étudier à Athènes en Grèce. Leurs études achevées,  on les retrouve dans la ville de Lyon en France, où l’évêque saint Irénée,(né entre 130 et 140 à Smyrne et mort en 202 ou 203 à Lyon) après les avoir ordonnés prêtre et diacre, les envoie fonder l’église catholique romaine de Vesontio (« Besançon » en latin) et évangéliser la Séquanie gallo-romaine. ( l’empereur romain  Constantin se convertit an christianisme selon la Tradition chrétienne en 312 lors d’une vision reçue peu avant la bataille du pont Milvius au cours de laquelle il défait l’empereur Maxence.

Ils s’installent dans une grotte, sur le site actuel de la commune de Saint-Ferjeux, d’où ils mènent leur activité durant une trentaine d’années, élargissant leur action petit à petit, avant de subir le martyre et d’être décapités le  d’une année du règne d’Aurélien selon le récit de leur passion, sur ordre du gouverneur romain Claude, date parfois corrigés par les auteurs modernes en 

Des martyrologes décrivent longuement les interrogatoires ainsi que les supplices auxquels les deux frères sont soumis : ils ont la langue coupée pour avoir continué à prêcher leur foi, et sont torturés via trente alênes enfoncées dans tout le corps ; ils sont finalement décapités, puis ensevelis dans leur grotte4. On a pu penser d’ailleurs que le nom de Ferréol venait de ferre (conservé en italien, sous la forme de Ferruccio) à cause des alênes en ferraille4. Le Romain Claude, qui semble être le gouverneur de la Séquanie, aurait ordonné l’exécution des deux évangélisateurs à la suite de la conversion de sa femme au christianisme, et voyant dans leurs activités chrétiennes une source de troubles. 

Au xxe siècle, les recherches philologiques, archéologiques et historiques remettent en cause la véracité de ces récits qui sont tenus aujourd’hui pour imaginaires. Les origines du christianisme à Besançon sont en fait obscures et les plus anciens récits sur Ferréol et Ferjeux comportent des invraisemblances : en particulier le fait de situer leur martyre sous Aurélien est peu vraisemblable pour des disciples présumés d’Irénée, lequel est mort en 202. Le premier évêque connu à Besançon est Pancharius en 346 et le second Chélidonius en 444.

 

De l’histoire de la cathédrale Saint-Jean L’évangéliste ( vu sur le site  music orgue Québec): 

La cathédrale Saint-Jean-l’Évangeliste est une église, basilique et cathédrale carolingienne avec des parties romanes, gothiques et baroques construites à l’origine dès le IIIe siècle puis reconstruites plusieurs fois et notamment au IXe siècle et XIe siècle.

À l’instar des cathédrales de Nevers et de Verdun, la cathédrale Saint-Jean offre l’originalité de posséder deux chœurs opposés, reliés par une nef bordée de chapelles sur le côté Nord. La voûte du vaisseau, réalisée au XIIIe siècle, marie influences champenoises et bourguignonnes.

Saint Hilaire, évêque de Lyon de 177 à 201, est nommé évêque de Besançon vers 320 et, en 326, il fait ériger, au pied du mont Coelius, une première église, dédiée à saint Étienne,

En 355, à la suite des destructions provoquées par les invasions des Barbares, l’église est remise en état et est alors dédiée à saint Jean l’Évangéliste et à saint Étienne.

 Au Ve siècle, une autre cathédrale est construite sur le mont et dédiée à saint Étienne c’est alors que la première église perd son double vocable.

En 737, la cathédrale Saint-Jean est incendiée par les Sarrasins.

L’archevêque Bernouin (797-830) décrète la reconstruction dont les travaux débutent vers 797 et s’échelonnent jusqu’en 838.

Vers 1050, l’église est en ruine et l’archevêque Hugues de Salins (1031-1066) entreprend une reconstruction en changeant son orientation .

Entre le XIIe siècle et le XIIIe siècle, un important débat est soulevé (connu sous le nom de querelle des chapitres) entre la cathédrale Saint-Jean et l’église Saint-Étienne.

En 1212, la charpente, de style roman, est entièrement détruite par un incendie ; seuls les murs sont épargnés. Le sinistre allait être le point de départ d’une campagne de rénovation. Les travaux de restauration/reconstruction sont une occasion de se conformer aux modes nouveaux .

Le 25 février 1729, un glissement de terrain entraîne l’effondrement des tours endommageant deux travées de la nef, une partie de l’abside orientale et la charpente. Dès 1730, l’abside orientale (contre-chœur ou abside du Saint-Suaire) est reconstruite, en imitant les voûtes gothiques du Moyen-Âge.

À la Révolution, la cathédrale est fermée au culte, mais elle est rouverte le 1er mai 1790 par un curé constitutionnel.

Le choeur occidental, sanctuaire liturgique du XIIIe siècle est, sans doute, le plus grand chef-d’œuvre de cette cathédrale.

Le contre-choeur oriental, abside du Saint-Suaire datant du XVIIIe siècle, abrite une décoration baroque.

La nef accueille une chaire de pierre du XVe siècle dans le style gothique flamboyant.

La « rose de Saint-Jean » est un autel circulaire datant du XIe siècle et entièrement réalisé en marbre blanc. Il date de l’époque de Constantin et fut acquis en 1050 par le pape Léon IX. Cette sculpture est considérée comme l’un des plus beaux chefs-d’œuvre que conserve la cathédrale. Creusé en forme de cuvette, cet autel est orné d’un chrisme ainsi que d’une inscription rédigée en latin. À son sommet est gravé un aigle représentant le Christ ressuscité, en son centre la croix, à son pied l’agneau immolé, symbole qui représente le sacrifice du Christ. Ce marbre antique a servi de table d’autel dans la cathédrale Saint-Étienne et transporté à la cathédrale Saint-Jean en 1674, après la destruction de Saint-Étienne.

Le collatéral Sud abrite une série de six chapelles remarquables avec des autels datant des XVIe et XVIIe siècles.

L’édifice conserve aussi des fonts baptismaux du IVe siècle et une Pietà réalisée par Conrad Meyt en 1532.

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