MEDITATION

Méditation

En marchant… chemin faisant,
Immobile…en padmâsana,
Cheminer vers Soi,
sur les Ailes
du Souffle.

Méditation… Comme un doux zéphyr, qui souvent peut nous surprendre, nous invitant ainsi au voyage intérieur – Méditation… Assis dans la lumière, sur les berges de ce lac d’alpage, aux reflets d’émeraude – Méditation… En forêt, dans la luxuriance, le murmure des arbres et les chants d’oiseaux – Méditation… Dans le silence lumineux d’un Temple, jusqu’alors inconnu – Méditation… Chez soi, en Soi – Méditation… Au bord d’un torrent, bercé par la douce litanie de l’eau – Méditation… Au sommet d’une montagne, contemplant les espaces bleutés des lointains infinis… Il y a tant de sites, tant de lieux propices à la méditation, et une promenade en pleine nature, peut parfois être une heureuse invitation à méditer. Sachant que ce n’est pas le lieu qui déterminera la profondeur de celle-ci, mais cela peut parfois y contribuer. Mais alors quel type de méditation va s’inviter à cette rencontre? Méditation de pleine conscience, méditation zen, méditation kriya, méditation sans objet ? Bref, les possibilités d’ouvertures à cette méditation, sont aussi nombreuses que les motivations qui sous-tendent la démarche de chaque méditant potentiel!…

Celle qui nous convient dans l’instant, sera peut-être la bonne… pour un temps, car chacun de nous recherche sans doute, le chemin intérieur vers Soi, vers l’Âme, ou vers un tout autre but, qu’il soit religieux, spirituel, mais aussi, sans destination ni but prédéterminés, comme une Épopée infinie.

Le Principal Messager de la Méditation sera sans nul doute, le Silence. Celui qui survient à l’impromptu, sur les ailes du Souffle? Mais alors, quel silence reconnaîtrons nous?
Et là encore, nos bagages, mentaux et émotionnels, plus ou moins encombrants, seront déterminants quant à la qualité et à la profondeur de ce silence. Et ici, comme en résonance, on peut tenter une petite réflexion sur cet axiome latin :«Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem » qui prônait déjà, par la connaissance de soi, l’élimination de toutes les scories accumulées par le moi, et ce, sous les dehors de cet aphorisme énigmatique. Ce texte, datant du XVIème siècle vraisemblablement, aurait été inspiré par les réflexions de Socrate, puis repris par des sociétés « secrètes ». Mais cela ne retire en rien de son sens profond.
Soit, cette tentative d’interprétation en clair, et dans une approche de l’homme en symbiose avec l’Univers : Visite ton être (Terrae) intérieur, et en rectifiant (ta conduite de vie), tu découvriras le Joyau (la Pierre précieuse – ton Âme) secret (aux yeux ordinaires).

Dans une approche identique du sujet – Jung déclare dans son ouvrage sur la dialectique du MOI et du SOI : « Plus on prend conscience de soi-même, grâce à la connaissance que l’on en acquiert petit à petit, et grâce aux rectifications de comportement qui en découlent, plus s’amincit et disparaît la couche de l’inconscient personnel déposée, tel un limon sur l’inconscient collectif ».
Également cet aphorisme socratique, qui semble être à l’origine de toute cette réflexion intérieure, et inscrit au fronton du temple de Delphes :
« Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». 
L’Épopée intérieure prend donc ses racines dans les premiers frémissements de l’éclosion d’une Conscience intérieure profonde… Et le Silence, en sera la sublimation.

Mais le Silence absolu est inatteignable, tout comme l’est également, dans un autre registre, le Vide absolu – Car ici précisément, subsistent toujours les fluctuations quantiques du vide; et là, dans le silence, il nous faudra toujours composer avec les fluctuations résiduelles du mental, quand ce n’est pas une cohorte de pensées errantes, sinon parasites, lorsqu’elles deviennent trop prégnantes, et ce, jusqu’à l’apaisement. Toutes les méthodes et techniques ont déjà été proposées, mais il semble bien que l’essentiel est au-delà de toute méthode et de toute technique. Simplement l’approfondissement du Silence en soi, par une aspiration informelle, une ouverture sans attente, de quoi que ce soit, et un élan, parfois puissant, s’élevant de ces Lointains intérieurs, jusque là insoupçonnés, en chacun de nous, et qui peut s’épanouir inopinément le plus souvent, sans souhait ni désir formulé.

Murmure de l’âme…

Il y a peut-être, du moins dans les première étapes d’un cheminement, une autre progression possible (?) vers ce recentrage intérieur, et qui pourrait déboucher sur une forme de méditation. Pour ceux qui par exemple, peuvent avoir quelques réticences à rester assis en demi lotus ou sur une chaise, sans « rien faire » ! A ce sujet, nous avions rencontré il y a quelques années une personne, physicien reconnu dans son domaine de compétence, mais en plus, très au fait de la « Chose » spirituelle, et qui, dans une conversation au cours de laquelle pouvaient alterner, science et spiritualité, en totale symbiose, nous avait dit préférer méditer en marchant, avec ce contact étroit avec la nature environnante, débusquant ainsi parfois, de très surprenantes synchronicités, un peu comme des « messages » de l’âme – alors qu’assis sur une chaise, c’était un peu comme une phase de type, « morne plaine », à ce que j’en ai compris. Alors effectivement, y a-t-il peut-être une autre voie d’approche ?

La « découverte » de cette autre voie a été un pur hasard de la randonnée, c’est le cas de le dire, puisqu’il s’agit d’une variante de la marche afghane. Au départ, cette marche est basée sur la synchronisation de la respiration et de la foulée rythmée des pas. Et pour la petite histoire, c’est Édouard Stiegler qui, constatant l’incroyable endurance, dans des environnements montagneux souvent difficiles, des caravaniers en Afghanistan, décida d’en savoir un peu plus sur leurs conditions de marche. Il avait pensé, pour tenter de trouver une explication à leur endurance exceptionnelle, à la prise de certaines substances bien connues dans ces régions ! Mais non – la suite le démontrera. Ces caravaniers-marcheurs parcouraient ainsi une bonne soixantaine de kms par jour, durant des dizaines de jours. Donc au minimum, des périples de 5 à 600 kms et plus. Et Stiegler, de constater donc que ces hommes arrivaient au terme de leur périple, en pleine forme, frais et dispos, prêt à repartir. Il décida alors de se joindre à eux, pour expérimenter cette technique de marche, devenue la « marche afghane ».
Elle apporte déjà pour nous, un équilibre et une harmonie intérieure, une sorte de communion avec la nature, et peut ainsi changer l’ambiance d’une promenade. Il est alors possible d’aller encore un peu plus loin, dans une autre forme d’approche de la méditation. Il faudra pour cela être deux et cheminer de concert. Il est souhaitable que ce soit avec une personne en qui on ait totale confiance, et même plus; qu’elle partage ainsi notre approche de la méditation. Idéalement, une véritable âme-sœur.
La marche afghane, basée donc sur le souffle synchronisé au rythme des pas, pourra être maintenue, mais ce ne sera pas une obligation sur toute la durée du parcours, puisque le point capital de cette nouvelle approche de la marche méditative, est le silence, le mental au repos, et surtout, durant ce cheminement, réintégrer son intérieur en ayant constamment les yeux fermés ! Oui, c’est une marche dans le « noir » en quelque sorte, qui peut rappeler une démarche intérieure, c’est pourquoi il faut une personne-guide en totale symbiose avec soi – l’épouse ou le mari ou ami(e) très proche.
Le cadre : on essaie de trouver un chemin en pleine nature, loin des villes, sans bruits intempestifs environnants, plutôt plat, ou alors avec de légers dénivelés, sans « accidents » majeurs de terrain : rochers, gros cailloux, ornières etc…bref un sentier calme et facile d’accès, et si possible très peu fréquenté, au moins durant le temps du parcours qui n’est pas fixé, mais que l’on peut estimé souhaitable entre 4 et 5 kms. Le temps de bien « s’acclimater » à cette marche-en-soi, pour ensuite s’oublier totalement et percevoir alors que nous ne sommes plus celui qui marche. Certes le corps se promène bien, et ici, il n’y a aucune forme de dédoublement ! Mais, au bout de quelque temps, nous sommes un peu « ailleurs », nous pouvons avoir une impression inhabituelle, comme celle de flotter par intermittence, au-dessus de ces deux marcheurs. Au départ, mais tout dépend du parcours choisi, on est tout ouïe, ouvert aux bruissements de la nature, aux cigales, aux chants d’oiseaux. Tout prend une ampleur remarquable. Les senteurs de sapins, le parfum des fleurs, la caresse du vent, tout est décuplé.

Il y a un petit codage nécessaire pour bien « manœuvrer » en silence, et éviter d’ éventuels petits obstacles, racine d’arbre, flaque d’eau etc… Ce petit code, convenu entre le « guide » et le marcheur aux yeux fermés, est très basique. Tous deux se tiennent par la main, et le code établi est tout simple. Par exemple, pour le guide, exercer avec sa main, une légère pression vers le haut sur la main de sa compagne, pour signaler qu’il y a quelques pierres ou autres petits obstacles, et qu’il faut lever un peu plus les pieds durant quelques mètres. Ou une pression vers la droite ou la gauche pour indiquer un virage ou éviter un obstacle. En fait, chacun se fera son code, à sa convenance, mais il est nécessaire que ce soit bien perceptible par l’autre, pour ne pas troubler le silence précieux, par des réflexions.

Au bout de quelque temps, relativement court, cela dépend de chacun, l’impression de ne plus être totalement ce corps qui marche, devient très perceptible. On est alors baigné dans l’environnement de cette nature et l’on peut en arriver à faire « un » avec elle, avec le vent, avec le bruissement des arbres, peut-être parce que l’on est privé de la vision, et que l’on ressent ainsi beaucoup plus profondément les choses. Les pensées peuvent s’élever, en communion avec ce vivant, avec tout ce qui fait nature, chaque pas devient alors comme une caresse de gratitude sur Pachamama, chaque souffle d’air, chaque ruissellement de torrent, chaque senteur sont perçus avec une acuité renouvelée… Elles peuvent aussi, au stade suivant, demeurer silencieuses. Ne subsiste alors que le souffle régulier qui porte la vie en nous.

L’expérience se termine par un petit rituel. On change de fonction. Le marcheur-expérienceur devient alors le guide, les rôles sont donc inversés sur le chemin du retour, et le vécu des expériences pourrait ainsi être partagé.

Personnellement, lorsque nous sommes en randonnée et que le terrain le permet, que le lieu est paisible, et que nous sommes ouverts, l’un de nous deux ferme les yeux – et plus l’on pratique ce petit rituel, plus rapide est la déconnexion, et la reconnexion à autre chose. Nature, ciel, espace…Il semble que ce soit une expérience à chaque fois riche de sens, et qui facilitera plus tard, d’autres états méditatifs plus prononcés.

« Cheminer vers la Méditation, pour ensuite la dépasser…Cheminer ainsi du moi vers le Soi, sachant que celui-ci n’est pas un but en soi, mais une Dynamique de Vie, dans l’ Épopée de la Conscience Infinie. » Patje SEKO



Alors…en attendant ?

« Marche grand comme les arbres,
Respire fort comme les montagnes,
Sois gentil comme le vent du printemps,
Garde la chaleur du soleil d’été dans ton cœur,
Et…
Le Grand Esprit sera toujours avec toi. »

Poème Indien Nord Américain.

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