crèche église St Pierre -Besançon 2019
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- Douce nuit : chant écrit en 1816 par le prêtre Joseph Mohr (1792-1848) qui est alors coadjuteur à la paroisse de Mariapfarr en Autriche. L’organiste Gruber à Obemdorf, compose la ligne mélodique inspirée du poème avant Noël 1818. Le , le long du front belge près d’Ypres, quelques soldats allemands allument des bougies et entonnent Douce nuit ; le chant est repris par des combattants anglais et une « Trêve de Noël » s’instaure, pour une journée.
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- Il est né le divin enfant : le texte apparaît dès 1818 et la mélodie l’année suivante. Un arrangement pour orgue apparaît en 1862 dans un recueil de chants lorrains.
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- Minuit chrétien : cantique de Noël sur un texte écrit aux alentours de 1843 par Placide Cappeau et mis en musique par Adolphe Adam en 1847.
dernière mise à jour : 27/12/23 à 7h46
… Et si j’avais à raconter l’histoire de Noël, j’écrirais ceci :
Dans un article du Figaro du 25/12/2018, Alice Develey nous expose les origines du mot Noël :
Noël n’est pas simplement un jour dans l’année. Il est un sentiment, un moment de rassemblement qui évolue à chaque étape de notre vie.
Chacun s’est aujourd’hui approprié la fête de Noël, pour ouvrir les cadeaux un 24 plutôt qu’un 25, pour déguster de la dinde plutôt que du foie gras, de la bière plutôt que du champagne. Noël est une date spéciale dans le calendrier et un mot tout aussi particulier dans le dictionnaire. Du latin natalis «de naissance», le mot «noël» est l’élision de la locution natalis dies «jour de naissance». La formule est d’abord employée en latin ecclésiastique pour désigner la Nativité du Christ, indique Le Trésor de la langue française. On parle par exemple au XIIe siècle de «al Naël Deu» pour caractériser la «fête de la nativité de Jésus-Christ».
Il faut attendre le XIVe siècle pour voir fleurir le mot «Noël». Et encore ! Son orthographe ne sera pas tout de suite blanche comme neige et évoluera selon les régions avant de prendre la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Le Trésor de la langue française rappelle succinctement l’évolution de son écriture: «L’o de noël (en face de l’ancien français nael et de l’ancien provençal nadal) est dû à une dissimilation des deux ‘‘a » de natalis.»
Mais d’autres, qui valorisent la fête du solstice d’hiver, prétendent que les origines du mot Noël et de sa fête sont gauloises. Le terme “Noël” aurait pour étymologie deux mots gaulois noio (nouveau) et hel (soleil).
Ces deux origines du nom traduisent ainsi la confusion de la fête de la nativité, naissance de Jésus et de la fête païenne du solstice d’hiver. La crèche sous le sapin symbolise encore la réunion de ces deux approches.
Noël est institué fête de la nativité de Jésus depuis le IV ème siècle afin de se substituer aux Saturnales romaines et à la fête de Mithra pour le solstice d’hiver. Le IV ème siècle est celui où l’empereur romain Constantin décide au traité de Milan en 313 d’une tolérance religieuse favorable aux chrétiens, jusque là martyrisés et il sera baptisé sur son lit de mort en 337 à Constantinople, ville dont il avait fait la capitale de son empire. Il devient le premier empereur romain chrétien. Avant ce siècle, la naissance de Jésus était fêtée le 6 janvier. Après celui-ci, le 6 janvier deviendra la fête de l’Epiphanie , celle de la présentation de Jésus aux rois mages, dont les noms ,Melchior, Gaspar et Balthazar apparaîtront seulement au VI ème siècle et seront associés à leurs trois présents, l’or, l’encens, et la myrrhe. Cette fête est dite aussi fête des Rois.
Le récit évangélique repris en fin de cet article, sert de base pendant des siècles à la fête de Noël jusqu’à l’adjonction du sapin de Noël germano-nordique, signe de vitalité malgré l’hiver, honoré depuis le XVI ème siècle et qui nous ramène plutôt alors à la fête du solstice d’hiver. ( cf là pour plus de détail sur la tradition du sapin de Noël)
La tradition du père Noël, qui se mondialisera au XX ème siècle, prenant ainsi une couleur toujours plus commerciale et de plus en plus tournée vers la fête des enfants et des familles, est aussi d’origine chrétienne fort ancienne. Cette tradition remonterait en fait, elle aussi, au IV ème siècle quand l’évêque Nicolas de Myre au Moyen-Orient et appelé aussi saint Nicolas, distribuait des cadeaux et de la nourriture aux plus pauvres. Il serait mort le 6 décembre 343. Cette tradition évoluera pour donner la tradition du père Noël ou, dans certaines régions européennes, de la St Nicolas. Cette dernière est particulièrement fêtée dans une partie de l’Europe du nord et du centre et, en France, plus spécialement en Lorraine et Alsace. Cette fête est célébrée le 6 décembre dans ces deux régions françaises. Sa célébration déborderait même sur une partie des régions voisines : Hauts de France, Champagne-Ardennes et nord Franche-Comté.
La fête religieuse de Noël perdra de son importance au fur et à mesure de la déchristianisation de la France et de l’Europe. Le nom de « Noël » subit lui-même actuellement un assaut de déconstruction sous l’influence générale de la culture woke d’origine anglosaxonne. Ses militants, ou simplement adeptes, se prétendent ouvertement ou secrètement « éveillés » et de ce fait, s’estiment au-dessus du bas peuple encore englué dans ses traditions d’autrefois qu’il faut absolument détruire.
Cette nouvelle contre-culture met en avant la défense de toutes les minorités qui s’expriment et se regroupent sur la base d’un ressenti. A ce titre, elle veut donc effacer toute référence aux valeurs universalistes que portent, entre autre, la religion et la culture chrétienne. Cette dernière est l’un des deux piliers, l’autre étant celui de la culture greco-romaine, qui sous-tend notre vieille civilisation beaucoup plus que millénaire.
On se souhaite alors maintenant de bonnes ou joyeuses fêtes de fin d’année en faisant disparaître ainsi, dans ce souhait, la fête de Noël. Celle-ci devient sans la nommer, associée à celle du jour de l’an. Ailleurs et par exemple à Nantes, on garde tout de même la célébration de la tradition de l’événement mais on le transforme en fête de la mère Noël, pour féminiser l’événement avant peut-être de le dégenrer.
Cet article a pour but de redonner son sens premier et chrétien à Noël en parlant, pour cette fête, de la naissance de Jésus et ainsi en voulant séparer fête païenne et fête religieuse.
L’injonction de Jésus de rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu est reprise par les trois Evangiles selon Marc, Matthieu et Luc. Ce témoignage commun lui donne, pour un chrétien, une grande solidité dans la reproduction de ces paroles qui consistent à ne jamais confondre dans les événements de nos vies ce qui ressort de la dimension temporelle et sociale de ce qui ressort de la dimension spirituelle et personnelle.
Lors d’une audience de Benoît XVI , le Saint-Père avait déclaré que le premier à avoir affirmé que Jésus était né un 25 décembre était Hippolyte de Rome, aux environs de 204.
Mais si Noël tend pour l’instant à s’effacer comme fête religieuse en France et en Europe, la personne même de Jésus a aussi été progressivement remise en cause et historiquement combattue à partir du XVIII eme siècle dit siècle des Lumières notamment et essentiellement en France depuis cette époque. Pour plus de détails, cf l’article sur Histoire.
Pourtant, les historiens spécialistes de l’époque romaine au moment de la naissance de Jésus en Palestine, s’entendent généralement actuellement pour affirmer que Jésus, personne physique, a réellement existé et qu’il n’est pas un mythe.
Dans cette acceptation partagée, il est communément admis que Jésus est un Juif galiléen dont la famille est originaire de Nazareth. La page Wikipedia » les sources de la vie de Jésus » reprend les grandes thèses contradictoires des historiens au cours de l’histoire où la mise en cause de son existence ne surgira qu’au XVIIIème siècle avec les thèses mythistes qui ne sont plus aujourd’hui très partagées.
Selon les Evangiles, pour les chrétiens donc, Jésus serait né à Bethléem.
Dans l’ancien Testament, que globalement les chrétiens partagent avec les juifs, se trouvent les livres de Samuel, où il est dit que le Roi David, roi d’Israël et Juda au Xè siècle av JC, figure importante de la Bible, est le fils de Jessé de Bethléem. Et c’est là que le prophète Michée en fait la patrie du futur Messie : « Et toi, Bethléem, Ephrata, bien que tu sois petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit dominer en Israël, et duquel les origines ont été d’ancienneté, dès les jours d’éternité ».
Donc, sur la base des prophéties, les juifs attendent toujours l’arrivée parmi eux, du Messie. Une partie de ceux-ci, aux alentours de l’an trente de notre ère, entendent et suivent Jean le Baptiste qui leur désigne alors Jésus comme le messie qu’ils attendent. Jean-Baptiste baptisera Jésus à Béthanie, au bord du Jourdain. Cette partie des juifs qui suivra Jésus ou ses premiers disciples, les apôtres, auxquels s’ajouteront ensuite des gentils– les non juifs- sont convertis dans tout le bassin méditerranéen sous les prêches des apôtres et notamment de Paul, puis de leurs disciples. Tous ces juifs et non juifs d’origine, d’abord appelés Nazoréens vont devenir « les chrétiens » terme apparu primitivement à Antioche dans ce qui deviendra bientôt ce qu’on appellera alors le christianisme. Les écrits qui correspondent à ces premiers moments sont regroupés dans le nouveau Testament constitué pour l’essentiel des quatre évangiles retenus par la Tradition et dans la sélection desquels, Irénée de Lyon jouera un rôle important, aussi des Actes de apôtres selon Luc , de l’Apocalypse selon Jean et de diverses épitres -des lettres- dont principalement celles de Paul dit Paul de Tarse . Il reste à nommer Matthieu et Marc les deux autres évangélistes qui sont reconnus par le canon de la religion chrétienne .
Jésus, dont la naissance est célébrée le 25 décembre depuis environ 1600 ans n’a pourtant prêché que durant trois ans et demi ( son ministère s’est déroulé sur 4 Pâques selon Jean –cf là ), et moins selon d’autres, avant d’être crucifié. Ces trois années d’une vie faite de miracles et de prêches sont centrées géographiquement sur une partie seulement de cette petite région qu’est la Palestine, essentiellement en Galilée et Judée et accessoirement Samarie ( cf la carte). Les paroles de Jésus vont progressivement se diffuser autour du bassin méditerranéen, au nord comme au sud, puis progressivement à toute l’Europe, enfin passer aux Amériques et aujourd’hui gagner l’Asie et l’Afrique. A ce courant d’expansion, correspond aujourd’hui un courant de contraction dans sa partie ancienne européenne. Ce courant de contraction/expansion géographique s’accompagne aussi d’un courant d’expansion des courants chrétiens. La prédominance est celle, jusqu’au XXè siècle, de l’Eglise catholique et protestante (cette dernière depuis le début du XVIè siècle) face au monde chrétien orthodoxe ( rupture orient-occident en 1054). Mais depuis le milieu du XXè siècle, ces Eglises voient se dresser à côté d’elles, aujourd’hui en Amérique du nord et du sud, mais aussi en Afrique puis en Asie, la montée des courants évangéliques – cf évangélisme– bien implantés en Amérique, en Afrique mais aussi en Asie et particulièrement en Corée du sud.
Dans le Nouveau Testament, selon Matthieu et Luc, Bethléem en Judée est le lieu de naissance de Jésus , sous le gouvernorat de Quirinius. Les parents de Jésus s’y rendent pour s’y faire recenser, Joseph, descendant de David, en étant originaire.
La basilique de la Nativité à Bethléem est l’une des plus vieilles églises du monde, bâtie selon la tradition, sur le lieu présumé de la naissance du Jésus de Nazareth. Elle a été érigée au IVè siècle par l’empereur romain Constantin.

basilique de la Nativité à Bethléem
«À peu près plus personne ne met l’existence de Jésus en doute. On a plus de documents qui attestent l’existence de Jésus que celle de bien d’autres personnages de l’époque», dit l’historien Pierre Létourneau, de la faculté de théologie de l’Université de Montréal.
Les Évangiles selon Luc et Matthieu, qui relatent la naissance de Jésus, ont été écrits environ 50 ans après sa mort sur la base, durant ce demi-siècle, d’une transmission orale ou écrite disparue. Tel est le cas pour cette dernière, de la fameuse source Q. ( pour plus de détail cf là)
Le prophète Isaïe, dit aussi Esaïe, est un prophète de l’Ancien Testament ayant vécu sous le règne du roi Ezéchias, roi de Juda de la fin du VIIIème siècle av JC. Ce prophète annonça, selon les chrétiens, la naissance future de Jésus.
Il vécut dans l’entourage royal et ses oracles ont une portée politique très caractérisée. Parmi ceux-ci, les prophéties sur l’Emmanuel ( cf là ) ont une très grande importance, en raison de leur sens messianique et leur influence sur la révélation chrétienne : ( cf là)
La tradition chrétienne considère également que le « Serviteur souffrant » des Cantiques du Serviteur (Es 42,1-9 ; Es 49,1-7 ; Es 50,4-11 ; Es 52,13 à Es 53,12) annonce Jésus-Christ et sa Passion.
Isaïe 7,14
Isaïe a vécu au VIIIème siècle avant Jésus-Christ au temps du roi Ezéchias et voici l’une de ses prédiction :
C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).
Dans le nouveau Testament, la naissance de Jésus est annoncée dans deux des quatre évangiles, celui selon Matthieu que les historiens estiment être écrit en grec entre 70 et 85 et celui selon Luc écrit à la même époque.
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La naissance de Jésus dans l’évangile de Matthieu
Matthieu 1
Matthieu 2
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La naissance de Jésus dans l’évangile de Luc
Luc 1
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Pour le cadeau de Noël : Les miracles-au-delà de la raison

Boulevard Voltaire, 21 décembre 2025
Un sondage en forme de gifle pour les anti-Noël !
L’offensive idéologique est tellement forte, notamment chez certains élus de gaucheet certains magistrats, que l’on pourrait croire la cause de Noël perdue. Que nenni !Un sondage IFOP réalisé pour l’Observatoire français du catholicisme (OFC) et publiépar
Le Point
indique que les Français sont à 89 % attachés à la période de Noël, qu’ilsconsidèrent comme
« un moment essentiel dans la culture et les traditions françaises »
.Double miracle : une France unanime et une France qui rapproche
Éric Zemmour etl’abbé Raffray, la foi et l’identité chrétienne de la France
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Mais un tel chiffre laisse entrevoir un troisième miracle : même les personnes issuesd’autres religions sont sur cette ligne pro-Noël : 76 %, exactement. Et les « sans-religion » soutiennent aussi à 87 % ! Autre signe d’espoir : les jeunes y sont autantattachés que les anciens. Commentaire de Jérôme Fourquet, le directeur de l’IFOP,cité dans
Le Point
:
« Même si la société française affiche des signes de sécularisation trèsavancée, les fêtes de Noël participent du ciment français. C’est un moment fédérateur, quirenvoie à l’enfance et à la famille. »
Et peut-être, aussi, à un peu de transcendance, non?
18 décembre 2024 le Midi libre « Crèche de noël dans les mairies de Béziers et Perpignan : il n’y a « pas d’urgence » à décider de la légalité pour le juge ».
« La Ligue des droits de l’Homme attaquait en référé, devant le tribunal administratif de Montpellier, les communes qui ont mis en place des crèches, au nom de la laïcité et de la neutralité des services publics. Le juge administratif estime qu’il n’y a pas d’urgence : le fond de l’affaire, déjà tranché plusieurs fois contre les mairies, sera examiné en février. »
Les origines de Noêl et quelques miracles par Elisabeth de Caligny
Un souffle qui passe : message du 25 décembre 2023
MESSAGE DE NOËL 2023
Mes chers enfants,
Noël est un mot qui fait encore vibrer les tympans et pétiller les yeux de myriades d’enfants à travers le monde. Cependant, dans vos sociétés qui se veulent si savantes mais qui sont aujourd’hui si déchristianisées, nombre de ces enfants, tout comme leurs parents, se moquent de la signification religieuse de Noël ou bien l’ont oubliée, tout leur intérêt allant vers les cadeaux, les douceurs et les lumières de la fête.
Pourtant, au moment voulu par le Père, moi qui ai toujours possédé la condition divine et existé auprès de lui avant même que le monde fût créé, je suis venu dans votre dimension temporelle pour y accomplir l’œuvre la plus grande, la plus belle et la plus charitable qui soit, la seule qui eût pu sauver l’humanité : faire connaître à tous les hommes le Père – seul vrai Dieu – en leur révélant son visage (cf. Jn 14, 9), et exhorter ces derniers à me suivre pour qu’ils deviennent à leur tour ses enfants, gardent sa Parole, soient sauvés et se voient offrir le Royaume des Cieux en héritage (cf. Jn 17, 3-6).
C’est à cette fin que, le Père et moi étant un (cf. Jn 10, 30), je me suis abaissé (cf. Ph 2, 8) jusque dans le tabernacle immaculé de ma Mère pour y prendre chair et y devenir semblable aux hommes. Puis, reconnu homme à mon aspect (cf. Ph 2, 7), j’ai vécu sur la Terre une vie d’amour où je me suis fait le Médecin des cœurs, des âmes et des corps (cf. Mt 11, 5 ; Lc 7, 21-22) avant de m’offrir en victime consentante au gibet de la Croix pour racheter l’humanité captive et l’entraîner dans le sillage de ma Résurrection.
Je sais que, pour vous, tout cela reste un bien grand mystère, mais vous pouvez néanmoins comprendre que la meilleure manière qu’ait eue le Père de témoigner concrètement à l’homme son amour et son pardon depuis qu’Adam et Ève eurent été marqués de la Tache Originelle, transmise inéluctablement à tout être humain depuis la Chute, était de sauver sa créature – et la Création tout entière – en en assumant la condition et en naissant d’une femme.
Dans bien des mythologies, il est question de « vierges-mères », mais ce ne sont là que des fables ! Dans le cas de mon Incarnation, en revanche, c’est la plus pure des vérités. En effet, le Père est votre Dieu et moi aussi je le suis car je suis dans le Père comme le Père est en moi (cf. Jn 14, 11). Le Père est saint (cf. Lv 11, 44), et moi aussi je le suis (cf. Jn 6, 69). C’est pourquoi une femme ordinaire, porteuse du Péché Originel, n’eût en aucune façon pu accueillir en son sein la sainteté même de Dieu. Et c’est pourquoi le Père du Ciel ayant tout pouvoir sur la Création et sur ses créatures, a voulu, de toute éternité, non seulement me faire naitre d’une femme, mais aussi que cette femme fût vierge et qu’elle eût été préservée, dès le moment de sa conception dans le sein de sa mère, du Péché Originel.
Lorsque ma sainte Mère est apparue à Sœur Catherine à la Rue du Bac en 1830, elle s’est présentée comme « conçue sans péché » et a demandé qu’une médaille soit frappée à son effigie (1), mentionnant cette vérité déjà très ancrée dans la piété populaire. En 1854, mon pape Pie IX promulguait très opportunément le dogme de l’Immaculée Conception. Beaucoup de chrétiens croient encore que ce terme concerne ma propre conception virginale sans l’intervention d’un père humain, mais, comme vous l’aurez compris, tel n’est pas le sens de cette appellation. Pour confirmer la véracité de ce dogme, ma Mère s’est manifestée une nouvelle fois en 1858, à Lourdes, à la jeune Bernadette, sous le vocable de « l’Immaculée Conception ». Ceux qui rejettent ce dogme en accusant le pape d’autoritarisme sont dans l’erreur (2).
C’est pour moi une grande joie de vous parler de ma Mère, Marie, digne fille d’Anne et de Joachim, en ce jour de Noël, où elle m’a donné au monde. Une grande joie de vous rappeler que celle que l’Archange a nommée « la Comblée de grâces » n’est pas seulement la mère terrestre du Fils de Dieu, Deuxième Personne de la Trinité Sainte, mais, plus précisément, la Mère terrestre du Dieu Un et Trine, qui est Père, Fils et Esprit Saint. Épouse du Père de l’Unique Engendré par l’opération de l’Esprit Saint, elle est aussi, en raison de la consubstantialité du Fils avec le Père et l’Esprit Saint, Épouse du Christ et Épouse de ce même Esprit. À moins de commettre une grave erreur théologique, vous ne devez donc pas considérer ma sainte Mère, qui est aussi votre mère à tous, comme le simple « instrument » terrestre de mon Incarnation, ni nier qu’elle ait conservé sa virginité après ma naissance malgré la mention, dans l’Évangile, de mes « frères et sœurs », qui ne sont pas des enfants biologiques de ma Mère (3).
Après ces quelques rappels utiles sur la foi catholique, j’aimerais de nouveau vous mettre en garde contre les faux docteurs de ce temps. La période de Noël voit parfois les librairies se trouver envahies par des ouvrages sur le christianisme complètement hérétiques ou tout simplement truffés d’erreurs, d’inexactitudes, ou de propos antireligieux. Leurs auteurs vont même jusqu’à tenir sur ma Mère des propos aberrants ou à nier mon existence historique en usant de démonstrations plus que douteuses.
Comme ces messages vous l’ont conseillé pour la crise sanitaire et la vérité sur les effets secondaires des prétendus « vaccins » – qui commence à se faire jour dans plusieurs pays mais reste encore soigneusement dissimulée dans le vôtre -, je ne peux que vous inciter à rechercher sur la Toile les études menées par des spécialistes dont les titres et les diplômes puissent parler d’eux-mêmes dans les domaines concernés. Mais n’écoutez pas ceux qui, même nantis d’un diplôme élevé dans une spécialité et adulés par certains médias grand-public, se prétendent orgueilleusement spécialistes dans d’autres domaines que le leur, et qui, derrière un vernis ostentatoire destiné à séduire et à convaincre, cachent une ignorance crasse sur les questions essentielles qu’ils prétendent traiter, et commettent des erreurs que de vrais spécialistes, honnêtes et rigoureux, n’auront aucun mal à démonter.
Suivez ce conseil, mes petits, et vous serez capables de vous faire une opinion sérieuse sur des questions essentielles sans tomber dans les pièges du faux esprit, qui cherche toujours à travestir la vérité ou à ne pas la révéler entièrement. Ceux qui ne prennent pas la peine de revenir aux sources en consultant des ouvrages d’historiens, d’archéologues et de théologiens confirmés, et de faire vérifier des traductions approximatives à partir des textes originaux des Écritures, risquent de se voir grandement abusés. Pourtant, ce sont les mêmes qui, dans une attitude revancharde, colportent ensuite fièrement les mensonges auxquels ils auront cru à cause de la notoriété de leurs auteurs, et qui sèment le doute dans leur entourage si foi, raison et discernement y font défaut. C’est ainsi que les vers de l’imposture pénètrent dans les fruits sains et portent atteinte à leur intégrité en dévorant leur chair.
Ceux qui annoncent un autre Évangile que le mien ou portent atteinte à la foi de mes petits en semant le doute dans leur cœur sur des points cruciaux de cette même foi, telle la négation de l’existence réelle du Fils de Dieu et de sa mort sur la Croix sont des imposteurs (cf. 2 Jn 1, 7) ! S’ils veulent se lancer dans des joutes d’esprit sur d’autres sujets, grand bien leur fasse, mais, de grâce, qu’ils s’abstiennent de parler de choses divines que leur intelligence, embrumée par l’orgueil et par leur pseudo-science, ne peut encore ni saisir ni comprendre.
Que cette fête de Noël, mes chers enfants, vous rappelle, au contraire, que j’ai existé historiquement, et que toute ma vie – consignée par ceux qui m’ont côtoyé et par leurs disciples – n’a rien de mythique. S’il est quelques imperfections ou manques de concordances dans les récits évangéliques, c’est que ces derniers ont d’abord été transmis oralement avant d’être couchés dans des manuscrits et recopiés par des hommes faillibles. Cependant, ces écrits n’en restent pas moins ma Parole, qui doit être lue comme telle, et il est du rôle de mon Église d’en éclaircir, guidée par l’Esprit Saint, les points obscurs ou divergents.
Que ceux qui ont des doutes sur l’historicité de ma vie et de ma mort sur la Croix lisent par eux-mêmes les dernières études scientifiques concernant le linceul qui a enveloppé mon corps (4), et ne s’en tiennent pas aux propos oiseux – voire complètement erronés – que se plaisent à diffuser des hommes qui veulent réduire mon existence à un simple concept.
Réjouissez-vous, mes chers enfants, d’avoir reçu le don de la foi, et continuez de croire qu’en ce jour de fête, un Sauveur vous est authentiquement né à Bethléem il y a plus de deux mille ans ! C’est en m’ouvrant votre cœur et en m’invitant à l’habiter durablement que vous pourrez me rencontrer, et c’est en lisant et en étudiant les Évangiles que vous apprendrez à me mieux connaître.
En ce temps de Noël, que ma sainte Mère dépose entre vos bras l’Enfant de la Crèche comme elle l’a déposé entre les bras de Joseph, mon père putatif, pour que vous puissiez le serrer contre votre cœur et recevoir ses sourires et ses doux gazouillis. Cet enfant, c’est moi. Ne me lâchez pas, ne m’abandonnez pas. Témoignez-moi un amour sincère, car votre espoir est en moi ! En effet, si, pendant la durée de votre pèlerinage terrestre, vous faites de moi votre citadelle, votre salut, votre gloire, votre refuge et votre rocher imprenable (cf. Ps 62 [Vulg. 61]), je vous donnerai ma paix, fortifierai votre foi, vous ferai croître en sainteté et vous accompagnerai jusque dans mon Royaume de gloire.
Joyeux Noël, mes chers enfants ! Je vous bénis.
Jésus
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30 nov. 2023
Michel Onfray vous présente son ouvrage « Théorie de Jésus : biographie d’une idée » aux éditions Bouquins. Discussion avec Frère Joël Boudaroua, animée par Jean-Claude Raspiengeas.
Trois heures de musique de Noël instrumentale présentée par Soothing Christmas
Histoire : Jésus a -t-il existé ?
Qu’est-ce que l’historien peut dire de Jésus ? De quelles sources dispose-t-il pour le faire ? Et où s’arrête sa compétence ? Enquête méthodique sur la vie du Christ.
Croyants ou non-croyants posent invariablement la même question à l’historien : Jésus a-t-il existé ? Que sait-on de sa vie ? Si des théologiens peuvent nier l’intérêt que présenterait la connaissance du personnage historique, comme étrangère à la foi, la plupart des savants s’accordent à la juger importante pour éclairer le message de Jésus et mieux comprendre le succès (posthume) de son entreprise. En tout état de cause, certaines interrogations, qui relèvent du domaine de la théologie, resteront toujours hors du champ de compétence de l’historien : Jésus est-il fils de Dieu [1] ? Est-il le Messie* annoncé par certains textes ? Est-il ressuscité ? Il ne peut en être question ici. Mais, même à s’en tenir à ce que l’enquête historique peut établir, l’affaire est compliquée car, au-delà de la question « que sait-on ? » s’en profile une autre : « comment le sait-on ? ».
L’historien n’affirme rien sans preuve, mais il sait que les documents peuvent l’abuser et que ce qu’ils disent peut n’être que partiellement vrai. La première difficulté à résoudre est donc celle des sources. Suffisent-elles a démontrer l’existence de Jésus ? On dispose d’abord de trois grands ensembles de textes écrits par des fidèles de Jésus, non de son vivant, mais au plus tôt une vingtaine d’années après sa mort. 1) Les quatre Évangiles* demeurent la source la plus consistante. Celui de Marc est reconnu comme le plus ancien bien qu’il ne remonte pas au-delà de 65. Luc et Matthieu sont un peu plus tardifs, mais ils empruntent beaucoup à une source commune, nommée conventionnellement la source Q (comme Quelle, « source » en allemand), recueil de logia, de « paroles », qui peut être daté des environs de 50. L’Evangile de Jean est le plus récent : il a été écrit vers 95. 2) Les Actes des Apôtres*, rédigés par le même auteur que le troisième Évangile, Luc, mais après celui-ci, autour de 75-85, comptent peu d’éléments biographiques. Ils se réfèrent toutefois constamment à Jésus, en exposant le développement de la première communauté de fidèles à Jérusalem, la conversion de Paul, puis ses efforts missionnaires. A défaut de nous renseigner directement sur les faits et gestes de Jésus, les Actes conservent l’image que s’en faisait la plus ancienne communauté chrétienne, celle des disciples qui l’avaient connu. 3) Les Lettres de Paul enfin, rédigées entre 50 et 64, ne donnent que de très rares indications à caractère biographique. Elles interprètent le message de Jésus, que Paul n’a pas connu directement.
A ces textes canoniques, c’est-à-dire auxquels l’Église a reconnu une autorité comme norme de foi et de vie, il faut ajouter les ouvrages apocryphes*, tels que l’Évangile de Thomas ou l’Évangile de Pierre – car la canonicité des œuvres indiffère à l’historien – qui forment, pour l’essentiel, un récit des premières années de la vie de Jésus. Ces textes sont encore plus tardifs : vers 125-130 pour celui de Thomas, vers 130 pour celui de Pierre. Cela n’interdit pas qu’ils apportent quelques informations de première main, mais, globalement, ils nous éclairent davantage sur le milieu chrétien dont ils sont issus que sur la biographie du Jésus historique.
On peut en dire autant pour les plus anciens écrits des Pères de l’Église*, la Didachè (instructions de vie chrétienne que Jésus aurait enseignées aux apôtres, rédigées vers 95), la Lettre de Clément de Rome aux Corinthiens (v. 95), ou les sept Lettres d’Ignace d’Antioche a diverses Eglises d Orient (v. 115), témoignages d’une extrême importance, mais dont les auteurs sont tributaires d’une tradition déjà établie quant à la vie de Jésus.
En dehors de ces textes issus des milieux chrétiens, on possède encore le témoignage d’un historien juif du \ » siècle, Flavius Josèphe, et trois allusions d’auteurs païens du nc siècle. Suétone signale que les Juifs de Rome furent expulsés par Claude en 41-42 ou en 49, parce qu’ils s’agitaient à l’instigation d’un certain « Chrestos ». Tacite rapporte la persécution par Néron, en 64, des chrétiens de Rome, et rappelle que ces chrétiens tiennent leur nom d’un certain « Chrestos » qui fut livré au supplice par Pontius Pilatus.
Enfin, Pline le Jeune, gouverneur de Bithynie-Pont (au Nord-Ouest de l’Asie Mineure) en 111-113, décrit les progrès du christianisme dans sa province et s’interroge sur la conduite à tenir à l’égard de ceux qui lui sont dénoncés. En réalité, aucun des trois auteurs ne témoigne de l’existence de Jésus, mais ils attestent que des individus se réclamaient de lui, et ceci à Rome dès les années 40. Chez Flavius Josèphe, Jésus apparaît à deux reprises. Une première fois, lorsque Josèphe signale brièvement la mort de Jacques de Jérusalem en 62, « frère de Jésus appelé Christ* ». Une seconde allusion est faite dans un long passage, nommé Testimo-nium Flauianum par les spécialistes, et dont l’authenticité a été contestée. Ce texte pourrait être le seul témoignage direct d’un non-chrétien sur Jésus.
Un prédicateur attentif aux humbles
Mais le témoignage relativement concordant des sources chrétiennes les plus anciennes suffit à établir l’historicité de Jésus. Naturellement, certains jugeront que l’on ne peut faire confiance à des sources partiales par essence. Il me semble que l’on peut invoquer deux arguments à l’encontre des sceptiques. D’une part, pour de nombreux hommes de l’Antiquité, nous disposons d’une documentation bien moindre que pour Jésus et aussi peu fiable a priori, sans que personne ne songe à mettre en doute leur existence. S’il fallait s’assurer du caractère « objectif » des sources, on serait réduit à bien peu de chose !
D’autre part, ce qu elles en disent – et ce qu’en dit Josèphe, qui n’est pas contradictoire – va dans le sens de ce que l’on sait des mouvements messianiques et eschatologiques qui travaillent la société juive au Ier siècle de notre ère. Non que Jésus soit nécessairement conforme en tout point aux autres rois, messies et prophètes autoproclamés connus par ailleurs (et notamment par Flavius Josèphe qui leur est très hostile), mais il est loin d’apparaître comme un élément isolé. Pour l’historien, Jésus s’inscrit dans une série bien connue et bien identifiée.
Une fois l’historicité admise, reste le plus difficile à apprécier : qui fut Jésus ? A chaque époque, on a brossé de lui un portrait différent. On a ainsi décrit un prophète incompris, un prédicateur révolutionnaire, un militant politique, un sage, un magicien-guérisseur, entre autres. La difficulté à saisir sa personnalité est d’autant plus grande que l’on dispose de peu d’informations sur sa vie réelle (ainsi, on ne possède pas la moindre indication sur son aspect physique !) et que son message n’est transmis que par des textes élabores par d’autres.
Sur la vie de Jésus, il n’est pas grand-chose d’assuré. Il est né à la fin du règne d’Hérode le Grand (37-4 av. J.-C), entre 6 et 4 av. J.-C. puisque Hérode mourut peu après (Matthieu II, 9) [2]. Lindication de Luc (n, 1-2) selon laquelle sa naissance se place au temps du recensement de Quirinius, gouverneur de Syrie en 6 ap. J.-C, fait problème, car elle contredit les autres évangélistes ; elle ne peut s’expliquer que par une erreur introduite dans son texte plus tard. Selon Matthieu (n, 1) et Luc (i, 5), il serait né à Bethléem, en Judée, mais cette localisation traduit peut-être la volonté de le rattacher à la lignée du roi David (dont cette cité est le berceau). En tout cas, son origine galiléenne ne fait guère de doute car Nazareth, où on rapporte qu’il grandit, était jusque-là totalement ignorée des Écritures*.
Pour la mort de Jésus, condamné par Pilate, les dates de la préfecture de ce dernier en Judée [3] fournissent un créneau large : entre 26 et 36. Quant au jour, les indications données par les Évangiles sont assez précises : c’était un vendredi, le jour même de la pâque juive selon Marc, Matthieu et Luc, la veille de la pâque selon Jean, soit le 14 Nissan, ce qui paraît plus crédible car on n’exécutait normalement pas de condamnés un jour de fête. Si l’on ajoute que l’obscurcissement du ciel cité par les textes, au moment de la mort, a dû correspondre à une éclipse visible en Palestine, on peut opter pour le 3 avril 30 ou pour le 7 avril 33.
De l’enfance et de la jeunesse de Jésus, on ne sait rien. Mais on peut établir que sa vie de prédicateur occupa entre trois et quatre ans avant sa mort (il célèbre trois fois la pâque avant son supplice). Les Évangiles permettent de reconstituer ses voyages à travers la Galilée et les régions voisines (Phénicie méridionale, Décapole [4], Samarie, Judée). Mais, pour l’essentiel, ils sont évidemment consacrés aux discours adressés par Jésus aux fidèles qui le suivent, et à ses actes. Il s’en dégage une personnalité complexe.
Jésus apparaît d’abord comme un maître de la parole, qui utilise toutes les ressources de la langue tout en restant simple et compréhensible ; d’où son recours fréquent aux images. Mais, à la différence des prédicateurs traditionnels, il se montre constamment bienveillant, très attentif à tous, en particulier aux humbles ; ses rares colères visent les puissants. D’ailleurs, son message promet un avenir radieux aux pauvres, aux simples, aux petites gens, alors qu’il dénonce avec virulence les riches, injustes et impies. Ce n’est pas pour autant un révolutionnaire : parmi ceux qu’il secourt, on trouve un publicain, c’est-à-dire un précepteur au service de Rome, et un centurion, symbole de la puissance militaire romaine, et il n’appelle pas à la désobéissance contre l’occupant.
Jamais il ne se dit lui-même le Messie
Thaumaturge – il accomplit des miracles* – et exorciste – il délivre des démons-, il exerce une grande séduction sur les foules. Cet aspect peut surprendre les modernes épris de rationnel, mais force est de constater que les textes antiques fourmillent d’exploits semblables, aussi bien chez les chrétiens que chez les Juifs et les païens. Prophète, il annonce un royaume à venir au sujet duquel il reste assez vague : sera-t-il terrestre ou céleste, est-ce pour bientôt ou non ? L’effet de la déformation de ses propos par ses disciples risque d’avoir joué ici plus qu’ailleurs : vingt ou trente ans après la mort du maître, il n’était plus opportun de présenter ni son retour ni la fin des temps comme imminents. D’ailleurs, le rôle de Jésus lui-même dans l’instauration du royaume est ambigu : jamais il ne se dit lui-même Messie, mais il laisse d’autres le nommer ainsi.
Par ailleurs, il apparaît comme un Juif pieux : il fréquente le Temple*, respecte la Loi (il accomplit par exemple le jeûne pascal) et ne cesse de rappeler qu’il n’est pas venu l’abolir mais la parfaire. En réalité, il est assez proche des pharisiens* sur ce point, malgré la caricature que les Evangiles donnent de ceux-ci. Car bien des pharisiens enseignent comme lui que, sans l’amour du prochain, l’observance de la Loi ne sert à rien. Et ils partagent pour la plupart sa croyance en la vie éternelle et la résurrection. D’où vient alors qu’ils rejettent Jésus et que les notables soient si acharnés à sa perte ? Il est nécessaire de se replacer dans le contexte plus général de la Judée romaine pour comprendre les contradictions de la société au sein de laquelle prêche Jésus.
La conquête de la Judée par Pompée (63 av. J.-C.) n’a pas d’emblée mis un terme aux troubles qui agitent la région ni aux luttes intestines pour le pouvoir. Mais, depuis la fin des guerres civiles romaines (30 av. J.-C), la Palestine connaît, comme le reste de la Méditerranée orientale, les avantages de la Pax romana : le brigandage est enrayé, la paix assurée aux frontières, les pillages des armées rivales ne sont plus qu’un mauvais souvenir. La fiscalité ne pèse pas plus que dans les autres provinces ; elle reste modérée. De plus, que le pays soit gouverné par un prince client donc vassal de Rome (Hérode et ses descendants) ou directement par Rome (par un préfet puis par un procurateur dépendant du gouverneur de Syrie) à partir de 6 ap. J.-C, la situation ne s’en trouve guère changée. A première vue, il n’y a aucune raison pour que les habitants de Palestine, juifs ou non, ne bénéficient pas comme leurs voisins de Syrie ou d’Asie Mineure des bienfaits de la longue période de paix qui s’ouvre.
Pourtant, le Ier siècle est scandé par une série de crises violentes qui entraînent une répression d’une extrême cruauté de la part de Rome. On ne compte plus les incidents qui dégénèrent en émeutes, les provocations gratuites qui tournent au massacre, les violences de toutes sortes. Ces troubles découlent d’une manière ou d’une autre du « particularisme » juif. C’est que la Loi impose aux Juifs des règles de vie si contraignantes, à propos du repos, des règles de pureté, des tabous alimentaires, des images, etc., que la présence d’étrangers parmi eux multiplie les occasions de conflit.
Certes, les Romains ont tôt reconnu aux Juifs le droit de vivre selon leur Loi, notamment à Cyrène et en Asie Mineure. Mais, dans ces régions, la Loi ne semble pas avoir empêché les Juifs, minoritaires, de cohabiter avec les païens, même s’ils s’abstiennent naturellement de fréquenter les temples ou de participer aux banquets publics où l’on se partage les viandes offertes aux dieux. Au contraire, en Palestine, où les Juifs sont majoritaires, leur intransigeance paraît sans limite. Et ceux qui ont essayé d’adopter un mode de vie gréco-romain sans répudier leur judaïsme, créant ainsi une sorte de courant « moderniste », seul moyen à leurs yeux de s’adapter au monde dans lequel ils sont condamnés à vivre, sont considérés comme pires que les païens puisque Juifs renégats.
C est ce qui explique que Rome se révèle pour une fois incapable d’intégrer les notables : les rares Juifs devenus hauts fonctionnaires ont de fait abjuré leur religion. Ce refus de l’intégration se nourrit d’une espérance apparue au temps de la révolte des Maccabées [5] (167 av. J.-C.) et qui ne cesse de prospérer : l’attente de la fin des temps, qui verra le triomphe des Justes ; elle est doublée parfois d’un messianisme qui s’exprime de diverses manières.
La littérature apocalyptique reflète ce climat. Elle est apparue avec le Livre de Daniel (164 av. J.-C.) et s’est largement développée dans le courant du IIe-Ier siècle av. J.-C. et au Ier siècle ap. J.-C. [6]. Or ces textes trouvent un écho considérable dans la population. Des prophètes, des messies ou des rois qui entraînent les foules derrière eux, tels Judas le Galiléen, Simon, Athrongès, Thaddée, ou un prophète égyptien anonyme, font leur apparition. Tous ces « agitateurs » ne sont guère connus que par le témoignage de Flavius
Josèphe, farouche partisan de l’ordre. On saisit donc mal leurs objectifs, mais l’espérance messianique et eschatologique est clairement manifestée par plusieurs d’entre eux. Tous ou presque, cependant, souhaitent hâter l’écroulement du monde ancien par l’action politique et heurtent ainsi de front l’autorité de Rome. On ne sait comment ils assoient leur prestige : sans doute un talent d’orateur, peut-être des miracles, sûrement un discours qui satisfait l’attente populaire.
Dans le premier tiers du Ier siècle, l’exaspération semble donc à son comble. Jésus s’inscrit clairement dans cette évolution, mais il s’en distingue nettement sur des points essentiels comme le refus de l’action politique immédiate.
Parallèlement, le judaïsme est traversé par une série de courants très divers. Flavius Josèphe décrit quatre « philosophies », c’est-à-dire quatre sectes, mais c’est une simplification grossière : les tendances prospèrent. Rappelons que personne n’a autorité pour y mettre bon ordre, car il n’existe pas de dogme au sein du judaïsme. Chacun est donc libre de prendre position sur des points aussi essentiels que la conception de l’Au-delà, la fin des temps, la fréquentation du Temple ou l’importance respective de la charité et du respect de la Loi. C’est pourquoi la dimension morale ou spirituelle de l’enseignement de Jésus n’est pas mise en accusation, mais seulement ses aspects politiques, ou prétendus tels.
De fait, il est bien clair que son message ne comporte rien d’incompatible avec l’essence même du judaïsme. Lhostilité des pharisiens, dont il est si proche sur le plan spirituel, est due au discours déstabilisateur qu’il tient sur le Temple, qu’il respecte mais dont il laisse clairement entendre qu’on devra bientôt se passer (Matthieu, xxiv), et à ses attaques virulentes contre les riches. En s’en prenant aux notables, il met en cause la légitimité de leur rôle dirigeant et donc leur situation d’intermédiaires entre le peuple et les Romains.
Un message subversif et déstabilisateur
Par ailleurs, l’hostilité de nombreux Juifs peut tenir aussi au discours très « intégrateur » de Jésus. Alors que les Juifs pieux, quels que soient leur tendance et leur milieu, ressentent comme une agression permanente la présence des non-Juifs, Jésus semble vouloir transgresser les clivages ethniques. On l’a vu soigner le fils d’un centurion et se déclarer prêt à accueillir tout disciple quelle que soit son origine. On est loin des mouvements qui, comme celui des esséniens*, ne visent qu’à restaurer la pureté originelle du peuple élu en excluant tous ceux que l’on soupçonne d’être renégats.
Dans ces conditions, les causes de la mort de Jésus sont claires. Certes, c’est bien Pilate qui l’a condamné puisque lui seul a le droit de prononcer la peine de mort, mais ce sont les notables juifs qui ont manœuvré pour en arriver là : ils ont voulu écarter le faux prophète qui conduisait Israël sur des voies qu’ils jugeaient dangereuses.
Pleinement inscrit dans le contexte spirituel et politique de son temps, Jésus se distingue néanmoins par sa liberté de ton, par sa facilité à prendre le contre-pied des positions établies. Après lui, ses disciples peuvent continuer à espérer, puisqu’il n’a pas fixé de terme à la réalisation de promesses imprécises. Surtout, son enseignement moral exerce un attrait que seuls quelques maîtres pharisiens peuvent égaler. Mais le renoncement des pharisiens au messianisme, après l’échec de la révolte contre Rome en 70 et plus encore après la répression de celle de Bar Kochba [7] (132-135), laissera le champ libre à ceux qui professeront que le Messie est déjà venu et se nomme Jésus.
* Cf. lexique, p. 56.
1. Jésus n’emploie jamais cette expression. Elle apparaît dès l’Évangile de Marc : « Commencement de l’Evangile de Jésus-Christ, fils de Dieu. »
2. On sait depuis longtemps que le moine Denys le Petit, auteur du calcul du début de l’ère chrétien ne. avait commis des erreurs : Jésus est né avant l’ère chrétienne officiellement établie.
3. La Judée est à cette époque un district dépendant du gouverneur de Syrie, et administre par un préfet, ayant en particulier des fonctions militaires.
4. La Décapole est un groupe d’une dizaine de villes situées pour la plupart à l’est du Jourdain et appartenant à la province de Syrie.
5. Révolte des Juifs pieux contre la tentative du grand prêtre Jason d’helléniser le mode de vie des Juifs.
6. Citons l’Apocalypse des semaines, les Oracles sibyllins III et V, l’Apocalypse de Baruch.
7. En 66, un soulèvement général de la Judée fut rapidement réprimé, mais Jérusalem ne fut prise et détruite (y compris le Temple) qu’en 70. Le soulèvement populaire mené par Bar Kochba en 132-135 n’affecta qu’une partie de la Judée mais mobilisa de nombreuses troupes romaines. Après son échec, Jérusalem devint interdite aux Juifs, sauf un jour par an, pour pleurer sur les ruines du Temple.
Jésus, l’enfant terrible
DOCUMENT
L’Histoire de l’enfance de Jésus – un recueil écrit entre le IIIe siècle et le début du IVe, en grec. Où apparaît un redoutable petit personnage.
Alors qu’ il était un enfant âgé de cinq ans, Jésus était en train de jouer près du gué d’un ruisseau, et il faisait couler de l’eau, la dirigeant vers une flaque, afin de la rendre claire. Ensuite, il tira de la vase de l’argile molle et en façonna douze oiseaux. « C’était alors le jour du shabbat et beaucoup d’enfants jouaient avec lui. Un Juif le vit en train défaire cela avec les enfants, et il alla vers Joseph son père et il accusa Jésus en disant : « Il a fait de la boue et il en a façonné des oiseaux le jour du shabbat où il n ‘est pas permis de le faire. » Et Joseph, étant arrivé, le réprimanda en disant : « Pourquoi fais-tu un jour de shabbat ce qu ‘il n ‘est pas permis de faire ? » Mais, l’ayant entendu, Jésus frappa des mains et fit s’envoler les passereaux en disant : « Allez, volez et souvenez-vous de moi, vous qui êtes vivants. » Et les passereaux s’envolèrent en poussant des cris. […] »
« Une autre fois, Jésus marchait avec son père, et un enfant, en courant, lui heurta l’épaule. Et Jésus lui dit : « Tu ne continueras pas ton chemin. » Et aussitôt l’enfant tomba mon. Et ceux qui avaient vu ce qui s’était passé s’exclamèrent en disant : « D’où est cet enfant, car tout ce qu ‘il dit s’accomplit aussitôt ? » Et les parents de l’enfant mort vinrent trouver Joseph et lui dirent : « Tu ne peux pas habiter avec nous dans le village avec un pareil enfant, ou, alors, apprends-lui à bénir et non à maudire. » »
Quatre Évangiles
MISE AU POINT
Les Evangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean sont les seuls reconnus par l’Église. Qui les dit inspirés par Dieu.
Les quatre Évangiles canoniques sont seuls considérés par les Églises chrétiennes comme inspirés par Dieu. Trois d’entre eux, ceux de Matthieu, Marc et Luc, sont dits « synoptiques », parce que l’on peut placer en regard les épisodes dont ils se font l’écho. L’Évangile de Marc, le plus ancien, aurait été rédigé à Rome autour de 65, et son auteur s’attache avant tout à évoquer le message de Jésus. Luc raconte de nombreux faits originaux dans le détail (des miracles, la rencontre avec Hérode Antipas) ; il doit écrire un peu après 70 et s’adresse à un public de culture grecque. L’Évangile de Matthieu, sans doute rédigé par un lettré juif converti vers 80-90 en Syrie ou en Phénicie, souligne l’accomplissement des Écritures que constitue la venue de Jésus, identifié au Messie. L’Évangile de Jean présente la même structure que les Évangiles synoptiques, mais offre une originalité certaine.
D’une part, il est le seul à situer l’enseignement de Jésus dans la durée, rapportant la célébration de trois fêtes de la pâque, et plusieurs séjours à Jérusalem – accordant toutefois une place prépondérante à l’épisode final. D’autre part, il ignore de très nombreux épisodes, mais en évoque d’autres, comme les noces de Cana ou la résurrection de Lazare. Issu d’une communauté chrétienne originaire de Jérusalem (d’où les traces de nombreuses polémiques antipharisiennes), l’auteur semble avoir élaboré son texte hors de Judée, en Syrie ou en Asie Mineure, après l’exil de celle-ci. La tradition, rapportée par Irénée de Lyon (milieu du IIe siècle), l’attribue à Jean, le disciple préféré de Jésus.
Qui a condamné Jésus ?
Jugé par le Sanhédrin puis par le tribunal de Ponce Pilate, Jésus représentait avant tout un danger pour l’ordre civil et religieux régnant en Judée.
En l’an 33 de notre ère, Jésus, arrêté pour profanation du Temple*, refus de l’impôt dû à Rome et usurpation de messianité, est déféré devant le tribunal du Sanhédrin, juridiction religieuse juive, regroupant des prêtres, des riches laïcs et des scribes – ces derniers appartenant le plus souvent à la caste des pharisiens*, très soucieux d’une stricte observance de la Loi. Reconnu coupable, et méritant la peine de mort, Jésus est transféré devant une juridiction romaine, présidée par le préfet de Judée, Ponce Pilate. Il mène son propre interrogatoire, conclut lui aussi à la culpabilité, et laisse la foule assemblée décider lequel des condamnés à mort elle veut sauver : elle choisit Barabbas. Jésus sera donc exécuté, pour sédition. De cet événement, nous ne savons pas grand-chose. Nos sources sont les Évangiles*, et trois documents qui n’appartiennent pas à la tradition chrétienne.
1 ) La lettre d’un stoïcien syrien, Mara bar Sarapion, qui, vers 73, rappelle trois condamnations célèbres, celle de Socrate, celle de Pythagore et celle de Jésus.
2) Le témoignage de Flavius Josèphe.
3) Le récit de Tacite, qui dans les Annales (xv, 44), écrit à propos des chrétiens : « Celui qui est à l’origine de ce nom, le Christ*, fut exécuté sous le règne de Tibère par le préfet Ponce Pilate. » Jésus a fait l’objet de deux incriminations successives. La première, qui le conduit devant le Sanhédrin, est religieuse. On le poursuit pour blasphème, car on l’a entendu proférer des propos contre le Temple, tels ceux que rapporte Marc (xiv, 58) : « Moi je détruirai ce sanctuaire fait de main d’homme et, en trois jours, j’en bâtirai un autre, qui ne sera pas fait de main d’homme. »
Mais Jésus est également accusé d’usurpation sacrilège d identité, ce qui est encore plus grave, et a trait cette fois à la définition qu’il donne de lui-même, comme étant le Messie* annoncé par la tradition juive. Dans Marc (xiv, 61), on lit qu’à la question « Es-tu le Messie, le fils du Dieu béni ? », posée par le grand prêtre, il aurait répondu : « Je le suis, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant avec les nuées du ciel. » Dans Matthieu (xxvi, 66), cependant, la réponse est évasive (« C’est toi qui le dis »), et énigmatique dans Luc (xxn, 67) : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas, et si j’interroge, vous ne répondrez pas »…
La seconde incrimination, que peut seule prendre en compte la juridiction civile romaine, est politique. Il s’agit cette fois d’incitation à la rébellion, par le refus de payer l’impôt dû à la puissance occupante. Il s’agit aussi, et surtout, de l’usurpation de titre royal, crime de lèse-majesté vis-à-vis de l’empereur, et puni de mort par crucifixion. Sur ce dernier point toutefois, les déclarations de l’accusé ne sont jamais explicites – ce qui explique peut-être les hésitations de Pilate. C’est en tout cas ce que laisse clairement entendre Jean (xxtll, 3) : « Pilate l’interrogea : » Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui répondit : » C’est toi qui le dis. » Pilate dit aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve rien qui mérite condamnation en cet homme. » Mais ils insistaient en disant : « Il soulève le peuple en enseignant par toute la Judée »… »
En somme, Jésus dérangeait tout le monde, Juifs et Romains. Procès religieux, puis procès politique : c’est un fauteur de troubles qui est exécuté à la veille de la pâque 33. Un perturbateur à la fois de l’ordre civil et de la tradition transmise par les Écritures*.
LE FIGARO.
Par
Martin Bernier
Publié
le 22/12/2023 à 19:34
Pierre Adrian: «Chaque année, à Noël, la question se pose : pourquoi pas se remettre à y croire?»
ENTRETIEN –
Les célébrations de Noël, pour l’écrivain, sont l’occasion de retrouver les siens, de retourner au pays, mais aussi de renouer avec notre capacité d’émerveillement.
Pierre Adrian a obtenu le prix des Deux Magots et le prix François-Mauriac de l’Académie française pour son premier roman,
La Piste Pasolini
(Éditions des Équateurs, 2015). Il est également lauréat du prix Roger-Nimier pour
Des âmes simples
(Éditions des Équateurs, 2017) et du prix Jean-René-Huguenin pour
son dernier roman,
Que reviennent ceux qui sont loin
(Gallimard, 2022).
LE FIGARO. – Dans votre livre
Que reviennent ceux qui sont loin
, vous racontez l’été d’un jeune homme de retour dans la maison familiale. Noël est-il aussi ce moment où « reviennent ceux qui sont loin »
? Diriez-vous que c’est un des seuls moments où la famille s’impose à nous, où nous ne nous laissons nullement tenter par des « mers plus chaudes » ?
Pierre ADRIAN. –
Il y a une certitude de la famille à Noël qu’on ne retrouve pas toute l’année. Les jours avant Noël, ce sont des trains pleins de jeunes qui reviennent chez eux en province, des valises qui s’entrechoquent, des gares pleines. On a l’impression de revenir au village, de repeupler l’espace qu’on laisse désert toute l’année. Il y a une sorte de grande aspiration ; des grandes villes comme Paris se vident parce qu’elles sont pleines d’appartements qui sont des coquilles vides, où l’on vit parce qu’on doit travailler ou étudier. À Noël, il y a une forme d’évidence de retrouver un noyau plus petit, la famille, c’est le retour au pays ; ceux qui sont loin reviennent. On observe ce petit chaos dans les heures qui précèdent le réveillon, quand on monte dans son train de banlieue ou dans son TER pour revenir.
Comme l’été, comme le mois d’août qui est consacré aux vacances et à la famille, Noël est aussi un étalon du temps qui passe. D’une année sur l’autre, il manque quelqu’un : il y a ceux qui ne reviennent pas, ceux qui ne sont plus là, les souvenirs qu’on se remémore. Il y a évidemment les morts, cette grand-mère qui était là en silence, qu’on embrassait sur le front, qui regardait les discussions de loin sans trop saisir grand-chose mais qui était là, et qui n’est plus. Comme la plupart des couples divorcent, maintenant, Noël est aussi un moment où, d’une année à l’autre, on remarque les divisions, les séparations ; il y a un être aimé qui n’est plus là, qui est loin. Noël est un moment de joie mais aussi de tristesse, car le temps passe, et, en passant, il nous fait voir nos divisions et la disparition des êtres chers.
En ce sens, les célébrations de Noël revêtent une dimension singulière, y compris pour les non-croyants
: presque tout le monde se met en pause pour retrouver les siens et rentrer là d’où il vient. Est-ce une célébration à rebours de l’esprit du temps
?
On ne songe même plus au fait que Noël célèbre à l’origine la naissance de Jésus-Christ et la Sainte Famille. Tout cela apparaît un peu dépassé. Noël, c’est aussi un peu l’illusion d’une pause. Certes, les débats politiques vont s’arrêter, on va mettre sur pause
ce qui se passe à Gaza et en Ukraine, mais ça reste une illusion. C’est une pause au cours de laquelle on ne se repose pas ; Noël est un moment de bouffe, de fatigue sociale, parce qu’on retrouve tout le monde. Passer une loi comme la loi sur l’immigration juste avant Noël risque d’ailleurs de faire parler dans les chaumières, je ne sais pas si c’était la meilleure chose pour maintenir l’unité familiale à Noël…
La beauté de la messe de minuit, c’est qu’il s’agit d’une des seules messes où les non-croyants viennent. On peut interrompre son repas pour remettre son blouson et aller dans le froid d’une église écouter des choses qui nous dépassent
Je ne crois pas que Noël soit tellement à rebours de l’esprit du temps. On nous parle beaucoup de cette nécessité de faire du lien, de se retrouver. On a besoin de recréer du lien mais on le fait avec les siens. Et c’est parfois plus exigeant : ça paraît évident, mais ce n’est pas forcément plus facile de se confronter à l’oncle, aux parents, que d’aller distribuer la soupe dans la rue.
Vous avez aussi passé un Noël loin des vôtres, en compagnie d’un prêtre dans les Pyrénées, comme vous le racontez dans Des âmes simples
. À quoi ressemble un Noël loin du faste des fêtes de famille et des décorations clinquantes
?
J’ai passé ce Noël-là dans un petit monastère au fin fond d’une vallée des Pyrénées. D’abord, je me souviens de cette petite messe de minuit. La beauté de la messe de minuit, c’est qu’il s’agit d’une des seules messes où les non-croyants viennent. On peut interrompre son repas pour remettre son blouson et aller dans le froid d’une église écouter des choses qui nous dépassent. J’ai ce souvenir d’odeurs de fond d’église, d’odeurs de tabac froid, un peu d’alcool et de mauvais parfum, de « gens simples » qui viennent là en silence. Noël loin du faste des fêtes et de la famille, ça renssemble à ça ; c’est le bruit assourdissant que peut faire le silence. Après la messe,on s’était retrouvés dans le réfectoire du petit monastère avec des gens un peu seuls on ne parlait pas trop autour de cette table.
. Idéalement, j’aimerais passer plus de Noëls comme ça. Je dirais facilement que le vrai sens de Noël, c’est celui-là : d’avoir toutes ces solitudes qui se retrouvent autour de la naissance d’un enfant, qu’on y croie ou qu’on n’y croie pas. Mais la famille vous rattrape. C’est aussi une forme d’égoïsme que de vouloir passer Noël seul, en affront,quand on a la chance d’avoir une famille. Quand on a un endroit où aller, un foyer,c’est aussi un devoir que de retrouver les siens.
Noël marque le passage des années, avec ses rites immuables et sa liturgie. Avez-vous le sentiment que sa signification change avec les années, ou quel’ émerveillement reste le même, qu’on le voie à travers nos yeux ou ceux des plus jeunes ?
En vieillissant, l’émerveillement de l’enfant est un peu remplacé par l’agacement devant la frénésie consumériste de Noël. J’habite à Rome en ce moment : pas très loin de chez moi, dans les jardins de la Villa Borghèse , il y a un « Christmas World »,une sorte de Disneyland de Noël où toutes les heures Mariah Carey entonne des chants de Noël. C’est effrayant ! Mais les enfants qui passent à côté du Christmas World, eux, ont les yeux pleins d’étoiles. Quand on grandit, on voit l’envers du décor. Avec l’âge, Noël revient chaque année plus vite aussi. Mais l’enchantement demeure, évidemment. Il n’y a pas d’âge pour s’émerveiller ; on retrouve la surprise dans le regard des enfants et dans ce sens des petites choses. Qu’on soit croyant ou non, il y a dans les rites de Noël et dans sa liturgie une simplicité qu’il est bon de retrouver. J’aime bien ces vers de Francis Jammes, un poète des Pyrénées :
«
On dit qu’à Noël, dans les étables, à minuit,
l’âne et le boeuf, dans l’ombre pieuse, causent.
Je le crois. Pourquoi pas
? Alors, la nuit grésille :
les étoiles font un reposoir et sont des roses.
»
On a beau avoir dépassé l’émerveillement de l’enfance, on peut y retourner. Pourquoi pas ? Chaque année, à Noël, cette question se pose : pourquoi pas se remettre à y croire, retrouver l’émerveillement, l’esprit d’enfance quelque temps. C’est magnifique de s’arrêter et de se retrouver les yeux perdus dans une belle décoration de Noël, dans un beau sapin, dans une crèche, et de se prendre à rêver. Tout ça est encore possible.
«Chaque année, à Noël, la question se pose : pourquoi pas se remettre à y croire?»
Valeursactuelles.com: A propos de Noël – Marion Maréchal : En France la crèche de Noël est à, sa place partout
Marion Maréchal – candidate Reconquête ! aux élections européennes – et 150 maires et élus locaux réclament la reconnaissance et l’affirmation des racines chrétiennes de la France et de notre civilisation.
En décembre 2010, pour la première fois, le tribunal administratif d’Amiens prononça l’annulation de la délibération du conseil municipal de Montiers, village de l’Oise de 450 habitants, prévoyant d’installer une crèche sur la place du village. En 2014, c’est cette fois la crèche installée dans l’hôtel du département de Vendée qui scandalisait la Fédération nationale de la libre-pensée, l’affaire remontant même jusqu’au Conseil d’État.
Depuis lors, chaque année, le temps de l’Avent voit fleurir de nouvelles polémiques. À Beaucaire, au pays des santons, on interdit la crèche de la mairie ; à Béziers, le maire la déplace sur le parvis de la mairie pour échapper au courroux, et à l’hôtel de région d’Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez est obligé de prétexter une exposition artistique sur les santons pour pouvoir dresser sa crèche.
Les juridictions administratives livrent ainsi leur interprétation bien restrictive de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État. Une vision étriquée, faisant fi de l’identité de la France elle-même, née formellement du baptême de Clovis.
Cette chasse aux crèches s’inscrit dans un mouvement plus général porté par quelques multinationales et municipalités de gauche qui rivalisent d’esprit de repentance pour faire table rase de notre histoire. Partout, en Europe, les forces islamo-gauchistes tentent de faire disparaître ce que nous sommes : à Nantes, la mairie a effacé Noël pour un « voyage en hiver » multiculturel ; à Bruxelles, le bourgmestre veut un « Saint-Nicolas inclusif » rebaptisé « Sidi Nicolas » ; à Saint-Denis, on proclame le « Bel Hiver de retour », au milieu de textes en écriture inclusive.
Nous voulons que la France et que l’Europe restent chrétiennes
Ces dérives se révèlent au grand jour alors que l’immigration de masse et l’islamisation de notre patrie progressent à pas de géants. Comment, dès lors, prétendre assimiler quand nous n’avons plus rien à offrir ? Oui, nous voulons que la France et que l’Europe restent chrétiennes : pour les sauver, nous ne pouvons pas continuer à nier ce que nous sommes.
N’abandonnons plus notre peuple à l’éphémère, offrons aux Français les clés de voûte de notre culture : personne ne saurait se montrer fier si l’on ne peut se prétendre de quelque part. Nous devons retrouver le sens de ce qui nous relie, de ce qui nous élève.
Oh certes, dans sa grande mansuétude, la jurisprudence du Conseil d’État reconnaît néanmoins que, s’agissant des bâtiments publics, l’installation d’une crèche peut être licite si son « caractère culturel, artistique ou festif » est établi.
Il est urgent d’en finir avec la négation de nos racines et cette guérilla insidieuse contre la culture du peuple historique de France.
Mais, en France, par définition et par essence, la culture chrétienne est partout chez elle. C’est d’ailleurs dans la nuit de Noël que Clovis, le premier roi des Francs, fut baptisé, en 496, dans la cathédrale de Reims. C’est dans la nuit de Noël que Charlemagne fut couronné empereur par le pape.
Depuis des siècles et des siècles, Noël et le christianisme inondent nos mémoires, sculptent nos villages, façonnent notre mode de vie, grandissent nos destins.
Il est urgent d’en finir avec la négation de nos racines et cette guérilla insidieuse contre la culture du peuple historique de France. C’est pourquoi nous proposons de reconnaître et d’affirmer, jusque dans notre Constitution, les racines chrétiennes de la France et de l’Europe.
Quel beau symbole serait-ce, alors même que nous fêtons, en ce Noël 2023, le 800e anniversaire de la crèche de Noël, imaginée par saint François d’Assise, à Greccio, en Italie, en 1223, tradition qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours dans nos foyers de France et que nous entendons pouvoir transmettre à notre tour.
Liste, par ordre alphabétique, des 150 co-signataires de la tribune :
Thomas Adnot, Conseiller municipal de Sézanne (51)- Didier Amasse, Maire de Sissy (02) – Marcel Amps, Maire de Marimont-lès-Bénestroff (57) – Michel André, Maire de Turquestein-Blancrupt (57) – Valérie Andres, Conseillère départementale du Vaucluse et Conseillère municipale d’Orange (84) – Karl Aoun, Conseiller municipal de Cluses (74) – Gilles Ardinat, Conseiller municipal de Frontignan (34) -Jonathan Argenson, Conseiller municipal d’Orange (84) – Jean-Jacques Balmisse, Conseiller municipal d’Auradé (32) – Antoine Barbet, Maire de Villers-sur-Coudun (60) – Antoine Baudino, Conseiller municipal de Berre l’Etang (13) – Nicolas Bay, Député européen et Conseiller régional de Normandie – François Bechecloux, Conseiller municipal de Ménil-Annelles (08) – Antoine Beck, Maire de La Madeleine-Villefrouin (41) – David Becquerelle, Maire de Moyencourt (80) – Luc Bejean, Maire de Monteplain (39) – Florian Benadassi, Conseiller municipal de Cormicy (51) – Gabriel Bendayan, Conseiller municipal de Marseille (13) – Christine Berthé, Maire de Bouteilles-Saint-Sébastien (24) – Céline Beyneix, Conseillère municipale à Orange (84) – Isabelle Biland-Pérènnes, Conseillère municipale de Châtenoy (45) – Stéphane Blanchon, Conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes – Marie-Claude Bompard, Conseillère municipale de Bollène (84) – Yann Bompard, Maire d’Orange (84) – Jocelyne Borde, Conseillère municipale de Chaumontel (95) – Ludovic Bouix, Conseiller municipal de La Grand-Combe (30) – Marie-France Britto, Conseillère municipale de Frontignan-la-Peyrade (34) – Jean-Paul Brochard, Maire de Neuvillette-en-Charnie (72) – Sandra Bureau, Conseillère municipale de Riaillé (44) – Christian Burle, Maire de Peynier (13) – Antoine Camus, Conseiller municipal de Saint-Apollinaire (21) -Nicole Carry, Adjointe au Maire de Bohas-Meyriat-Rignat (01) – Jean-Pierre Castiglia, Maire de Malaussène (06) – Guillaume Cazauran, Conseiller municipal de Nemours (77) – Philippe Chanzy, Conseiller municipal à Montsoult (95) – Laure Chevalier, Conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur et Conseillère municipale de Gignac-la-Nerthe (13) – Christophe Clot, Conseiller municipal de la ville d’Alès (30) – Jérôme Collinet, Adjoint au Maire à la ville de Gray (70) – Rose Criado, Conseillère municipale d’Istres (13) – Alain D’Anglejan, Maire de La Comelle (71) – Raymond De Malherbe, Conseiller régional des Pays de la Loire – Nicolas De Pardieu, Conseiller municipal de Sainte-Foy-lès-Lyon (69) – Blaise De Saint Just, Maire d’Autingues (62) – Guillaume De Vigneral, Maire de Ri (61) – Éric De Vilmarest, Maire de Saint-Aignan (72) – Valérie Delpech, Conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Conseillère municipale et métropolitaine de Nice (06) – Adrien Denis, Maire de Noyant-Villages (49) – Pascale Deutsch, Conseillère municipale de Ouistreham Riva-Bella (14) – Christophe Devillers, Conseiller municipal de Ronchamp (70) – Gérard Dezempte, Maire de Charvieu-Chavagneux (38) – Béatrice Ducloz, Conseillère municipale de Giez (74) – Romain Dumand, Conseiller municipal de Gauchy (02) – Vincent Dumas, Conseiller municipal de Colombier-Saugnieu (69) – Alain Dumet, Conseiller municipal à Rambervilliers (88) – Patrice Dupont, Conseiller municipal d’Orange (84) – Jacques Durand, Maire de Villenave (40) – Joëlle Eickmayer, Conseillère municipale d’Orange (84) – Daniel Foti, Conseiller municipal d’Antibes (06) – Gérard Francisci, Maire de Feliceto (2B) – Isabelle Frehling, Maire déléguée de Vacheresses-les-Basses (28) – Eve Froger, Conseillère régionale de Normandie et Conseillère municipale de Grand-Quevilly (76) – Monique Gagean, Conseillère municipale d’Antibes (06) – Franck Gaillard, Maire de Chaume-et-Courchamp (21) – Marc Gairin, Maire de Momy (64) – Marie-Thérése Galmard, Conseillère municipale de Orange (84) – Fabrice Galpin, Conseiller municipal de Valdoie (90) – Hervé Gaudé, Maire de Malroy (57) – Claire-Emmanuel Gauer, Conseillère régionale de Normandie – Lucy Georges, Conseillère municipale de Saint-Nicolas-de-Port (54) – Patrick Germain, Adjoint au Maire de La Celette (18) – Philippes Ghiles, Adjoint au Maire à la ville de Gray (70) – Sophie Grech, Conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur et Conseillère municipale de Marseille (13) – Stanislas Gryszata, Conseiller municipal de Grand-Quevilly (76) -Stéphane Guillemin, Conseiller municipal de Marguerittes (30) -Karin Hartmann, Conseillère municipale de Cagnes-sur-mer (06) – Raymond Herbreteau, Maire de Les Ventes-de-Bourse (61) – Elodie Huot-Demoulin, Conseillère municipale à Chaume-et-Courchamp (21) – Christiane Jouffre, Conseillère municipale de Orange (84) – Jacki Klinger, Conseiller municipal de Cogolin (83) – Sébastien Kriloff, Maire de Neuhaeusel (67) – Hervé Lahotte, Maire de Senuc (08) – Laurent Lainé, Maire de Martagny (27) – Philippe Lamothe, Maire de Lartigue (33) – Patrick Landriot, Conseiller municipal de Chaume-et-Courchamp (21) – Michel Laniesse, Maire de Le Chateley (39) – Marc-Etienne Lansade, Maire de Cogolin (83) – Éric Laqua, Conseiller municipal de la ville de Lucé (28) – Christiane Lardat, Première adjointe à Cogolin (83) – Muriel Larrieu, Maire de Laas (32) – Jacques Lascoumes, Conseiller municipal de Saint-Marcellin (38) – Gilles Le Floch, Adjoint au Maire de la commune de Vignolles (16) – Michel Lebon, Conseiller municipal de Cagnes-sur-Mer (06) – Vincent Lecaillon, Conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes – Pierre Lefèvre, Conseiller municipal du Luc en Provence (83) – Patricia Legros, Conseillère municipale de Grand-Quevilly (76) – Pierre Leroy, Maire de Montholier (39) – Jean-Christophe Letierce, Conseiller municipal de Charny Orée de Puisaye (89) – Vincent Lhopiteau, Maire de Villampuy (28) – Wendy Lonchampt, Conseillère municipale de Wissous (91) – Ambre Louisin, Conseillère régionale de Centre-Val de Loire – Jean-Philippe Machu, Maire d’Ercourt (80) – Gilles Marcel, Conseiller municipal de Chaume-et-Courchamp (21) – Franck Manogil, Conseiller régional d’Occitanie – Sébastien Marie, Maire de Fleury (60) – Xavier Marquot, Conseiller municipal d’Orange (84) – Frédéric Marseille, Maire de Thoix (80) – Stéphane Maurice, Conseiller municipal de Cambrai (59) – Sébastien Meurant, Conseiller départemental du Val-d’Oise (95) – Jean-Paul Morel, Conseiller municipal de Cogolin (83) – Jean Moucheboeuf, Conseiller municipal et métropolitain de Nice (06) – Jean-Marie Moulin, Maire de Saint-Bonnet-du-Gard (30) – Patrick Muller, Conseiller municipal et communautaire d’Haguenau (67) – Philippe Muret, Conseiller municipal à Gassin (83) – Josette Musset, Maire de Le Noyer-En-Ouche (27) – Jean-Yves Neau, Conseiller municipal de Courcoury (17) – Dominique Pascard, Maire de Torcy-en-Valois, (02) – Geoffrey Pécaud, Adjoint au Maire de Cogolin (83) – Guillaume Peltier, Conseiller départemental du Loir-et-Cher (41) – Jean-Paul Perez, Conseiller municipal de Cagnes-sur-Mer (06) – Stéphane Perry, Conseiller municipal de Thaon-les-Vosges (88) – Maurice Pineau, Maire de Saint-Georges-de-Longuepierre (17) – Denis Pint, Conseiller municipal de Kembs (68) – Josiane Piret, Conseillère municipale de Cagnes-sur-Mer (06) – Geneviève Pozzo Di Borgo, Conseillère municipale et métropolitaine de Nice (06) – Stéphane Ravier, Sénateur des Bouches-du-Rhône et Conseiller municipal de Marseille (13) – Sophie Regniez, Maire d’Oison (45) – Jean-Guillaume Remise, Conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et Conseiller municipal de Tarascon (13) – Jean-Claude Rétaux, Maire de Henneveux (62) – Éléonore Revel, Conseillère régionale des Pays de la Loire – Thierry Rogister, Conseiller municipal et commissaire de Royan (17) – Pierre-Marie Salle, Conseiller municipal du Raincy (93) – Sylvain Saragosa, Maire de Chaumontel (95) – Danièle Saville, Adjointe au Maire de Villiers-le-Morhier (28) – Philippe Scemama, Conseiller municipal et métropolitain de Nice (06) – Bruno Schira, Maire de Le Dorat (87) – Jean-Pierre Sigaud, Conseiller municipal de Vichy (03) – Thibault Simonin, Conseiller municipal de Bourg-la-Reine (92) – Monique Soria, Maire de Bouffry (41) – Isabelle Surply, Conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes et Conseillère municipale de Saint- Chamond (42) – Marc Taulelle, Conseiller municipal de la ville de Nîmes (30) – Odile Tixier de Gubernatis, Conseillère municipale et métropolitaine de Nice (06) – Corentin Triplet, Conseiller municipal de Brebières (62) – Hélène Valette, Conseillère d’arrondissement à Marseille (13) – Françoise Vallot, Conseillère municipale d’Antibes (06) – Philippe Vardon, Conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Conseiller municipal et métropolitain de Nice (06) – Thierry Venem, Conseiller municipal et métropolitain de Nice (06) – Serge Ventrucci, Maire de Mercy-le-Bas (54) – Éric Viaud, Maire de La Bussière (86) – Arnaud Vié, Conseiller municipal et communautaire d’Antibes (06) – René Vimont, Maire de Grainville-la-Teinturière (76) – Virginie Vieville, Conseillère municipale de Chaumontel (95) -Aurélie Wagner, Conseillère municipale de la ville d’Alès (30) – Martine Wagner, Conseillère municipale du Luc en Provence (83) – Aubert Wattez, Maire de Monsures (80) – Pascal Wicker, Maire de Mutzenhouse (67).
Sur Futura : à propos du sapin de Noêl
Les sapins de Noël font partie du décor et contribuent à l’atmosphère féerique de la fête. Il faut dire que les aiguilles persistantes d’un beau sapin jouissent d’un côté symbolique, celui de la vie. Le fait d’illuminer un tel arbre est aussi un symbole de continuité et de renouveau. On appelle d’ailleurs ce conifère « arbre de l’enfantement » et, dans certains pays, il est de tradition d’en planter un dans le jardin le jour de la naissance d’un enfant…
Les fêtes de Noël sont souvent représentées par l’arbre de Noël : le sapin. Il faut dire que les aiguilles persistantes d’un beau sapin jouissent d’un côté symbolique, celui de la vie. Le fait d’illuminer un tel arbre est aussi un symbole de continuité et de renouveau.
On appelle d’ailleurs ce conifère « arbre de l’enfantement » et, dans certains pays, il est de tradition d’en planter un dans le jardin le jour de la naissance d’un enfant…
Les premières traces écrites d’une décoration de ce célèbre conifère ont été découvertes en 1510 à Riga, en Lettonie. À cette époque, des marchands dansaient autour d’un arbre décoré de roses artificielles, avant de le brûler sur un bûcher.
En France, l’arbre de Noël a été introduit à Versailles par la femme de Louis XV.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le sapin de Noël se pare de lumière. En guise de bougies, on remplit des coquilles de noix avec de l’huile pour illuminer le sapin.