le Grand Pardon de Sainte Anne d’Auray célèbre les 400 ans des apparitions d’Anne, mère de Marie- 1625 -2025

basilique de Sainte Anne d’Auray

En Bretagne, un culte chrétien est rendu à Anne, la mère de Marie. Il semble que ce culte ne soit pas étranger à un culte plus ancien rendu à Dana, ou Danu, une déesse celtique de la fertilité et de la magie druidique. Ane fait partie des saintes bretonnes de l’Armorique. région que les gaulois appelaient ainsi et qui s’étendait de l’estuaire de la Gironde à celui de la Seine.

C’est du moins ce qu’affirme un des Actes apocryphes latins désignés sous le titre de Virtutes Apostolorum, écrit au VIe siècle, qui écrit qu’ existait un culte ancien de sainte Anne répandu en Armorique.

Sainte Anne serait, selon ces hypothèses, la christianisation de la déesse indo-européenne Anna Pourna, c’est-à-dire Anna la Pourvoyeuse ou Anna La Nourricière.

Différentes traditions légendaires locales font de sainte Anne une princesse bretonne. C’est en effet une coutume bretonne de rendre hommage à la vie des saints dont le culte est célébré en Bretagne, soit en les gratifiant d’une ascendance bretonne, soit en relatant l’un de leur séjour dans cette province. Plusieurs légendes de Haute-Bretagne, comme de Basse-Bretagne la revendiquent ainsi pour leur compatriote.

Dans le Finistère, une légende née vers le Ve et VIe siècles fait d’elle une princesse cornouaillaise de sang royal vénérée à Sainte-Anne-la-Palud.

Une partie des reliques d’Anne que les traditions disent avoir été rapportées d’Orient par Marie Salomé et Marie Cléophas, les nièces d’Anne, accompagnées de Marie MadeleineLazareMartheSidoineMaximin et quelques autres au Ier siècle, ou par des chevaliers croisés à partir de la fin du XIe siècle sont  conservées à la cathédrale d’Apt.

Le culte de sainte Anne prend forme au XVIIe siècle, à partir des apparitions au paysan Yvon Nicolazic qui ont eu eu lieu en 1624 près d’Auray dans le Morbihan. Sainte Anne, par une apparition, demande à Yvon Nicolazic la construction d’une chapelle en son honneur. L’épisode se déroule sur un champ où il travaille, près du village de Ker-Anna. À cet endroit-même, lui confie la sainte, une chapelle avait déjà été construite en son nom au VIIe siècle, puis elle avait été démolie, coupant court à la dévotion naissante.

Dans la nuit du 7 mars 1625, Yvon Nicolazic, son beau-frère et quatre voisins, guidés par la lueur d’un grand cierge, déterrent effectivement une ancienne statue abimée de sainte Anne avec des restes de couleurs azurées et dorées. Des moines capucins d’Auray la retouchent pour lui redonner son éclat. Pendant ce temps, Yvon Nicolazic s’emploit à bâtir une nouvelle chapelle avec l’appui de quelques frères carmes. Il a également le bonheur de découvrir que son couple est devenu fécond.

À la suite de deux enquêtes successives, l’évêque de Vannes, Sébastien de Rosmadec, autorise le culte et le 26 juillet 1625, une foule se réunit pour la première messe de célébration. Très vite les pèlerins viennent en grand nombre au lieu saint où les conversions, les guérisons et les grâces se multiplient.

Au XVIIIe siècle, la chapelle, est saccagée pendant la Révolution et démolie pour permettre la construction d’un petit séminaire et d’une basilique.

Le lieu a pris le nom de sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray. À ce jour, c’est le seul lieu d’apparition de sainte Anne dans le monde.

Le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray est un lieu de dévotion et de pèlerinage important. Le pardon qui s’y déroule chaque année est le plus important de Bretagne, troisième lieu de pèlerinage en France après Lourdes et Lisieux.

Un pardon est une forme de pèlerinage (chrétien catholique) principalement rencontrée en Bretagne. Un pardon est organisé à une date fixe récurrente, dans un lieu déterminé et il est dédié à un saint précis.

Le pardon comporte une messe et une procession en extérieur vers un lieu sacré suivant un parcours déterminé. Les reliques du saint et bannières font partie de la procession. Certaines processions peuvent être particulières : certaines sont circulaires (les troménies), d’autres peuvent avoir un parcours en mer.

Ce rituel religieux (les « fêtes de l’âme » comme les décrivait l’écrivain Charles Le Goffic est généralement accompagné de pratiques et croyances traditionnelles d’inspiration peu orthodoxe (dévotion et médecine populaires, prophylaxie du bétail, tantad, recherches de présages, etc.), de fêtes profanes (boutiques de plein vent, lutte bretonne, débit forain, jeux traditionnels) et ses plaisirs collectifs parmi lesquels, en bonne place, la danse et la musique bretonne.

Aujourd’hui 27 juillet 2025, le Sanctuaire de Sainte Anne d’Auray termine les célébrations du Grand pardon qui  célèbrent le 400e anniversaire des apparitions de sainte Anne à Yvon Nicolazic et de la découverte de la statue.

Pour cet anniversaire exceptionnel, le pape Léon XIV a souhaité se faire représenter auprès des pèlerins bretons. Il a nommé le cardinal Robert Sarah comme son envoyé spécial, son légat.

Depuis le 7 mars 2025, La Troménie de sainte Anne, avec une calèche, tirée par un cheval de trait breton, portant la statue de sainte Anne, a fait le tour du diocèse de Vannes pour aller à la rencontre de tous les fidèles, à la rencontre de chacun, traversant les terres morbihannaises au rythme des prières et des chants, des bombardes et des cornemuses. La conclusion de cette grande marche sera le Grand Pardon.

Pendant le Grand Pardon, un Festival de la jeunesse se déroulera du 24 au 27 juillet 2025, ouvert aux 16-35 ans, suivi du jubilé des jeunes à Rome jusqu’au 4 août. Le Festival Sainte-Anne, ce sont 4 jours de fête avec des conférences, des concerts, un village des jeunes, des animations.

Homélie du cardinal Sarah. Le , à plus de 75 ans, âge canonique de la retraite, il remet au pape François sa démission de préfet de la Congrégation pour le culte divin.

Sainte Anne à la lumière de la Bible

A la recherche des figures de Sainte Anne

1 réflexion sur « le Grand Pardon de Sainte Anne d’Auray célèbre les 400 ans des apparitions d’Anne, mère de Marie- 1625 -2025  »

  1. Aleteia : [REPORTAGE] “Il y a des lieux choisis par Dieu” : 400 ans de foi à Sainte-Anne d’Auray

    https://wp.fr.aleteia.org/wp-content/uploads/sites/6/2025/07/Sainte-Anne-dAuray-2025.jpg?resize=620,350&q=75Marthe Callet
    Pardon de Sainte Anne 2025 – 400 ans des apparitions – Sainte Anne d’Auray

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    Marthe Callet – publié le 27/07/25

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    Pour cet anniversaire spécial, le Pape Léon XIV a envoyé un légat. Le Cardinal Sarah est venu le représenter au sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray (Morbihan) pour le Grand-Pardon du 26 juillet. Récit d’une journée hors du temps.09 h 55, une foule de plus en plus importante de pèlerins se presse vers le mémorial, lieu où sera célébrée la messe. Le soleil est voilé, mais chacun est préoccupé à trouver une place sur l’herbe, heureux de ne pas avoir trop chaud.

    Vers 10 h 30, les premiers chants bretons résonnent dans tout le sanctuaire, de magnifiques cantiques en l’honneur de Sainte Anne. De nombreuses personnes vêtues des costumes traditionnels processionnent avant l’arrivée de Sainte Anne, puis des prêtres, suivis d’une dizaine d’évêques dont Monseigneur Rey ou encore Monseigneur d’Ornellas, quelques pères abbés dont celui du Barroux et enfin le cardinal Sarah qui bénit les nombreux pèlerins amassés près des barrières.
    Pendant la messe, ciel voilé, pluie fine et soleil : une météo typiquement bretonne pour célébrer la messe en l’honneur de la sainte, apparue en 1625 à Yvon Nicolazic.

    Ils étaient plus de 15.000 pèlerins

    Ferveur, émotions et espérance du peuple chrétien venu des quatre coins de France pour prier Sainte-Anne et écouter les mots forts du cardinal Sarah : « Ne profanez pas la France avec vos lois barbares et inhumaines qui prônent la mort alors que Dieu veut la vie. »

    L’homélie qui a duré près d’une trentaine de minutes a été plusieurs fois entrecoupée par des applaudissements au point que le cardinal a demandé avec délicatesse ne plus applaudir. Il s’est adressé à chacun et en particulier au couple éprouvé par l’infertilité, aux couples inquiets pour leurs enfants. Ce passage de l’homélie a beaucoup ému Brigitte, venue de région parisienne pour confier toute sa famille. Pour elle, Sainte Anne comprend les problèmes des familles et son attitude d’adoration et de fidélité à Dieu la touche particulièrement. Elle répète : « pour moi, ici c’est le sanctuaire de la famille. »
    À l’issue de la messe, le cardinal est encore chaleureusement applaudi après avoir béni les plus de 15 000 pèlerins, comme indique le service d’ordre, rassemblés dans le parc du mémorial.

    « Pour moi, ici c’est le sanctuaire de la famille »

    Après le recueillement, place aux retrouvailles, au pique-nique partagé. Les enfants rient et courent. Les commandes de galettes de blé noir ne cessent d’affluer. Le sanctuaire a déployé de nombreux moyens pour bien accueillir les pèlerins notamment en prévoyant des stands de petite restauration ; le tout sur fond de musique bretonne. L’abbé Oudinot (SMMD) avec ses jeunes troubadours de la miséricorde (avant d’aller jouer sur les parvis du Morbihan) confie à Aleteia leur joie de découvrir le folklore breton et leur émotion d’avoir pu être béni avec deux autres confrères par le cardinal Sarah.

    L’après-midi est ponctuée de deux rendez-vous, toujours dans le parc du mémorial, pour ceux qui le désirent. Ainsi, avant le chapelet médité, Mathilde, guide-aînée âgée de 17 ans, termine sa route avec son feu à Sainte-Anne d’Auray. Elle raconte que son feu (qui compte quinze guides-aînées) a choisi comme thème d’année Sainte Anne et que leur objectif était de pouvoir vivre ensemble ce jubilé.
    Le dernier moment solennel et spirituel est la prière des vêpres, présidée par le cardinal Sarah, suivie du salut du Saint-Sacrement. Lors de ce moment recueilli, une personne très âgée et habituée des Grands-Pardons est émue en voyant passer Sainte-Anne. Elle a tenu à se lever malgré ses forces déclinantes pour l’honorer et elle s’est exclamée : « Même le soleil est là pour la saluer ! »
    Cette journée aussi festive que priante s’achève autour de danses bretonnes. Tandis que dans les cœurs résonne cette phrase du cardinal Sarah : « Il y a des lieux choisis par Dieu. » Et ce mystère est palpable à Sainte-Anne d’Auray.

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