
vue de la fresque de Léonard de Vinci telle qu’elle apparaît dans le réfectoire du couvent de Santa Maria delle Grazie à Milan :
le chef-d’œuvre de Léonard de Vinci : Années de réalisation : Entre 1495 et 1498. Léonard n’y a pas travaillé en continu, mais par intermittence, ce qui était l’une de ses habitudes de travail.
-
Dimensions : La peinture mesure environ 4,60 mètres de hauteur sur 8,80 mètres de largeur.
—
Le mot Cène vient directement du latin « cena », qui signifie tout simplement « le repas du soir » ou « le dîner ». Dans le contexte chrétien, on a ajouté une majuscule pour désigner l’Ultime Cène (Ultima Cena), le dernier repas que Jésus a partagé avec ses apôtres le Jeudi Saint.
Le dernier repas de Jésus se déroule dans un lieu chargé de symbolisme appelé le Cénacle (du latin caenaculum, qui signifie « salle à manger »).
. La localisation géographique
Il se situe à Jérusalem, sur le Mont Sion, juste à l’extérieur des murailles actuelles de la Vieille Ville (au sud-ouest). C’est un quartier qui, à l’époque, était habité par les classes aisées ou des groupes religieux comme les Esséniens.
-
Le Mont Sion se situe au sud-ouest de la Vieille Ville (juste à l’extérieur des remparts actuels, près du quartier arménien).
-
Le Mont des Oliviers se situe à l’est de la Vieille Ville.
-
Les deux monts sont séparés par la Vieille Ville elle-même et par une vallée profonde :
-
La vallée du Tyropoeon (qui séparait autrefois la colline ouest de la colline est, mais qui est aujourd’hui en grande partie comblée).
-
La vallée du Cédron, qui coule au pied du Mont des Oliviers et sépare ce dernier de la cité antique (la Cité de David) et du Mont du Temple.
-
2. La description dans les Évangiles
Les Évangiles de Marc (14,15) et de Luc (22,12) donnent des détails assez précis sur la pièce elle-même :
-
C’est une « grande pièce à l’étage » (parfois traduite par « chambre haute »).
-
Elle était « meublée et toute prête », ce qui suggère qu’un arrangement préalable avait été fait par un disciple ou un sympathisant de Jésus à Jérusalem.
3. Le site actuel
Aujourd’hui, on peut visiter un bâtiment à Jérusalem considéré par la tradition comme le lieu de la Cène :
-
L’architecture : La salle que l’on voit aujourd’hui date principalement de l’époque des Croisés (XIIᵉ siècle), avec des voûtes gothiques.
-
Un lieu de tensions : ce bâtiment est unique car il est « multicouche » : au rez-de-chaussée se trouve le Tombeau de David (lieu saint juif), et au-dessus se trouve le Cénacle (lieu saint chrétien). Le site a également été une mosquée pendant la période ottomane.
-
—
Le dernier repas est un moment charnière du Nouveau Testament, riche en symbolisme et en émotion. Bien que les quatre Évangiles mentionnent ce dernier repas, ils mettent l’accent sur des aspects différents.
Voici une synthèse des paroles prononcées par Jésus selon les textes.
1. L’institution de l’Eucharistie (Matthieu, Marc, Luc)
C’est le moment le plus célèbre, présent dans les trois évangiles « synoptiques ». Jésus donne un sens nouveau au pain et au vin.
-
Le Pain : « Prenez, mangez, ceci est mon corps. » (Matthieu 26:26)
-
Le Vin : « Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour la multitude, pour le pardon des péchés. » (Matthieu 26:27-28)
-
Le Commandement : « Faites ceci en mémoire de moi. » (Luc 22:19)
2. L’annonce de la trahison
Dans les quatre récits, Jésus jette un froid en annonçant qu’un des Douze va le livrer.
-
L’affirmation : « En vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera, lui qui mange avec moi. » (Marc 14:18)
-
La réponse à Judas : Alors que Judas demande « Est-ce moi, Rabbi ? », Jésus répond : « Tu l’as dit. » (Matthieu 26:25)
3. Le lavement des pieds (Jean)
L’Évangile selon Jean est unique : il ne décrit pas l’institution du pain et du vin, mais se concentre sur un geste d’humilité radicale.
-
L’explication : « Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. » (Jean 13:14)
-
Le commandement nouveau : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13:34)
Note historique : Ce repas était un repas de Pâque juive (la Pessa’h), ce qui explique pourquoi Jésus utilise des éléments comme le pain sans levain et le vin pour symboliser la libération, mais cette fois-ci du péché plutôt que de l’esclavage en Égypte.
C’est un moment d’une grande intensité dramatique dans les textes. Après ces paroles et ce repas du jeudi soir, les Évangiles décrivent une transition immédiate vers la Passion :
-
Le chant des psaumes : après avoir prononcé les paroles sur le pain et le vin, les textes disent qu’ils chantèrent les psaumes (l’Hallel de la Pâque) avant de sortir.
Le « chant des psaumes » mentionné dans les Évangiles de Matthieu (26:30) et de Marc (14:26) juste avant que Jésus et ses disciples ne partent pour le mont des Oliviers correspond à une tradition juive précise : le Hallel.
1. Qu’est-ce que le Hallel ?
Le Hallel (qui signifie « Louange ») est un ensemble de six psaumes (Psaumes 113 à 118) chantés lors des grandes fêtes juives, particulièrement pendant le repas de la Pâque (Seder).
-
Psaumes 113 et 114 : chantés au début du repas.
-
Psaumes 115 à 118 : chantés à la fin du repas, après la dernière coupe de vin. C’est très probablement ce groupe de textes que Jésus a chanté avec ses apôtres.
2. Extraits marquants des psaumes chantés
Il est bouleversant de lire ces textes en sachant que Jésus les chantait quelques minutes seulement avant son arrestation et sa mort.
Psaume 116 : Le cri vers Dieu
Ce psaume évoque la détresse de la mort, mais aussi la confiance absolue.
« Les liens de la mort m’avaient environné… J’élèverai la coupe du salut, et j’invoquerai le nom de l’Éternel. »
Psaume 118 : La pierre angulaire et la confiance
C’est le dernier psaume chanté. Il contient des paroles célèbres qui prennent tout leur sens ce soir-là :
« La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle. » « Voici le jour que l’Éternel a fait : qu’il soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie ! » « Louez l’Éternel, car il est bon, car sa miséricorde dure à toujours ! »
Ce chant n’est pas qu’une simple conclusion de repas. Pour les historiens et les théologiens, cela montre que :
-
Jésus respectait les rites de son peuple.
-
Il partait vers sa mort non pas dans le désespoir, mais en chantant des louanges à Dieu.
-
Les thèmes de ces psaumes (libération d’Égypte, passage de la mort à la vie) illustrent parfaitement ce que Jésus s’apprêtait à accomplir selon la foi chrétienne.
-
Le départ vers le mont des Oliviers : ils quittent la « chambre haute » (le Cénacle) pour se rendre au jardin de Gethsémané.
-
L’agonie et l’arrestation : C’est là que, dans la nuit du jeudi au vendredi, Jésus prie pendant que les disciples s’endorment, avant d’être trahi par le baiser de Judas.