« Essai » sur le Chemin de la Conscience…
– La Matrice des Mondes –
« Le système de pensée aristotélicien, conduit à confondre le réel, avec ce que notre système nerveux produit pour le représenter. » – Alfred Korzybski –
Plus connu comme auteur de cet axiome « la carte n’est pas le territoire ».
D’où l’invitation à un cheminement, plutôt de type « Non-A » – (non-aristotélicien), pour tenter de progresser sur cet étroit sentier, parfois environné de méandres trompeurs, d’autres fois surplombant de sublimes contrées inconnues. Le Chemin devient alors notre Guide ! Et l’expression « Marche, marchant… c’est en marchant que l’on fait son chemin», pourrait le traduire assez bien, avec une petite dose de légèreté,
sous ses dehors de comptine enfantine !…
Sauf qu’ il y avait un antécédent à cette « comptine », et le plus pur des hasards m’a fait découvrir très récemment ce poète espagnol Antonio Machado, qui précisément évoque dans ses poèmes, ce Chemin que tout homme parcourt durant son existence, avec la conscience parfois de participer à écrire lui-même, son propre destin durant cette vie.
Alors en aparté …
Ce voyageur foulant les chemins de l’Espagne, et qui laisse ses semelles de vent imprimer des rêves dans le sable, est le poète Antonio Machado. Si sa méditation ne s’exprime qu’en marchant, c’est qu’il diffuse sa rêverie mélancolique et raffinée, à la terre – car chaque pas devient alors comme une caresse de gratitude, sur le dos de Pachamama, notre Terre-Mère, dès lors que la Conscience de ce qui Est, véritablement, est présente et vivante.
Le chemin n’existait pas avant qu’Antonio Machado ne le trace avec ses mots, ses rythmes, ses rimes. Il chemine et, en passant, fait naître l’aventure de ce tracé. Il dévide le fil de son existence en même temps que sa marche ouvre la voie d’un destin – le sien mais aussi celui d’un voyage. Le poète écrit : “Le chemin se fait en marchant”.
Cette poésie de l’ouverture, est vouée aux landes et aux routes dans la vacance libre du vent. Machado déroule une aventure qui le conduit au-delà de lui-même. N’a-t-il pas cessé d’affirmer que “la poésie est parole dans le temps” ? Jill-Manon Bordellay
Fin de l’aparté !
=-=-=-=-=
« ...confondre le réel, avec ce que notre système nerveux produit pour le représenter… »
Qu’est-ce alors que ce réel ? Ce que l’on voit – ce que l’on perçoit – ce que l’on ressent ?
La Matrice des Mondes serait ce Magma d’informations, de chaos, entropique par nature, sans cesse proliférant, et qui donc accroît et structure depuis des Éons, la sphère illusoire de ce que l’on nomme la réalité. Une réalité comprise dans l’enclos limité de nos perceptions, et qui se manifeste dans nos existences comme dans tout l’univers dans le cadre de la dualité : observateur / observé. Elle nous renvoie ainsi, à une matérialité bien tangible, complexe et structurée, et qui n’est cependant qu’apparence. L’Ultime Réalité serait quant à Elle, selon certains Penseurs, au-delà de toutes nos perceptions – au-delà des illusions de la forme et de l’apparence – au-delà des mirages de l’espace et du temps – par-delà les méandres trompeurs des au-delà – par-delà les Mondes et leurs Dimensions – par-delà les Cosmos et leurs Univers – vers cet Absolu de l’Unité Primordiale, que d’aucuns appellent le Divin*, ou Conscience Absolue, Lumière Infinie. (Les mots sont vraiment de piètres vecteurs de sens lorsque l’on tente d’aborder l’Indicible.)
Cette Matrice serait-elle l’indice d’une emprise, et donc de la manifestation d’« Archontes »** ? – ou de tout autre « Influenceurs » aux spécificités de Régisseurs – des Gestionnaires, en quelque sorte, comme l’évoquent certaines descriptions, sur les tablettes sumériennes par ex., mais aussi dans d’autres civilisations, et qui pourrait alors le laisser penser ? Ce serait sans doute, oublier un peu vite, qu’eux-mêmes sont également englués dans cette Matrice devenue autonome ; idem pour toutes ces Manifestations exogènes, que l’on cite, ici ou là… depuis des milliers de siècles ? – Ou bien alors, n’est-ce qu’un reflet de notre monde, qui, telle une Doublure active, serait « nourrie » par une sorte d’effet bio-feed-back, en interaction avec notre dimension – que l’on appelle «l’ existant », ici-bas? Cette Matrice, tel un Méga Égrégore, générerait alors dans un flux incessant, ses vagues de chaos et d’entropie, tels les rouleaux déferlants d’un océan d’informations, que pour partie, le « vivant », par cet effet bio-feed-back, ou bio rétroaction, engendre lui-même continûment. Ces rouleaux ensemencent ainsi, d’informations limitées par essence, duelles par nature, notre sphère mentale et psychique, mais également ils laminent, perturbent et érodent par leurs sempiternelles successions, notre prise de Conscience du Réel, cet Éveil à la Conscience de Ce qui EST, véritablement, au-delà de la forme, de l’apparence et des frontières de l’impermanence.
Alors, ce sont autant de réalités trompeuses et illusoires, véritables chimères, qui tels des hologrammes sensoriels, parfois splendides et à forte densité émotionnelle, d’autres fois sombres et chaotiques, le plus souvent insipides et étriqués, et qui nous font errer au fil des existences, dans ces labyrinthes sans issue, dans ces champs multiples de la grande Illusion. Ils se multiplient et croissent sans cesse, par une espèce de loi d’entropie qui règne en ces royaumes de la dualité.
Nous y sommes encore et toujours assujettis, agglutinés que nous sommes, tels des papillons captifs se débattant dans ces entrelacs d’artifices. Cette Matrice est cependant pour partie, bien alimentée par nos propres sécrétions mentales, psychiques et émotionnelles. Les nôtres, comme celles des multiples générations qui nous ont précédées, et qui nous succéderont, dans ce monde comme dans d’autres lieux. Cela fait partie de « l’héritage » de l’humanité pour ce qui nous concerne. Il participe à notre information, mais aussi à notre manipulation, et pour partie à notre formatage, que d’aucuns appellent, comme Jung par ex. l’Inconscient collectif, ou les Champs Morphiques de R.Sheldrake, le Potentiel Quantique de David Bohm, la Noosphère de Pierre Teilhard de Chardin, ou cet Akasha de l’Inde ancienne. Tout ceci participe donc, à des degrés divers, à ce que nous sommes.
Et cela se déroule dans notre bulle d’espace-temps, mais sans doute aussi dans d’autres dimensions impliquées dans « la Manifestation », là où entropie et dualité pourraient toujours régner en maîtres.
Nous sommes ainsi comme piégés dans nos existences si paradoxales. Nous participons, de plein gré le plus souvent, mais au fond, à contre-Conscience, à l’élaboration de ces prisons hologrammes – Murs dorés ou Murs de torchis – Puissants ou Misérables – Pseudo élite ou simple humain – l’Emprisonnement y est le même ! Et l’illusion d’exister y est puissante, peut-être même plus puissante encore chez les pseudo « élites » ! (l’histoire du chameau et du chas d’une aiguille!)
Certains cependant, ou beaucoup peut-être, voudraient en réchapper. Mais qui le veut réellement et qui le peut ? Celui qui est le résultat condensé de ce formatage ? Cet ego si malicieux ? Comment pourrait-il œuvrer à renforcer l’illusion, être lui-même une illusion, continuer à participer au renforcement des murs de sa prison hologramme, et vouloir en réchapper. Les Anciens avaient nommé cette illusion – Mâya – tout ce fatras mental, émotionnel et psychique qui nous occupe tant, nous distrait et nous égare et qui n’a pas de Réalité Fondamentale.
Mais qu’est-ce au fond que le réel ? Ce que l’on voit ? Ce que l’on perçoit ? La physique quantique nous informe déjà que ce magnifique champ de coquelicots là, de l’autre côté de la route, n’est pas rouge comme il se doit. Il ne semble ainsi, que par le truchement d’une perception erronée. Car ces délicates fleurs ne sont que des champs vibratoires, de longueurs d’ondes précises que notre cortex décrypte et décode selon son formatage initial, pour nous faire voir rouge !. Et tout le reste de notre environnement est à l’avenant, de Patchamama aux galaxies et au cosmos en son entier, et au-delà même – cela est donc à appréhender avec cette même notion de réalité très relative.
Et si l’on zoome encore un peu plus, on s’apercevra que chaque atome de l’univers, est un champ de vide quantique, où protons et neutrons entourés d’une sarabande d’électrons, dansent ensemble leur ronde magique – la Danse de Shiva ! – dans une sorte de brouillard de probabilités qui se figera en « réalité », lors d’une décohérence provoquant l’effondrement de la fonction d’onde. Et plus loin encore, ce noyau de l’atome qui semble pourtant être le noyau dur, se subdivise en quarks, puis en cordes, ces vibrations d’énergie. Donc rien de cette matière n’est dur, solide et pourtant nous sommes si sûrs de la réalité perçue. Mâya est à l’œuvre. Alors tout ce que nous percevons, nous y compris, pourrait-il être perçu avec un autre regard ?
Mâya est aussi à l’œuvre dans la spiritualité !
« Certaines spiritualités » regorgent de ces ténors de la libération conditionnelle – à leurs conditions bien évidement ! – de ces maîtres ascensionnés bien souvent diplômés d’Astral Sup !, de ses plaideurs d’un Nirvâna à bon compte, de ses bonimenteurs étirant leurs mantras « sacrés », leurs moulins à prières et leurs dévotions fiévreuses, aux pieds d’un maître, d’un guru, d’un dieu ou d’un démiurge, quand ils ne se prennent pas eux-mêmes pour l’un d’eux ! Le plus souvent contre monnaie sonnante et trébuchante, et/ou par un assujettissement, une emprise destinée à élaborer et conforter la puissance d’un groupe/égrégore. Ils assènent leur réalité dont on connaît maintenant la relativité, avec un indice de grégarisme qui est majoritairement élevé. Ainsi, l’égrégore des groupes participe-t-il à ce formatage et à cette dépendance, ce qui nuit grandement à la véritable Liberté intérieure.
Car par ailleurs, il semble bien que nous soyons – seul – à pouvoir choisir tel Chemin de conscience, plutôt que tel autre, – seul – à pouvoir prendre une telle décision, et c’est – seul – que nous devrons Le parcourir, car – personne ne pourra effectuer et accomplir l’Œuvre à notre place -. Seul, mais nullement isolé, car tout est « intriqué », dans le sens de l’intrication quantique, à l’Essence Primordiale émanant du Tout; dès lors la solitude, dans le sens commun du terme, ne sera de fait, qu’un vain mot, aux relents de peur ou d’angoisse, et qui tente de manipuler notre ego. Confronté à cette illusion ambiante, incrustée en nous depuis tant d’existences, au point qu’elle reste encore notre réalité, certains seront peut-être persuadés détenir la clé ultime, le mot de passe, de bonne foi ou non; mais l’emprisonnement allié à l’illusion s’adapte à toutes ces fantaisies, l’existence s’écoule alors comme le sable dans le sablier. Arrivé à terme, celui-ci bascule, et tout recommence.
Celui qui, au cours de son Épopée, aura pu goûter ne serait-ce qu’un bref instant, hors de toute entropie, au Nectar du Silence –
Celui qui aura su retrouver alors dans le secret de son Intérieur, cet Élixir de la Vacuité, d’où pourrait jaillir l’Indicible Lumière –
Celui-là, sans doute, aura commencé à briser ses rudes chaînes.
Il pourrait suivre l’éveil de son Intuition, et percevoir ce Souffle venu d’Ailleurs – Ce Souffle qui fait vaciller le Temps – Souffle de Lumière et de Silence, là-bas… tout au fond de l’Etre-Soi – Souffle, dont les spirales s’élèvent en nous indiquant ainsi la Porte étroite, dont parle la Tradition – tout en haut de la Citadelle de la Méditation – cette Citadelle aux neuf Portes, connue de tous .
Ce pourrait bien être alors comme l’annonce
du franchissement de la Dixième Porte :
« Et du haut de cette Citadelle
de la Méditation
Des Hauteurs Sacrées de Sahasrâra…
où d’Ailleurs,
En ces Lieux ouverts à tous les Vents de l’Esprit,
Notre âme-conscience prendra son envol…
Car le Ciel semble si bleu.
Mais il est là un autre regard
que celui des yeux
pour le bien perce-voir. »
Patje Seko
* Divin : di, divus : racine indo-européenne signifiant soleil, jour, lumière.
** Archontes : Dans la Grèce antique, les archontes (en grec ancien ἄρχοντες / árkhontes, de ἄρχω / árkhô, « commander, être le chef ») sont des dirigeants présents dans la plupart des cités grecques… et ailleurs, dans d’autres dimensions ?!
Annexe :
« Sache, ô homme, que l’espace est tout entier rempli d’univers contenus dans d’autres univers . Des mondes entiers se superposent – chacun est dans un autre – et pourtant, ils sont séparés… par la LOI ».
Table X – La création du temps – attribué à un certain Hermès Trismégiste.
Cette citation assez bluffante, daterait de 2500 ans env. L’astrophysique actuelle envisage la possibilité de multivers, la physique quantique quant à elle, avance la probabilité de dimensions multiples (11 … ?) – Le Passé, le Présent et le Futur ne font qu’un, et la suite de l’Epopée semble alors se poursuivre Ailleurs !