Après la vertu

Alasdair Chalmers MacIntyre, né le  à Glasgow, est un philosophe écossais qui s’est rendu célèbre pour ses contributions à la philosophie morale et politique. Il est également réputé pour son travail en histoire de la philosophie et en théologie.

Son œuvre rencontre un public nombreux, qui dépasse largement le cadre universitaire . Il y a plusieurs raisons à cela : tout d’abord sa capacité à présenter de manière simple des enjeux philosophiques complexes et historiquement controversés. Alors que la philosophie analytique met l’accent sur l’exposition logique des arguments, MacIntyre préfère « raconter des histoires » (au travers d’une démarche perspicace de recomposition historique) afin de résoudre les problèmes délicats que posent la philosophie morale, l’histoire des idées, l’éthique, la raison pratique, Aristote, Collingwood ou Saint Thomas d’Aquin

De façon plus spécifique, MacIntyre est une figure majeure du récent regain d’intérêt pour l’éthique de la vertu, voire celle de l’éthique de la sollicitude, qui donne au problème de la moralité et à l’importance du corps et du don une portée effective sur la conduite de l’être humain. Dans Dependent rational animals: Why human beings need the virtues (1999), il considère ainsi que la morale ne peut se penser en dehors de la biologie et qu’il faut considérer l’homme comme un être incarné, plutôt que de le concevoir comme pur esprit rationnel selon une conception dualiste, représentée en particulier par la philosophie morale kantienne. Il insiste en outre sur la vulnérabilité et les soins, culminant dans ce qu’il considère comme des « biens communs ».

MacIntyre cherche plus à comprendre les décisions prises qu’à trouver une règle absolue permettant de choisir l’attitude à adopter dans un éventuel cas semblable. Il est perspectiviste sur le plan de la morale, et croit inutile de tenter à tout prix de déterminer des règles de comportement absolues, que ce soit par le biais de l’impératif catégorique kantien ou du calcul utilitariste de la maximisation de l’utilité et du bien-être.

Dans cette approche de la philosophie morale, le jugement droit des individus s’enracine dans le développement d’un caractère tourné vers le bien. On ne peut parler de bien et de mal qu’au travers de ce qu’une personne vertueuse décide, affirme ou fait. C’est là un concept aristotélicien, du même ordre que l’idée d’un individu aux sens expérimentés et éduqués comme un dégustateur de vin : il n’y a aucun sens à affirmer que le vin X est le meilleur au monde, en revanche il est possible d’affirmer avec raison que le dégustateur Y a reçu une formation de qualité, est mondialement connu pour ce qu’il dit du vin et que si selon lui les vins 1, 2 et 3 sont extraordinaires, il est fort probable qu’ils le soient en effet. Cet exemple souligne, selon MacIntyre, que les jugements des personnes vertueuses joueraient un rôle plus important dans la détermination du bien et du mal que les canons moraux qui prétendent remplir cette fonction.

Dans « Après la vertu » Alasdair MacIntyre se lance dans une exploration profonde de la philosophie morale ,ressuscitant et revitalisant la tradition ancienne de l’éthique aristotélicienne pour répondre à la fragmentation du discours moral contemporain.

Avec une critique incisive et une profondeur historique, MacIntyre révèle comment la modernité a conduit à une crise de sens. Il propose un retour à l’éthique de la vertu comme remède à notre paysage moral fracturé.

CH 1 ; Le prélude à la philosphie morale  – Une crise

Il dresse un tableau sombre de la philosophie morale contemporaine. Il montre comment le discours éthique moderne est devenu disjoint et incohérent dépourvu de la perspective morale unifiée que les sociétés possédaient autrefois. Cette fragmentation est aggravée par le fait que les discussions morales modernes reposent souvent sur l’émotivisme.

Il remonte aux racines du mal jusqu’au Lumières marquée par une quête d’une base entièrement rationnelle et laïque pour l’éthique. MacIntyre soutient que ce projet était déficient dès le départ, ignorant les récits historiques et sociaux complexes qui vaient jusqu’alors soutenu les cadres moraux.

Ch 2 : La généalogie de la théorie morale moderne – D’Aristote à Nietzsche

Il explore l’évolution de la philosophie morale des anciens grecs jusqu’au Lumières. Au coeur de ce  récit se trouve Aristote qui considérait que l’éthique faisait partie intégrante de la vie humaine où les vertus sont des traits permettant aux individus d’atteindre l’épanouissement. Il montre comment cette trajectoire a préparé le terrain pour la critique radicale de la morale moderne par Nietzsche. Une des principales positions de Nietzsche est le concept de la « volonté de puissance » qui remet en question les normes morales objectives des Lumières, les présentant plutôt comme des constructions servant à masquer les dynamiques de pouvoir à l’oeuvre au sein des sociétés.

Ch 3 : le défi de Nietzsche à la morale moderne – La critique du rationnalisme des Lumières

Nietzsches soutient que les philosophies des Lumières croyaient à tort en l’existence de vérités morales universelles pouvant être discernées par la seule raison. Ils négligeaient ainsi la nature subjective et interprétative de l’expérience humaine et des valeurs morales.

Ch 4 : Le rôle de la vertu en philosophie morale – Une révision de l’éthique d’Aristote.

En révisant l’éthique des vertus aristotéliciennes MacIntyre vise à remédier aux fractures au sein de discours moral moderne en réinstaurant un cadre éthique plus cohérent et visible. Au coeur de l’éthique d’Aristote se trouve le concept de vertu ( ou excellence) qu’il définit comme étant le juste milieu entre deux extrêmes, l’excès et la défiance. La vertu n’est pas une qualité innée, elle est atteinte par la culture de bonnes habitudes, de la bonne vie ou eudaimonia, centrale dans sa théorie éthique. L’éthique d’Aristote est intrinsèquement sociale et liée au bien-être de la communauté. Elles sont classées en vertus morales, telles que courage et tempérance, en vertus intellectuelles comme sagesse et compréhension. MacIntyre soutient que l’acquisition des vertus nécessite la participation à des pratiques sociales.

Ch 5 ; Le soi narratif et la tradition morale – le contexte des pratiques humaines

MacIntyre souligne que nos vies sont incarnées dans des récits qui nous donnent un sens en nous situant par rapport au monde. Elles nous offrent un réservoir de sagesse et de normes. Elles ne sont pas statiques mais dynamiques et le concept de « tradition pratiquée » est central dans la vision de développement moral de Mac Inrtyre qui met en avant la dimension sociale de la moralité.

Ch 6 : L’échec du projet des Lumières – L’émotivisme et le vide de la morale moderne

Les penseurs des Lumières cherchaient à remplacer les complexités et les aspects  communuataires par un système rationalisé. Une des conséquences du projet défaillant des Lumières est l’avénement de l’émotivisme.

Ch 7 : Le Retour à l’éthique de la Vertu – Trace d’un chemin à suivre

Les crises morales modernes ne peuvent être résolues qu’en revisitant et revitalisant les paradigmes éthiques ancrés dans l’éthique des vertus telles que le courage, la tempérance et la sagesse. cela implique d’incorporer l’éducation morale au sein des traditions communuataires et des pratiques sociales. Il envisage des communautés morales et politiques sructurées autour de vertus partagées et d’objectifs communs.

Ceci implique des changements importants dans les institutions sociales qui  devraient orienter leurs politiques vers la promotion de liens communautaires plutôt que de gérer des intérêts concurrents. ,Au final, cela implique la valorisation et l’incorporation des récits, des traditions et des pratiques qui soutiennent une vie vertueuse.  C’est le retour à l’éthique de la vertu.

Ch 8 : Réflexions finales – A la recherche d’une philosophie morale cohérente

 

Mac Intyre encourage les lecteurs à s’immerger profondément dans les traditions morales et les pratiques communuataires qui les incarnent. C’est une retour sincère à l’éthique des vertus qui implique cohérence morale à travers une participation engagées aux traditions morales qui résonne avec les complexités de la vie contemporaine.

 

 

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