
Antonietta Raco, la 72 ème miraculée de Lourdes
Antonia Raco, est une Italienne de 67 ans atteinte depuis 2006 d’une maladie neurodégénérative incurable, progressive et mortelle, la sclérose latérale amyotropique (SLA) plus connue sous le nom, de maladie de Charcot.
La guérison a été annoncée pour la première fois par le Sanctuaire de Lourdes le 16 avril 2025. Cette reconnaissance n’a eu lieu qu’après 16 années d’enquête médicale, canonique et pastorale.
En 2009, elle est arrivée à Lourdes en chaise roulante, ayant déjà du mal à respirer et à avaler.
Le deuxième jour, des bénévoles du sanctuaire l’ont emmenée aux bains. « Nous avons prié ensemble. C’est à ce moment-là que j’ai entendu une belle voix féminine me dire trois fois : ‘N’aie pas peur !’ », a-t-elle raconté lors de la conférence de presse à Lourdes, en présence des autorités religieuses et médicales.
« À ce moment-là, j’ai éclaté en sanglots et prié pour les intentions que j’avais apportées », a-t-elle relaté.
Elle a ressenti une vive douleur dans les jambes lors de l’immersion, comme « si elles m’étaient enlevées ». Discrètement, elle n’a rien dit à personne durant son séjour et est rentrée chez elle en fauteuil roulant.
C’est là, dans son salon auprès de son mari Antonio, qu’elle a de nouveau entendu la même voix qui lui disait : « Dis-le ! Appelle-le ! ». Obéissant, elle a appelé son mari : « Quelque chose est arrivé », lui a-t-elle dit.
À ce moment-là, pour la première fois depuis des années, elle se tenait debout sans aide. Submergée par l’émotion, le couple s’est enlacé, pleurant ensemble en réalisant qu’elle était guérie.
Peu après, l’archevêque local, Francesco Nolè, qui avait accompagné le pèlerinage cette année-là, lui rendit visite. Après avoir entendu son récit, il lui dit : « Antonietta, le Seigneur est entré dans ta maison et t’a offert un don — mais ce don n’est pas pour toi seule. Il est pour nous tous. »
Le chemin vers la reconnaissance a duré plus d’une décennie, marqué par une évaluation médicale rigoureuse et un examen expert. « Il n’existe aucun traitement pour la SLA », a noté le Professeur Vincenzo Silani, neurologue de renom impliqué dans l’enquête. Il a confirmé le diagnostic et l’inexplicabilité de la guérison : « On s’attend à ce que les patients se détériorent un peu chaque jour. »
Le Dr Alessandro de Franciscis, médecin permanent au Sanctuaire de Lourdes, a rappelé que l’Église ne reconnaît une guérison comme miraculeuse que si elle est soudaine, complète, durable, médicalement inexplicable et non attribuable à un traitement ou à une récupération progressive.
Le Comité médical international de Lourdes (CMIL) a d’abord été dans l’incertitude en 2019. Mais un nouveau consensus international sur le diagnostic de la SLA, publié en 2020, a permis une réévaluation. En 2023, Silani a revalorisé le cas à Milan et a confirmé la guérison définitive.
Enfin, en novembre 2024, un vote secret des 21 membres du CMIL a été organisé : 17 ont voté en faveur d’une guérison inexpliquée, complète et durable — atteignant la majorité des deux tiers exigée par les critères de l’Église.
Suite à ce vote médical favorable, l’archevêque du diocèse d’origine de Raco, Vincenzo Carmine Orofino, a formellement reconnu le miracle le 16 avril de cette année.