Sat Prem

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SATPREM
(1923 – 2007)

 

Marin et breton, bien que né à Paris en 1923. Résistant, il est arrêté par la Gestapo à l’âge de vingt ans et passe un an et demi en camp de concentration. Dévasté, il se retrouve en Haute-Égypte, puis en Inde au gouvernement de Pondichéry. Il rencontreSri Aurobindo et Mère. Bouleversé par leur Message : L’homme est un être de transition, il démissionne des Colonies et part à l’aventure en Guyane où il passe une année en pleine forêt vierge, puis au Brésil, en Afrique…
En 1953, à l’âge de trente ans, il revient définitivement en Inde auprès de Celle qui cherchait le secret du passage à la « prochaine espèce », Mère, dont il deviendra le confident et le témoin pendant près de vingt ans. Il consacre un premier essai à Sri Aurobindo et l’Aventure de la Conscience.
À l’âge de cinquante ans, il rassemble et publie le fabuleux document du cheminement de Mère, l’Agenda, en 13 volumes. Après le départ de Mère en 1973, l’Ashram, d’une expérience vivante est devenue une institution stéréotypée ; en 1978  l’année du centenaire de Mère  les administrateurs de l’Ashram « expulsent » Satprem, en raison de la trilogie qu’il vient d’écrire sur Mère : 1. Le Matérialisme divin, 2. L’Espèce nouvelle, 3. La Mutation de la Mort, qui sera suivie d’un essai : Le Mental des Cellules en 1980.
Puis, avec sa compagne Sujata, il se retire complètement pour se jeter dans la dernière aventure : la recherche du « grand passage » évolutif vers ce qui suivra l’Homme.
En 1989, après sept années intensives passées à creuser dans le corps, Satprem écrit un court essai autobiographique où il fait le point de la situation humaine, La Révolte de la Terre. Puis en 1992, Évolution II : Après l’Homme, qui ? Mais surtout : après l’Homme, comment ?
En 1994 paraissent deux tomes de correspondance, Lettres d’un Insoumis, qui témoignent du cheminement de Satprem pendant quarante ans – un véritable voyage à travers l’humanité. Un an plus tard, il écrit La Tragédie de la Terre – de Sophocle à Sri Aurobindo, qui décrit toute la courbe de l’humanité, depuis les Voyants védiques et les questions de Sophocle à l’aube de notre ère barbare, jusqu’à Sri Aurobindo qui nous donne la clef de notre pouvoir transformateur dans la matière. Cet ouvrage est suivi de La Clef des Contes en 1998, Néanderthal regarde en 1999, puis de La Légende de l’Avenir en 2000, et Les Mémoires d’un Patagonien en 2002.
En 1999, Satprem a publié à l’Institut de Recherches Évolutives ses Carnets d’une Apocalypse dans lesquels il a noté les étapes de son cheminement. À ce jour les sept premiers tomes sont parus.

 

SUJATA
(1925 – 2007)

Sujata Nahar est née à Calcutta en 1925. Elle grandit dans l’atmosphère culturelle et artistique de Shantinikétan, sous l’égide du poète Rabindranath Tagore. Elle perd sa mère à l’âge de sept ans. L’univers de son père s’écroule ; il se met en quête d’une autre dimension à donner à sa vie. À Pondichéry, il trouve Sri Aurobindo et Mère. Ses enfants vont le suivre un à un. C’est ainsi que Sujata, qui avait vu Sri Aurobindo une première fois en 1935, à l’âge de neuf ans, décide en mai 1938 de rester auprès de lui  elle vivra à Pondichéry pendant quarante-trois ans. Son éducation était assurée par des précepteurs placés sous la direction d’un éminent mathématicien, chimiste et ingénieur français, Pavitra, qui était le bras droit de Mère. Plus tard, Sujata travaillera avec lui dans son laboratoire, où elle fabrique diverses préparations pour Mère. Elle participe activement à la nouvelle éducation physique conçue par Mère. Satprem arrive au début de 1954. À peine âgé de trente ans, il donne des cours aux meilleurs élèves et assiste Pavitra dans son travail de correspondance. C’est ainsi que Satprem et Sujata unissent leurs destinées. Finalement Mère fait de Satprem le confident de ses expériences et lui demande de l’aider dans sa traduction des livres de Sri Aurobindo. Puis elle charge Sujata de dactylographier ses conversations privées avec Satprem, l’Agenda. À partir de 1965, Sujata accompagne régulièrement Satprem dans ses entretiens avec Mère.
Depuis 1978, Satprem et Sujata vivent loin de Pondichéry, se consacrant exclusivement à l’œuvre de Mère et son expérience dans la conscience cellulaire du corps.
En 1985, Sujata Nahar publie le premier tome de sa biographie de Mère : Mother’s Chronicles. Six volumes sont disponibles : Book One : Mirra, Book Two :Mirra the Artist, Book Three : Mirra the Occultist, Book Four : Mirra – Sri Aurobindo, Book Five : Mirra Meets the Revolutionary, Book Six : Mirra in South India. Ces ouvrages ont été traduits en français (tomes 1 à 5 disponibles actuellement).

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Satprem : lettre d’un autre âge

 

source : http://www.ire-miraditi.org/ire/let-7jour.html

(Publiée dans la nouvelle édition du livre Sept Jours en Inde,
une lettre à Frédéric de Towarnicki, où Satprem tente de dire
cet Inconnu de demain auquel il se consacre tout entier.)

16 juillet 1998

Cher Frédéric, bien cher,
Oui, vous êtes resté très présent dans ma conscience, vivant, et je sens cette vie dans votre courage créateur encore et en dépit de tout, comme si vous étiez . Peut-être sommes-nous dans ce même « là » qui compte dans la vie, et il n’y a pas trente-six choses ni tant d’êtres, un immense point d’être où tout tient et se tient. C’est très poignant à vivre, et difficile. En vérité je vis une étrange chose, inconnue dans une peau d’homme, et c’est cela qui m’oblige à vous décevoir alors que j’aurais tant aimé vous faire une joie. Je ne peux plus rencontrer « normalement » quiconque, je suis physiquement écrasé par une Puissance inconnue des hommes mais qui est en train de bâtir celui que nous serons. Je ne peux même pas parler intelligemment ni guère me mouvoir sous ce poids (ou dans ce poids), c’est comme de l’autre côté de nos tombes, et comment vivre hors de ce que nous sommes physiologiquement et de par nos millions d’années animales ? Chaque jour, et vraiment chaque heure, je m’étonne comme dans un perpétuel miracle invivable mais qui se vit quand même, oui c’est une sorte d’impossibilité qui se veut possible — et ce n’est pas moi qui veut ! Ça m’est tombé dessus comme une cataracte, mais d’aucune eau : c’est un autre air qu’il faut respirer et respirer sans qu’on y puisse rien, c’est tout déclenché, et peut-on s’arrêter de respirer une minute sans tomber par terre !? Alors c’est perpétuellement une sorte de chaos entre la mort de la vieille vie et cette autre Vie qui n’a pas de mots ni même de moyens de vivre — c’est le Moyen même qui est en train de se créer sur le vif ! C’est le prochain « homme », ou le prochain être sur la terre qui est en train de se fabriquer, et dans quoi cela peut-il se fabriquer sinon à travers toutes les contradictions et négations de notre vieille carcasse périmée ? Ça ne se passe pas « là-haut », dans les immensités de la conscience, ça se passe ici, dans cette peau, où il faut faire entrer malgré elle cette Immensité même. Pardonnez-moi, mais je ne peux dire que des choses peu cohérentes. C’est très fabuleux et en même temps terrible — une grâce de pouvoir tenter de vivre cela au milieu de notre vieux monde qui croule. Voilà, pour vous je tente de dire, et j’ai plus d’une fois tenté de dire cet Inconnu de demain — il faut bien que ça commence quelque part, et quelle part, quel point de matière est-il séparé du reste ? On vit ou on essaye de vivre tous les corps en un. C’est trop pour un petit bonhomme, mais il faut bien continuer — c’est tout déclenché comme un « cataclysme » terrestre, c’est inévitable et inexorable et miraculeux. On y va, tous.
Que puis-je dire pour votre jeune et sympathique ami ? aventurier… J’ai vécu la forêt vierge, mais l’Inde est ma plus grande aventure et j’y ai découvert non seulement ma propre forêt vierge mais celle du monde et des siècles qui ont engendré ce que nous sommes devenus, et dans cette sublime Négation du vrai-grand large libre, j’ai trouvé la clef même de ce qui ouvre les portes sur l’avenir de la Terre. C’est épouvantable à vivre, comme de défaire des siècles de camp de concentration, et puis… le grand Air… inimaginable et très irrespirable dans une vieille peau de singe.
Il faut que votre nouvel aventurier trouve sa propre énigme et son propre Mystère, et sa propre clef puissante — cela qui PEUT. On ne peut pas « dire » cela : il faut creuser dans sa propre peau et sa propre peine. Mais il n’y a qu’un Sens : c’est la Joie qui nous appelle, c’est la vraie Vie qui nous appelle, et qui estdéjà là sinon nous ne la chercherions pas. L’Évolution, ça se fabrique sur le vif — on ne sait rien d’avance : ça se fait avec chaque pas et dans le noir. Mais il y a « quelqu’un » au fond qui sait, et qui pousse.
Je vous embrasse de tout mon cœur et je suis bien triste de vous décevoir. Je vous souhaite tout le meilleur de ce que vous êtes.
On ne se quitte pas

Satprem

P.S. Si votre jeune ami peut lire Sri Aurobindo ou L’Agenda de Mère, il entrera en contact physique avec la Source de demain.

 

 

 

 

 

 

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