le baptême de Clovis-1837- François-Louis Dejuinne – musée du château de Versailles
la France, « fille aînée de l’Eglise »
Le titre « fils aîné de l’Eglise » fut attribué aux rois de France par la Papauté depuis le Moyen-Age, en référence au baptême de Clovis en 496.
Après la révolution, Louis Philippe ne revendique plus le titre de roi de France mais des français. Le 14 février 1841, lors de son Discours sur la vocation de la nation française à Notre Dame, le dominicain Henri-Dominique Lacordaire, célèbre prédicateur, crée alors la formule « France, fille aînée de l’Eglise« .
La formule est ensuite reprise réutilisée par Leon XIII dans son encyclique Nobilissima Gallorum gens du 8 février 1884. Il y rappelle le passé chrétien de la nation et qualifie la France de » fille aînée de l’Eglise.«
C’est ensuite le pape Pie XII qui prononce cette phrase le 13 juillet 1937 à la cathédrale Notre Dame de Paris au cours de sa prédication solennelle consacrée à « la vocation de la France » qu’il prononce ces mots restés célèbres : » Car ici c’est l’âme même de la France , l’âme de la fille aînée de l’Eglise qui parle à mon soulagement« .
C’est enfin Jean-Paul II, à l’occasion de sa visite en France, qui prononce ces mots le 1er juin 1980 dans son discours au Bourget :
» France, fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la Sagesse éternelle ? «
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L’évangélisation de la France se développe vers l’an 250
( cet article est tiré d’une présentation plus large écrite par Fabrice Madouas dans le magazine FRANCE CATHOLIQUE n° 3956 du 4 septembre 2026)
« Les évêques ont fait la France comme les abeilles font leur ruche » –
(expression de l’historien britannique Edward Gibbon et attribuée à Joseph de Maistre)
Vers 250, l’Empire romain vit une période de chaos quasi total qui a failli détruire l’Empire entre 235 et 284. Durant cette période vont se succéder plus de 25 empereurs. L’empire est attaqué aux frontières, il connaît une hyperinflation et le déclin de son commerce. Dès 249-250 il subit une terrible épidémie de peste. C’est aussi sous le régime de Dèce en 250, que survient la première persécution systématique et méthodique des chrétiens. Mais c’est aussi à ce moment là que le pape Fabien choisit d’envoyer des évêques en Gaule.
Dans son histoire des Francs, Saint Grégoire de Tours ( 538-594) évoque les sept évêques envoyés en Gaule par Fabien vers 250 après JC. Ce laïc élu pape par l’ assemblée, alors qu’une colombe se serait posée sur sa tête pour le désigner, se révélera un grand administrateur de l’Eglise pendant quatorze ans.
Denis devenu saint Denis, le plus célèbre, fut envoyé à Paris accompagné de ses compagnons Eleuthère et Rustique ( Lutèce). Il devint le premier évêque martyr décapité à Montmartre. Il y eut aussi Galien à Tours, Trophime à Arles, Paul à Narbonne Saturnin ( ou Sernin) à Toulouse, Austremoine à Clermont-Ferrand et Martial à Limoges.
S’agissant de saint Denis, une confusion a largement prospéré, aujourd’hui élucidée et qui fusionnait à tort trois personnages célèbres de la chrétienté n’ayant pas vécu à la même époque. Longtemps l’abbaye de Saint Denis s’est auréolée d’être ainsi directement issue des premiers chrétiens.
Il faut citer d’abord, Denys l’aéropagite, – Ier siècle-converti par saint Paul et évoqué par saint Luc dans les Actes des Apôtres. Vient ensuite le Pseudo-Denys l’aéropagite – fin du Vème siècle, début VIème), philosophe, auteur de la hiérarchie céleste et les noms divins et qui a placé ses écrits sous le nom du premier les faisant ainsi profiter de sa notoriété.
L’évangélisation de la France au Ier siècle
Dans l’Evangélisation apostolique du globe paru en 1879, Mgr Gaume estime que l’évangélisation de la Gaule a commencé non pas au 3ème siècle comme le prétend Grégoire de Tour mais au 1er siècle « entre la croix du calvaire et la ruine de Jérusalem en 70 de notre ère. »
La tradition provençale, fixée dès le Moyen-Âge, nous dit que les « Saintes Maries » désignent trois femmes, Marie-Madeleine ( Marie de Magdala), Marie Jacobé et Marie Salomé, disciples de Jésus et qui ont fui les persécutions en Judée vers 45. Selon les récits elles étaient accompagnées de Lazare, frère de Marie-Madeleine et Marthe, de Sarah la Noire, servante des Maries, aussi de Maximin, un des soixante douze disciples et de Sidoine l’aveugle guéri par Jésus. Marie-Madeleine s’est retirée à la Sainte Baume où elle vécut encore trente ans et son frère Lazare devint le premier évêque de Marseille.
Dans son livre L’évangélisation des Gaules, publié en 2025, Arnaud Boüan estime qu’une cinquantaine de missionnaires furent déjà envoyés en Gaule dès le Ier siècle envoyés les uns par Saint Pierre, d’autres par saint Paul et d’autres encore par saint Lin. Le site, lestresorsdenospères.fr nous donne des précisions sur cette évangélisation de la Gaule.
