Jean Dominique Michel, anthropologue, nous parle des neurosciences et des Pères du désert

 

C’est le site Cara News qui présente ici la conférence de Jean Dominique Michel, ancien psychologue et  anthropologue de la santé qui explore les résultats des neurosciences  et montre en quoi celles-ci rejoignent les pensée et modes de vie  des Pères du désert qui prenaient soin du IIIè silècle au Vè siècle de la garde vigilante de leurs pensées que l’on appelle la nepsis.

Jean-Dominique Michel convoque ces ascètes du christianisme ancien (notamment à travers des figures comme Saint-Isaac le Syriaque appelé aussi Saint Isaac de Ninive  ou Saint-Porphyre de Kafso-Calivia) pour tisser un parallèle direct avec le fonctionnement de notre psychisme et de notre cerveau.

Voici comment les Pères du désert structurent et nourrissent profondément son propos :

  • La garde vigilante des pensées (La Népsis) : Tout comme les neurosciences modernes démontrent l’impact de notre « discours intérieur » négatif et automatique, les Pères du désert pratiquaient la népsis — une vigilance constante sur les pensées qui traversent l’esprit,. Pour eux comme pour la science, nous ne sommes pas responsables de l’apparition d’une pensée, mais notre liberté se joue dans la fenêtre de quelques secondes où l’on choisit ou non de l’entretenir.

  • La gestion des « trans » douloureuses et du mental : Les Pères du désert avaient déjà cartographié avec une précision clinique ces états de souffrance intérieure (les passions ou empreintes douloureuses) qui se réveillent brusquement face à l’adversité. Jean-Dominique Michel montre que les neurosciences objectivent aujourd’hui exactement ce même mécanisme de bascule émotionnelle et le piège du « blâme » de l’autre.

  • L’humilité comme socle de la lumière : Dans la tradition de ces ascètes, l’humilité absolue est la condition sine qua non pour s’ouvrir à la paix et à la joie, car elle nous libère de la peur de l’humiliation. C’est ce même abandon de la défense de l’ego que l’on retrouve dans l’apaisement des états cérébraux de stress.

  • La componction et l’empathie universelle : Jean-Dominique Michel cite l’exemple bouleversant de Saint-Isaac le Syriaque et de sa notion de componction — cet état de compassion totale où l’être humain est touché jusqu’aux larmes par la tragédie de toute la création (y compris les insectes ou les « démons », c’est-à-dire les parts d’ombre du vivant).

En somme, pour Jean-Dominique Michel, les neurosciences modernes ne font que redécouvrir et objectiver scientifiquement ce que les Pères du désert avaient intuitivement et spirituellement exploré et structuré il y a quinze siècles  à travers leur ascèse.

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